29 décembre, 2006

UNE COOPÉRATION ENTRE CIEL ET SOL


La recherche des exoplanètes est bien trop complexe pour pouvoir s'offrir une concurrence entre ses moyens terrestres et ses premiers engins spatiaux. Le lancement de Corot ne contraindra pas à la retraite les instruments déployés dans les observatoires, mais leur donnera une deuxième jeunesse.


La méthode des transits, utilisée par le satellite, a en effet besoin de confirmations et de prolongements. Corot fournira une estimation du diamètre de l'exoplanète repérée, les observatoires terrestres se chargeront d'en déterminer la masse, par la méthode des vitesses radiales. Cette collaboration devrait avant tout profiter à deux instruments européens de pointe déployés dans chacun des deux hémisphères. Au sud, le spectrographe Harps est installé sur l'un des télescopes de l'Observatoire austral européen (ESO), au Chili. Avec sa capacité à déceler des variations de vitesse des étoiles de l'ordre de 1 m/s, il est l'outil terrestre actuellement le plus efficace.

Au nord, il a reçu le renfort d'un nouvel instrument, dont les débuts coïncideront à peu près avec ceux de Corot. A l'Observatoire de Haute-Provence, le spectrographe Sophie vient en effet succéder à Elodie, première relique de la quête des exoplanètes. C'est Elodie qui a permis, en 1995, la découverte de la première planète lointaine. Sophie doit poursuivre sur cette lancée, en atteignant la précision des 1 m/s.

TRIER LES CANDIDATES

"Au cours de chaque période d'observation, Corot devrait trouver une centaine de candidates au statut d'exoplanètes, explique François Bouchy de l'Institut d'astrophysique de Paris (IAP). Un premier tri entre ces phénomènes sera opéré par un instrument situé au Very Large Telescope de l'ESO, au Chili, capable d'éliminer les sources d'erreurs possibles." Les astronomes redoutent particulièrement les confusions éventuelles entre des taches qui se créeraient à la surface de l'étoile, comme on en voit sur le Soleil, et le passage d'une planète. "Une fois cette sélection opérée, Harps ou Sophie examineront les candidats les plus sérieux, en déterminant leur masse, puis s'attacheront à mieux préciser les caractéristiques de l'étoile autour de laquelle un astre a été repéré." Ces données doivent fonder une vraie science des exoplanètes.

Le même type de collaboration se poursuivra en 2008, avec le lancement de Kepler, le premier engin spatial américain dédié à cette chasse. Celui-ci disposera d'avantages considérables sur Corot. Ce ne sera plus un satellite mais une sonde qui naviguera loin de la clarté terrestre, et pourra donc étudier sans interruption le même champ d'étoiles pendant quatre ans. Mais la précision qu'y gagneront ses observations ne lui permettra pas encore de se débrouiller toute seule. La concurrence entre instrument au sol et dans le ciel ne devrait se déclarer que dans plus de dix ans, lorsque les futurs télescopes géants et les sondes de la deuxième génération se disputeront l'honneur de la première photographie d'une planète en orbite autour d'un soleil lointain.
J.F. et C.G.

L'escroquerie des "fromages magiques" au Chili bientôt jugée en France

Un tribunal parisien a déclaré recevable la plainte visant une société française qui a arnaqué quelque 6 000 Chiliens, persuadés de pouvoir s'enrichir grâce à une poudre censée permettre la fabrication de produits cosmétiques, appelée "fromages magiques".

L'entreprise chilienne Fermex commercialisait ces ferments lactiques et Mme Gilberte van Erpe, gérante de la société française, se chargeait de convaincre les Chiliens d'investir, leur assurant qu'ils pourraient les revendre, à terme, à prix d'or à l'industrie cosmétique française.

Cette escroquerie porte sur plus de 2,5 milliards de pesos (3,8 millions d'euros). Devant l'attrait du gain, des villageois avaient abandonné leur activité agricole pour se consacrer entièrement à la production de ces "fromages magiques".

L'avocat Raul Meza, représentant des victimes de l'escroquerie, a exprimé leur "profonde satisfaction" après que la justice française a déclaré recevable leur plainte, déposée il y a quatre mois.

L'audience judiciaire consacrée à cette affaire doit se dérouler le 15 janvier à Paris, a annoncé l'avocat chilien, qui entend se rendre sur place.

Deux dirigeants de Fermex avaient été interpellés le 18 juillet 2006 après la découverte de la supercherie et un tribunal de Santiago avait condamné Mme van Erpe à une peine de prison. Le 25 juillet, une chaîne de télévision chilienne avait annoncé avoir localisé à Paris la chef d'entreprise française, dont on avait perdu la trace. Selon l'avocat chilien, la cour d'appel de Santiago a formulé une demande d'extradition à son encontre mais aurait décidé de la retirer afin de faciliter la procédure en France.

25 décembre, 2006

TROIS TOURISTES ISRAÉLIENS DISPARUS AU CHILI RETROUVÉS EN VIE


Les équipes de secours chiliennes continuent leurs recherches pour tenter de retrouver trois randonneurs israéliens, portés disparus depuis jeudi 21 décembre. Les trois jeunes gens ne sont pas rentrés d'un trekking dans le parc national du Puyehue. Des équipes israéliennes ont été dépêchées sur place pour prêter main-forte aux secouristes chiliens.

Selon des experts, leur expédition n'était pas censée durer plus de cinq jours, mais aucun des trois participants n'a donné de nouvelles à ses proches depuis huit jours.

Le consul israélien à Santiago s'est également rendu sur les lieux. Le parc national de Puyehue s'étend sur 1 068 kilomètres carrés, dans la région chilienne Los Lagos de la chaîne montagneuse des Andes. Il est dominé par le volcan Cordon Caulle.

L'année dernière, quatre Israéliens avaient déjà été secourus par une équipe chilienne, après avoir été portés disparus durant une semaine, dans le Parc national chilien Villa Rica. Les trois hommes et la femme avaient été évacués par hélicoptère. Ils étaient tous les quatre sains et saufs mais souffraient de la faim.

Trois touristes israéliens disparus au Chili retrouvés en vie

Trois jeunes touristes israéliens disparus depuis cinq jours sur les flancs d'un volcan du sud du Chili ont été retrouvés en vie dimanche.Ils ont été repérés à 1.500 mètres d'altitude grâce à une amélioration des conditions météorologiques.

Les trois jeunes hommes, âgés de 18 ans à 21 ans, n'avaient plus donné de nouvelles depuis jeudi, lorsqu'ils avaient entamé l'escalade du volcan Puyehue (2.240 mètres) à proximité de la ville de Valdivia, à 840 km au sud de Santiago.

Les opérations de secours, entreprises par la police et les gardes forestiers, ont rencontré des difficultés en raison des mauvaises conditions climatiques dont des vents violents et des chutes de neige.

Un hélicoptère loué par l'ambassade d'Israël au Chili et le consul israélien Ilan Weitzman, ont participé aux opérations de secours. Selon les premières informations les trois touristes sont en bonne santé.

Augusto Pinochet défend ses actes dans une lettre posthume


SANTIAGO (Reuters) - L'ancien dictateur Augusto Pinochet a défendu, dans une lettre écrite avant sa mort et publiée dimanche, son coup d'Etat et les méthodes qu'il a employées pendant ses 17 années passées à la tête du Chili.

Pinochet, qui est décédé le 10 décembre à 91 ans, réaffirme avoir fait un putsch le 11 septembre 1973 pour éviter que son pays ne bascule dans un régime marxiste-léniniste et éviter une guerre civile entre partisans et adversaires du président socialiste Salvador Allende.

On estime a 3.000 le nombre de personnes tuées par la police politique chilienne sous le règne de Pinochet, et à 28.000 le nombre de personnes torturées pendant cette période.

"L'utilisation de différentes méthodes de contrôle militaire, comme les détentions temporaires, l'exil officiel et les exécutions sur décisions de cours martiales étaient nécessaires", estime Pinochet dans la lettre, diffusée par sa famille et publiée par plusieurs journaux chiliens.

Il affirme en outre que dans de nombreux cas, on ne déterminera jamais comment ou pourquoi telle ou telle personne a péri.

"Les conflits graves sont comme cela et le seront toujours: Ils entraînent des abus et des exagérations".

"En toute sincérité, je peux dire que je suis fier de l'énorme action qu'il m'a fallu mener pour empêcher le marxisme-léninisme d'assumer tout le pouvoir", ajoute-t-il. "Néanmoins, si c'était à refaire, je préconiserais davantage de sagesse."

Il affirme que pendant son règne, il a agi "avec rigueur, mais avec beaucoup plus de flexibilité qu'on a bien voulu le reconnaître".

La personne et le bilan d'Augusto Pinochet continuent aujourd'hui de diviser profondément la société chilienne.

Quelque 60.000 personnes ont rendu hommage à l'ancien dictateur en défilant le 12 décembre devant son corps, exposé à Santiago. Ailleurs, ses adversaires sablaient le champagne pour fêter sa disparition.

Dans la lettre écrite avant sa mort, l’ex-dictateur chilien Augusto Pinochet insiste sur le fait que le coup d’Etat militaire de 1973 a permis d’éviter une guerre civile et la dictature marxiste, que son régime (1973-1990) n’a jamais eu l’intention de violer les droits de l’homme, fait savoir l’agence AP qui publie les extraits de la lettre divulguée dimanche par la fondation Pinochet.


"Il fallait agir avec cruauté maximale pour empêcher l’escalade du conflit", lit-on dans la lettre.

Selon les données officielles, en 17 années de pouvoir de Pinochet, plus de 3000 personnes furent tuées pour des motifs politiques, des dizaines de milliers d’autres furent illégalement emprisonnées ou exilées.

"Dans mon coeur, il n’y a pas de place pour la haine", écrit l’ex-dictateur dans ses confidences de six pages. "Mon destin m’a réservé une sorte d’exil et la solitude, ce que je ne pouvais prévoir et, encore moins désirer", a-t-il reconnu.

Le coup d’Etat qui destitua le leader socialiste Salvador Allende a eu lieu dans un contexte de guerre froide, c’était un acte forcé et la seule alternative à la guerre civile, a fait remarquer Augusto Pinochet.

"J’aurais voulu éviter les actions militaires de septembre 1973, écrit-il. J’aurais voulu que l’idéologie marxiste-léniniste ne s’ancre jamais dans notre patrie".

24 décembre, 2006

LA LIBERTÉ SACRÉE DE FAIRE DU PROFIT !

Ah ben dit donc, c’est l’ex-tortionnaire en chef du Chili, Augusto Pinochet, qui serait heureux de lire Le Devoir du 20 décembre. Il y retrouverait, sous la plume d’une dame prof au HEC (!!!), chroniqueuse pour Québecor et membre de l’Institut économique de Montréal (IÉM), un condensé de l’argumentation — adapté au cas du salaire minimum — qui a servi de base économique et philosophique à sa dictature.

car c’est bien de fascisme dont il est question quand on regarde vers l’IÉM. L’école de Chicago, du défunt Milton Friedman, inspiratrice de Pinochet comme de l’IÉM, ne jurant que par la dictature du capital, rien, mais absolument rien ne doit entraver la liberté de ce dernier et l’accumulation maximale de profits. De là, toutes propositions, analyses et statistiques délirantes peuvent être émises, peu en importe le coût humain, l’exploitation sans limite d’hommes, de femmes et d’enfants qu’elles engendrent. On veut «TOUTe avec ben de la crème!» est leur devise. En ce sens, permettre à des gens qui travaillent à temps plein de ne plus (sur)vivre en deçà du seuil de pauvreté relève de l’hérésie.

Mais ce qu’il y a de plus lamentable, ce sont les médias qui relaient sans relâche les saloperies de l’IÉM. Jamais on ne publieraient une ligne d’un groupe de gauche qui serait juste un dixième démago comme les éructations de l’IÉM. Désolant, pathétique et révoltant.
Martin Richard
Mouvement Action-chômage (MAC)
de Montréal

Haïti-Chili-Noël

Des oeuvres sélectionnées à partir d’un concours organisé dans une école publique de Port-au-Prince

La chancellerie chilienne et l’ambassade du Chili en Haïti ont décidé d’utiliser pour les fêtes de fin d’année des cartes de vœux dessinées par des petites filles haïtiennnes âgées de cinq à dix ans, rapporte la station chilienne Radio Cooperativa.

Ces œuvres d’art originales, qui traduisent à coup sûr les rêves et les préoccupations des jeunes écolières à travers une créativité spontanée, ont été sélectionnées dans le cadre d’un concours de dessins infantiles organisé à l’Ecole nationale République du Chili, un établissement primaire public de Port-au-Prince.

Les cartes illustrées par les jeunes haïtiennes ont déjà commencé à circuler à Santiago du Chili et ont été envoyées dans de nombreuses autres capitales du monde à l’occasion de la Noël.

Les gagnantes du concours bénéficieront du soutien du gouvernement de la Présidente Michelle Bachelet au cours de l’année scolaire 2007. De leur côté, les casques bleus chiliens déployés en Haïti comptent également réaliser des activités au profit de l’Ecole nationale République du Chili.

La nation sud-américaine, dont 600 soldats font partie de la Mission de stabilisation de l’ONU (MINUSTAH), s’est renforcée diplomatiquement et a acquis une certaine visibilité politique internationale grâce à son implication dans le processus de transition démocratique en Haïti. spp/RK

23 décembre, 2006

Du droit de vote des étrangers

de Jean-Michel Hureau

La question du droit de vote des étrangers ne peut manquer d’être un des thèmes de la campagne électorale puisque Marie-George Buffet a annoncé en être partisane. Il ne fait pas de doute non plus que d’autres candidats y seront farouchement opposés.

Un argument qui pourrait servir à ce droit donné aux étrangers est l’exemple de l’Amérique latine. Je ne peux pas affirmer à 100 % que ce soit le cas de tous les pays, mais je suis sûr que c’est le cas pour le Chili, le Pérou, l’Equateur, le Venezuela et la République Dominicaine. Peut-être que Danielle Bleitrach, qui connaît bien l’Amérique latine, pourra y apporter un complément.

Dans ces pays, tout étranger qui possède la résidence définitive depuis un certain nombre d’années, en général cinq ans, peut voter à toutes les élections, y compris la présidentielle. Cette disposition existe d’ailleurs depuis fort longtemps et a même été en vigueur, au Chili, sous Pinochet, en 1988 lors du plébiscite sur son maintien au pouvoir. Il s’agit donc d’une disposition traditionnelle indépendante du régime en place. L’idée est que tout citoyen, indépendamment de son lieu de naissance a le droit de s’exprimer sur ce qu’il croit être bon pour l’avenir de son pays de résidence.

A l’inverse, les nationaux résidant à l’extérieur n’ont généralement pas le droit de vote, c’est le cas au Chili.

Dans le système électoral français, c’est l’inverse. Les français de l’étranger ont le droit de vote. Ce qui me vaut de voir aux élections à Santiago, des chiliens possédant le passeport français parce que le grand-père, voire l’arrière grand-père l’était, qui sont incapables de faire une phrase en français, qui n’ont même jamais mis les pieds en France et qui sont très fiers de voter sans même avoir la moindre connaissance de la réalité française. Ceci n’étant pas vrai pour tous les votants, bien entendu, mais ça existe.

Ceci ne veut pas dire que je sois contre le droit de vote des nationaux de l’extérieur, bien au contraire, mais le droit de vote des étrangers résidents me paraît bien plus légitime.

Pour le cas où les candidats à cette élection qui défendent le droit de vote des étrangers ne le sauraient pas, c’est un argument qui pourrait les aider lors d’un débat.

Peut-être, effectivement, que l’Europe a à apprendre de l’Amérique latine.

De : Jean-Michel Hureau samedi 23 décembre 2006

21 décembre, 2006

La Marine commence les recherches du sous-marin Flach

Vendredi matin, les opérations de recherche du sous-marin Flach ont commencé. Des embarcations appartenant au commandement des forces spéciales ont vérifié si le sous-marin se trouve dans la baie de Valparaíso. Le Capitán de Corbeta Daniel Malfanti a été chargé de cette mission et il est assisté par un groupe de 18 embarcations de la Marine.
JPEG - 42.3 ko
Recherche du Flach
Le sous-marin a disparu dans la rade de Valparaíso le 3 mai 1866. Son intérêt historique réside dans le fait qu’il s’agit du 5ème sous-marin construit au monde, le premier au Chili et le 2ème en Amérique. Photo : Marine du Chili, tous droits réservés.

Les recherches se prolongeront jusqu’au 20 décembre.

Le sous-marin a disparu dans la rade de Valparaíso le 3 mai 1866. Son intérêt historique réside dans le fait qu’il s’agit du 5ème sous-marin construit au monde, le premier au Chili et le 2ème en Amérique.

Il faut souligner que la Marine Chilienne a participé aux différentes étapes du projet, comme le regroupement des précédents, des résultats des enquêtes, des archives et des données historiques concernant le sous-marin ; l’appui logistique aux opérations de recherche et l’organisation.

La première phase s’est déroulée entre le 4 et le 7 décembre. Il s’agissait de déterminer le périmètre des recherche dans lequel pouvait se trouver le sous-marin. A la suite de ces opérations, les données recueillies ont été analysées. Désormais, les opérations de recherche ont commencé, il s’agit de la dernière étape.

L’initiative de la recherche du sous-marin Flach revient à Juan Enrique Benítez. Ont participé à l’opération l’Universidad SEK, Bentos et la Marine du Chili au travers du Servicio Hidrográfico y Oceanográfico de la Armada et du commandement des forces spéciales.

Article original : Marítimo Portuario (Chili)

ENTREVUE EXCLUSIVE AVEC MICHEL CHARTRAND

MICHEL CHARTRAND
Michel Chartrand fête aujourd'hui ses 90 ans. À cette occasion, le vieux syndicaliste a accordé une entrevue téléphonique au Journal. Il y évoque le bilan des luttes qu'il a menées et les perspectives d'avenir. Entretien exclusif.

Question: Comment allez-vous, M. Chartrand?

Michel Chartrand: La santé va bien. Mes enfants et mes petits-enfants sont venus me voir dimanche pour me souhaiter bonne fête. Ce lundi matin (avant-hier), je lis mes journaux comme d'habitude: Le Devoir, Le Monde diplomatique, Le Nouvel Observateur et Le Canard enchaîné.

Q: Ça vous fait quoi d'avoir 90 ans?

M.C.: Rien. De toutes façons, je vais vivre jusqu'à 107 ans (rires).

Q: Comment voyez-vous l'avenir politique du Québec?

M.C.: La jeune génération s'intéresse au Québec et ne veut plus rien savoir d'Ottawa. C'est bien. Il va maintenant falloir convaincre les vieux qui ont peur pour leurs chèques qui viennent du fédéral.

Q: Le souverainiste que vous êtes pense-t-il que l'actuel chef du PQ, André Boisclair, fera du Québec un pays?

M.C.: Lui, c'est un genre de play-boy de la politique. Il a beaucoup de facilité avec les gens, mais personne ne sait trop ce qu'il pense au juste. Je ne sais pas ce qu'il a dans le ventre, ce gars-là.

Q: Quelle est votre opinion à propos de l'élection récente de Stéphane Dion à la tête du Parti libéral du Canada?

R: Ça fait bien longtemps que les affaires d'Ottawa ne m'intéressent plus. Lui ou un autre, ce sont les mêmes turpitudes.

Q.: Si j'en crois vos lectures, je vois que vous vous intéressez beaucoup à l'actualité française. Vous devez bien avoir une opinion sur l'élection présidentielle de 2007...

M.C.: Bien sûr. Ségolène (Royal, candidate du Parti socialiste) me semble bien correcte. Elle est ambitieuse et elle sait ce qu'elle veut. Ça va être une bonne affaire, qu'elle passe. Comme au Chili, où ils ont élu une femme (Michelle Bachelet).

Q.: Parlons-en du Chili. Qu'avez-vous pensé du décès d'Augusto Pinochet?

M.C.: C'est un vieux bandit. En plus, ils viennent de découvrir qu'il a détourné de l'argent!

Q.: Qu'est-ce que vous suivez de près dans l'actualité?

M.C.: Je m'intéresse à tout. J'espère que la trêve entre le Fatah et le Hamas va tenir. L'attitude internationale, qui laisse ces gens mourir de faim, est mesquine et sale. Il y a aussi le sort des (immigrants clandestins) africains qui se noient en essayant d'aller en Europe par la mer. Ça me bouleverse, ces histoires.

Q.: De tous les combats que vous avez menés, lequel vous rend le plus fier?

M.C.: C'est d'avoir donné leur place aux femmes dans le Conseil central (de la CSN). Les autres mouvements - y compris chez les syndicats - surveillaient les femmes au lieu de les faire participer!

Q.: M. Chartrand, avez-vous un message à faire passer aux jeunes?

M.C.: Nous sommes nés pour vivre en société. Il ne faut surtout pas qu'ils raisonnent en se disant: «Chacun pour soi». Ils doivent rester solidaires.

Michel chartrand en dix dates


  • 1916: Naissance à Outremont. Michel est le 13e d'une famille de 14 enfants.
  • 1946: Participe à la création de la Caisse populaire Desjardins de Montréal-Sud (Longueuil).
  • 1955 et 1956: Il travaille au Conseil central de Shawinigan comme conseiller technique. Il participe à la grève des travailleurs de la Consolidated Paper (division Belgo). Sept incarcérations et trois condamnations (dont une rejetée en appel).
  • 1963: Membre-fondateur du Parti socialiste du Québec.
  • 1968: Est élu à titre de président du Conseil central des syndicats nationaux de Montréal (CCSNM). Il occupera ce poste pendant dix ans.
  • 1970: Accusé de sédition, il est arrêté, le 16 octobre à l'aube, à son domicile de Richelieu, en vertu de la Loi sur les mesures de guerre. Il ne sera libéré que quatre mois plus tard.
  • 1972 et 1973: Tournée au Proche-Orient, où il rencontre le leader palestinien Yasser Arafat. Plusieurs initiatives de solidarité avec le peuple chilien, qui vient de voir son président démocratiquement élu, Salvador Allende, assassiné.
  • 1983: Participe à la création de la Fondation pour l'aide aux travailleuses et travailleurs accidentés (FATA).
  • 1993: Décès de sa femme, la militante Simonne Monet-Chartrand, qui lui a donné sept enfants. Ils s'étaient mariés en 1941.
  • 1998: Il milite pour un revenu de citoyenneté et contre la pauvreté.
    * Source: Fernand Foisy, Michel Chartrand. Les dires d'un homme de parole, petite collection Lanctôt, 2001.
Michel Chartrand devant L'Homme qui marche, de Giacometti, à l'exposition Le Corps transformé, à Shawinigan.

20 décembre, 2006

Chili deux nouvelles régions
















Le Chili aura deux nouvelles régions à partir du deuxième semestre de 2007. Ceci, après qu'aujourd'hui la Chambre de Députés approuverait dans sa dernière démarche constitutionnelle, les projets de loi qui créent les régions XIV de Valdivia - divisée en province Los Rios et de Ranco - et XV Arica et de Parinacota. Les populations Arica et de Valdivia n'arrêtaient pas de célébrer la nouvelle.


Dans la photo, fête à Arica.

LE DICTATEUR PINOCHET EST MORT


Il est mort sans avoir été jugé mais nous savons qu’il est coupable. Pour ne pas oublier, un petit rappel...un document que j’avais mis au point pour le 11 septembre 2002...date anniversaire du coup d’état de Pinochet contre le président chilien démocratiquement élu, Salvador Allende! F.L.
Du Chili d’Allende au cauchemar Pinochet.
«C’était le 11 septembre. Détournés de leur mission ordinaire par des pilotes décidés à tout, les avions foncent vers le cœur de la grande ville, résolus à abattre les symboles d’un système politique détesté. Très vite : les explosions, les façades qui volent en éclats, les effondrements dans un fracas d’enfer, les survivants atterrés fuyant couverts de débris. Et les médias qui diffusent la tragédie en direct.

New York, 2001 ? Non, Santiago du Chili , 11 septembre 1973. Avec la complicité des Etats-Unis, coup d’état du général PINOCHET contre le socialiste Salvador ALLENDE, et pilonnage du palais présidentiel par les forces aériennes. Des dizaines de morts et le début d’un régime de terreur long de quinze ans..dont la conséquence est une tragique cohorte de morts, de « disparus, de torturés, d’embastillés, d’exilés. »

Dans cet édito du « Monde Diplomatique » d’octobre 2001 Ignacio RAMONET rompait avec la litanie de jérémiades pro-américaines diffusées par la quasi-totalité des médias, faisait le point sur « les actions politiques violentes, illégales et souvent clandestines en Amérique Latine, en Afrique, au Proche Orient, en Asie . » auxquelles les Etats-Unis ont participé.

Ces actions, depuis l’instauration de la doctrine MONROE en 1823, ont pour but de « préserver le continent américain des interventions étrangères », c’est à dire d’asseoir l’impérialisme étasunien sur tout le continent.

1°) Qui était Salvador ALLENDE ou pourquoi constituait-il une menace pour les ETATS-UNIS :

Issu d’une famille aisée, Salvador ALLENDE naît à VALPARAISO le 26 juillet 1908. Il devient médecin puis, en 1933, fonde le Parti Socialiste Chilien.
En 1937, il devient député, puis ministre de la santé.
En 1945 il est élu sénateur, et le restera 25 ans.
En 1952, il se présente pour la première fois à l’élection présidentielle, et arrive bon dernier.
En 1958, à la même élection, il arrive second grâce aux voix communistes.
A l’élection présidentielle de 1964, il est battu par une coalition de droite.
En 1968, il devient président du Sénat.
Et le 4 septembre 1970, il est élu Président de la République. Il n’obtient cependant pas la majorité absolue, ce qui implique un vote du Parlement pour avaliser son élection :il obtient 153 voix pour et 53 voix contre et est investi dans ses fonctions le 4 novembre 1970.
Nous pouvons donc dire que, malgré sa courte majorité aux élections, qui d’ailleurs s’amplifiera au fil du temps, il bénéficie dans le pays d’un large soutien.
Humaniste adversaire de la violence, il est profondément sensible aux inégalités sociales. A ceux qui sourient de son slogan : « un demi-litre de lait par jour à chaque enfant chilien », il répond :
« Je renvoie les rieurs à leur ignorance. Savent-ils comment vit le peuple chilien ? Sont-ils allés au fond des campagnes et dans les bidonvilles ? Savent-ils que 600 000 petits chiliens sont anormaux parce qu’ils ont souffert de la faim ? Quand j’étais ministre de la santé, j’avais déjà proposé que les enfants reçoivent jusqu’à l’âge de six ans leur lait gratuit dans les services de l’Etat. Je veux que, dans le service de santé que nous allons créer, les travailleurs et leurs familles soient assistés médicalement. Le meilleur investissement que peut faire un peuple, c’est de nourrir et éduquer ses enfants. »

En 1970, la dette du CHILI est de 3 milliards de $ et continuer une politique libérale entièrement tournée vers les exportations destinées à financer le paiement de la dette sans se préoccuper du redressement économique intérieur du pays aurait eu des conséquences catastrophiques. C’est pourquoi le président Allende va mettre en place une série de mesures d’urgence qu’il ne ressent pas comme « communiste » [1] mais seulement comme nécessaires et qui auront les conséquences suivantes :
Sous le mandat de Salvador ALLENDE, le salaire minimal chilien augmente de 35%, le PNB du pays est multiplié par 3, le chômage baisse de 8,3% à 3,9%, la production industrielle augmente de 14,6% et l’inflation annuelle baisse de 13% (de 35%, elle passe à 22%).

Il met en place une politique de santé publique orientée vers le milieu rural pour un meilleur accès aux soins et met en pratique la réforme agraire votée sous son prédécesseur tout en orientant l’agriculture vers une réduction des importations et une meilleure gestion des espaces agricoles. Globalement, il souhaite réduire la dépendance chilienne vis à vis de l’étranger.

A cette époque, les entreprises étrangères, en particulier étasuniennes, réalisent au CHILI d’énormes profits : la KENNECOTT y réalise 34,8% de bénéfices annuels contre 10% dans le reste du monde, tandis que l’ANACONDA COMPANY (entreprise canadienne) y réalise 20,2% de bénéfices annuels contre 3,5% dans le reste du monde.

Le cuivre représente 80% des recettes d’exportation du CHILI. Le 11 juillet 1971, le Parlement vote la loi de nationalisation. En 1972, 8000 ouvriers en grève bloquent pendant 48h la mine de cuivre de CHUQUICAMATA , puis des grèves éclatent au mois de mai dans les secteurs de l’électroménager, des boissons gazeuses et des charbonnages, en août 150 000 commerçants manifestent dans les rues de SANTIAGO contre l’inflation, et le 10 octobre de la même année, la confédération chilienne des transports asphyxie le pays en manifestant contre la nationalisation prochaine de leur secteur d’activité. [2]
Dans la seconde moitié de 1972, l’économie chilienne sombre : le prix du cuivre baisse de moitié, la production minière est touchée, l’inflation atteint 160%, et la pénurie de produits de première nécessité se fait sentir .

Mais toutes ces calamités ont des causes : cette année-là, la consommation populaire augmente considérablement alors que la production agricole diminue et que les entreprises privées, au lieu d’investir, vivent sur leurs stocks, sachant qu’ils vont ainsi provoquer des problèmes de ravitaillement et de distribution.

La deuxième cause, peut-être la plus importante, est le « blocus invisible » mis en place par les Etats-Unis qui coupent tous crédits au CHILI, sauf les crédits militaires qui augmentent [3], et tentent d’imposer un embargo total sur les produits chiliens. Le matériel minier et routier étant en grande partie étasunien, lorsque les Etats-Unis limitent leurs exportations de pièces de rechange vers le CHILI, celui-ci se trouve naturellement en difficulté.

Les grèves et les manifestations de droite se succèdent, des occupations de terres et d’usines ont lieu.

ALLENDE cherche des solutions politiques, mais l’extrême gauche veut la révolution et l’extrême droite un coup de force. Il lui reste peu de marge de manoeuvre. Il confie alors le ministère de l’intérieur au chef des armées, le légaliste Carlos PRATS. C’est pendant ce moment de calme que sont organisées les élections législatives de 1973 . ALLENDE y obtient 43,4% des suffrages, ce qui le dote de 8 députés supplémentaires. Et il semble que ce soit juste après ces élections que la décision ait été prise d’une intervention militaire.

2°) L’armée chilienne :

Depuis 1952, les officiers chiliens sont formés par les USA à PANAMA où ceux-ci possèdent 14 bases qui constituent les postes avancés de leurs actions en Amérique latine.
En 1973, l’armée chilienne compte 4 corps :
- l’armée de terre : 30 000 hommes
- la marine : 15 000 hommes
- l’armée de l’air : 9 000 hommes
- les « carabineros » (police nationale) : 30 000 hommes

Après les manifestations des routiers, le général Gustavo LEIGH (extrême droite) est promu ministre des travaux publics et des transports. Et le 23 août 1973, Carlos PRATS, général en chef des forces armées, est remplacé par le général Augusto PINOCHET à la suite d’une manifestation de femmes d’officiers qui soutiennent leurs maris dans leur opposition au président Allende. Peu de temps après, César MENDOZA devient chef des « carabinieros ». Tous sont des adversaires d’ALLENDE. Seul l’amiral Raul MONTERO, chef de la marine, lui est fidèle.

3°) L’implication des Etats-Unis :

Comme nous le savons, depuis le XIX° siècle les USA lorgnent sur l’Amérique latine. A l’époque, il s’agissait de la « protéger » contre les appétits colonisateurs des pays d’Europe. Au XX° siècle, il s’agit d’éviter toute prise d’influence de l’URSS sur elle.

Dans ce but, sous la présidence de J.F. KENNEDY, le pays s’engage dans un programme d’aide au développement en Amérique latine que ses successeurs poursuivront. Henry KISSINGER dirige le « Conseil National de Sécurité » dont la Commission 40 a pour rôle de s’occuper de l’élection présidentielle de 1970 au CHILI. Le 25 mars 1970, cette commission met en place un vaste programme en faveur de FREI, président en exercice et adversaire d’ALLENDE, en faisant mener par la CIA une campagne de propagande anti-marxiste bien que celui-ci n’ait aucune intention de mettre en place un gouvernement marxisme. Il déclarera notamment après son élection :

« La presse nord-américaine m’a tout de suite collé l’étiquette marxiste [4]. On voit bien la pointe et on discerne le venin. Bien entendu, les socialistes se réclament du marxisme. Ils ne sont pas les seuls. Nous n’allons pas faire un gouvernement marxiste. Cela n’a pas de sens. Nous aurons un gouvernement dans lequel les six formations de l’Unité populaire : communistes, socialistes, radicaux, MAPU, sociaux-démocrates et Action populaire indépendante seront représentées. Voilà la vérité."

Mais il devient rapidement évident qu’ALLENDE va être élu. Le 4 septembre 1970, avant même la fin du dépouillement du scrutin, Edward KORRY, ambassadeur des USA au CHILI, câble à WASHINGTON :

« Le CHILI a voté dans le calme pour se doter d’un état marxiste-léniniste. Il s’agit de la première nation au monde à avoir fait ce choix librement et en connaissance de cause. Le Docteur Salvador ALLENDE a eu la sagesse, au regard de la politique soviétique en Amérique latine, de faire une entorse à la tactique révolutionnaire de son modèle Fidel CASTRO, en se frayant un chemin électoral vers le pouvoir. (.) » Lorsque j’écris ces lignes, 300 000 bulletins n’ont pas encore été dépouillés, mais la puanteur de la défaite est évidente. »

Le lendemain, il envoie un nouveau câble :

« Mon pessimisme électoral de la nuit dernière s’est renforcé. Ni les politiques, ni les forces armées ne se sont opposées à l’élection d’ALLENDE, nous n’avons plus la moindre parcelle d’espoir. Les Etats-Unis doivent commencer à prendre en compte la réalité d’un régime ALLENDE. Nous ne pouvons compter pour l’instant sur les forces armées, chacun espérant qu’un autre prenne l’initiative et aucun n’étant prêt à assumer la responsabilité historique de faire couler le sang et de déclencher une guerre civile."

Le 15 septembre, Richard NIXON, alors président des Etats-Unis, déclare à Richard HELMS, patron de la CIA :
« Il y a peut-être une chance sur 10, mais sauvez le CHILI ! Aucune importance en ce qui concerne les sommes dépensées. 10 millions de $ sont disponibles, plus si nécessaire ! Prenez à plein temps les meilleurs hommes que vous ayez ! Règle du jeu : le minimum de bruit et 48h pour présenter un plan d’action. »

Le lendemain 16 septembre, Richard HELMS réunit les différents chefs de section de la CIA pour mettre au point un projet qui aura pour nom de code « FULBERT».

Le 15 octobre, Henry KISSINGER donne comme instructions aux personnes concernées de « travailler clandestinement et en sécurité » et les prévient contre toute action précipitée.

La CIA lance alors une série d’opérations visant à empêcher ALLENDE d’exercer le pouvoir par tous les moyens :

Tout d’abord, la commission 40 tente d’obtenir que FREI dissolve l’Assemblée avant l’élection et confie le pouvoir à l’armée afin de provoquer d’autres élections qu’il gagnerait. Puis, elle tente d’obtenir du Parlement qu’il refuse son investiture à ALLENDE. [5]

Parallèlement, la CIA s’attaque aux militaires ayant adopté une position loyaliste vis à vis de lui. Un chef de section demande qu’on fournisse à des officiers chiliens pour le soir du 18 octobre 8 ou 10 grenades lacrymogènes et 3 mitraillettes calibre 45 avec 500 cartouches pour chacune. Les grenades leur parviendront le 18 octobre, les mitraillettes le 19. Ces munitions sont destinées à « neutraliser » en le kidnappant le général René SCHNEIDER , hostile à toute intervention de l’armée pour s’opposer à ALLENDE. Mais cette opération est éventée et une reprise en mains de l’armée s’ensuit. Le général SCHNEIDER est assassiné le 22 octobre par la CIA et ce meurtre provoque une mobilisation de l’armée et de la population autour d’ALLENDE dont l’élection est ratifiée par le Congrès le 24 octobre. Richard HELMS, patron de la CIA déclare alors :

« L ’assassinat de SCHNEIDER a rassemblé l’armée mais ce choc destiné à les réunir pour passer à l’action les a mobilisés contre toute tentative de coup d’état contre ALLENDE. »

Pour trouver des conditions favorables à un coup d’état, la CIA devra attendre trois ans.ce fameux 11 septembre 1973 où, raconte le lieutenant-colonel RYAN, attaché naval de la Navy à VALPARAISO, « les ordres étaient que tout le personnel américain reste sous couverture. »

4°) Le coup d’état :

Chaque année, la Navy et la marine chilienne organisent des manouvres communes : l’opération «Unitas ».

Le 9 septembre 1973, PINOCHET, Gustavo LEIGH et le vice-amiral TORRIBO, commandant la flotte à VALPARAISO, signent l’ordre d’action pour le 11 septembre 6h.
Le 10 septembre, des troupes d’infanterie de marine qui avaient quitté VALPARAISO reviennent sur la côte après avoir passé la journée avec 4 bateaux de la Navy et coupent les communications à VALPARAISO. MERINO fait arrêter MONTERO et emprisonner sur les bateaux les partisans d’ALLENDE.
Le 11 septembre à 3h, VALPARAISO est aux mains des putschistes.
Dans tout le pays, le coup d’état se réalise sans résistance, sauf à SANTIAGO où , à 7h, Salvador ALLENDE regagne la MONEDA (palais présidentiel) en compagnie de 42 de ses gardes fortement armés. Le vice-amiral Patricio CARJAVAL lui propose par téléphone de quitter le CHILI avec sa famille. ALLENDE refuse.
A 11h 56, deux chasseurs de l’armée attaquent la MONEDA à coups de roquettes, suivis peu après par les chars.
A 14h, le commando du capitaine Roberto GARRIDO pénètre les lignes des derniers défenseurs dans le salon d’apparat où il aurait tué le président d’une rafale de mitraillette. Selon une autre version, ALLENDE se serait suicidé en se tirant lui-même une rafale de mitraillette dans le bouche.
A 14h40, la MONEDA tombe.



5°) L’après coup d’état :

Dans les semaines qui suivent le 11 septembre, les exécutions sommaires atteignent de telles proportions que l’opinion étasunienne s’en émeut et que le secrétaire d’état demande un rapport. Celui-ci déclare :
« Le 24 octobre, la junte a annoncé que les exécutions sommaires sur place cesseront bientôt et que les personnes prises en train de résister seraient jugées par des cours militaires. Depuis cette date, 17 exécutions ont eu lieu après un procès devant un tribunal militaire. On peut établir le total des exécutions publiques anonymes et suivant des décisions de cours martiales à une centaine. Il faut y ajouter 40 prisonniers qui « tentaient de s’échapper ». Une note interne à la junte et confidentielle établit à 320 le nombre des exécutions ayant eu lieu dans la période du 11 au 30 septembre. Par la suite, il semble qu’il y ait eu un accroissement de cette pratique. Les leaders chiliens justifient ces exécutions comme tout à fait légales, en application de la loi martiale. »

Il est donc évident que les méthodes employées par la junte pour exercer le pouvoir sont connues de tous, en particulier des dirigeants des U.S.A. Cependant, au même moment, l’administration NIXON prend de nombreuses mesures en faveur du CHILI :

- des banques privées étasuniennes et canadiennes lui accordent un prêt de 171 millions de $
- le 14 novembre les U.S.A. lui accordent un crédit de 24 millions de $ pour acheter du blé.

En retour, la marine chilienne envisage de leur acheter deux destroyers et d’autres équipements militaires. En fait, les U.S.A font en sorte que PINOCHET puisse contrôler l’économie de son pays et lui en donnent les moyens. Plus question de blocus, comme du temps d’ALLENDE.

La même année, Henry KISSINGER, grand maître d’ouvre du coup d’état, reçoit le Prix NOBEL DE LA PAIX !.

Deux ans plus tard, en 1975, il mettra en place avec PINOCHET et George BUSH alors patron de la C.I.A. sur le modèle d’INTERPOL, l’opération CONDOR, véritable « internationale des dictateurs », qui réunira LE CHILI, l’ARGENTINE, le BRESIL, LA BOLIVIE, l’URUGUAY et le PARAGUAY et dont le but sera l’élimination pure et simple de tout opposant à ces dictatures, en quelque région du monde qu’ils puisse se trouver. Entre autres coups d’éclat, il faut mettre à l’actif de ces « assassins sans frontières » qui séviront jusqu’en 1985, l’assassinat à moins de 2 km de la Maison Blanche, le 21 septembre 1976,d’Orlando LETELIER, ancien ministre d’ALLIENDE, par des agents chiliens , et en ARGENTINE, pays chargé des exécutions, l’adoption par des familles de militaires , des enfants des victimes de cette opération. C’est à la suite de la découverte au PARAGUAY de plusieurs tonnes d’archives, (que l’U.N.E.S.C.O. a refusé de classer pour les protéger) et dont certaines ont été transmises au juge GARZON que celui-ci , ainsi que la juge française Anne-Sophie CHATEAU, a demandé une commission rogatoire pour pouvoir interroger Henry KISSINGER lors de sa visite à LONDRES le 24 avril dernier. Cette action n’a pas abouti, mais KISSINGER est rentré chez lui en catastrophe.

Françoise Lopez
11 septembre 2002 (mise à jour 16 décembre 2006)

18 décembre, 2006

11 décembre 2006

Un buste d'Augusto Pinochet sera installé au palais de La Moneda



SANTIAGO DU CHILI (Reuters) - Un buste de l'ancien dictateur chilien Augusto Pinochet, décédé le 10 décembre à l'âge de 91 ans, sera vraisemblablement installé au palais présidentiel de La Moneda, à Santiago, a déclaré dimanche la ministre de la Défense chilienne, Vivianne Blanlot, dans une interview publiée dimanche.

La décision de faire entrer Pinochet, sous la forme de ce buste, au panthéon des anciens présidents du Chili, devrait provoquer la colère des sympathisants de gauche, pour lesquels Pinochet devrait être tenu dans l'ignorance par l'Etat en raison des violations des droits de l'homme commises sous sa dictature, de 1973 à 1990.

Dans une interview accordée au journal El Mercurio, la ministre se voit demander si le Chili doit mettre en place un buste de Pinochet au palais présidentiel:

"Je pense que oui, même si cette idée révulse beaucoup d'entre nous", répond Blanlot, qui a représenté le gouvernement de centre gauche aux obsèques de Pinochet mardi dernier.

l'Etat, argumente-t-elle, a reconnu Pinochet comme ancien président durant la transition vers la démocratie, et est par conséquent tenu de lui rendre ce honneur. Le buste sera installé dans la même galerie que celle où se trouve déjà celui de Salvador Allende, président marxiste démocratiquement élu, puis renversé par Pinochet lors du putsch du 11 septembre 1973.

Durant le coup d'Etat, Pinochet avait ordonné à l'armée de l'air chilienne de bombarder le palais pour tuer les fidèles d'Allende, qui tiraient sur l'armée depuis le toit. Allende, qui se trouvait à l'intérieur, a survécu au bombardement mais se serait suicidé alors qu'approchaient les soldats de Pinochet.

« UN CRACHAT DE MÉPRIS »

DES CADETS PORTENT LE CERCUEIL D'AUGUSTO PINOCHET 
LORS DES FUNÉRAILLES DE L'EX-DICTATEUR À L'ACADÉMIE 
MILITAIRE DE SANTIAGO, LE 12 DÉCEMBRE 2006. 
PHOTO MARTIN BERNETTI

Un petit-fils de Pinochet exclu de l'armée pour avoir défendu son grand-père.

« UN CRACHAT DE MÉPRIS »
PHOTO CLAUDIO POZO
La controverse sur Augusto Pinochet a conduit l'armée chilienne, mercredi, à exclure de ses rangs le petit-fils de l'ex-dictateur chilien, le capitaine Augusto Pinochet Molina, qui avait défendu publiquement le bilan de son grand-père.

Lors des obsèques du général défunt, mardi à Santiago, le capitaine Augusto Pinochet Molina avait justifié le coup d'Etat militaire dirigé il y a 33 ans par son grand-père.

"On lui a communiqué la gravité de sa faute et on l'a informé qu'il allait être congédié", a déclaré le commandant de l'armée, le général Oscar Izurieta, faisant référence au capitaine Molina Pinochet.


La présidente socialiste chilienne Michelle Bachelet avait demandé des sanctions de l'armée à l'égard du capitaine Augusto Pinochet Molina, 33 ans, qui avait rendu hommage à son grand-père, dans une intervention non autorisée, pendant les obsèques mardi.


Il avait qualifié ce dernier d'homme ayant "renversé un régime marxiste en pleine guerre froide".


Le petit-fils du général Pinochet, qui avait défendu le bilan de son grand-père, s'était violemment opposé celui d'un ex-chef de l'armée, assassiné par le régime, et qui était lui venu cracher sur le cercueil du dictateur.

Cette confrontation qui a fait les gros titres des journaux n'a pas paru perturber Michelle Bachelet, elle-même victime de la dictature et qui a affirmé que la page de l'ère Pinochet était déjà tournée depuis longtemps au Chili.

[ Cliquez sur l'image pour l'agrandir ]       
« UN CRACHAT DE MÉPRIS »

La presse a révélé mercredi que l'individu qui avait été évacué par la police lundi pour avoir craché sur le cercueil de Pinochet était Francisco Cuadrado Prats, 39 ans, petit-fils de l'ancien chef de l'armée, le général Carlos Prats, un fidèle d'Allende, assassiné en 1974 à Buenos Aires avec son épouse par la police de la dictature.


Celui-ci, un artiste peintre, a confié au journal El Mercurio qu'il avait voulu venger ses grands-parents et que c'était "un crachat de mépris".


C'est le général Prats, loyal au président socialiste Salvador Allende, qui avait conseillé au chef de l'Etat de nommer Pinochet à la tête de l'armée.


Trois semaines plus tard, Pinochet s'emparait du pouvoir par les armes et un an après il faisait assassiner Prats et son épouse, Sofia Cuthbert, en pleine rue d'un quartier chic de Buenos Aires.


A propos du discours imprévu du petit-fils de Pinochet, la présidente Bachelet avait parlé de "faute gravissime" et s'était dite certaine que "l'armée saurait agir comme il se doit". Elle a notamment dénoncé le fait que le capitaine ait exprimé une opinion politique alors que la législation chilienne impose un devoir de réserve et de neutralité aux militaires.


Le capitaine Pinochet Molina a aussi critiqué les juges enquêtant sur Pinochet et les crimes de la dictature, estimant qu'ils étaient "plus en quête de renommée que de justice".


L'officier ingénieur en informatique a admis qu'il envisageait déjà depuis plusieurs mois de quitter l'armée.


Des avocats défenseurs des droits de lhomme ont déjà porté plainte contre lui pour "sédition" et "non respect des devoirs militaires".


Quelque 3.000 opposants furent tués ou disparurent sous le régime de Pinochet (1973-1990) tandis que près de 30.000 furent torturés, dont la présidente socialiste Bachelet et sa mère Angela. Son père Alberto Bachelet, un général d'aviation proche d'Allende, est également mort des suites de tortures.
Les restes de l'ancien homme fort du Chili reposeront dans la propriété familiale de Los Boldos à 110 km au sud-ouest de la capitale.


La famille a décidé d'incinérer sa dépouille pour éviter, selon les médias, une éventuelle vengeance et profanation de sa tombe.


SANTIAGO (AFP)© 2006 AFP