31 janvier, 2020

ALLÉGATIONS DE VIOLATIONS GRAVES ET RÉPÉTÉES DES DROITS DE L’HOMME AU CHILI

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 « UN CAS EXCEPTIONNEL, INACCEPTABLE ET INTOLÉRABLE»
DESSIN ALEN LAUZAN 
Santiago du Chili, 31 janvier (Prensa Latina) De graves et répétées violations des droits de l’Homme ont été dénoncées par le Service de défense juridique de l’Université du Chili dans un rapport sur l’assistance, le suivi et l’observation de la question au cours des derniers mois.
Le texte de 218 pages présenté la veille dans cette capitale aborde le problème sous ses aspects qualitatif et quantitatif en dénonçant la gravité des violations et en rendant compte de leur ampleur au niveau de la société.
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30 janvier, 2020

CHILI: NOUVELLE FLAMBÉE DE VIOLENCES MEURTRIÈRES

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 PHOTO REUTERS / RODRIGO GARRIDO
« La journée la plus violente depuis le début de l'année 2020 », d'après la police. Près de trois mois et demi après le début d'un mouvement social historique au Chili en octobre, Santiago a connu mercredi soir une nuit de violences. Un manifestant est décédé au cours de ces débordements, et plusieurs policiers ont été blessés. Un regain de colère dû à la mort d'un supporter de foot mardi soir, écrasé par un camion de police à sa sortie du stade.
Par Justine Fontaine
« SPORT NATIONAL »
DESSIN ALEN LAUZAN 
Jorge Mora venait de sortir du match entre Colo Colo, son club favori, et une autre équipe de la capitale, mardi soir, quand il a été violemment percuté par un camion de police, qui ne s'est pas arrêté ensuite. Des supporters et des manifestants ont tenté de lui porter secours, malgré les canons à eau et les gaz lacrymogènes tirés par la police. Mais l'homme de 37 ans est mort avant d'arriver à l'hôpital.
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« VIOLENCE EST QUE L’ÉTAT T’ENLÈVE LES YEUX »
GRAFFITI À SANTIAGO DU CHILI
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PROCHE-ORIENT. LE LÂCHE ABANDON DU PEUPLE PALESTINIEN

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 «DEAL DU SIÈCLE»
Le plan présenté par Donald Trump donne le feu vert à Israël pour l’annexion d’une grande partie de la Cisjordanie et de la vallée du Jourdain. Le monde entier se tait.
[ Israël-Palestine Censé résoudre l’éternel conflit israélo-palestinien, ce plan fait l’objet de scepticisme de la part de nombreux observateurs. Mais surtout, pour ces mêmes observateurs, le timing de ce dévoilement s’imbrique stratégiquement dans l’agenda politique et judiciaire de Benjamin Netanyahou et de Donald Trump.  En effet, quoi de mieux que la présentation d’un plan de paix qui se veut capable de résoudre un des plus vieux conflits toujours en cours pour faire oublier ses déboires politiques et judiciaires à l’échelle nationale?   
​C’est d’ailleurs l’analyse que fait l’ancien ambassadeur des États-Unis en Israël: «Le fait que le dévoilement de ce plan ait lieu au moment des discussions sur l’immunité de Netanyahou au Knesset et du procès pour destituer Donald Trump n’est pas une coïncidence», explique Dan Shapiro au micro d’Army Radio. Sputnik ]
PHOTO AMMAR AWAD / REUTERS
C’est ce qui est appelé une répartition des rôles. Main dans la main, tels des marionnettistes, Donald Trump et Benyamin Netanyahou se sont partagé les effets d’annonce pour un « deal » qui se veut historique. De quoi contenter d’abord l’actuel locataire de la Maison-Blanche, marchand de biens de son état, pour qui le troc est une façon de faire de la politique. Devant un parterre choisi d’aficionados – des élus républicains, des représentants de l’aile droite de la communauté juive mais également des ambassadeurs de certains pays arabes –, Trump a dressé le cadre de ce qu’il a appelé son « plan de paix ». Il a pris bien soin de ne pas entrer dans les détails, mais les références bibliques à la Terre sainte laissaient peu de place à d’improbables interprétations.
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DESSIN LANGER

29 janvier, 2020

CHILI : 30ème ANNIVERSAIRE DE « LA GRANDE ÉVASION »

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CHILI : 30ème ANNIVERSAIRE DE « LA GRANDE ÉVASION »
1990 -29 JANVIER- 2020
TRENTIÈME ANNIVERSAIRE DE L'ÉVASION DES PRISONNIERS POLITIQUES DU FRONT PATRIOTIQUE MANUEL RODRÍGUEZ, (FPMR). IL Y A TRENTE ANS, LA NUIT DU 29 AU 30 JANVIER 1990, QUARANTE-NEUF PRISONNIERS POLITIQUES S’ÉCHAPPENT DE LA PRISON DE SANTIAGO DU CHILI PAR LE TUNNEL QU’ILS ONT MIS UN AN ET DEMI À CREUSER.
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« HYMNE DU FPMR » 
TEXTE ET MUSIQUE DE PATRICIO MANNS

Il y a 30 ans, alors que le dictateur Augusto Pinochet s’apprêtait à céder enfin la tête de l’État à un président démocratiquement élu, une spectaculaire évasion a eu lieu dans la prison de Santiago, en plein centre ville et à quelques rues du palais de La Moneda. 49 prisonniers politiques du Front patriotique Manuel Rodríguez (FPMR) ont déserté leurs cellules et ont ainsi voulu « saluer la démocratie ». Mais ils sont venus rappeler aussi que, derrière les apparences d’une «transition démocratique » négociée avec le régime militaire, les comptes de la dictature qui a régné sans partage sur le Chili pendant 17 ans sont loin d’être réglés. 
  « À SANTIAGO DU CHILI, LA GRANDE ÉVASION»
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    Dans le centre historique de Santiago, la Moneda, le centre du pouvoir chilien, fait le bonheur des touristes venus assister à la relève de la garde. Pendant la dictature, le quartier abrite une prison réservée aux opposants politiques, principalement des intellectuels, qui vont très vite se muer en chefs de chantier. Pays : France  Année : 2019


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      28 janvier, 2020

      PUISSANT SÉISME DE 7,7 ENTRE CUBA ET LA JAMAÏQUE


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      M 7.7 - 125 KM NORD-NORD-OUEST
        DE LUCEA, JAMAICA
      Le tremblement de terre a été ressenti à La Havane, où des bâtiments ont dû être évacués. L'alerte au tsunami a été levée.
      LE TREMBLEMENT DE TERRE A ÉTÉ RESSENTI DANS LA MAJEURE
      PARTIE DE LA JAMAÏQUE, ONT RAPPORTÉ DES MÉDIAS LOCAUX.
      IL A AUSSI ÉTÉ RESSENTI À LA HAVANE (EN PHOTO) ET DANS
      PLUSIEURS PROVINCES DE L’ÎLE DE CUBA.
      PHOTO ADALBERTO ROQUE / AFP) - AFP
      Un séisme de magnitude 7,7 a ébranlé ce mardi 
      les Caraïbes entre Cuba et la Jamaïque, déclenchant une alerte au tsunami dans la région et faisant évacuer des bâtiments jusqu'à Miami. L'alerte a toutefois été levée dans le soirée par le Centre d'alerte des tsunamis.

      CAPTURE D"ÉCRAN CENAIS CUBA
      L'épicentre du tremblement de terre a été localisé en mer, au sud de Cuba et au nord-ouest de la Jamaïque, à une profondeur estimée à 10 kilomètres, selon l'Institut américain de géophysique (USGS), qui a révisé à la hausse une première estimation de magnitude 7,3.

      Le tremblement de terre a été ressenti dans la majeure partie de la Jamaïque. «J'étais au deuxième étage d'un immeuble, il a tremblé pendant un moment», a dit par SMS le docteur Machel Emanuel, depuis Kingston. «J'ai eu le vertige. La porte n'arrêtait pas de claquer». Selon Jawara Rawjers, un autre habitant de Kingston, la terre a tremblé une vingtaine de secondes. «Je n'ai pas eu peur car c'était un petit séisme, j'ai été surpris par la magnitude», a-t-il dit.

      À La Havane, à Cuba, des milliers de gens se sont retrouvés dans la rue après des évacuations d'immeubles. «Le séisme a été perceptible dans de nombreuses provinces, comme Guantanamo, Santiago de Cuba, Holguin, Las Tunas, Cienfuegos, La Havane, Pinar del Rio et la municipalité Isla de la Juventud, selon de nombreux témoins via les réseaux sociaux», a indiqué le portail officiel d'informations Cubadebate, sans faire état de dégâts dans l'immédiat.

      Risque atténué


      Le Centre d'alerte des tsunamis dans le Pacifique, qui surveille également d'autres mers, a émis dans la foulée une alerte au tsunami, avec des vagues pouvant atteindre 30 cm à 1 mètre, sur les côtes du Belize, de Cuba, du Honduras, du Mexique, des Îles Caïmans et de Jamaïque. «Des vagues de tsunami dangereuses sont possibles sur les côtes situées dans un rayon de 300 kilomètres de l'épicentre du tremblement de terre», a-t-il indiqué dans un bulletin.

      La secousse tellurique a produit un mouvement oblique sur la faille, ce qui atténue le risque de tsunami, a toutefois estimé l'experte Lucy Jones sur son compte Twitter. L'épicentre du séisme est à 140 km au sud-ouest de la ville cubaine de Niquero.

      À Miami, dans le sud-est des États-Unis, la police a évacué plusieurs bâtiments par précaution, mais aucun dégât n'était rapporté dans l'immédiat. «Aucun blessé rapporté», a tweeté la police de la métropole de Floride.

      ANNIVERSAIRE DE LA MORT DE RAMONA PARRA

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      « AVEC LA FORCE DE RAMONA PARRA, 
      LA RÉVOLUTION TRIOMPHERA! »

      SOIXANTE-QUATORZIÈME ANNIVERSAIRE DE 
      LA MORT DE RAMONA PARRA
      1946 -28 JANVIER- 2020
      FACCIMILÉ CARTE NATIONALE D'IDENTITÉ
      Ramona Aurelia Parra Alarcón née à Santiago du Chili le 28 mai 1926 est décédée dans cette même ville le 28 janvier 1946. Ramona fut une jeune travailleuse chilienne, syndicaliste et militante de l’organisation des Jeunesses du Parti communiste. Elle fut assassinée avec cinq autres manifestants, lors de la répression d’un rassemblement de soutien à la grève des travailleurs du salpêtre des Oficinas Mapocho et Humberstone.


      Ramona Parra, jeune
      étoile illuminée,
      Ramona Parra, fragile héroïne,
      Ramona Parra, fleur ensanglantée,
      amie, notre amie, âme valeureuse,
      ô fille exemplaire, guérilléra d’or :
      nous jurons sur ton nom de poursuivre la lutte
      pour que fleurisse ainsi le sang par toi versé.
      (1)
      LARREA
      [ Pour écouter, cliquer sur la flèche ]


      « B.R.P. (BRIGADAS RAMONA PARRA) » (VICTOR JARA)  

      MUSIQUE CELSO GARRIDO-LECCA, CE TITRE EST EXTRAIT DE L' ALBUM   
      « EL DERECHO DE VIVIR EN PAZ »,   
      ENREGISTRÉE CHEZ DICAP CHILI (JJL-11) EN 1971.
      (1) Pablo Neruda Du Chant général, [1977], page 237. Traduction de l'espagnol par Claude Couffon, 576 pages sous couv. ill., 108 x 178 mm. Collection Poésie/Gallimard (No 182) (1984), Gallimard -poes. ISBN 978-2-07-032247-3.
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        27 janvier, 2020

        L´ACCUSATION CONTRE LE PRÉSIDENT DU CHILI PROGRESSE

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        DESSIN VINCENT RIF
        Santiago du Chili, 27 janvier (Prensa Latina) Une vingtaine d’autorités sont appelées à témoigner, et les enquêtes relatives à une nouvelle accusation contre le président Sebastián Piñera pour crimes contre l’humanité progressent.
        « FAIBLE AUDIENCE »
        DESSIN ALEN LAUZAN
        PIÑERAGATE
        Prensa Latina
        La plainte a été déposée le 16 décembre dernier devant le septième tribunal de garantie de Santiago par le sénateur Alejandro Navarro, du Parti progressiste (PRO), et concerne également l’ancien ministre de l’Intérieur Andrés Chadwick, le titulaire actuel de ce portefeuille, Gonzalo Blumel et le chef des carabiniers, le général Mario Rozas.
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        26 janvier, 2020

        AU CHILI, EN 1973, L’AMBASSADE DE FRANCE EN PREMIÈRE LIGNE FACE AU COUP D’ÉTAT

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        PHOTO HO/ PRENSA LATINA /AFP
        Avec son documentaire diffusé sur France 5, la cinéaste franco-chilienne Carmen Castillo fait revivre le coup d’Etat du général Pinochet à travers les yeux du personnel diplomatique français en poste à l’époque à Santiago.
        Les dramatiques événements survenus en septembre 1973 dans les rues de Santiago du Chili lors de la prise du pouvoir par l’armée ont donné lieu à de nombreux reportages, fictions et documentaires. Le palais de la Moneda bombardé, le président Allende casqué, prêt à mourir, les derniers appels à l’aide grésillant à la radio pendant que les coups de feu retentissent et que les avions de chasse survolent la capitale chilienne, tous ces éléments forment une dramaturgie propice à la mise en images.

        Invitée d’honneur du Festival international de documentaires (Fipadoc), qui s’est tenu à Biarritz du 21 au 26 janvier, la cinéaste Carmen Castillo, qui a fui son Chili natal lorsque Augusto Pinochet a pris le pouvoir, ne cesse de livrer des œuvres remarquées sur cette période. Avec ce documentaire centré sur l’action des diplomates français en poste à Santiago à l’époque des faits, Carmen Castillo choisit un angle passionnant. Car, à travers les faits et gestes des personnels diplomatiques français, menés par l’ambassadeur Pierre de Menthon et son épouse Françoise, se pose une question fondamentale : un diplomate peut-il sortir de sa réserve et désobéir à sa hiérarchie lorsqu’il s’agit de sauver des êtres humains ? La réponse apportée, entre septembre 1973 et avril 1974, par le couple de Menthon et leurs collaborateurs montre que oui.

        Atmosphère angoissante


        En accueillant dans l’enceinte de l’ambassade et celle de sa propre résidence des centaines de militants fuyant la torture et la mort, en transformant ces espaces officiels en dortoirs et cantines de fortune, Pierre et Françoise de Menthon ont pris de vrais risques : par rapport à la junte chilienne, mais aussi par rapport au pouvoir politique français. Car à l’époque, en France, alors que l’Union de la gauche entre PS, PC et Radicaux prend forme, ni le président Pompidou ni Pierre Messmer, son premier ministre, ne tiennent en haute estime – c’est une litote – Salvador Allende. En résumé, la France n’est pas pour le coup d’Etat militaire mais s’il a eu lieu, c’est la faute de ce dangereux gauchiste d’Allende…

        Entre souvenirs de réfugiés, archives d’époque, témoignages d’anciens diplomates et extraits des Mémoires du couple De Menthon, le documentaire parvient à capter l’atmosphère angoissante régnant à Santiago. Sitôt sorti des enceintes diplomatiques protégées, on peut, au petit matin, voir des cadavres flotter dans les eaux troubles du Mapocho. La nuit, des coups de feu sont tirés près de l’ambassade et les militants réfugiés sont terrorisés. Consignant tous les éléments d’une vie quotidienne sortant tout à coup de l’ordinaire, Françoise de Menthon raconte avec talent et émotion les relations qui se nouent, les peurs, l’espoir d’obtenir enfin le sauf-conduit qui permettra de sortir de ce refuge de fortune pour s’envoler vers Paris.

        Lire aussi la critique du documentaire « Santiago, Italia » : L’exaltation d’une tradition d’accueil et de solidarité
        Environ 600 militants opposés au pouvoir militaire seront sauvés par les diplomates français. Obligés eux aussi de vivre entre deux espaces-temps, les personnels jonglent entre aide humanitaire dans leurs locaux et démarches diplomatiques ordinaires à l’extérieur. Il faut maintenir de bonnes relations avec la junte afin d’obtenir les précieux sauf-conduits, dont les premiers ne seront délivrés qu’en décembre 1973. Dans les réceptions, les diplomates français côtoient des citoyens chiliens ravis de s’être débarrassés du péril communiste. « Je ne peux plus supporter ces réceptions ! », écrit Françoise de Menthon. Jusqu’en avril 1974, date de leur départ du Chili, le couple prendra soin des derniers militants réfugiés à l’ambassade.

        Chili 1973 : une ambassade face au coup d’Etat, de Carmen Castillo (Fr., 2019, 60 min). www.lesfilmsdici.fr/fr/en-production/5192-chili-1973-une-ambassade-face-au-coup-detat.html

        Alain Constant


        25 janvier, 2020

        VIOLATION DES DROITS HUMAINS AU CHILI: SOL ZANETTI DÉNONCE LE «SILENCE COMPLICE» DU CANADA

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        DE VIOLENTES CONTESTATIONS SOCIALES FONT RAGE DANS 
        PLUSIEURS VILLES DU PAYS DEPUIS LE 17 OCTOBRE 2019.
        PHOTO JAVIER TORRES \ AFP
        « Les policiers attendent à la porte des hôpitaux pour arrêter les manifestants qui se sont fait tirer! plusieurs manifestants ne vont pas à l’hôpital. Parce que si tu vas à l’hôpital, tu te fais arrêter. Et si tu te fais arrêter, tu vas au commissariat. Et là, c’est les abus sexuels, la violence, se faire battre, des menaces à la famille…»
        LE DÉPUTÉ SOL ZANETTI ET LA DÉLÉGATION
        QUÉBÉCOISE EN MISSION AU CHILI.
        PHOTO FOURNIE PAR SOL ZANETTI
        Par OLIVIER BOSSÉ
        En une semaine au Chili, Sol Zanetti a entendu mille et une histoires d’horreur sur la répression contre les manifestants qui descendent dans les rues depuis le mois d’octobre. Viols de femmes et de minorités sexuelles à l’arrière des véhicules des forces de l’ordre ; balles de plomb qui percent des trous de 1 cm dans la peau, mais trop grosses pour tuer ; policiers qui visent les yeux.

        Le député de Québec solidaire dans la circonscription provinciale de Jean-Lesage, à Québec, est à Santiago jusqu’à dimanche. Il fait partie d’une délégation de neuf Québécois en mission d’observation des droits de la personne pour faire suite au rapport «dévastateur» émis par l’ONU, en novembre. Le groupe réunit des représentants syndicaux, des universitaires et deux élus, M. Zanetti et le député fédéral bloquiste Simon-Pierre Savard-Tremblay.

        Le représentant solidaire en est à sa première visite en Amérique du Sud. Ce qu’il y découvre est «fascinant et choquant». Il craint que le Canada soit le «complice silencieux» de ces crimes perpétrés par les autorités chiliennes à l’endroit de leur population.

        Protéger les minières


        MISSION CANADIENNE D’OBSERVATION
        PHOTO LE JOURNAL DE MONTREAL
        «Ici, les groupes environnementaux disent que 70 % des investissements dans le secteur minier au Chili depuis les années 1970 ont été faits par des minières canadiennes. Le Canada étant un paradis réglementaire pour les compagnies minières, une grande proportion des minières du monde ont leur siège social au Canada», a-t-il expliqué au Soleil au téléphone, vendredi, entre deux panels d’un forum sur les droits de la personne.


        «On a donc un Canada qui est un peu un complice silencieux de ce qui se passe. Comme s’il n’avait pas vraiment avantage qu’un régime réinstaure une souveraineté populaire, une protection des droits publics et qui, peut-être, mènerait à une nationalisation des ressources naturelles. Comme s’il ne voulait pas trop que ça arrive pour ne pas nuire aux intérêts des multinationales de l’extraction qui s’établissent au Canada.

        «Tout le monde attend de voir ce que le Canada va faire, poursuit le député. Va-t-on dénoncer les droits humains ou rester silencieux pour protéger les intérêts des minières?»

        L’objectif de la mission est de se faire haut-parleur international pour sensibiliser les gens, et surtout les autres gouvernements, aux crimes commis contre la population chilienne. On espère que des pressions politiques internationales viendront faire fléchir les autorités et le président Sebastian Pinera.

        Haro sur les Carabineros


        «On a rencontré plusieurs groupes de la société civile, mais aussi des parlementaires, des gens qui ont rédigé le rapport de l’ONU et des gens du ministère de la Justice. On essaie d’avoir tous les côtés de la médaille pour voir quelles sont les suites au rapport.

        «Les gens sur le terrain témoi-gnent d’une évolution dans la façon dont les Carabineros, qui sont la police militarisée affectée à la répression des manifestations, traitent les gens», rapporte-t-il, ajoutant que son groupe accouchera d’un rapport «facile à consulter», dans quelques semaines.

        Plus tard vendredi, son groupe et lui allaient assister aux manifestations hebdomadaires du vendredi soir. «Mais on va s’arranger pour partir avant que ça devienne agité. Parce que ça commence toujours pacifiquement», indique M. Zanetti.

        De violentes contestations sociales font rage dans plusieurs villes du pays depuis le 17 octobre, en réaction à une hausse du prix du billet de transports publics de 30 pesos. Fin décembre, on comptait déjà 29 morts.

        Comme le rappelle un slogan de manifestation relayé par M. Zanetti, «ce n’est pas 30 pesos, c’est 30 ans». Les Chiliens sont «dans la rue pour 30 ans de néo-libéralisme et de violation des droits humains», conclut-il.

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        24 janvier, 2020

        CHILI: UN POLICIER DEVANT LA JUSTICE POUR DES BLESSURES OCULAIRES SUR UN MANIFESTANT

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        PHOTO RAMON MONROY / ATON CHILE
        Un policier a comparu pour la première fois vendredi devant la justice chilienne, poursuivi pour avoir blessé à l'oeil un manifestant, a annoncé le parquet, alors que plus de 400 personnes ont souffert de ce type de lésions depuis le début de la crise sociale.
        INFOGRAPHIE AFP
        Le capitaine Pablo Carvajal s'est présenté à une 
        audience préliminaire devant un tribunal à Santiago où il a été formellement accusé d'avoir tiré, à une distance estimée entre deux et cinq mètres, «de la chevrotine dans l'oeil gauche» d'un manifestant, ce qui a provoqué «une lésion oculaire» qui pour l'heure «n'a pas conduit à une perte de vision», a expliqué à la presse la procureure Ximena Chong.

        Les faits se sont produits le 28 octobre, dix jours après l'éclatement d'un mouvement de contestation sociale sans précédent au Chili depuis le retour de la démocratie en 1990. Le jeune homme avait alors lancé «un objet contondant» contre un véhicule de police alors qu'il participait à une manifestation dans le centre de la capitale. Il avait ensuite été touché par un tir de fusil anti-émeute «non létal» à une distance de deux à cinq mètres, a précisé Mme Chong.

        À la suite de son interpellation, «alors que la victime était blessée, avec le visage en sang, il a reçu une nouveau tir (de chevrotine) qui lui a causé deux blessures au dos et à une fesse», ajouté la procureure. Le policier a infligé au manifestant «un traitement cruel et dégradant qui ne peut être infligé à une personne dans le cadre du maintien de l'ordre public ou dans le cadre de l'exercice de la fonction de policier», a-t-elle insisté.

        Plus de 400 personnes ont été blessés aux yeux depuis le début de la crise sociale le 18 octobre, selon le dernier rapport, publié la semaine dernière, de l'Institut national des droits de l'homme (INDH), un organisme public indépendant. Au moins deux d'entre elles ont perdu la vue. Face aux critiques, la police chilienne avait finalement annoncé, un mois après le début de la contestation, la suspension de l'utilisation des chevrotines en caoutchouc contre les manifestants. Au total, 29 personnes sont mortes depuis le début de la crise, dont cinq à la suite de l'intervention des forces de sécurité. Plusieurs milliers ont également été blessées.
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        CARABINIER DÉCORÉ 
        POUR SA « BAVURE »
        DESSIN ALEN LAUZAN
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        23 janvier, 2020

        HARCÈLEMENT ET CAMPAGNE DE DIFFAMATION CONTRE LE DÉFENSEUR DES DROITS HUMAINS DANIEL URRUTIA LAUBREAUX


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        LE JUGE DANIEL URRUTIA LAUBREAUX
        À propos de la situation: Le 3 janvier 2020, le juge Daniel Urrutia Laubreaux a reçu une plainte disciplinaire après avoir convoqué le maire de la région métropolitaine de Santiago, Felipe Guevara, devant la cour au sujet de la détention arbitraire d’un manifestant pacifique. La Cour d’appel de Santiago est en train de déterminer s’il convient ou non d’ouvrir une procédure disciplinaire contre le juge. Cette plainte fait partie d’une série d’attaques qui semblent viser à empêcher le juge d’agir de manière indépendante.
        À propos de Daniel Urrutia Laubreaux:
        DANIEL URRUTIA LAUBREAUX
        Daniel Urrutia Laubreaux est juge de contrôle* et défenseur des droits humains ; il a statué dans des affaires contre l’État chilien, la police d’État et le personnel de l’administration publique. Tout au long de sa carrière de juge, il a activement défendu les droits humains, notamment le droit de vote des personnes en détention préventive, les droits des mineurs en détention provisoire et le droit à la liberté de réunion et d’association, entre autres.

        Depuis octobre 2019 et le début de la crise sociale et politique au Chili, Daniel Urrutia Laubreaux est constamment harcelé pour avoir statué dans des affaires liées à l’exercice des droits civils et politiques. Il s’est prononcé publiquement sur les violations des droits humains et le « terrorisme d’État » commis dans le contexte des troubles sociaux dans le pays. Cela a conduit à divers incidents, notamment des soupçons de surveillance téléphonique, des actes de dénigrement, l’acharnement judiciaire et une campagne de diffamation en représailles contre son travail de juge et de défenseur des droits humains. Depuis janvier 2020, il est visé par des attaques sur les réseaux sociaux, par des individus qui appellent à son licenciement en utilisant le hashtag #RemociónJuezUrrutia, ainsi que des déclarations d’anciens membres du gouvernement tel que l’ex membre du Congrès Gustavo Hasbún, qui a déclaré qu’Urrutia « est une honte pour la branche judiciaire ».

        Ce n’est pas la première fois que le juge est harcelé à cause de son travail en faveur des libertés publiques au Chili. En juin 2006, il a visité le centre de détention provisoire de Santiago Sur, où il a constaté que plus de 100 détenus dormaient à l’extérieur. Il a envoyé un rapport sévère sur la question au parquet de la Cour suprême et à la cour d’appel de Santiago. Peu de temps après, des inconnus ont tiré sur son bureau. En 2009, il a dû prendre un congé sans solde et déménager au Mexique pendant trois ans en raison du harcèlement dont il avait fait l’objet de la part des autorités judiciaires supérieures, qui aurait pu affecter son indépendance en tant que juge.

        En février 2019, la Commission interaméricaine des droits humains a présenté l’affaire 12.955 Daniel Urrutia Laubreaux contre le Chili devant la Cour interaméricaine des droits humains. L’audience publique aura lieu le 30 janvier 2020 à San José au Costa Rica. L’affaire est liée à un projet universitaire mené par le défenseur des droits humains, durant lequel il a critiqué la Cour suprême de justice pour son implication dans les violations des droits humains pendant la dictature et a demandé des excuses publiques pour les crimes commis. Pour cette raison, son travail a été censuré, une sanction qui a ensuite été réduite à un avertissement.

        Front Line Defenders est préoccupée par le harcèlement et les menaces contre Daniel Urrutia Laubreaux, qui semblent être directement liés à son travail en faveur des droits humains et de la démocratie au Chili, en particulier dans le contexte de la crise politique et sociale actuelle.

        Le Chili a fait d’importants progrès concernant le respect et la protection des droits humains depuis la fin de la dictature de Pinochet, et c’est l’un des pays d’Amérique du Sud qui ont réussi à traduire en justice les coupables des atrocités perpétrées pendant la dictature. Malgré ces avancées, les DDH sont toujours la cible d’abus policiers; des manifestations ont été violemment réprimées plusieurs fois.

        Note
        * Les juges de contrôle, « [ou juge des garanties] » (Juez de garantía),  sont mandatés pour protéger les droits des individus lors des procédures pénales.
        LE « VITRAIL DE LA JUSTICE » SITUÉ DANS 
        LE PALAIS DES TRIBUNAUX À SANTIAGO DU CHILI
        PHOTO PRACTICA FORENSE

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