01 avril, 2026

JEFFREY EPSTEIN À PARIS

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JEFFREY EPSTEIN ET GHISLAINE MAXWELL,
DANS LEUR JET PRIVÉ,  SUR UNE PHOTO
RENDUE PUBLIQUE PAR LE MINISTÈRE
 DE LA JUSTICE AMÉRICAIN,
LE 19 DÉCEMBRE 2025.
PHOTO US DEPARTMENT OF JUSTICE 

Le Monde
Diplo
Entre-soi, démesure et impunité / Jeffrey Epstein à Paris / Généralement traitée comme un fait divers, l’« affaire Epstein » mérite d’être examinée d’un point de vue sociologique. Car les millions de documents rendus publics par la justice ne renseignent pas seulement sur une exception criminelle : ils éclairent les fonctionnements d’une certaine fraction de l’élite, habituée des quartiers huppés. Comme le 16e arrondissement parisien.

par Monique Pinçon-Charlot 

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par Monique Pinçon-Charlot • Lu par Morgane Hainaux
LE MONDE DIPLOMATIQUE - AUDIO 
« JEFFREY EPSTEIN À PARIS »
Illustration
« Le Monde diplomatique » 

Jeffrey Epstein est né en 1953 dans une famille juive modeste de Brooklyn, un quartier populaire de New York, d’un père jardinier municipal et d’une mère assistante maternelle. Mais il devient vite extrêmement riche, en sachant tirer profit des rencontres fructueuses accumulées au fil des années (1).
DEVANT LES PROPRIÉTÉS PARISIENNES
DE JEFFREY EPSTEIN, AVENUE FOCH.
PHOTO FRANCOIS MORI

► À penser en dessin : FENÊTRE SUR COUR  

Sa relation avec M. Douglas Leese, un marchand d’armes britannique installé aux États-Unis, se révèle déterminante : il l’introduit au sein de l’oligarchie du Royaume-Uni, et son fils Nick le présente aux jeunes talents de Wall Street. Le milliardaire Leslie Wexner, rencontré à la même époque, lui ouvre également de nombreuses portes, notamment en lui confiant la gestion d’une partie de son patrimoine. En 1987, à seulement 34 ans, Epstein entre au conseil d’administration de la prestigieuse New York Academy of Art, ce qui lui permet d’étoffer son carnet d’adresses dans les mondes des arts et de la finance. Entouré de nombreux clients et amis richissimes, il amasse une telle fortune qu’il ne tarde pas à s’offrir un Boeing 727, puis une des îles Vierges, Little Saint James, dotée d’un statut très avantageux sur le plan fiscal. Rapidement, il vit entre plusieurs pays où il entretient de solides réseaux.

VOICI DONALD TRUMP. IL EST ACCUSÉ D'AVOIR
 VISITÉ UNE ÎLE AVEC DES MINEURES. OUPS.

La réussite d’Epstein tient largement à sa capacité à combiner les ingrédients traditionnels de la mayonnaise oligarchique. Fréquenter ainsi les puissants lui permet de s’enrichir, très vite, et lui autorise un mode de vie fondé sur l’appropriation de multiples ressources — parfois jusqu’aux formes les plus extrêmes de prédation, y compris des violences sexuelles contre de très jeunes femmes — avec un sentiment d’impunité.

Les jets privés, un moyen de transport cinquante fois plus polluant que le train et cinq à quatorze fois plus qu’un vol commercial, constituent l’un des symboles les plus visibles de cet entre-soi défiant le « petit peuple » (2). En voyageant ainsi, les « premiers de cordée » ne courent aucun risque de croiser « ceux qui ne sont rien », selon les mots du président français Emmanuel Macron. Pour garantir leur tranquillité, les ultrariches disposent d’infrastructures spécifiques, comme l’aéroport du Bourget près de Paris, ou celui de Farnborough dans la banlieue de Londres. Les contrôles y sont suffisamment souples pour éviter toute file d’attente ; on peut même se faire déposer en limousine au pied de l’avion.

Capable de transporter vingt à trente passagers en « configuration VIP », le Boeing 727 d’Epstein se pose pour la première fois à Paris en 1996.

Six ans plus tard, le milliardaire achète un appartement d’environ huit cents mètres carrés dans la capitale française, au deuxième étage d’un imposant immeuble de l’avenue Foch, à deux pas de l’Arc de triomphe. Soit dans la partie la plus huppée du XVIe arrondissement, celle qui correspond au code postal 75116, le 75016 étant traditionnellement considéré comme celui des « moins riches des riches ». Le prestige se niche dans ce type de détails.

Epstein côtoie ainsi d’autres grandes fortunes, des oligarques russes ou proche-orientaux, à proximité des ambassades et des sièges de holdings financières. Une plaque dorée bien visible sur l’avenue Foch indique à chaque passant que l’entrée de service se trouve au numéro 1, rue Chalgrin. Ce système évite de croiser le petit personnel, tout en facilitant la circulation discrète de certains visiteurs, qui peuvent ainsi contourner le hall principal.

Le pouvoir social étant aussi un pouvoir sur l’espace, nul ne s’étonnera que la largeur de l’avenue Foch dépasse celle des Champs-Élysées (cent vingt mètres, contre soixante-dix). L’artère a été doublée par des contre-allées, initialement affectées aux cavaliers désirant se rendre en toute sécurité à l’orée du bois de Boulogne, au bout de l’avenue. Les riches s’arrogent ainsi tout l’espace qu’ils estiment leur être dû, dans la ville comme dans la société (3). Beaux quartiers, jets privés, îles paradisiaques ou palaces constituent autant d’enclaves permettant de s’extraire du commun et de développer une sociabilité et une solidarité mondaines à l’échelle planétaire.

Enclaves mondaines

Les médias dominants — souvent détenus par des milliardaires — ont transformé l’« affaire Epstein » en un fait divers scabreux et racoleur. Une telle lecture tend à masquer le fonctionnement réel d’une classe sociale qui concentre tous les pouvoirs (économique, social, culturel…) et vit à l’écart du reste de la population, qu’elle domine et exploite à sa guise. L’entre-soi oligarchique favorise un sentiment de supériorité et un climat de « pas vu, pas pris » propice aux renvois d’ascenseur. Selon des courriels rendus publics, Epstein prête ainsi son jet privé à M. Jack Lang, alors président de l’Institut du monde arabe (IMA), pour qu’il se rende au Maroc, tandis que l’ancien ministre aide le milliardaire dans ses recherches immobilières à Marrakech. « Le prix est de 5 400 000 euros, offshore », lui précise ainsi l’ancien ministre dans un message de mars 2015, au sujet d’un riad dans la Palmeraie. M. Lang a rencontré l’homme d’affaires au début des années 2010, lors d’un dîner organisé en l’honneur du réalisateur Woody Allen.

Cette agrégation de semblables évoluant dans les hautes sphères participe de l’opulence. La richesse de chacun renforce celle de tous les autres, selon un fonctionnement en vase clos qui exclut tout « ruissellement » vers les classes moyennes ou populaires. Loin d’être un simple fait divers, l’affaire Epstein rend visible la mécanique d’un monde social d’ordinaire protégé par de nombreux secrets — fiscal, bancaire, défense ou encore, le plus récent, le « secret des affaires ». « Pour vivre heureux, vivons cachés », nous a-t-on souvent répété lors de nos enquêtes dans le monde de la grande bourgeoisie. Cette vie à l’abri des regards nourrit un sentiment d’impunité chez ces milliardaires auxquels le système capitaliste offre une liberté presque totale, notamment celle de s’approprier les formes du vivant à des fins de profit et de plaisir. Rappelons que depuis l’arrivée à l’Élysée, en 2017, de M. Macron, ancien associé-gérant de la banque Rothschild, la fortune cumulée des milliardaires français a doublé, pour représenter aujourd’hui un magot de 220 milliards d’euros détenus par trente-deux personnes, soit l’équivalent de dix mille postes d’enseignant financés pendant près de quatre cents ans (4).

Plutôt qu’une anomalie, l’« affaire Epstein » apparaît comme le produit logique d’un système de domination et d’exploitation inhérent au capitalisme mondialisé. Si elle frappe par son ampleur et la brutalité des crimes révélés, elle n’est pas un cas isolé. Des scandales mêlant argent, pouvoir et violences sexuelles jalonnent l’histoire récente des élites économiques et politiques. Les illégalismes de l’oligarchie sont parfois révélés au grand jour, à coup d’« Offshore Leaks », de « LuxLeaks », de « SwissLeaks » ou encore de « Panama Papers ». Mais une affaire en remplace une autre, étonnamment semblable, d’où surgit la suivante, sans qu’elles soient mises en relation (5). Comme dans le poème de Robert Desnos : « Le pélican de Jonathan / Au matin, pond un œuf tout blanc / Et il en sort un pélican / Lui ressemblant étonnamment. / Et ce deuxième pélican / Pond, à son tour, un œuf tout blanc / D’où sort, inévitablement / Un autre, qui en fait autant / Cela peut durer pendant très longtemps / Si l’on ne fait pas d’omelette avant ».

Afin d’éviter que certains ne se mettent aux fourneaux, les puissants se serrent les coudes dans ce que Pierre Bourdieu appelait une « orchestration sans chef d’orchestre (6) ». Les réseaux personnels des dominants s’insèrent dans un ensemble d’organisations internationales, de clubs privés, de clubs de golf, de think tanks et parfois de partis politiques. Ces cercles de pouvoir se dupliquent d’un pays à l’autre et favorisent une solidarité internationale entre membres des élites.

La publication en 2026 de millions de documents issus de l’enquête américaine sur Epstein a confirmé l’ampleur internationale de ses réseaux. Ces archives mettent en évidence une sociabilité traversant les milieux politiques, financiers, scientifiques et culturels de plusieurs continents. Epstein doit, par exemple, son entrée à la Commission trilatérale aux faveurs du magnat du pétrole David Rockefeller dans les années 1990, d’après ce qu’il affirme lors d’un entretien avec M. Steve Bannon, ancien conseiller de M. Donald Trump. Cette organisation privée rassemble de hauts dirigeants de la finance et de la politique issus des principales puissances occidentales (États-Unis, Europe et Japon). En 1975, deux ans après sa création, elle dénonçait les « excès de la démocratie » qu’exprimaient à ses yeux les manifestations contestataires de l’époque (7).

Cet univers fermé repose sur un système de sélection sociale dans lequel les riches choisissent eux-mêmes ceux qui sont dignes d’« en être ». Ainsi, lorsque Epstein sollicite le soutien de l’aristocrate et avocat Matthieu de Boisséson pour faciliter l’entrée de M. Lang à l’Union interalliée, prestigieux club du 8e arrondissement de Paris, la tentative échoue : l’accès à ces lieux demeure strictement contrôlé. L’essentiel ne réside pas tant dans l’échange de services, le don et le contre-don, que dans la certitude de chaque membre du groupe de pouvoir compter, en cas de besoin, sur la solidarité de tous les autres. Dans cette logique quasi collectiviste des élites, chacun protège les autres et entretient la cohésion du cercle.

« Aux riches, écrit Bourdieu, le monde social donne ce qu’il y a de plus rare, de la reconnaissance, de la considération, c’est-à-dire tout simplement de la raison d’être (8). » Mais cette reconnaissance engendre un sentiment de supériorité, vécu comme mérité et donc naturel, qui fait perdre le sens de la mesure, au point de percevoir les règles et les lois comme facultatives. Ainsi, M. Lang a pu accepter, dans les années 2000 et 2010, des costumes offerts par la marque italienne Francesco Smalto, pour un prix estimé à 500 000 euros, sans les déclarer au déontologue de l’Assemblée. Son avocat évoquera de simples « activités de représentation », et l’enquête sera classée. Les archives rendues publiques début 2026 mentionnent M. Lang et sa fille Caroline à 673 reprises. On y découvre notamment la trace d’un don de 5 millions d’euros accordé par voie testamentaire à Mme Lang quelques jours avant la mort en prison d’Epstein, en août 2019.

Est-ce en raison de ses origines modestes qu’Epstein a soigneusement consigné l’ensemble de ses courriels échangés depuis la France, le Maroc, les États-Unis ou le Royaume-Uni, comme autant de garanties potentielles ? Dans ces milieux où la discrétion est la règle, l’archivage systématique peut devenir une arme, une monnaie de chantage, un moyen de pression. Ces traces écrites fragilisent la solidarité tacite qui protège habituellement l’oligarchie.

Au-delà des dérives individuelles d’un milliardaire et de ses proches, l’« affaire Epstein » éclaire le fonctionnement d’un univers social fondé sur l’entre-soi, la cooptation et la protection mutuelle. Un monde où l’extrême concentration des richesses et du pouvoir nourrit un sentiment d’impunité — et où, parfois, un testament, quelques archives suffisent à fissurer l’édifice de silence qui le protège.


Monique Pinçon-Charlot

Sociologue et ancienne directrice de recherche au Centre national de la recherche scientifique (CNRS).

Notes :

(1) Les données concernant la biographie de Jeffrey Epstein ont été empruntées à la presse.

(2) Cf. le chapitre « Le joyau de la couronne : les jets privés » de l’ouvrage Les Riches contre la planète. Violence oligarchique et chaos climatique, Textuel, Paris, 2025.

(3) Cf. la réédition en 2025 de Michel Pinçon et Monique Pinçon-Charlot, Dans les beaux quartiers, paru au Seuil en 1989, par deux maisons d’édition, Rue de l’échiquier et Les Voix urbaines, avec une préface d’Éric Vuillard.

(4) « Focus France. Résister au règne des plus riches » (PDF), Oxfam France, Paris, janvier 2026.

(5) Cf. Michel Pinçon et Monique Pinçon-Charlot, Tentative d’évasion (fiscale), Zones, Paris, 2015.

(6) Pierre Bourdieu, Le Sens pratique, Paris, Minuit, 1980.

(7) Lire Olivier Boiral, « Pouvoirs opaques de la Trilatérale », Le Monde diplomatique, novembre 2003.

(8) Pierre Bourdieu, Méditations pascaliennes, Seuil, Paris, 2003.

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AU CHILI, JOSÉ ANTONIO KAST SORT LA TRONÇONNEUSE CONTRE LES MESURES DE GAUCHE

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JAVIER MILEI EN COMPAGNIE DU PRÉSIDENT CHILIEN
 ÉLU JOSÉ ANTONIO KAST À LA CASA ROSADA.
PHOTO PRÉSIDENCE DE L'ARGENTINE
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L'Humanité
Au Chili, José Antonio Kast sort la tronçonneuse contre les mesures de gauche / Premiers actes de son mandat, le président pinochétiste suspend la régularisation de 182 000 migrants et réprime les manifestations étudiantes. Les avancées qui concernent le temps de travail et la retraite pourraient suivre.

Lina Sankari Publié le 31 mars 2026 Monde 3min

DESSIN BECS

Comme dans le Comte, du réalisateur chilien Pablo Larrain, le pays de Salvador Allende n’en finit plus d’être survolé par un vampire qui a pour nom Augusto Pinochet. Ses héritiers ont besoin de lui pour survivre et l’ancien dictateur continue ainsi de se nourrir du cœur de ses victimes passé au mixeur.

MI-MARS, LA MOBILISATION CITOYENNE POUR LA JOURNÉE MONDIALE
 DE L’EAU A ÉTÉ FORTEMENT RÉPRIMÉE PAR LA POLICE, DANS UNE
TENTATIVE DE COUPER IMMÉDIATEMENT COURT
 À UN SOULÈVEMENT SIMILAIRE À 2019.
 PHOTO LUCAS AGUAYO ARAOS 

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Dans le Chili réel, le représentant le plus en vue du pinochétisme, José Antonio Kast, investi à la présidence le 11 mars, entend avancer au pas de course après la parenthèse sociale-démocrate incarnée par Gabriel Boric (2022-2026). Dans le droit-fil de sa campagne largement marquée par l’insécurité et l’immigration, il a annoncé, lundi 30 mars, suspendre la régularisation prévue par l’ancienne administration de 182 000 migrants sur les 337 000 que compterait le pays, selon les chiffres officiels.

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« Nous n’allons pas procéder à une régularisation massive, comme l’avait proposé le gouvernement Boric. Heureusement (le décret) n’a pas été mis en œuvre, car nous avons appris aujourd’hui que 6 000 personnes sur les 182 000 avaient déjà commis un délit », assure le directeur du service des migrations, Frank Sauerbaum, sans préciser la nature des délits imputés.

La régression sociale au menu

Sur le modèle trumpien, José Antonio Kast signe des décrets, en annule d’autres et construit des murs, comme celui prévu à la frontière avec le Pérou. La militarisation de la frontière avec la Bolivie est également au programme pour stopper l’entrée de migrants en majorité vénézuéliens.

Fils de Michael Kast, qui avait servi dans l’armée nazie avant de fuir vers le Chili après la Seconde Guerre mondiale, le nouveau président peut compter sur une droite majoritaire, bien que divisée, au Parlement. Ses composantes avaient obtenu 70 % des suffrages à la présidentielle de novembre et devraient s’entendre pour balayer le peu d’avancées obtenues lors du dernier mandat, avant tout par la ministre communiste du Travail et de la Protection sociale, Jeannette Jara, candidate de la gauche unie lors du scrutin.

La réduction de la semaine de travail ne doit entrer en vigueur qu’en 2028 et le nouveau système de retraite qu’en 2027. Autant de conquis sociaux qui pourraient être balayés par la nouvelle majorité avant même leur mise en place.

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La semaine dernière, la mobilisation de la Confédération des étudiants du Chili (Confech) et de l’Assemblée de coordination des lycéens (Aces) contre les coupes budgétaires dans l’éducation a donné lieu à une forte répression de la part des carabiniers et à des arrestations dans une tentative de couper immédiatement court à un soulèvement similaire à celui qui avait traversé le Chili en 2019. Nous en sommes pourtant loin.

Dans la foulée de son investiture, José Antonio Kast évoquait la possibilité d’accorder une grâce aux carabiniers et aux militaires condamnés pour violence lors de ces manifestations. « Nous y travaillons. Je dirais que le Chili a traversé une période de violence extrême qui s’est soldée par des indemnisations pour préjudice physique pour certaines personnes et par des incarcérations pour d’autres, alors qu’elles avaient simplement accompli leur devoir, conformément au mandat de l’État », disait-il lors d’une interview télévisée. 


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KK KASST
DESSIN BECS

31 mars, 2026

BLOCUS AMÉRICAIN ET CRISE ÉNERGÉTIQUE : UN PÉTROLIER RUSSE LIVRE DU BRUT À CUBA

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PHOTO TASS
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RT France
Blocus américain et crise énergétique : un pétrolier russe livre du brut à Cuba / Le pétrolier russe Anatoli Kolodkine est arrivé à Cuba avec une cargaison humanitaire destinée à atténuer une crise énergétique sévère. Cette livraison intervient alors que l’île fait face à des pénuries de carburant, à des coupures massives d’électricité et à de graves perturbations dans les services essentiels, en particulier dans les hôpitaux. 

RT en français 30 mars 2026, 17:41 © TASS 

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LE PÉTROLIER RUSSE ANATOLY KOLODKIN.
IMAGE D'ILLUSTRATION
le pétrolier russe Anatoli Kolodkine a atteint Cuba et attend désormais son déchargement au port de Matanzas. Le ministère russe des Transports a indiqué que le navire transportait 100 000 tonnes de pétrole brut dans le cadre d’une livraison humanitaire destinée à aider l’île à faire face à ses difficultés énergétiques.

VUE NOCTURNE DE LA HAVANE, SEULS QUELQUES BÂTIMENTS ÉTANT ILLUMINÉS.
/ LA HAVANE LORS D'UNE PANNE D'ÉLECTRICITÉ CE MOIS-CI.
PHOTO ADALBERTO ROQUE

► À penser en dessin : FENÊTRE SUR COUR 

Cette arrivée a eu lieu alors même que les États-Unis ont renforcé ces derniers mois la pression sur les approvisionnements énergétiques de Cuba. Washington a toutefois laissé entrer cette cargaison. Donald Trump a déclaré que les États-Unis ne s’opposaient pas à des livraisons ponctuelles de pétrole à caractère humanitaire, y compris depuis la Russie. Il a justifié cette position en expliquant que les Cubains avaient besoin « de survivre ». La cargaison, estimée à environ 730 000 barils, pourrait faire fonctionner, pendant près d’une semaine, les centrales thermoélectriques cubaines. 

EN FACE D’UN TERMINAL PÉTROLIER DU PORT
DE MATANZAS (CUBA), LE 30 MARS 2026.
    PHOTO RAMON ESPINOSA

Une crise énergétique devenue critique 

Cette livraison intervient dans un contexte de forte dégradation de la situation intérieure cubaine. Le réseau électrique national s’est effondré à trois reprises au cours du mois de mars, provoquant de longues coupures sur l’ensemble du territoire. Les informations disponibles font état d’une pénurie aiguë d’essence et de diesel, ainsi que d’un manque de produits alimentaires et de médicaments. 

Les conséquences touchent directement la population et les services publics. Plus de 100 000 personnes, dont plus de 11 000 enfants, sont toujours en attente d’une opération dans les hôpitaux cubains en raison de la crise énergétique. L’arrivée du brut russe apparaît comme un soutien concret au maintien des infrastructures vitales et aux besoins immédiats de la population. 

La situation locale s’est fortement détériorée après l’arrêt des livraisons vénézuéliennes à la suite de l’enlèvement du président Maduro, tandis que Washington a signé le 29 janvier un décret ouvrant la voie à des droits de douane contre les pays exportant du pétrole vers Cuba. 

Moscou met en avant une aide durable à Cuba 

Du côté russe, l’envoi du pétrolier représente une réponse nécessaire à une situation d’urgence. Dmitri Peskov, porte-parole du Kremlin, a déclaré le 30 mars que la Russie considérait comme son devoir d’aider « les amis cubains », en fournissant les ressources nécessaires à la production d’électricité, aux soins médicaux et au fonctionnement des systèmes de base. Il a également indiqué que Moscou poursuivrait son travail sur d’autres livraisons énergétiques vers l’île. 

La Chine a également appelé les États-Unis à lever immédiatement les sanctions contre Cuba et a réaffirmé son soutien à La Havane. 

Dans ce cadre, l’arrivée du pétrolier russe ne se limite pas à une opération logistique : elle illustre aussi la volonté de la Russie de maintenir une aide concrète et visible à Cuba, au moment où l’île traverse une crise énergétique et humanitaire majeure.

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DESSIN  PATRICK CHAPPATTE



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30 mars, 2026

UN PÉTROLIER RUSSE TRANSPORTANT DE L'AIDE HUMANITAIRE ARRIVE À CUBA

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VUE NOCTURNE DE LA HAVANE, SEULS QUELQUES BÂTIMENTS ÉTANT ILLUMINÉS.
/ LA HAVANE LORS D'UNE PANNE D'ÉLECTRICITÉ CE MOIS-CI.
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RT

Un pétrolier russe transportant de l'aide humanitaire arrive à Cuba / Le pétrolier russe Anatoly Kolodkin transporte environ 100 000 tonnes de pétrole destinées à l'aide humanitaire pour l'île. / Le pétrolier russe Anatoly Kolodkin est arrivé à Cuba et attend actuellement d'être déchargé au port de Matanzas, selon le ministère russe des Transports. / Le navire transporte environ 100 000 tonnes de pétrole destinées à l'aide humanitaire. Le pétrolier navigue sous pavillon russe et sans escorte militaire. Il a été escorté par un navire de guerre de la marine russe lors de sa traversée de la Manche, mais après son entrée dans l'Atlantique, le pétrolier a poursuivi sa route de manière autonome.

Actualidad RT  30 mars 2026, 07h51 GMT

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LE PÉTROLIER RUSSE ANATOLY KOLODKIN.
IMAGE D'ILLUSTRATION

il s'agit du premier pétrolier à arriver à Cuba depuis trois mois, après que les États-Unis ont contraint le Venezuela et le Mexique à interrompre leurs livraisons d'énergie à l'île. Cuba n'a reçu aucune cargaison de pétrole depuis le 9 janvier, ce qui a déclenché une crise énergétique. Le Mexique avait effectué la dernière livraison, mais a ensuite interrompu ses livraisons sous la pression de Washington.

« Victoire : La victoire, au prix de
 la mort et de la destruction 
»

DESSIN MORO.

► À penser en dessin : FENÊTRE SUR COUR

Auparavant, le président américain Donald Trump avait déclaré qu'il n'avait aucune objection à ce que des pays, y compris la Russie, fournissent du pétrole à Cuba. « Cela ne nous dérange pas de laisser quelqu'un recevoir une cargaison parce qu'ils en ont besoin. Ils doivent survivre », a-t-il déclaré aux journalistes. « Si un pays veut envoyer du pétrole à Cuba maintenant, je n'y vois aucun inconvénient, que ce soit la Russie ou non », a-t-il ajouté. « Je préfère l'autoriser, qu'il vienne de Russie ou de tout autre pays, parce que les gens ont besoin de chauffage, de climatisation et de tout le reste », a-t-il réaffirmé.

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« Solidarité inébranlable »

Le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, a affirmé la semaine dernière que son pays était préoccupé par l'escalade des tensions autour de Cuba et qu'il resterait solidaire du gouvernement de l'île caribéenne.

Parallèlement, le porte-parole de la présidence russe, Dmitri Peskov, a réaffirmé le soutien de Moscou à La Havane le 19 mars et a révélé que les autorités russes examinaient les moyens d'aider la nation caribéenne. « Nous sommes en dialogue constant avec les dirigeants cubains et, bien sûr, nous discutons de la manière d'aider l'île dans cette situation difficile », a-t-il déclaré.

Dans des déclarations plus tôt ce mardi, le porte-parole a également affirmé que la Russie était prête à fournir « toute l'assistance possible » à la nation caribéenne. « Toutes ces questions sont abordées avec nos homologues cubains », a-t-il expliqué.

Par ailleurs, le ministère russe des Affaires étrangères a exprimé sa « vive préoccupation » face à l'escalade des tensions autour de Cuba et a réitéré son soutien au gouvernement cubain et à son « peuple frère » face au blocus et aux pressions de Washington. Moscou a réaffirmé sa « solidarité indéfectible » avec la nation caribéenne, qui fait face à des « défis sans précédent » découlant directement de l'embargo commercial, économique, financier et, plus récemment, énergétique, imposé par les États-Unis.

Menace américaine contre Cuba

Le 29 janvier, le président américain Donald Trump a signé un décret déclarant l'« urgence nationale » en réponse à la menace « inhabituelle et extraordinaire » que, selon Washington, Cuba ferait peser sur la sécurité des États-Unis et de la région. Le texte accuse le gouvernement cubain de s'être allié à de « nombreux pays hostiles », d'abriter des « groupes terroristes transnationaux » et d'autoriser le déploiement sur l'île de « capacités militaires et de renseignement sophistiquées » russes et chinoises.

Suite à ces allégations, des droits de douane ont été annoncés sur les exportations de pétrole des pays exportateurs vers Cuba, accompagnés de menaces de représailles contre ceux qui s'opposeraient au décret présidentiel.

Cette mesure intervient dans un contexte de tensions croissantes entre Washington et La Havane, qui a toujours rejeté ces accusations et averti qu'elle défendrait son intégrité territoriale. Le président cubain a réagi en déclarant que « cette nouvelle mesure démontre la nature fasciste, criminelle et génocidaire d'une cabale qui a instrumentalisé les intérêts du peuple américain à des fins purement personnelles ».

Le 7 mars, Trump a annoncé qu'« un grand changement est imminent pour Cuba », ajoutant que le pays « arrive au bout du chemin ».

Les États-Unis maintiennent un embargo économique et commercial contre Cuba depuis plus de soixante ans. Cet embargo, qui affecte gravement l'économie du pays, a été renforcé par de nombreuses mesures coercitives et unilatérales de la Maison Blanche.

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DESSIN  PATRICK CHAPPATTE


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28 mars, 2026

POLITIQUE. DANS UN NOUVEL ACCÈS DE “MÉGALOMANIE”, TRUMP VA SIGNER LES BILLETS DE BANQUE AMÉRICAINS

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LE PRÉSIDENT AMÉRICAIN DONALD TRUMP SIGNE UN DOCUMENT À LA MAISON-BLANCHE,
LE JOUR DE SON INVESTITURE À WASHINGTON, LE 20 JANVIER 2025.
PHOTO CARLOS BARRIA


Politique États-Unis Donald Trump / Politique. Dans un nouvel accès de “mégalomanie”, Trump va signer les billets de banque américains / La signature de Donald Trump figurera sur tous les billets de banque américains. Une première pour un président en exercice et une nouvelle preuve de la “mégalomanie” du milliardaire, selon la presse internationale.

Courrier international Lecture 2 min. Publié le 28 mars 2026 à 01h58, mis à jour le 28 mars 2026 à 09h26

donald Trump “a consacré une grande partie de son second mandat à tenter de laisser son empreinte sur Washington”, observe Vanity Fair. “Il a couvert les bâtiments officiels d’immenses bannières à son effigie, a fait apposer son nom sur les murs en marbre de Carrare du Kennedy Center, et a paré la Maison-Blanche d’accents dorés, tout en faisant démolir l’aile Est pour y construire une salle de bal de plus de 8 000 mètres carrés”, poursuit le magazine new-yorkais.

« UN SALE TEMPS »
DESSIN NÉSTOR SALAS

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Ce n’était visiblement pas suffisant et “l’administration Trump franchit une nouvelle étape sans précédent vers l’omniprésence de sa marque : le département du Trésor prévoit d’ajouter la signature du président sur la monnaie américaine”, révèle la revue.

L’autographe de Donald Trump figurera désormais sur tous les billets de banque américains, remplaçant pour la première fois depuis 165 ans celui du Trésorier. “Le processus d’élaboration des nouvelles plaques d’impression est en cours et les nouveaux billets seront mis en circulation dans les mois à venir”, en commençant par la coupure de 100 dollars, précise Vanity Fair.

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Trump “adore apposer son nom sur tout”

Ce sera la première fois dans l’histoire des États-Unis que la signature du président en exercice figurera sur la monnaie américaine. La signature de Donald Trump remplacera celle du Trésorier Brandon Beach et figurera à côté de celle du ministre du Trésor, Scott Bessent.

Avec ce “plan extravagant” visant “un autre symbole américain”, le dollar rejoint donc “la longue liste d’objets sur lesquels le président a apposé son nom, ou qu’il a tout bonnement baptisés du sien”, s’agace The Daily Beast.

Et à quoi Donald Trump doit-il cet honneur ? “Nous connaissons déjà la véritable réponse : Trump est un mégalomane qui adore apposer son nom sur tout”, tacle New York Magazine. “Et l’explication officielle ne cherche guère à dissimuler ses relents de “cher leader”. Selon [le Trésorier Brandon] Beach, Trump mérite de voir son nom figurer sur tous les billets de banque américains, car il nous a conduits vers un ‘renouveau économique de l’Âge d’Or’”.

LA COMMISSION DES BEAUX-ARTS A VOTÉ EN FAVEUR DE L'UTILISATION
 DE CE PROFIL DU PRÉSIDENT DONALD TRUMP POUR UNE PIÈCE
DE 1 DOLLAR  EN L'HONNEUR DU 250E ANNIVERSAIRE DU PAYS. 
COMMISSION DES BEAUX-ARTS

Pièce de monnaie commémorative

“Avez-vous bien profité, jusqu’à présent, du ‘renouveau économique de l’Âge d’Or’ ? ”, ironise la très conservatrice National Review, alors que les prix ne cessent d’augmenter dans les supermarchés américains et que la guerre en Iran a fait exploser le prix de l’essence.

Si j’apposais mon nom sur la monnaie américaine, j’éviterais de mettre en œuvre une politique susceptible d’exacerber l’inflation et de déprécier la valeur de cette monnaie”, persifle son journaliste Jim Geraghty, qui se rassure comme il peut : “Au moins, le président Trump n’appose pas son visage sur la monnaie américaine” – juste sa signature.

Vraiment ? Comme le rappelle Vanity Fair, “la semaine dernière, la Commission des beaux-arts — composée exclusivement de membres nommés par Trump — a approuvé une pièce commémorative en or 24 carats, à l’effigie de Trump, pour célébrer le 250e anniversaire de la nation”.

Courrier international

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