29 février, 2008

Le Chili menacé d'une pénurie d'électricité liée à une grave sécheresse

Un paysan face à des carcasses d'animaux victimes de la sécheresse
à Til Til au Chili, © Raul Bravo / AFP

TIL TIL (AFP) — Le Chili frappé par une sévère sécheresse qui affecte 40% de ses communes et son réseau hydro-électrique au bord de la pénurie, a dû décréter des mesures d'urgence pour venir en aide au secteur agricole et envisage des coupures de courant en mars. Lire la suite...

28 février, 2008

Chili: 11 morts dans un accident d'avion

Photo Juan José Valverde
Onze personnes sont mortes et cinq ont été blessées aujourd'hui à l'est de Santiago lorsqu'un avion s'est écrasé à proximité d'une salle municipale de gymnastique, où se trouvaient une centaine de personnes, a annoncé la Direction générale de l'aéronautique civile (DGAC). Lire la suite...

27 février, 2008

Sécheresse : le Chili bientôt privé d’électricité ?

La bassin d'approvisionnement en eau Runge quasi
à sec à Til Til, au Chili, © Raul Bravo / AFP

Suite à une forte vague de sécheresse, le Chili rencontre de véritables difficultés dans la gestion de son réseau hydro-électrique. Le pays pourrait être contraint d’effectuer des coupures d’électricité dès le mois de mars. Lire la suite...

21 février, 2008

JCDecaux: contrat avec la ville de Santiago au Chili.


JCDecaux, le spécialiste de la communication extérieure, a remporté, à la suite d'un appel d'offres, le contrat de mobilier urbain de la ville de Santiago du Chili (215 000 habitants) pour une durée de 15 ans.Lire la suite...

19 février, 2008

Fidel Castro annonce qu'il abandonne ses fonctions à la tête du pays


Dans cette lettre adressée aux Cubains, le "líder máximo" annonce qu'il abandonne ses fonctions à la tête du pays. Eloigné de la présidence depuis dix-neuf mois, Fidel Castro confirme ainsi son désir de passer le relais notamment à son frère cadet Raúl, qui assume déjà une grande partie de la charge. Lire la suite...

18 février, 2008

L’armée sur la sellette



















Le quotidien La Nación a révélé dans son supplément du dimanche 3 février que “30 % à 40 % des officiers des forces armées chiliennes dont le grade est aujourd’hui supérieur à celui de major ont fait partie de l’ex-Central Nacional de Información [services de renseignements chiliens sous la dictature]” et ont participé à des opérations de répression pendant la dictature de Pinochet [1973-1990]. Lire la suite...

CONFLIT MAPUCHE -L’épine dans le pied du gouvernement


Alors que Michelle Bachelet avait fait la promesse dans son programme de campagne de se pencher sur le problème des droits des indigènes, le Chili qui se veut la démocratie exemplaire d’Amérique Latine rencontre plus que jamais un conflit vif avec sa minorité. Les violences perpétrées par des Mapuches et dont les médias font scrupuleusement le rapport oubliant la réciproque (il y a déjà eu deux morts chez les Mapuches), sont le poil à gratter du gouvernement. Une trentaine de militants, chefs traditionnels ou représentants d’organisations sont emprisonnés selon la loi anti-terroriste datant de la dictature, pour des délits allants du désordre sur la voie publique à des incendies et autres actes de vandalisme.. On se souvient en 2006 du concert de Manu Chao à Santiago, dans lequel ces activistes s’étaient invités. Leurs revendications ? Se voir reconnaître le statut de «prisonnier politique» comme plus récemment la «Chepa», qui a fait une grève de la faim de plus de 100 jours afin de voir assouplir ses conditions d’incarcération.

Une histoire, une terre, une tradition Mais le conflit ne date pas de ce gouvernement : Après une défaite contre les colons espagnols, puis l’Etat chiliens, le peuple mapuche qui disposait jusqu’alors d’un territoire reconnu : le territoire « d’auracan » de 10 000 hectares, perd presque toutes ses terres. Il passe le XXe siècle dans l’ombre et est définitivement traité comme une minorité ethnique aux revendications désuètes sous la dictature. Le développement économique du pays, notamment par l’implantation de grandes industries comme l’industrie forestière, génère une migration quasi constante de ces populations. Les Mapuches se sont coûte que coûte intégrés afin de ne pas subir de discrimination, mais ils sont tout de même méprisés par une partie de la population. En témoigne l’expression courante : «ya le salió el indio» (littéralement «il te sort l’Indien»), autrement dit une manière péjorative pour désigner le sang indien qui affleure lorsque l’on s'énerve. Cependant depuis le début des années 1990 et la fin de la dictature, la nouvelle génération souhaite revaloriser ses racines. Des voix s’élèvent même pour la reconnaissance d’un «pays mapuche» sur le modèle de la Catalogne, par exemple. En 1993, l’état chilien, a créé la Conadi pour protéger et administrer les droits des peuples indigènes, lequel a récemment demandé la création d’un «ministère indigène». Mais le gouvernement est-il réellement prêt à sacrifier ses bons indices économiques pour régler une question sociale qui ne concerne qu’une petite partie de la population ?

Les Mapuche, littéralement : «gens de la terre», dans leur langue, sont plus de 600 000 soit 4% de la population totale. Ils représentent plus de 80 % de tous les indigènes du Chili. Aujourd’hui ils sont principalement installés dans les régions du Bio-bio (Concepción), de l’Auraucanie (Temuco) et des Lacs et à Santiago

16 février, 2008

LES PROTESTATIONS À PUERTO MONTT CONTINUENT


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Photo Cristián Duarte
Dans la place d'armes de la ville de Puerto Montt sud du Chili, environ 50 travailleurs protestent dans le cadre du conflit avec les entrepreneurs du saumon.

RAPPORT ANNUEL 2007 DES VIOLATIONS DES DROITS SYNDICAUX

Chili
L’Orchestre philharmonique a licencié ses membres en raison de leur affiliation à un syndicat et un producteur de saumon a intimidé ses employés afin qu’ils signent des contrats individuels et abandonnent le processus de négociation. Les travailleurs du secteur public ne bénéficient toujours pas du droit de grève. La protection légale du droit de négociation collective reste insuffisante.

Libertés syndicales en droit

Droits syndicaux fondamentaux reconnus: Les travailleurs ont le droit de constituer des syndicats sans demander d'autorisation préalable. Le droit à la négociation collective est reconnu, tout comme le droit de grève, mais uniquement dans le secteur privé.

La loi sur les droits syndicaux adoptée en décembre 2001 a mis un terme à bon nombre des restrictions héritées de l'ère Pinochet. Notamment, le gouvernement n'est plus autorisé à s'ingérer dans les affaires internes des syndicats. 

UN PROCÈS HISTORIQUE SUR LES CRIMES CONTRE L’HUMANITÉ


La Fédération internationale des ligues des droits de l’homme (FIDH), et ses organisations membres au Chili, la Corporation pour la défense et la promotion des droits du peuple (CODEPU), et en France, la Ligue des droits de l’Homme et du citoyen (LDH), se réjouissent de la tenue, annoncée hier, du jugement in abstentia à Paris du 19 au 23 mai de 15 anciens hauts responsables de la dictature de Pinochet, auteurs présumés de la disparition de quatre français ou franco-chiliens pendant la dictature.
La FIDH, CODEPU et la LDH se sont constituées parties civiles aux côtés des familles des quatre français dans un procès, qui, devrait permettre la première condamnation du système répressif de la la dictature de Pinochet telle qu’elle a régné de 1973 à 1990 au Chili.

Les crimes poursuivis de disparition (qualifiées d’arrestation et séquestration aggravées en droit français), de torture et d’acte de barbarie rendent en effet compte de l’échelle de commandement du régime et d’évènements marquants de la dictature et initiés par Augusto Pinochet : le bombardement du Palais présidentiel de la Moneda, le plan condor visant l’élimination des opposants des régimes dictatoriaux de la région, les crimes commis dans le centre clandestin de torture « la colonie ’Dignidad’ » mis en place par l’ancien criminel nazi Paul Schaeffer.

L’enquête a révélé que Georges Klein, conseiller au cabinet du président Salvador Allende, avait été fait prisonnier et a disparu le jour du coup d’Etat militaire, le 11 septembre 1973, alors qu’il se trouvait aux côtés du président Allende lors de l’attaque du Palais de la Moneda ; le père Etienne Pesle a disparu le 19 septembre 1973 ; Alphonse Chanfreau, figure emblématique du Mouvement de la gauche révolutionnaire (MIR) a disparu le 30 juillet 1974, ayant été aussi détenu à la colonie ’Dignidad’ ; Jean-Yves Claudet-Fernandez, membre également du MIR a disparu le 1er novembre 1975 en Argentine dans le cadre du plan Condor.
"Les audiences permettront entre autres de faire entendre plusieurs témoins historiques. En dépit de la mort d’Augusto Pinochet, ce procès n’en sera pas moins celui, posthume, du dictateur, mais également le seul de l’ensemble du système de répression mis en place", écrivent Mes Claude Katz, Sophie Thonon, William Bourdon et Benjamin Serfati, avocats des victimes et des parties civiles.

Parmi les 15 suspects qui seront jugés à Paris figurent le général Manuel Contreras, ex-chef de la Dina (police secrète du régime militaire chilien), et Paul Schaeffer. Augusto Pinochet avait également été poursuivi dans cette affaire, un mandat d’arrêt international avait aussi été délivré contre lui. Mais il est mort le 10 décembre 2006 , quelques semaines avant l’ordonnance de mise en accusation de la Juge Sophie Clément, et sans jamais avoir été jugé. Trois autres suspects sont décédés avant l’ouverture de ce procès.

« La détention d’Augusto Pinochet à Londres en 1998 a permis de relancer les procédures en cours, initiées par les victimes de la dictature chilienne, au Chili comme à l’étranger. Ce procès, de part la nature des crimes concernés, imprescriptibles, dépasse les frontières et contribue à la lutte contre l’impunité à un niveau mondial. On espère maintenant que la vérité qui sortira de ce procès sera entendue au Chili et permettra d’affronter la réalité des crimes encore trop peu connue », ont déclaré Hiram Villagra y Federico Aguirre, avocats du CODEPU au Chili.

15 février, 2008

ADIEU À VOLODIA TEITELBOIM À PARIS








Les Chiliens de Paris rendent un dernier hommage à Volodia Teitelboim
Le Parti communiste du Chili en France a organisé une cérémonie d'adieu à Volodia Teitelboim, ancien député et sénateur, ancien Secrétaire général du PC chilien, écrivain, Prix National de Littérature.

Suite au décès de ce grand combattant de la vérité et de la liberté que fut Volodia Teitelboim, un groupe de Chiliens résidant à Paris lui a rendu un dernier hommage ce jeudi 14 février.

La cérémonie a eu lieu à l'espace Niemeyer. Dans un bâtiment construit par le célèbre architecte Oscar Niemeyer, siège du Parti communiste français et classé depuis peu Monument Historique, son espace éponyme a servi de cadre à cet hommage.

L'activité organisée par des militants du Parti communiste du Chili en France a compté parmi les présents un représentant du Parti communiste français (le responsable du secteur relations internationales), M Jacques Fath, le responsable du Parti socialiste chilien en France, M. Armando Uribe Echeverria, et de nombreuses personnalités chiliennes et françaises, des amis et admirateurs de Volodia Teitelboim.

L'intervention d'ouverture a été lue par M. Francisco Chacon le responsable du Parti communiste chilien en France, qui a fait un rappel de la vie et de l'œuvre de l'homme politique et de l'écrivain, ainsi que des luttes et combats auxquels est associée la pléthorique activité de Volodia. Il a lancé un appel à poursuivre la lutte pour l'unité du peuple dans la reconquête d'une pleine démocratie au Chili.

Mme Patricia Baes, présidente de l'association Chili Solidarité (comité de soutien à la candidature de Michelle Bachelet en France), a voulu s'associer à l'hommage et a évoqué les aspects relationnels et humains de Volodia.

M. Uribe Echeverria a prêté un ton plus convivial et familier à son allocution, en y glissant des souvenirs d'enfance, car son père, écrivain lui aussi, avait souvent fréquenté Volodia. Plus tard son intervention reprend les réflexions de Volodia dans une interview au journal "El Mercurio", où Volodia a souligné le caractère inachevé de la transition chilienne et dénoncé toute une série d'embûches de la Constitution politique, qui empêchent la démocratie. Il a fini par un appel à la mobilisation des partis politiques pour développer ensemble une stratégie de modification de la Constitution chilienne, dans le but de mettre fin à l'exclusion du Parti communiste de la vie politique.

Après une intervention de M Francisco Peña, représentant de Juntos Podemos, l'activité s'est terminée par la participation du chanteur compositeur populaire Polo Gomez, qui a d'abord interprété une chanson d'hommage en souvenir des nuits de Radio qu'anima Volodia depuis Moscou pendant la période la plus noire de la dictature, puis d'autres textes de sa composition, pour clore avec l'Internationale que tous les participants ont entonnée debout.

12 février, 2008

17 proches de Pinochet aux assises de Paris en mai

JEAN-YVES CLAUDET
Dix-sept Chiliens, en majorité des militaires, seront jugés par contumace du 19 au 23 mai à la cour d'assises de Paris dans un dossier visant la disparition de quatre ressortissants français ou franco-chiliens entre 1973 et 1975, a-t-on appris lundi au parquet général.

Ils répondront de "séquestrations arbitraires accompagnées ou suivies de tortures et d'actes de barbarie" dans cette audience qui sera l'une des premières
ETIENNE PESLE au monde concernant la dictature Pinochet. Les accusés pourront se faire représenter par leurs avocats.

Augusto Pinochet, au pouvoir de 1973 à 1990, a été poursuivi dans cette affaire où un mandat d'arrêt international était délivré contre lui. Il est mort en décembre 2006 sans jamais avoir été jugé. Parmi les suspects qui seront jugés à Paris et sont visés par des mandats d'arrêt, figurent le général Manuel Contreras, ex-chef de la Dina (police secrète du régime militaire chilien), et Paul Schaeffer, chilien), et Paul Schaeffer,
ex-criminel nazi fondateur avec d'autres de la colonie "Dignidad", dans le sud-est du pays, centre de torture et de séquestration sous la dictature.

DR. GEORGES KLEIN
Le dossier porte sur la disparition, le jour du coup d'Etat militaire du 11 septembre 1973, de Georges Klein, conseiller au cabinet du président Salvador Allende, du père Etienne Pesle le 19 septembre 1973 et de deux membres du Mouvement de la gauche révolutionnaire (Mir), Alphonse Chanfreau, le 30 juillet 1974, et Jean-Yves Claudet-Fernandez, le 1er novembre 1975.



ALPHONSE CHANFREAU
La procédure, ouverte en France après l'arrestation d'Augusto Pinochet à Londres en octobre 1998, a montré que Georges Klein et Etienne Pesle avaient été conduits dans des locaux militaires le 11 septembre 1973. Alphonse Chanfreau aurait été séquestré et torturé à la colonie "Dignidad".

Jean-Yves Claudet-Fernandez aurait été enlevé à Buenos Aires, sans doute dans le cadre du "plan Condor", vaste opération d'assassinats d'opposants mise au point par plusieurs dictatures d'Amérique latine, dont le Chili.

Le dossier comprend des documents, notamment une circulaire du département d'Etat aux ambassades du 23 août 1976 qui montre selon l'enquête l'implication des Etats-Unis dans "Condor".

Dans un communiqué, les avocats des familles des victimes se réjouissent du procès. "Les audiences permettront entre autres de faire entendre plusieurs témoins historiques. En dépit de la mort d'Augusto Pinochet, ce procès n'en sera pas moins celui, posthume, du dictateur, mais également le seul de l'ensemble du système de répression mis en place", écrivent Mes Claude Katz, Sophie Thonon, William Bourdon et Benjamin Serfati.

La France jugera la dictature chilienne par contumace















Me SOPHIE THONON
et
Me WILLIAM BOURDON les avocats des familles des victimes.

Une quinzaine de ressortissants chiliens et un Argentin, en majorité des militaires, seront jugés par contumace du 19 au 23 mai par la cour d'assises de Paris pour la disparition de quatre ressortissants français ou franco-chiliens entre 1973 et 1975. Pour les proches des victimes, il s'agira d'un procès à titre posthume du dictateur Augusto Pinochet,
mort en décembre 2006. Ni le Chili ni l'Argentine n'ont accepté les demandes d'extradition formulées par la justice française au cours des dix dernières années.

Suez: toutes les conditions remplies pour le projet au Chili

Suez annonce que la société qu'il détient à parité avec Codelco, le premier producteur de cuivre du monde, a obtenu le permis environnemental pour son projet de terminal GNL à Mejillones, dans le nord du Chili.

Le groupe français de services aux collectivités note que le permis a été unanimement approuvé par toutes les instances de réglementation concernées.

'Il s'agit d'une étape importante, qui permet à GNL Mejillones (GNLM, la société détenue à parts égales par Suez Energy International et Codelco, NDLR) de s'atteler immédiatement aux préparatifs sur le terrain', explique le groupe dans un communiqué.

Selon le calendrier, la construction de la jetée et du terminal terrestre de regazéification GNL sera entamée au cours des prochains mois, avec des premières livraisons fin 2009/début 2010, comme prévu.

Les groupes miniers BHP, Escondida, Collahuasi, El Abra et Codelco Norte ont signé la semaine dernière un contr at de vente et d'achat de gaz avec GNLM afin de couvrir leurs besoins en termes de production d'électricité durant trois ans à compter de 2010.

Dakar 2009: 9.000 km en Argentine et au Chili

Le Rallye Dakar dont l'édition 2008 qui devait se dérouler en Afrique a été annulée en raison de menaces terroristes, aura lieu en 2009 en Argentine et au Chili.

Ce rallye, prévu du 3 au 18 janvier 2009, s'élancera de Buenos Aires et se conclura aussi dans la capitale argentine.

"C'est une nouvelle aventure sur un nouveau continent puisque la situation en Afrique est très instable. C'est aussi le fruit de deux ans de travail, de recherche et d'études avec l'Argentine et le Chili pour monter un projet ambitieux", a déclaré à l'Associated Press Etienne Lavigne, le directeur du Dakar, joint par téléphone en Argentine.

"Ca va être grandiose, avec une grande boucle à travers deux pays : 9.000 kilomètres dont 6.000 de spéciales. Ce sera la découverte de paysages nouveaux pour les concurrents du Dakar, avec des spéciales très dures dans les "pampas", la Patagonie, la Cordillère des Andes longée pour basculer vers le Chili, puis le désert de l'Atacama. Enfin, il y aura un retour en Argentine pour un superbe final à Buenos Aires".

Le Dakar 2008 avait été annulé en janvier à deux jours de son départ de Lisbonne en raison de menaces terroristes venant de Mauritanie, l'un des pays devant être traversé par le rallye raid.

Amaury Sport Organisation (ASO), organisateur de l'épreuve, prévoit une très forte participation, d'environ 500 concurrents auto et motos. "Les concurrents (lésés) en 2008 seront prioritaires pour 2009", précise Lavigne qui indique que le Dakar va garder son nom et qu'il marque simplement "une pause" avec l'Afrique.

"Le Dakar a son port d'attache sur le continent africain, il fêtera ses 30 ans en 2009. C'est une pause avec l'Afrique car les conditions de sécurité ne sont pas réunies. En observant la situation avec attention, il était prématuré de revenir sur le continent africain en 2009, mais on va travailler pour étudier un possible retour en Afrique".

Six jours après l'annulation de la course 2008 en janvier, Patrice Clerc, le président d'ASO, avait annoncé qu'"une nouvelle grande aventure, un nouveau Dakar qui sera forcément sécurisé" aurait lieu en 2009. "Nous n'irons que là où nous serons accueillis. Et nous irons aussi là où le parcours sera sécurisé".

"L'accueil est fabuleux ici, il y a un véritable engouement pour les sports mécaniques en Amérique du Sud", explique Lavigne. "Le patron du Sénat chilien de Santiago nous disait que recevoir le Dakar c'est comme recevoir la Coupe du monde de football. Le sport mécanique est ici la deuxième passion derrière le football".

Il y aura 15 jours de compétition avec une journée de repos à Valparaiso.

"La journée de repos aura pour cadre la ville mythique des cap horniers et des aventuriers", précise le directeur de la course, qui doit désormais finaliser le parcours.

"On va essayer de respecter l'environnement, il y aura une réunion avec le service des parcs nationaux argentins pour ne pas couper ou traverser les zones protégées. Le parcours n'est pas fixé, une équipe de reconnaissance sera envoyée au mois de mars." AP

05 février, 2008

VOLODIA TEITELBOIM : UN SYMBOLE POUR TOUS LES PEUPLES

Volodia Teitelboim et son chat Miel Photo BBC
SANTIAGO DU CHILI. – «Volodia Teitelboim est un symbole et un exemple de conséquence et de cohérence révolutionnaires, non seulement pour le Chili, mais aussi pour tous les peuples», a déclaré Fernando Remirez de Estenoz, membre du secrétariat du Comité central, qui dirigeait la délégation cubaine qui a assisté aux funérailles du grand intellectuel.

«C’est un exemple de lutte pour un futur meilleur en Amérique latine », a souligné Estenoz, qui a aussi fait allusion au travail internationaliste et de solidarité avec Cuba de l’ancien secrétaire général du Parti communiste du Chili (PCCH).
Au siège de l’ancien Congrès national, Remirez de Estenoz accompagné de Giraldo Mazola, ambassadeur de La Havane au Chili; de Nestor Leon, fonctionnaire du Comité central, et de Fernando Garcia Bielsa, conseiller politique, ont formé une garde d’honneur autour du cercueil, recouvert du drapeau du PCCH.

VOLODIA TEITELBOIM, ANCIEN DIRIGEANT DU PARTI COMMUNISTE CHILIEN





Volodia Teitelboim, écrivain et une des figures du Parti communiste chilien, est mort à l'âge de 91 ans à Santiago du Chili, jeudi 31 janvier, des suites d'un cancer. Pendant son hospitalisation, il a reçu la visite de la présidente socialiste, Michelle Bachelet, qui a rendu hommage à "un grand homme politique et à un grand intellectuel".

Né Valentin Teitelboim Volosky à Chillan, dans le sud du Chili, le 17 mars 1916, il était le fils aîné d'un immigré juif ukrainien et d'une juive moldave. Il adhère très tôt à la Jeunesse communiste, puis au Parti communiste chilien (PCC) et suit des études de droit à l'université du Chili.

Il entre au comité central du PCC dès 1945. Mais lorsque débute la guerre froide, sous la pression des autorités américaines, le PCC est déclaré hors la loi et, en 1948, Volodia Teitelboim est interné dans le camp de concentration de Pisagua. Après le retour du PCC à la légalité, il se fait élire député à Valparaiso en 1961 et sénateur à Santiago en 1965, mandat renouvelé, alors que la gauche parvient au pouvoir avec Salvador Allende.


Après le coup d'État du général Pinochet, en 1973, il passe les années d'exil à Moscou. Il dirige une revue culturelle trimestrielle, Araucaria de Chile, éditée à Madrid (1978-1989), qui devient une tribune de la diaspora latino-américaine.


De retour à Santiago, il est nommé en 1988 secrétaire général du PCC, jusqu'en 1994, puis se consacre à la littérature. Dès 1935, il avait publié une Anthologie de la poésie chilienne, qui faisait l'impasse sur Gabriela Mistral, Prix Nobel de littérature 1945. Il s'acquittera de sa dette en en écrivant la biographie, Gabriela Mistral, publique et secrète (traduction française chez L'Harmattan). Des biographies, il en a écrit un certain nombre, comme Pablo Neruda en noir et blanc (Somogy) - une hagiographie -, et des essais sur Vicente Huidobro, Jorge Luis Borges et Juan Rulfo. Cela ne suffira pas à éviter la polémique lorsque le Prix national de littérature lui est décerné en 2002. On lui reprochera d'avoir été un stalinien sans le moindre égard pour les victimes des régimes communistes.


Trois ans plus tard, son fils Claudio a appris que son père biologique était en fait une autre personnalité communiste, Alvaro Bunster. Le parti avait imposé au couple Teitelboim et à l'amant un mensonge plus conforme à la morale pour protéger la réputation de son dirigeant. 


Remarque Siglo XXI
Ce n'est pas la première fois que «l'expert sur l'Amérique Latine» Paulo A. Paranaguá, du quotidien Le Monde, écrit d’inexactitudes ou donne une version des faits qui ne compatisse pas avec la réalité. Voir : ACRIMED 
L'affirmation qu’il diffuse concernant Claudio Bunster est celle soutenu au Chili par les Partis politiques «pinochetistes», opposants du défunt Volodia Teitelboim. Cette allégation tente de transformer une affaire privée en un fait politique. La version des acteurs est plus complexe et peut donner lieu à un autre article
Voilà la version des faits donnée par l’écrivain, récemment décédé, dans une déclaration sur la paternité de son fils adoptifs Claudio à la radio chilienne «Radio Cooperativa»:

«Le problème était de son père (Alvaro Bunster) ou de sa mère biologique (Raquel Weitzman), avec laquelle j'ai été marié, et pas le mien», … « J'ai accepté depuis le premier moment le fils que je recevait et je l'ai toujours traité comme tel, il n'y a jamais eu aucune différence, encore moins car il s'agissait «d'un enfant admirable».  

Volodia Teitelboim a assuré que par «respect pour lui, je n’ai lui est jamais dit la vérité, parce que si son père biologique, qui est décédé à 80 ans, et sa mère, qui est morte il y a peu, n'ont pas voulu lui avouer son origine, comment allait-je lui dire à cet enfant que son père était une autre personne? Cela aurait été comme le chasser de la maison ".

04 février, 2008

Le volcan LLAIMA


Photos Mario Quilodrán

Nom : Llaima / Région des lacs

Pays : Chili

Latitud ./Longitud . : 38.69 S/71.73 W

Alt. : 3125 m

Le Llaima est un magnifique volcan englacé mais aussi un des plus actifs du Chili avec une trentaine d’éruptions depuis le 17ème siècle. C’est un jeune volcan, qui a débuté sa formation il y a un peu plus de 13 000 ans. Il est composé d’une vieille caldera, de 8 Km de diamètre, remplie par deux stratocônes accolés, chacun couronné d’un cratère actif : le cratère sommital et le cratère Pichillaima au sud-est. La caldera, apparue il y a 13 200 ans, s’est creusée lors d’une gigantesque éruption qui produisit un dépôt d’ignimbrites (ignimbrite de Curacautín) d’un volume de 24 Km3. On trouve également de très nombreux cônes adventifs sur les flancs du massif, la plupart des éruptions se produisant sous forme de percées latérales avec émissions de coulées de lave et explosions stromboliennes. Cependant, la présence de glaciers provoque parfois des éruptions phréatomagmatiques plus violentes voir même des coulées de boue. Comme bon nombre de volcans du centre du Chili, le Llaima a des « humeurs » très variées. Depuis 7200 ans, on a relevé aussi bien des dépôts d’éruptions stromboliennes, qu’hawaiiennes et même sub-pliniennes.

Suivi de l'activité éruptive ou des éruptions volcaniques pour le volcan Llaima au cours du mois de février 2008 :

Dépêche du 07 février 2008 :
Du fait de l'activité toujours soutenue du Llaima, d'autres évacuations ont eu lieu hier dans la zone de Santa Elena de Captrén, à la demande des habitants du village. Celle-ci a permis aux personnes à mobilité réduites (personnes âgées et victimes d'un handicap physique) d'être transportées, par bus, à Curacautin. L'opération a été coordonnées par l'ONEMI, avec l'aide es carabiniers, des militaires et du personnel municipal. L'OVDAS continue de surveiller l'activité éruptive, et une surveillance accrue des cours d'eau est en cours, la fonte des neiges sommitales pouvant faire déborder les rivières, voir former des lahars (source: ONEMI).

Dépêche du 06 février 2008 :
Les derniers rapports émis par les volcanologues Chiliens (datés du 04 février) indiquent que le cratère sommital du Llaima est toujours le siège d'une activité strombolienne intense. Celle-ci est accompagnée d'une activité effusive, qui a produit une coulée longue de plus de 1000 m, se séparant en deux fronts. Cette coulée, peu alimentée (10m3/sec) a provoqué une fusion partielle des neiges sommitales, sans provoquer aucun écoulement (il n'y a presque eu qu'évaporation). A noter cependant une explosion phréatique avant-hier sur le versant est, à environ 900m en contrebas du sommet, qui a produit un petit écoulement pyroclastique. L'activité strombolienne, quand a elle, a pu former des panaches hauts de 3 km. L'accès au Parc National Conguillo est toujours interdit pour les non-résidents, et le niveau d'alerte est toujours au rouge pour l'aviation (sources:
OVDAS; ONEMI; VAAC de Buenos Aires).

Dépêche du 04 février 2008 :
Les autorités régionales ont décidé d'évacuer hier une vingtaine de personnes, résidents au lieu-dit "La Selva" (commune de Viscun), qui sont relogées pour le moment à Cherquenco. Ceci est la conséquence de l'activité du Llaima, tout proche, qui a fait l'objet d'une survol d'évaluation de l'activité, par une équipe constituée de volcanologues et de membres de l'ONEMI. D'autres part les COE (Comités de Operaciones de Emergencias) de Melipeuco et de Vilcún se sont réunis pour évaluer les mesures d'évacuation prises (source: ONEMI).

Dépêche du 03 février 2008 :
L'activité se poursuit toujours sur le Llaima. Le VAAC de Buenos Aires a reçu des informations hier concernant la présence d'un panache de cendres produit par l'éruption en cours, et maintient le niveau d'alerte pour l'aviation à l'Orange. Le capteur MODIS continuent d'enregistrer une anomalie thermique importante sur le volcan (sources: VAAC de Buenos Aires; MODIS )

Séisme dans le nord du Chili et au sud du Pérou

SANTIAGO - Un séisme de 6,3 sur l'échelle de Richter a secoué lundi à 14H04 locales (17H04 GMT) le nord du Chili et le sud du Pérou, ne faisant selon les premières estimations ni victimes ni dégâts, a annoncé la directrice du bureau national des urgences (Onemi), Carmen Fernandez.
"Il n'y a pas de dégâts matériels ni de victimes", a également déclaré le service de sismologie de Santiago.
"C'est un séisme de moyenne intensité", a indiqué Mme Fernandez à la radio coopérative de Santiago.
Le tremblement de terre qui a touché le nord du Chili et le sud du Pérou était de 6,6 sur l'échelle de Richter, et il s'agit bien "du même séisme" a déclaré à l'AFP le sismologue Hernando Tavera.
La secousse a été de moindre intensité dans la ville d'Antofagasta à 1.200 km de Santiago.
L'Institut national de géophysique américain (USGS), selon des données révisées, a fait état d'un fort séisme de magnitude 6,3 qui a secoué lundi la région de Tarapaca, au nord-est de Iquique.
Ce même Institut avait fait état auparavant d'un séisme de 6,6 sur l'échelle de "magnitude de moment" (Mw), indice qui est directement relié aux paramètres du séisme.
Selon l'institut américain, le séisme s'est produit à 17H01 GMT à 35 km de profondeur. L'épicentre était situé à 40 km à l'est, nord-est de la ville minière d'Iquique, la plus importante ville du nord du Chili, non loin de la frontière péruvienne, et à 1.485 km au nord de la capitale Santiago.
Un puissant séisme de 5,9 sur l'échelle de magnitude de moment a déjà frappé le nord du Chili le 5 janvier.
La zone désertique d'Antofagasta a été secouée à la mi-novembre par un tremblement de terre de 7,7 sur l'échelle de Richter, faisant deux morts et des milliers de sinistrés et blessés.
L'extrême nord du Chili est une région désertique très peu peuplée.
Au Pérou, la secousse a été ressentie dans la zone sud du pays non loin de la frontière avec le Chili. Dans les régions de Tacna, de Moquegua et d'Arepiqua, le séisme a été de moindre intensité.(©AFP / 04 février 2008 21h39)

01 février, 2008

CHILI, 1907, SANTA MARÍA DE IQUIQUE


Le 21 décembre 1907, à Iquique, port de l’extrême nord du Chili, des centaines de travailleurs chiliens, péruviens et boliviens furent massacrés par l’armée et la marine chilienne devant les portes de l’école Santa María. C’est ainsi qu’un gouvernement oligarchique noya dans le sang la « grande grève » de la province de Tarapacá, un mouvement social spontané mais qui s’appuyait sur des organisations ouvrières en formation. Quelques mois plus tard, en 1908, à Valparaíso, naissait un certain Salvador Allende.

Par Sergio Grez Toso

En ce début de XXe siècle, à la veille du premier centenaire de l’indépendance nationale, la «question sociale» est brûlante au Chili. Dans les mines de salpêtre, d’argent, de charbon et de cuivre, dans les entreprises portuaires, dans les usines de Santiago, de Valparaíso, de Viña del Mar, de Concepción et d’autres villes, une classe ouvrière qui commence à adhérer aux idéaux du socialisme et de l’anarchisme est en voie de constitution. Dès 1903, face à la prolifération des grèves et des mouvements de protestation, l’Etat, préoccupé par le maintien de l’ordre social, répond aux revendications prolétaires par des massacres successifs (1).
Tant la classe dirigeante que l’Etat baignent alors dans un contexte global de grande prospérité. Mais la dévaluation monétaire a fait chuter le taux de change du peso chilien de 18 à 7 centimes de livre sterling, entraînant une forte hausse du prix des aliments. Malgré la dégradation de leur niveau de vie et les dures conditions de travail, les revendications des ouvriers du salpêtre (2) de la province de Tarapacá, à la fin de 1907, sont plutôt modérées. Ils demandent à être payés en monnaie légale et non pas en bons. Emis par les entreprises, ces derniers ne peuvent être échangés que contre des produits disponibles dans les commerces (pulperías) de ces mêmes entreprises, à des prix plus élevés que sur le marché libre.

D’autres revendications s’y ajoutent : liberté de commerce pour éviter ce genre d’abus ; stabilité des salaires en utilisant comme norme l’équivalent de 18 centimes (peniques) de livre sterling pour 1 peso ; protection pour les métiers les plus dangereux afin d’éviter les nombreux accidents mortels ; établissement d’écoles du soir financées par les employeurs pour les ouvriers. Dans les entreprises portuaires, ferroviaires et manufacturières, les travailleurs d’Iquique – l’un des ports les plus importants pour l’exportation du salpêtre – exigent pour leur part que leurs maigres salaires soient augmentés afin de compenser la diminution de pouvoir d’achat entraînée par la dévaluation monétaire. Presque tous – ceux de la pampa (3) et ceux d’Iquique – sont d’accord pour exiger que le peso chilien soit stabilisé sur la base de 18 peniques de livre sterling et pas moins.

Le 4 décembre, plus de trois cents travailleurs du chemin de fer transportant le salpêtre se mettent en grève à Iquique. Les ouvriers du port en font autant, suivis par ceux de plusieurs industries. Mais les concessions de certains patrons et le manque de coordination entre les grévistes affaiblissent le mouvement.


AFFICHE NITRATE DE SOUDE DU CHILI

«L’unique force du patron face à l’ouvrier»

Très vite, la situation change radicalement. Le 10 décembre, les ouvriers de la salpêtrière de San Lorenzo entament à leur tour une grève et, deux jours plus tard, face au refus de l’entreprise de satisfaire leurs demandes, une poignée d’entre eux se dirigent vers la salpêtrière la plus proche, Santa Lucía, pour en paralyser l’activité. L’exemple est imité, et, ainsi, parcourant le désert le plus aride du monde, les ouvriers étendent le mouvement. Dans les jours suivants, de plus en plus d’oficinas (4) voient leur activité paralysée. Les travailleurs estiment que, pour obtenir une réponse à leurs revendications, ils doivent descendre à Iquique, où se trouvent les représentants des compagnies anglaises, chiliennes, allemandes, espagnoles et italiennes qui font de gros bénéfices grâce à l’exploitation de la fabuleuse richesse du nitrate arrachée par le Chili au Pérou et à la Bolivie durant la guerre du Pacifique (1879-1884).

Après avoir marché toute la nuit, le premier groupe d’environ deux mille ouvriers entre dans la ville le dimanche 15 décembre à l’aube. L’intendant (5) provisoire Julio Guzmán, remplaçant de Carlos Eastman, qui a démissionné, dialogue avec les travailleurs de la pampa et les représentants patronaux. Guzmán tente de convaincre les ouvriers de repartir en laissant à Iquique une délégation qui participera aux négociations. Les travailleurs refusant de quitter la ville tant que leurs revendications ne seront pas satisfaites, les autorités se voient obligées de les héberger dans l’école Domingo Santa María.

Pendant ce temps, des milliers de travailleurs de la pampa – certains avec femmes et enfants – continuent d’affluer en train et à pied à Iquique. Leur présence revigore le mouvement de grève des ouvriers de la ville, qui, le 16 décembre, s’unissent aux travailleurs du salpêtre, constituant ainsi un Comité central de la pampa et du port unis, organe dirigeant de toutes les grèves. Ce même jour, le gouvernement du président Pedro Montt donne l’ordre aux autorités locales d’empêcher l’arrivée de nouveaux pampinos (6). De forts contingents militaires sont envoyés à Iquique. Dans l’un des navires en provenance de Valparaíso se trouvent l’intendant Eastman, réintégré à ce poste, et le général d’armée Roberto Silva Renard (7).

Après avoir débarqué à Iquique – le 19 décembre –, Eastman s’entretient, d’une part, avec les dirigeants grévistes et, d’autre part, avec les dirigeants de la Combinación Salitrera, un organisme patronal. Les patrons se disent disposés à étudier les demandes des ouvriers, mais refusent de discuter sous la pression. S’ils le faisaient dans ces conditions, déclarent-ils, «ils perdraient leur prestige moral, le sentiment de respect, qui est l’unique force du patron face à l’ouvrier (8)». L’impasse se prolonge les 20 et 21 décembre.

Ce jour-là, peu avant 14 heures, face à l’échec de toutes ses tentatives de médiation, Eastman transmet par écrit au général Silva Renard l’ordre de faire évacuer l’école Santa María, où se trouvent quelque cinq mille grévistes, auxquels s’ajoutent environ deux mille autres réunis sur la place Montt en un meeting permanent face à l’établissement. Le comité de grève refuse de quitter les lieux pour se diriger vers l’hippodrome. Silva Renard fait alors avancer deux mitrailleuses pour les placer devant l’école. Au bout d’une demi-heure de discussions infructueuses entre autorités et dirigeants ouvriers, le général se retire en annonçant qu’il fera usage de la force. Seuls quelque deux cents travailleurs abandonnent les lieux sous les sifflets de leurs camarades.

A 15 h 45 commencent les tirs de mitrailleuse, suivis de coups de fusil continus. Les balles traversent plusieurs corps et les fragiles murs de bois de l’école. Lorsque la fusillade cesse, l’infanterie entre dans l’école en ouvrant le feu sur les ouvriers. Ceux qui fuient sont poursuivis par les militaires à cheval. Les personnes arrêtées – de six mille à sept mille – sont poussées à la hâte vers l’hippodrome par les soldats, qui y commettent de nouveaux assassinats.

Concernant le nombre de victimes, le gouvernement ne reconnaîtra que cent vingt-six morts et cent trente-cinq blessés, mais la presse ouvrière et plusieurs témoins corrigeront cette estimation largement à la hausse. Les autorités provinciales ont rapidement organisé le retour des gens de la pampa vers leurs lieux de travail, et le gouvernement central a mis quelques bateaux à la disposition de ceux qui désiraient gagner le centre du pays. Parallèlement, la censure de la presse était officialisée, tandis qu’on ouvrait la chasse aux dirigeants ouvriers – spécialement anarchistes – qui avaient réussi à s’échapper. De nombreuses arrestations eurent lieu.

La « grande grève » de Tarapacá a été noyée dans le sang par l’Etat sans qu’il y ait aucune démonstration de violence de la part des travailleurs. Jusqu’au coup d’Etat de 1973, on se souviendra du massacre de l’école Santa María comme de la page la plus noire de l’histoire du mouvement ouvrier chilien.
Mais pourquoi une telle tuerie ? Le général Silva Renard justifia son action. Il prétendit qu’il avait donné l’ordre d’ouvrir le feu, convaincu qu’il n’était « pas possible d’attendre plus longtemps sans mettre en péril le respect et le prestige des autorités et de la force publique (9) ».

Dans le débat qui suivit à la Chambre des députés, le libéral Arturo Alessandri Palma soutint qu’aucun acte appelant la répression n’avait été commis à Iquique et que la censure de la presse décrétée par le gouvernement n’était que « peur et lâcheté ». Peur atavique de la classe dominante chilienne face à la classe ouvrière. Mais le massacre ne fut pas le résultat d’une panique incontrôlée. La décision de mitrailler les grévistes avait été adoptée préalablement au cas où ceux-ci refuseraient de quitter l’école. Rafael Sotomayor, le ministre de l’intérieur, le reconnut devant la Chambre des députés : les événements du 21 décembre « ne furent pas dus à un acte spontané, commis par légèreté coupable et inhumaine. Chacune des autorités, évaluant l’ampleur des malheurs qui pourraient survenir (...), a très bien pesé ses décisions (...), et il fallut recourir à des méthodes extrêmes et douloureuses, que les circonstances difficiles rendaient, malheureusement, inévitables (10) ».

Bien que pacifique, le défi lancé par le mouvement ouvrier était intolérable pour le pouvoir civil et militaire : « Il fallait passer à l’acte ou se retirer sans exécuter les ordres de l’autorité », déclara Silva Renard. Et il ajouta : « Il fallait faire couler le sang de certains rebelles ou abandonner la ville au bon vouloir des factieux qui font passer leurs intérêts et leurs salaires avant les grands intérêts de la patrie. Face à ce dilemme, les forces de la nation n’ont pas hésité. »
Il s’agit d’une action ponctuelle de « guerre préventive » contre les travailleurs. Plus qu’une menace en soi, la « grande grève » de Tarapacá représentait un danger latent en raison du mauvais exemple qu’aurait signifié une attitude de faiblesse de l’Etat et des patrons. Le leitmotiv des autorités fut le maintien de l’ordre public prétendument menacé par les grévistes. Le ministre de l’intérieur lui-même confessa avoir averti les autorités locales de la « nécessité de faire respecter l’ordre public à tout prix, quel que soit le sacrifice occasionné, ou le caractère douloureux de la méthode à imposer (11) ».

Cette tuerie fut l’expression la plus cynique de l’ordre oligarchique qui régnait au Chili au début du XXe siècle. Dans toute l’histoire du pays, le pouvoir avait rarement dévoilé son vrai visage comme à cette occasion. Au cours des années suivantes, le conflit entre les classes sociales s’intensifia. Les travailleurs les plus lucides commencèrent à percevoir plus clairement que l’Etat était du côté des patrons et que, de ce fait, tout en renforçant l’autonomie et l’unité de leurs organisations sociales, ils devaient affronter la bourgeoisie au-delà du terrain de l’entreprise. C’est ainsi que virent le jour le Parti ouvrier socialiste (1912) ; la Fédération ouvrière régionale du Chili, un syndicat anarchiste (1913) ; et la branche chilienne du syndicat, d’orientation syndicaliste révolutionnaire, Industrial Workers of the World (1919).

Du côté de la bourgeoisie, la prise de conscience s’accéléra quant à la nécessité d’utiliser prioritairement les armes de la politique – lois sociales, politiques d’assistance, dialogue et cooptation – pour faire face au mouvement ouvrier. La « guerre préventive » ne serait qu’une option en cas de nouveau besoin. C’est ainsi que, à l’aube du XXe siècle, la tuerie de l’école Santa María obligea les acteurs du drame social chilien à redéfinir leurs stratégies pour les batailles à venir.

Sergio Grez Toso.

(1) Sergio González, Ofrenda a una masacre. Claves e indicios históricos de la emancipación pampina de 1907, LOM Ediciones, Santiago, 2007, p. 167-189.
(2) Engrais minéral utilisé en Europe dès le milieu du XIXe siècle comme fertilisant, le nitrate de soude est aussi appelé salpêtre du Chili ou nitrate du Chili. Au début du XXe siècle, ce pays fournissait 65 % de la production mondiale d’engrais à base de nitrate.

(3) Pampa : mot d’origine quechua qui désigne au Chili le désert habité par l’homme.

(4) Nom donné aux exploitations de salpêtre.

(5) A cette époque, les provinces (provincias) sont dirigées par un intendant. Elles se divisent elles-mêmes en départements, dirigés par des gouverneurs.

(6) Pampino : habitant de la pampa.

(7) Eduardo Devés, Los que van a morir te saludan. Historia de una masacre. Escuela Santa María de Iquique, 1907, LOM Ediciones, Santiago, 1997, p. 46-54 ; Sergio González, Hombres y mujeres de la pampa : Tarapacá en el ciclo del salitre, Taller de Estudios Regionales, Iquique, 1991, p. 51-53.

(8) Cité dans « La guerra preventiva : escuela Santa María de Iquique. Las razones del poder », Mapocho, n° 50, Santiago, 2e semestre 2001, p. 272.

(9) Ibid., p. 273.

(10) Ibid., p. 276-277.

(11) Ibid., p. 279.

Adieu compañero Volodia Teitelboim

Photos : Ricardo Vásquez - Héctor Fleurs - Héctor Yáñez
Des parents, amis, figures politiques et centaines d'admirateurs sont arrivés jusqu'à l'ancien Congrès National pour dire au revoir au Prix National de Littérature et ancien parlementaire du Parti communiste Volodia Teitelboim. La Présidente de la République Chilienne Madame Michelle Bachelet a présenté ses condoléances à la direction du Parti communiste et a chanté l’Internationale.