23 mars, 2019

CHILI: LES OPPOSANTS AU PROSUR ET À JAIR BOLSONARO DONNENT DE LA VOIX


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« PLUS D'AMOUR MOINS DE BOLSONARO »
PHOTO AGENCIA UNO 
Les dirigeants de sept pays d'Amérique du Sud, presque tous classés à droite, ont signé ce vendredi la déclaration finale du sommet Prosur à Santiago. Sous le regard excédé de plusieurs partis politiques et organisations de la société civile, qui ont manifesté pour protester notamment contre la présence du président d’extrême-droite brésilien.

DES MANIFESTANTS PARTICIPENT À UN RASSEMBLEMENT 
CONTRE LE PROSUR À SANTIAGO, AU CHILI, LE 22 MARS 2019
PHOTO PABLO SANHUEZA
« Dehors ! » crient les manifestants à quelques dizaines de mètres du palais de la Moneda, où se tenait le sommet Prosur quelques heures plus tôt, en cette soirée du vendredi 22 mars. Dans le rassemblement, environ deux cents personnes, dont beaucoup de femmes, comme Daniela Riveros, une militante féministe. Pour elle, ce sommet est « une attaque, pas seulement une réunion de présidents, soi-disant pour défendre la démocratie. C'est une démonstration de force de la droite, qui est contre les mouvements sociaux ».

Jair Bolsonaro rassemble contre lui

SOMMET DES LAQUAIS DES ÉTATS-UNIS PROSUR À SANTIAGO, 
JAIR BOLSONARO (BRÉSIL), LENÍN MORENO (ÉQUATEUR),  
SEBASTIAN PIÑERA (CHILI), MARTIN VIZCARRA (PÉROU) 
ET IVAN DUQUE (COLOMBIE) 

C'est la visite du président brésilien Jair Bolsonaro qui suscite le plus d'opposition : des portraits de lui sont recouverts de faux sang, ou barrés de ses déclarations contraires au respect des droits humains.

Leila Pacheco, militante d'extrême gauche s’émeut : « Nous avons vécu la répression sous la dictature, par exemple moi j'ai été prisonnière politique, et lui, il a fait des déclarations en faveur de la dictature de Pinochet » ! Impossible donc pour elle d’accepter «que quelqu'un comme lui vienne ici ».

Pour tous les manifestants ici, Jair Bolsonaro n'aurait pas dû être invité au Chili. « Il n'y a pas de place ici pour un personnage aussi néfaste que Bolsonaro », résume Alvaro Larraín, qui préside une fondation de défense des droits des migrants.

Au coucher du soleil, quelques personnes improvisent une barricade au milieu de la rue. La police disperse les participants à coups de jets d'eau et de gaz lacrymogène.

La visite au Chili de Jair Bolsonaro se poursuit ce samedi et un nouveau rassemblement est prévu à Santiago contre le président brésilien à la mi-journée.
PHOTOMONTAGE 


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22 mars, 2019

PROSUR VERSUS UNASUR: LA PRÉSENCE DE BOLSONARO SÈME LE TROUBLE À CE 1ER SOMMET


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POURQUOI PROSUR N'EST PAS LE MOYEN
D'UNIR L'AMÉRIQUE DU SUD
THE ECONOMIST
Le Chili organise ce vendredi le premier sommet « Prosur ». Sept chefs d'Etat et de gouvernement sud-américains y participent, venus de Colombie, du Brésil, d'Argentine, ou encore d'Equateur. L'idée du président chilien Sebastián Piñera  et de son homologue colombien Iván Duque est que Prosur vienne se substituer à l'Unasur, organisation née en 2004, mais actuellement paralysée.
 BOLSONARO AU CHILI : 
« PERSONA NON GRATA » 
L'Unasur est mourante, depuis que le Chili, la Colombie, l'Argentine ou encore le Brésil ont gelé leur participation à l'organisation l'année dernière. Celle-ci avait été créée sous l'impulsion de présidents latino-américains de gauche, mais elle a ensuite souffert des désaccords entre les dirigeants du continent, concernant notamment la situation politique et économique au Venezuela.
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ILLUSTRATION MARAVILLAS DELGADO
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UN NOUVEAU BLOC SUD-AMÉRICAIN VOIT LE JOUR EN EXCLUANT LE VENEZUELA


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(G-D) LES PRÉSIDENTS DU PARAGUAY MARIO ABDO BENITEZ, 
DE COLOMBIE IVAN DUQUE, D'ARGENTINE MAURICIO MACRI, 
DU CHILI SEBASTIAN PIÑERA, DU BRÉSIL JAIR BOLSONARO, 
DE L'EQUATEUR LENIN MORENO ET DU PÉROU MARTIN VIZCARRA, 
LE 22 MARS 2019 À SANTIAGO DU CHILI POUR LE LANCEMENT 
DE LA NOUVELLE ORGANISATION RÉGIONALE PROSUR
PHOTO ALEX IBAÑEZ 
Les présidents de sept pays d'Amérique du Sud, réunis vendredi à Santiago, ont jeté les bases d'une nouvelle organisation régionale appelée Prosur et destinée à remplacer l'Union des nations sud-américaines (Unasur) en excluant le Venezuela de Nicolas Maduro.
ILLUSTRATION ANTOINE MOREAU-DUSAULT
Les présidents conservateurs Sebastian Piñera (Chili), Ivan Duque (Colombie), Mauricio Macri (Argentine), Jair Bolsonaro (Brésil), Lenin Moreno (Equateur), Martin Vizcarra (Pérou) et Mario Abdo (Paraguay), ont signé la déclaration finale, ainsi qu'un représentant du Guyana.

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CHILI: 11 EX-MILITAIRES CONDAMNÉS POUR AVOIR BRÛLÉ VIF 2 JEUNES SOUS LA DICTATURE


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CARMEN QUINTANA A SURVÉCU À L'ATTAQUE,
AVEC DES BRÛLURES SUR PLUS DE 60 % DU CORPS.
PHOTO LUIS HIDALGO

Onze ex-militaires ont été condamnés à des peines de 3 à 10 ans de prison pour le meurtre d'un photographe et la tentative de meurtre d'une étudiante, qui avaient été brûlés vifs lors d'une manifestation sous la dictature d'Augusto Pinochet (1973-1990).
Trois anciens officiers, Julio Castañer, Ivan Figueroa et Nelson Medina Galvez, reconnus comme les «auteurs de ces crimes», ont été condamnés à 10 ans de réclusion, selon le jugement rendu hier. Les huit autres militaires ont été inculpés pour «complicité» et condamnés à trois ans de résidence surveillée. Deux autres accusés ont été acquittés.

Selon le jugement, les militaires «ont aspergé les corps des deux jeunes avec de l'essence et (...) ont mis le feu, à la suite de quoi leurs vêtements ont brûlé, les deux personnes ont eu une partie significative de leurs corps brûlés». Le photographe, Rodrigo Rojas, est décédé quatre jours plus tard, tandis que Carmen Quintana, actuellement professeure d'université, a survécu à l'attaque avec des brûlures sur plus de 60% du corps. Au civil, l'État chilien devra indemniser la famille de Rodrigo Rojas et Carmen Quintana à hauteur de 680.000 dollars.

À l'époque, l'affaire avait fait du bruit aux États-Unis où vivait Rodrigo Rojas. Il se trouvait en vacances au Chili au moment de sa mort. Il y a quatre ans, Washington a déclassifié des documents concernant la période de la dictature chilienne dans lesquels il était indiqué que Augusto Pinochet avait couvert les responsables de la mort du photographe.

La dictature chilienne a causé la mort de plus de 3.000 personnes, et quelque 38.000 ont été torturées, selon des estimations officielles. Augusto Pinochet est mort le 10 décembre 2006 sans avoir jamais été condamné.


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21 mars, 2019

DES STADES POUR PARQUER LES OPPOSANTS COMME DANS LE CHILI DE PINOCHET?


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CAPTURE D'ÉCRAN DE L'ÉMISSION « L'INFO DU VRAI »
Des stades pour parquer les opposants comme dans le Chili de Pinochet?.. Certains y pensent...
Le 19 mars, un tweet signé @MauvaisCoton, est partagé près de mille fois. On peut y lire : «Bon. Je viens d’entendre Yves Calvi regretter qu’il n’y ait pas des stades comme au Chili de Pinochet pour parquer les gilets jaunes arrêtés.»
SEPTEMBRE 1973, STADE NATIONAL 
DE SANTIAGO DU CHILI,DU CINÉASTE
Ces propos n’ont pas été tenus tels quels par Yves Calvi. Mais l’hypothèse d’une ouverture des stades pour parquer les gilets jaunes a bien été évoquée à plusieurs reprises, lundi et mardi, dans l’Info du vrai.
« GILETS JAUNES : YVES CALVI VOIT ROUGE» 
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ARRÊT SUR IMAGES

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19 mars, 2019

À WASHINGTON, BOLSONARO VEUT SCELLER SON ALLIANCE AVEC L’ULTRA-CONSERVATISME


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JAIR BOLSONARO  
PHOTO UESLEI MARCELINO
Comme il l’envisage de le faire lors de sa rencontre avec Donald Trump à Washington, Bolsonaro se complaît à bousculer l’image mesurée de son pays en matière de diplomatie et renforce ses relations avec des alliés aussi peu modérés que lui.
Jair Bolsonaro ne ménage pas ses efforts pour détromper ceux qui pensaient qu’il ferait preuve de plus de modération une fois au pouvoir. En tant que député, Bolsonaro faisait l’éloge du dictateur chilien Augusto Pinochet (1973-1990) ; président, Bolsonaro rend hommage au dictateur paraguayen Alfredo Stroessner (1954-1989) : rien n’a changé.

17 mars, 2019

DÉCÈS DU DIRIGEANT DU PARTI COMMUNISTE CHILIEN (PCCh) JORGE INSUNZA


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DÉCÈS DU DIRIGEANT DU PCCh JORGE INSUNZA BECKER
C'est avec une grande tristesse que nous avons appris le décès de Jorge Insunza Becker, survenu le dimanche 17 mars 2019 à Santiago du Chili. 
JORGE INSUNZA BECKER, NÉ LE 21 AVRIL 1936 DANS LA COMMUNE DE VILLARRICA, EST DÉCÉDÉ DES SUITES D'UNE LONGUE MALADIE, A ANNONCÉ SA FAMILLE.
 TRACT VIRTUEL DES JEUNESSES
COMMUNISTES DU CHILI
Jorge Insunza, ingénieur chilien diplômé en génie civil de l'Université du Chili, fut militant, dirigeant et député du  PCCh lors du gouvernement de Salvador Allende, jusqu'à 1973.

Jorge Insunza est décédé dimanche 17 mars 2019 à 82 ans. Il fut marié à Magda Gregorio de Las Heras, puis en secondes noces avec  Sylvia Irene Rojas Cavieres. Il eut cinq enfants, dont Jorge Insunza Gregorio de Las Heras, qui fut député du Parti pour la démocratie et éphémère Ministre secrétaire général de la présidence lors du gouvernement de Michelle Bachelet. Son fils Carlos David Insunza Rojas est le président du syndicat National de fonctionnaires (ANEF). 

Après le coup d'État de 1973, il quitte le Chili et part avec ses enfants en exil en Allemagne puis en France. Résistant à la dictature de Pinochet, pendant son exil il participe infatigablement aux tâches de solidarité et de dénonciation de la dictature chilienne. Il retourne clandestinement au Chili et participe activement à la transition à la démocratie.
« Contrairement à beaucoup de ses camarades qu’il a tant aimés et admirés, il a échappé à la mort en dictature et il est mort tranquille et près de nous », a souligné son fils Jorge en twitter.

LES AMIES ET AMIS DE LA COMMUNE, LA MÉMOIRE INSURGÉE DANS LA PEAU


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LE 28 MARS 1871, DIX JOURS APRÈS LE DÉBUT DE L’INSURRECTION,
LA COMMUNE EST PROCLAMÉE À L’HÔTEL DE VILLE (CI-DESSUS).
LES QUARTIERS EST ET NORD SERONT BIEN PLUS IMPLIQUÉS QUE
L’OUEST BOURGEOIS DANS CE RÉGIME OÙ LES ÉLUS SONT
RÉVOCABLES À TOUT MOMENT. «C’EST UNE VILLE EXTRÊMEMENT
COMPLEXE, TRÈS POLITISÉE MAIS IL Y A AUSSI BEAUCOUP DE
SPECTATEURS, QUI NE PRENNENT PAS PART, QUE CE SOIT
POUR OU CONTRE LE RÉGIME COMMUNARD»,
RAPPELLE LAURE GODINEAU, HISTORIENNE À PARIS-XIII. 
GRAVURE AGOSTINI. GETTY IMAGES
Nichée dans le quartier parisien de la Butte-aux-Cailles, une association s’est chargée d’entretenir le souvenir de l’insurrection qui a débuté le 18 mars 1871. Une mémoire militante ravivée par des bénévoles motivés et des actions dans toute la France.
 LE DÉSESPÉRÉ
AUTOPORTRAIT GUSTAVE COURBET
IMAGE WIKIPÉDIA
Les étudiants peuvent encore profiter du quartier de la Butte-aux-Cailles (sud-est de Paris), manger dans un saladier en inox Chez Gladines pour moins de 10 euros, un couscous Chez Mamane ou boire des coups au Diamant sans trop se ruiner. Y acheter un appartement est, certes, devenu impossible pour le commun des mortels mais la gentrification y est moins perceptible que dans d’autres endroits de la capitale. La rue des Cinq-Diamants, l’une des deux artères majeures du quartier, abrite également un phare pour les âmes de gauche égarées, qu’elles soient nostalgiques ou offensives : le siège des Amies et Amis de la Commune.
« Que l'on compare ceux qui, à Paris, sont montés à l'assaut du ciel avec ceux qui sont les esclaves du céleste Saint-Empire romain de la Germanie prussienne, avec ses mascarades posthumes et ses relents de caserne et d'église, de féodalité et surtout de philistinisme.» [MARX À KUGELMANN, LONDRES, LE 12 AVRIL 1871]


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15 mars, 2019

MORENO, LA STATUE ET LES PORTRAITS


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STATUE DE NESTOR KIRCHNER DEVANT LE SIÈGE DE L’UNASUR, 2014
PHOTO CC CHANCELLERIE DE L’ÉQUATEUR.
Le président équatorien Lenín Moreno vient de proclamer le retrait de son pays de l’Union des nations sud-américaines (Unasur). Cette organisation régionale, dont le siège se trouve dans la capitale équatorienne Quito (à l’endroit même où passe la ligne de l’équateur), a été forgée à l’initiative de l’ancien président vénézuélien Hugo Chávez en 2008. Elle visait à cimenter l’union politique sud-américaine et à gérer les crises régionales (comme lors d’une tentative de coup d’État en Bolivie, en 2008), afin de se substituer à l’Organisation des États américains (OEA), alignée sur Washington.
Le bâtiment de l’Unasur sera transformé en université et la statue qui y avait été érigée en hommage à l’ancien président argentin Nestor Kirchner — premier président de l’Unasur, décédé en 2010 — sera déplacée. Kirchner « ne représente ni les valeurs ni l’éthique de nos peuples », a justifié M. Moreno, marquant un peu plus sa rupture avec le courant progressiste au nom duquel il est parvenu au pouvoir.

Son geste en évoque un autre, de Kirchner lui-même. En 2004, tout juste parvenu au pouvoir, le président argentin avait exigé que le portraits des dictateurs Jorge Videla et Reynaldo Bignone soient décrochés des murs de l’Académie militaire. En dépit du refus initial des militaires, Kirchner organisa une cérémonie officielle au cours de laquelle il ordonna au chef d’état-major de l’armée de retirer lui-même les portraits.
«KIRCHNER EN 2004,FAIT RETIRER LE PORTRAITS DES DICTATEURS 
JORGE VIDELA ET REYNALDO BIGNONE DE L’ACADÉMIE MILITAIRE.» 
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    La décision de M. Moreno fait suite à celles des gouvernements conservateurs d’Argentine, du Brésil, de la Colombie, du Chili, du Pérou et du Paraguay de suspendre leurs activités au sein de l’Unasur en avril 2018. Le président chilien Sebastián Piñera a par ailleurs annoncé le 19 février vouloir substituer à l’Unasur un nouvel organisme régional « sans bureaucratie, ni idéologie », le « Prosur ». Ses principaux vecteurs d’intégration seront « l’économie et le commerce ». Le Venezuela n’est pas invité à y participer.

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    ILLUSTRATION MARAVILLAS DELGADO

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    CHILI : LE JUGE LAMBERTO CISTERNAS CONDAMNE DES OFFICIERS DE L'ARMÉE À LA RETRAITE POUR LE MEURTRE DE CARMELO SORIA

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    CARMELO LUIS SORIA ESPINOZA 
    SANTIAGO - Le juge de la Cour suprême, Lamberto Cisternas, a condamné six officiers de l'armée de terre à la retraite, pour leur responsabilité dans l'homicide qualifié du citoyen hispano-chilien et fonctionnaire de la Commission économique pour l'Amérique latine (Cepal) Carmelo Soria. Le crime fut commis en juillet 1976, quand il fut arrêté par des agents de la DINA et transféré dans une maison à Lo Curro (quartier huppé de la capitale), où il a subi une série de mauvais traitements physiques qui ont provoqué sa mort.
     DES OFFICIERS CONDAMNÉS POUR LE
    MEURTRE DE CARMELO SORIA
    Le juge a condamné Pedro Espinoza Bravo, Raul Iturriaga Neumann, Jaime Lepe Orellana et Juan Morales Salgado à la peine de 6 ans d'emprisonnement, en tant que co-auteur du crime d'homicide.

    13 mars, 2019

    «72 HEURES POUR QUITTER LE PAYS» : MADURO ANNONCE QUE LE VÉNÉZUÉLA ROMPT SES RELATIONS AVEC LES USA


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    PHOTO AFP 2018 DON EMMER
    Nicolas Maduro, a déclaré qu'il rompait les relations avec les États-Unis, après qu'ils ont reconnu Juan Guaido, au poste de président par intérim du pays sud-américain. Le chef d'État donne 72 heures aux diplomates américains pour quitter le pays.
    CAPTURE D'ÉCRAN
    Le président vénézuélien, Nicolas Maduro, a déclaré le 23 janvier qu'il rompait les relations diplomatiques avec les États-Unis, après que l'administration Trump a reconnu le chef de l'opposition, Juan Guaido, au poste de président par intérim du pays sud-américain. S'adressant à des partisans devant le palais présidentiel de Miraflores à Caracas, le dirigeant socialiste a aussi annoncé qu'il donnait 72 heures au personnel diplomatique américain pour quitter le Venezuela.

    « J'ai décidé de rompre les relations diplomatiques et politiques avec le gouvernement impérialiste des États-Unis. Dehors ! Qu'ils s'en aillent du Venezuela, ici il y a de la dignité, voyons !», a notamment proclamé Nicolas Maduro.
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    « INTERVENTIONNISME MADE IN USA »
    DESSIN OSVAL 

    09 mars, 2019

    POUR COMPRENDRE LA RÉVOLTE DES HAÏTIENS


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    MANIFESTANT SAUTANT SUR UNE BARRICADE ENFLAMMÉE
    LORS D’UNE ACTION ANTIGOUVERNEMENTALE EN HAÏTI

    PHOTO JEANTY JUNIOR AUGUSTIN 
    « Le Gouvernement des États-Unis exhorte tous les citoyens, partis politiques et organisations de la société civile à s’exprimer pacifiquement. La violence aggrave l’instabilité et la souffrance du peuple (…).  » Ce n’est bien entendu ni à l’opposition vénézuélienne, en phase insurrectionnelle en 2014 et 2017, ni à celle du Nicaragua, pareillement soulevée en 2018, que l’ambassade des États-Unis a adressé ce message. Ce 15 février 2019, à Port-au-Prince, la déclaration est destinée aux Haïtiens qui, depuis le 7 février, se soulèvent contre le pouvoir dans les principales villes du pays le plus pauvre d’Amérique latine et des Caraïbes. D’ailleurs, pour éviter toute ambiguïté, l’ambassade américaine précise en direction des forces de l’ordre qui mènent la répression : « Nous félicitons la Police nationale haïtienne d’avoir œuvré pour le maintien de la paix et de la stabilité tout en veillant à ce que les citoyens haïtiens exercent le droit de faire entendre leur voix. » Un droit des plus relatifs, pour qui aime pinailler : des chiffres non officiels font alors état d’une dizaine de victimes et d’une centaine de blessés ; deux semaines plus tard, le nombre des morts s’établira à vingt-six, d’après la Commission interaméricaine des droits humains (CIDH).
    6Lecture 30 min.
    MANIFESTATION CONTRE LE PRÉSIDENT 
    HAÏTIEN À PORT-AU-PRINCE,
    LE 12 FÉVRIER 2019
    PHOTO JEANTY JUNIOR AUGUSTIN 
    Déjà, les 6 et 7 juillet 2018, signe d’une crise profonde, deux folles journées d’émeutes avaient jeté dans la rue des dizaines de milliers d’Haïtiens. Inspirée par le Fonds monétaire international (FMI), qualifiée d’ « irresponsable et inopportune » et de « mépris total de la population » par l’économiste Camille Chalmers, secrétaire exécutif de la Plateforme de plaidoyer pour un développement alternatif (Papda) [1], une hausse allant jusqu’à 50 % des prix des carburants à la pompe venait de provoquer l’embrasement. Pour une multitude vivant avec moins de 2 dollars par jour et, faute de service public digne de ce nom, utilisant le kérosène dans ses foyers, ne serait-ce que pour y faire la cuisine, il s’agissait de la mesure de trop. Car survenant à un moment où déjà s’accumulaient de nombreux motifs d’indignation, dont l’un, particulièrement emblématique : le détournement par la classe dirigeante d’une part importante des 3,8 milliards de dollars du Fonds Petrocaribe, le programme d’aide mis en place par le Venezuela pour financer des projets sociaux [2]. Scandale révélé à l’automne 2017 par un rapport d’une commission du Sénat mettant en cause quinze anciens ministres et hauts fonctionnaires, dont deux ex-chefs du gouvernement. Rapport resté sans suite. D’où l’explosion brutale du mécontentement. Et ces deux jours d’insurrection populaire qui débouchèrent sur la démission du premier ministre Jack Guy Lafontant et le retrait de la mesure contestée sur les carburants.