13 octobre, 2026

LECORNU VOULAIT POURSUIVRE MÉLENCHON POUR « INCITATION À LA RÉBELLION »

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DESSIN DIEGO ARANEGA

Le Canard enchaîné
Police et justice Blocage des lycées- Le Premier ministre ne digère pas l'activisme de LFI dans le mouvement lycéen, au point de chercher à déclencher des poursuites contre Jean-Luc Mélenchon pour avoir poussé des élèves à la rébellion. Mais Sébastien Lecornu a dû se rabattre sur une simple plainte en « diffamation envers une administration publique » déposée par Laurent Nuñez.

Par Odile Benyahia-Kouider et Christophe Labbé Publié le 13 octobre 2026 Lecture : 5 min.

SÉBASTIEN LECORNU, ALORS
MINISTRE DE LA DÉFENSE,
LE 29 AOÛT 2025 
PHOTO PICTURE ALLIANCE 

pas moins de 6 877 lycéens collés en garde à vue en vingt-deux jours ! Depuis le début de la contestation dans un bahut de Créteil, le 17 septembre, les flics ont mis au gnouf trois fois plus de jeunes que lors du dernier grand mouvement étudiant anti-CPE de 2006, qui s’était pourtant étalé sur deux mois. Plus accablant encore, 86 % des embastillés ont entre 14 et 18 ans. Notre ministre de l’Intérieur, champion du ramassage scolaire…

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► À penser en dessin : FENÊTRE SUR COUR

Mais pourquoi autant de jeunes ont-ils atterri dans des paniers à salade ? La vérité, c’est que la Place Beauvau a ordonné de ­ratisser large. D’après les informations du Palmipède, un tiers des lycéens ont été arrêtés sur le simple motif d’« attroupement non autorisé ». Comme l’avoue un commissaire, « le but de la manœuvre était d’effrayer les élèves et leurs parents pour ­stopper au plus vite la fronde ». Début octobre, plusieurs préfets ont pris la plume pour s’adresser directement aux parents de mineurs interpellés, histoire de leur ­remonter les bretelles. « Je vous demande de vous assurer que votre enfant ­s’abstienne de manifester dans les prochains jours », a ainsi décrété le préfet du Pas-de-Calais.


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«BLOCUS : LYCÉENS ET ÉTUDIANTS VEULENT "ÊTRE ENTENDUS"»
DESSIN DE @COCOBOER.
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12 octobre, 2026

RAPHAËL GLUCKSMANN «A PLIÉ LE MATCH» ET ACTE LA RUPTURE AVEC LFI

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«Raphaël Glucksmann le nouveau Macron 2.0»
TOULOUSE EN LUTTES

L'Humanité
« Ce résultat dit quelque chose de puissant » : Raphaël Glucksmann écrase la primaire sociale-démocrate et acte la rupture avec LFI / Après deux jours de vote en ligne, les conclusions de la primaire des sociaux-démocrates sont connues. Raphaël Glucksmann a été désigné candidat dès le premier tour. Il devance largement Olivier Faure et Ségolène Royal. [«Raphaël Glucksmann le nouveau Macron 2.0»]

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Dernière minute - Raphaël Glucksmann enfariné à la sortie de son QG de victoire.

Anthony Cortes Publié le 11 octobre 2026 3min

Primaire socialiste, premier et dernier acte. À l’issue de deux jours de scrutin plutôt qu’un seul comme initialement prévu, la faute à une cyberattaque de la plateforme de vote en ligne, les résultats sont connus : Raphaël Glucksmann est désigné candidat social-démocrate dès le premier tour, ce dimanche 11 octobre, en recueillant 66,17 % des voix. Il devance très largement le premier secrétaire du Parti socialiste, Olivier Faure (14,46 %), et Ségolène Royal (7,62 %), ex-candidate du PS en 2007. Plus loin, Emmanuel Maurel, parlementaire GDR, et Jérôme Guedj, député PS de l’Essonne, ferment la marche, obtenant respectivement 5,92 % et 5,83 %.

RAPHAËL GLUCKSMANN PRONONCE UN DISCOURS APRÈS L’ANNONCE DES
RÉSULTATS DU PREMIER TOUR DE LA PRIMAIRE DE LA GAUCHE, EN VUE
DE L’ÉLECTION PRÉSIDENTIELLE 2027, À PARIS LE 11 OCTOBRE 2026.
PHOTO ROMAIN PERROCHEAU

► À penser en dessin : FENÊTRE SUR COUR 

« Ce résultat dit quelque chose de puissant : une gauche fidèle à ses valeurs peut rassembler, gouverner et gagner, a déclaré le grand vainqueur après la proclamation des résultats. Nous ne sommes pas là pour gagner une querelle à gauche. Nous sommes là pour gagner l’élection présidentielle : tourner la page du macronisme, empêcher l’extrême droite et changer la vie. »

► À lire aussi :      EMMANUEL TODD DÉMONTE MACRON SUR LA GUERRE EN UKRAINE 

Un taux de participation proche de 2006

Au total, 120 587 personnes se sont prononcées lors de ce premier tour sur 140 282 inscrits, bien au-delà de l’objectif de 90 000 votants affiché en amont. Un taux de participation relativement proche de celui de la primaire de 2006, qui avait vu Ségolène Royal l’emporter face à Laurent Fabius et Dominique Strauss-Kahn, mais bien loin des 2,6 millions de votants de 2011 qui avaient propulsé François Hollande sur la route de l’Élysée.

« Ces chiffres nous donnent beaucoup d’espoir (…) et sont la garantie de l’unité autour du vainqueur de cette désignation », s’est enthousiasmé Patrick Mennucci, à la tête du comité d’organisation de la primaire, qui a aussi tenu à rassurer sur l’intégrité du scrutin à la suite de la cyberattaque. « La famille socialiste a su mener la seule expérience démocratique de cette précampagne. Cela montre que nous sommes en capacité de créer une dynamique », a renchéri Arthur Delaporte, porte-parole du PS, soutien d’Olivier Faure.

Ce surprenant nombre d’inscrits, puis de votants, faisait redouter aux troupes de Raphaël Glucksmann un jeu plus ouvert que prévu. Car, au total, selon les données communiquées par les organisateurs, plus de la moitié des électeurs inscrits n’étaient pas membres du Parti socialiste ou de Place publique. Il n’en a rien été.

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Raphaël Glucksmann, c'est une imposture.
François Boulo

La rupture avec LFI actée

« Avec un résultat aussi net, les appareils politiques doivent se mettre au service de cette campagne sans tergiverser », a fait savoir Jérôme Guedj, bon dernier de cette primaire, quelques minutes après la proclamation des résultats. « Je suis pour le vainqueur de cette campagne, à condition qu’il y ait un rassemblement à gauche, a de son côté communiqué Ségolène Royal. Cette campagne présidentielle doit donner de l’espoir au pays. »

Un rassemblement qui se fera de toute façon sans aucun rapprochement avec La France insoumise, comme l’a promis avec virulence Raphaël Glucksmann tout au long de sa campagne : « On ne peut pas dire qu’on fait un « front » pour préserver la démocratie et prétendre gouverner avec des gens qui méprisent à ce point l’ethos démocratique. »


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À CLERMONT-FERRAND, JEAN-LUC MÉLENCHON FAIT SALLE COMBLE ET DÉROULE SES PROPOSITIONS SUR LA JEUNESSE ET L'ÉDUCATION

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JEAN-LUC MÉLENCHON LORS D'UN MEETING POUR SA CAMPAGNE
PRÉSIDENTIELLE À CLERMONT-FERRAND, LE 11 OCTOBRE 2026.
PHOTO JEFF PACHOUD

France info
Suppression de Parcoursup, droit de vote à 16 ans... Le quadruple candidat à la présidentielle a réaffirmé plusieurs de ses propositions concernant ces deux thèmes brûlants sur fond de colère lycéenne. / Le zénith de Clermont-Ferrand est plein à craquer. Il ne reste pas une seule place assise, la salle déborde même en ce dimanche 11 octobre. Plus de 10 000 personnes sont présentes selon les insoumis, et tout le monde ne peut pas rentrer. Face à une foule chauffée à blanc, Jean-Luc Mélenchon évoque la crise des lycées qu'il qualifie de "bazar organisé du sommet de l'État par des gens qui voulaient transformer le savoir en une marchandise, comme ils transforment tout en marchandises".

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Article rédigé par Elie Abergel 

Radio France Publié le 11/10/2026 18:43 Mis à jour le 11/10/2026 21:29 

le principal coupable, selon lui, est la plateforme Parcoursup. Pour le leader insoumis, celle-ci a cette "manière de rendre tordu votre gosse qui est droit". L'insoumis compare Parcoursup à "l'école du vice, une ignominie même". Jean-Luc Mélenchon attaque ensuite les promoteurs, toujours selon lui, de cette plateforme d'orientation post-bac qu'il veut abroger au plus vite.

JEAN-LUC MÉLENCHON, À CLERMONT-FERRAND, LE 11 OCTOBRE 2026
PHOTO ROMAIN COSTASECA 

► À penser en dessin : FENÊTRE SUR COUR 

À 16 ans, "on doit pouvoir donner son avis (...) comme citoyen"

Sans oublier d'attaquer deux de ses adversaires dans la course à l'Élysée, Edouard Philippe et Gabriel Attal. "L'inventeur, Monsieur Blanquer, à qui revient le pouvoir d'imagination de ces bêtises. Le Premier ministre, qui a veillé à leur mise en application systématique, Monsieur Édouard Philippe. Et puis il y a le troupier, l'inventeur à la base, c'est-à-dire Monsieur Attal, car il ne faut pas l'oublier", ajoute l'ancien sénateur socialiste.

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EMMANUEL TODD DÉMONTE MACRON SUR LA GUERRE EN UKRAINE 

Tandis que les adversaires de LFI, Gabriel Attal en tête, accusent Jean-Luc Mélenchon d'instrumentaliser la colère lycéenne, l'insoumis martèle sa vision pour la jeunesse : "À 16 ans, on vote aux élections prud'homales. À 16 ans, on va en prison. Alors à 16 ans, on doit pouvoir donner son avis, non pas secondairement, mais comme tous les autres, comme citoyen, c'est-à-dire qu'il nous faut le droit de vote à 16 ans". Devant un immense écran géant bleu-blanc-rouge, le candidat insoumis conclut son meeting sous un tonnerre d'applaudissements en promettant de rétablir la retraite à 60 ans.



«LES UNES DE LA PRESSE ÉCRITE CONTRE MÉLENCHON ET LFI»

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«Les Unes de la presse écrite contre Mélenchon et LFI»  
Version 2, mars 2026

Dans un article paru en mai 2025, nous publiions une compilation de Unes de presse contre Jean-Luc Mélenchon et La France insoumise [Loin d’être exhaustif – par souci de lisibilité, nous n’avons par exemple pas inclus les couvertures de puissants quotidiens tels que Le Figaro, Les Échos, Le Monde, etc. – ce paysage de Unes donne néanmoins un aperçu du climat ambiant.]. La collection s’est étoffée depuis : une actualisation s’impose. Acrimed.

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«BLOCUS : LYCÉENS ET ÉTUDIANTS VEULENT "ÊTRE ENTENDUS"»
DESSIN DE @COCOBOER.
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11 octobre, 2026

DIESEL RUSSE : APRÈS LES CRITIQUES DE KIEV, TRUMP SUGGÈRE AUX UKRAINIENS DE REMPLACER ZELENSKY

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LE PRÉSIDENT AMÉRICAIN DONALD TRUMP S’EXPRIME DEVANT DES
JOURNALISTES À LA MAISON-BLANCHE À WASHINGTON, LE 10 OCTOBRE 2026.
PHOTO ELIZABETH FRANTZ 

Courrier
international
Géopolitique États-Unis Guerre en Ukraine / Géopolitique. Diesel russe : après les critiques de Kiev, Trump suggère aux Ukrainiens de remplacer Zelensky / Le président américain s’en est pris vertement samedi à son homologue ukrainien, affirmant qu’il était “temps pour l’Ukraine d’avoir un nouveau président” pour mettre fin à la guerre avec la Russie. Cette attaque fait suite à des critiques formulées par Zelensky après l’annonce vendredi d’un accord controversé entre Moscou et Washington sur des livraisons massives de diesel russe.

Noémie Taylor-Rosnerz Lecture 2 min. Publié le 11 octobre 2026 à 06h08, mis à jour le 11 octobre 2026 à 06h41

C’est “la crise la plus grave entre” Trump et Zelensky “depuis leur rencontre de février 2025 [à Washington], qui avait dégénéré devant les caméras”, estime Axios.

► À penser en dessin : FENÊTRE SUR COUR 

“Le président américain s’en est pris vivement à son homologue ukrainien” samedi 10 octobre, rapporte The Kyiv Independent, “suggérant que les Ukrainiens le remplacent s’ils veulent mettre un terme à la guerre”.

VOLODYMYR ZELENSKY À ANKARA LE 7 JUILLET 2026 / TRUMP ET ZELENSKY
ONT ÉCHANGÉ DES PIQUES CE WEEK-END APRÈS QUE WASHINGTON
 A DÉCIDÉ D'ALLÉGER LES SANCTIONS SUR LE DIESEL RUSSE.
PHOTO METIN AKTAŞ 

► À lire aussi :      EMMANUEL TODD DÉMONTE MACRON SUR LA GUERRE EN UKRAINE 

“Je leur suggère de se doter d’un nouveau dirigeant qui peut parvenir à un accord”, a affirmé Trump devant la presse à la Maison-Blanche. “Attisant encore davantage les tensions”, le républicain a assuré aux journalistes que “la Russie aimerait conclure un accord […] mais pour une raison ou une autre, Zelensky ne veut pas conclure d’accord”, relate The Guardian.

Trump a aussi condamné samedi les frappes ukrainiennes sur les raffineries russes, qui ne font qu’aggraver, selon lui, “le problème mondial” de pénurie de diesel. “Il a intérêt à arrêter”, a mis en garde le président américain à l’adresse de Zelensky.

Les attaques du républicain font suite à des critiques formulées par le chef d’État ukrainien après l’annonce vendredi d’un accord controversé entre Moscou et Washington sur des livraisons massives de diesel russe, rapporte The Hill. Zelensky avait dénoncé une “décision faible” de la part de Washington et une opportunité lucrative pour la Russie de renflouer sa trésorerie et poursuivre son financement de la guerre.

Une façon pour Trump “d’éluder les questions sur son rapprochement avec Moscou”

Le Premier ministre britannique Andy Burnham a réagi samedi à cette passe d’armes en exprimant sa “totale solidarité” avec le président ukrainien, lors d’un échange téléphonique entre les deux dirigeants. Ils sont également convenus de se rencontrer en personne dans les prochains jours afin de “poursuivre leurs discussions”, rapporte The Times.

Le principal négociateur économique de Vladimir Poutine, Kirill Dmitriev, a, lui, salué l’appel de Trump en faveur d’un nouveau président pour l’Ukraine, qualifiant les remarques du dirigeant américain d’“iconiques et historiques”.

Ce n’est pas la première fois que le président américain cherche à discréditer son homologue ukrainien. Le locataire de la Maison-Blanche a “déjà appelé par le passé à la tenue d’élections en Ukraine – relayant ainsi les discours de propagande du Kremlin qui remettent en cause la légitimité de Volodymyr Zelensky –, souvent peu après des rencontres avec des responsables russes”, rappelle le Kyiv Independent. “Cette stratégie, qui consiste à rejeter la responsabilité [de l’enlisement du conflit] sur Zelensky, a également permis à Trump d’éluder les questions sur le rapprochement de Washington avec Moscou, alors même que l’Ukraine est la cible de frappes massives contre ses villes”, observe le journal ukrainien.

Washington aurait menacé de “mettre fin au partage de renseignements”

PHOTO D'ARCHIVE MONTRANT DES PUITS DE PÉTROLE À ALMETIEVSK,
 EN RÉPUBLIQUE DU TATARSTAN, EN JUIN 2023.
PHOTO ALEXANDER MANZYUK

L’accord conclu entre la Russie et les États-Unis a aussi eu un impact négatif sur les discussions organisées vendredi en Floride entre négociateurs ukrainiens et américains, qui visaient à relancer les efforts diplomatiques vers une fin de la guerre. Au point que ces négociations ont été écourtées : les autorités ukrainiennes ont confirmé samedi à l’Agence France-Presse le départ de la délégation de Kiev. Après l’annonce de l’accord sur le diesel russe, “les négociations à Miami ont rapidement perdu de leur élan, pour la énième fois depuis le début de ces échanges il y a quatre ans et demi, et surtout depuis le retour du républicain à la Maison-Blanche”, observe El País.

DES FUMÉES ET DES FLAMMES S'ÉLÈVENT D'UNE RAFFINERIE DE PÉTROLE
À MOSCOU APRÈS QU'ELLE A ÉTÉ TOUCHÉE PAR UN DRONE UKRAINIEN
LE MOIS DERNIER. TRUMP A EXHORTÉ À PLUSIEURS REPRISES KIEV À CESSER CES FRAPPES
PHOTO AP

Selon une information du Financial Times, les responsables américains ont fait pression, lors des pourparlers de vendredi, sur les Ukrainiens pour qu’ils cessent d’attaquer les infrastructures énergétiques russes, faute de quoi Washington pourrait mettre fin à sa coopération en matière de renseignement avec l’Ukraine.

Noémie Taylor-Rosnerz

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« SATELLITE »
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08 octobre, 2026

LULA CONTRE FLAVIO BOLSONARO : L’ÉLECTION BRÉSILIENNE DÉFINIRA LE DESTIN DE TOUTE L’AMÉRIQUE LATINE

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 PHOTOMONTAGE « O ESTADAO »

L'Humanité
Tribune / Leçons et enjeux du premier tour de l’élection présidentielle du Brésil, par Camila Vallejo et Alexis Cortés, membres du Comité central du Parti communiste Chilien. Ils sont présents à São Paulo en tant que membres de la délégation internationale observatrice invitée par « Un Brésil prêt pour plus », une coalition officielle de sept partis menée par le Parti des Travailleurs et soutenant le président Luiz Inacio Lula da Silva

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Camila Vallejo et Alexis Cortés  Publié le 7 octobre 2026 5min

CAMILA VALLEJO ET ALEXIS CORTÉS

La récente élection présidentielle et parlementaire au Brésil a exprimé la force de la vague bolsonariste : majorité au Congrès (à très peu de sièges d’être qualifiée au Sénat) et Flavio Bolsonaro qui obtient 47,03 % des voix et passe en première position devant Lula da Silva (45,16 %). Comme on s’y attendait, l’actuel président et ancien dirigeant syndical a obtenu près de 54 millions de voix – un nombre très proche de son plafond au premier tour – mais en se retrouvant à une deuxième place inattendue.

"El futuro de Brasil y el nuestro"
ILUSTRACIÓN RAMIRO ALONSO

► À penser en dessin : FENÊTRE SUR COUR 

Le résultat de l’élection brésilienne définira le cours stratégique de toute l’Amérique latine, dans un contexte où le corollaire Trump de la Doctrine Monroe (faire du continent son arrière-cour ou sa propre propriété) a progressé rapidement grâce à la subordination de plusieurs pays de notre région, avec des gouvernements idéologiquement proches des intérêts des États-Unis.

► À lire aussi :      EMMANUEL TODD DÉMONTE MACRON SUR LA GUERRE EN UKRAINE 

Le Brésil, cependant, a été activement et fermement le principal contrepoids régional à cette offensive, ainsi qu’une pièce fondamentale du multilatéralisme des BRICS. Il convient également de rappeler que le Brésil est le deuxième pays possédant les plus grandes réserves de terres rares et que l’Amazonie concentre d’énormes ressources naturelles.

DÉLÉGATION INTERNATIONALE OBSERVATRICE
 INVITÉE PAR « UN BRÉSIL PRÊT POUR PLUS »
INSTAGRAM DE CAMILANTONIAMARANTA 

Qu’est-ce qui explique un tel résultat et dans quelle mesure est-il possible de l’inverser ? La compréhension de ce premier dénouement est stratégique pour repenser une gauche qui aspire non seulement à arrêter la vague de l’extrême droite, mais aussi à offrir un projet d’avenir qui nous permette de redevenir une alternative. Lula, il y a quatre ans, avait réussi à vaincre Jair Bolsonaro, même si celui-ci concentrait le pouvoir de l’argent, de l’algorithme et le fait d’être au gouvernement. Alors, pourquoi le bolsonarisme a-t-il grandi alors qu’il n’est plus à la présidence ?

Dans le contexte le plus conjoncturel, aujourd’hui, pour tout candidat sortant, il est plus difficile de convertir sa position gouvernementale en force électorale. Lula est arrivé à l’élection en exhibant de grandes réussites macroéconomiques : chômage de seulement 5 %, croissance économique, augmentation du salaire minimum, inflation maîtrisée et sortie de la pauvreté, après l’appauvrissement vécu sous l’administration bolsonariste. Tout cela après une réforme fiscale qui a élargi la tranche d’exemption de l’impôt pour ceux qui gagnent jusqu’à 1 000 USD et qui a augmenté les impôts des plus riches.

De plus, ces dernières semaines, Lula a pris l’initiative politique avec des annonces très populaires : ajustement de 15 % du Bolsa Família, distribution gratuite de médicaments contre l’obésité par le système public de santé, projet de réduction du temps hebdomadaire de travail et fin des paris en ligne, responsables d’une bonne partie de l’endettement des familles les plus pauvres au Brésil.

Cependant, divers analystes signalaient l’existence d’un malaise diffus, qui s’est en grande partie focalisé sur la Cour suprême – commodément associée au gouvernement par la droite. Un malaise qui avait comme source une frustration des attentes à l’égard du gouvernement de Lula : les Brésiliens vont bien, mais ils espéraient aller mieux. En effet, le gouvernement du Parti des Travailleurs a connu des débuts marqués par l’austérité fiscale, ce qui, ajouté au fait de ne pas avoir de majorité parlementaire, a restreint sa capacité de transformation.

De son côté, Flavio Bolsonaro a réussi à activer le vote utile, dégonflant les quatre autres candidats de droite qui disputaient l’élection, la transformant en un plébiscite contre le gouvernement. En attisant un sentiment de polarisation anti-luliste, il a réussi à devenir invulnérable, malgré les très graves scandales de corruption et les scandales sexuels qui auraient dû entacher sa candidature, tout comme les accusations de liens avec le crime organisé (milices) le visant.

Dans une large mesure, ce conflit s’est résolu en faveur de l’extrême droite grâce à son fort déploiement sur les réseaux sociaux, soutenu par d’abondantes ressources économiques, mais aussi par une capacité organique et subjective construite il y a près d’une décennie.

Preuve en sont les votes élevés pour ses candidats-influenceurs, qui ont été majoritaires au niveau national dans les États les plus peuplés, et le soutien d’entrepreneurs néo-pentecôtistes contrôlant des médias, des ressources et forts d’une importance présence territoriale. Ce qui s’est traduit par un soutien substantiel d’une partie importante du monde évangélique aux candidatures d’extrême droite.

Cependant, Lula reste extrêmement populaire parmi les plus pauvres, les femmes et les catholiques. C’est pourquoi tout n’est pas perdu. Il y a eu un haut niveau d’abstention (près de 30 millions d’électeurs), précisément dans les catégories populaires et chez les personnes âgées, auprès de qui Lula a le plus d’écho. Les premiers en raison d’un héritage social ; les seconds, en raison de leur attachement à la démocratie.

La bataille pour le second tour sera difficile, mais pas impossible. S’il existe une personne qui a déjà prouvé qu’elle avait les capacités et assez de talent pour inverser ce type de scénario, c’est cet enfant du nord-est du Brésil qui, après avoir été dirigeant syndical, est devenu le Président du plus grand pays de « notre Amérique ».

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DESSIN DE SELÇUK

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05 octobre, 2026

PRÉSIDENTIELLE AU BRÉSIL : FLAVIO BOLSONARO CRÉE LA SURPRISE EN DEVANÇANT LULA AU PREMIER TOUR

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« Le « bolsonarisme » affiche sa
force et Flávio devance Lula »
UNE D'«O ESTADO DE SÃO PAULO»
DU 05 10 2026

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Le Figaro
Le fils de l’ancien président d’extrême droite Jair Bolsonaro obtient plus de 47 % des suffrages, contre près de 45% pour le vétéran de gauche Luiz Inácio Lula da Silva, 80 ans. / 
Le sénateur conservateur Flavio Bolsonaro a créé la surprise dimanche au premier tour de la présidentielle au Brésil en devançant le président sortant de gauche Lula, qu’il affrontera au second tour le 25 octobre. Après dépouillement de près de 99 % des urnes, le fils de l’ex-chef de l’État d’extrême droite Jair Bolsonaro, âgé de 45 ans, obtient 47,06 % des suffrages, contre 45,12 % pour le vétéran de gauche Luiz Inácio Lula da Silva, 80 ans.

Par Le Figaro avec l'AFP Publié le 04/10/2026 à 23h55, mis à jour le 05/10/2026 à 06h23

 PHOTOMONTAGE « O ESTADAO »

Le président des États-Unis, Donald Trump, avait dit suivre «de très près» l’élection brésilienne, après avoir vu des alliés parvenir au pouvoir en Argentine, en Colombie ou au Pérou. Les sondages prévoyaient un léger avantage pour Lula jusqu’à la veille du vote. Comme en 2018, les enquêtes d’opinion ont sous-estimé la force de la droite. Le scrutin avait alors mis aux prises Lula et Jair Bolsonaro.

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Eleições no Brasil. 

► À penser en dessin : FENÊTRE SUR COUR 

À bientôt 81 ans, Lula, qui brigue un quatrième et dernier mandat non consécutif, a durant la campagne appelé son homologue américain à ne pas «se mêler» des élections brésiliennes. Pour un coup d’essai, cela a presque été un coup de maître pour Flavio Bolsonaro. Il avait été désigné candidat par son père quand ce dernier a été condamné à 27 ans de prison pour une tentative de coup d’État contre Lula en 2022.

« Notre-Dame d'Aparecida, priez
 pour notre souveraineté.»

DESSIN CARLOS LATTUF

Inquiétudes et déceptions

Les deux favoris avaient dit croire à une victoire dès dimanche, même si les sondages les montraient ces derniers jours encore assez loin des 50 %. Donald Trump n’a pas apporté son soutien à Flavio Bolsonaro, mais son influence a pesé sur la campagne. Il a dégainé droits de douane et sanctions contre le Brésil depuis le procès de 2025 contre son allié Jair Bolsonaro.

« En espagnol, lors d'un braquage : « ¡La bolsa o la vida! » /  (La bourse ou la vie !). / Choisir le Bolsonaro (El Bolso), c'est accepter de se faire dépouiller / Choisir La vie, c'est voter contre lui pour préserver l'avenir social et démocratique.»
UNE DE « PÁGINA|12» 
ÉDITION DU LUNDI  5 OCTOBRE 2026 

«Je suis très inquiète de la direction que prend le pays, parce que je veux être indépendante, je ne veux être la colonie de personne», explique Maria de Nazaré Azevedo, fonctionnaire de 57 ans vivant à Rio. Elle a voté à gauche. «Nous votons pour Flavio Bolsonaro pour ne pas voter pour le PT. Ce parti a déjà passé vingt ans au gouvernement et n’a rien fait, vraiment rien», dit à Brasilia Raphael Machado, avocat de 45 ans, en référence au Parti des travailleurs de Lula.

Revenu au pouvoir en 2023, le chef de l’État est reconnu pour ses programmes sociaux, qui ont sorti des millions de personnes de la pauvreté dans les années 2000. Mais les électeurs se plaignent du coût de la vie et de la criminalité galopante. Son adversaire a promis la manière forte contre le crime et l’austérité budgétaire.

Si le fils Bolsonaro l’emporte au second tour, le Brésil rejoindra la vague conservatrice qui, encouragée par le président américain Donald Trump, a engrangé les victoires dans la région, en Argentine, en Colombie ou au Pérou. Il s’est dit dimanche soir «très satisfait» du résultat et confiant dans une victoire. Il a remercié ses électeurs de lui avoir donné «un vote de confiance pour le changement», jugeant que «le Brésil n’en peut plus». Il se présente comme une version «plus modérée» de son père, qui l’avait désigné candidat après avoir été condamné à 27 ans de prison pour une tentative de coup d’État contre Lula en 2022.

Pour le second tour, le sénateur Bolsonaro part a priori avec un avantage: il pourrait bénéficier des voix de la poignée de petits candidats qui ont participé au premier tour, la plupart de droite.

«Le Brésil après Lula»
 DESSIN DE CHAPPATTE PARU DANS LE TEMPS, GENÈVE

Le Parlement à droite

Le Brésil a également assisté à un véritable raz-de-marée conservateur aux législatives, notamment au Sénat, où l’ex-première dame Michelle Bolsonaro a été élue haut la main, tout comme Carlos Bolsonaro, frère de Flavio. Quelque 160 millions d’électeurs étaient appelés aux urnes. L’abstention, dans un pays où le vote est obligatoire, s’est élevée à 21 %, soit pratiquement le même chiffre qu’en 2022.

La marque Bolsonaro a plus que jamais fait recette, malgré l’absence du chef de famille. Inéligible et assigné à résidence après sa condamnation pour tentative de coup d’État, l’ex-président Jair Bolsonaro (2019-2022) peut se frotter les mains. Il avait pourtant été critiqué dans son propre camp pour avoir adoubé depuis la prison son fils aîné Flavio pour la course présidentielle.

Ce sénateur de 45 ans peut désormais aborder en favori le second tour face au président sortant de gauche Luiz Inácio Lula da Silva. S’il est élu, il aura les coudées franches pour gouverner, avec un Parlement penchant fortement à droite.

Jair Bolsonaro pourrait en bénéficier directement : son camp bénéficie désormais d’une majorité plus robuste pour faire approuver une loi d’amnistie en sa faveur. Sa formation, le Parti libéral (PL), a remporté à elle seule 19 sièges au Sénat sur les 54 qui étaient à pourvoir, et en compte 28 sur 81 au total. Le PL est également le premier parti de la Chambre des députés, avec dans ses rangs le plus jeune des fils Bolsonaro, Jair Renan, 28 ans. La mère de Flavio Bolsonaro, Rogeria, a en revanche échoué de peu à se faire élire à la chambre basse.

Le camp Bolsonaro a également effectué une moisson impressionnante au niveau des gouverneurs. Dans l’État de São Paulo, Tarcisio de Freitas a ainsi été réélu au premier tour avec plus de 60% des voix. Il inflige une cuisante défaite à Fernando Haddad, ancien ministre des Finances de Lula et pressenti comme son successeur potentiel.

Autre victoire emblématique : Sergio Moro, le juge qui avait condamné Lula à une peine de prison pour corruption en première instance, a lui aussi été élu gouverneur du Parana (sud).

La condamnation du champion de la gauche avait finalement été annulée en 2021, le magistrat ayant été considéré comme partial.

À Rio de Janeiro, le bolsonariste Douglas Ruas a créé la surprise en devançant largement au premier tour Eduardo Paes, allié de Lula, qui caracolait pourtant en tête des sondages.

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DESSIN DE SELÇUK

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