05 octobre, 2006

Levée d'immunité de Pinochet pour torture


La Cour suprême officialise la levée d'immunité de Pinochet pour torture

La Cour suprême du Chili a annoncé officiellement mercredi la levée de l'immunité de l'ancien dictateur Augusto Pinochet pour la torture de prisonniers dans le centre clandestin de Villa Grimaldi durant le régime militaire (1973-1990).

La décision judiciaire avait été approuvée à l'unaminité par la Cour le 4 septembre dernier mais n'avait pas encore fait l'objet d'une communication officielle.

Cette levée d'immunité qui ouvre la voie au jugement de Pinochet dans cette affaire avait été prononcée en janvier dernier par la Cour d'appel de Santiago mais devait encore être validée par la Cour suprême afin d'être valable.

Augusto Pinochet, âgé de 90 ans, a déjà perdu son immunité d'ex-président à plusieurs reprises, dans le cadre d'enquêtes sur des disparitions d'opposants au milieu des années 70 mais aussi pour évasion fiscale, après la découverte de comptes bancaires secrets à l'étranger d'un montant supérieur à 27 millions de dollars.

Villa Grimaldi, du nom d'une ancienne maison de repos pour gens aisés située à Santiago, servit de 1973 à 1978 de centre de détention clandestin aux terribles services secrets chiliens (DINA).

Avec la levée d'immunité de Pinochet, la Cour suprême autorise le juge chilien Alejandro Solis à interroger et inculper l'ancien dictateur. Jusqu'à présent, le magistrat a inculpé dans cette affaire les principaux chefs de la Dina, la police secrète de la dictature, dont le général Manuel Contreras, qui purge actuellement une peine de 12 ans de prison pour des délits similaires.

L'enquête porte sur la détention illégale et la torture de 59 personnes emprisonnées secrètement dans ce camp.

La nouvelle présidente chilienne Michelle Bachelet et sa mère Angela Jeria, y furent emprisonnées et torturées pendant un mois en 1975, après le coup d'Etat de Pinochet (11 septembre 1973) et l'arrestation du père de Mme Bachelet, le général d'aviation Alberto Bachelet.

Selon des informations officielles, 226 personnes sont mortes sous la torture et 4.500 ont été soumises à toutes sortes de mauvais traitements physiques et psychologiques (décharges électriques, viols, utilisation de chiens, etc..) à Villa Grimaldi.

La villa, construite dans les années 30, a été démolie peu avant la fin de la dictature, en 1988, mais un petit musée témoigne des horreurs subies par les prisonniers au milieu d'un très beau parc.

AFP 04.10.06 | 18h18