22 septembre, 2006

Assistants chiliens aux collèges et lycées français

EDUCATION - 100 collèges et lycée français accueillent leurs assistants chiliens Version imprimable
Près de 100 étudiants chiliens viennent de partir en France pour y passer une année scolaire comme assistants d'espagnol. L'excitation rivalisait avec l'angoisse, jeudi dernier, pour leur "despedida" !

Certains auront même manqué les "Fiestas Patrias", déjà partis à Grasse, Lorient ou Versailles. Jusqu'à la fin du mois, les 98 assistants chiliens d'espagnols, cuvée 2006-2007, sont en partance pour des collèges, lycées, voire IUFM (centre de formation des maîtres) de France. Là-bas, pendant six ou neuf mois selon leur contrat, ils auront la mission d'intéresser les élèves à l'espagnol (deuxième langue étudiée en France) et d'en faire une langue "vivante", à raison de 12 heures par semaine. Pour leur "despedida", qui a eu lieu jeudi 14 septembre au lycée St Exupéry de Santiago, mesdames les ministres de l'Education et de la Culture et madame l'Ambassadeur de France avaient fait le déplacement.
Tous contents de leur affectation
Auparavant, dans l'après-midi, ces étudiants - moyenne d'âge 25 ans - regroupés par régions d'accueil, avaient glané des tuyaux auprès des anciens déjà rentrés : "alors là, tu vois, tu prends le RER B jusqu'à Antony et tu changes…" Carte de l'Ile de France en main, le groupe "Paris St-Denis" essayait de trouver ses repères, tandis que chez les "Aix-Marseille Nice" on était plutôt relax sur la géographie : "Digne-les-bains, c'est tout à côté de Marseille, non ?"
Les postulants ont dû franchir de nombreuses étapes pendant un an : présentation d'un projet personnel à réaliser en France, recommandation de leurs professeurs à la fac, examen médical, évaluation du niveau d'espagnol écrit et de français oral… Aucun des heureux sélectionnés ne s'est plaint de son affectation. Chacun a émis des vœux lors de sa candidature. Nicole a ainsi obtenu Paris, Ingrid ira à Toulouse, comme elle le souhaitait. Paulina part, elle, au lycée de jeunes filles de "la Légion d'Honneur", à St Denis ; à la porte de Paris, dans un établissement sans problème de discipline et où elle sera logée. Elle s'estime très chanceuse.
Se débrouiller avec 780 euros par mois
Car avec les 780 euros mensuels alloués par l'Education nationale française (le voyage est payé par le gouvernement chilien), chacun devra se débrouiller. Ceux qui doivent se loger s'attendent à des fins de mois difficiles. Si chacun évoque son projet personnel (développer un atelier de danse, étudier l'accueil des enfants "différents" dans les écoles françaises…) avec l'aisance, leurs attentes sont avant tout d'apprendre le français et de découvrir une autre culture.
Avant leur départ, les préoccupations étaient très concrètes. "Il faut que je demande comment faire pour tous les papiers, le visa, la santé", soupire Maria qui partage une certaine anxiété avec ses compagnons. Selon ce que racontent les "anciens", l'accueil des professeurs sur place est bon, variable, voir maussade. Ils ont le trac, comme avant d'entrer en scène, mais ils ne donneraient leur place pour rien au monde. Et puis, difficile aujourd'hui d'être vraiment isolé : un "blog" sur Internet va même leur permettre de rester en contact entre eux.
Sophie ROUCHON. - Santiago du chili 22 septembre 2006