30 novembre, 2023

ÉTATS-UNIS. HENRY KISSINGER, LE CERVEAU DE LA POLITIQUE ÉTRANGÈRE AMÉRICAINE, EST DÉCÉDÉ

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KISSINGER AVEC LE DICTATEUR CHILIEN, LE GÉNÉRAL AUGUSTO PINOCHET, EN
JUIN 1976. IL A IGNORÉ LES PRÉOCCUPATIONS DE SES COLLABORATEURS
CONCERNANT LES ATROCITÉS COMMISES PAR LE RÉGIME CHILIEN EN MATIÈRE
DE DROITS DE L’HOMME, DISANT À PINOCHET : « NOUS VOULONS VOUS AIDER,
 PAS VOUS AFFAIBLIR. VOUS AVEZ RENDU UN GRAND SERVICE À L’OCCIDENT
EN RENVERSANT ALLENDE. »
PHOTO ARCHIVES DE LA SÉCURITÉ NATIONALE
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COURRIER
INTERNATIONAL
États-Unis. Henry Kissinger, le cerveau de la politique étrangère américaine, est décédé / Ancien secrétaire d’État sous Richard Nixon et Gerald Ford, Kissinger est mort mercredi à l’âge de 100 ans. La presse américaine pointe du doigt l’héritage complexe et controversé de ce géant de la diplomatie. [« Pourris en enfer ! »]

Noémie Taylor-Rosner, Courrier international

Lecture 2 min.

HENRY KISSINGER ET RICHARD NIXON

Figure incontournable de la politique américaine, Henry Kissinger est décédé mercredi 29 novembre à l’âge de 100 ans “dans sa maison du Connecticut”, a annoncé son cabinet de conseil, Kissinger Associates. L’ancien secrétaire d’État de Richard Nixon et Gerald Ford fut certainement “le diplomate le plus influent d’Amérique”, résume Politico.

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 PHOTO STEPHEN VOSS

Seule personne à avoir été à la fois conseiller à la sécurité nationale et secrétaire d’État de la Maison-Blanche, il a exercé un contrôle sur la politique étrangère américaine qui a rarement été égalé”, remarque le Washington Post.

► À lire aussi :     UNE AMÉRIQUE LATINE AUX CÔTÉS DE GAZA

ENTRETIEN KISSINGER-PINOCHET / 1976 /
ARCHIVES HISTORIQUES DU MINISTÈRE
DES AFFAIRES ÉTRANGÈRES DU CHILI

Initiateur de la détente avec l’Union soviétique et du dégel des relations avec la Chine de Mao dans les années 1970, Kissinger peut “être considéré comme en grande partie responsable des changements politiques de très grande ampleur qui ont réorienté le cours des affaires mondiales”, souligne le quotidien américain.

LE DUC THO (À GAUCHE) MET EN LUMIÈRE HENRY KISSINGER
(À DROITE), LAURÉAT DU PRIX NOBEL DE LA PAIX, ALORS QU'IL
POSE POUR LES PHOTOGRAPHES À PARIS LE 23 MAI 1973.
PHOTO MICHAEL LIPCHITZ / AP

Avec le Vietnamien Le Duc Tho, le diplomate a aussi partagé le prix Nobel de la paix pour les négociations secrètes qui ont abouti aux accords de Paris de 1973 et mis fin à la participation militaire américaine à la guerre du Vietnam. “Sa célèbre ‘diplomatie de la navette’ [caractérisée par l’action d’une tierce partie servant d’intermédiaire entre différents belligérants d’un conflit] après la guerre du Moyen-Orient de 1973 a” par ailleurs “contribué à stabiliser les relations entre Israël et ses voisins arabes”, rappelle le Washington Post.

HENRY KISSINGER
 PHOTO GERO BRELOER
 

Un “héritage compliqué”

Mais la presse américaine, à commencer par le New York Times, pointe aussi unanimement du doigt “l’héritage compliqué” de l’ancien secrétaire d’État, dont l’influence considérable “façonna l’histoire de la guerre froide”. “Peu de diplomates ont été à la fois célébrés et vilipendés avec autant de passion que M. Kissinger”, souligne le quotidien américain.

« Kissinger est mort, voici son héritage»
FLYER DE « FUNES LE MÉMORIEUX »

Car l’homme politique a vu son image ternie par des pages sombres de l’histoire des États-Unis : il a notamment soutenu le coup d’État de 1973 au Chili ainsi que l’invasion du Timor oriental par le président indonésien Suharto en 1975, qui entraîna la mort de 200 000 personnes. “Les militants des droits de l’homme” ont aussi “longtemps soutenu que Kissinger aurait dû être accusé de crimes de guerre pour son rôle dans la supervision des bombardements secrets du Cambodge et du Laos par l’administration Nixon au plus fort de la guerre du Vietnam, note le Wall Street Journal. Les opérations militaires américaines ont tué des milliers de Cambodgiens et de Laotiens, selon les experts de l’Asie du Sud-Est, et ont par inadvertance contribué à amener le mouvement radical des Khmers rouges au pouvoir à Phnom Penh.

Un “praticien impitoyable de la realpolitik”

“Praticien impitoyable de l’art de la realpolitik”, Kissinger “percevait le monde comme un échiquier élaboré sur lequel il fallait jouer de manière habile”, analyse Politico. Quitte à “dépasser les limites de la morale”, souligne le Los Angeles Times.

HENRY KISSINGER AVEC LE DIRIGEANT CHINOIS MAO ZEDONG ET
 SON PREMIER MINISTRE ZHOU ENLAI, EN 1973 À PÉKIN. KISSINGER
A JOUÉ UN RÔLE DÉTERMINANT DANS LA MÉDIATION DE LA DÉTENTE
ENTRE LA CHINE  ET LES ÉTATS-UNIS, QU’IL CONSIDÉRAIT COMME UN
ÉLÉMENT CLÉ POUR SORTIR L’AMÉRIQUE DE LA GUERRE DU VIETNAM
ET POUR ÉQUILIBRER LES SUPERPUISSANCES DE LA GUERRE FROIDE.
KISSINGER S’ÉTAIT RENDU SECRÈTEMENT À PÉKIN EN 1971 POUR
NÉGOCIER LA VISITE DU PRÉSIDENT RICHARD NIXON L’ANNÉE SUIVANTE.
PHOTO AP

Les coups diplomatiques de Kissinger ont fait de lui un héros auprès des Américains […] craignant un Armageddon nucléaire”, rappelle le Wall Street Journal. Mais il s’est aussi “attiré la colère de la gauche américaine, qui le tenait pour responsable de brutalités commises à l’étranger, ainsi que de la droite, qui le considérait avec suspicion parce qu’il prônait la détente auprès des régimes communistes”.

Noémie Taylor-Rosner, Courrier international

Noémie Taylor-Rosner

29 novembre, 2023

UNE AMÉRIQUE LATINE AUX CÔTÉS DE GAZA

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AFFICHE DE SOLIDARITÉ ENTRE LA COLOMBIE ET LA PALESTINE.
CONÇUE PAR LES JAPONAIS KOHEI URAKAMI ET TAKETO IKEGAMI, 2021.
EXPLICATIONS SUR LE SITE INTERNET DE L’UN DES DIFFUSEURS.

« S’il faut suspendre nos relations avec Israël, alors nous les suspendons » / Une Amérique latine aux côtés de Gaza / « L’histoire ne pardonnera pas aux indifférents », a averti le président cubain Miguel Díaz-Canel au sujet des opérations militaires menées par Israël contre Gaza. Près de 10 000 kilomètres séparent les côtes latino-américaines des terres palestiniennes mais de la Havane à Santiago, le regain de violences au Proche-Orient suscite des prises de position d’autant plus fortes qu’elles sont rares dans le monde.

par Meriem Laribi  

« Enfance , Espagne, Palestine »
DESSIN ENEKO LAS HERAS

«Les camps de concentration sont interdits par le droit international et ceux qui les développent deviennent des criminels contre l’humanité. » Les propos du premier président de gauche de Colombie, M. Gustavo Petro, ne passent pas inaperçus sur la plateforme X (anciennement Twitter), le 9 octobre 2023. Deux jours plus tôt, il pointe la différence de traitement par les puissances occidentales de « l’occupation russe en Ukraine » et de « l’occupation israélienne de la Palestine ». La phrase introductive du premier communiqué de la diplomatie colombienne publié le 8 octobre au matin appelle au « dialogue entre Israël et la Palestine ». La Colombie condamne les exactions du Hamas contre des civils israéliens mais ne les qualifie pas de « terroriste ». Elle dénonce simultanément les attaques contre les civils palestiniens.

► À lire aussi :     « POUR CONSTRUIRE UN CHILI PLUS JUSTE, IL FAUT NOUS UNIR », ESTIME IRACÍ HASSLER, LA MAIRE DE SANTIAGO

Quand le ministre de la défense israélien Yoav Galant annonce le siège de Gaza en expliquant, le 9 octobre, lutter « contre des animaux humains et [agir] en conséquence », M. Petro rétorque : « C’est ce que disaient les nazis à propos des Juifs. Les peuples démocratiques ne peuvent permettre au nazisme de se rétablir sur la scène politique internationale. Les Israéliens et les Palestiniens sont des êtres humains soumis au droit international. Ce discours de haine, s’il continue, ne fera qu’entraîner un holocauste. » L’ambassadeur israélien à Bogotá, M. Gali Dagan, propose alors à M. Petro d’aller visiter le camp de concentration d’Auschwitz avec lui. « J’y suis déjà allé (…) et maintenant j’en observe le calque à Gaza », répond le président latino-américain, toujours sur Twitter. « S’il faut suspendre nos relations avec Israël, alors nous les suspendons. Le président colombien ne se fait pas insulter », prévient-il en réponse à une convocation comminatoire de l’ambassadrice de Colombie par la chancellerie israélienne qui qualifie le chef d’État colombien d’« hostile » et d’« antisémite » (X, 15 octobre). Le 10 novembre, devant l’intensité et l’ampleur du massacre, et après le bombardement de plusieurs hôpitaux gazaouis, M. Petro annonce que les équipes juridiques de son gouvernement préparent des poursuites contre Israël devant tous les tribunaux internationaux. Le 13, il annonce sur X que la Colombie présentera des propositions aux Nations unies pour que la Palestine, qui ne jouit que d’un statut d’observateur non-membre dans cette enceine, « soit acceptée comme État de plein droit ».

Une telle attitude frappe d’autant plus qu’ailleurs dans le monde, les proclamations de soutien inconditionnel à Tel Aviv côtoient de bien timides appels à la modération. Enfin, sauf en Amérique latine, une région qui, une fois de plus, se distingue.

Lorsqu’Israël bombarde le camp de réfugiés de Jabaliya, dans le nord de Gaza, le 31 octobre, la Colombie n’est pas le seul pays de la région à rappeler son ambassadeur à Tel-Aviv : Belize et le Chili en font autant, cependant que la Bolivie va jusqu’à rompre ses relations diplomatiques avec Israël : le président Evo Morales (2006-2019) les avait déjà rompues en 2009, mais après le coup d’État dont il avait été la cible en 2019, elles avaient été rétablies par la dictatrice Jeanine Áñez. Deux jours plus tard, c’est au tour du Honduras de rappeler son ambassadeur. On aurait pu s’attendre à trouver Cuba et le Venezuela sur cette liste mais ils n’entretiennent plus de relations diplomatiques avec Tel-Aviv depuis longtemps. Les deux pays socialistes multiplient les condamnations d’Israël dans les termes les plus forts. « Il faut virer des pays arabes de la Ligue arabe et les remplacer par le Chili, la Bolivie, la Colombie… », conclut M. Taoufiq Tahani, président d’honneur de l’Association France Palestine solidarité (AFPS), le 1er novembre 2023 sur X.

Plus modérée du fait de son importante communauté juive — elle compte neuf ressortissants parmi les victimes de l’attaque du 7 octobre et 21 parmi les otages du Hamas —, l’Argentine condamne les bombardements israéliens, de même que le Pérou et le Mexique. Le Brésil, la Colombie, la Bolivie, le Chili et l’Argentine annoncent la livraison d’aide humanitaire à Gaza. Même le Venezuela, encore dans une situation économique désastreuse, envoie une cargaison de 30 tonnes aux Palestiniens.

Une importante diaspora palestinienne

Le continent sud américain abrite une importante diaspora palestinienne dont l’évaluation varie de 600 000 à un million de personnes, avec une forte présence au Chili où vit la plus grande communauté en dehors du Proche-Orient (de 350 000 à 400 000 personnes). Excepté le Panama, l’ensemble des pays du continent reconnaissent l’État de Palestine. Le Mexique a la particularité de ne pas l’avoir fait mais d’accueillir un ambassadeur palestinien, M. Mohamed Saadat, et d’avoir une représentation à Ramallah.

La majorité des pays du continent entretenaient jusqu’à cette guerre des relations diplomatiques avec Israël. Après une dizaine d’années d’hésitation (1), condamnant sans réserve l’oppression des Palestiniens et considérant dans le même temps l’existence d’Israël comme légitime au regard de la souffrance des Juifs dans l’histoire, Cuba décide finalement de les rompre en 1973 et envoie même des troupes sur le plateau du Golan pour soutenir les forces syriennes pendant la guerre du Kippour. Avant même l’arrivée de la révolution socialiste au pouvoir, l’île fut le seul pays du continent américain à s’opposer au plan de partage de la Palestine en 1947, protestant ainsi contre la dépossession des Palestiniens. Depuis 1992, au côté des États-Unis, Israël vote systématiquement contre toutes les résolutions de l’Assemblée générale de l’Organisation des Nations unies dénonçant l’embargo américain contre Cuba. Lors du dernier vote en date, le 2 novembre 2023, pour la 31e année consécutive, une majorité écrasante de 187 pays a voté pour la levée de l’embargo. Deux ont voté contre : les États-Unis et Israël. Un s’est abstenu : l’Ukraine.

Quant au Venezuela, le président Hugo Chávez avait rompu les liens avec Tel-Aviv en 2009 après la guerre qui durait depuis un an à Gaza et avait tué plus de 1 000 Palestiniens. Il avait alors condamné le « deux poids, deux mesures » de la politique américaine qui accusait le Venezuela de soutenir le terrorisme, tout en soutenant celui d’Israël. M. Chávez avait également accusé le Mossad d’avoir essayé de le tuer et Israël de financer l’opposition vénézuélienne. Dix ans plus tard, quand l’opposant Juan Guaidó s’est autoproclamé président par intérim du Venezuela, en 2019, Israël lui a ouvert une ambassade à Tel-Aviv. La même année, le gouvernement vénézuélien accusait un groupe de « terroristes israéliens » d’avoir participé à la planification de l’assassinat du président Nicolás Maduro.

Dans son tweet du 15 octobre, le président colombien évoque les Israéliens MM. Yair Klein et Rafael Eitan qu’il accuse d’avoir « déclenché le massacre et le génocide en Colombie ». « Un jour, l’armée et le gouvernement d’Israël nous demanderont pardon pour ce que leurs hommes ont fait dans notre pays », écrit alors M. Petro. Dans le cadre d’une longue coopération entre les différents gouvernements de droite de la Colombie et Israël en matière de sécurité et de défense, des instructeurs de l’armée israélienne ont formé la Division des forces spéciales de l’armée colombienne (EJC) (2). M. Rafael Eitan, qualifié en Israël de « maître-espion » du Mossad, est accusé d’être à l’origine du plan orchestré par l’ancien président colombien Virgilio Barco Vargas (1986-1990). En tant que conseiller spécial de ce dernier, il est soupçonné d’avoir planifié le massacre de plus de six mille membres du parti Union patriotique, fondé en 1985 par les Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC) et le Parti communiste après un plan de paix (3).

Quant à M. Klein, ancien lieutenant-colonel de l’armée israélienne, à la tête d’une société de mercenaires au service de narcotrafiquants, la justice colombienne l’a condamné en 2001, par contumace, à dix ans et huit mois de prison pour « instruction, entraînement aux tactiques, techniques et procédures militaires terroristes, aggravés par le fait d’avoir été commis avec des mercenaires, et complot en vue de commettre un crime ». Il est aussi accusé par la justice colombienne de la formation d’escadrons de la mort au service de grands propriétaires terriens et de personnalités politiques à partir des années 1980, les fameuses Autodéfenses unies de Colombie (AUC), accusées d’exactions massives contre les populations civiles : 70 000 morts et plus de trois millions de déplacés, entre 1985 et 2005. M. Klein coule ses vieux jours en Israël qui a refusé son extradition. Il assure que son activité en Colombie était validée au préalable par les gouvernements israélien et colombien (4).

En Amérique latine, Israël étend aussi son influence politique par le biais du phénomène religieux évangélique (5), un courant du protestantisme qui réunissait 133 millions de fidèles dans le continent en 2020. Les évangéliques font du soutien à Israël une cause centrale, aux motivations religieuses : l’établissement de tous les juifs sur la terre d’Israël serait, selon eux, la condition pour reconstruire le Temple à Jérusalem afin de permettre le retour du Christ. Ce « sionisme chrétien » prend, ces dernières années, une ampleur inédite et déploie une influence considérable dans la région. Le mouvement évangélique a d’ailleurs largement contribué à faire élire M. Jair Bolsonaro au Brésil, en 2018. Son poids politique dans ce pays pourrait-il expliquer les hésitations de l’actuel président brésilien, M. Luiz Inácio Lula da Silva ?


Timidité brésilienne

Car l’attitude du Brésil au sujet de la guerre à Gaza a parfois surpris, étant donné l’engagement internationaliste reconnu du président Lula. Se joignant au chœur des nations occidentales, ce dernier a immédiatement dénoncé les attaques « terroristes » du Hamas, tout en plaidant pour des négociations en vue d’une solution à deux États, une perspective de paix dans l’impasse (6) mais que la plupart des pays latino-américains réclament pour tenter de sortir de l’engrenage de la violence. C’est que le Brésil, qui assure la présidence tournante du Conseil de sécurité au mois d’octobre, est candidat pour y obtenir un siège permanent. Il propose, le 18 octobre, une timide résolution (bloquée par l’habituel et prévisible veto américain) demandant des « pauses humanitaires » alors qu’Israël bombarde les civils gazaouis auxquels Tel-Aviv impose un siège les privant d’eau, de nourriture, d’électricité et de carburant après seize ans de blocus, trois guerres et une société asphyxiée dans tous les domaines. Le texte de la résolution condamne « tous les actes de violence et d’hostilité dirigés contre des civils ainsi que tous les actes de terrorisme », notamment « les attentats terroristes odieux perpétrés par le Hamas » et la prise d’otages civils. Pas de cessez-le-feu donc, même si dans ses déclarations sur X, M. Lula da Silva le demande.


Le 25 octobre, le président brésilien commence néanmoins à parler de « génocide » contre les Palestiniens devant la presse. On approche alors de la fin de la présidence du Brésil au Conseil de sécurité. « L’adoption d’une résolution à l’ONU est une mission difficile, mais pas impossible. Nous travaillerons jusqu’au bout pour y arriver », veut croire un négociateur brésilien cité par Le Monde (27 octobre). « Jusqu’au bout », à savoir le 31 octobre, date à laquelle le président brésilien, qui n’a rien obtenu, tance le Hamas sans le nommer. « Et les irresponsables qui ont fait la guerre pleurent maintenant la mort de ces enfants ? Vous ressentez le poids des choses ? » interroge-t-il sur X alors qu’Israël bombarde Gaza depuis 24 jours. Obtenir la reconnaissance de la « communauté internationale » serait-il à ce prix ?

par Meriem Laribi  Journaliste.

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«Il y a quelqu'un là-bas?
Nous venons négocier un cessez-le-feu...»
DESSIN SERGIO LANGER


NOTES : 

(1) Lire Éric Rouleau « L’attitude de Cuba à l’égard du problème palestinien diffère de celle des pays arabes “progressistes” », Le Monde diplomatique, février 1968.

(2) Erich Saumeth, « Israel capacita a las Fuerzas Especiales del Ejército Colombiano », 1er octobre 2020.

(3) Luis Reygada, « Pourquoi le président colombien a accusé Israël d’avoir “suscité des massacres” dans son pays ? », L’Humanité, 24 octobre 2023.

(4) Dan Cohen, « El rol de agetes israelíes en el genocido político colombiano », Mision Verdad, 16 octobre 2023 ; Brandon Barret, « Israeli mercenary Yair Klein trained paramilitary “with the approval of the Colombian authorities” », Colombia Reports, 26 mars 2012.

(5) Lire Akram Belkaïd et Lamia Oualalou : « L’internationale réactionnaire », Le Monde diplomatique, septembre 2020.

(6) Lire Thomas Vescovi, « L’échec de la solution à deux États », Le Monde diplomatique, novembre 2023.

 

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À SANTIAGO DU CHILI


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PHOTO LIVIA SAAVEDRA

Rencontre / 
« Pour construire un Chili plus juste, il faut nous unir », estime Irací Hassler, la maire de Santiago / Dans un pays en plein bouleversement politique et social, Irací Hassler est l’une des principales figures de la nouvelle gauche chilienne. Première communiste à la tête de la mairie de Santiago, le principal district de la capitale, quelles sont ses marges de manœuvre dans un pays longtemps considéré comme le laboratoire du néolibéralisme ?

par Luis Reygada

9 min

« Celles et ceux qui – comme nous – défendent la démocratie traversent une situation complexe et même très préoccupante», estime la maire de Santiago, Irací Hassler. 
FRANCE /  LA VISITE
D'IRACÍ HASSLER

Issue du mouvement étudiant de 2011 contre la marchandisation de l’éducation – elle militait alors au sein des Jeunesses communistes –, Irací Hassler a remporté la mairie de Santiago dix ans plus tard, portée par le puissant mouvement social d’octobre 2019 dénonçant les inégalités dans le pays.

Propagande électorale 

Référendum constitutionnel chilien de 2023 

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De passage en Europe début octobre, cette diplômée en économie âgée d’à peine 33 ans est revenue sur son début de mandat, dans une ville où « tous les aspects de la vie des habitants étaient soumis aux lois du marché ».

Quel est le sens de votre visite en Europe ?

Nous répondons à l’invitation de plusieurs organismes des Nations unies basés à Genève et nous avons participé à des réunions de travail au Parlement européen, à Strasbourg. Nous avons aussi été invités par la mairie de Paris à un événement sur le changement climatique et en avons profité pour rencontrer les maires communistes de Montreuil (Seine-Saint-Denis), Patrice Bessac, et de Grigny (Essonne), Philippe Rio, ainsi que des membres de la communauté chilienne installés ici. Nous avons également tenu une réunion avec des responsables de l’Opéra de Paris dans le cadre d’un accord de coopération avec le théâtre municipal de Santiago.

En 2021, vous avez remporté la mairie de Santiago, qui était administrée par la droite. La culture avait-elle été négligée par les conservateurs ?

La culture était reléguée au second plan alors qu’elle est fondamentale. À Santiago, nous mettons en place une alliance vertueuse entre la culture et les défis sécuritaires grâce à une politique active et inclusive de récupération des espaces publics.

Par exemple, avec des programmes axés autour des jardins publics, des cinémas de quartier ou encore avec l’orchestre de Santiago, qui se produit chaque semaine sur la place principale du centre historique. Nous sommes aussi sur le point d’inaugurer notre première maison de la culture. Notre commune, située au cœur de la capitale, n’en comptait même pas ! Notre objectif est de promouvoir la culture le plus possible.

Après le coup d’État de 1973, le Chili est devenu un laboratoire du néolibéralisme. Comment cela se manifeste-t-il dans la vie quotidienne des habitants de votre commune ?

Nous avons un modèle qui ne permet pas le plein épanouissement des personnes, mais qui a structuré une société profondément inégalitaire. Le néolibéralisme s’exprime concrètement par l’absence de droits fondamentaux. Cela a provoqué d’énormes troubles sociaux, ce qui explique, entre autres, la force du mouvement étudiant au cours des dernières décennies.

Pour les jeunes, il est essentiel de pouvoir compter sur l’éducation publique et cela nécessite une plus grande implication de l’État dans ce domaine, non seulement pour parvenir à une éducation gratuite, mais aussi pour pouvoir disposer de projets éducatifs axés sur la démocratie, la paix et la cohésion sociale.

« C’est une réalité : au Chili, tomber malade peut revenir extrêmement cher. » Irací Hassler

À notre niveau, l’éducation est l’un des domaines les plus importants de notre administration. Nous devons gérer quarante-quatre lycées et écoles et nous y avons consacré beaucoup d’efforts, en commençant par reconstruire les relations avec les communautés éducatives et en investissant dans l’amélioration des infrastructures.

Nous sommes de loin l’administration qui a consacré le plus de moyens à l’enseignement public. Nous voulons participer à la construction d’un pays plus juste et, depuis Santiago, nous continuerons à œuvrer en faveur de plus de droits pour tous, et notamment à l’éducation.

Il semble qu’en matière de santé il y ait aussi beaucoup de carences…

Santiago est une commune qui, au cours des vingt dernières années, est passée d’une population de 230 000 habitants à plus de 530 000, et cette augmentation n’a pas été accompagnée d’une amélioration des infrastructures en matière de soins.

Nous constatons avec inquiétude que de nombreux habitants ont peur d’être malades, non seulement à cause de la maladie elle-même mais aussi à cause du coût. C’est une réalité : au Chili, tomber malade peut revenir extrêmement cher.


C’est précisément la conséquence d’un système qui n’a pas cherché à placer la vie et le bien-être des gens au centre. Les Chiliennes et les Chiliens ne sont pas considérés comme des sujets de droit, mais comme des consommateurs. Notre famille politique milite en faveur de la gratuité des soins dans le cadre d’une politique de santé publique.

Pour la même raison, l’idée d’établir un État social et démocratique conférant des droits aux citoyens a été beaucoup discutée ces dernières années. C’est la base des transformations que nous voulons apporter, tant dans notre commune qu’au niveau national.

Face à cette structure néolibérale, quelle est la marge de manœuvre d’une maire de gauche, qui plus est communiste ?

Je suis une femme, communiste, jeune, féministe et qui vient du mouvement social. Il ne fait aucun doute que cela dérange beaucoup de monde. Mais mon objectif est clair : transformer la vie des habitants de la commune de Santiago.

Cela implique une révision de nos propres institutions municipales afin que nous ne soyons plus de simples administrateurs mais aussi des promoteurs de la mise en place de véritables gouvernements locaux. Nous mettons en œuvre une politique municipale innovante, avec un conseil municipal composé majoritairement de femmes.

Cela nous permet de suivre un agenda réellement pionnier, avec notamment des objectifs écologiques et durables. Nous avons par exemple créé un « système de soins de proximité », une initiative unique au Chili qui vise à fournir un soutien complet à toutes les personnes qui remplissent le rôle d’« aidants », afin d’améliorer leur qualité de vie.


Il s’agit principalement de femmes qui jouent une fonction primordiale mais sont invisibilisées par notre société. En matière de sécurité ou de gestion des déchets, nous progressons en transformant les habitants en véritables acteurs d’un changement culturel. Ces changements sont significatifs pour la population, et nous veillons à répondre aux besoins urgents de notre communauté en travaillant main dans la main avec les citoyens.

Il y a un peu plus d’un an, le Chili a eu l’occasion d’approuver l’une des Constitutions les plus progressistes au monde. Aujourd’hui, nous sommes à quelques jours d’un nouveau plébiscite sur un nouveau projet rédigé par l’extrême droite. Qu’est-ce que cela nous dit de l’actuel contexte politique ?

Notre pays a connu de profonds changements ces dernières années, avec de grandes mobilisations, une population qui a exigé la fin des abus et des inégalités et, surtout, de nouveaux droits sociaux. Mais les promoteurs de ce qui représente à nos yeux des « anti-droits », comme la remise en cause des droits fondamentaux des femmes, ont également fait entendre leur voix. Aujourd’hui, l’avortement et bien d’autres acquis sont menacés par la nouvelle Assemblée constituante.

Une large frange de la population nous a fait confiance, à nous, des femmes et des hommes progressistes, non seulement au niveau local mais aussi au niveau national avec le gouvernement du président Gabriel Boric. Il est naturel que nous rencontrions des résistances aux changements que nous voulons mettre en œuvre. Mais si l’on veut construire un pays plus juste, alors tous les secteurs doivent s’unir pour créer un élan démocratique et dessiner un autre avenir.

Mais les récentes commémorations du coup d’État de 1973 ont plutôt montré des signes de profondes divisions, faisant de l’histoire récente un enjeu politique traversé par des volontés de réinterprétation, voire de réécriture…

Il était très important que l’État chilien s’engage dans un plan de recherche des disparus de la dictature. Le message adressé aux familles est fort : il leur est clairement dit que cette mission relève avant tout de la responsabilité de l’État, et que celui-ci a une dette envers elles.

D’autre part, dans notre commune, nous nous sommes concentrés sur le travail fondamental de construction de la mémoire, en mettant l’accent sur les droits de l’homme. Santiago a une mémoire et nous contribuons tous les jours à la faire vivre à partir de notre action au sein de l’appareil de gouvernance communale. 

Au-delà de cela, il est vrai que celles et ceux qui – comme nous – défendent la démocratie traversent une situation complexe et même très préoccupante. Les commémorations ont montré qu’il existe encore certains secteurs politiques qui n’assument pas de s’engager en faveur de la démocratie et refusent toujours de reconnaître la dictature civico-militaire (instaurée par le général Pinochet – NDLR) en tant que telle.

La défense des droits de l’homme et de la démocratie reste une tâche permanente. Je crois que c’est l’une des plus grandes leçons que la commémoration du 50ème anniversaire du coup d’État nous a apprises : la lutte pour la justice, la vérité, la démocratie ainsi que l’engagement en faveur des droits de l’homme restent un combat permanent.

santiago du  Chili

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LE PEUPLE ARGENTIN S’EST TIRÉ UNE BALLE DANS LE PIED AVEC MILEI, SELON LÓPEZ OBRADOR

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« - Papa Milei a gagné... Vous nous entendez ? Milei a gagné !
- Vous vouliez une mort naturelle sans le déconnecter... »
DESSIN SERGIO LANGER
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PRENSA LATINA
Mexico, 21 novembre 2023. Le peuple d’Argentine s’est tiré une balle dans le pied avec l’élection de Javier Milei comme président de la République, a considéré aujourd’hui Andrés Manuel López Obrador lors de sa conférence de presse matinale au Palais National.

(Prensa Latina)

DESSIN ENEKO LAS HERAS

À une question sur le fait que s’il craignait que la même chose ait lieu au Mexique, c’est à dire qu’un extrémiste de droite comme en Argentine lui succéderait, le président a déclaré que cela ne se produirait pas parce que le peuple mexicain est bien conscient de ce qui se joue et est le plus politisé du monde.

Propagande électorale 

Référendum constitutionnel chilien de 2023 

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Nous n’avons pas ce risque, il n’y a rien à craindre, a-t-il insisté, sans mentionner l’alliance des partis conservateurs mexicains qui se sont unis pour tenter de vaincre en juin 2024 la coalition progressiste formée par les partis Morena, du Travail et Vert qui porte comme candidate Claudia Sheinbaum.

Il a réitéré que le peuple mexicain est très conscient et sait bien que les gouvernements de droite ne favorisent que les défenseurs du conservatisme, sont les employés des oligarchies et n’ont ni amour ni respect pour le peuple.

Il a répété que le Mexique respectait la décision prise par un groupe majoritaire en Argentine, ajoutant : «Nous respectons cette décision, même si nous pensons que cela ne va pas les aider ».

« Mais le peuple est souverain, y compris avec les éléments antidémocratiques qu’utilise la mafia du pouvoir économique et politique, le contrôle des médias, qui est impressionnant en Argentine (…) où il y a beaucoup de manipulation », a-t-il déclaré. peo/mem/Lma

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DESSIN SERGIO LANGER


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16 novembre, 2023

ÉNORME DRAPEAU PALESTINIEN DÉPLOYÉ LORS D’UN CONCERT AU CHILI

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EN CONCERT AU CHILI, LE GROUPE SKA-P A AFFICHÉ
SON SOUTIEN À LA PALESTINE EN ARBORANT DES
MAILLOTS DU CLUB DE FOOT CHILIEN DE PALESTINO.
Dans le monde, les gestes de soutien en faveur du peuple palestinien de Gaza qui fait face aux bombardements israéliens depuis le 7 octobre dernier se font de plus en plus nombreux et partout dans le monde.  / Si les dirigeants occidentaux continuent de soutenir Israël, ce n’est pas le cas de leurs opinions publiques et des pays du sud. La cause palestinienne n’est pas seulement soutenue dans les pays arabes et musulmans. Elle a gagné des points partout dans le monde. Israël a même reconnu avoir perdu la bataille de l’opinion.

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TSA - Tout sur l'Algérie

À Santiago, capitale du Chili, un énorme drapeau palestinien a été déployé dimanche par le public lors d’un concert du groupe espagnol de musique SKA-P dans le cadre du festival de Maleza.

« EL SIONISMO ISRAELI MATA #PALESTINALIBRE »
 Brigade Chacon


► À lire aussi :     GAZA-PALESTINE. LE DROIT DE RÉSISTER À L’OPPRESSION

Le groupe de Punk espagnol SKA-P a publié la vidéo sur sa page sur le réseau social X avec le hashtag «Free Palestine ».

Les musiciens du groupe espagnol ont arboré les maillots du club de football chilien Palestino, fondé en 1920 par des immigrés palestiniens. Évoluant en première division du championnat national de football au Chili, le club, qui porte les couleurs du drapeau palestinien, est engagé en faveur de la cause du peuple palestinien.

La vidéo devenue virale est visionnée par près de 2 millions d’utilisateurs sur le réseau social X.

Chili : énorme drapeau palestinien déployé lors d’un concert de musique

Le président colombien Gustavo Petro, qui a dénoncé les massacres israéliens en Palestine, a partagé ce lundi 13 novembre la vidéo virale du drapeau palestinien déployé durant le concert du groupe SKA-P au Chili.

Sur son compte officiel sur X, il a émis le souhait de voir les mêmes images de solidarité avec la Palestine dans son pays.

La Colombie fait partie des pays ayant rappelé leurs ambassadeurs à Israël à cause de la guerre contre Gaza.

Depuis le 7 octobre, des manifestations impressionnantes ont été organisées partout dans le monde y compris aux Etats Unis et dans plusieurs pays européens dont les dirigeants apportent un soutien inconditionnel à Israël, en dépit du bilan humain horrible de la guerre contre Gaza.

En Israël, les dirigeants politiques et militaires assument sans gêne les exactions contre les civils à Gaza. Le ministre israélien de la Défense, Yoav Gallant, a menacé les civils au Liban de leur faire subir les mêmes atrocités subies par les Gazaouis.

Après 40 jours de bombardements sur Gaza, Israël a tué plus de 11 000 Palestiniens, en majorité des enfants et des femmes.

#ambassadeur #Chili #conflit israélo-palestinien

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DELIGHT LAB / ATELIER D'ART :
LUMIÈRE, SON ET ESPACE
À SANTIAGO DU CHILI


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15 novembre, 2023

CHILI: LA MULTIPLICATION DES AFFAIRES DE KIDNAPPING RELANCE LES SUSPICIONS À L'ÉGARD DES MIGRANTS

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« FERMETURE DES FRONTIÈRES MAINTENANT !!! »
CHILI, JANVIER 2022: MANIFESTATION À IQUIQUE
POUR DEMANDER LA FERMETURE DE LA FRONTIÈRE.
PHOTO IGNACIO MUNOZ / AP

Chili: la multiplication des affaires de kidnapping relance les suspicions à l'égard des migrants / Au Chili, trois enlèvements ont eu lieu en une semaine. Les kidnappings sont en augmentation dans le pays : plus 67 % entre 2021 et 2022. Le Chili est loin des niveaux de violence que l’on peut observer ailleurs en Amérique latine, mais depuis quelques années certains délits sont de plus en plus fréquents. [La «xénophobie » et anti-immigration, pain béni pour l'extrême droite]

Campaña En Contra lanzó cumbia como jingle 

 [ Pour écouter, cliquer ici ]

« El 17 se vota así » creado por Matías Radic y con la voz de "Camaleón" Landáez,
este lunes se dio a conocer el jingle de la campaña 
 « En Contra »
 de cara al plebiscito constitucional del próximo 17 de diciembre 2023.  

RFI

2 mn

INFOGRAPHIE ALARMISTE ET ANXIOGÈNE

C’est l’enlèvement d’un chef d’entreprise qui a réveillé l’opinion publique et les médias, rapporte notre correspondante à Santiago, Naïla Derroisné. Un groupe de cinq hommes, armés, ont d’abord volé les téléphones et portefeuilles de la quinzaine d’employés sur leur lieu de travail à Rancagua (au sud de santiago), et le patron a ensuite été kidnappé. Après avoir été séquestré pendant plus de 24 heures, il a finalement été libéré moyennant une rançon. Trois de ces ravisseurs ont été arrêtés, il s’agit d’un Colombien et de deux Vénézuéliens, entrés clandestinement au Chili. Deux autres personnes, un Bolivien et un Péruvien, ont eu été enlevés à Iquique, dans le Nord du pays. L'un a été libéré en échange du paiement d'une rançon et l'autre a recouvré la liberté grâce à l'arrestation de ses ravisseurs. 

► À lire aussi :     CHILI. ASSASSINAT D’« INA», INFLUENCEUSE SUR TIKTOK ET «REINE» DU NARCOTRAFIC

Cette histoire n’est pas un cas isolé ; depuis quelques années le pays connait une augmentation du nombre d’enlèvements. Et c’est directement lié au crime organisé, estime le sous-secrétaire au ministère de l’Intérieur Manuel Monsalve. Pour faire face à cette nouvelle délinquance, le procureur général  Ángel Valencia a annoncé la mise en place d’une brigade spéciale : 240 agents seront chargés d’enquêter sur les délits graves comme les kidnappings ou encore les homicides.

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« En Contra »

Le maire d’Iquique dénonce – lui – le manque de contrôles aux frontières. Ce qui aurait conduit, selon son avis, à l’installation sur le sol chilien de bandes criminelles étrangères qui ont importé certains types de délits. Depuis des mois, il y a aux frontières du Pérou et de la Bolivie une forte tension qui s'est traduite par des manifestations en 2022. Et en début d'année, le Congrès a approuvé une loi pour déployer les forces armées sur ces territoires frontaliers.

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« LA CONSTITUTION DES ABUS » 

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