27 janvier, 2007

Une agriculture sur la voie de la performance

Depuis les années quatre-vingt, l’agriculture chilienne est parvenue à s’imposer sur la scène mondiale. Elle doit aujourd’hui gagner en productivité et en savoir-faire pour rester dans la course. Un besoin de modernisation qui ouvre des perspectives aux exportateurs et aux investisseurs étrangers.

Selon toute prévision, le Chili devrait se hisser à l’horizon 2010 parmi les dix premiers producteurs mondiaux sur le terrain agricole et agro-alimentaire. Un seul élément conditionne ce scénario : sa capacité à ajouter de la valeur à sa production. «Les gains de productivité sont désormais la nouvelle priorité de l’agriculture chilienne», commente Ghislaine Rimmen-Mohl, chef du secteur agro-alimentaire de la mission économique de Santiago du Chili. «Pour répondre à cette priorité, le renouvellement de l’équipement agricole s’accélère, et les perspectives en termes de mécanisation agricole paraissent prometteuses». D’autant plus que les pouvoirs publics soutiennent le mouvement. Dans son programme d’actions, Alvaro Rojas, le nouveau ministre de l’Agriculture du gouvernement Bachelet (arrivé au pouvoir en janvier 2006), a annoncé les principaux axes sur lesquels porteront les efforts de son ministère durant les quatre prochaines années. Parmi eux : la création d’un ministère de «l’Agriculture et de l’Alimentation», qui devrait aider au développement technologique de l’industrie et participer à sa modernisation. Mais aussi et surtout la restructuration des institutions de soutien au secteur agricole (notamment par le biais de l’INDAP, institut national de développement agricole). Le moyen, entre autres, de permettre aux petits agriculteurs d’accéder au crédit afin d’investir dans des équipements, des infrastructures et des technologies modernes.

ÉQUIPEMENT ET FORMATION

La nature de la demande concerne plusieurs types de produits. Avec en tête les tracteurs et le petit équipement associé, mais aussi le matériel agricole divers : le Chili importe des machines, engins et appareils agricoles pour la préparation, le travail du sol et la culture (herses, semoirs, épandeurs…) ou pour la récolte et le battage des produits (faucheuses, moissonneuses, récolteuses…). Par ailleurs, deux filières sont spécifiquement en attente d’équipement. L’élevage d’abord, qui vit une profonde transformation. La mission économique de Santiago du Chili note que les éleveurs ainsi que les autorités chiliennes souhaitent augmenter cette production et attachent une importance particulière au développement et à la modernisation de la filière viande. Le secteur viticole ensuite, dont l’évolution vers des vins de qualité devrait s’accentuer et générer de nouveaux investissements, tant au niveau du matériel de vinification que des techniques de récolte mécanisées, auxquels s’ajoute la mise en valeur de régions émergentes. «Le savoir-faire français est reconnu par les Chiliens dans ce domaine», note Jean-François Le Borgne, chef de projet en technologies agro-alimentaires chez Ubifrance. «La demande de matériel agricole pour la vigne devrait se révéler très favorable à l’offre française». Un pavillon français sera d’ailleurs organisé par Ubifrance à l’occasion de Vinitech America Latina 2007, salon des équipements des filières vitivinicoles, du 12 au 14 juillet 2007 (Santiago du Chili). Des besoins pluriels d’équipement, auxquels s’ajoute une attente de savoir-faire et de formation, comme le souligne Denis Lebret, directeur général de la Fondation Gustavo Mondion, une exploitation de plus de mille hectares située au sud du Chili, vitrine de transferts scientifiques de savoirfaire agricole. «L’agriculture gagnera en performance à condition que son personnel soit formé aux nouvelles technologies et aux pratiques modernes», affirme-t-il. «à aussi, les Français ont une carte à jouer».
Émilie Gilmer



25 janvier, 2007

A propos des résistances à l'informatique

Editorial :

"Le Chili avait besoin de se repositionner dans une économie globale qui exigeait de nouvelles connaissances et compétences chez ses travailleurs. Il devait aussi jouer un rôle nouveau dans la communauté internationale, celui d 'un pays démocratique construisant une citoyenneté renforcée… C'est dans ces conditions que les ordinateurs sont devenus un élément désiré du système éducatif chilien. On espérait que les ordinateurs feraient changer l'école,on les voyait pas seulement comme un outil d'efficacité mais aussi de transformation"

Dans un article de la revue Interactive Educational Multimedia (n°13 d'octobre 2006), Monica Kaechele étudie l'introduction des TIC dans le Chili post-Pinochet.

Peu de pays ont eu autant d'attentes envers les TIC. Le Chili espérait que les TIC donnent accès à la connaissance à tous les jeunes Chiliens et amène ainsi plus de justice sociale. Sa modernité devait même développer un sentiment de promotion sociale chez ces jeunes.

Et bien, pour M. Kaechele, la force de ces espoirs n'a pas été suffisante et le Chili constate lui aussi l'échec de l'intégration des TIC dans son système éducatif.

L'auteur se demande donc pourquoi. Suffit-il de parler de "résistance" des enseignants devant un risque de"perte de contrôle" de la classe et des élèves ? M. Kaechele aborde la question sous l'angle de l'habitus cher à Bourdieu.

Pour elle l'outil informatique lui-même en tant qu'outil pour manipuler du savoir et organiser le travail scolaire entre en contradiction avec un système scolaire centré sur la mémorisation de l'information et sa manipulation en éléments fermés qui doivent être appris individuellement. L'utiliser c'est entrer en conflit avec les règles qui organisent les relations entre les enseignants et les élèves, la discipline, la gestion du temps. Ils imposent par eux-mêmes de réfléchir à l'organisation des cours.

Les outils traditionnels sont forcément mieux adaptés à la mémorisation particulièrement quand il y a peu de machines par rapport au nombre des étudiants. A moins qu'on utilise l'ordinateur d'une façon telle qu'il devienne un outil d'enseignement traditionnel et qu'on coupe court aux possibilités de mutualisation et d'autonomie qu'il véhicule.

Dans l'importante littérature qui analyse l'échec de l'intégration des TIC dans de nombreux pays (mais pas partout), le travail de M. Kaechele a l'intérêt de montrer que c'est la recherche de l'efficacité scolaire qui peut l'expliquer et de mettre en évidence la puissance des représentations. Des éléments à débattre.
Article

Exil au Chili pour la famille de Fidel Castro?

info ou intox ?
Le journal chilien El Mercurio, se référant à des propos tenus par Delfin Fernandez, ancien agent des services secrets cubains connu sous le nom d’Otto, écrit que la famille du chef d’Etat cubain pourrait envisager un exil au Chili en cas de changement politique. Selon Delfin Fernandez, l’évacuation de la famille Castro se préparerait en secret.

"Depuis six ans, a-t-il précisé, les services secrets cubains mettent au point une opération destinée à assurer le départ en urgence des membres de la famille de Fidel Castro et de son frère Raoul".

L’ancien agent secret ne cite aucun nom mais affirme que des proches parents du chef de l’Etat cubain seraient déjà installés au Chili. Il a déclaré au journal El Mercurio que le fils aîné de Fidel Castro s’était rendu au Chili la semaine précédente et y avait rencontré des membres de sa famille. "Nous soupçonnons, a-t-il ajouté, que le voyage au Chili du fils aîné de Fidel, Fidel Castro Diaz-Balart, était en rapport avec un contrôle du degré de préparation de l’opération spéciale".


"La famille Castro a toujours considéré le Chili comme une destination possible en cas de changement brutal de la situation politique à Cuba, peut-on lire dans El Mercurio. Il est vrai que des modifications ont été envisagées du temps d’Augusto Pinochet et qu’une installation en Argentine n’était pas exclue." Selon l’ancien agent secret, en cas de départ précipité, certains membres de la famille Castro pourraient se fixer en Espagne. De nombreux biens immobiliers ont déjà été achetés à leur nom et ils ont la nationalité espagnole, précise le journal.

Youri Nikolaev, RIA Novosti

19 janvier, 2007

Plus rien ne peut l'arrêter Barrick Gold Corporation

La compagnie canadienne Barrick Gold Corporation, parmi les premières productrices d'or au monde, peut commencer à construire sa mine à ciel ouvert, à la frontière entre le Chili et l'Argentine. Située à plus de 4 000 mètres d'altitude en pleine cordillère des Andes, Pascua-Lama devrait produire à partir de 2010, pour une vingtaine d'années. L'investissement est lourd ­ 1,5 milliard de dollars ­, mais la mine promet de rapporter gros : 700 000 onces d'or (une once pèse 28,349 grammes) et 18 millions d'onces d'argent par an. Le 6 décembre dernier, l'Argentine a approuvé le projet. Au Chili, l'accord a été donné le 15 février par la Corema, l'organisme régional chargé de veiller à la protection de l'environnement. Avec une condition majeure à la clé : la compagnie n'a pas droit de toucher aux glaciers. Le fonctionnement de la mine ne doit pas même les affecter.

Culture. Car c'est là le hic de l'histoire, devenue emblématique au Chili de l'opposition citoyenne aux grandes compagnies (1). Une partie du gisement d'or se trouve sous 20 hectares de glaciers. Qu'à cela ne tienne, disait l'entreprise il y a encore un an, il suffit de les découper et de les amener par camion vers un autre glacier auquel ils finiront par s'agréger. Une explication qui n'a pas convaincu la Corema. Sous la pression des écologistes et d'une petite partie des 70 000 habitants de la vallée de Huasco, elle s'oppose au projet.

Aux portes du désert d'Atacama, le plus aride au monde, leur magnifique vallée forme un sillon verdoyant, baignée de rivières, entre des montagnes pelées par la sécheresse. Elle prend naissance dans la cordillère et ses ressources hydrauliques dépendent en partie des glaciers qui gênent Barrick. S'ils venaient à fondre, l'eau diminuerait dans la vallée. Un bien précieux d'autant que 13 % des habitants vivent de l'agriculture, principalement de l'olive et du raisin. Dans la vallée depuis l'ère précolombienne, la communauté des Indiens Diaguitas survit grâce à l'élevage et à l'agriculture de subsistance. Eux aussi craignent la destruction de leur lieu de vie, à la disparition de leur culture.
Afin de respecter la clause de la Corema, Barrick s'est donc engagé «à ne pas extraire un million d'onces d'or se trouvant à proximité des champs de glace», selon Vincent Borg, chargé de presse de la compagnie. «Insuffisant, tranche Lucio Cuenca, directeur de l'association environnementale Olca. L'entreprise utilisera 82 tonnes d'explosifs par jour. Ajouté au mouvement des machines, cela signifie 13 à 15 tonnes de poussière émise quotidiennement dans l'atmosphère. Or un glacier couvert de poussière fond.»
Poussière. Depuis 1981, date à laquelle les prospections minières ont commencé sur les glaciers, 50 % à 70 % des plus petits ont disparu. La faute à qui ? Aux «changements climatiques», selon Barrick; «à Barrick», selon la Direction générale des eaux chilienne (DGA). L'organisme dépendant du ministère des Travaux publics a estimé que la fonte était due à la poussière générée par l'entreprise, recouvrant en partie les glaciers, et à la route construite par Barrick à même les glaciers. «Mais désormais, rassure Rodrigo Weisner, directeur de la DGA, si de la poussière s'élève à nouveau, Barrick doit prendre des mesures, et c'est ici qu'intervient l'Etat, afin de contrôler que les mesures soient bien prises.»
Or au Chili le contrôle de l'Etat sur les activités industrielles est rare. «Sur 5 534 projets approuvés entre 1990 et 2004 par l'instance nationale de protection l'environnement, 71 % n'ont pas été contrôlés une seule fois», souligne Paola Vasconi de la fondation environnementale Terram. Autrement dit, les Chiliens craignent que Barrick, malgré son slogan d'«entreprise minière responsable», ne fasse au final que ce que bon lui semble.

Catastrophe. Autre préoccupation : l'acidification des eaux. Les tonnes de roche sans valeur seront déversées à la naissance de la rivière Estrecho, qui alimente en partie la vallée. Or la roche une fois brisée libère les produits chimiques qu'elle renferme naturellement : arsenic, mercure, plomb... «S'ils atteignent l'eau de la vallée, on risque une catastrophe sanitaire», alerte Lucio Cuenca. «Certains habitants n'ont pas l'eau courante, ils se servent directement dans la rivière.» Barrick a promis une usine de traitement de l'eau et un canal de déviation pour la rivière.
Une grande partie des habitants de la vallée, notamment les maires, sont en faveur de Pascua-Lama : ce sont 5 500 emplois au cours de la construction et 1 600 en phase productive dans une région fortement touchée par le chômage (jusqu'à 17 %). L'entreprise a déjà reçu 60 000 CV de tout le Chili. «Il est donc peu probable que la vallée de Huasco profite de tous les emplois», remarque Lucio Cuenca. Autre bénéfice attendu pour le pays : les recettes fiscales. Or, l'autre mine de Barrick au Chili, El Indio, n'a pratiquement pas versé d'impôt en dix ans d'activité (2). Et Pascua-Lama sera encore plus difficile à fiscaliser, la mine étant binationale.
(1) L'opposition au projet est moins importante du côté argentin.
(2) La loi chilienne permet aux multinationales, par des jeux de passe-passe juridiques, d'éviter les impôts.


Sur le même sujet :
Nature
Manif contre Barrick
Des Chiliens à Montréal pour dénoncer Barrick Gold



17 janvier, 2007

LES ÉVÊQUES DU CHILI CONTRE LES « NORMES » SUR LA FERTILITÉ




Le Comité Permanent de la Conférence Episcopale Chilienne a publié une déclaration intitulée “Accueillir et promouvoir la vie” afin de "partager, spécialement avec les croyants et les personnes de bonne volonté, les dangers contre la vie qui filtrent de diverses instances dans notre cohabitation, Normes nationales sur la régulation de la fertilité" [parmi lesquelles les] (émanant du Ministère de la santé).
LEpiscopat estime que ces Normes frappent l’ordre juridique chilien et s’éloignent de l’accomplissement des devoirs de l’Etat envers les personnes et les familles. Le document met en évidence une inconstitutionnalité de fond, parce qu’elle viole trois droits fondamentaux : le droit à la vie, le droit à la vie privée et le droit des parents à éduquer leurs enfants. Citant le Pape Jean-Paul II, les pasteurs affirment :
"nous ne voulons pas pour le Chili ce qui est arrivé ou arrive dans d’autres latitudes où la démocratie, malgré ses règles, parcourt un chemin de totalitarisme fondamentaliste. L’État (…) se transforme en État tyran, qui prétend pouvoir disposer de la vie des plus faibles et des sans défense, de l’enfant encore non né jusqu’à la personne âgée, au nom d’une utilité publique qui n’est autre, en réalité, que l’intérêt de quelques-uns."
Michel Janva © Le Salon Beige
"Les personnes donc, en vertu de leurs croyances, de leurs possibilités, prennent les décisions qui les conviennent. l'État et le Gouvernement n'impose à personne un regard et une vision, mais il ne lui impose aucune vision, mais il donne des alternatives à tous", a dit la Présidente Michelle Bachelet, qui fait face ainsi aux critiques de secteurs conservateurs qui affirment que l'Exécutif essaye d'imposer une norme qui attente contre la famille et qui favoriserait l'irresponsabilité juvénile.


Arrestation du hacker aux 220 000 dollars

Par B.N. (avec agences)

Un pirate du Net, [César Matamala] poursuivi pour avoir dérobé plus de 220 000 dollars au site de vente en ligne américain Amazon, a été arrêté lundi au Chili, dans la localité de Valdivia, à 840 km au sud de Santiago.

Le suspect interpellé était étudiant en informatique en 1999, lorsqu’il a commencé ses escroqueries sur internet. Il avait mis au point un logiciel sophistiqué permettant d’accéder à des numéros de cartes de crédit. Il aurait ainsi effectué plus de 2 000 transactions sur le site de vente en ligne, selon le patron de la Brigade des délits économiques au sein de la police, Jorge Torres.

La supercherie n’a pas été découverte par la société Amazon mais à la suite des plaintes déposées par une série d’établissements bancaires du monde entier. Le hacker, dont l’adresse IP (numéro identifiant son ordinateur) avait été interceptée après une demande d’Interpol, est passible d’une peine de cinq ans de prison. Il a expliqué avoir agi par goût des «nouveaux défis».

15 janvier, 2007

2007 : l'année du réchauffement climatique

2007 : l'année du réchauffement climatique", prévient Qué Pasa, de Santiago, qui rappelle combien ces dernières années ont été marquées par des records de chaleur à l'échelle mondiale. L'hebdomadaire chilien s'attend à de grands débats lancés par des dirigeants convaincus de l'urgence, comme l'américain Al Gore, mais aussi le conservateur britannique David Cameron et l'ex-président chilien Ricardo Lagos.

Vestas déploie des éoliennes au Chili


L'entreprise Vestas est d'origine danoise. Avec plus de 30.000 éoliennes génératrices d'électricité déployées dans plus de 60 pays sur les cinq continents, cette entreprise occupe le haut du marché.

Selon une information reprise par la revue America Economia, Vestas vient de recevoir une seconde commande en moins de trois mois de la part du Chili. La commande concerne l'acquisition de 10 éoliennes qui viendront développer le nouveau parc situé à Hualpen Sur, à proximité de la ville de Concepcion, au sud du Chili.

La commande provient de la société Energias Renovables del Bio Bio, propriété de l'espagnole Eolica Navarra, avec laquelle Vestas a déjà collaboré par le passé en France et en Espagne.

Vestas, avec un bureau pour l'Amérique du Sud basé à Buenos Aires vise le développement de l'énergie éolienne dans cette région du monde. Les travaux devraient démarrer en mai pour s'achever au troisième trimestre de cette année.

CECS

14 janvier, 2007

Fidel Castro va mieux, selon son fils

Le dirigeant cubain Fidel Castro, officiellement en convalescence après une opération chirurgicale le 27 juillet, "va mieux", a affirmé samedi son fils aîné.


"Il va mieux", s'est borné à répondre aux journalistes Fidel Castro Diaz-Balart, conseiller pour les affaires scientifiques au sein du régime cubain, qui participait à l'inauguration du Centre d'études scientifiques de la localité de Valdivia, à 840 km au sud de Santiago, au Chili.

Agé de 80 ans, le dirigeant cubain n'a pas été vu en public depuis des mois. Le 27 juillet, il a subi une lourde opération chirurgicale en raison d'une hémorragie intestinale, dont les causes exactes demeurent inconnues, et quatre jours plus tard son frère Raul a pris "provisoirement" le pouvoir. (belga)

LE CÔTÉ OBSCUR DE LA DAME BLANCHE

Parfait symbole


Chez elle, au port de Valparaiso, la Dame blanche trône toujours au milieu de ses hommes : les navires de guerre...
L’Esmeralda est un magnifique voilier quatre mâts, navire-école de la marine chilienne. Une merveille. Une fierté. Mais lors du renversement du gouvernement Allende, le 11 septembre 1973, des dizaines de personnes y ont subi viols et torture.

Le Côté obscur de la Dame blanche, charge politique et sociale, suit la quête de justice des victimes, dont l’ancien maire de Valparaiso, Sergio Vuskovic Rojo, nommé par Salvador Allende.

L’Esmeralda, surnommée la Dame blanche, offre au réalisateur montréalais Patricio Henriquez le symbole parfait des contradictions de l’homme, capable de bâtir des joyaux et d’y agir en animal. Elle lui permet de donner une portée universelle à son propos : la sauvagerie n’est pas limitée à la jungle ou aux fonds de ruelle.

La torture s’est pratiquée ailleurs au Chili et dans le monde, mais les torts perpétrés à bord de l’Esmeralda sont emblèmes, sans doute parce que ce navire est toujours en service. Il continue de représenter la grandeur et le passé du mince pays sud-américain.

Produit par l’Office national du film du Canada, Le Côté obscur de la Dame blanche est une œuvre bien ficelée. Elle émeut sans sombrer dans le pathos.

Mais elle laisse un petit goût amer d’inachevé. Un narrateur aurait sans doute permis de transmettre davantage d’information — par exemple sur l’histoire du Chili — tout en donnant plus de vie à l’ensemble, qui perd un peu de sa cadence à mi-parcours. Il faut quand même reconnaître que le réalisateur sait faire parler ses images, magnifiques d’ailleurs.

Chilien, Patricio Henriquez habite Montréal depuis le soulèvement. Il n’est donc pas un artisan en mission commandée. Son intérêt et sa position sur cette histoire sont palpables, mais il s’efforce malgré tout de donner une voix à ceux qui assurent que le sang n’a pas coulé à bord de l’Esmeralda.

La sortie en salles de ce documentaire arrive à point, quelques semaines seulement après le décès d’Augusto Pinochet, qui a pris le pouvoir en 1973. Son cri s’ajoute à ceux, nombreux, qui réclament justice pour les horreurs commises par le défunt dictateur.

Le Chili est encore divisé. Les réactions à la mort de Pinochet l’ont bien illustré. Ce film le fait aussi : les manifestants encaissent plusieurs invectives de leurs compatriotes.

Comme quoi, pour certains Chiliens, il ne faut pas s’attaquer à la Dame blanche. Même si seul le symbole est visé. 

Jean-Nicolas Patoine Le Soleil

08 janvier, 2007

LE « DISCOURS DE SALAMANQUE » RECONSTITUÉ

Quel plus bel exemple s’il fallait illustrer la solidarité des blogueurs ? Le 30 décembre dernier ici-même, mon billet intitulé L’honneur de Miguel de Unamuno était largement consacré à son légendaire « discours de Salamanque » au cours duquel il avait eu le courage de dénoncer haut et fort « la force brutale » des fascistes qui lui faisaient face. Mais de cette fameuse exhortation, on ne connaissait en fait que des bribes : n’ayant pas été reprise à l’époque par les journaux, elle n’avait jamais été publié. Vous étiez un certain nombre, parmi les 110 commentateurs de ce billet, à le regretter. Edouard Bustin, un lecteur hispaniste de la « La République des livres » à Boston (Massachussets), a cherché toutes les versions disponibles en plusieurs langues du discours de Salamanque sur la Toile, l’a recomposé, l’a reconstitué et me l’a envoyé en espagnol. 

Je l’ai aussitôt fait lire à l’écrivain Michel del Castillo qui, dans son Dictionnaire amoureux de l’Espagne, avait consacré de belles pages à l’auteur du Sentiment tragique de la vie. Il l’a traduit pour nous. Qu’il en soit vivement remercié ainsi qu’Edouard Bustin. Dans son envoi, ce dernier avait joint également le texte espagnol du « Manifeste » de Miguel de Unamuno, autre de ses écrits mythiques, remis au frères Tharaud et plus ou moins disparu. Vous le trouverez contextualisé sur le site de Michel del Castillo, également traduit par ses soins.


« Vous êtes tous suspendus à ce que je vais dire.Tous vous me connaissez, vous savez que je suis incapable de garder le silence. En soixante treize ans de vie, je n’ai pas appris à le faire. Et je ne veux pas l’apprendre aujourd’hui. Se taire équivaut parfois à mentir, car le silence peut s’interpréter comme un acquiescement. Je ne saurais survivre à un divorce entre ma parole et ma conscience qui ont toujours fait un excellent ménage.
Je serai bref. La vérité est davantage vraie quand elle se manifeste sans ornements et sans périphrases inutiles. Je souhaite faire un commentaire au discours, pour lui donner un nom, du général Millan Astray, présent parmi nous. Laissons de côté l’injure personnelle d’une explosion d’invectives contre basques et catalans. Je suis né à Bilbao au milieu des bombardements de la seconde guerre carliste. Plus tard, j’ai épousé cette ville de Salamanque, tant aimée de moi, sans jamais oublier ma ville natale. L’évêque, qu’il le veuille ou non, est catalan, né à Barcelone. On a parlé de guerre internationale en défense de la civilisation chrétienne, il m’est arrivé jadis de m’exprimer de la sorte. Mais non, notre guerre n’est qu’une guerre incivile. Vaincre n’est pas convaincre, et il s’agit d’abord de convaincre ; or, la haine qui ne fait pas toute sa place à la compassion est incapable de convaincre…On a parlé également des basques et des catalans en les traitant d’anti-Espagne ; eh bien, ils peuvent avec autant de raison dire la même chose de nous. Et voici monseigneur l’évêque, un catalan, pour vous apprendre la doctrine chrétienne que vous refusez de connaître, et moi, un Basque, j’ai passé ma vie à vous enseigner l’espagnol que vous ignorez. (Premières interruptions, « Viva la muerte ! » etc) 
Je viens d’entendre le cri nécrophile « Vive la mort » qui sonne à mes oreilles comme « A mort la vie ! » Et moi qui ai passé ma vie à forger des paradoxes qui mécontentaient tous ceux qui ne les comprenaient pas, je dois vous dire avec toute l’autorité dont je jouis en la matière que je trouve répugnant ce paradoxe ridicule. Et puisqu’il s’adressait au dernier orateur avec la volonté de lui rendre hommage, je veux croire que ce paradoxe lui était destiné, certes de façon tortueuse et indirecte, témoignant ainsi qu’il est lui-même un symbole de la Mort. Une chose encore. Le général Millan Astray est un invalide. Inutile de baisser la voix pour le dire. Un invalide de guerre. Cervantès l’était aussi. Mais les extrêmes ne sauraient constituer la norme Il y a aujourd’hui de plus en plus d’infirmes, hélas, et il y en aura de plus en plus si Dieu ne nous vient en aide. Je souffre à l’idée que le général Millan Astray puisse dicter les normes d’une psychologie des masses. Un invalide sans la grandeur spirituelle de Cervantès qui était un homme, non un surhomme, viril et complet malgré ses mutilations, un invalide dis-je, sans sa supériorité d’esprit, éprouve du soulagement en voyant augmenter autour de lui le nombre des mutilés. Le général Millan Astray ne fait pas partie des esprits éclairés, malgré son impopularité, ou peut-être, à cause justement de son impopularité. Le général Millan Astray voudrait créer une nouvelle Espagne- une création négative sans doute- qui serait à son image. C’est pourquoi il la veut mutilée, ainsi qu’il le donne inconsciemment à entendre. (Nouvelles interruptions» À bas l’intelligence ! « etc.) 
Cette université est le temple de l’intelligence et je suis son grand prêtre. Vous profanez son enceinte sacrée. Malgré ce qu’affirme le proverbe, j’ai toujours été prophète dans mon pays. Vous vaincrez mais vous ne convaincrez pas. Vous vaincrez parce que vous possédez une surabondance de force brutale, vous ne convaincrez pas parce que convaincre signifie persuader. Et pour persuader il vous faudrait avoir ce qui vous manque : la raison et le droit dans votre combat. Il me semble inutile de vous exhorter à penser à l’Espagne. J’ai dit. »

Le temps, allié des bourreaux

Par William BOURDON
La précipitation, s'agissant du jugement des plus grands bourreaux, est toujours synonyme d'un lynchage judiciaire. Non seulement la pendaison immonde de Saddam Hussein n'est pas, comme semble le croire George W. Bush ­ mais qui le croit aujourd'hui encore ? ­ un acte fondateur de la démocratie, mais, au contraire, un acte qui en ruine un peu plus les fondations déjà bien délabrées en Irak. A Bagdad, la mascarade de procès a abouti à un triple fiasco. La vérité des faits, le travail de mémoire, le respect des victimes, et notamment des Kurdes, se sont volatilisés dans la trappe, antichambre dorénavant de toutes les frustrations et falsifications.
A l'inverse, l'étirement du temps nuit gravement à l'oeuvre de justice quand elle est rendue au nom de l'humanité. Après le coup d'éclat du juge Baltasar Garzón, en septembre 1998, et le placement en résidence surveillée d'Augusto Pinochet à Londres, une onde de choc a parcouru et parcourt encore la planète. L'action des juges européens a réveillé une justice latino-américaine endormie et craintive. Poussés par les victimes et les ONG, les juges chiliens et ensuite argentins, escortés par le droit international pénal, jusque-là ignoré, ont inculpé, parfois incarcéré, des tortionnaires qui vivaient une retraite paisible. Une conviction commune est née, le temps ne pouvait plus être un gage d'impunité pour les plus grands tortionnaires. Le caractère imprescriptible du crime contre l'humanité et l'admission par le droit international de ce que le crime de disparition était un crime continu ont fourni des instruments juridiques à ces nouveaux chasseurs de bourreaux. Pinochet, lui, n'est pas mort en détention après avoir été condamné, comme Klaus Barbie et Paul Touvier.
Au Chili, beaucoup ont salué le courage et l'opiniâtreté du juge Guzman, mais beaucoup aussi ont considéré, sans le revendiquer, que l'approfondissement de la démocratie, et par conséquent la paix, commandait de ne pas prendre le risque de réveiller un mauvais courroux des militaires. D'une certaine façon, l'autorité judiciaire et, au-delà, politique, au Chili, n'a pas pu ou voulu tirer toutes les conséquences de l'instrumentalisation par Pinochet de son état de santé pour échapper aux poursuites. Les raisons d'Etat et du marché (les contrats d'armement) mêlées, à Londres, ont eu raison de la procédure espagnole, car, à Madrid, on ne juge pas par contumace.
Les retards pris dans la procédure française ont anéanti tout espoir de voir juger Pinochet de son vivant. Il y aura malgré tout un procès des responsables des violations des droits de l'homme au Chili à Paris, et le fantôme de Pinochet y sera jugé à travers ses séides et funestes comparses. A son nom reste attachée une jurisprudence maintenant universelle : il n'y a plus d'immunité pour les chefs d'Etat bourreaux devant les juges nationaux, en tous les cas lorsqu'ils sont «retraités».

Il convient maintenant de tirer les leçons de ces retards. Souvenons-nous d'un juge d'instruction belge qui avait mené des investigations à l'encontre de génocidaires rwandais. Des juges ont été délestés de leurs charges quotidiennes. Ont été mis à leur disposition des officiers de police judiciaire à plein temps. Le procès devant la cour d'assises à Bruxelles s'est tenu il y a plus de deux ans, et quatre génocidaires rwandais y ont été lourdement condamnés. C'est tout le contraire qui s'est passé en France. Dix ans de procédure qui risquent fort d'aller dans le mur avec la paralysie de toute coopération entre la France et le Rwanda, alors même que le principal suspect, l'abbé Wenceslas Munyeshyaka, a été condamné entretemps à Kigali pour les mêmes faits que ceux pour lesquels il est poursuivi en France. Entre le chauvinisme judiciaire de certains magistrats, dans les années 90, la méconnaissance pour d'autres du droit international pénal et ensuite des arrière-pensées politiques qui ont paralysé la procédure pendant des années, si ce ne sont quelques belles initiatives menées par les juges de Paris, la procédure est loin d'avoir connu le rythme qu'elle aurait dû connaître. D'ailleurs, la France s'est fait condamner par la Cour européenne des droits de l'homme pour avoir fait litière du délai raisonnable. Nous nous sommes distingués par une grande frilosité s'agissant de l'interception des bourreaux africains. Londres vient de donner un exemple contraire en arrêtant, à la demande de Kigali, quatre présumés génocidaires.
Alors oui, le temps ne doit pas être l'allié des bourreaux, même s'ils peuvent être poursuivis jusqu'à leur dernier souffle. Malheureusement, il l'est devenu trop souvent, dès lors que les bonnes volontés des autorités judiciaires n'ont pas été adossées à des moyens et, par conséquent, à une volonté politique sans faille. On ne peut pas charger des juges d'instruction européens d'enquêter sur des crimes complexes et massifs commis il y a plus de dix ans, à 10 000 kilomètres de Paris, et en même temps leur demander de traiter le tout-venant dans des conditions qui sont, de l'aveu général, difficiles : le budget de la justice en France est le 27e des pays européens.
Il y aura d'autres présumés bourreaux qui passeront par le territoire français et en Europe, ne serait-ce que parce que la Cour pénale internationale demandera à la France, demain, sa coopération pour les intercepter. N'y a-t-il pas quelque chose d'inacceptable dans le fait que les moyens donnés à l'interception et au châtiment de ceux qui offensent l'humanité sont notablement inférieurs à ceux mobilisés pour lutter contre les terroristes ? Il est vrai que cette lutte est en train de vampiriser ou de marginaliser toutes les autres.
Cela n'est pas tout. Si la procédure devant la Cour pénale internationale est un métissage du droit anglo-saxon et de notre droit continental, elle n'est pas une garantie absolue pour éviter ces procès interminables qui ont empêché que Milosevic soit également jugé de son vivant. Luis Moreno Campo, procureur de la Cour pénale internationale, a annoncé fin novembre que son enquête au Darfour était pratiquement terminée. Or chaque jour compte au Darfour, et il serait temps d'accélérer le mouvement, car des mandats d'arrêt internationaux pourraient peut-être retenir le glaive de certains bourreaux. Hun Sen, le patron à Phnom Penh, a certes joué la montre, mais le procès international promis aux Cambodgiens risque d'arriver bien tard et les candidats, pour être jugés, bien peu nombreux ; ils expirent les uns derrière les autres.
Des moyens, par conséquent, signature de véritables volontés politiques nationales et internationales, pour donner de la cadence, faute de quoi, après avoir rattrapé les bourreaux, le temps viendra inexorablement et providentiellement à leur secours.
William Bourdon avocat.

04 janvier, 2007

L'EMBÊTANT, AVEC LE PENDU

Fallait-il pendre Saddam Hussein?

À première vue, la question ne devrait concerner que les Irakiens dont l'avis semble assez partagé. Tout récemment, la mort du général Pinochet s'était accompagnée de ce commentaire qui a fait, je crois, la une de tous les journaux, l'ouverture de toutes les télévisions : Pinochet est mort sans avoir été jugé. C'est que la moitié des Chiliens restait reconnaissante à Pinochet de ce qu'il avait fait, opinion mal reçue en Europe, mais dont nous devrions considérer qu'à l'instar de la condamnation à mort de Saddam, elle est l'affaire des Chiliens eux-mêmes. Le gouvernement chilien n'avait pas envie de juger le général. Il pouvait y avoir plusieurs raisons à cela. La première, que Pinochet avait rendu le pouvoir qu'il avait pris. L'argument souvent repris au Chili n'a pas fait recette à l'étranger. Ensuite qu'un procès ressusciterait la guerre civile dont le Chili avait su triompher, et qu'au demeurant l'ancien dictateur était poursuivi par un juge espagnol. L'impression générale fut que les Chiliens n'avaient pas besoin que le reste du monde leur explique ce qu'ils avaient à faire.

La condamnation de Saddam Hussein était d'un autre ordre puisque l'Irak est occupé par une puissance étrangère. Personne ne pouvait penser que le sort du vaincu échapperait aux volontés du vainqueur. Celles-ci étaient connues. Il ne manquerait pas, d'autre part, d'Irakiens pour souhaiter la mort de l'ancien dictateur. Enfin, les moeurs du pays étaient sans équivoque. Seule la question du régime pouvait être un obstacle formel à une exécution capitale, mais cet obstacle était vite levé : il n'y a pas d'opposition en soi entre la démocratie et la peine de mort. À supposer que l'Irak fût sur la route de la démocratie ou même que le pays eût commencé à être démocrate, il n'avait pas à en faire la preuve en renonçant à la peine de mort.


La technique employée allait-elle faire problème ? Les dictateurs vaincus sont expédiés à l'aide de divers moyens dont aucun n'a pu affirmer sa supériorité sur un autre : la fusillade, le faux suicide, le croc de boucher, le tribunal international. Je rappelle que la guillotine a longtemps été considérée comme un progrès avant de passer pour l'horreur absolue. Là encore, le choix des armes appartenait à l'Irak dont la coutume, inspirée du Royaume-Uni, est de pendre ses condamnés.


Restait la publicité faite à cette exécution. Qu'elle ait été filmée n'a surpris personne dans un monde où tout est filmé, même les actes les plus intimes. Que ces images aient été rendues publiques découlait de cet état de fait, de même que les images de Saddam Hussein ­hirsute, à terre après son arres­tation, avaient été largement diffusées. Si on en était resté là, seules les protestations rituelles d'une opposition formelle à la peine de mort eussent accompagné un acte dont les conséquences peuvent être très grandes, mais d'un tout ordre que de contrevenir aux sentiments abolitionnistes de plusieurs opinions occidentales censées être devenues les protecteurs du nouvel Irak sur le plan moral. Mais l'exécution a été enregistrée par des exécuteurs dont les mobiles n'ont pas fait de doute : Saddam Hussein a été pendu par les partisans d'une autre obédience religieuse que la sienne. Ils ont invoqué des motifs de vengeance et récupéré à leur profit un verdict censé avoir été rendu au nom de l'intérêt général. On dira que cela ne fait pas une grande différence, que si Saddam Hussein n'avait pas été pendu pas des chiites il l'aurait été par des Kurdes. Les plus cyniques, ou les plus réalistes, ajouteront que les Américains ayant confié le vrai pouvoir à leurs adversaires les plus dé­terminés, il était fatal que le procès puis la mort de Saddam Hussein fussent considérés par ceux-ci comme une victoire. Cependant, si l'objectif était de tuer Saddam Hussein, qu'importe l'identité du bourreau ? Parmi les chefs d'État qui ont perdu le pouvoir dans des conditions mouve­mentées ces dernières années, personne ne s'est vraiment intéressé à savoir qui a éliminé les Ceaucescu, et Fidel Castro sau­terait-il sur une bombe au lieu d'agoniser dans son lit, les auteurs de l'attentat seraient considérés comme de vaillants résistants même s'il s'agissait de ses plus proches collaborateurs soucieux d'accélérer le processus.


La difficulté est venue, en Irak, de ce que la révélation des conditions scandaleuses dans lesquelles Saddam Hussein a été pendu (je veux parler de cet enregistrement pirate) a entaché tout le procès et, partant, les motifs de l'intervention américaine en Irak de graves soupçons d'illégitimité aux yeux de ceux qui pensent que la démocratie est un objectif louable pour l'Irak et qu'on finira par l'atteindre avec un peu de bonne volonté. Aussi s'en sortent-ils en faisant valoir leur opposition personnelle, quasiment désincarnée, à la peine de mort. Faire de Saddam Hussein le plus grand criminel de la planète aurait dû très bien s'accommoder d'un « bon débarras » le jour de son exécution. Seulement, comme ils savent que ce n'est peut-être pas tout à fait exact, et qu'en tout cas il a été abattu pour d'autres raisons que celle-là, ils se sentent un peu gênés aux entournures d'une démocratie qui leur a servi en Irak de caution et, aujourd'hui, d'alibi.


CHRONIQUE de Stéphane Denis. Publié le 04 janvier 2007 Actualisé le 04 janvier 2007 : 08h35

03 janvier, 2007

LE CHILI SE RENFORCE SUR LES MARCHÉS US ET UE

Près de 98% des exportations sans taxes douanières. Le Chili a élargi, dès le premier janvier, les ALE en vigueur avec les Etats-Unis et l’Union européenne en ajoutant de nouveaux produits à la liste de ceux qui sont exportés sans taxes douanières vers ces destinations. 

au total, 154 nouvelles marchandises dont les clémentines, le saumon pré-découpé ou en conserve, entreront à taux zéro sur le marché américain, soit 98% des exportations chiliennes vers les Etats-Unis. Ces produits représentent un chiffre d’affaires annuel de 25 millions de dollars. Dans l’Union européenne, ce sont 330 produits nouveaux (10% du commerce bilatéral) qui entreront sans être frappés de taxes parmi lesquels certains vins, le saumon en morceaux, certains légumes, le raisin et plusieurs types de conserves. 

Cette mesure portera à 96% le total des produits chiliens vendus en Europe sans taxe douanière. Le Traité de libre-échange entre Chili et Etats-Unis est en vigueur depuis janvier 2003 alors que celui liant ce pays à l’Europe date de février de la même année. 

Par ailleurs, l’impôt sur l’importation de logiciels, au Chili, va diminuer de 30 à 15% et la «taxe sur le luxe», qui pouvait atteindre 85% pour certaines marchandises dont les voitures les plus coûteuses, disparaît complètement. 

Le seul impôt qui restera inchangé en 2007 est la taxe à la valeur ajoutée, TVA, maintenue à 19% par la présidente socialiste Michelle Bachelet, au pouvoir depuis le 11 mars, en dépit de la promesse de son prédécesseur Ricardo Lagos de la réduire à 18%.
Synthèse L’Economsite