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| PHOTOMONTAGE « O ESTADAO » |
L'Humanité Tribune / Leçons et enjeux du premier tour de l’élection présidentielle du Brésil, par Camila Vallejo et Alexis Cortés, membres du Comité central du Parti communiste Chilien. Ils sont présents à São Paulo en tant que membres de la délégation internationale observatrice invitée par « Un Brésil prêt pour plus », une coalition officielle de sept partis menée par le Parti des Travailleurs et soutenant le président Luiz Inacio Lula da Silva
Camila Vallejo et Alexis Cortés Publié le 7 octobre 2026 5min
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| CAMILA VALLEJO ET ALEXIS CORTÉS |
La récente élection présidentielle et parlementaire au Brésil a exprimé la force de la vague bolsonariste : majorité au Congrès (à très peu de sièges d’être qualifiée au Sénat) et Flavio Bolsonaro qui obtient 47,03 % des voix et passe en première position devant Lula da Silva (45,16 %). Comme on s’y attendait, l’actuel président et ancien dirigeant syndical a obtenu près de 54 millions de voix – un nombre très proche de son plafond au premier tour – mais en se retrouvant à une deuxième place inattendue.
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| DÉLÉGATION INTERNATIONALE OBSERVATRICE INVITÉE PAR « UN BRÉSIL PRÊT POUR PLUS » INSTAGRAM DE CAMILANTONIAMARANTA |
► À penser en dessin : FENÊTRE SUR COUR
Le résultat de l’élection brésilienne définira le cours stratégique de toute l’Amérique latine, dans un contexte où le corollaire Trump de la Doctrine Monroe (faire du continent son arrière-cour ou sa propre propriété) a progressé rapidement grâce à la subordination de plusieurs pays de notre région, avec des gouvernements idéologiquement proches des intérêts des États-Unis.
Le Brésil, cependant, a été activement et fermement le principal contrepoids régional à cette offensive, ainsi qu’une pièce fondamentale du multilatéralisme des BRICS. Il convient également de rappeler que le Brésil est le deuxième pays possédant les plus grandes réserves de terres rares et que l’Amazonie concentre d’énormes ressources naturelles.
Qu’est-ce qui explique un tel résultat et dans quelle mesure est-il possible de l’inverser ? La compréhension de ce premier dénouement est stratégique pour repenser une gauche qui aspire non seulement à arrêter la vague de l’extrême droite, mais aussi à offrir un projet d’avenir qui nous permette de redevenir une alternative. Lula, il y a quatre ans, avait réussi à vaincre Jair Bolsonaro, même si celui-ci concentrait le pouvoir de l’argent, de l’algorithme et le fait d’être au gouvernement. Alors, pourquoi le bolsonarisme a-t-il grandi alors qu’il n’est plus à la présidence ?
Dans le contexte le plus conjoncturel, aujourd’hui, pour tout candidat sortant, il est plus difficile de convertir sa position gouvernementale en force électorale. Lula est arrivé à l’élection en exhibant de grandes réussites macroéconomiques : chômage de seulement 5 %, croissance économique, augmentation du salaire minimum, inflation maîtrisée et sortie de la pauvreté, après l’appauvrissement vécu sous l’administration bolsonariste. Tout cela après une réforme fiscale qui a élargi la tranche d’exemption de l’impôt pour ceux qui gagnent jusqu’à 1 000 USD et qui a augmenté les impôts des plus riches.
De plus, ces dernières semaines, Lula a pris l’initiative politique avec des annonces très populaires : ajustement de 15 % du Bolsa Família, distribution gratuite de médicaments contre l’obésité par le système public de santé, projet de réduction du temps hebdomadaire de travail et fin des paris en ligne, responsables d’une bonne partie de l’endettement des familles les plus pauvres au Brésil.
Cependant, divers analystes signalaient l’existence d’un malaise diffus, qui s’est en grande partie focalisé sur la Cour suprême – commodément associée au gouvernement par la droite. Un malaise qui avait comme source une frustration des attentes à l’égard du gouvernement de Lula : les Brésiliens vont bien, mais ils espéraient aller mieux. En effet, le gouvernement du Parti des Travailleurs a connu des débuts marqués par l’austérité fiscale, ce qui, ajouté au fait de ne pas avoir de majorité parlementaire, a restreint sa capacité de transformation.
De son côté, Flavio Bolsonaro a réussi à activer le vote utile, dégonflant les quatre autres candidats de droite qui disputaient l’élection, la transformant en un plébiscite contre le gouvernement. En attisant un sentiment de polarisation anti-luliste, il a réussi à devenir invulnérable, malgré les très graves scandales de corruption et les scandales sexuels qui auraient dû entacher sa candidature, tout comme les accusations de liens avec le crime organisé (milices) le visant.
Dans une large mesure, ce conflit s’est résolu en faveur de l’extrême droite grâce à son fort déploiement sur les réseaux sociaux, soutenu par d’abondantes ressources économiques, mais aussi par une capacité organique et subjective construite il y a près d’une décennie.
Preuve en sont les votes élevés pour ses candidats-influenceurs, qui ont été majoritaires au niveau national dans les États les plus peuplés, et le soutien d’entrepreneurs néo-pentecôtistes contrôlant des médias, des ressources et forts d’une importance présence territoriale. Ce qui s’est traduit par un soutien substantiel d’une partie importante du monde évangélique aux candidatures d’extrême droite.
Cependant, Lula reste extrêmement populaire parmi les plus pauvres, les femmes et les catholiques. C’est pourquoi tout n’est pas perdu. Il y a eu un haut niveau d’abstention (près de 30 millions d’électeurs), précisément dans les catégories populaires et chez les personnes âgées, auprès de qui Lula a le plus d’écho. Les premiers en raison d’un héritage social ; les seconds, en raison de leur attachement à la démocratie.
La bataille pour le second tour sera difficile, mais pas impossible. S’il existe une personne qui a déjà prouvé qu’elle avait les capacités et assez de talent pour inverser ce type de scénario, c’est cet enfant du nord-est du Brésil qui, après avoir été dirigeant syndical, est devenu le Président du plus grand pays de « notre Amérique ».
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| DESSIN DE SELÇUK |
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![Dans un article paru en mai 2025, nous publiions une compilation de Unes de presse contre Jean-Luc Mélenchon et La France insoumise [Loin d’être exhaustif – par souci de lisibilité, nous n’avons par exemple pas inclus les couvertures de puissants quotidiens tels que Le Figaro, Les Échos, Le Monde, etc. – ce paysage de Unes donne néanmoins un aperçu du climat ambiant.]. La collection s’est étoffée depuis : une actualisation s’impose.](https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEhlGP4oX5c-Lg35CEMNsxpDp8Ybq__uS6ow1WoutcrDNdzjwu9KP5QaqJxgVsX3OM7PdWrCgPT5lYKWzyxid4ssKo6x3_6AT5j5m0XA3fOSotKx96LDf3cCA17P7mnxhP0ezNTHhdboNQsSAthujshLTfPO2VvytpfVpb-ur0Y4IZv3s7vXQutEQQ/w400-h359/melenchon_v2.jpg)










