16 octobre, 2006

Fujimori profite des joies de la pêche




"Au Chili, Alberto Fujimori semble être plus en congé sabbatique qu'en liberté conditionnelle", juge l'hebdomadaire péruvien Caretas, qui publie plusieurs photos de l'ancien président du Pérou en pleine partie de pêche sur les côtes chiliennes. Contraint de fuir son pays à la fin de l'année 2000, Alberto Fujimori s'est réfugié pendant cinq années au Japon, où il était né, avant de décider soudainement de rallier le Chili au début du mois de novembre 2005, en théorie pour participer aux élections présidentielles péruviennes de 2006 et tenter ainsi de retrouver le siège qu'il avait été contraint d'abandonner en toute hâte sous la pression de la rue, lasse de la dictature informelle qu'il avait instituée. Mais Fujimori a rapidement dû y renoncer en raison de mandats d'arrêt lancés par la justice péruvienne, qui enquête notamment sur son implication dans plusieurs assassinats politiques. Détenu pendant plusieurs mois à Santiago, Fujimori a retrouvé sa liberté de mouvement sur le territoire chilien en mai dernier et attend désormais de connaître la décision des autorités, qui examinent sa demande d'extradition vers la capitale péruvienne. "Il semble que le fuyard vive comme un dieu au chili", raconte l'hebdomadaire, qui dresse une liste détaillée de ses activités sportives et culturelles. "Il a retrouvé une bonne partie de la vie agréable qu'il menait au Japon. […] Pendant qu'il jouit d'une vie de plaisir et de repos, 'Chinochet' [un néologisme créé à partir de 'Chino', le surnom de Fujimori au Pérou, et de Pinochet], qui possède dans ses veines la patience orientale, attend tranquillement que les fils qu'il a soigneusement tissés pendant la campagne présidentielle péruvienne permettent de réduire à néant le travail effectué depuis près d'un an en vue de son extradition." De fait, la procédure en cours semble s'enliser inoxérablement, la démission du magistrat péruvien chargé de ce dossier d'extradition, Iván Montoya, constituant le dernier contretemps en date. Fujimori devrait donc avoir encore largement le temps d'arpenter le littoral du Chili, un pays qui s'étend sur plus de 4 200 kilomètres.