29 octobre, 2026

BRÉSIL / LA FUITE DE FLAVIO BOLSONARO AUX AIRS DE MAUVAISE TELENOVELA

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MIAMI, FLORIDE, LE 28 OCTOBRE 2026. LE CANDIDAT D’EXTRÊME DROITE
DÉFAIT À LA PRÉSIDENCE BRÉSILIENNE FLAVIO BOLSONARO ARRIVE
À L’AÉROPORT MIAMI-OPA LOCKA EXECUTIVE AVEC SA FAMILLE.
PHOTO JOE RAEDLE

L'Humanité
Au terme d’une rocambolesque cavale, Flavio Bolsonaro s’est exilé aux États-Unis. Le candidat de l’extrême droite défait dans les urnes le 25 octobre par Lula, espère ainsi fuir de la justice, qui a ouvert un dossier sur un possible financement étranger de sa campagne présidentielle.

Cathy Dos Santos Publié le 28 octobre 2026 6min

Le dénouement de la présidentielle du 25 octobre est digne d’une telenovela qu’affectionnent particulièrement les Brésiliens. Le protagoniste n’est autre que Flavio Bolsonaro. Après deux jours de folles rumeurs, de démentis sur fond d’ordres judiciaires – bien réels, eux –, l’épilogue est tout aussi rocambolesque : Flavio Bolsonaro, qui briguait les plus hautes fonctions du pays continent, s’est enfui pour échapper à la justice.



« Chasman y Chirolitas » (ou « Chasman y Chirolita ») fait référence
au duo de ventriloquie le plus célèbre de l'histoire de la télévision et
du spectacle en Argentine, composé de l'artiste Ricardo Chasman
et de sa marionnette Chirolita.

► À penser en dessin : FENÊTRE SUR COUR

Après avoir été défait dans les urnes au terme d’une « remontada » spectaculaire du président de gauche, Lula, le candidat du Parti libéral (PL) et poulain de Donald Trump a trouvé refuge aux États-Unis. Ce qu’a confirmé le département d’État puisqu’il lui a délivré des visas d’entrée.

La nouvelle star de l’extrême droite brésilienne s’est carapatée via l’Argentine, ce que des médias locaux avaient annoncé avant d’être démentis mardi par les autorités, puis a fait escale en Équateur, dirigé d’une main de fer par le président milliardaire Daniel Noboa. Il est désormais exilé en Floride, fief du trumpisme et de l’anticastrisme.

La Une du quotidien argentin Página/12 datée du jeudi 29 octobre 2026
présente une caricature satirique intitulée « Chasman y Chirolitas » /
fait référence au duo de ventriloquie le plus célèbre de l'histoire de la
télévision et du spectacle en Argentine, composé de l'artiste
 Ricardo Chasman et de sa marionnette Chirolita.

Financement et ingérance étrangère

Tout est allé très vite. Mardi, le juge de la Cour suprême Flavio Dino a ordonné l’ouverture d’une enquête sur un possible financement étranger de la campagne du candidat d’extrême droite.

Le juge, qui a précisé avoir été saisi par plusieurs formations, dont le Parti des travailleurs de Lula, a demandé à la police fédérale d’établir si Rockbridge Network, un groupe d’influence conservateur américain cofondé par le vice-président des États-Unis J. D. Vance, a « participé à des tractations visant à l’obtention de soutien financier en faveur de la campagne présidentielle de Flavio Bolsonaro ».

Le magistrat a également évoqué d’autres formes d’ingérence, telles que des soupçons d’« asymétries délibérées et (de) manipulation algorithmique par des entreprises d’Internet visant à favoriser ou à nuire à des candidatures dans le processus électoral brésilien », notamment Meta.

Lula et le PT avaient porté plainte dans l’entre-deux-tours, contre le géant technologique états-unien auprès de l’Organisation des États américains (OEA) pour « ingérence » dans la présidentielle afin de favoriser le candidat de l’extrême droite.

Deux frères en fuite

Lundi encore, dans une vidéo postée sur Instagram, Flavio Bolsonaro jurait ses grands dieux qu’il n’avait « jamais pensé à quitter le pays ». « Je vais me défendre de cette aberration », promettait-il. La fiction a rattrapé la réalité.

Quelques heures plus tôt, la justice lui avait ordonné de remettre ses passeports, après les déclarations tenues samedi, la veille du scrutin, par son frère, Eduardo Bolsonaro, exilé au Texas pour échapper à la justice au Brésil, dans lesquelles il disait que le candidat du PL devrait quitter le pays en cas de défaite.

Ces propos auraient réveillé les soupçons du juge du tribunal suprême Alexandre de Moraes, bête noire des Bolsonaro pour avoir fait condamner le patriarche et ancien président du Brésil, Jair Bolsonaro, pour son rôle dans le coup d’État avorté de 2023, lorsque ses partisans avaient sauvagement investi la place des Trois-Pouvoirs à Brasilia. Faute de restitution desdits passeports, le magistrat a ordonné leur annulation.

Sentant l’étau se resserrer, le chef de file de l’extrême droite a précipité son départ et franchi la frontière avec l’Argentine, pays aux mains d’un autre ami, Javier Milei.

«Fugitif »
DESSIN CARLOS LATUFF

Une longue liste d’affaires scabreuses

Ce énième déboire judiciaire est venu s’ajouter à une longue liste d’affaires scabreuses qui éclabousse Flavio Bolsonaro. Il serait mouillé dans une enquête de blanchiment d’argent lié à des paris sportifs. Il est surtout au cœur d’un vaste écheveau politico-judiciaire, l’affaire « Banco Master », qui a conduit à l’arrestation du banquier Daniel Vorcaro, après que son établissement a cumulé des milliards de dettes.

Faveurs et largesses à gauche comme à droite ? Sans nul doute. Flavio Bolsonaro a été contraint de reconnaître qu’il avait reçu des millions de dollars dont la finalité était de financer un film à la gloire de son père intitulé Dark Horse. Mais cet argent aurait peut-être été détourné au profit de… Eduardo Bolsonaro, contraint de fuir le pays à la suite de ces agissements contre la justice lors du procès du paternel.

Le scandale, qui a également touché le fils aîné de Lula, n’épargne pas non plus la justice. Le juge Alexandre de Moraes, à l’origine de la condamnation du chef de la famille, s’est retrouvé mêlé aux scandales après la divulgation de messages échangés avec Daniel Vorcaro, sur ordre du juge André Mendonça, ancien ministre de la Justice de Jair Bolsonaro, et nommé par ses soins à la Cour suprême.

La presse brésilienne fait ses gros titres de ce baroud. Selon O Globo, la fugue de Flavio Bolsonaro était planifiée avant même son sérieux revers électoral. Dans son camp, le dépit cohabite avec la morgue. Le sénateur et coordinateur de sa campagne, Rogério Marinho, a fait part de sa « surprise ».

« Nous avons parlé avec Flavio de la nécessité, avec les 60 millions de votes obtenus, d’assumer le rôle de leader de l’opposition, a-t-il tenté d’expliquer. Nous avons clairement un gouvernement qui a fait mal au pays. Nous étions vigilants pour cette fin d’année et pour les quatre années à venir pour faire notre part (de travail) selon le mandat (que nous a confié) une partie de la population. »

À Brasilia, sur la place des Trois-Pouvoirs, prise d’assaut il y a quelques années par les affidés de Jair Bolsonaro et qui lui vaut aujourd’hui d’être assigné à résidence, Lula a fêté mardi ses 81 ans avec une foule de partisans.

Pour l’occasion, le président au quatrième mandat s’est fendu d’une cinglante repartie : « Qui ne doit rien n’a pas peur. La démocratie se respecte dans la victoire comme dans la défaite. Le Brésil est notre maison et c’est ici que nous devons affronter les défis, respecter la justice et défendre la souveraineté de notre pays. Le Brésil, c’est sa seconde patrie. La première, c’est de lécher les bottes des États-Unis. » Clap de fin.

Cathy Dos Santos




BRÉSIL. COMMENT FLÁVIO BOLSONARO A FUI VERS LES ÉTATS-UNIS EN JET PRIVÉ AVEC “L’AIDE DE LA MAISON-BLANCHE”


FLÁVIO BOLSONARO DESCEND D’UN AVION À SON ARRIVÉE À
L’AÉROPORT OPA LOCKA EXECUTIVE DE MIAMI, EN FLORIDE,
LE 28 OCTOBRE 2026.
PHOTO RICARDO ARDUENGO

Courrier
international
Après sa défaite à la présidentielle brésilienne, dimanche, face à Lula, le sénateur conservateur, visé par une série d’enquêtes judiciaires, est arrivé mercredi en Floride, où il s’est autoproclamé “leader” du Brésil. “The New York Times” et “The Wall Street Journal” font état de l’implication de Jason Miller, un conseiller du président américain Donald Trump.

Courrier international Lecture 3 min. Publié le 30 octobre 2026 à 06h00, mis à jour le 30 octobre 2026 à 06h19

Le jet privé à bord duquel Flávio Bolsonaro est arrivé à Miami, mercredi, malgré son interdiction de quitter le Brésil, “avait été affrété par un responsable de la Maison-Blanche”, révèle jeudi 29 octobre The New York Times.

Selon le quotidien américain, le sénateur conservateur brésilien de 45 ans, qui n’a pas reconnu sa défaite à l’issue de l’élection présidentielle du 25 octobre face à Luiz Inácio Lula da Silva, a fui avec sa famille aux États-Unis dans un avion affrété par Jason Miller, un conseiller du président américain Donald Trump. “Mardi soir, (Flávio Bolsonaro) s’est envolé d’Argentine pour l’Équateur afin de faire le plein, puis pour Miami, à bord d’un jet privé affrété par Jason Miller, un responsable de la communication de la Maison-Blanche, selon une source proche du dossier”, écrit le New York Times. La Maison-Blanche ne s’est pas exprimée à ce sujet.

The Wall Street Journal avait aussi fait état, peu auparavant, de l’implication de Jason Miller. D’après le journal, “en collaboration avec Eduardo, le frère cadet de Flávio Bolsonaro, qui dispose d’un réseau influent, un petit groupe comprenant Jason Miller, conseiller de Trump, a affrété un jet privé pour le transporter de l’Argentine en Floride”.

Visé par une série d’enquêtes au Brésil, notamment pour des soupçons de blanchiment d’argent, Flávio Bolsonaro s’était “envolé pour les États-Unis après que la police brésilienne lui a demandé lundi de remettre ses passeports”, retrace le New York Times.

“Un petit cercle d’alliés influents de Trump”

L’opération “complexe” visant à exfiltrer Flávio Bolsonaro de son domicile de Brasilia vers les États-Unis s’est concrétisée lundi, “moins de 24 heures après sa défaite” à la présidentielle, “alors que ses alliés s’inquiétaient d’une possible arrestation”, relève le Wall Street Journal, qui décrit comment le sénateur a fui le Brésil notamment grâce à “un ami à la Maison-Blanche”. “Cette fuite, qui reposait en grande partie sur la tromperie et les leurres, a déclenché un jeu de devinettes mondial qui a même laissé certains des plus proches alliés de Bolsonaro à Washington et au Brésil dans l’ignorance quant au lieu où il se trouvait.”

Outre ceux d’“un petit cercle d’alliés influents de Trump” et “de hauts responsables américains”, le Wall Street Journal évoque aussi les efforts “du président argentin Javier Milei” pour aider Flávio Bolsonaro et sa famille à se rendre aux États-Unis.

Pour El País, cette fuite “démontre l’existence d’un bloc latino-américain non seulement idéologiquement aligné sur Trump, mais aussi prêt à agir selon sa logique, au mépris des traités internationaux”, “les gouvernements argentin et équatorien (ayant) collaboré pour faire sortir du Brésil (Flávio Bolsonaro), en contournant la loi brésilienne”.

À son arrivée en Floride, mercredi, le fils de l’ex-président d’extrême droite Jair Bolsonaro s’est autoproclamé “président élu légitime” du Brésil, dans une lettre “au peuple brésilien et à la communauté internationale”, avant de supprimer son message et de le republier en se désignant comme le “leader” du Brésil. Il a dénoncé une supposée “fraude électorale” et a dit qu’il comptait “diriger” l’opposition brésilienne depuis son exil américain - une déclaration désapprouvée au Brésil jusque dans son camp.

Interrogé mercredi au sujet des propos de Flávio Bolsonaro, Donald Trump a déclaré : “On lui a accordé un permis d’entrée sur le territoire, alors on verra bien. Mais je ne m’en mêlerai pas. C’était une élection très étrange, ça c’est sûr.”

Risque d’aggravation des tensions avec Lula

Selon un responsable américain cité par le New York Times, Flávio Bolsonaro devrait prochainement demander le statut de résident permanent aux États-Unis, “autrement dit une carte verte”.

Le frère cadet de Flávio Bolsonaro, Eduardo Bolsonaro, qui réside au Texas “et entretient des liens étroits avec l’administration Trump”, a obtenu le statut de résident permanent aux États-Unis en juillet, note le New York Times. “Alors que la procédure prend généralement des années pour les immigrants, il a bénéficié d’une approbation accélérée.”

DES POLICIERS ONT FORMÉ UN CORDON DE PARAPLUIES POUR ESCORTER
BOLSONARO ET SA FAMILLE DE L'AVION À UN VÉHICULE À MIAMI.
PHOTO JOE RAEDLE 

L’alliance “personnelle” entre les Trump et les Bolsonaro, “les deux familles politiques les plus puissantes de l’hémisphère a profondément modifié les relations entre les États-Unis et le Brésil”, remarque le Wall Street Journal. Le quotidien rappelle qu’en 2025, Donald Trump a imposé des droits de douane élevés au Brésil, invoquant le traitement réservé à Jair Bolsonaro, condamné à vingt-sept ans de réclusion pour tentative de coup d’État contre Lula en 2022. Et qu’il a sanctionné le juge de la Cour suprême qui avait interdit à ce dernier de quitter le Brésil.

Mais, prévient le New York Times, “l’aide apportée par la Maison-Blanche à M. Bolsonaro pourrait aggraver les tensions entre l’administration Trump et M. Lula, qui a accusé M. Trump d’ingérence dans les affaires intérieures du Brésil”.

Courrier international

 

DESSIN CARLOS LATUFF

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LE PRÉSIDENT DU BRÉSIL, LUIZ INACIO LULA DA SILVA,
À SÃO PAULO, LE 26 OCTOBRE 2026.
PHOTO AMANDA PEROBELLI 


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Le Figaro
Selon plusieurs médias, le candidat défait à la présidentielle s’est envolé pour les États-Unis. Il est soupçonné de corruption et de blanchiment d’argent dans plusieurs enquêtes policières.

Par Le Figaro avec l'AFP Publié le 27/10/2026 à 23h24, mis à jour le 27/10/2026 à 23h25

 « Perdió, huyó y lo visaron » /
 « Il a perdu, il a fui et on lui a accordé un visa »
 fait référence au départ de Flávio Bolsonaro
du Brésil vers les États-Unis.»
UNE DE PÁGINA|12 DU 28 10 2026

Le président Lula a déclaré mardi qu'il serait «honteux» que son adversaire Flavio Bolsonaro ait quitté le Brésil pour les États-Unis après sa défaite à la présidentielle, tout en affirmant qu'il n'avait «pas d'informations précises» à ce sujet.



DESSIN CARLOS LATUFF

► À penser en dessin : FENÊTRE SUR COUR

«Le fait de quitter le Brésil, c'est honteux», a déclaré Luiz Inacio Lula da Silva après des informations de presse en ce sens. «Le Brésil, c'est sa seconde patrie. La première, c'est de lécher les bottes des États-Unis», a-t-il fustigé lors de la célébration de ses 81 ans, à Brasília.




«JE N’AI JAMAIS PENSÉ À QUITTER LE PAYS»: QUAND FLAVIO BOLSONARO MENTAIT AUX BRÉSILIENS, LA VEILLE DE SA FUITE


VIDÉO - Dans une vidéo publiée sur ses réseaux sociaux, le fils de Jair Bolsonaro a déclaré lundi qu’il s’était vu interdire par la justice de quitter le Brésil, au lendemain de sa défaite face à Lula.

[ Cliquez sur la flèche pour visionner la vidéo ] 

 

Par Mathilde Serra Publié le 28/10/2026 à 06h58

«Je n’ai jamais pensé à quitter le pays. Je vais rendre mes passeports.» Voilà ce que Flavio Bolsonaro affirmait encore ce lundi, veille de sa fuite. Dans cette vidéo publiée sur ses réseaux sociaux, le candidat malheureux à l’élection présidentielle promettait qu’il allait se défendre contre «cet outrage» et dénonçait une «tentative évidente de [l]’intimider». En effet, il assurait que la justice venait de lui interdire de quitter le Brésil.

«Ce matin, je suis allé rendre visite à mon père et au moment où je partais, la Police fédérale de Lula était devant sa porte, et en plein milieu de la rue, on m’a sommé de remettre mes passeports et on m’a également interdit de quitter le pays», décrivait le fils de Jair Bolsonaro. Cela n’aura pas empêché le sénateur conservateur de fuir le Brésil. Le gouvernement de Donald Trump a annoncé qu’il accorderait un visa à celui qui promettait quelques heures plus tôt à ses partisans qu’il dirigerait l’opposition au gouvernement Lula. «Pour résister face au chaos, je vais organiser l’opposition. Je vais rassembler les députés et les sénateurs élus pour élaborer notre stratégie et faire de la Chambre et du Sénat notre bastion contre la barbarie qui se profile déjà pour les quatre prochaines années de Lula», assurait-il.



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Une leçon pour le monde / Après une lutte acharnée contre
 l'extrême droite brésilienne, l'ingérence de Donald Trump et des États-Unis,
la manipulation des géants du numérique  et la fraude électorale, 
Luiz Inácio Lula da Silva  a uni ses forces à celles de jeunes militants,
 à la mobilisation  populaire, à des personnalités politiques de centre-droit et à
l'utilisation stratégique des réseaux sociaux pour vaincre l'extrême droite
et être réélu président du Brésil. / Un exemple à suivre pour le reste du monde.
DESSIN  CUSTODIO

Politique Brésil / 
Courrier
international
Le président américain a déclaré que le vote de dimanche au Brésil “ressemblait à une nouvelle élection truquée” mais sans rien prévoir contre Lula. Bolsonaro a renoncé à demander l’annulation de l’élection. Les marchés brésiliens, inquiets des choix économiques à venir, se sont écroulés au lendemain du vote.

Courrier international Lecture 2 min. Publié le 27 octobre 2026 à 05h30, mis à jour le 27 octobre 2026 à 12h30

PHOTO KENT NISHIMURA

avant de s’envoler pour un nouveau meeting dans le Mississippi lundi soir, Donald Trump a commenté les résultats de l’élection présidentielle de la veille au Brésil. “Ça ressemblait à une nouvelle élection truquée, franchement”, a estimé le président américain, cité par The Hill. Lula, donné perdant, l’a emporté de plus de quatre millions de voix sur Flávio Bolsonaro grâce, entre autres, à une participation en hausse. “Les élections doivent être incontestables et celle-là m’a semblé très mauvaise. J’ai regardé l’élection, et ça m’a paru tellement corrompu. C’est terrible”, a ajouté Trump, tout en insistant sur le fait qu’il s’entendait bien avec Lula.

FLÁVIO BOLSONARO EST REVENU SUR SA DÉCLARATION PRÉCÉDENTE
SELON LAQUELLE IL CONTESTERAIT LE RÉSULTAT DE L'ÉLECTION.
 PHOTO TON MOLINA 

► À penser en dessin : FENÊTRE SUR COUR 

Coïncidence ou pas, le Washington Post constate que Bolsonaro a concédé sa défaite quelques minutes “après que Trump eut suggéré qu’il ne l’aiderait pas”, malgré sa bonne relation avec Jair Bolsonaro, son père, et ce que le quotidien qualifie de “scepticisme” face à l’issue du vote.

LA PHOTO MONTRE KK KASST EMBRASSANT LE FRONT DE L'ABOMINABLE
 PÉDOPHILE PAUL SCHÄFER, FONDATEUR DE COLONIA DIGNIDAD

► À lire aussi :    SCANDALE AU CHILI APRÈS LA REMISE EN LIBERTÉ DE DIZAINES DE DÉTENUS PÉDOPHILES

Dimanche soir, le candidat du parti libéral avait annoncé qu’il allait demander l’annulation de l’élection, en raison notamment du temps supplémentaire accordé dans certains bureaux de vote. “Je ne suis pas celui qui a perdu, c’est le système qui a gagné”, a affirmé Bolsonaro, prêt à “organiser l’opposition pour bâtir une forteresse contre le barbarisme”. En fin de journée, c’est sa formation politique qui a publié un communiqué disant que “nous reconnaissons le résultat de l’élection présidentielle proclamé par le Tribunal supérieur électoral”.

DESSIN CARLOS LATUFF

Le journal indique également qu’au-delà de la position de Trump, Bolsonaro a compris que son espoir d’annuler l’élection n’était pas très partagé, y compris dans son camp. Il va plutôt attaquer Lula en justice, l’accusant d’abus de pouvoir pour influencer le vote. “Une initiative classique de la part de candidats battus qui a rarement du succès au tribunal”, souligne le Post.

LE PRÉSIDENT AMÉRICAIN DONALD TRUMP ET LE PRÉSIDENT BRÉSILIEN
LUIZ INÁCIO LULA DA SILVA SE RENCONTRENT EN MARGE DU 47ème
SOMMET DE L'ASSOCIATION DES NATIONS DE L'ASIE DU SUD-EST (ASEAN)
À KUALA LUMPUR, EN MALAISIE, LE 26 OCTOBRE 2025. 
PHOTO EVELYN HOCKSTEIN 

“Une défaite pour le trumpisme”

Donald Trump n’avait pas pris parti officiellement en faveur de Bolsonaro durant la campagne, rappelle USA Today. Il l’avait toutefois invité à la Maison-Blanche, une rareté pour un candidat. “La défaite de Bolsonaro prive la Maison-Blanche d’un allié idéologique puissant à la tête d’une des plus grosses économies d’Amérique latine”, observe le quotidien. “La victoire de Lula au Brésil est une défaite pour le trumpisme”, confirme Time. Le président américain a “l’ambition de bâtir un hémisphère de gouvernements alignés sur ses politiques”.

LUIZ INACIO LULA DA SILVA PRONONCE UN DISCOURS DEVANT SES
PARTISANS APRÈS AVOIR REMPORTÉ LE SECOND TOUR DE L'ÉLECTION
 PRÉSIDENTIELLE À SAO PAULO, AU BRÉSIL, LE 25 OCTOBRE 2026.
PHOTO   JUAN BARRETO

Axios signale d’ailleurs que des alliés du président américain ont critiqué le résultat des urnes en criant à la fraude. Comme Steve Bannon, ancien proche conseiller de Donald Trump, qui lui demande de couper les liens des États-Unis avec le Brésil ou Andrew Kolvet, ex-producteur de Charlie Kirk, appelant à “mettre la pression en coulisse” sur Lula et son gouvernement. “L’attention prêtée à la défaite de Bolsonaro intervient alors que des militants Maga poussent Trump à prendre des mesures extraordinaires, comme la loi martiale, s’ils pensent que l’élection américaine est truquée”, pointe Axios.

Le Wall Street Journal a d’évidentes réserves sur Lula, qui va devoir “nettoyer la pagaille qu’il hérite de lui-même” pendant son nouveau mandat. Bolsonaro, perçu comme plus rigoureux en matière de dépenses publiques, avait la préférence des investisseurs. “Les marchés ne votent pas pour Lula au Brésil”, titre un éditorial.

LE PRÉSIDENT BRÉSILIEN, LUIZ INÁCIO LULA DA SILVA,
CÉLÈBRE LUNDI SA VICTOIRE AU SECOND TOUR
DE L'ÉLECTION PRÉSIDENTIELLE. 
PHOTO AMANDA PEROBELLI

L’index Bovespa, le principal index de la bourse locale, a chuté de 10 % à l’ouverture des marchés, au point de déclencher une interruption provisoire des échanges, relève le New York Times. Le géant Petrobras, une entreprise publique, a vu son action s’effondrer de 14 %, le groupe bancaire Itau 20 %. Le Real a lui perdu 8 % sur le dollar, sa chute la plus forte depuis 1999, précise le quotidien.

Loïc Pialat

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FLYER PCCH


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À LUIZ INÁCIO LULA DA SILVA, BRASÍLIA, 18 OCTOBRE 2026.
PHOTO FABIO RODRIGUES-POZZEBOM

Le Monde
Diplo
Dimanche 25 octobre, les Brésiliens départageront MM. Luiz Inácio Lula da Silva et Flávio Bolsonaro. Arrivé en tête du premier tour de l’élection présidentielle le 4 octobre, le troisième fils de l’ancien président d’extrême droite voit son avance se réduire. À la veille du scrutin, les deux candidats sont au coude à coude dans les sondages.

La Valise diplomatique   23 octobre 2026

Dans les rues, les partisans de Lula se mobilisent pour favoriser la « remontada » du président sortant : étudiants, syndicats, militants des mouvements populaires (lire le reportage inédit d’Anne-Dominique Correa) et artistes multiplient les rassemblements contre Flávio Bolsonaro. À São Paulo, des livreurs de plate-forme ont même détourné les cortèges de motos popularisés par le sénateur de l’État de Rio de Janeiro. Ils soutiennent Lula tout en réclamant à son gouvernement les protections sociales qu’ils attendent toujours.

«  Attention ! Zuckerberg s'ingère dans les élections brésiliennes
 à la demande de Flávio Bolsonaro ! / L'ingérence de META (Zuckerberg)
dans l'élection présidentielle brésilienne ! »
DESSIN CARLOS LATUFF

► À penser en dessin : FENÊTRE SUR COUR

Quatre ans après sa défaite, le bolsonarisme conserve pourtant de puissants moyens pour reconquérir la présidence. La condamnation de son fondateur pour tentative de coup d’État n’a pas défait les alliances qui avaient assuré son ascension. L’agrobusiness, les églises évangéliques et une partie des forces de sécurité constituent autant de relais que l’alternance de 2022 n’a pas abolis.

DESSIN DE SELÇUK

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Dans un pays où près de 60 % de la population ne s’informe que sur les réseaux sociaux, l’extrême droite brésilienne est puissamment organisée. Ses opposants accusent les plates-formes américaines, notamment Meta (Facebook, Instagram, Whatsapp), de favoriser par ses algorithmes le camp de M. Bolsonaro. Saisie par l’équipe de campagne de Lula, le Tribunal suprême fédéral (TSF) a exigé des explications à l’entreprise, ainsi qu’à celle détenue par M. Elon Musk, X.

Aux États-Unis, le bolsonarisme compte sur d’autres appuis avérés : celui de M. Donald Trump et de son administration. Lors du débat du 18 octobre, Lula a dénoncé les démarches de M. Eduardo Bolsonaro auprès de l’administration américaine, qui ont contribué à l’imposition de sanctions de Washington contre le Brésil pour faire pression sur sa justice. Une curieuse conception de la souveraineté, dont se réclame pourtant l’extrême droite brésilienne.

Mais la souveraineté se joue également à l’intérieur des frontières. Au Brésil, 1 % des propriétaires détiennent près de la moitié des terres agricoles. Les sans-terre poursuivent leur combat pour une réforme agraire que la résistance des grands propriétaires contribue à maintenir inachevée. Leur poids économique se traduit aussi en influence politique, notamment au Congrès. Derrière les discours sur l’indépendance nationale subsiste ainsi la question de savoir qui décide de l’usage des terres, de l’exploitation des ressources et de la répartition des richesses. Quel que soit le vainqueur dimanche, ceux qui contrôlent ces dernières conserveront de solides moyens de défendre leurs intérêts.

Une dernière question demeure au sujet de cette élection dont les enjeux concernent le Brésil, mais également l’ensemble du continent : l’administration américaine reconnaîtra-t-elle les résultats dimanche soir en cas de victoire serrée de Lula ?


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ÉTATS-UNIS : UN MANDAT D’ARRÊT ÉMIS CONTRE L’ANCIEN PRÉSIDENT CUBAIN RAÚL CASTRO, 95 ANS

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 L’ANCIEN PRÉSIDENT CUBAIN RAÚL CASTRO.
[PHOTO D’ARCHIVES TASS

RT France
L’ancien président cubain Raúl Castro, âgé de 95 ans, est visé par un nouveau mandat d’arrêt délivré par un tribunal de l’État de Floride, après son inculpation fédérale en mai. La décision survient alors que Washington accentue sa pression sur La Havane, qui avait dénoncé les accusations américaines comme une «méprisable provocation politique».

RT en français Publié le 19 oct. 2026, 20:16

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Une juge de Floride a délivré un mandat d’arrêt contre l’ancien président cubain Raúl Castro dans une affaire remontant à 1996. La décision, prise au niveau de l’État, a été signée par Ariana Fajardo Orshan, du 11ème circuit judiciaire de Floride, à Miami, le 19 octobre.

► À penser en dessin : FENÊTRE SUR COUR

Les faits datent du 24 février 1996, lorsque l’aviation cubaine avait abattu deux avions Cessna 337 appartenant à l’organisation d’exilés cubains Brothers to the Rescue, basée à Miami. Quatre personnes avaient été tuées, dont trois ressortissants américains.

 LA HABANA, EL 17 DE MAYO
FOTO YAMIL LAGE

► À lire aussi :    L’IMPÉRIALISME, RAÚL CASTRO ET LA FABLE DES « FRÈRES DU SECOURS »

L’organisation repérait des migrants cubains tentant de rejoindre les États-Unis par la mer. Elle menait aussi des actions contre le gouvernement cubain, notamment en larguant des tracts au-dessus de l’île.

Les circonstances de l’incident restent contestées. Washington affirme que les appareils ont été abattus au-dessus des eaux internationales. Cuba soutient, de son côté, qu’ils avaient violé son espace aérien et que les activités de l’organisation représentaient une menace pour sa sécurité nationale.

Des accusations rejetées par La Havane

À l’époque des faits, Raúl Castro était ministre cubain de la Défense. Frère cadet de Fidel Castro, il a ensuite dirigé le pays de 2008 à 2018, avant de céder la place à l’actuel président Miguel Díaz-Canel.

Le mandat survient près de cinq mois après les accusations portées le 20 mai 2026 contre l’ancien dirigeant et cinq autres personnes. Les poursuites fédérales comprennent quatre chefs de meurtre, deux de destruction d’aéronefs et un de complot visant à tuer des ressortissants américains. Les cinq autres accusés sont d’anciens membres de l’appareil militaire cubain, dont trois pilotes.

Le nouveau mandat délivré en Floride porte, quant à lui, sur une accusation de complot en vue de commettre un meurtre au premier degré.

Les autorités cubaines avaient rejeté les accusations américaines de mai, dénonçant une «méprisable provocation politique».

Une décision sur fond de pressions américaines contre Cuba

Ce nouvel épisode judiciaire survient dans un contexte de fortes tensions entre Washington et La Havane. Un haut responsable de l’administration Trump avait déclaré que les poursuites engagées en mai s’inscrivaient dans une campagne de pression contre l’île.

Les relations se sont notamment dégradées après l’intervention américaine au Venezuela en janvier 2026, qui a conduit à la capture de l’ancien président vénézuélien Nicolás Maduro, l’un des principaux alliés du gouvernement cubain. Washington a aussi annoncé des mesures visant les pays qui approvisionnent Cuba en pétrole.

Pour sa part, la Russie maintient son opposition aux sanctions américaines visant l’île. En février, le président russe Vladimir Poutine a jugé ces restrictions inacceptables, tout en soulignant les liens historiques particuliers unissant les deux pays.

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