31 mai, 2020

LE CHILI DÉPLORE 1000 MORTS, 100.000 CONTAMINATIONS AU CORONAVIRUS

 [ Cliquez sur l'image pour l'agrandir ]    
LE CHILI DÉPASSE 1 000 DÉCÈS ET PRÈS
DE 100 000 CAS DE CORONAVIRUS
PHOTO SANTIAGO TIMES 
Le Chili a passé dimanche 31 mai le cap des 1000 morts du Covid-19 et 100.000 contaminations au nouveau coronavirus, selon les derniers chiffres officiels.
LE CHILI DÉPLORE 1000 MORTS DU CORONAVIRUS
Ces dernières 24 heures, 4.830 nouveaux cas de coronavirus ont été officiellement enregistrés dans ce pays de 18 millions d'habitants ainsi que 57 décès supplémentaires, un record quotidien, a annoncé le ministère de la Santé. Au total, depuis l'apparition du premier cas de Covid-19 au Chili, le 3 mars, ce sont 99.688 personnes qui ont contracté cette maladie, dont 1.054 ont perdu la vie.


La plupart des malades qui ont trouvé la mort sont des personnes âgées souffrant d'autres pathologies, mais les autorités ont récemment souligné que la moitié des personnes contaminées ces dernières semaines avaient moins de 40 ans et qu'elles représentaient 12% des hospitalisations.

Vendredi, plus de 80% des contaminations étaient concentrées dans la seule capitale Santiago, qui compte sept millions d'habitants.

27 mai, 2020

REPORTAGE. AU CHILI, LE VIRUS RELANCE LES CANTINES DE LA DICTATURE

 [ Cliquez sur l'image pour l'agrandir ]   
AU CHILI, LE VIRUS RELANCE LES CANTINES DE LA DICTATURE 
Avec le confinement, des milliers de Chiliens dépendent de la solidarité pour avaler un repas par jour. Ces scènes rappellent la grande pauvreté vécue durant la dictature de Pinochet.
PHOTO ALAN LOQUET
C’est le coup de feu au centre communautaire Esperanza Andina, à Peñalolen, dans la banlieue sud de Santiago-du-Chili. Il est bientôt 13 h et les casseroles et boîtes plastiques apportées dans la matinée se remplissent frénétiquement. Riz, légumes poêlés et sauce soja. Pour cette famille nombreuse, ce sont treize louches pour autant de portions », explique Angela Quiroz, l’une des six volontaires de ce restaurant communautaire ouvert dans la foulée du confinement.

« La liste s’allonge chaque jour »


Depuis vendredi 15 mai, les 7 millions d’habitants que compte le grand Santiago ont pour consigne de ne pas sortir de chez eux. La capitale concentre 95 % des nouveaux cas de Covid-19 du pays et ses hôpitaux frôlent la saturation. Privés de revenus et surendettés, de nombreux travailleurs du secteur informel se tournent vers les soupes populaires, dans les quartiers défavorisés.

Ici, la liste s’allonge chaque jour, note Brigida Saavedra, porte-parole d’Esperanza Andina. Heureusement, l’extraordinaire solidarité du voisinage permet de répondre à la demande croissante.  La cantine assure deux cents rations quotidiennes.

 À la maison, nous sommes trois dont un enfant de 3 ans. L’État ne nous aide pas. Je ne sais pas comment je ferais sans leur aide », remercie Silvia Troncoso, femme de ménage sans emploi depuis deux semaines. Le gouvernement de Sebastián Piñera (droite conservatrice) a annoncé l’octroi d’un bon exceptionnel équivalent à 74 € et l’envoi de 2,5 millions de colis alimentaires aux plus démunis.


Un souvenir de la dictature


Mais la logistique est désastreuse, les vivres sont distribués au compte-gouttes. Face à l’incurie des autorités, des routes sont coupées et des barricades montées chaque jour dans plusieurs quartiers pauvres.  Nous n’avons pas encore connu ces violences dans le quartier, veut se rassurer Brigida Saavedra. Notre restaurant communautaire autogéré contribue à maintenir une certaine paix sociale. Mais pour combien de temps ? 

Les cantines solidaires ne sont pas nouvelles au Chili. Sous la dictature du général Augusto Pinochet (1973-1990), la crise économique couplée à la mise en place de réformes néolibérales avait fait sombrer des millions de Chiliens dans la pauvreté.  Comme aujourd’hui, les femmes avaient joué un rôle clé pour pallier l’absence de l’État, analyse Nicolás Angelicos, sociologue spécialiste des inégalités à l’université Andrés-Bello. Mais il y a une différence de taille : les réseaux sociaux et la messagerie WhatsApp permettent désormais une coordination à plus grande échelle. 


Selon l’OCDE, 53 % des Chiliens sont susceptibles de tomber dans la pauvreté si la crise perdure.


[ Cliquez sur l'image pour l'agrandir ]   
DESSIN LO COLE
SUR LE MÊME SUJET :

TRUMP REMONTÉ CONTRE TWITTER POUR AVOIR ÉTIQUETÉ SES MESSAGES

 [ Cliquez sur l'image pour l'agrandir ]   
DESSIN NÉSTOR SALAS
Washington, 27 mai 2020 (Prensa Latina) Le président des États-Unis, Donald Trump, a aujourd’hui pris pour cible d’attaques son réseau social préféré, Twitter, pour avoir étiqueté ses messages comme potentiellement trompeurs.
DESSIN NÉSTOR SALAS
La polémique tient au fait que pour la première fois ce service de microblogging a ainsi qualifié certains tweets du mandataire relatifs au vote par correspondance.

Selon Trump, la société 'interfère dans les élections présidentielles de 2020' et 'étouffe la LIBERTÉ D’EXPRESSION', ajoutant qu´il ne permettra pas cette attitude.
La veille, Twitter a souligné avec des étiquettes combattant les informations erronées et des affirmations non vérifiées deux des messages publiés par Trump dans lesquels il a prétendu que les bulletins de vote par la poste mèneraient ici à une fraude électorale généralisée.

Twitter a déclaré que la mesure avait pour but de fournir un 'contexte' par rapport aux commentaires du président.
peo/oda/dfm
SUR LE MÊME SUJET :

26 mai, 2020

CHILI: AVEC LA PANDÉMIE DE CORONAVIRUS, L'APPLI «SOSAFE» TROUVE UN NOUVEL USAGE

[ Cliquez sur l'image pour l'agrandir ]   
AVEC LE CORONAVIRUS, LE RETOUR DES « CORBEAUX »
ILLUSTRATION ANTOINE MOREAU DUSAULT
Au Chili, une application destinée à lutter contre les incivilités et l’insécurité commence maintenant à être utilisée dans le cadre de la lutte contre le coronavirus. «SoSafe», c'est son nom, a été créée en 2015 pour répondre à des problèmes de voisinage ou des délits pour lesquels la police met parfois du temps à intervenir. Avec la pandémie de coronavirus, cette application devient aussi un outil pour dénoncer le non respect des règles d'hygiène et de sécurité près de chez soi.
«LE CHILI EXPÉRIMENTE LA DÉLATION 2.0»
CAPTURE D'ÉCRAN


Le principe de fonctionnement de l'application est celui-ci : chaque utilisateur peut déclarer sur l'application un vol, une agression, un accident de la route, ou un problème de voisinage. L'application permet de localiser sur la carte l'endroit où a eu lieu un délit par exemple, et de sélectionner à quelle catégorie cela correspond : cambriolage, troubles à l'ordre public, vente ou usage de drogue, mais aussi des problèmes d'éclairage ou de feux rouges défectueux...

Dans le cas d'un délit ou d'une infraction, la police municipale ou la police nationale reçoivent une alerte sur leur propre système informatique, grâce à un accord avec l'application.

L'idée de départ de l'application est bien celle-là : faciliter le travail des forces de l'ordre, et éviter aussi la surcharge des numéros de téléphone d'urgence, qui sont parfois encombrés.

L'application est surtout utilisée dans la région de Santiago, et d'après ses créateurs, elle cumule près de 180 millions de téléchargements dans le monde, principalement en Amérique latine.

Focalisée sur l'insécurité, l'application a élargi son champ d'action…


L'une des critiques que formulent certains Chiliens à l'encontre de Sosafe, c'est qu'elle encourage selon eux la délation, qu'elle s'appuie sur l'individualisme notamment à Santiago, ou qu'elle donne trop d'importance à de simples problèmes de voisinage.

Alors Sosafe a petit à petit commencé à proposer de nouvelles options aux usagers comme de signaler un animal de compagnie perdu, de permettre à de petits commerçants de quartier d'indiquer sur l'appli la carte de leurs produits, ou encore proposer à des voisins de publier des petites annonces. Par exemple ces jours-ci une famille de Santiago proposait de donner des vêtements, et un voisin demandait dans son quartier si certains coiffeurs continuaient de travailler ce moment, malgré le confinement.

Le non-respect du confinement dénoncé sur l'appli


Et justement en cette période de forte hausse des cas de coronavirus au Chili, beaucoup utilisent l'application aussi pour dénoncer le non respect des règles de confinement…

Certaines communes du grand Santiago ont par exemple rendu obligatoire l'usage du masque dans la rue, alors des usagers écrivent sur l'application quand ils voient quelqu'un au visage découvert sur la voie publique. D'autres dénoncent des fêtes organisées malgré le confinement, ou la présence de vendeurs ambulants dans le centre ville, qui selon eux ne respectent pas les mesures d'hygiène.

En se déplaçant sur la carte de l'application, on perçoit parfois les différences sociales entre quartiers. Par exemple des habitants d'une commune pauvre de la banlieue de Santiago affirment que des trafiquants de drogue sont installés au coin de la rue mais que selon eux la police ne réagit pas. Ou d'un autre côté dans une commune plus riche les utilisateurs de l'application dénoncent que des cyclistes circulent sans masque, alors que ce n'est pas interdit dans ce quartier.

Et si l'épidémie angoisse, évidemment, certains utilisateurs, d'autres tentent aussi de montrer leur solidarité ou une certaine dose d'humour dans les commentaires, pour dédramatiser des problèmes de voisinage ou des annonces qu'ils jugent excessives.
« L'application de sécurité Sosafe appartient à  la même entreprise qui a travaillé dans la campagne présidentielle du milliardaire Sebastian Piñera et de son parti Rénovation nationale (RN).
Predictable Media est une société de Big Data qui fournit des cartes géo référencées avec des informations concernant, par exemple, les penchants politiques. »(Interferencia)

[ Cliquez sur l'image pour l'agrandir ]   
DESSIN LO COLE
SUR LE MÊME SUJET :

CORONAVIRUS : NOUVEAU RECORD DE CONTAMINATIONS AU CHILI

[ Cliquez sur l'image pour l'agrandir ]   
UN PATIENT ATTEINT DU COVID-19 TRANSFÉRÉ PAR DES
SOIGNANTS VERS LA VILLE DE CONCEPCIÓN LE 24 MAI 2020
PHOTO MARTIN BERNETTI / AFP
Le Chili, dont plusieurs représentants politiques ont contracté le Covid-19, a enregistré 4.895 nouveaux cas en 24 heures.
4.895 nouvelles infections en 24 heures. 
DESSIN LO COLE
Le Chili a enregistré lundi un nouveau record de contaminations au nouveau coronavirus. Parmi ces nouveaux cas se trouve un ministre du gouvernement du président Sebastian Piñera. Le pays de 18 millions d'habitants a enregistré un total de 73.997 cas de Covid-19 dont 761 décès depuis l'apparition d'un premier cas le 3 mars. Quarante-trois personnes sont mortes au cours des dernières 24 heures.

Parmi les personnes contaminées figure le ministre des Travaux publics, Alfredo Moreno, 63 ans. « J'ai été informé que le test au Covid-19 que j'ai effectué il y a quelques jours s'est avéré positif, heureusement je n'ai pas de symptômes jusqu'à présent », a indiqué le ministre sur son compte Twitter. Le ministre s'était placé en quarantaine préventive après qu'une de ses collaboratrices eut été testée positive au nouveau coronavirus.


La capitale en confinement depuis le 16 mai


DES PERSONNELS SOIGNANTS SORTENT D'UNE AMBULANCE
DEVANT UN HÔPITAL DE SANTIAGO, LE 15 MAI 2020.
PHOTO MARTIN BERNETTI, AFP
Trois autres ministres, qui avaient été en contact avec des personnes contaminées, et s'étaient placés en quarantaine préventive, ont tous été testés négatif et ont repris leurs activités. La semaine dernière, trois sénateurs ont été testés positifs, ce qui a entraîné la fermeture du Sénat et l'organisation des sessions parlementaires par visioconférence. 

Santiago, en confinement depuis le 16 mai, est le principal foyer de la pandémie, avec 90% des cas du pays. Jusque-là, le gouvernement avait misé sur des confinements partiels et sélectifs, ainsi qu'un dépistage massif. Mais le pays connaît depuis deux semaines une hausse très importante des contaminations, ce qui a poussé le gouvernement à décréter un confinement obligatoire pour les 7 millions d'habitants de la capitale.

SUR LE MÊME SUJET :

24 mai, 2020

L´HUMANITÉ REMERCIE LA LEÇON DE COURAGE ET DE DIGNITÉ DE CUBA

[ Cliquez sur l'image pour l'agrandir ]  
PHOTO YAMIL LAGE
Paris, 24 mai 2020 (Prensa Latina) Le quotidien français L’Humanité publie aujourd’hui un article qui reconnaît la leçon de courage, d’intelligence et de dignité de Cuba face à la guerre économique que lui imposent les États-Unis et la solidarité de l’île face au Covid-19.
Prensa Latina
JOSÉ FORT, JOURNALISTE
 POLITIQUE, ÉCRIVAIN.
«Amis cubains, merci »  s’intitule l´article du journaliste José Fort, qui souligne la résistance de la plus grande des Antilles et sa position dans le scénario dérivé de la pandémie, face à laquelle l´île assure la santé de son peuple et en soutient d’autres dans diverses parties du monde.

Ces jours-ci, vous donnez ces leçons, bien que vous ayez subi une guerre économique et des agressions terroristes sans interruption au cours des 60 dernières années, avec un blocus décrété par la première puissance économique et militaire, qui révèle quotidiennement sa stratégie d’étranglement, note l’ancien correspondant à La Havane de L’Humanité.

Selon l’auteur, en pleine pandémie de Covid-19, le paysage en Amérique Latine et dans les Caraïbes est défavorable, avec la menace d’une catastrophe sanitaire et sociale et des pays très touchés comme le Brésil, le Pérou, le Chili et l’Équateur.

Amis cubains, vous avez su vous protéger et limiter les effets de la pandémie grâce à une politique de santé exemplaire et vous avez aidé plusieurs pays du monde avec vos médecins et professionnels de la santé, affirme-t-il.

Fort défend dans son article le prix Nobel de la Paix pour les médecins de l’île, car « qui le mérite le plus aujourd’hui?  », demande-t-il ?.

Le journaliste insiste pour reconnaître la résistance de Cuba face à l’agressivité des États-Unis et son comportement solidaire envers les peuples d’Amérique Latine, des Caraïbes et d’Afrique frappés par des dictatures, des maladies et des pillages.

« Pendant plus de 60 ans, l´île a résisté à l’impérialisme nord-américain et a surmonté les provocations (...) contre vents et marées », souligne-t-il.

L’article conclut en remerciant « les amis cubains d’avoir donné une vision de ce que devrait être la planète : un monde plus juste, plus respectueux et plus uni ».

CORONAVIRUS : LE PRÉSIDENT CHILIEN S'INQUIÈTE POUR LE SYSTÈME DE SANTÉ DU PAYS, « TRÈS PROCHE DE LA LIMITE » AVEC PRÈS DE 70 000 CAS DE COVID-19

 [ Cliquez sur l'image pour l'agrandir ] 
 LE GOUVERNEMENT DISTRIBUE DES COLIS DE VIVRES
« HAUT EN CALORIES, HAUT TENEUR EN 
PROTÉINES, BAS NIVEAU DE POPULARITÉ »
Le ministère de la Santé chilien a comptabilisé 3 709 nouveaux cas ces dernières 24 heures.
DESSIN LO COLE
«Nous sommes très proches de la limite », a prévenu le chef de l'État chilien Sebastian Piñera dimanche 25 mai lors d'une visite de l'hôpital de Santiago, qui concentre le plus de malades du coronavirus. Le Chili approche désormais des 70 000 cas de Covid-19 sur son territoire, après une augmentation rapide et importante ces derniers jours. Le ministère de la Santé chilien a comptabilisé 3 709 nouveaux cas ces dernières 24 heures, alors que la moitié de la population chilienne, soit près de 19 millions de personnes, est soumise à un confinement obligatoire. C'est notamment le cas des habitants de la capitale du pays, Santiago. 

[ Cliquez sur l'image pour l'agrandir ] 

23 mai, 2020

NOUVELLES MENACES DE TRUMP

 [ Cliquez sur l'image pour l'agrandir ]

 « POUR SAUVER LE VÉNÉZUÉLA, NOUS CONTINUERONS DE L'ASSERVIR »
DESSIN SAMUEL BRAVO
Le président Donald Trump a de nouveau menacé la stabilité institutionnelle du Vénézuéla et a lancé un avertissement à peine voilé à son homologue Nicolas Maduro. Le président américain a assuré que les États-Unis ont encerclé le gouvernement bolivarien et a prédit que quelque chose allait se passer contre lui. Il a également réaffirmé son soutien au président autoproclamé Juan Guaidó, pour lequel il a demandé le soutien de la communauté internationale. De son côté, le représentant vénézuélien au Conseil de sécurité des Nations unies (ONU) a exigé que les États-Unis et la Colombie mettent fin à leurs plans de guerre.
Par Página/12 
« NOUS L’AVONS ENCERCLÉ À UN NIVEAU QUE
PERSONNE NE CONNAÎT, MAIS EUX LE SAVENT »
PHOTO AFP
Les menaces de Trump ont eu lieu lors d’une conversation avec des membres de la communauté hispanique. Au cours de la conversation téléphonique, le président a qualifié le moment que vit le Vénézuéla de « très intéressant ». « Nous l’avons encerclé à un niveau que personne ne connaît, mais eux le savent », a-t-il déclaré avant d’ajouter : « Quelque chose va se passer, parce que nous n’allons pas le tolérer ». Il n’a cependant pas donné de détails sur les actions que son pays a prévu contre l’administration socialiste. Ce qu’il a souligné, c’est son soutien à Guaidó devant la communauté internationale. Ce soutien n’a pas empêché Washington de proposer la tenue d’élections libres. Pour le Pentagone, Guaidó serait la figure intérimaire chargée de l’ouverture du processus électoral.

Mercredi, c’était le deuxième anniversaire des élections présidentielles qui ont amené Maduro à un nouveau mandat. Le secrétaire d’État américain Mike Pompeo a profité de l’occasion pour souligner l’illégalité du processus électoral. « Il y a deux ans, Maduro a montré au peuple vénézuélien et au monde entier qu’il n’y aura pas d’élections libres et équitables tant qu’il occupera le palais de Miraflores», ajoutant que le « cadre de transition démocratique » créé par son pays pour le Vénézuéla est la voie à suivre pour parvenir à un nouveau gouvernement.

Pour sa part, l’ambassadeur du Vénézuéla à l’ONU a demandé au Conseil de sécurité que les États-Unis et la Colombie mettent fin aux actions de guerre contre son gouvernement. « Nous exhortons le Conseil à remplir sa tâche de maintien de la paix et de la sécurité et nous exigeons que les actions belliqueuses cessent », a-t-il déclaré. Maduro accuse Guaidó d’être responsable de l’orchestration de « l’Opération
Gédéon », une incursion de « mercenaires » en territoire vénézuélien. Selon l’exécutif vénézuélien, les miliciens ont été formés en Colombie avec le soutien des États-Unis pour renverser son gouvernement. L’opération navale a eu lieu le 3 mai et a été déjouée par l’armée bolivarienne. Plusieurs anciens militaires qui ont participé à l’incursion ont été détenus.

Sur l’échiquier international, la revendication du Vénézuéla auprès de l’ONU a été soutenue par la Russie et la Chine. Le représentant russe au Conseil de sécurité, Dmitri Polyanskiy, a demandé aux autres pays membres de prendre des mesures à ce sujet. «Nous appelons les membres à rejeter une invasion du Vénézuéla et un président autoproclamé que personne n’a élu », a déclaré le fonctionnaire russe à propos de Guaidó.

Parallèlement, l’administration Trump continue de durcir les sanctions contre Maduro et son entourage. Le gouvernement républicain accuse l’exécutif bolivarien de supposées violations des droits humains, de corruption et de trafic de drogue. Ces derniers temps, les sanctions se sont concentrées sur l’industrie pétrolière du Vénézuéla, la plus grande source de revenus de la nation des Caraïbes. Cependant, Maduro a signalé que dans les prochains jours, les navires iraniens arriveront dans le pays avec de l’essence et des produits pétroliers. Suite aux menaces d’intervention des États-Unis dans le Golfe persique, le gouvernement iranien a averti que si cela se produisait, ils réagiraient.

Calendrier d’arrivée des tankers iraniens dans les ports venezueliens

Le pétrolier iranien Fortune est passé de 17 milles marins par heure (MNH) à 13,5 MNH et a modifié son heure d’arrivée (HEA) à 20h00 le samedi 23 mai. (8h PM), ceci selon l’affichage de contrôle du trafic maritime . Le « Clavel » dernier des cinq pétroliers iraniens a déjà quitté le détroit de Gibraltar.


Prévision d’arrivée des cinq navires iraniens au Venezuela

1) Fortune 23/05/2020 – 2) Pétunia 27/05/2020 – 3) Forest 27/05/2020 – 4) Faxon 30/05/2020 – 5) Clavel 06/02/2020
 

Source : Página12

« NOUS L’AVONS ENCERCLÉ À UN NIVEAU QUE
PERSONNE NE CONNAÎT, MAIS EUX LE SAVENT »
SUR LE MÊME SUJET :

22 mai, 2020

PROCHE-ORIENT. LA DIGNITÉ DES PALESTINIENS FACE À L’ANNEXION PROGRAMMÉE

  [ Cliquez sur l'image pour l'agrandir ]

 « OK. MAINTENANT, LA PAIX ! » À GAUCHE, MAHMOUD ABBAS,
À DROITE, DONALD TRUMP ET BENYAMIN NÉTANYAHOU.
DESSIN DE CHAPPATTE 
Mahmoud Abbas déclare ne plus être lié par les accords avec Israël et les États-Unis. La décision du gouvernement Netanyahou viole le droit international et signe la mort d’une solution à deux États. Mais aucune sanction n’est envisagée.
DESSIN NÉSTOR SALAS
Peut-être emportés par leur allégresse d’une annexion prochaine de la quasi-­totalité des territoires occupés, les dirigeants israéliens et états-uniens en avaient visiblement oublié l’existence du peuple palestinien. Depuis la fin du mois de janvier et l’annonce officielle de «l’accord du siècle » concocté par les services de Donald Trump en lien avec les équipes de Benyamin Netanyahou sans la moindre information fournie aux Palestiniens, tout se passe comme si « un peuple sans terre » allait enfin mettre la main sur une « terre sans peuple », pour reprendre l’un des slogans sionistes les plus connus et les plus usités. L’histoire a déjà montré l’inanité d’une telle idée, mais, triste ironie, à terme, les Palestiniens pourraient devenir ce « peuple sans terre ».

Alors que se profile la date du 1er juillet, moment à partir duquel le nouveau ­gouvernement israélien doit se prononcer sur sa stratégie pour traduire dans les faits le plan du président américain, le président palestinien, Mahmoud Abbas, est venu se rappeler au bon souvenir de ceux qui voudraient le compter, lui et son peuple, pour quantité négligeable. Il avait déjà annoncé la rupture de « toutes les relations » avec Israël et les États-Unis après l’annonce du plan qui prévoit ­notamment l’annexion de la vallée du Jourdain et des colonies juives en Cisjordanie. Ce qui n’avait pas gêné le moins du monde Washington et Tel-Aviv. D’ailleurs, dimanche, lors du vote de confiance du Parlement israélien, qui lui donnait un nouveau mandat de 18 mois en tant que premier ministre, Benyamin Netanyahou ne le ­cachait pas : «Voici la vérité : ces territoires sont là où le peuple juif est né et s’est développé. Il est temps d’appliquer la loi israélienne et d’écrire un nouveau chapitre glorieux dans l’histoire du sionisme. » Et le même d’ajouter une « vérité, et tout le monde le sait, c’est que les centaines de milliers de résidents de Judée-Samarie (terme utilisé par les autorités israéliennes pour parler de la Cisjordanie – NDLR) resteront toujours chez eux, quel que soit l’accord de paix trouvé in fine ». Quant à Benny Gantz, qui a passé un accord gouvernemental avec lui, et que certains voudraient présenter comme un modérateur, il n’a pas eu un seul mot pour évoquer l’annexion.



La division continue entre les organisations palestiniennes

 

« LE RÉVEIL DE CERBÈRE » 
DESSIN NÉSTOR SALAS

Autant dire que les accords d’Oslo de 1993, bien que politiquement morts parce que jamais appliqués par la force occupante, sont aujourd’hui caducs. C’est ce qu’a ­entériné, mardi, Mahmoud Abbas en déclarant que les Palestiniens ne se sentent plus liés « à tous ces accords et ententes avec les gouvernements américain et ­israélien, et toutes ces obligations basées sur ces ententes et ces accords, y compris celles relatives à la sécurité ». Certes, ce n’est pas la première fois que le président de l’Organisation de libération de la ­Palestine (OLP), seule signataire des accords d’Oslo et non pas l’Autorité palestinienne (AP), brandit la menace de rupture de la coopération sécuritaire avec Israël, mais sans grande application. Dans les faits, cette coopération fait de la police palestinienne des supplétifs de l’armée israélienne, en empêchant et en réprimant les manifestations aux abords des colonies de Cisjordanie, en fermant les yeux sur les incursions militaires israéliennes, voire en laissant s’infiltrer des commandos déguisés, comme cela s’est passé, mercredi, avec la tentative d’enlèvement de l’avocat franco-palestinien Salah Hamouri. Une attitude des forces sécuritaires de l’AP de plus en plus dénoncée ces dernières années par la gauche palestinienne, les associations et les mouvements de jeunes.



L'AVOCAT FRANCO-PALESTINIENSALAH HAMOURI
Le président palestinien ira-t-il jusqu’au bout de ses menaces ? Incontestablement, la majorité des Palestiniens le souhaitent, même si cela va signifier des difficultés supplémentaires. Les Israéliens, eux, ne veulent pas prendre en charge tout un déploiement sécuritaire dans les territoires qu’ils occupent car cela signifierait une mobilisation humaine et des dépenses financières qu’ils ne veulent pas assumer. Pour Mahmoud Abbas, 85 ans, dont l’entourage politique semble plus préoccupé par sa succession que par des initiatives politiques capables de donner un nouveau souffle à la lutte de libération, c’est sa dernière chance, alors que la division continue à régner entre les organisations palestiniennes, ouvrant la voie à des situations terribles. L’annonce, hier, de l’arrivée d’un charter affrété par les Émirats arabes unis (EAU) et rempli de matériel pour lutter contre le coronavirus, en est l’exemple type. Abu Dhabi a pris cette initiative en concertation avec les seules autorités ­israéliennes, pas avec l’Autorité palestinienne, qui a annoncé, la mort dans l’âme, son refus d’en prendre livraison.


Pour faire front face à Israël, la question de l’unité se pose avec encore plus d’acuité. Car, à l’instar des Émirats, les pétromonarchies du Golfe sont en pleine phase de normalisation avec Israël sur fond d’animosité envers l’Iran, et elles ne feront rien – hormis en paroles – pour empêcher l’annexion des territoires palestiniens. La Jordanie, seul pays arabe avec l’Égypte à avoir signé une paix avec Israël, montre les dents. Mais le souverain hachémite n’en a peut-être pas les moyens et semble donner des gages à son opposition islamiste qui commence à ébranler son trône.

Une politique coloniale pleinement assumée


Depuis Ben Gourion, fondateur de l’État d’Israël en 1948, la politique coloniale de ce pays s’est surtout caractérisée par le fait accompli. C’est encore ce qui se passe avec le plan Trump. L’annexion ne serait donc pas à remettre en cause, juste à l’aménager aux marges. On en oublierait presque que cette annexion remet en réalité en cause la solution à deux États, si l’on entend par État une entité viable économiquement et politiquement sur un territoire continu. Tout juste les Palestiniens pourraient-ils disposer de quelques arpents de terre… Quant à Jérusalem, il leur faudrait l’oublier puisqu’elle serait la capitale d’Israël.

L’Union européenne (UE) pourrait jouer un rôle historique. Mais ses divisions, alimentées par l’extrême droite qui dirige la Hongrie ou les conservateurs en Autriche, deux fervents soutiens ­d’Israël, empêchent de mettre en garde Tel-Aviv sur de possibles mesures de rétorsion, voire de sanction, en cas d’annexion. Or c’est le seul langage à tenir. Dire qu’il faut respecter le droit international est insuffisant. Après tout, l’UE s’y est résolue contre la Russie lors de l’annexion de la Crimée, mesure dont elle est incapable s’agissant d’Israël. Les 27 ne se mettant pas d’accord, de timides initiatives se font jour. Le 20 mai, devant le Conseil de sécurité de l’ONU, le représentant de la France, Nicolas de Rivière, a déclaré qu’une annexion « y compris des seules colonies » constituerait une violation du droit international et « ne serait pas sans conséquences sur les relations de l’Union européenne avec Israël ». L’idée d’une initiative afin de permettre la reprise de négociations est sur la table. Mais pour l’heure, le plat est à disposition des Israéliens. Les Palestiniens, eux, n’ont même pas d’assiette. 
Pierre Barbancey