05 juin, 2020

VÉNÉZUÉLA : GUAIDÓ SE SERAIT RÉFUGIÉ À L’AMBASSADE DE FRANCE À CARACAS

Le ministre vénézuélien des Affaires étrangères a affirmé jeudi que le chef de l’opposition, Juan Guaidó se trouve dans l’ambassade de France à Caracas, rapporte le site Infobae. Lundi, le président Nicolás Maduro avait laissé entendre que son rival s’était « caché” dans une représentation diplomatique.
Un autre opposant, Leopoldo López, se trouverait pour sa part dans la résidence de l’ambassadeur d’Espagne. Le ministre a déploré une « situation profondément irrégulière ». « C’est une honte pour la diplomatie de l’Espagne, c’est une honte pour la diplomatie de la France ce qui s’est passé, et ils vont en payer le prix très, très bientôt », a-t-il martelé. La France et l’Espagne font partie de la cinquantaine de pays [ larbins des États-Unis] dans le monde qui reconnaissent M. Guaido comme président vénézuélien par intérim.

04 juin, 2020

DES ÉTRANGER BLOQUÉS À SANTIAGO : «PLUS LE TEMPS PASSE, PLUS ON SE DEMANDE CE QU’IL VA ADVENIR DE NOUS»

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DES BOLIVIENS TRANSFÉRÉS DANS DES ABRIS
Pendant plusieurs jours, environ 700 Boliviens ont campé dans des tentes de fortune devant le consulat, dans le quartier huppé de Providencia, où de leurs cris (« Nous voulons rentrer! ») ils ont directement apostrophé le gouvernement de facto de la putschiste Jeanine Áñez pour pouvoir rentrer dans leurs pays.
PHOTO MARTIN BERNETTI
Le préfet de la région métropolitaine de Santiago du Chili, Felipe Guevara, a annoncé que les citoyens boliviens et péruviens campant aux alentours des consulats de leurs pays respectifs seraient transférés dans des auberges aménagées dans la commune de Recoleta, mises à disposition par le maire communiste Daniel Jadue. Le maire a effectivement habilité trois écoles pour héberger les migrants.

DES ÉTRANGER BLOQUÉS À SANTIAGO 
L'ancien président de la Bolivie en exil en Argentine, Evo Morales, a remercié le maire de Recoleta, Daniel Jadue, d'avoir aidé les 700 Boliviens qui campaient devant le consulat de ce pays.

IL a déclaré : « je tiens à remercier le peuple chilien et le frère Jadue pour leur solidarité avec 700 compatriotes, qui ont été transférés vers trois abris». « Ils ont campé devant le consulat bolivien qui leurs a fermé les portes. La Chancellerie doit gérer rapidement leur rapatriement», a-t-il conclu. 

SÉISME DE MAGNITUDE 6,8 AU CHILI

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CARTE DES INTENSITÉS 
M 6,8 - 48 km SUD-SUD-OUEST DE 
SAN PEDRO DE ATACAMA, CHILI

Un tremblement de terre de magnitude 6,8 est survenu au Chili le 3 juin 2020 à 07h35 UTC.
Par Jacques MORVAN
L'épicentre, à 96,8 km de profondeur, était situé à 23°296 S 68°422 W, à 48 km sud-sud-ouest de San Pedro de Atacama, à 106 km sud-sud-est de Calama, et à 205 km nord-nord-est d'Antofagasta dans le département d'Antofagasta. 

Il n'y a eu aucun rapport immédiat de victimes, [ a provoqué des dommages structurels mineurs dans la province d'El Loa ] dans cette région faiblement peuplée. 


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03 juin, 2020

COMMÉMORATION DU 108ème ANNIVERSAIRE DU PCCh

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LUIS EMILIO RECABARREN SERRANO

CENT-HUITIÈME ANNIVERSAIRE DU PCCH
1912 - 4 DE JUIN - 2020
PORTRAIT DE LUIS EMILIO
RECABARREN (LER) EN 1906
Le Parti ouvrier socialiste (POS) fut fondé le 4 juin 1912 à Iquique ville de nord du Chili, par l'ouvrier typographe Luis Emilio Recabarren Serrano et une trentaine de mineurs. Il s'est transformé en adhérant à la IIIème Internationale (KomIntern) en Parti communiste du Chili (PCCh) lors du IIIème congrès du POS en 1922, Ier du PCCh.
108 ans  
de Lutte pour la Démocratie 
et la Justice Sociale 
PCCh

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POCHETTE VINYLE 33T 
«LA FRAGUA
»
[ Pour écouter, cliquer sur la flèche ]

« La Fragua»  Quilapayun 1973.
PAROLES ET MUSIQUES SERGIO ORTEGA

DIRECTEUR MUSICAL EDUARDO MOUBARAK


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LE PRÉSIDENT CUBAIN ADRESSE SES FÉLICITATIONS À RAUL CASTRO POUR SON 89ème ANNIVERSAIRE

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PHOTO ESTUDIOS REVOLUCIÓN
LA HAVANE, 3 juin 2020 (Xinhua) -- Le président cubain Miguel Diaz-Canel a adressé mercredi ses félicitations au premier secrétaire du Comité central du parti communiste de Cuba, Raul Castro, pour son 89e anniversaire, et l'a remercié pour sa contribution à la révolution cubaine.
MIGUEL DÍAZ-CANEL ET RAÚL CASTRO,
 EN MAI 2016 À LA HAVANE. 
PHOTO PLANET PIX. ZUMA-REA
«Félicitations à notre général d'armée, héros de la République cubaine et acteur fondamental de la Révolution ainsi que de l'histoire contemporaine», a tweeté M. Diaz-Canel, tout en louant la fidélité et la contribution de M. Castro à la Révolution cubaine.

Raul Castro, qui est né le 3 juin 1931, est le frère cadet de Fidel Castro, le chef de la Révolution cubaine. Il a fait l'expérience de la guérilla, puis a été un leader militaire et politique pendant des décennies qui ont suivi la victoire des révolutionnaires en 1959.

M. Castro est devenu président du Conseil d'État et des ministres cubains en 2008, réélu en 2013. Il a ensuite occupé le poste de premier secrétaire du Comité central du Parti en 2011, à la suite de son frère qui décèdera en 2016.

M. Diaz-Canel lui a succédé à la tête du Conseil d'État et des ministres de Cuba, puis est devenu président de la République en 2019 en vertu de la nouvelle Constitution cubaine adoptée la même année.


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CHILI : LES CAS DE CORONAVIRUS S'ENVOLENT ET L'ÉCONOMIE S'EFFONDRE

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DESSIN LAUZAN
Le pire est encore à venir. Les records de contaminations se sont déjà multipliés ces derniers jours : mardi 2 juin, le Chili enregistrait 108.686 cas de Covid-19 et 1.188 décès, pour une population de 18 millions d'habitants. Le pic devrait être atteint ce mois-ci, voire en juillet, dans ce pays qui fait partie des plus touchés d'Amérique latine , désormais principal foyer de coronavirus dans le monde.
Par Flora Genoux
PHOTO ESTEBAN FELIX / AP/ SIPA
Le gouvernement de Sebastián Piñera (droite) avait d'abord détonné avec une gestion singulière et un « confinement dynamique », visant à isoler les zones contaminées seulement, afin de préserver l'économie. « Je me risquerais à dire que l'on a réussi à aplanir la courbe », s'enorgueillissait le ministre de la Santé à la mi-avril. Depuis, une quarantaine totale a été décrétée à Santiago le 16 mai, où se concentrent 80 % des cas et où les capacités hospitalières en réanimation frôlent la saturation.

« Le virus était concentré dans les quartiers riches confinés mais la population des quartiers pauvres s'y est rendue pour travailler et le virus a circulé », retrace Gabriel Cavada, épidémiologue. « Il aurait fallu un confinement total, beaucoup plus tôt et réalisable avec une aide de l'État qui permette à la population de rester chez elle au lieu d'être obligée de sortir travailler ». Le virus s'étend dans les zones défavorisées où la densité des habitations ne permet pas de respecter la distanciation sociale.

Malaise social


Au mois de mai, des manifestations ont éclaté dans les quartiers précaires de la capitale. « Si on ne meurt pas du virus, on meurt de faim », pouvait-on lire sur certaines pancartes tandis que les habitants réclament l'arrivée des colis alimentaires promis par le gouvernement. La révolte sociale, historique, en octobre dernier a été coupée net par l'arrivée du virus. Mais elle continue de gronder dans les foyers. « La pandémie renforce les fondements de la révolte car elle démontre la fragilité des populations les plus vulnérables », remarque Gabriel Cavada.

Malgré les mesures de confinement partiel, l'économie s'est effondrée avec une chute de 14 % du PIB au mois d'avril comparé à la même période l'année dernière. Il s'agit de la baisse la plus brutale en trente ans. Le recul s'avère aussi plus important que ce que projetaient les analyses. Le taux de chômage pourrait atteindre 10 % sur la période s'étendant de février à mars. C'est dans ce contexte tourmenté que le FMI vient d'accorder une ligne de crédit modulable de 24 milliards de dollars au pays. Symbole des effets dévastateurs de la pandémie sur l'économie : le géant brésilo-chilien de l'aéronautique LATAM s'est déclaré en faillite la semaine dernière. Au Chili, la compagnie génère 10.000 emplois directs et 200 000 emplois indirects.

PIÑERA TENTE DE FAIRE PASSER EN DOUCE UNE LOI POUR NEUTRALISER LA CONTESTATION SOCIALE.

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DES MANIFESTANTS BRANDISSENT UN MONTAGE DU PORTRAIT
D'AUGUSTO PINOCHET ET DE SEBASTIAN PINERA LORS
D'UNE MARCHE À SANTIAGO LE 23 OCTOBRE 2019.
PHOTO PABLO VERA. AFP
Avec la « nouvelle loi sur le renseignement », Piñera tente de faire passer en douce une loi pour neutraliser la contestation sociale. 
Dans une démarche typique qui dénote son statut de tricheur, opportuniste et profiteur, et qui révèle à la fois ses priorités, Piñera, bénéficiant du fait que tout le pays est bouleversé par la pandémie, propose avec une soudaine urgence une loi sur le renseignement, qui consacre une surveillance de l’État et des forces armées dont même les tristement célèbres DINA et CNI n’avaient pas pu jouir.
« PIÑERA PUE LA DICTATURE »
L'alarme a été donnée par le maire de Recoleta, Daniel Jadue, sur ses réseaux sociaux.

«Ils nous font passer des vessies pour des lanternes : en pleine pandémie et alors que la plupart d'entre nous sont préoccupés par la santé de nos compatriotes, le gouvernement veut plus de pouvoirs pour criminaliser les mouvements sociaux. Aujourd'hui, pourrait être votée la loi sur le renseignement de @sebastianpinera lui permettant d'utiliser les forces armées contre des groupes nationaux que le président considère comme une menace. C'est le retour de la figure de l'ennemi intérieur par laquelle les droits de l'homme ont été systématiquement violés pendant la dictature. Le Sénat l'a approuvée à l'unanimité. Je lance un appel urgent aux députés: pour le plus grand bien du Chili, le Congrès doit le rejeter aujourd'hui #defendamoslademocracia», a-t-il écrit sur son profil Facebook.
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LO COLE
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02 juin, 2020

CONCORDE. AU CHILI, LE PRÉSIDENT PIÑERA PROPOSE UN PACTE NATIONAL AVEC L’OPPOSITION

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DESSIN LO COLE
Sapés par les manifestations de l’automne dernier puis par la crise du coronavirus, les choix conservateurs et libéraux qu’affichait le président Sebastián Piñera lors de son élection en 2018 ont cédé la place à un désir de conciliation et d’union nationale pour relancer le pays.
«DIALOGUE SOCIAL» 
DESSIN ENEKO LAS HERAS
C’est l’heure des comptes au Chili, et ils ne sont pas bons. Ces derniers mois, des manifestations violentes et répétées ont balayé la superbe du président conservateur Sebastián Piñera, avant que la crise du coronavirus, ce printemps, ne vienne abattre les dernières résistances du gouvernement.

Et maintenant, constate El País, “Sebastián Piñera, le gouvernement et les parlementaires du pouvoir et de l’opposition cherchent à sceller un pacte axé sur la protection sociale, la relance et une stratégie financière pour faire face à la crise économique provoquée par le Covid-19”.

«JE VOIS QUE TU A BESOIN D’AIDE»
DESSIN MICO2020
Avec plus de 105 000 contagions et 1 113 morts au 1er juin, le Chili n’en a pas terminé avec le coronavirus, la courbe des contagions s’étant accélérée à la hausse à la mi-mai.

Et il semble loin le temps où, le 19 avril, le président annonçait un “plan de retour au travail”, avant de se voir contraint de confiner sévèrement le Grand Santiago le 16 mai et d’être confronté à des émeutes de la faim.

Je vais appeler à un accord transversal” a déclaré Sebastián Piñera le 25 mai, via la plateforme Zoom, cité par La Tercera, prenant de court son propre gouvernement et l’opposition – majoritaire – au Congrès.

Effets dévastateurs de la crise


Le temps presse, les besoins des Chiliens sont urgents”, a-t-il affirmé quelques jours plus tard, repris par BioBioChile, ajoutant :
« Cet accord doit renforcer le réseau de protection sociale en lui donnant plus de moyens, plus d’équipements […], doit renforcer la relance de l’économie, améliorer les salaires, épauler les PME et stimuler les investissements. »
Maintenant, donc, approuve La Tercera, “le gouvernement et l’opposition se donnent deux semaines pour parvenir à un pacte […] qui permette de contenir les effets dévastateurs qui s’annoncent”.

Le gouvernement a déjà investi près de 7 % de son PIB dans des mesures d’aide d’urgence qui bénéficient à quelque 4,5 millions de Chiliens. Elles sont déclinées sous forme de salaires versés aux personnes privées de leur activité informelle, de subventions et de paniers alimentaires. Mais c’est insuffisant, souligne  El País, face à la crise durable qui frappe des millions d’habitants.

Parmi les mesures envisagées, poursuit le journal, le Chili pourrait recourir à son Fonds de stabilisation économique et sociale (Fees) qui représente 5 % de son PIB et ainsi “s’affranchir des limites financières que s’était imposées le ministère des Finances”.

“Un dialogue plutôt qu’un pacte national”


Une première réunion de travail du gouvernement avec les partis de l’opposition s’est tenue le 29 mai. À cette occasion, le gouvernement a mis sur la table un projet regroupant des aspects de protection sociale, de finances publiques et de relance économique, et appelé à une “union politique”, rapporte BioBioChile dans un autre article. L’opposition a prudemment souligné qu’elle préférait évoquer “un dialogue plutôt qu’un pacte national”.

Néanmoins, constate El País, le président Piñera semble avoir regagné quelque confiance dans l’opinion publique. Après être tombée très bas pendant le soulèvement de la population à l’automne dernier, sa cote de popularité est remontée à 29 % ces dernières semaines. Soit celle qu’il avait avant la première manifestation du 18 octobre 2019.

L'ACTIVITÉ ÉCONOMIQUE DU CHILI CHUTE DE 14,1% EN AVRIL EN RAISON DE LA PANDÉMIE (BANQUE CENTRALE)

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BANQUE CENTRALE DU CHILI
L'activité économique chilienne a chuté de 14,1% en avril comparé au même mois de l'an dernier, mise à mal par l'impact de la pandémie de Covid-19 sur les services et le commerce, a annoncé lundi la Banque centrale du pays.
RFI 
Cette baisse du PIB, la pire depuis plus de 30 ans au Chili, s'est avérée plus sévère que les prévisions des analystes, qui tablaient sur un recul pouvant aller jusqu'à 10%, conséquence des mesures de confinement mises en oeuvre par les autorités pour contenir la propagation du coronavirus.

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PHOTO JAN S - FOTOLIA.COM
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01 juin, 2020

ASSASSINAT DE GEORGE FLOYD : L’ONU DÉNONCE L’IMPUNITÉ RÉPÉTÉE DE LA POLICE AMÉRICAINE

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DES POLICIERS DE CORAL GABLES AGENOUILLÉS, SAMEDI 
EN SIGNE DE RESPECT APRÈS LA MORT DE GEORGE FLOYD. 
PHOTO EVA MARIE UZCATEGUI, AFP
Le haut-commissariat aux droits de l’homme des Nations unies épingle les États-Unis après des meurtres d’Africains-Américains restés sans poursuites et commis par des policiers.
GEORGE FLOYD.
PHOTO CHRISTOPHER HARRIS 
Toujours prompts à donner des leçons au monde entier, les États-Unis sont épinglés par le haut-commissariat aux Droits de l’homme des Nations unies après qu’un policier blanc a tué George Floyd, lundi 25 mai. « Il s’agit d’une longue série de meurtres d’Africains-Américains non armés par des policiers américains », a dénoncé Michelle Bachelet, la présidente de cette institution onusienne, jeudi. Elle appelle à une réponse judiciaire forte, ce qui n’est pas le cas actuellement, l’impunité restant la norme. « Les autorités américaines doivent prendre des mesures sérieuses pour mettre un terme à ces meurtres et garantir que justice soit rendue lorsqu’ils se produisent », déclare-t-elle, invitant à la mise en place d’un « système de prévention ».

Justice pour Eric Garner, Trayvon Martin, Michael Brown, Tamir Rice, Freddie Carlos Gray...


LA RÉVOLTE S’INTENSIFIE AUX ETATS-UNIS APRÈS LA MORT DE 
GEORGE FLOYD LORS DE SON ARRESTATION PAR LA POLICE. 
ALORS QUE LE PAYS S’ENFONCE DANS L’ANGOISSE, LE PRÉSIDENT,
EN CAMPAGNE POUR SA RÉÉLECTION, SOUFFLE SUR LES BRAISES.
PHOTO SKYNEWS
Car, l’assassinat de George Floyd par un policier n’est malheureusement que le dernier d’une trop longue liste. Avant que George Floyd n’agonise sous le genou d’un policier en disant « je ne peux pas respirer » à Minneapolis, Eric Garner avait déjà supplié en 2014, usant des mêmes mots, les agents qui l’avaient ceinturé à New York de ne pas l’étouffer. Le policier meurtrier ne sera pas poursuivi.

ILLUSTRATION BLACK LIVES MATTER
Depuis 2013, l’impunité contre les meurtres de Noirs américains au nom de la lutte contre la délinquance est dénoncée par le mouvement Black Lives Matter (La vie des Noirs compte). En février 2012, George Zimmerman, chargé de la surveillance du voisinage dans un quartier, avait tué un adolescent de 17 ans, Trayvon Martin. Cette décision de justice avait entraîné des manifestations dans des dizaines de villes américaines. Et l’indignation suscitée n’a pas empêché l’ancien vigile, en 2016, de vendre aux enchères l’arme de son crime pour 250 000 dollars (225 000 euros).

PHOTO FELIPE LOEY 
En 2014, c’était la ville de Ferguson dans le Missouri qui s’embrasait après que, le 9 août, Michael Brown, 18 ans, désarmé, a été abattu. Le policier qui a tiré n’a pas été condamné, le département de la Justice estimant qu’il avait agi en légitime défense. La même année, un policier a tué à Cleveland Tamir Rice, 12 ans, qui portait une arme-jouet.

La ville de Baltimore s’est également soulevée, en 2015, à la suite du décès de Freddie Carlos Gray, blessé à la nuque après son arrestation – il était alors en bonne santé. Il tombera dans le coma et succombera une semaine plus tard. Les six policiers mis en cause seront acquittés eux aussi.

DISPARITION. LUIS CHIHUAILAF, UNE HISTOIRE CHILIENNE À ORLÉANS

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OLIVIER CARRÉ MAIRE D'ORLÉAN ET LUIS CHIHUAILAF À DROITE 
     
Luis Chihuailaf, fondateur de l’association Escale implantée au cœur du quartier populaire de La Source, s’est éteint dans la nuit de samedi à dimanche, le 31 mai 2020, à l’âge de 80 ans. Il emporte avec lui une partie de l’histoire qui unit le Loiret à une communauté chilienne constituée d’opposants au dictateur Pinochet, ces derniers ayant massivement été accueillis en France, en 1974. Histoire d’un homme qui a fait l’Histoire.
Comme nombre de Chiliens qui ont fui la

OLIVIER CARRÉ ET LUIS CHIHUAILAF
  À ORLÉANS, JANVIER 2019. 
 dictature de Pinochet, Luis Chihuailaf (littéralement «brume sur le lac » en langue indienne) a eu plusieurs vies. Le fondateur et figure historique de l’association Escale, qui s’est éteint dans la nuit de samedi à dimanche, 31 mai 2020, des suites d’une longue maladie, aura consacré ses vies à améliorer celles des autres. Au Chili, tout d’abord où Luis était « avant tout paysan dans les communautés indiennes », comme aime à le souligner Rodrigo, l’un de ses enfants. Mais aussi comme directeur d’école engagé, militant syndical et politique. « Le coup d’état contre Allende a été un traumatisme », se souvient-il. Lui, avait cinq ans au moment où le gouvernement progressiste est renversé par un coup d’état soutenu par les USA. 

Il se souvient encore : « Il fallait deux ou trois heures de marches aux enfants de paysans pour gagner l’école, d’où l’idée de créer un internat, une entreprise que mon père a pu mener à bien ». Un internat qui permettra également aux enfants de bénéficier de deux vrais repas quotidiens. Mais le nouveau maître des lieux, Augusto Pinochet, fait systématiquement taire toute forme d’opposition et de progrès. Luis est arrêté et torturé avant d’être isolé avec sa famille de l’autre côté du pays.

Quelques jours plus tard, il est de nouveau arrêté, puis torturé au point que son fils ne le reconnaît pas. Puis, la providence s’en mêle. « Mon père était entraîneur de football et il avait, dans son équipe, deux militaires qui l’ont reconnu », rapporte son fils. « Ils l’ont alerté qu’ils lui laisseraient 24 heures avant de signaler son évasion ». Grâce à un laisser-passer sanitaire, la famille peut enfin gagner Santiago, la capitale où se trouve la résidence de l’ambassadeur de France. Son épouse profite des festivités du nouvel an 1974 pour accueillir les Chihuailaf. Et c’est un avion affrété par l’Organisation des Nations Unies qui leur permettra de gagner la France. « Jusque sur le tarmac, les militaires nous ont obligé à mettre les mains sur la tête, comme une ultime humiliation », se souvient encore Rodrigo.

C’est sous une pluie battante que les Chiliens arrivent à Roissy. Plusieurs d’entre eux vont prendre la direction du Château de Chamerolles, dans le Loiret. « Les opposants politiques prenaient cette direction, tandis que les autres familles étaient accueillis en Grande Bretagne », se souvient Elgueta Jorge, ancien exilé et proche de Luis. À ce moment-là, tous n’ont qu’une idée en tête : « Retourner au pays dans une semaine ou un mois, c’était une évidence pour nous», assure Rodrigo. « Mon père n’avait pas d’autres projets ». Pourtant, Luis trouve rapidement un  emploi d’ouvrier au sein du Bureau de recherches géologiques et minières (BRGM) basé à La Source.

Naissance d’Escale


 LUIS CHIHUAILAF ACCOMPAGNÉ
 DE SON ÉPOUSE. DR
Et c’est là qu’il prend les rênes du club de foot qui encaissait des scores de baby-foot, perdant chaque année 20 ou 30 buts à zéro. Et c’est aussi là, au sein de la commission technique, que Luis affirme l’idée selon laquelle le sport et l’éducation doivent être traitées de concert. Ainsi naquit, en 1985, l’association Éducation sportif culturel animation loisirs par l’éducation populaire (Escale). «Notamment à travers le foot, nous accueillions les petits frères et surtout les petites soeurs », insiste Rodrigo. « En plus de l’éducation, il y avait des activités sporadiques, comme le tour de Sologne en vélo ou des tournois inter-quartiers, activité pour lesquelles nous avions le soutien financier de Jeunesse et Sports », se souvient-il. 

Luis, qui a passé le témoin il y a une dizaine d’années, laissera une trace indélébile dans ce quartier populaire de La Source. Il a rejoint son ami Michel Ricoud dont il aura ignoré, jusqu’au bout, la disparition. Plusieurs personnalités locales (voir encadrés), dont le sénateur Jean-Pierre Sueur, le maire Olivier Carré lui ont rendu hommage. Mais aussi beaucoup d’anciens d’Escale, dont certains y militent toujours à l’image de Samir Baz, vice-président de l’association. Durant cette deuxième vie, Luis aura réussi l’exploit de mettre ses expériences du Chili au service des quartiers populaires. Avec un succès qui force l’admiration de tous. 

< Les obsèques auront lieu le lundi 8 juin 2020, à 14h30, à l’église Saint-Yves d’Orléans La Source>
Mourad Guichard

31 mai, 2020

LE CHILI DÉPLORE 1000 MORTS, 100.000 CONTAMINATIONS AU CORONAVIRUS

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LE CHILI DÉPASSE 1 000 DÉCÈS ET PRÈS
DE 100 000 CAS DE CORONAVIRUS
PHOTO SANTIAGO TIMES 
Le Chili a passé dimanche 31 mai le cap des 1000 morts du Covid-19 et 100.000 contaminations au nouveau coronavirus, selon les derniers chiffres officiels.
LE CHILI DÉPLORE 1000 MORTS DU CORONAVIRUS
Ces dernières 24 heures, 4.830 nouveaux cas de coronavirus ont été officiellement enregistrés dans ce pays de 18 millions d'habitants ainsi que 57 décès supplémentaires, un record quotidien, a annoncé le ministère de la Santé. Au total, depuis l'apparition du premier cas de Covid-19 au Chili, le 3 mars, ce sont 99.688 personnes qui ont contracté cette maladie, dont 1.054 ont perdu la vie.


La plupart des malades qui ont trouvé la mort sont des personnes âgées souffrant d'autres pathologies, mais les autorités ont récemment souligné que la moitié des personnes contaminées ces dernières semaines avaient moins de 40 ans et qu'elles représentaient 12% des hospitalisations.

Vendredi, plus de 80% des contaminations étaient concentrées dans la seule capitale Santiago, qui compte sept millions d'habitants.