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81ème anniversaire de la bombe atomique à Nagasaki : les partisans du pacifisme inquiets / La Première ministre japonaise Sanae Takaichi refuse de dire si elle entend maintenir la position connue sous le nom de trois principes non nucléaires. / Alors que le Japon commémore l'anniversaire des bombardements atomiques de 1945, ses dirigeants poussent à relancer le débat sur l'arme nucléaire, mettant au défi la longue tradition pacifiste du pays.
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Par Gael Camba Publié le 09/08/2026 - 12:53 UTC+2•Mis à jour 13:55
La Première ministre japonaise Sanae Takaichi refuse de dire si elle entend maintenir la position connue sous le nom de trois principes non nucléaires.
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► À penser en dessin : FENÊTRE SUR COUR
Alors que le Japon commémore l'anniversaire des bombardements atomiques de 1945, ses dirigeants poussent à relancer le débat sur l'arme nucléaire, mettant au défi la longue tradition pacifiste du pays.
La Constitution japonaise renonce à l'usage de la force militaire offensive et les gouvernements successifs ont maintenu depuis des décennies un engagement à ne ni détenir, ni fabriquer, ni laisser introduire des armes nucléaires sur le territoire.
Cet engagement est aujourd'hui mis à rude épreuve, les voisins d'Asie de l'Est – notamment la Chine – renforçant leurs capacités militaires, tandis que persistent des doutes sur la fiabilité du principal garant de la sécurité de Tokyo, les États-Unis.
La Première ministre japonaise Sanae Takaichi refuse de dire si elle entend maintenir la position connue sous le nom de trois principes non nucléaires, et le ministre de la Défense, Shinjiro Koizumi, a appelé le mois dernier à une "discussion sans tabou" sur le sujet.
En décembre, un haut responsable de l'administration, resté anonyme, a évoqué lors d'une séance "off the record" devant des médias locaux l'idée que le Japon devrait se doter de l'arme nucléaire.
Cette remarque a été largement relayée par les grands médias japonais, dont la chaîne publique NHK et le quotidien Asahi Shimbun, suscitant des critiques dans l'opinion.
Le pays a célébré jeudi le 81ème anniversaire du bombardement de Hiroshima et fait de même dimanche pour commémorer l'attaque contre Nagasaki.
Les frappes menées par les États-Unis en août 1945 ont fait plus de 210 000 morts, dont un grand nombre des suites de l'exposition aux radiations.
C'est à ce jour la seule fois où des armes atomiques ont été utilisées en situation de guerre, et l'un des derniers grands épisodes de la Seconde Guerre mondiale.
"Nouveau militarisme"
Le gouvernement Takaichi procède cette année à une refonte majeure de la stratégie nationale de défense face à l'essor des ambitions militaires chinoises.
La Première ministre a déjà levé l'interdiction, que le Japon s'était lui-même imposée, d'exporter des armes et augmenté les dépenses de défense, tout en plaidant pour une révision de la Constitution.
Ces orientations ont suscité des critiques de la part de la Chine, qui accuse le Japon de "nouveau militarisme" et Sanae Takaichi de céder aux exigences de l'extrême droite.
Elles ont également inquiété les survivants des bombardements de 1945, qui ont largement contribué à façonner la culture politique pacifiste du Japon d'après-guerre.
Tanaka, rescapé de Hiroshima, dit sa frustration de voir des responsables politiques comme Takaichi privilégier les capacités militaires au détriment de la diplomatie.
"On parle tellement de sécurité nationale. Et la construction de la paix par la diplomatie, qu'en fait-on ?" a-t-il déclaré.
Malgré l'obtention du prix Nobel de la paix 2024 pour leurs efforts, ils s'interrogent sur la poursuite de leur association nationale à mesure que leurs membres vieillissent.
En mars, le Japon ne comptait plus qu'un peu plus de 91 000 survivants des attaques de Hiroshima et Nagasaki, contre plus de 164 000 il y a dix ans. Leur âge moyen est de 86,7 ans.
"Cela ne fait que m'inquiéter"
Le débat porte désormais clairement sur l'avenir des principes non nucléaires, qui remontent à 1967.
Les partisans de Sanae Takaichi estiment que la dernière clause doit être modifiée pour permettre aux États-Unis d'acheminer des armes nucléaires au Japon et garantir ainsi la dissuasion régionale.
Hirofumi Yoshimura, dirigeant du Japan Innovation Party, partenaire de coalition du gouvernement Takaichi, a estimé que ce principe méritait d'être discuté dans le cadre de l'alliance de sécurité nippo-américaine.
"Bien sûr, nous devons œuvrer à construire un monde sans armes nucléaires", a déclaré Hirofumi Yoshimura aux journalistes lors de l'anniversaire du bombardement de Hiroshima.
"Mais lorsque nous réfléchissons à la manière de garantir l'efficacité de la dissuasion nucléaire élargie dans le cadre de notre alliance avec les États-Unis, je pense que nous devrions... continuer à respecter le principe de "ni posséder ni fabriquer" des armes nucléaires", a-t-il ajouté.
"Quant à "ne pas en autoriser l'introduction", je pense qu'il y a tout de même une marge de discussion sur ce point."
Les critiques estiment que la ligne dure de Sanae Takaichi en matière de défense accroît les risques pour le Japon.
Après avoir assisté jeudi à la cérémonie annuelle à Hiroshima, Sanae Takaichi a participé à une rencontre télévisée avec des survivants.
Sous la pression des questions, elle a refusé de préciser si elle envisageait de modifier la trajectoire nucléaire du pays.
"Notre pays respecte actuellement les "trois principes non nucléaires'", a-t-elle répondu à une question directe de Tanaka, sans évoquer ce qu'elle pourrait faire ensuite.
"Cela", a déclaré Tanaka vendredi, "n'explique que la situation actuelle. Cela ne dit rien de l'avenir."
"Cela ne fait que m'inquiéter davantage. Je suis préoccupé."
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| LES CONSÉQUENCES DU BOMBARDEMENT ATOMIQUE DE NAGASAKI PAR L'ARMÉE AMÉRICAINE LE 9 AOÛT 1945. [PHOTO D'ILLUSTRATION] |
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RT FranceMaria Zakharova, porte-parole de la diplomatie russe, a critiqué la Première ministre japonaise Sanae Takaichi pour n'avoir jamais cité les États-Unis lors de la commémoration de la tragédie de Nagasaki. Elle a ironisé sur cette censure politique, saluant au passage le courage du maire de la ville, le seul à avoir nommé l'agresseur.
RT en français 9 août 2026, 14:24
La porte-parole du ministère russe des Affaires étrangères, Maria Zakharova, a fustigé la Première ministre japonaise Sanae Takaichi. Cette critique fait suite au discours prononcé par la responsable politique japonaise lors de la cérémonie commémorative en hommage aux victimes du bombardement atomique de Nagasaki, au cours de laquelle elle n’a pas mentionné les États-Unis comme étant le pays ayant largué les bombes atomiques sur les villes japonaises en 1945.
« Autrement dit, selon les autorités japonaises actuelles, ce sont des ovnis atomiques qui se seraient abattus sur Hiroshima et Nagasaki ? », s’est interrogée Maria Zakharova sur sa chaîne Telegram. La porte-parole du ministère russe des Affaires étrangères a toutefois souligné que le maire de Nagasaki, Shiro Suzuki, avait « eu le courage » de déclarer sans détour que la bombe avait été larguée par « un avion militaire américain ».
Outre Sanae Takaichi, le secrétaire général de l’ONU, António Guterres, n’a pas non plus mentionné les États-Unis dans son message. Une situation similaire s’était produite trois jours plus tôt à Hiroshima. Lors de la cérémonie du 6 août, ni Takaichi, ni le maire d’Hiroshima, Kazumi Matsui, n’ont désigné les États-Unis comme le pays ayant largué la bombe atomique sur la ville. En revanche, Matsui, citant les souhaits d’un survivant du bombardement atomique, a évoqué le conflit en Ukraine. Le vice-président du Conseil de sécurité russe, Dmitri Medvedev, a qualifié de « honte » ce silence de la part des responsables japonais.
Une tragédie passée sous silence par les victimes
En août 1945, des pilotes américains ont largué des bombes atomiques sur les villes japonaises d'Hiroshima et de Nagasaki. À Hiroshima, sur une population de 350 000 habitants, 140 000 personnes ont péri à la suite de l'explosion atomique et de ses conséquences. À Nagasaki, ce chiffre s'élevait à 74 000. La grande majorité des victimes du bombardement atomique étaient des civils. À l'occasion de l'anniversaire de ces événements tragiques – les 6 et 9 août –, des « cérémonies de la paix » sont organisées chaque année à Hiroshima et à Nagasaki.
Cependant, la participation des États-Unis à ces bombardements est, ces dernières années, systématiquement passée sous silence : la mention par le maire de Nagasaki de l’implication de l’armée américaine dans l’utilisation de l’arme atomique au Japon était une première depuis 2024. À l’époque, c’est le Premier ministre japonais de l’époque, Shigeru Ishiba, qui avait osé évoquer la responsabilité des États-Unis lors d’un débat entre les chefs des partis politiques. Dans son discours, il avait notamment souligné qu’il n’oublierait jamais le choc qu’il avait ressenti à l’école en voyant les images des conséquences de la bombe atomique larguée par les États-Unis sur Hiroshima.
À ce jour, Washington refuse de reconnaître sa responsabilité morale dans ces bombardements, continuant à les justifier par la « nécessité militaire ». Lors du sommet du G7 qui s’est tenu à Hiroshima en mai 2023, l’ancien président américain Joe Biden, tout comme Barack Obama avant lui en 2016, n’a pas présenté d’excuses pour les bombardements atomiques. Donald Trump, quant à lui, ne s’est jamais rendu aux mémoriaux d’Hiroshima ou de Nagasaki, malgré les invitations des autorités des deux villes, tant pendant son premier mandat qu’après son retour à la Maison Blanche.



![«Des ovnis atomiques ?» : Zakharova raille l'amnésie du Japon sur la responsabilité américaine à Nagasaki 9 août 2026, 14:24 Source: Gettyimages.ru Les conséquences du bombardement atomique de Nagasaki par l'armée américaine le 9 août 1945. [Photo d'illustration]](https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEgy1AGLpdY3keuWrvhewZtAGcmBO-fYoWSuKOlTJtWb05iFKaEhzz7_OGPjEvf_fUgLKt_iDuyj3zRR5OYr8f1NJDSZ1EnPi5yKUbAMGvJnSnJB1Ex0tElgivqCj_79eEN2-09CJI8O4FVE9YPzdUy40RkSVdIaXoewVlimL2lBX2fYOb3POTuITw/w320-h180/6a785e1f87f3ec43137683b4.jpg)



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