31 mars, 2020

CORONAVIRUS: LA FRANCE ACCEPTE DES MÉDECINS CUBAINS DANS SES DÉPARTEMENTS D’OUTRE-MER

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DES MÉDECINS CUBAINS DANS SES DÉPARTEMENTS D’OUTRE-MER
Le gouvernement français vient finalement d’accepter par décret l’envoi de médecins cubains dans ses départements d’outre-mer. Un renfort bienvenu pour les médecins antillais pour lutter contre le nouveau coronavirus, mais surtout pour combler les déserts médicaux français. Et pour Cuba, cette crise est une occasion supplémentaire de promouvoir sa médecine internationaliste.


correspondante RFI à La Havane, 
Le gouvernement français accepte finalement, en pleine crise du Covid-19, d’accueillir des médecins cubains sur son sol. La Martinique, la Guadeloupe, la Guyane et Saint-Pierre-et-Miquelon sont concernés.

La sénatrice de la Martinique, Catherine Conconne, se réjouit que son amendement soit passé par décret : « Il a été pris principalement pour renforcer nos CHU. Il nous manque certaines spécialités médicales et nous avons du mal à faire venir des médecins d’Europe. Cet amendement nous permet d’aller puiser dans nos ressources fraternelles cubaines. Donc, pour moi, c’est une victoire, une grande joie. Que ce décret arrive en pleine crise du coronavirus, c’est très bien ».

Déjà présents en Italie


Cuba compte deux fois plus de médecins par habitant que la France et viendra donc combler ces déserts médicaux. « Aller où personne ne souhaite exercer la médecine », c’est la devise de ces missions médicales cubaines.

L’île envoie actuellement ses brigades de blouses blanches dans 38 pays pour lutter contre l’épidémie du nouveau coronavirus. En Europe, l’Italie et l’Andorre ont déjà accepté cette aide cubaine.

Dernièrement mise à mal par les critiques d’esclavagisme de son système d’échange médical, et le retrait de ses médecins de pays latino-américains gouvernés par la droite, Cuba, avec cette crise du Covid-19, joue donc la carte de la solidarité en envoyant ses médecins, comme elle l’avait fait en 2014 pour lutter contre l’épidémie d’Ebola en Afrique.

MANOLIS GLEZOS, HÉROS DE LA RÉSISTANCE GRECQUE, EST MORT

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PHOTOMONTAGE
Celui qui avait décroché le drapeau nazi hissé sur l’Acropole en mai 1941 était une conscience de la gauche grecque. Il est mort lundi 30 mars, à Athènes, à l’âge de 97 ans.
MANOLIS GLEZOS 
PHOTO EUROKINISSI
Un mot résume la longue vie de Manolis Glezos: résistance. À 18 ans, en mai 1941, il décrochait, avec son ami Apostolos Santas (mort en 2011), le drapeau nazi qui venait d’être installé sur l’Acropole. À 89 ans, il est revenu au Parlement en juin 2012, comme député de Syriza (gauche radicale), pour protester contre les mesures d’austérité dont souffrait la Grèce en crise économique. C’est au nom de cette lutte qu’il claqua la porte du Syriza au pouvoir quand le premier ministre d’alors, Alexis Tsipras, a accepté les conditions drastiques des créanciers de la Grèce en juillet 2015.

Il fallait toute l’inconscience de deux jeunes pour se lancer, une nuit de mai, seuls à l’assaut du plus célèbre monument d’Athènes, pour signifier à Hitler qu’il avait tort de crier victoire en Grèce. « On s’est dit qu’on allait lui montrer que la lutte ne faisait que commencer », expliquait-il au Monde, en 2012. Pour lui, elle ne s’est jamais arrêtée. En 2012, il revendiquait «soixante-seize ans de luttes ». Il est mort d’une insuffisance cardiaque, lundi 30 mars, dans un hôpital d’Athènes, à l’âge de 97 ans, après 84 années de combats ininterrompus. « La nation baisse ses drapeaux devant ce grand Grec », a salué lundi le premier ministre conservateur Kyriakos Mitsotakis.

Après cet acte qui a inspiré la Résistance européenne, Manolis Glezos a été une première fois condamné à mort, par contumace, par les autorités allemandes. Son frère, lui aussi entré dans la Résistance, a été exécuté par l’occupant, à 19 ans. Il a été de nouveau condamné à mort, après la guerre, mais cette fois par les autorités de son propre pays, en tant que communiste. L’euphorie de la Libération a été brève en Grèce, où elle a été suivie par une guerre civile sanglante, qui a conduit le pays à sacrifier ses propres héros, à l’image de Manolis Glezos.

Le général de Gaulle s’est indigné et est intervenu en 1949 pour demander au gouvernement « qu’il n’exécute pas le premier résistant d’Europe ». Entre la guerre civile et la fin de la dictature des colonels, Manolis Glezos aura passé seize ans dans les prisons ou les camps de son propre pays, qu’il avait contribué à libérer. Il en a profité pour terminer ses études, ce qui lui a permis d’obtenir des diplômes, en géologie et en linguistique. Dans sa cellule, avec l’un de ses compagnons, ils avaient pris l’habitude de se saluer tous les matins en français, pour lutter contre la dégradation morale.

« Le pouvoir vient du peuple »


LE 17 NOVEMBRE 2019, MANOLIS GLÉZOS, LORS DE 
LA COMMÉMORATION DU «SOULÈVEMENT DE
L’ECOLE POLYTECHNIQUE». LE 17 NOVEMBRE 1973
PHOTO NEWSIT
Dans les années 1950, il est plusieurs fois élu député, même si ces mandats sont entrecoupés par des séjours en prison. En 1962, il reçoit le prix Lénine pour la paix des mains du leader soviétique, Nikita Khrouchtchev. En 1967, le coup d’État militaire des colonels marque pour lui, comme pour de nombreux autres militants, le retour en prison ou en exil. Il poursuit son activité politique après la chute de la dictature en 1974 et redevient député en 1981, avec le soutien du Mouvement socialiste panhellénique (Pasok) d’Andréas Papandréou, qui arrive au pouvoir.

Au fil des ans, Manolis Glezos milite pour une démocratie directe, qu’il applique en tant que maire du village natal d’Apiranthos, sur l’île de Naxos. « Les Constitutions des principaux pays sont les mêmes : le pouvoir vient du peuple et il est exercé en son nom. Il faut que le pouvoir soit exercé par le peuple. » Il militait en faveur d’un régime où le gouvernement était réduit à l’essentiel, avec de fréquents recours au référendum pour que le peuple s’exprime directement.

Il va revenir à la pointe du combat contre les mesures d’austérité imposées, à partir de 2010, par la « troïka » du Fonds monétaire international, de la Banque centrale européenne et de la Commission européenne, en échange d’un plan de soutien financier pour éviter la faillite de la Grèce. Il est aux premiers rangs des manifestations, quand la police tire des grenades lacrymogènes. En février 2012, il est malmené par la police avec le musicien Mikis Theodorakis, alors âgé de 86 ans, et les deux hommes doivent se réfugier à l’infirmerie du Parlement.

« Je ne suis pas une statue ou un tableau »


Il redevient député, avec Syriza, en mai 2012, aux côtés du leader du parti, Alexis Tsipras, de plus de cinquante ans son cadet. Il y intervient régulièrement et n’hésite jamais à provoquer le gouvernement. Mais Manolis Glezos avait aussi d’autres centres d’intérêt que le militantisme. Au plus fort de son combat politique contre les mesures imposées par la «troïka» contre son propre pays, il aimait aussi disserter sur la linguistique et l’origine des mots. Il a publié des ouvrages sur l’histoire de la seconde guerre mondiale, mais aussi sur la géologie et la minéralogie.

Il ne voulait surtout pas se cantonner au rôle du héros de la Résistance et refusait de raconter son exploit de 1941. « Je ne suis pas une star. Toute ma vie, on a essayé de faire de moi un monument pour me faire taire. Je ne suis pas une statue ou un tableau, et je parle tout le temps. » Sa parole était écoutée. Il n’était pas une statue, mais une vigie, toujours prête au combat pour la liberté.

Manolis Glezos en quelques dates

  • 9 septembre 1922 Naissance à Naxos
  • 30 mai 1941 Décroche le drapeau nazi de l’Acropole.
  • 1949 Condamné à mort par la Grèce.
  • 1967 Emprisonné par la dictature des colonels.
  • 2012 Député de Syriza
  • 30 mars 2020 Mort à Athènes
Alain Salles

COMPTE RENDU DE LA VISITE DE L'AVOCAT CARLOS MARGOTTA EN FRANCE


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MAÎTRE CARLOS MARGOTTA PRÉSIDENT DE LA
COMMISSION DE DROITS DE L'HOMME DU CHILI
CAPTURE D'ÉCRAN
Compte rendu de la visite de l'avocat Carlos Margotta, président de la Commission de Droits de l'Homme du Chili (CDHCh) en France, invité par le Parti de Gauche Européenne (PGE), du Parlement Européen.

Première journée 11 mars 2020


LA PROFESSEURE CAPUCINE BOIDIN
ET MAÎTRE CARLOS MARGOTTA
À 12:00 h. : Arrivée à l’aéroport Charles de Gaulle (CDG).

Achat par C. Margotta de la carte de transport hebdomadaire.

Installation à l’hôtel. Déjeuner offert par J.C.

À 15:30 h. :entretien avec Laurent Perea, vice-responsable de questions internationales du PCF au siège du Comité Central, 2 place du Colonel-Fabien, Paris.

C. Margotta expose les motifs de sa tournée européenne :
- Le gouvernement a employé la répression violente contre la population, dès le début de l'explosion sociale qui se développe au Chili, en provoquant une situation grave d'atteinte aux droits de l'homme au pays.

30 mars, 2020

CHILI : LIBERTÉ POUR LES PRISONNIERS POLITIQUES

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COORDINATION 18 OCTOBRE
Il y a actuellement 2.500 personnes en détention préventive dans tout le pays, des hommes et des femmes – ces dernières en plus petit nombre – dont la plupart sont des jeunes détenus dans des prisons avec des prisonniers de droit commun. Parmi eux se trouvent de nombreux mineurs détenus dans des centres gérés par le tristement célèbre Service national des mineurs (Sename).
PHOTO AGENCIA UNO
Le principal objectif du nombre énorme de détenus, qui sont en prison par mesure de précaution, est de punir ceux qui ont remis en cause l’ordre social injuste et qui ont exercé le droit de manifester. La prolongation excessive de la détention préventive est un acte arbitraire et déshumanisé qui devient plus grave dans les circonstances actuelles.
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PIÑERA, (IN)DIGNE HÉRITIER DE PINOCHET
PHOTO PABLO VERA. AFP
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    CORONAVIRUS : SUIVEZ L’ÉVOLUTION DE L’ÉPIDÉMIE AU CHILI

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    ILLUSTRATION LE PARISIEN
    Après son apparition en Chine fin 2019, la pandémie de Covid-19 touche désormais tous les continents, avec 177 pays touchés au 30 mars 2020. Suivez l’évolution du nombre de cas au Chili.
    Par Victor Alexandre
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    PHOTO PABLO SANHUEZA / REUTERS
    90 jours nous séparent du 31 décembre 2019, date à laquelle l’épidémie de coronavirus a été déclarée en Chine. Au Chili, le premier cas a été signalé le 03 mars 2020, il y a 27 jours.

    Grâce aux données collectées par les chercheurs de l'université américaine Johns-Hopkins, qui recensent les cas et les décès confirmés, il est possible de suivre jour après jour l’évolution de l’épidémie au Chili.

    Ainsi, le 30 mars 2020, on compte au Chili, 2139 cas confirmés, soit 230 cas supplémentaires par rapport au 29 mars 2020. Pour 100 000 habitants, cela représente 12,88 cas au Chili, contre 5,93 cas en Chine et 60,7 cas en France.

    S’agissant des décès, le 30 mars 2020, on compte au Chili 7 décès. C'est 1 nouveau décès supplémentaire par rapport au 29 mars 2020. C’est 0,33 décès pour cent cas au Chili. A titre de comparaison, cette valeur est de 4,03 en Chine, 11,03 en Italie et 6,41 en France.

    À cette même date, ce pays est le 26ème pays le plus touché au monde en nombre de cas et 62ème pays le plus touché au monde en nombre de décès.


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    DESSIN ALEN LAUZAN

    26 mars, 2020

    WASHINGTON OFFRE 15 MILLIONS DE DOLLARS POUR CAPTURER NICOLAS MADURO INCULPÉ DE «NARCO-TERRORISME»

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     AFFICHE AVIS DE RECHERCHE
    Le ministre américain de la justice a annoncé que le président vénézuélien Nicolas Maduro avait été condamné aux États-Unis pour «narco-terrorisme». Washington propose une récompense de 15 millions de dollars pour l'arrêter
    6Temps de Lecture 2 min 7 s.
    On se croirait dans un mauvais western. Les États-Unis ont offert, ce 26 mars 2020, une récompense pouvant atteindre 15 millions de dollars pour toute information permettant d'arrêter le président vénézuélien Nicolas Maduro qui vient d'être inculpé pour «narco-terrorisme» par la justice américaine.

    25 mars, 2020

    LES ÉTATS-UNIS FONT PRESSION SUR D’AUTRES PAYS POUR QU’ILS REFUSENT
    L’ASSISTANCE MÉDICALE DE CUBA

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    « RÉPONSE DE TRUMP AU CORONAVIRUS FAKE NEWS ...! »
    DESSIN RAMSES MORALES IZQUIERDO 
    La Havane, 25 mars 2020 (Prensa Latina) L’ambassade des États-Unis dans cette capitale a fait pression sur les pays qui bénéficient aujourd’hui de la coopération médicale cubaine pour qu’ils refusent cette contribution, malgré la pandémie de Covid-19.
    Prensa Latina
    6Temps de Lecture 2 min 18 s.
    INFOGRAPHIE
    C’est ce qui a été clairement annoncé dans une publication sur Twitter de la représentation diplomatique des États-Unis ici, alors que des brigades sanitaires partent de La Havane dans plusieurs pays pour aider à combattre le nouveau coronavirus.
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    LA COLOMBIE AUX TEMPS DU CHOLÉRA

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    CAPTURE D'ÉCRAN
    Le fait était en soi suffisamment symptomatique (et amplement documenté) pour être noté : lorsque, le 23 février 2019, le « président fantoche » vénézuélien Juan Guaido, interdit de sortie du territoire par la justice de son pays, traversa clandestinement la frontière entre le Venezuela et la Colombie pour y diriger, depuis Cúcuta, l’entrée en force d’une supposée « aide humanitaire », il le fit assisté et accompagné par des membres de l’organisation Los Rastrojos [1].
    Par Maurice Lemoine
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    AIDA MERLANO, QUELQUES HEURES
    APRÈS SON ARRESTATION PAR LA POLICE
    PHOTO LE PARISIEN
    Détail complémentaire non dépourvu d’importance : cette armée privée criminelle descend en droite ligne du clan des «narcos» du Valle del Cauca, renforcé d’éléments des ex-Autodéfenses unies de Colombie (AUC), les paramilitaires d’extrême droite théoriquement dissous, sous le gouvernement d’Álvaro Uribe, en 2006.
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    COUR D’APPEL, JUGE DANIEL URRUTIA ET PRISON PRÉVENTIVE

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     JUGE DANIEL URRUTIA
    PHOTO RADIO U CHILE
    C’est avec étonnement que nous avons lu aujourd’hui dans la presse une résolution de la Cour d’appel de Santiago qui, en session plénière extraordinaire, a décidé d’annuler une résolution du juge Daniel Urrutia qui modifiait la mesure de précaution de détention préventive en assignation à résidence totale dans le cas de 13 jeunes détenus pour troubles publics dans le contexte de la révolte sociale. En même temps, la magistrature a ordonné une enquête administrative sommaire et prononcé la suspension du juge Urrutia de ses fonctions.
    DANIEL URRUTIA LAUBREAUX
    Pour la Corporation de défense des droits du peuple, CODEPU, la résolution du haut tribunal nous inquiète étant donné que:

    I. La décision du juge Daniel Urrutia est fondée sur le droit international humanitaire, car elle affirme que le droit à la santé est un droit pour tous ceux qui habitent le territoire, y compris les détenus en détention préventive. À ce titre, il est possible de changer la mesure de précaution de prison préventive pour une mesure moins restrictive pouvant garantir la fin de l’enquête ainsi que la santé des accusés et de la société.

    II. Ce n’est un mystère pour personne que les prisons chiliennes sont des endroits où la probabilité de contagion est très élevée, compte tenu du surpeuplement et de l’absence de conditions nécessaires pour appliquer des mesures sanitaires de base.

    III. Ces deux raisons, l’urgence sanitaire et humanitaire, sont réunies dans une décision entravée par la session plénière extraordinaire de la Cour d’appel qui a, en majorité, accepté de suspendre la décision du magistrat, d’ordonner une enquête administrative sommaire et de suspendre le juge Daniel Urrutia.

    PHOTOMONTAGE COUR SUPRÊME DU CHILI
    IV. Une telle décision de la Cour d’appel est contraire aux recommandations du Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme (HCDH) qui appelle les autorités à agir maintenant, compte tenu de la propagation de la contagion COVID-19. Le HCDH affirme que le maintien des détenus dans les conditions actuelles comporte un risque élevé et que la détention préventive devrait être une mesure de dernier recours.

    V. Dans les jours précédant la résolution du juge Urrutia et la réaction de la Cour d’appel de Santiago, les pressions politiques déployées par le ministère de l’Intérieur dans le but de forcer l’attitude du Pouvoir judiciaire afin qu’il agisse conformément aux politiques répressives que l’autorité promeut contre la contestation des citoyens étaient publiques et notoires. Il ne reste plus qu’à comprendre que ces pressions ont porté les fruits souhaités et que l’indépendance du Pouvoir judiciaire est mise à mal.

    VI. Rappelons que le Pouvoir judiciaire a pour mandat constitutionnel et juridique d’agir pour la défense du droit des personnes, que la détention préventive doit toujours être exceptionnelle et que les personnes emprisonnées dans le cadre de la révolte l’ont été suite à des actes à motivation politique, ce qui en fait des prisonniers politiques. La mort ou la contagion éventuelle de l’un de ces prisonniers politiques à la suite de l’infection de COVID-19 impliquera une responsabilité évidente de l’État chilien en général et du Pouvoir judiciaire en particulier devant la communauté internationale. Aussi, cela démontrera que, comme ça s’est produit pendant la dictature, le Pouvoir judiciaire a abdiqué de son rôle et s’est plié comme un instrument au pouvoir politique

    Pour ces raisons, nous demandons au Pouvoir judiciaire:

    De revenir sur la voie de l’indépendance vis-à-vis du pouvoir exécutif et d’adopter une attitude qui protège les droits fondamentaux de la personne humaine;
    De devenir sensible à l’urgence sanitaire et d’éviter la détention préventive et la rigueur indue contre les prisonniers de la révolte sociale;

    De cesser le harcèlement contre le juge Daniel Urrutia Labraux et d’annuler le dossier disciplinaire ouvert.
    CODEPU

    24 mars, 2020

    LES 2.500 PRISONNIERS DE LA RÉVOLTE AU CHILI DONT ON NE PARLE PAS

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    LES 2.500 PRISONNIERS DE LA RÉVOLTE AU CHILI DONT ON NE PARLE PAS
    PHOTO AGENCIA UNO
    Plus de 11.300 personnes ont été arrêtées et 2.500 emprisonnées au Chili durant la révolte sociale entre octobre 2019 et mars 2020, estime le rapport mensuel de l’Institut chilien des droits de l’homme (INDH). Pour les avocats et les parents de prisonniers, il s’agit d’un instrument de répression politique.
    Dans une interview avec Sputnik, l’avocat Nicolás Toro soutient que les crimes pour lesquels ils sont accusés « ne ferait pas même l’objet d’une détention préventive dans un autre contexte », mais ils maintiennent aujourd’hui plus de 2.000 Chiliens en prison, selon l’INDH. Selon lui, on n’avait pas vu une telle mesure « depuis l’époque de la dictature ». « Cela semble être davantage un instrument de répression politique visant à contenir tout type de dissidence ou de protestation », a-t-il déclaré.
    Il y a actuellement 2.500 personnes en détention préventive dans tout le pays, des hommes et des femmes – ces dernières en plus petit nombre – dont la plupart sont des jeunes détenus dans des prisons avec des prisonniers de droit commun. Parmi eux se trouvent de nombreux mineurs détenus dans des centres gérés par le tristement célèbre Service national des mineurs (Sename).
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    IL EST NÉCESSAIRE DE MODIFIER LES MESURES DE DÉTENTION PRÉVENTIVE DES PRISONNIERS POLITIQUES DANS LE CONTEXTE DES MANIFESTATIONS SOCIALES.

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    PHOTO AGENCIA UNO
    L’unique but de l’état de catastrophe sanitaire décrété dans le pays est de faire face aux défis sanitaires causés par la propagation du coronavirus. Les risques pour la santé affectent la population dans son ensemble, y compris ceux emprisonnés dans le cadre des manifestations sociales.
    Le principal objectif du nombre énorme de détenus, qui sont en prison par mesure de précaution, est de punir ceux qui ont remis en cause l’ordre social injuste et qui ont exercé le droit de manifester. La prolongation excessive de la détention préventive est un acte arbitraire et déshumanisé qui devient plus grave dans les circonstances actuelles.

    Aujourd’hui, il n’est plus nécessaire de maintenir en prison les détenus des manifestations sociales. Ils se trouvent dans des cellules surpeuplées, sans soins médicaux suffisants, dans de très mauvaises conditions d’hygiène, de logement et de nourriture. Une situation inverse à celle dans laquelle se trouvent les rares auteurs de crimes contre l’humanité qui habitent des unités optimales répondant aux normes internationales.

    La prolongation de la détention provisoire dans le contexte d’une crise sanitaire implique un risque plus élevé. L’État a l’obligation de protéger leur vie. Encore plus lorsque, rappelons-le, des mesures de détention préventive sont utilisées dans le but de prolonger les enquêtes dans le temps. Dans les faits, la détention préventive se transforme en une condamnation de facto dans le but de punir.

    CODEPU appuie pleinement les demandes qui proposent de modifier les mesures de précaution de détention préventive en d’autres mesures moins restrictives de la liberté individuelle, car il s’agit d’une mesure juste, nécessaire et urgente qui n’affecte pas le cours des enquêtes menées par les tribunaux eux-mêmes.

    La situation grave survenue au Centre de détention préventive de Santiago il y a quelques jours indique la nécessité urgente d’adopter des mesures qui garantissent la vie de tant de jeunes devenus prisonniers politiques à la suite de la crise sociale qui a commencé le 18 octobre.