31 octobre, 2006

LE CHIFFRE CHILI 68 %

68 % c'est la part consacrée aux dépenses sociales dans le prochain budget du gouvernement chilien, présenté le 25 octobre. L'amélioration du système de retraite et l'aide aux enfants des plus pauvres sont les deux points forts du programme. Pour doter sonpays du meilleur système de protection sociale d'Amérique latine, comme elle l'a promis, la présidente, Michelle Bachelet bénéficie d'une économie dynamique, avec 6 % de croissance en 2005. Le Monde Article paru dans l'édition du 31.10.06

Pinochet arrêté pour "séquestration, homicide et torture"


REUTERS/IVAN ALVARADO
Augusto Pinochet est assigné à résidence dans sa propriété de La Dehesa, un quartier aisé situé dans l'est de Santiago.

L'ex dictateur chilien Augusto Pinochet a été placé en état d'arrestation pour la quatrième fois en cinq ans lundi 30 octobre 2006. Mais c'est la première fois qu'il est inculpé pour des actes de torture, subis par 23 personnes à la Villa Grimaldi, la prison secrète de la dictature. Il est également mis en cause dans la disparition de 36 personnes et dans un homicide. Le juge Alejandro Solis a demandé l'assignation à résidence du général Pinochet, déjà inculpé dans des affaires financières et criminelles.

30 octobre, 2006

Le général Pinochet arrêté pour tortures


L'ex-dictateur chilien a été assigné à résidence pour des tortures et des disparitions sous le régime militaire.

Augusto Pinochet (AP) Seize ans après la fin de la dictature au Chili, le général Pinochet est rattrapé par son passé. L'ex-dictateur chilien a été placé, lundi 30 octobre, en état d'arrestation avec assignation à résidence pour des cas de tortures et des disparitions forcées à la Villa Grimaldi, une prison secrète du régime militaire.La Cour d'appel de Santiago, chargée de ce dossier, a notifié son placement en détention dans sa propriété de La Dehesa, un quartier aisé dans l'est de la capitale chilienne.L'ancien homme fort du Chili avait été inculpé vendredi pour des tortures sur 23 personnes et pour 36 cas de disparitions forcées à la Villa Grimaldi.4e arrestationPlus de 4.500 prisonniers politiques sont passés par ce centre de détention, le principal de la dictature, et 226 n'en sont jamais sortis. La présidente chilienne Michelle Bachelet et sa mère ont été détenues et torturées en janvier 1975 dans cette ancienne maison de repos pour gens aisés située à Santiago.Augusto Pinochet, qui aura 91 ans le 25 novembre, a dirigé d'une main de fer le pays de 1973 à 1990. Depuis 2001, l'ex-dictateur avait déjà été placé en détention - en l'occurence assigné à résidence - à trois reprises avant de recouvrer sa liberté de mouvement quelques jours ou semaines plus tard, moyennant le paiement d'une caution. NOUVELOBS.COM 30.10.06 19:05

28 octobre, 2006

Augusto Pinochet inculpé pour des disparitions et des tortures


Le général Pinochet est rattrapé par de nouvelles affaires. Après l'ouverture d'une enquête jeudi sur la présence de lingots d'or à son nom dans une banque de Hongkong, un juge chilien a inculpé, vendredi 27 octobre, l'ancien dictateur pour des disparitions et des tortures sur des prisonniers commises pendant le régime militaire (1973-1990). L'immunité dont jouissait Augusto Pinochet en tant qu'ancien président avait été officiellement levée dans cette affaire le 4 octobre par la Cour suprême du Chili.

Le juge Alejandro Solis a annoncé que la responsabilité de Pinochet était mise en cause pour 36 cas de disparitions, un meurtre et 23 cas de torture, concernant des personnes détenues à la Villa Grimaldi, qui servit de 1973 à 1978 de centre clandestin aux services secrets chiliens. Cette décision pourrait ouvrir la voie à l'arrestation de l'ancien dictateur, selon des sources judiciaires. "Je ne vais pas donner plus de détails avant lundi, où la décision sera notifiée officiellement", a précisé le juge, sans confirmer ou démentir s'il demanderait l'arrestation du général Pinochet. Selon l'agence Reuters, qui cite une source judiciaire, le général Pinochet sera assigné à résidence chez lui à partir de lundi.

Augusto Pinochet, qui aura 91 ans en novembre, a déjà perdu son immunité à plusieurs reprises dans le cadre d'enquêtes sur des disparitions d'opposants survenues pendant la dictature, qui se solda par 3 000 morts et disparus.

DÉMENTI DU GROUPE HSBC DANS L'AFFAIRE DES LINGOTS D'OR

Par ailleurs, une enquête a été ouverte jeudi sur la présence de lingots d'or au nom de l'ex-dictateur dans une banque britannique à Hongkong. Le juge Juan Gonzalez, chargé de cette affaire, a déclaré vendredi "poursuivre ses investigations" malgré le démenti du groupe bancaire, qui a affirmé ne pas détenir cet or, contrairement aux révélations de la presse chilienne, et qualifié de "contrefaçons" les documents accréditant cette information.

Les journaux chiliens El Mercurio et La Nación ont affirmé que Pinochet aurait déposé 9 620 kilos d'or en lingots auprès de la banque HSBC à Hongkong, estimés à plus de 190 millions de dollars (149 millions d'euros). C'est le consultant américain en vente d'or Al Landry qui, selon la presse, aurait révélé l'existence des lingots au gouvernement de Santiago, sur la base de documents reçus d'un vendeur potentiel. "Déterminer comment s'est produit tout cela constituerait également un des buts de l'enquête", a souligné le magistrat chilien, qui souhaiterait identifier les "responsables d'une supposée falsification".

26 octobre, 2006

Le général Pinochet pourrait être renvoyé devant la cour d'assises à Paris


Le parquet du tribunal de grande instance de Paris a requis définitivement, début janvier, le renvoi devant la cour d'assises de seize militaires chiliens pour la disparition de quatre Français au Chili, à la suite du coup d'Etat de 1973. L'ex-dictateur, Augusto Pinochet, et le chef de sa police secrète, le général Manuel Contreras, figurent parmi les inculpés. Rien ne s'opposerait plus à ce que le vieux caudillo (90 ans) soit jugé par contumace.

L'affaire remonte à la plainte déposée en 1998 par les proches d'Alphonse René Chanfreau, Etienne Pesle, Georges Klein et Jean-Yves Claudet. Les trois premiers disparurent au Chili en 1973 ou 1974, tandis que M. Claudet a été enlevé à Buenos Aires en novembre 1975. Le réquisitoire estime qu'il est "suffisamment établi" que les quatre "ont été victimes d'arrestations et de séquestrations arbitraires au sens de la loi pénale française".Alors que la justice française poursuit le général Pinochet pour simple "complicité", un des avocats des familles des victimes, William Bourdon, plaide "pour que soit retenue (sa) responsabilité pénale en sa qualité de chef d'orchestre, instigateur et maître d'oeuvre d'une politique de répression sur tout le territoire chilien, menée par l'ensemble des différents corps de l'armée chilienne, et ce dans des conditions incompatibles avec l'existence d'un acte isolé et qui serait intervenu hors le cadre fixé par M. Augusto Pinochet." Comme la jurisprudence française ne reconnaît pas la responsabilité pénale personnelle du supérieur hiérarchique, Me Bourdon invoque la jurisprudence internationale (tribunaux pour le Rwanda et l'ex-Yougoslavie)

L'or de Pinochet

L'ex-dictateur chilien aurait déposé 9.620 kilos d'or en lingots auprès de la banque HSBC. Deux enquêtes ont été ouvertes, à Hong Kong et au Chili.

Plus de 9 tonnes d'or en lingots d'or au nom de l'ex-dictateur Augusto Pinochet ont été découverts dans le coffre d'une banque de Hong Kong, révélait mercredi 25 octobre la presse chilienne. Selon la presse, Augusto Pinochet a déposé 9,620 kilos d'or en lingots auprès de la banque HSBC (Hong Kong and Shanghai Banking Corporation) à Hong Kong, estimés à plus de 190 millions de dollars au cours actuel. Depuis Hong Kong, le groupe bancaire HSBC a annoncé avoir diligenté sa propre enquête sur ces lingots d'or.Enquête au ChiliAu Chili, cette découverte a été confirmée par le chef de la diplomatie Alejandro Foxley. La justice chilienne a ouvert une enquête sur cette affaire jeudi, qu'elle a confiée au juge Juan Gonzalez. Celui-ci a fait savoir que les premières mesures qu'il prendrait seraient de "demander des informations aux institutions correspondantes". Il envisage aussi l'envoi d'un de ses collaborateurs à Hong Kong.Le juge Gonzalez a également pris le relais du juge Carlos Cerda dans l'enquête ouverte il y a deux ans pour enrichissement illicite contre Pinochet. Une centaine de comptes secrets de l'ex-dictateur et sa famille, contenant plus de 27 millions de dollars, avaient été découverts à l'étranger en particulier auprès de la banque Riggs de Washington. En août, la Cour d'appel avait retiré ce dossier au juge Cerda, accusé de partialité par des avocats de la défense du général Pinochet. NOUVELOBS.COM 26.10.06 17:35

Lingots d'or de Pinochet à Hong Kong

Lingots d'or de Pinochet à Hong Kong: la justice chilienne ouvre une enquête

La justice chilienne a ouvert jeudi une enquête à la suite de révélations dans la presse sur l'existence de plus de 9 tonnes d'or en lingots au nom de l'ex-dictateur Augusto Pinochet dans le coffre d'une banque de Hong Kong, a-t-on appris de sources officielles à Santiago.

La Cour d'appel de Santiago a demandé au juge Juan Gonzalez d'enquêter sur cette affaire, révélée mercredi par deux journaux et que le chef de la diplomatie Alejandro Foxley a jugé crédible. Ce dernier a indiqué avoir obtenu des informations "qui ne sont pas quelconques".
M. Gonzalez a fait savoir que les premières mesures qu'il prendrait seraient de "demander des informations aux institutions correspondantes". Il envisage aussi l'envoi d'un collaborateur à Hong Kong.
La famille et les avocats de Pinochet, qui aura 91 ans en novembre, ont formellement démenti l'existence des lingots d'or et sa défense a annoncé des plaintes en diffamation contre les médias diffusant l'information.
Selon les journaux El Mercurio et La Nacion, Augusto Pinochet aurait déposé 9.620 kilos d'or en lingots auprès de la banque HSBC (Hong Kong and Shanghai Banking Corporation) à Hong Kong, estimés à plus de 190 millions de dollars au cours actuel.
Le consultant américain en ventes d'or, Al Landry, est mentionné par la presse comme la personne ayant révélé l'existence des lingots au gouvernement chilien, sur la base de documents qu'il aurait reçus d'un vendeur potentiel. "J'assure que ces documents, compte tenu de l'expérience que j'ai de ce marché, sont absolument réels", a-t-il déclaré au journal La Nacion.
Les dépôts d'or auraient été effectués par l'ex-dictateur entre juillet et novembre 1980.
Selon la presse chilienne, M. Landry a remis au moins 12 documents de la banque HSBC dans lesquels apparaît le nom de Pinochet comme détenteur des lingots, au consul du Chili à Los Angeles, Fernando Urrutia, qui les a transmis à sa chancellerie. Le ministère les a confiés à la justice. M. Landry a indiqué à plusieurs journaux avoir refusé de servir d'intermédiaire dans cette opération.
Outre l'affaire des lingots, le juge Gonzalez est déjà chargé, en remplacement du juge Carlos Cerda, d'une autre enquête, ouverte il y a deux ans pour enrichissement illicite contre Pinochet, après la découverte d'une centaine de comptes secrets de l'ex-dictateur et sa famille, à l'étranger en particulier auprès de la banque Riggs de Washington. Sur ces comptes, Pinochet et son entourage sont accusés d'avoir accumulé frauduleusement plus de 27 millions de dollars.
M. Cerda s'est vu retirer ce dossier par la Cour d'appel en août, après avoir été accusé de partialité par la défense du général Pinochet, qui fut au pouvoir de 1973 à 1990.
Jeudi, depuis Hong Kong, le groupe bancaire HSBC a annoncé avoir diligenté sa propre enquête sur le millier de lingots d'or qu'aurait déposés Augusto Pinochet dans l'un des coffres de la banque à Hong Kong.
Mais Richard Lindsay, porte-parole du groupe cité par le journal chilien La Tercera, a écarté cette possibilité. "Nous ne croyons pas avoir de l'or ou n'importe quel autre bien appartenant à M. Pinochet dans notre banque", a-t-il déclaré. AFP 26.10.06 19h27

25 octobre, 2006

LE SOUS-MARIN CARRERA PART VERS LE CHILI


Le chantier de Navantia a terminé hier, avec le départ du sous-marin Carrera vers le Chili, le programme Scorpène, qu’il avait construit ces dernières années pour la Marine Chilienne. Ce projet terminé, sans même attendre la fin de l’année de garantie de ce sous-marin conventionnel, Navantia se concentre déjà, en partenariat avec DCN, sur la construction du premier sous-marin de ce même type pour la Malaisie.

Le commandant du sous-marin Carrera, Elio Corcuera, a rappelé hier que l’équipage du sous-marin, composé de 38 marins, “était resté pendant 3 ans à Cartagena avec leurs familles”. Il a raconté que, pendant ce temps, “onze enfants sont nés à Carthagène dans les familles de l’équipage”, ils attendent déjà le retour de leur père dans son pays d’origine.
Corcuera s’est déclaré certain que ce sous-marin “est le sous-marin conventionnel le plus moderne au monde. Il sera utilisé comme arme de dissuasion pour maintenir la paix”. De plus, le commandant a insisté sur “l’excellent travail réalisé par Navantia et DCN”.

Un sous-marin pour la Malaisie

Le premier des sous-marins pour la Malaisie sera remis en France, en janvier 2009, selon ce qu’a déclaré le responsable du Projet Scorpène de Navantia, Tomás Enguita. 9 mois plus tard, en octobre 2009, le second sera transféré, cette fois à Cartagène, de la même manière que cela s’est passé hier.
Enguita a aussi indiqué que “à la fin de l’année, nous allons terminer la partie de la poupe que nous avons construite ici”, et il a confirmé que “le travail avançait selon le calendrier prévu”.

Jusqu’à 60 jours sans se ravitailler



Une des grandes nouveautés de ce sous-marin est qu’il permet de rester “jusqu’à 60 jours sans ravitaillement”, selon ce qu’a indiqué le commandant du sous-marin. De fait, “le sous-marin le plus moderne du monde”, peut aller de Cartagène jusqu’au Chili avec une grande autonomie.
Quant à l’utilisation du Carrera par la Marine Chilienne, Corcuera a indiqué qu’il s’agissait d’une “assurance”, expliquant que c’était “comme avoir un bon chien pour empêcher les voleurs d’entrer chez soi”.

Une centaine de personnes ont assisté hier au départ. Après ces 3 dernières années, nombreux sont les amis que l’équipage chilien laisse derrière lui à Cartagène et il y avait beaucoup d’émotion dans les coeurs de ceux qui restaient.
Article original : El Faro de Cartagena (Espagne)
(le lien s'ouvrira dans une nouvelle fenêtre).

9.000 (neuf mille) kilos d'or



Le gouvernement chilien a annoncé mercredi avoir été informé de l'existence d'un dépôt de plusieurs millions de dollars au nom de l'ancien dictateur Augusto Pinochet dans une banque à Hong Kong.

"Nous avons reçu des informations il y a quelques jours par le biais d'une de nos missions diplomatiques à l'étranger", a déclaré le ministre des Affaires étrangères Alejandro Foxley sur les ondes de Radio Cooperativa de Santiago. Il commentait des informations publiées dans deux quotidiens chiliens.



Alejandro Foxley a précisé que ces informations, qui comprennent des photocopies de documents, "ne sont pas encore officielles", mais qu'elles avaient été transférées aux tribunaux qui enquêtent depuis plus de deux ans sur la fortune de Pinochet à l'étranger.

Le général a la retraite Guillermo Garin, porte-parole de l'ancien dictateur, a affirmé ne disposer d'aucune information sur un éventuel dépôt à la banque anglaise HSBC à Hong Kong.

"Ces informations me font rire", a déclaré Garin par téléphone à l'Associated Press. AP

"Je me trouvai hier avec lui et sa famille et on m'a affirmé qu'il n’a jamais possédé un seul gramme d'or […] Le seul or qu'il a en sa possession, c’est celui de son alliance matrimoniale", a ajouté Pablo Rodriguez, avocat de Pinochet...

El Mercurio

22 octobre, 2006

DROIT D’ACCÈS À L’INFORMATION


La cour interaméricaine des droits de l’homme reconnaît le droit d’accès à l’information
Pour la première fois dans l’histoire, un tribunal international a reconnu l’accès à l’information gouvernementale comme un droit fondamental de la personne. Le 11 octobre 2006, la Cour interaméricaine des droits de l’homme a confirmé l’existence d’un tel droit dans une affaire opposant le gouvernement chilien et trois militants environnementaux qui tentaient d’obtenir des renseignements sur un projet controversé d’exploitation forestière, selon ce que rapportent l’Initiative Justice de l’Open Society et Access Info Europe.


Sergio García Ramírez Présidentde la Cour interaméricaine des droits de l’homme

Ces deux organisations, de même qu’ARTICLE 19, l’Institut pour la presse et la société (Instituto Prensa y Sociedad, IPYS) et le groupe mexicain Liberté de l’information Mexique, Asociación Civil (LIMAC), ont déposé en début d’année un mémoire à titre d’intervenants désintéressés auprès de la cour, dans lequel elles pressent le tribunal de statuer que la Convention américaine relative aux droits de l’homme garantit le droit d’accès à l’information que détiennent les corps publics (voir à http://www.ifex.org/fr/content/view/full/73459/).

Dans sa décision sur l’affaire « Marcel Claude Reyes et autres contre le Chili », la cour a conclu que le Chili avait violé le droit à l’information en négligeant de fournir les renseignements demandés en 1998 au sujet du dossier environnemental de la société Trillium Ltd., une entreprise américaine qui appuie le projet forestier. Les violations par le Chili incluaient également l’absence de loi et d’autres mécanismes efficaces pour garantir le droit de demander et d’obtenir les renseignements que détiennent les corps publics. La cour a ordonné au Chili de rendre publics les renseignements demandés et d’adopter des mesures, juridiques et autres, notamment de la formation pour les responsables publics, afin de garantir un processus efficace de traitement des demandes de renseignements, rapporte Access Info Europe.

« Ce jugement porte sur plus d’un cas dans un seul pays », dit l’Initiative Justice de l’Open Society . « Il crée un précédent que les autres tribunaux et les autres pays devraient suivre. » Les répercussions se feront sentir au-delà des Amériques. Access Info Europe fait remarquer, par exemple, que certains pays d’Europe, comme l’Espagne, la Grèce et l’Italie, n’ont pas de lois garantissant le plein accès à l’information et pourraient maintenant devoir envisager des réformes afin de respecter les normes internationales.

Consulter les sites suivants :

* ARTICLE 19 : http://www.article19.org/pdfs/press/inter-american-court-a19-foi-amicus-brief.pdf
* IPYS : http://www.ipys.org
* Access Info Europe : http://www.access-info.org/
* Open Society Justice Initiative : http://www.justiceinitiative.org/db/resource2?res_id=103448
* Convention américaine relative aux droits de l’homme : http://www.cidh.org/Basicos/basic3.htm

Source : Communiqué de l’IFEX volume 15, n°41Mis en ligne par : Tiny le 22 octobre 2006 @ 09.46.09



Agence France-Presse
SANTIAGO

Plusieurs groupes révolutionnaires latino-américains partisans de la lutte armée vont se réunir au Chili pour un sommet inédit, destiné à "coordonner leur combat" dans le sous-continent.

Ce rassemblement, prévu du 27 au 29 octobre, a été lancé à l'initiative du FPMR(Front Patriotique Manuel Rodriguez), groupe historique chilien qui a combattu la dictature du général Pinochet (1973-1990) avant de déposer les armes au retour de la démocratie.


Baptisé "Projections de la lutte révolutionnaire en Amérique latine", ce sommet réunira des organisations "classiques et historiques" du Chili, Pérou, Colombie, Venezuela, Uruguay et Equateur, a confié à l'AFP le porte-parole du FPMR, Leonardo Tapia.

Pour des "raisons de sécurité", le nom des groupes invités n'a pas été dévoilé, alors que la presse chilienne évoque la présence du mouvement marxiste péruvien Tupac Amaru comme celle des guérillas colombiennes, les FARC (Forces armées révolutionnaires de Colombie) et l'ELN (Armée de libération nationale).

Le texte de présentation du sommet, qui se tiendra dans une enceinte privée, souligne "la nécessité d'unir les forces pour affronter l'impérialisme qui insiste pour perpétuer sa domination et son contrôle sur les peuples".

Le ministre chilien de l'Intérieur Belisario Velasco a indiqué que le gouvernement ne s'opposerait pas à la tenue de cette réunion tant que les participants "se soumettront à la Constitution et la loi chilienne".

Aucun invité ne se verra refuser l'entrée sur le territoire chilien, à l'exception des personnes "effectivement recherchées par la justice", a-t-il souligné

BALTASAR GARZON AUTORISÉ À INTERROGER PINOCHET


La justice chilienne a autorisé le juge espagnol Baltasar Garzon à interroger le général Augusto Pinochet et son épouse Lucia Hiriart dans l'affaire des comptes secrets détenus à l'étranger par l'ancien dictateur, a annoncé samedi le quotidien La Tercera.

Le juge Garzon, connu pour avoir obtenu l'arrestation d'Augusto Pinochet à Londres en 1998 dans le cadre de l'enquête sur les crimes commis sous sa dictature (1973-1990), mène aussi une investigation sur l'origine de fonds secrets, découverts notamment sur un compte de la banque Riggs à Washington.

Selon la Tercera, la Cour suprême du Chili a autorisé le magistrat espagnol à interroger le général Pinochet à propos de transferts de fonds litigieux, effectués par la banque Riggs sur des comptes chiliens en 1998 malgré un embargo international prononcé à la suite de son arrestation à Londres.

Le juge Garzon, qui avait à cette époque réclamé en vain son extradition en Espagne afin de le juger pour crimes contre l'humanité, souhaite également indemniser les victimes du régime militaire et leurs proches.

Le magistrat a d'ailleurs réclamé, à plusieurs reprises, à la justice chilienne la mise sous séquestre des biens de l'ex-dictateur.

Le général Pinochet a été inculpé pour des délits de fraude fiscale au Chili à la suite de la découverte d'une centaine de comptes bancaires secrets à l'étranger, d'un montant estimé à 27 millions de dollars.

L'existence de ces comptes avait été révélée en juillet 2004 par une commission anti-blanchiment du Sénat américain qui enquêtait sur le financement des groupes terroristes islamistes.

21 octobre, 2006

LA PRÉSIDENTE DU CHILI REVOIT L'ALLEMAGNE DE SES ANNÉES D'EXIL


La Chef d'État reçoit un bouquet de fleurs des mains du Président de l'Université de Leipzig, Franz Häuser.
Le
Président s'est montré fier qu’une ancienne élève de son établissement devienne Présidente.
Mme Bachelet nommé docteur honoris cause des universités Libre de Berlin et de Humboldt.


Reçue par Mme Merkel, la présidente du Chili revoit l'Allemagne de ses années d'exil

Pour Michelle Bachelet, sa visite en Allemagne en tant que présidente du Chili est plus qu'une simple visite officielle. Non seulement parce qu'elle y a été accueillie, jeudi 19 octobre, par une autre femme, la chancelière Angela Merkel. Mais aussi et surtout parce qu'elle a retrouvé les lieux où elle a vécu en exil, durant les années 1970, alors que sa famille avait dû quitter le Chili du général Pinochet (1973-1990).

Le temps de deux cérémonies tenues à Berlin, Mme Bachelet a replongé trente ans en arrière. L'université Humboldt et l'hôpital de la Charité l'ont chacun faite docteur honoris causa. Elle avait étudié la médecine dans ces deux établissements lors de son séjour, entre 1975 et 1979. "Cette récompense me touche profondément, a-t-elle dit à la Charité, à cause de mes liens particuliers avec ce pays qui m'a accueillie avec ma famille." Accompagnée de sa mère (son père, général d'aviation, est mort d'une crise cardiaque après avoir été torturé en prison), elle était arrivée dans ce qui était alors l'Allemagne de l'Est (RDA), où a grandi Mme Merkel. Le régime communiste d'Erich Honecker avait ouvert ses portes aux opposants au général Augusto Pinochet et à leurs familles. M. Honecker lui même, après sa chute en 1993, s'est installé au Chili jusqu'à sa mort, en 1994.

SOUVENIRS DE POTSDAM

L'étudiante avait emménagé dans un immeuble tout neuf à Potsdam, ville mitoyenne de Berlin. Dans ce quartier vivaient une cinquantaine de Chiliens, dont certains sont encore là aujourd'hui. Tel Luis Gonzalez, qui évoquait récemment, dans la Berliner Zeitung, ses souvenirs de la présidente chilienne : "Elle se déplaçait comme une hippie avec ses jeans étroits et ses cheveux longs, elle portait toujours un sac en laine à l'épaule." Michelle Bachelet s'est ensuite mariée et a eu son premier enfant avant de rentrer au Chili.

Durant sa visite officielle, qui devait s'achever vendredi soir, la présidente, âgée de 55 ans, n'est pas retournée à Potsdam. Elle avait revu son quartier il y a quelques années, alors qu'elle était ministre de la défense. Si elle parle encore allemand, elle a préféré l'espagnol, jeudi, lors de ses entretiens avec Angela Merkel, 52 ans. Au menu : la coopération, notamment dans les domaines universitaire, judiciaire et des énergies renouvelables.

"Je trouve très positif (...) que nos deux pays soient dirigés par des femmes. Cela signifie que nos sociétés deviennent plus égalitaires", a commenté Mme Bachelet, classée 17e au palmarès des femmes les plus puissantes du monde, établi en août par le magazine américain Forbes. Mme Merkel y occupe la première place. La chancelière a promis de continuer à soutenir la "démocratie stable" qu'est devenu le Chili.


Compte rendu Antoine Jacob

QUAND SANTIAGO DU CHILI RESSEMBLE AU PARIS DE 1968










Un autre rendez-vous des carabiniers avec les pingouins chiliens termine mal

Plusieurs similitudes.


1- le mouvement a démarré en mai (de l’année dernière)


2- il y a un cycle manifestations-répression


3- ces derniers jours suite à l’occupation de lycées, plusieurs élèves en ont été exclus (comme à la Sorbonne en 68)...


Mais bon l’histoire ne se répète jamais de la même manière n’est-ce pas ? En plus nous avons au Chili une situation "éducative" beaucoup plus critique qu’en France à cette époque (certains ont d’ailleurs nommé ce moment historique comme "le commencement d’une époque"). Quelqu’un a sous la main un historique succint de mai 68, son déclenchement, les barricades quartier latin... pour le traduire et l’envoyer aux pingouins ?

Presque 370 étudiants ont été arrêtés après des affrontements avec les forces de l’ordre à Santiago, où la grève générale organisée par les élèves a été la plus suivie. Les scènes de camions à eau et de gaz lacrymogène se sont encore répétées.

Des marches, des affrontements et des centaines de détenus : hier on a vécu un nouveau round de la bataille que les étudiants et les carabiniers se livrent, avec quelques interruptions, depuis mai dernier. Mais la grève nationale convoquée par les lycéens n’a pas eu le suivi attendu. Bien que certains des lycées emblématiques du centre de Santiago ont senti l’absence de la majorité des élèves, ce ne fut pas le cas dans d’autres zones du pays.

La journée de mobilisation hier à Santiago et dans d’autres points du pays s’est soldée par presque 370 détenus. Le but de la grève était d’exiger l’application immédiate de mesures pour améliorer l’éducation et mettre en cause la dure répression cette semaine de la part des Carabiniers, qui ont délogé les étudiants des lycées occupés. "Nous justifions les mobilisations parce que si nos établissements ont été occupés, c’était pour agir de manière réellement pacifique", a affirmé la dirigeante étudiante Maria Huerta. "La grève est un ultimatum. C’est pratiquement une menace de ce qui peut arriver si le gouvernement ne s’occupe par du thème", a prévenu pour sa part Maximiliano Mellado, président du Centre d’Élèves du Lycée Manuel Barros Borgoño.

De son côté, le gouvernement a affirmé qu’il continuait à ne pas comprendre l’attitude des étudiants, qu’il a qualifié de "injustifiée". "Il n’y a pas de justification pour perdre les cours, il n’y a pas de justification pour que les étudiants qui veulent étudier s’en trouvent empêchés par des groupes minoritaires qui dans une action violente usurpent leurs lycées", a affirmé la ministre de l’Education, Yasna Provoste. "Ces attitudes ne se justifient pas dans ces moments. Nous avons totalement accompli les engagements que nous avions pris, qui sont de courte portée mais qui signifient une terrible amélioration des conditions de nos étudiants", a-t-elle ajouté.

Dans la capitale, les affrontements principaux entre Carabiniers et étudiants se sont produits à cause de la tentative des "pingouins" de marcher jusqu’aux bureaux du Secrétariat Régional Ministériel d’Education (Seremi). Les forces spéciales ont dispersé environ 500 élèves avec des camions à eau et des gaz lacrymogènes. Les étudiants ont répondu par des pierres et des bombes de peinture contre les véhicules policiers. Le dirigeant Maximiliano Mellado a mis en cause le dispositif déployé pour éviter l’arrivée jusqu’à la Seremi. "C’est dommage que le gouvernement fasse cela, qu’il ordonne aux forces policières de faire ce type de choses, si nous ne faisons rien d’autre que de lutter pour l’éducation. Il n’y a pas eu de destruction, ni de dommage, nous avons seulement marché. L’unique chose qu’ils obtiennent c’est que les étudiants agissent de manière plus radicale", a indiqué Mellado.

Les étudiants ont fait hier les sourds aux demandes du gouvernement. "Nous allons continuer jusqu’aux dernières conséquences", a affirmé la dirigeante étudiante et porte-parole de l’Assemblée de Coordination des Étudiants Secondaires (ACES), Maria Jesús Sanhueza. "Nous n’avons jamais été fermés au dialogue", a-t-elle ajouté sur un ton conciliateur. Avec le mécontentement en raison de la lenteur du travail du Conseil Assesseur et des "ses propositions vagues", Sanhueza a signalé que "un des grands problèmes que nous avons est l’expulsion de nos compagnons". Effectivement, les problèmes pour les "pingouins" se sont multipliés ces derniers jours, puisque maintenant ils risquent non seulement de perdre l’année scolaire ou de voir que les classes s’étendent jusqu’à janvier, mais aussi que plusieurs étudiants soient confrontés à l’annulation de leurs matricules et à l’expulsion de leurs établissements pour le fait de participer aux protestations. Le plus clair exemple de ceci a été celui du maire de Providencia, Cristian Labbé, qui a résolu d’expulser 44 élèves du Lycée Lastarria après qu’ils aient occupé l’établissement.

Le président du Conseil Assesseur pour l’Education, Eduardo García Huidobro, s’est joint aux critiques de la ministre Provoste, en qualifiant les manifestations pingouines de "inconvenantes et sans but clair". "Il y a des choses sur lesquelles on peut faire un ultimatum et d’autres non", a indiqué García Huidobro, en donnant comme exemple les améliorations en infrastructures. "Cela n’a pas de sens de donner un ultimatum de dix jours pour une commission qui a programmé la fin de son travail pour le 11 décembre", a ajouté le président du Conseil mis en place par la présidente Michelle Bachelet après les fortes protestations étudiantes de mai et de juin dernier. Ce Conseil Assesseur doit faire des propositions pour améliorer l’éducation, mais les étudiants, qui participent de l’instance, se plaignent de la lenteur du travail.

Virginia Scardamaglia, Pagina/12 (Argentine), 19 octobre 2006. Traduction : Fab, santelmo@no-log.org

20 octobre, 2006

Les deux mémoires de la Villa Grimaldi




La Villa Grimaldi s'est soudainement trouvée de nouveau à la une de la presse chilienne cette semaine. Situé dans les environs de Santiago, ce lieu de triste mémoire a servi de centre de détention et de torture pendant la dictature d'Augusto Pinochet (1973-1990). A l'époque, plusieurs bâtiments abritaient les personnes arrêtées et interrogées par les membres de la police politique chilienne. Transformée en 'Parc pour la paix' après le retour de la démocratie, la Villa Grimaldi abrite désormais un monument sur lequel sont gravés les noms de 226 personnes qui ont disparu après avoir été transférées dans ce centre. Plus de 4 500 personnes sont passées par la Villa Grimaldi entre 1973 et 1978. Et l'une d'entre elles n'était autre que l'actuelle présidente chilienne Michelle Bachelet. Détenue dans ce camp avec sa mère en 1975, elle est revenue pour la première fois sur ces lieux le 14 octobre.

"Emue, tout en retenant ses larmes, elle a parcouru ce parc dans lequel est conservée la mémoire de l'horreur", rapporte Manuel Délano, correspondant au Chili du quotidien espagnol El País. Il revient sur la douloureuse histoire de celle qui occupe depuis quelques mois la présidence du Chili. "Michelle Bachelet a été torturée, mais elle a toujours dit qu'elle l'avait été moins que d'autres, et qu'elle n'avait pas subi de tortures à l'électricité. Comme elle était alors étudiante en médecine, elle s'occupait dans sa cellule des femmes qui revenaient des séances de torture." Trente ans après, Michelle Bachelet ne parle pratiquement pas de ce qu'elle a pu vivre dans cet endroit. Et elle n'a pas dérogé à cette règle lors de sa récente visite, préférant rendre hommage à toutes les victimes et souligner que les "valeurs humaines ont réussi à venir à bout des actes de folie et de barbarie".

Les responsables de cette horreur se trouvent dans le collimateur de la justice chilienne, qui poursuit plusieurs bourreaux de la Villa Grimaldi. Et, pour la première fois, l'homme qui dirigeait alors le pays d'une main de fer, Augusto Pinochet, a été lui aussi interrogé cette semaine sur plusieurs affaires de violations des droits de l'homme commises dans ce centre. Il a été entendu le 18 octobre pendant une heure par le juge Alejandro Solis, qui lui a notamment demandé s'il était au courant de ce qui se passait dans l'enceinte de la Villa Grimaldi. L'ancien dictateur, qui aura 91 ans le mois prochain, s'est contenté de répondre qu'il ne se souvenait de rien. Une fois de plus, sa mémoire lui joue des tours.

18 octobre, 2006

Augusto Pinochet affirme ne rien savoir de ce qui s'est passé à la Villa Grimaldi



SANTIAGO (AP) --
Interrogé sur des cas de tortures et d'enlèvements à la Villa Grimaldi alors qu'il était au pouvoir, l'ancien dictateur chilien Augusto Pinochet a affirmé mercredi qu'il ne se souvenait de rien et qu'il n'était pas responsable des agissements des forces de sécurité dans ce centre de détention où plusieurs centaines de personnes ont été torturées ou tuées. Augusto Pinochet a été interrogé dans sa villa en banlieue de Santiago par le juge Alejandro Solis en rapport avec 59 cas de tortures et d'enlèvements à la Villa Grimaldi, où ont été emprisonnées et torturées l'actuelle présidente du Chili Michelle Bachelet et sa mère. Cet interrogatoire était préalable à une éventuelle inculpation de l'ancien dictateur, 90 ans, dont l'immunité a été récemment levée dans cette affaire. "A plusieurs reprises il a répondu qu'il ne se souvenait pas des faits sur lesquels on lui posait des questions", a expliqué le juge Solis. "Il a dit qu'il n'était pas responsable de ce que s'était passé et qu'il ne se souvenait même pas des noms des gens". Toutes les tentatives précédentes de faire juger Pinochet pour crimes contre l'humanité datant de la dictature chilienne (1973-90) ont échoué en raison de l'état de santé de l'ancien dirigeant, qui souffre notamment de démence légère, de diabète et d'arthrite. Les derniers experts mandatés par la justice l'ont jugé apte à comparaître, mais son avocat Pablo Rodriguez a de nouveau affirmé mercredi que son état de santé l'empêchait d'être jugé et de se défendre correctement. Après l'interrogatoire de mercredi, le juge Solis est toutefois libre de l'inculper. "C'est un élément important dans cette affaire qu'il ait répondu aux questions", a affirmé le magistrat. "Le général a coopéré". Entre 1973 et 1990, environ 4.500 personnes ont été détenues à la Villa Grimaldi, qui servait de lieu de torture et d'exécution dans les premières années de la dictature, selon des rapports officiels. Selon le rapport de la première commission gouvernementale sur les années de dictature, 3.197 personnes ont été tuées pour des raisons politiques entre 1973 et 1990. AP

"La nuit des publivores" débarque au Chili

Importée de France, "La nuit des publivores", 400 spots publicitaires à la file, arrive au Chili. Malheureusement, c'est déjà complet
400 spots publicitaires, cinq heures de projection : "La nuit des publivores", spectacle importé de France, n'a pas besoin de pub, puisque toutes les places sont déjà vendues !
Après s’être rendu dans 48 pays et avoir visité près de 160 villes, le concept "Nuit des publivores" vient d'être acheté à Santiago. C’est le deuxième pays d’Amérique latine, après le Mexique où elle fête ses dix ans, atteint par la fièvre de la pub.

Depuis 27 ans

L'inventeur, en 1979, de cette entreprise aussi simple que rentable, le Français Jean-Marie Boursicot, sélectionne chaque année depuis Genève (!) les meilleures publicités du monde, qu'il classe par catégories, toujours différentes. Pour cette année ont aura droit aux "grandes causes", aux "gays dans la pub", à l'"humour au bord de la méditérrannée"... Sans oubier les classiques que l'on retrouve d'une année sur l'autre dans sa sélection (notemment certaines pubs africaines désopilantes). Pour Jean-Marie Boursicot, ce qui attire les spectateurs du monde entier, c’est le "message simple, direct, sans traduction, pour dépasser la barrière des langues et refléter les différentes coutumes des gens tout autour de la planète".

Drôle, choquante, émouvante ou tragique, la publicité croque à merveille l'air du temps. 1.600 fans de "réclame" sont attendus vendredi soir pour cette première édition à Santiago. Ils auront droit à un bonus, avec la diffusion de spots chiliens, qui en matière d'humour ne sont pas en reste !

La nuit des publivores
Vendredi 20 octobre 2006, à 21h
Centre d’événement Casapiedra, Avenida Monseñor de Balaguer 5600, Vitacura. vente par Ticketmaster (c'est complet, mais sait-on jamais !)
Entrée : $10.000


17 octobre, 2006

ÉLOGE DE LA PUBLIPHOBIE



% ATTAC - BRUXELLES 
La publiphobie est un état d’esprit, un art de vivre, une protestation sociale et une révolte de l’esprit contre l’infamie. Les notes qui suivent sont quelques coups d’épingle dans la cuirasse du Tyranosaurus publicitaire.
1) PUBLICITE ET CAPITALISME

La logique de réification du système capitaliste et son fonctionnement selon les principes de la “ société du spectacle ” explique les liens profonds et structurels entre capitalisme et publicité.

% ATTAC - BRUXELLES 
La régulation de leurs "excès" est-elle suffisante ? Certes, on se réjouit de toute mesure qui met un frein à l’avidité féroce des publicrates et des capitalistes, on lutte pour chaque centimètre d’espace enlevé à l’affichage et chaque morceau de service public sauvé des privatisations. Mais nous rêvons - il n’est pas interdit de rêver ! - à un monde sans publicité et sans exploitation capitaliste.

En ce qui me concerne, je suis convaincu que la logique du système publicitaire et celle du système capitaliste sont intimement liées et qu’elles sont, toutes les deux, intrinsèquement perverses. Si le capitalisme - notamment sous sa forme actuelle néo-libérale et globalisée - tend à la marchandisation du monde, à la transformation de tout ce qui existe - la terre, l’eau, l’air, les espèces vivantes, le corps humain, les rapports sociaux entre les individus, l’amour, la religion, - en marchandises, la publicité vise à vendre ces marchandises, en soumettant les besoins des individus aux nécessités mercantiles du capital. Tous les deux systèmes participent du fétichisme de la marchandise, de la quantification monétaire de toutes les valeurs, de la logique d’accumulation à l’infini de biens et de capitaux, et de la culture mercantile de la "société de consommation".

La publicité a, comme nous l’expliquons souvent, pollué non seulement les paysages urbains et ruraux, mais aussi les mentalités ; elle a bourré non seulement les boîtes aux lettres mais aussi les crânes des individus. Rien n’échappe à son influence dissolvante : on assiste, à notre époque, à la soumission du sport, de la religion, de la culture, du journalisme, de la littérature, et de la politique à la logique publicitaire. Le style, la méthode, les arguments, l’attitude publicitaire sont omniprésents.Mais cette publicité n’est pas autre chose qu’un outil, un instrument du capital pour écouler ses produits, pour vendre ses camelotes, pour rentabiliser ses investissements, pour élargir ses marges de profit, pour gagner des "parts de marché". La publicité n’existe pas dans le vide : elle est une pièce essentielle, un rouage indispensable dans le fonctionnement du système capitaliste de production et consommation. Sans le capitalisme, la publicité n’aurait aucune raison d’être : elle ne pourrait subsister un seul instant dans une société post-capitaliste. Et inversement : un capitalisme sans publicité serait comme une machine sans huile dans ses engrenages.

Soit dit entre parenthèses : la publicité n’existait pas dans les pays à économie bureaucratiquement planifiée - disparus après la chute du mur de Berlin en 1989 - mais elle avait été remplacée par une propagande politique mensongère, non moins oppressive et inhumaine. Ce n’est pas un hasard si le plus grand adversaire intellectuel du totalitarisme soviétique, l’écrivain anglais George Orwell, était aussi un adversaire intraitable de la publicité capitaliste, dont il décrit, avec une lucidité impressionnante, les mécanismes abrutissants et dégradants dans son roman Keep the aspidistra flying.

Prenons comme exemple des "affinités électives" entre capitalisme et publicité la politique aux États-unis - le pays capitaliste par excellence. Non seulement les candidats aux élections dépensent des fortunes immenses en publicité électorale - ce qui signifie que seulement des riches, ou ceux qui sont soutenus par les riches, ont quelque chance de se faire élire - mais le style de leurs campagnes électorales est entièrement calqué sur la publicité commerciale. Rien ne ressemble plus à la campagne publicitaire de lancement d’une savonnette que celle de lancement d’un candidat à gouverneur ou président. Il n’est pas question d’informer les citoyens sur un programme politique, mais de promouvoir une image, un "look", une sorte de "marque" politique. Ce n’est pas un hasard si ce sont des professionnels du marketing qui prennent en charge la campagne du candidat et produisent le matériel publicitaire requis : affiches, programmes de télévision, etc. Cela vaut pour les USA, mais on assiste, dans beaucoup de pays d’Europe et du monde, à un processus d’"américanisation" de la vie politique, et sa transformation en compétition publicitaire.

Rappelons que ce sont les entreprises capitalistes qui sollicitent, financent et profitent des campagnes publicitaires, et qui “ sponsorisent ” - c’est-à-dire polluent par la publicité - la presse, la télévision, les compétitions sportives ou les événements culturels. La publicité joue le rôle de rabatteur, d’entremetteur, de serviteur zélé des intérêts du capital.Capitalisme et publicité sont inséparablement et indissociablement les responsables et les promoteurs actifs de la mercantilisation du monde, de la commercialisation des rapports sociaux, de la monétarisation des esprits.

Cela ne veut pas dire, encore une fois, qu’il faut attendre l’abolition éventuelle du capitalisme pour s’attaquer à la publicité. On lutte dès maintenant pour mettre des freins et des limites à l’agression publicitaire, de la même façon que les adversaires du capitalisme se mobilisent pour des mesures - comme la taxe Tobin par exemple - qui freinent l’avidité illimitée du capital. Chaque petite victoire est un pas dans la direction du changement de paradigme social, et une avancée dans la prise de conscience des individus.

2) PHILOSOPHIE PUBLICITAIRE ?

% ATTAC - BRUXELLES 
Grâce à M. Robert Redeker, la philosophie a réussi cette tâche qui semblait auparavant impossible : légitimer la publicité. Certes, l’auteur du point de vue publié par “ Le Monde ” du 12 avril reconnaît quelques dangers à l’activité publicitaire : la colonisation commerciale de l’imaginaire, la volonté d’évacuer de l’humain sa complexité et sa profondeur. Mais ce sont des aspects secondaires : le bilan de la publicité est bel et bien globalement positif.

Par exemple, nier la publicité revient à “ nier les avantages de la mondialisation ” : en effet, la publicité “ décloisonne et déterritorialise les sociétés et les hommes bien plus que toute autre pratique ”. Il ne donne par d’exemples, mais on pourrait avancer celui-ci : grâce à la publicité de McDonalds, les différentes pratiques culinaires cloisonnées et territoriales sont remplacées par un seule, planétaire : n’est-ce pas formidable ? Les altermondialistes croient naïvement que leur mouvement, leurs Forums sociaux mondiaux sont une pratique qui rapproche les hommes et les femmes au delà des frontières et des cultures ; or, la publicité de Coca Cola - ou de n’importe quel autre produit planétaire - est bien plus efficace, puisqu’elle forme “ une sorte de liant universel, de colle par laquelle les hommes tiennent les uns aux autres ”. Coca-Cola colle les humains : n’est-ce pas une évidence ? Buveurs de Coca-Cola de tous les pays unissez-vous ! pourrait donc remplacer bien avantageusement le mot d’ordre des manifestants de Seattle, “ Le monde n’est pas une marchandise ”.

Comme le montre si bien M.Redeker, les anti-pub sont au fond des adversaires sournois de l’ordre capitaliste libéral. Un monde sans publicité serait un monde “ sans circulation des marchandises ”, sans “ créativité industrielle ”, bref, la fin du monde (capitaliste). Or, comme l’on sait bien, tout ennemi du système capitaliste libéral ne peut être qu’un partisan du “ socialisme réellement existant ”, ce monde où la publicité avait été abolie au profit de la propagande. Comme l’avait définitivement argumenté Margaret Thatcher, “ There is no alternative ” : si l’on ne veut pas le Goulag, il faut accepter le capitalisme libéral - et donc les bienfaits de la publicité, rouage indispensable du système.

Un autre argument important avancé par le philosophe : “ suscitant du désir, la publicité humanise, nous rendant, au même titre que la raison, plus hommes ”. Pourquoi seulement les hommes ? La publicité humanise aussi les femmes, en les montrant dans les plus diverses positions commercialement et publicitairement avantageuses : dénudées ou habillées, a quatre pattes dans un pré, à cheval sur une machine à laver, etc. Seulement des esprit chagrins et des partisans du voile islamique pourraient voir dans ces beaux exercices de l’art publicitaire une dégradation du corps féminin et une agression sexiste contre les femmes.

En fait, le combat des militants anti-pub est une double guerre “ contre les images - réinvestissant les clichés d’une vielle iconoclastie - et contre les corps ”. Leur plus ardent désir, c’est de “ couvrir nos villes, nos couloirs de métro d’un voile de monocolore tristesse ”.Certains de ses militants argumentent qu’ils n’ont rien contre les images, mas seulement contre leur manipulation commerciale par la publicité ; ils voudraient que les couloirs du métro soient couverts de peintures, de poèmes et d’autres formes d’expression artistique - comme c’est le cas par exemple, dans le métro de Mexico City. Cela ne fait que révéler ce que notre philosophe appelle le conformisme “ hautain ” des intellectuels, qui refusent obstinément de reconnaître la qualité esthétique et intellectuelle de la publicité. De toute façon, comme leur projet est utopique, les deux seules possibilités sont : la beauté publicitaire dans nos rues et nos métros, ou “ le manteau gris de tristesse des pays totalitaires ”.

En dernière analyse, observe Redeker, ce qui motive les publiphobes c’est la haine de la gaieté (c’est d’ailleurs le titre de l’article) : “ celle du corps, celle des villes et des murs du métro ”. Bien vu ! Les adversaires de la pub sont des individus obtus, incapables de saisir la gaieté des interruptions publicitaires de films à la TV ; ou la gaieté des innombrables prospectus multicolores qu’on trouve tous les matins dans sa boîte aux lettres ; ou la gaieté des magnifiques panneaux publicitaires de dizaines de mètres carrés, qui cachent nos tristes paysages, nos grises forêts et nos monotones fleurs sylvestres. C’est sans doute la haine des corps qui inspire leur opposition à la publicité des boissons sucrières et autres produits alimentaires qui contribuent à l’obésité des enfants et des adultes. Il faut être un partisan des “ formes les plus morbides de l’ascétisme ” pour ne voir dans l’entreprise publicitaire, si gaie et si joyeuse, qu’une insidieuse manipulation commerciale des esprits, des consciences et des désirs.

Bref, il faut être un de ces utopistes ringards et archaïques, disciples du “ mythe primitiviste du bon sauvage ”, qui croient encore qu’un autre monde est possible, pour pouvoir s’imaginer qu’un monde sans agression publicitaire soit possible.

Je pense que si les entreprises publicitaires distribuaient tous les ans un Prix de la philosophie publicitaire, M. Robert Redeker mériterait certainement cette distinction. Je ne vois personne qui puisse lui disputer la première place dans une telle compétition.

3) LE LEVIATHAN PUBLICITAIRE

% ATTAC - BRUXELLES 
Enfin une bonne nouvelle : malgré la conjoncture économique morose, et l’aggravation du chômage, il y a une branche d’activité que non seulement n’a pas connu de fléchissement mais a enregistré une progression de 4,5% en 1995 par rapport à l’année précédente. Vous avez deviné : il s’agit de la publicité. Rien ne l’ébranle : la consommation décline, l’emploi se fait rare, mais les dépenses publicitaires en France ne cessent de grimper.

Elles ont atteint en 1995 la modeste somme de 147.700.700.000 F. Non, il n’y a pas d’erreur, vous avez bien lu : cent quarante-sept, virgule, sept milliards de francs. C’est France Pub (groupe Havas) qui nous l’annonce fièrement, d’après une étude bien documentée, dont "Le Monde" nous donne quelques extraits dans son édition du 21 mars 1996.

Qui paye cette faramineuse addition, bien supérieure aux budgets de certains  États européens ? Qui est le milliardaire qui subventionne, allègrement, ces sommes astronomiques ? La réponse, hélas, ne fait pas de doute : c’est vous, cher lecteur, c’est moi, ce sont tous les citoyens français. Les dépenses publicitaires étant toutes intégralement répercutées sur les prix des marchandises, c’est nous qui payons l’ardoise...

La population française étant composée d’environ 60 millions d’âmes, chaque personne en France, homme, femme, adulte, enfant ou vieillard paye en moyenne deux mille cinq cent francs par an pour le plaisir et le privilège de consommer de la publicité. Cela fait pour une famille composé des parents et de deux enfants environ dix mille francs par an : autant, sinon plus que les impôts. Tout se passe comme s’il existait, à côte de l’État républicain - en théorie soumis à un contrôle démocratique - un autre Etat, un "Etat dans l’État", un Léviathan, un État oligarchique qui n’est contrôlé par personne : l’État publicitaire qui recouvre des impôts indirects sur tous les consommateurs, à la hauteur de cent quarante-sept milliards de francs. L’État républicain est censé fournir certains services fondamentaux aux citoyens : la poste, la santé, les transports publics. Quels services fournit l’État publicitaire ?

On pourrait facilement imaginer tout ce que pourrait être fait utilement avec le budget extravagant de l’État publicitaire : des milliers de crèches, hôpitaux, écoles, logements sociaux. Un début de solution au problème du chômage et de l’exclusion. Une aide substantielle au tiers-monde.

Dans le même numéro du "Monde" daté du 21 mars se trouve l’information suivante : la Banque mondiale, dans un accès de générosité sans précédent, a décidé d’accorder aux 80 pays les plus pauvres un prêt de 110 milliards de francs étalé en trois années. Tout une humanité affamée à droit à bien moins, en trois années, que les dépenses publicitaires de la seule France en 1995.

Et que fait l’État publicitaire, le "Leviathan-pub", avec son budget astronomique ? Il nous abreuve, nous inonde de sa production. Il occupe les rues, les murs, les routes, les paysages, les airs et les montagnes. Il envahit les boîtes aux lettres, les chambres à coucher, les salles à manger. Il a mis sous sa coupe la presse, le cinéma, la télévision, la radio. Il a pollué le sport, la chanson, la politique, les arts. Il nous persécute, nous agresse, nous harcèle, du matin au soir, du lundi au dimanche, de janvier à décembre, du berceau à la tombe, sans pause, sans relâche, sans vacances, sans arrêt, sans trêve.

Dans quel but ? A quoi sert toute cette activité fébrile et omniprésente ? Quel est ce projet pharaonique qui coûte 147 milliards de francs ?Comment définir l’immense objectif poursuivi avec une telle ténacité par les oligarches de l’État publicitaire ?

Tout simplement de nous convaincre de la supériorité intrinsèque de la savonnette A sur la savonnette B, de la lessive C sur la lessive D, de la moutarde E sur la moutarde F, du dentifrice G sur le dentifrice H, de la voiture I sur la voiture J, de la poudre aux yeux K sur la poudre aux yeux L, et ainsi de suite, ad infinitum, ad nauseam.

Réjouissons-nous : France Pub (ce nom est à lui seul tout un programme) prévoit pour l’année 1996 une nouvelle progression de 3,5 % des dépenses publicitaires.

4) NOIRE INGRATITUDE

Voici une nouvelle intéressante : le résultat d’une enquête récente de l’institut allemand Gfk sur l’attitude des Européens face à la publicité. Il semblerait que pour une majorité écrasante d’Espagnols (88,8%), d’Allemands (83,6%) et de Russes (82,9%) il y a, tout simplement, trop de publicité. Ce serait aussi, à peu de choses près (le quotidien ne cite pas les chiffres) l’avis des Français, des Autrichiens, des Belges, des Polonais, des Suisses et des Suédois - bref, de la plupart des Européens, à la notable exception des Britanniques. Pire : beaucoup d’Européens pensent que la publicité ne sert à rien et une écrasante majorité de Français (89%), de Belges (87,8%), de Suédois, d’Autrichiens et d’Espagnols estime qu’elle pousse les gens à acheter des produits dont ils n’ont pas besoin.

Il s’agit, manifestement, d’une profonde erreur. Comme tout le monde sait - ou devrait savoir, en tout cas - la publicité est un dispositif essentiel au bon fonctionnement de nos économies de marché. Elle est aussi indispensable à nos sociétés de consommation que l’air qu’on respire. Par ailleurs, elle fournit une précieuse information aux consommateurs et leur permet d’orienter, en connaissance de cause, leurs achats. Sans l’aide gracieusement offerte par la publicité, comment les gens pourraient-ils choisir dans l’infinité de marchandises qui les entoure ? Comment sauraient-ils, par exemple, quelle marque de dentifrice protège effectivement contre les caries dentaires ? Sans la pub, l’individu serait tout simplement condamné à l’ignorance et à la perplexité. Pourquoi alors cette étonnante ingratitude, cette noire ingratitude des Européens ?

Un autre sondage, plus récent encore, nous apprend que 83% des Français jugent "gênantes" les coupures publicitaires pendant les films ou les autres émissions. Il font mine d’ignorer, ces ingrats, que c’est seulement grâce au généreux mécénat publicitaire que la totalité des chaînes privées peuvent fonctionner.

Comment expliquer tant d’ingratitude, tant de mauvaise volonté, tant d’ignorance sur les indéniables bienfaits de la publicité ? Pourquoi cette méfiance, cette sourde hostilité, cette réjection catégorique envers une activité si utile au bon fonctionnement de toute société moderne ? Mystères insondables de l’opinion publique...

Ces chiffres, témoignant d’un rejet massif et brutal, sont fort inquiétants. Pour le moment, cette majorité anti-publicitaire écrasante - autour de 80% de la population - reste passive et inorganisée. Elle ne fait rien, ne prend aucune initiative, ne participe à aucune activité concernant cette question. Mais que se passerait-il si une partie, même petite, de cette majorité décidait de soutenir les activités des groupes publiphobes connus pour leur hargne systématique et obsessive contre toute entreprise publicitaire ?

L’accumulation de cette masse noire d’ingratitude dans l’arrière-cour de nos sociétés est dangereuse. C’est une masse inflammable, qui pourrait, au contact d’une étincelle, exploser. Le seul espoir c’est d’expliquer patiemment aux gens qu’ils se trompent, qu’une vie sans publicité serait inimaginable, et qu’ils doivent à la publicité beaucoup de ce qui fait la beauté moderne de nos villes et de nos autoroutes, et la vitalité bouillonnante de nos programmes audio-visuels.

4) POURQUOI PAS DES MASQUES PUBLICITAIRES ?

% ATTAC - BRUXELLES 
Selon un article récent dans la presse, "les publicitaires cherchent à investir de nouveaux espaces". Par exemple, ils se préparent à coller des slogans commerciaux sur une fusée spatiale russe, et à couvrir d’un "film adhésif imprimé numériquement" la façade de l’hôtel Georges V, et même la Tour Maine Montparnasse.

Tout cela est bien beau, et contribuera sans doute à l’embellissement commercial de la ville de Paris, mais on a l’impression que Messieurs les publicitaires manquent d’imagination : pourquoi aller chercher des espaces lointains, quand on a des millions de mètres carrés inexplorés, tout près de chez soi ? Je veux parler de l’immense espace inutilisé - du point de vue publicitaire - que représente le visage humain. Imaginez quelle merveille si les visages de millions d’êtres humains - hommes et femmes, jeunes et vieux - ou même enfants, pourquoi pas ? - à la place de rester, comme maintenant, publicitairement vides et commercialement inexpressifs, étaient recouverts de slogans et de promotions ?

Point n’est besoin, pour cela, d’immenses et coûteux "films adhésifs numériquement imprimés". Des simples masques suffiraient, des masques publicitaires où chaque centimètre carré serait loué à une ou plusieurs marques désireuses d’informer le public de leurs derniers produits. Ces masques couvriraient toute la surface du visage - sauf, bien entendu, quatre ouvertures : deux pour les yeux, une à hauteur du nez pour la respiration, et une dernière pour la bouche. Les porteurs du masque publicitaire seraient généreusement rétribués et auraient pour seule obligation de bien afficher leur enseigne publicitaire faciale, au cours de la journée. Le soir, au moment de se coucher, ils pourraient, cela va de soi, l’enlever.

Un contrat en bonne et due forme serait signé entre l’entreprise publicitaire et chaque individu porteur de masque, précisant les droits et les devoirs de ce dernier. Les entreprises auront à leur disposition un corps d’inspecteurs chargés de vérifier si les masques sont bien portées pendant les seize heures de la journée, et pouvant infliger des amendes aux individus malhonnêtes qui ne respecteraient pas leur contrat et essaieraient de dénuder leur visage.

Dans un premier moment, il est à prévoir que seulement des chômeurs, ou des miséreux, accepteraient de porter ces masques, mais avec le temps, et l’effet de mode, on peut se mettre à rêver que toute une partie de la population sera séduite par l’élégance du procédé et par l’opportunité de gagner facilement quelques écus. En outre, cela permettra à chacun de cacher, derrière des splendides images et slogans publicitaires, ses rides, ses verrues, ses tâches. Les visages ne feront plus état d’inquiétude, d’angoisses, de tristesses, mais seront toujours frais et joyeux, affichant en permanence des bonnes nouvelles : le dernier type de dentifrice, le dernier modèle de voiture, etc.

Et surtout, grâce à cette méthode simple et profitable, les entreprises publicitaires mettront fin à une situation absurde, à un gaspillage insensé : une surface immense, celle de millions et millions de visages, inemployée, déserte, vide - en un mot, inutile.

Plutôt que de courir derrière une fusée russe, n’est-ce bien plus pratique, commercialement efficace, et économiquement rentable, de masquer publicitairement cet énorme espace facial ? La parole est à Messieurs les professionnels de la "communication".