01 juillet, 2020

ANNIVERSAIRE DE LA MORT DE SOLA SIERRA

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ANNIVERSAIRE DE LA MORT DE SOLA SIERRA
1999 - 1 JUILLET - 2020
VINGT-ET-UNIÈME ANNIVERSAIRE
DE LA MORT DE DE SOLA SIERRA

 ANNIVERSAIRE DE LA MORT DE SOLA SIERRA
Sola Sierra Henríquez née à Santiago du Chili, le 1er décembre 1935 et elle est décédée le 1 juillet 1999, elle fut une activiste chilienne des droits de l'homme. Elle a été la présidente de l'Association des familles de détenus disparus (AFDD) entre 1977 et 1999.

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        CHILI: L'ÉCONOMIE S'EFFONDRE DE 15,3% EN MAI À CAUSE DE LA PANDÉMIE

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         (Perdidos Ya) « DÉJÀ PERDU » 
        DESSIN LAUZAN
        L'économie chilienne s'est effondrée de 15,3% en mai par rapport au même mois de l'an dernier, établissant un nouveau record à la baisse à cause de la pandémie de Covid-19, a annoncé mercredi la Banque centrale.
          MISE À JOUR DU 01 / 07 / 2020
        Durant le mois de mai, lorsque les contaminations ont commencé à grimper en flèche au Chili, seule l'activité minière a continué de croître dans ce pays, tandis que les services ou les commerces étaient particulièrement affectés.

        Mardi, l'Institut national de statistiques (INE) a annoncé que le taux de chômage avait bondi à 11,2% au cours du trimestre glissant mars-mai, au plus haut depuis une décennie. Ce taux, qui avait atteint 9% au trimestre glissant précédent, de février à avril, a augmenté de 4 points de pourcentage en 12 mois. «Nous allons avoir besoin d'une grande capacité pour reprendre (l'activité économique) et c'est la principale priorité, car aucun pays ne peut survivre avec des recettes d'urgence», a déclaré le ministre des Finances Ignacio Briones, aux médias locaux.

        Pour l'ensemble de l'année 2020, la Banque centrale prévoit une chute du PIB chilien qui pourrait atteindre 7,5%. Le Chili, frappé comme le reste de la région par la pandémie de Covid-19 depuis le mois de mars, totalise plus de 280.000 cas, dont 5.753 décès confirmés via des tests et près de 9.000 morts si l'on prend en compte les cas «probables».


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        EN BOLIVIE, SUR LA ROUTE AVEC L’ÉLITE DE SANTA CRUZ

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        PHOTO ÁLVARO GUMUCIO LI.
        Du « Wall Street Journal » aux franges les plus écervelées de la gauche internationale, la quasi-totalité des commentateurs ont défendu l’idée que le président bolivien Evo Morales avait fraudé lors du scrutin présidentiel de novembre 2019. Leur erreur a contribué à priver le chef d’État sortant de sa victoire au premier tour, au profit d’une élite réactionnaire, établie à Santa Cruz. Cette dernière rêve de prendre les rênes du pays, mais ses espoirs devraient être douchés lors du nouveau scrutin, prévu le 6 septembre.



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        LE MONDE DIPLOMATIQUE - AUDIO 
         « EN BOLIVIE, SUR LA ROUTE AVEC L’ÉLITE DE SANTA CRUZ »
         Lu par Lou Chauvain 


        COLLECTIF CARTO 2009
        Arriver à Santa Cruz de la Sierra est une expérience déroutante. Dès l’aéroport, on croise des hommes gominés en costume trois-pièces, des familles mennonites aux cheveux roux, des femmes qu’une coutume locale semble contraindre — dès qu’elles atteignent un certain niveau de vie — à passer sous le scalpel d’un chirurgien esthétique et des chauffeurs de taxi en quête de clients (souvent à la peau moins mate que la leur). Puis, en roulant vers la ville, sur une ligne droite interminable, on découvre la chaleur brûlante, les plaines arides, les charrettes que dépassent de gros quatre-quatre, et les concessionnaires de moissonneuses-batteuses dernier cri, exposées tels des véhicules de luxe, qui rappellent d’où vient la richesse de la région. On longe aussi des quartiers périphériques misérables auxquels succèdent des résidences de luxe avec piscine sur le toit et salle de fitness au rez-de-chaussée. Avant d’arriver, enfin, dans le vieux centre-ville, au charme colonial.

        Située dans les plaines orientales de la Bolivie, Santa Cruz de la Sierra est la capitale du département de Santa Cruz, le plus grand et le plus peuplé du pays. D’une superficie supérieure à celle de l’Allemagne, il couvre un tiers du territoire bolivien et compte plus de deux millions d’habitants, dont la grande majorité dans sa capitale. La présence d’hydrocarbures dans le sous-sol et un puissant secteur agro-industriel ont élevé le département au rang de poumon économique du pays, représentant plus de 30 % du produit intérieur brut (PIB).

        Lors d’un précédent voyage, en décembre 2018, nous avions rencontré Mme Natalia Ibañez dans un avion. Elle avait ensuite chaleureusement proposé de nous accueillir dans sa ville. « Santa Cruz, c’est la ville la plus moderne de Bolivie. Vous avez vu tous ces condos, avait-elle alors interrogé, en référence aux lotissements privés et gardés, qui pullulent ici. C’est normal, nous, à Santa Cruz, on sait investir l’argent ; on sait le faire fructifier. Pas comme ces Indiens qui enfouissent le leur dans la terre, en offrande à leur “Pachamama”. » À l’époque, Mme Ibañez ne rêvait que d’une seule chose : évincer du pouvoir le président Evo Morales, cet « Indien illettré ».

        Le nec plus ultra, ici, consiste à ressembler à un Américain


        Près d’un an plus tard, Mme Ibañez nous a donné rendez-vous au Divine, un nails bar (littéralement «bar à ongles ») flambant neuf, tout de marbre et de verre. Les employées, nombreuses, portent blouses blanches courtes, chaussures compensées et lentilles de couleur bleue, les rendant semblables aux chanteuses substituables qui défilent sur les écrans accrochés aux murs, branchés sur la chaîne MTV. Les clientes du salon, quant à elles, s’évertuent à ne parler entre elles qu’en anglais (jusqu’à ce qu’un manque de vocabulaire les contraigne à repasser à l’espagnol). C’est que le nec plus ultra, ici, consiste à ressembler à un Américain. C’est ainsi qu’à l’aéroport nombre d’habitants de la ville dotés de la double nationalité bolivienne et américaine préfèrent faire la queue à l’immigration en utilisant leur passeport américain plutôt que de passer dans une file pourtant beaucoup plus rapide avec leur document bolivien. Tout en faisant rafraîchir sa manucure, Mme Ibañez nous dit sa joie d’avoir été exaucée. Non sans une certaine fierté. C’est son cousin qui a « libéré la Bolivie de l’enfer de la dictature » : M. Luis Fernando Camacho, avocat millionnaire à la quarantaine dynamique — et qui, d’après les informations divulguées par le Consortium international des journalistes d’investigation (ICIJ) en avril 2016, a créé trois sociétés offshore au Panamá qui ont permis à des particuliers, dont lui-même, ainsi qu’à des entreprises boliviennes de dissimuler et blanchir leur argent et d’établir des plans d’évasion fiscale…

        Au mois de novembre 2019, en effet, un coup d’État soutenu par la police et les militaires a renversé M. Morales, désormais en exil (1). L’épisode a été précédé d’une grève générale de vingt et un jours, consécutive aux résultats contestés de la présidentielle d’octobre 2019, qui donnaient le président sortant vainqueur de justesse au premier tour. Pendant toute cette période, le Comité civique pro-Santa Cruz, présidé par M. Camacho, s’est employé à attiser les flammes de la colère. L’organisation jouirait, selon son administrateur Diego Castel, du « plus fort pouvoir de mobilisation du pays ». Désormais candidat à l’élection présidentielle (initialement prévue le 3 mai 2020, mais repoussée au 6 septembre en raison de la pandémie de Covid-19), M. Camacho appelle à l’époque à se rassembler autour de la statue monumentale du Christ rédempteur, une des places fortes de la ville, afin de communiquer ses consignes pour la suite des mobilisations. « 80 % du renversement de l’“Indien”, c’est grâce à Santa Cruz, d’un point de vue économique et logistique », conclut Mme Ibañez. L’« Indien » ? Le président renversé Evo Morales. Une autre Crucénienne, que nous rencontrons plus tard, nous le confirmera : Mme Sirce Miranda nous raconte avoir vu, chaque soir, son compagnon et plusieurs membres du Comité civique pro-Santa Cruz faire le tour des points de blocage de la ville afin de « récompenser » les manifestants pour leur mobilisation, avec de l’argent et du riz. Effarée de ce qu’elle a observé, elle a depuis rompu avec son concubin.

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        Situé au centre de la ville, rue Canada Strongest, dans un joli bâtiment colonial entouré d’une grande cour ombragée où flotte le drapeau vert et blanc de Santa Cruz, le Comité civique pro-Santa Cruz est « le gouvernement moral des Crucéniens », nous explique M. Castel. Son rôle ? « Défendre les intérêts de Santa Cruz face à l’État. » Bien que composé de quelque trois cents organisations de la « société civile », le comité est depuis sa fondation, en 1950, une institution d’élite, fermement tenue par l’oligarchie locale. Pour être candidat à sa présidence, il faut être parrainé par des entrepreneurs influents et mener une campagne qui « coûte cher », explique M. Herland Vaca Diez Busch, 72 ans, président de l’institution de 2011 à 2013.

        Concernant les autres conditions à remplir, « il faut être né à Santa Cruz et y vivre depuis plus de quinze ans », complète M. Castel. Avant d’ajouter : « Monde moderne oblige ! Jusqu’à récemment, il fallait, en plus, être fils de parents crucéniens. » « Fils », car, oublie-t-il de dire, l’influence du « monde moderne » n’est pas allée jusqu’à permettre aux femmes de présider le puissant comité de cette ville conservatrice. S’il abrite une « section féminine », celle-ci demeure périphérique et cantonnée aux relations sociales.

        Lors de notre visite dans les locaux du comité, nous croisons justement l’une des figures de la « section féminine » : Mme Maria Carmen Morales de Prado, affectueusement surnommée « Negrita », dont la fête d’anniversaire de ses 60 ans a fait le bonheur des pages mondaines des magazines de la ville. Elle nous explique que « le comité est un tremplin pour entrer en politique ». C’est ainsi que la plupart des responsables politiques de Santa Cruz ont été formés à l’école du comité, qu’un de ses ex-présidents en est à son sixième mandat à la tête de la ville, tandis qu’un autre en est à son troisième à la tête de la province. Elle raconte avec émotion les derniers mois intenses passés avec les jeunes du comité « prêts à tout pour faire triompher la démocratie ». Ces jeunes, qui l’appellent affectueusement « tia » (tante), forment l’Union de la jeunesse crucéniste (Unión juvenil cruceñista). L’engagement passionné pour la « récupération de la démocratie » de cette « équipe de choc du comité » conduit fréquemment ses membres en prison pour violences.

        « Moi, je veux que mes enfants baignent dans l’odeur de l’argent »


        L’Union de la jeunesse crucéniste dispose de locaux au sein du comité. Ses militants se retrouvent au fond de la cour, au premier étage, sous une climatisation glaciale et sur un sol jonché de mégots. Ils sont près de trois cents, âgés de moins de 30 ans, blancs, souvent étudiants et issus des classes moyennes et supérieures (quoique les membres des classes populaires soient de plus en plus nombreux). Ici, on ne rechigne pas à faire le salut fasciste, bras tendu, lors des réunions : considérée comme un groupe paramilitaire par la Fédération internationale des droits de l’homme (FIDH), l’Union de la jeunesse crucéniste a été fondée en 1957 par Carlos Valverde Barbery, dirigeant de la Phalange socialiste bolivienne, créée vingt ans plus tôt sur le modèle des brigades franquistes en Espagne. Être phalangiste demeure une condition pour rejoindre l’Union de la jeunesse crucéniste, comme nous le confirmera plus tard M. Gary Prado Araúz, avocat en vue de la ville. Dans un film retraçant l’histoire de l’organisation (2), Valverde Barbery explique : « L’Union de la jeunesse crucéniste a été créée pour être le “bras armé” du comité, se chargeant non seulement de la lutte de rue mais aussi de l’endoctrinement populaire et du soutien militaire au comité. » C’est au sein de cette union que M. Camacho a fait ses premiers pas, avant d’en devenir en 2002, à 23 ans seulement, le plus jeune vice-président.

        Dans sa clinique privée, assis derrière un bureau recouvert de photographies de ses enfants et petits-enfants et jonché de livres anciens sur l’histoire de la région, M. Herland Vaca Diez Busch nous explique être l’un des fondateurs et idéologues du Mouvement de libération de la nation camba (MNC L]). D’après ce mouvement, nous dit-il avec fierté, entre un drapeau vert et blanc de Santa Cruz et une Vierge posée sur une étagère à côté des armoiries de la ville, la Bolivie est « une sorte de Tibet sud-américain, composé de groupes ethniques arriérés et misérables, aymara et quechua, où règne une culture du conflit, pré-républicaine, non libérale, syndicaliste et conservatrice, et dont le centre bureaucratique [La Paz] pratique un exécrable centralisme d’État colonial qui exploite ses “colonies internes”, s’approprie nos excédents économiques et nous impose la culture du sous-développement, sa culture ». D’un côté, donc, les camba, habitants de l’orient du pays, plutôt blancs et « occidentalisés » ; de l’autre, les colla, terme stigmatisant les « indigènes » andins de l’ouest du pays.

        « Santa Cruz ne doit rien à la Bolivie, poursuit-il. Lorsque je suis né en 1948, cette ville n’était qu’un village, aucune rue n’était goudronnée, il y avait à peine quarante mille habitants. Regardez maintenant comme c’est prospère ! Et nous sommes aujourd’hui plus d’un million et demi ! Nous étions abandonnés par l’État central, qui préférait aider les départements miniers. Nous, les Crucéniens, réclamions de l’aide, mais comme l’État ne nous la donnait pas, nous avons fait les choses par nous-mêmes : notre propre système d’eau, de télécommunications et d’électricité. On en est fiers. » Et d’ajouter : « Tout ce qui s’est fait à Santa Cruz, c’est à la sueur de notre front. » Que ce soit l’État bolivien qui ait construit les infrastructures de Santa Cruz, comme ses routes ou ses gazoducs, et qu’il ait massivement investi pour le développement de l’agro-industrie dans la région, dont elle tient l’essentiel de sa richesse, semble de peu d’importance aux yeux de notre interlocuteur.

        Soucieux que nous nous fassions une juste représentation de la région, de sa culture et de ses valeurs, M. Herland Vaca Diez Busch nous propose de l’accompagner pour le week-end, avec son frère Tulio, à Concepción, une petite ville de la province située à trois cents kilomètres au nord-est de Santa Cruz. Dans la BMW qui nous y conduit, les deux frères sont très enthousiastes à l’idée de nous faire découvrir « leur Santa Cruz », auquel ils se sentent profondément attachés. « Les collas sont une race spéciale, tu vois. Ils sont paresseux et ignorants. Ils attendent que les aides tombent. Ils n’ont jamais été de l’avant. Moi, j’ai toujours fait en sorte que mes enfants ne fréquentent pas de pauvres pour qu’ils ne deviennent pas paresseux. Je veux qu’ils baignent dans l’odeur de l’argent pour y prendre goût. Qu’ils apprennent des gens qui ont réussi et qui travaillent, car la richesse appelle la richesse. »

        Après avoir vanté les luxueuses options de sa berline allemande, le docteur poursuit : « Nous, à Santa Cruz, on aurait pu se développer beaucoup plus, mais l’“Indien” [Evo Morales] nous en a empêchés. Les gens de l’Ouest comme lui sont nés en nous détestant. C’est pour ça qu’ils nous ont freinés. Avec les droits sociaux, les aides publiques et compagnie, ils ont foutu en l’air nos entreprises. Il suffit que dans ta boîte tu aies trois femmes qui tombent enceintes en même temps, et tu dois mettre la clé sous la porte. Tu sais qu’on doit leur verser une “prime d’allaitement” qui vient s’ajouter au doble aguinaldo [double treizième mois] pour tous les salariés de l’entreprise ? C’est ça le risque de faire travailler des femmes… »

        À mi-chemin, nous passons par la ville de San Julián, sortie de terre il y a trente ans, dont la plupart des 48 000 habitants sont des colons, des paysans indiens ayant migré depuis l’intérieur du pays. « Cette jungle », comme l’appellent les deux frères, est « un exemple de l’invasion colla  », dont sont «victimes » les Crucéniens. « Ces sauvages nous jettent des pierres lorsqu’on traverse le village en voiture. En plus de nous avoir envahis, ils nous frappent et parfois nous tuent. Il faut se séparer de ces fous », expliquent ces partisans d’une autonomie de la région. Alors que nous traversons l’endroit sans encombre et croisons plusieurs femmes coiffées de tresses et de jupes bouffantes traditionnelles de l’Altiplano, le frère du médecin commente : « Ils n’ont rien à faire ici, ils ne sont pas adaptés au milieu. Par exemple, les animaux, en hiver, ils ont plus de poils ; c’est ça s’adapter à son milieu. Eux, ils ont chaud, ils transpirent et ils puent. » Incontestablement, ces Indiennes ne correspondent pas aux canons de beauté crucéniens qu’incarnent les « magnificas », ces mannequins à la peau claire et à la silhouette élancée qui, chaque mois de septembre, posent en petite tenue parmi les moissonneuses-batteuses rutilantes et les bovins gonflés aux hormones de la foire économique internationale de Santa Cruz (Fexpocruz), véritable institution de la région.

        Le livre d’Hitler ? « C’est un classique. Tu connais ? »


        Nous roulons au milieu d’immenses champs de soja et de maïs en écoutant les voix suaves d’Aldo Peña et de Gina Gil, chanteurs populaires cambas, qui interprètent leurs plus grands titres, La cruceñidad, Pena cruceña ou encore Viva Santa Cruz. Mais qu’est-ce au juste que la cruceñidad ? La question plonge les deux frères dans la perplexité. Ils mûrissent longuement leur réponse, à la manière de la Crucénienne Gabriela Oviedo, Miss Bolivie 2003, qui, lorsqu’on l’interrogea sur son pays lors du concours de Miss Univers, répondit : « Malheureusement, les gens qui ne connaissent pas la Bolivie pensent que nous sommes tous indiens. La Paz renvoie cette image, avec ses pauvres de petite taille, ses peuples autochtones. Moi je viens de l’autre moitié du pays, la partie est, où il ne fait pas froid mais très chaud, où nous sommes grands et blancs, où nous connaissons l’anglais. Cette idée reçue selon laquelle la Bolivie n’est qu’un pays andin est fausse. » Après quelques minutes de réflexion, M. Herland Vaca Diez Busch répond à notre question en citant de mémoire un passage de… Mein Kampf. Pensant avoir mal compris, nous lui demandons : « Le livre d’Adolf Hitler ? » « Bien sûr, nous répond-il, c’est un classique ! Tu connais ? »

        Nous roulons depuis plus de trois heures. Les paysages sont à présent plus vallonnés et luxuriants. Nous traversons de petits villages aux maisons coloniales assez basses et aux avancées couvertes, alignées de part et d’autre de rues en terre battue. Nous croisons en chemin plusieurs Harley-Davidson que chevauchent, cheveux au vent, d’adipeux hommes blancs en chemise de cow-boy, et qui dépassent les petites motos pleines de boue des familles à la peau plus mate. Les deux frères sont excités de retrouver l’atmosphère de leur jeunesse, une partie de leur famille étant originaire de la région. M. Tulio Vaca Diez Busch, nostalgique, se souvient : « Hey Gros [le surnom qu’il donne à son frère], tu te souviens quand il y avait un Indien qui se faisait taper là dans la rue, quand ils l’ont fait tomber de son vélo ? »

        Nous arrivons enfin à San Javier, où nous sommes attendus par des camarades « autonomistes » réunis pour planter un mojón (piquet de bois de 2,20 mètres de hauteur et de 20 centimètres de large) sur la place principale, devant la mairie. L’organisateur de l’événement, M. Joe Nuñez Klinsky, un entrepreneur crucénien à la moustache rousse, nous explique, animé d’une conviction sincère et enthousiaste, que « l’objectif de cette action citoyenne est de laisser des jalons du courant autonomiste dans chaque ville du pays, accompagnant ainsi le processus qui doit mener à une Constituante fédérale en Bolivie, premier pas vers l’autonomie de Santa Cruz ». Il y a là environ cinquante personnes, pour la plupart des hommes d’une soixantaine d’années, en jeans et chemises, chaussés de mocassins ou de santiags, chapeaux vissés sur la tête, étuis à couteau à la ceinture, Ray-Ban sur le nez, grosses montres en or au poignet. Après son discours, M. Herland Vaca Diez Busch — qui n’a pas manqué de faire référence à son oncle Germán Busch Becerra, fils de médecin allemand devenu fameux pour ses prouesses lors de la guerre du Chaco ayant opposé la Bolivie au Paraguay de 1932 à 1935 et qui se proclama président du pays en 1937 — tire sur le drapeau vert et blanc qui recouvre le mojón, sous les applaudissements de l’assemblée. Celle-ci entonne alors l’hymne crucénien la main sur le cœur en agitant des drapeaux aux couleurs de la région. Ces personnes qui composent l’élite crucénienne ont pour la plupart des terres par ici. Alors que nous leur faisons remarquer : « C’est étonnant, vous avez presque tous les yeux bleus comme moi ! », ils nous répondent : « Mon père ou mon grand-père étaient européens » et ajoutent : « Il y a beaucoup de descendants d’Allemands par ici. »

        PHOTO ÁLVARO GUMUCIO LI
        La cérémonie terminée, nous nous remettons en route pour Concepción, vers l’hacienda d’un troisième frère, multimillionnaire (« Et je parle en dollars ! », précise M. Tulio Vaca Diez Busch), propriétaire de concessions de bois et de canne à sucre ainsi que d’élevages bovins, comme la plupart des grands propriétaires terriens environnants. Une fois arrivés sur la place principale de ce joli village colonial indiqué dans tous les guides touristiques, notre compagnon de route ajoute que ce n’est pas son seul atout. « Ici est né un grand homme », énonce-t-il, le général Hugo Banzer Suárez, qui fut président de la République à deux occasions : la première fois de 1971 à 1978, à la suite d’un coup d’État, où il mit alors en place un régime militaire dont le conseiller spécial concernant les techniques de répression était l’officier nazi Klaus Barbie ; puis de 1997 à 2001, où il fut cette fois démocratiquement élu. Nous prenons notre repas dans un restaurant de la place dont les restes sont mis dans un sac plastique qui sera ensuite donné à « l’Indien » qui garde l’hacienda du frère multimillionnaire. M. Herland Vaca Diez Busch explique, à propos de son acte de générosité : « Les gens qui avaient le pouvoir à La Paz ont la haine contre nous, car nous avons toujours su travailler en bonne harmonie avec nos Indiens. » Cette cohabitation fraternelle ne nous sautera cependant pas aux yeux le lendemain matin, lorsque nous nous rendrons à la messe dominicale de la mission jésuite de Concepción. D’un côté, des bancs occupés par des patrons blancs aux traits européens, dont les enfants regardent des dessins animés Disney sur l’iPhone de leurs parents, de l’autre des péons indiens, dont les enfants envient leurs petits camarades. Quant au prêtre, il commence ainsi : « Nous sommes tous, mes bien chers frères et mes bien chères sœurs, unis ici pour que le sauvage Evo Morales ne revienne plus. »

        Les trois frères réunis, nous partons pour l’hacienda Berlin, à vingt kilomètres de là. C’est une propriété de 1 200 hectares, où nous attend son propriétaire, M. Oscar Mario Justiniano, dans son imposante maison coloniale ceinte d’une large pergola. Nous ne sommes pas seuls : une quinzaine d’hommes, déjà présents à la cérémonie autonomiste, viennent d’arriver. Ce petit monde évolue ensemble depuis l’enfance : ils étaient les camarades de classe de M. Justiniano et de M. Tulio Vaca Diez Busch lorsque ces derniers fréquentaient l’école La Salle de Santa Cruz. Cet établissement privé religieux, fréquenté par les enfants de l’élite locale, est « le meilleur de la ville, car c’est celui qui coûte le plus cher », m’explique l’un d’eux, avant d’ajouter : « Ils ont su faire fructifier l’argent, ils ont investi, entre autres choses, dans le bois et l’élevage. »

        Un agneau et deux cochons rôtissent sur des broches, le personnel de M. Justiniano nous apporte des rafraîchissements, l’ambiance est à la fête. Durant le repas, on nous explique : « La France, vous êtes un grand pays car vous avez une grande armée, et aussi le nucléaire. C’est ça un pays développé, avoir une capacité militaire. » Un de ses camarades réagit : « Santa Cruz, c’est grand comme la France et il y a beaucoup de richesses. Imagine si on pouvait avoir l’armée de la France : on pourrait lutter contre l’invasion de ces barbares d’Indiens, pour en finir. » Une fois le repas terminé, certains se jettent dans des hamacs pour digérer les kilos de viande ingérée, d’autres boivent de la bière. Nous apprenons alors que tout ce petit monde célèbre chaque année, le 9 octobre, l’assassinat d’Ernesto « Che » Guevara dans la province de Santa Cruz, souhaitant d’ailleurs le même destin funeste à tous les communistes.

        Car le communisme, c’est l’impôt. Or, sous la présidence de M. Morales, les Crucéniens auraient été victimes d’une forme d’« extorsion », comme nous l’explique M. Pablo Mendieta Ossio, directeur du centre d’économie de la chambre de l’industrie, du commerce, des services et du tourisme de Santa Cruz : « Le problème n’est pas tant le taux d’imposition, nos impôts sont très bas en Bolivie, que les contrôles qui se sont intensifiés ces dernières années, qui multiplient les possibilités d’erreur de la part des services fiscaux et donc les amendes. Les entreprises ont ainsi accumulé des dettes fiscales qui représentent des sommes très importantes, dont le remboursement les mettrait en situation délicate. » Depuis l’arrivée au pouvoir du général Banzer Suárez s’était instaurée en Bolivie une tradition dite de l’amnistie fiscale (perdonazo tributario) : lorsqu’un nouveau président était élu, il annulait les dettes fiscales des élites. Or, arrivé à la tête du pays, M. Morales a dérogé à la coutume, de sorte que beaucoup de grosses fortunes ont aujourd’hui des dettes fiscales de plusieurs millions de dollars. Mais le gouvernement de facto de Mme Jeanine Añez, instauré après le coup d’État de novembre 2019, est bien décidé à rétablir l’ordre des choses et à « mettre fin à l’extorsion menée par le gouvernement précédent », comme l’a déclaré son ministre de l’économie, M. José Luis Parada. C’est ainsi qu’il planche actuellement sur une nouvelle loi d’amnistie, en dépit des critiques selon lesquelles pareilles évolutions législatives ne sauraient relever d’un gouvernement par intérim.

        « Ici, les filles sont belles. Rejoignez-nous ! »


        À Santa Cruz, un défilé de quatre-quatre vient se garer devant l’Église chrétienne de la famille (évangélique) et laisse peu de doutes quant à la prospérité des ouailles. C’est jour de culte, aujourd’hui. Dans un immense patio où chacun attend l’heure de la célébration, on croise dans une ambiance bon enfant, où tous se connaissent, des femmes en talons aiguilles, des hommes bodybuildés à l’étroit dans leurs chemises de marque ou des jeunes en jeans et baskets dernier cri. Une fois entrés dans une grande salle, la célébration commence en musique. Accompagné d’un batteur, d’un bassiste, de trois guitaristes et d’un claviériste, un chanteur entonne des chansons chrétiennes reprises par l’assistance. Les paroles défilent sur fond de levers de soleil, de flammes ou de ciels étoilés sur deux écrans géants accrochés au mur, tandis qu’un technicien fait danser les spots de couleur au rythme de la musique. Rapidement, le ton du chanteur-chauffeur de salle, qui reprend des forces grâce à quelques gorgées de Red Bull entre les chansons, se fait plus incantatoire. L’assistance lève alors les bras, chante plus fort, s’agenouille, pleure, ferme les yeux.

        C’est à ce moment qu’entre en scène le pasteur, la quarantaine, vêtu comme ses fidèles « branchés », un iPad sous le bras, sur lequel il va lire son prêche. Quand la cérémonie s’achève, le pasteur invite les fidèles à « remercier Dieu » et ajoute : « Tout le monde doit donner, même si l’on n’a pas beaucoup d’argent. Car, pour montrer à Dieu qu’on l’adore, il faut faire quelque chose qui nous coûte. » Un étui de guitare déposé sur la scène se remplit alors rapidement de grosses coupures. Animé par la foi, le pasteur fait la promotion de son Église sur sa page Facebook, où il annonce la venue de stars pour des concerts de rock chrétien « hallucinants ». Entre des montages photographiques de jeunes femmes de l’Église légendés « Ici les filles sont belles, rejoignez-nous ! », on trouve aussi des photographies du pasteur en compagnie de M. Camacho, qui, « grâce à la force de Dieu, nous a surnaturellement libérés du Mal ».
        Maëlle Mariette
        Journaliste.
        Notes :

        (1) Lire Renaud Lambert, « En Bolivie, un coup d’État trop facile », Le Monde diplomatique, décembre 2019.
        (2) « Historia de la Unión juvenil cruceñista », vidéo consultable en ligne.
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        PALESTINE. UN 1ER JUILLET EN FORME DE DEUIL POUR LA PAIX

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        INFOGRAPHIE L'HUMANITÉ
        Dévoilé fin janvier à Washington par Donald Trump et Benyamin Netanyahou, le plan d’annexion visant à dépouiller les Palestiniens de leur terre et qui pourrait entrer en vigueur dès ce mercredi est de plus en plus contesté.
        CHILI :  SOLIDARITÉ AVEC 
        LE PEUPLE PALESTINIEN
         FLYER DU PCCH
        Selon l’accord passé en mai entre Benyamin Netanyahou et son ancien rival électoral, Benny Gantz, leur gouvernement d’union doit se prononcer ce mercredi 1er juillet sur la mise en œuvre du plan états-unien pour le Proche-Orient, qui prévoit notamment l’annexion par Israël de l’ensemble de la vallée du Jourdain en plus des colonies d’implantation en Cisjordanie occupée. Actuellement, plus de 2,8 millions de Palestiniens vivent en Cisjordanie, où résident également quelque 450 000 Israéliens dans des colonies illégales au regard droit international. Un plan rejeté en bloc par les Palestiniens, qui n’ont même pas été consultés, mais évidemment salué par Netanyahou comme une « opportunité historique ». Ce qu’on est bien en mal de déceler. Une chose est certaine, il ne s’agit pas de grignoter une nouvelle une partie des territoires palestiniens mais bien de les avaler et donc d’en finir une fois pour toutes avec la « question palestinienne » et le droit à l’autodétermination.

        Un État qui ne serait qu'un leurre


        Trump et son gendre, Jared Kushner, à l’origine de cette initiative – concoctée avec les Israéliens – ont pris soin de mentionner la création possible d’un État palestinien mais un coup d’œil sur les cartes (voir ci-dessus) montre qu’il s’agit en réalité d’un leurre. Jérusalem étant reconnue comme capitale d’Israël par Washington, les Palestiniens sont sommés de considérer un petit faubourg, Abou Dis, comme le lieu d’établissement officiel de leurs institutions. Quant à l’État proprement dit, il s’apparenterait plutôt à un archipel. Le maillage routier prévu par l’occupant a cela de vicieux : en moins de 24 heures l’ensemble des îlots palestiniens pourraient être isolés les uns des autres. Les colons, eux, continuant à circuler sur des voies réservées. Dans un message adressé il y a quelques jours au sommet des chrétiens évangélistes, le premier ministre israélien parlait d’une « solution réaliste » où « Israël et Israël seul a le contrôle de toutes les questions de sécurité sur terre et dans les airs, à l’ouest du Jourdain ». Il osait ajouter : « C’est bon pour Israël, c’est bon pour les Palestiniens, c’est bon pour la paix. »

        Pour l’Organisation de libération de la Palestine (OLP) et l’Autorité palestinienne, la marge de manœuvre est réduite. Ramallah a coupé ses liens avec Washington et vient de cesser sa coopération sécuritaire avec Tel-Aviv. En cas « d’annexion totale ou partielle, Israël devra prendre l’entière responsabilité de ce qui adviendra dans les territoires palestiniens et sera considéré comme une force occupante », a fait savoir un porte-parole de Mahmoud Abbas. Les Palestiniens se disent néanmoins prêts à relancer des négociations directes avec les Israéliens et à des modifications mineures de frontières sur la base de celles du 4 juin 1967, selon un texte remis au Quartet (Union européenne, ONU, Russie et États-Unis) et consulté par l’AFP.
        « L’annexion est illégale. Point final. Toute annexion. Qu’il s’agisse de 30 % de la Cisjordanie ou de 5 % », Michelle Bachelet, haut-commissaire de l’ONU aux droits de l’homme
        Que l’annexion soit lancée aujourd’hui ou dans deux semaines, totalement ou partiellement, c’est bien un processus qui est en cours visant à changer totalement la face du Proche et du Moyen-Orient. Si Donald Trump et Netanyahou parviennent à leurs fins, ce sera évidemment un camouflet pour le droit international. « L’annexion est illégale. Point final. Toute annexion. Qu’il s’agisse de 30 % de la Cisjordanie ou de 5 % », a dénoncé Michelle Bachelet, la haut-commissaire de l’ONU aux droits de l’homme. Depuis des semaines maintenant, des voix s’élèvent pour dire stop ! À l’initiative de l’ancien président de l’Agence juive mondiale, Avraham Burg (lire l’entretien ci-après), plus d’un millier de parlementaires de toute l’Europe ont exprimé leur désaccord. En France même, plusieurs appels ont été lancés (dont l’un par le PCF) en ce sens, partagés y compris par des personnalités habituellement peu critiques envers Israël.

        Un rôle de levier pour la France


        L’Union européenne (UE), malgré quelques déclarations, est malheureusement loin d’être à la hauteur de la catastrophe en marche. Emmanuel Macron, d’habitude si disert pour dire le droit, est, cette fois totalement aphone. Pour ne pas gêner son « cher Bibi » ? Jean-Yves Le Drian, le ministre des Affaires étrangères, a bien averti Israël qu’une annexion d’une partie de la Cisjordanie « affecterait » ses relations avec l’UE. Une série de mesures peuvent être prises « à titre national » et de manière « coordonnée », notamment entre la France, l’Allemagne, l’Italie et l’Espagne. Il a souligné que Paris restait « déterminé » à reconnaître l’État palestinien mais seulement « le moment venu ». Le faire aujourd’hui serait pourtant aider à redonner corps à la voie diplomatique. Si la France prenait cette décision, elle rehausserait son rôle. Une dizaine de pays européens, bloqués aujourd’hui par l’extrême droite au pouvoir en Hongrie et en Autriche, qui refusent toute décision de l’UE en matière de sanctions, suivraient le même chemin.

        Malgré les rodomontades, le ton hautain et méprisant de Benyamin Netanyahou, la machine lancée a toutefois des hoquets et la mise en œuvre de cette annexion n’est pas aussi simple. Le premier ministre doit tenir compte des manœuvres de Benny Gantz, son allié de gouvernement, qui veut avancer à petits pas. On parle des gros blocs de colonies autour de Jérusalem (Maale Adumim, Ariel et Goush Etzion). Mais d’un autre côté, il voudrait que l’annexion soit terminée avant les élections américaines, au cas où Trump ne passerait pas (lire ci-contre). Washington justement est soucieux d’avancer avec prudence. Car la deuxième étape du plan, après le dossier palestinien « réglé », concerne l’Iran. En fait, le véritable but. Pour cela, un rapprochement entre les pays arabes, notamment du Golfe, et Israël est en cours et même très avancé. Or, d’Amman à Abu Dhabi en passant par Riyad et Le Caire, ça renâcle sérieux. Ces pouvoirs étant déjà instables, ils préfèrent maintenant temporiser afin de ne pas avoir à affronter leurs opinions publiques pour lesquelles la Palestine signifie encore quelque chose.

        Vendu comme « express », le train de l’annexion est en train de se transformer en « omnibus ». Mais il est encore sur les rails. Ce qui est en jeu, c’est bien son déraillement.
        Pierre Barbancey

        NOUVELLE ARRESTATION DE SALAH HAMOURI À JÉRUSALEM
        GRAFFITI DE SALAH HAMOURI
        À D’IVRY-SUR-SEINE
        PHOTO JULIEN JAULIN
        C’est en se rendant à un centre médical de Jérusalem pour effectuer un test du Covid-19, obligatoire pour prendre l’avion pour la France, un départ prévu le 4 juillet, que l’avocat franco-palestinien a une nouvelle fois été arrêté par les autorités israéliennes. Il devrait être présenté devant un juge ce mercredi matin, et le consulat de France situé dans la ville sainte a été alerté. Selon son comité de soutien, qui appelle les autorités françaises à agir pour obtenir sa libération immédiate et sans conditions, il a été conduit au centre d’interrogatoire de Moskobiyeh, à Jérusalem, et aucun motif pour justifier son arrestation n’a été communiqué. Salah Hamouri avait subi le même traitement en août 2017, à quelques jours d’un voyage en France pour retrouver son épouse et son fils, puis purgé treize mois de détention administrative, sans jugement ni accusation prouvée. La mobilisation des acteurs publics et de la société civile, portée par le journal l’Humanité, avait été décisive lors de la première libération anticipée de Salah Hamouri en 2011, six ans après sa première arrestation.

        30 juin, 2020

        CHILI: LE CHÔMAGE BONDIT À 11,2%, AU PLUS HAUT DEPUIS UNE DÉCENNIE

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        LE CHÔMAGE BONDIT À 11,2%, AU PLUS
        HAUT DEPUIS UNE DÉCENNIE
        PHOTO INE
        Santiago du Chili (awp/afp) - Le taux de chômage au Chili a bondi à 11,2% au cours du trimestre glissant mars-mai, au plus haut depuis une décennie, notamment à cause de la chute du commerce, de la construction et des services en pleine pandémie, a annoncé mardi l'Institut national de statistiques (INE).
        Ce taux, qui avait atteint 9% au trimestre glissant précédent, de février à avril, a augmenté de 4 points de pourcentage en 12 mois.

        Le Chili, frappé comme le reste de la région par la pandémie de Covid-19 depuis le mois de mars, totalise 270.000 cas, dont 5.500 décès confirmés via des tests et près de 9.000 morts si l'on prend en compte les cas "probables".

        Avec une population active de 8,3 millions de travailleurs et un total de 940.360 chômeurs, le marché du travail a été fortement impacté par les mesures de confinement et de distanciation sociale.

        Les secteurs du commerce, où le chômage a augmenté à 19,4%, la construction, avec une hausse à 23,1%, et les services et la restauration, avec un bond à 42,1%, sont parmi les plus touchés.

        "Il y a une détérioration importante du marché du travail, liée à des secteurs importants pour l'économie et qui sont les plus dynamiques", a déclaré lors d'une conférence de presse la directrice de l'INE, Sandra Quijada.

        Avec des cas toujours en hausse, malgré un confinement obligatoire qui dure déjà depuis six semaines dans la région de la capitale Santiago, laquelle regroupe 7 des 18 millions d'habitants du pays et produit près de la moitié du PIB chilien, l'avenir du marché du travail ne semble guère meilleur.

        "Il est très probable que si nous maintenons les conditions actuelles, nous aurons des chiffres du chômage encore plus mauvais au cours des six prochains mois", a estimé Mme Quijada.

        Les chiffres du chômage pourraient être encore plus élevés sans la loi de protection de l'emploi qui est entrée en vigueur en avril et permet de geler les contrats des travailleurs afin qu'ils puissent toucher leurs indemnités de chômage sans rompre la relation avec leur employeur, lequel continue de payer les charges patronales. Quelque 700.000 travailleurs ont bénéficié de cette nouvelle mesure.

        PARIS : MANIFESTATION DE SOUTIEN AUX «PRISONNIERS POLITIQUES AU CHILI»

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        « CLAVA » OU BÂTON DE COMMANDEMENT
        COLLECTIF DE GRAPHISME, ARAXILOS 
        COMMUNIQUÉ URGENT A LA COMMUNAUTÉ FRANCAISE ET INTERNATIONALE
        Nous informons les autorités chiliennes, les citoyen.ne.s français.es et la communauté internationale que, depuis le 4 mai 2020 :
        CNT
        COLLECTIF DE GRAPHISME, ARAXILOS 
        dans la prison d'Angol, huit prisonniers politiques mapuches poursuivent une grève de la faim liquide : Sergio Levinao Levinao, Juan Calbucoi Montanares, Víctor Llanquileo Pilquimán, Juan Queipul Millanao, Sinecio Huenchullán Queipul, Freddy Marileo Marileo, Danilo Nahuelpi Millanao et Reinaldo Penchulaf Sepúlveda. Ils demandent leur libération en raison de la pandémie de Covid-19 et du manque de conditions sanitaires dans la prison. Par ailleurs, leur porte-parole Rodrigo Kuripan dénonce que, depuis le 29 mai, la gendarmerie n'a pas permis l'entrée de médecins de confiance, ni d'un machi, pour pouvoir prodiguer des soins et connaître leur état de santé.

        - Dans la prison de Temuco, le machi Celestino Córdova poursuit une grève de la faim illimitée jusqu'à ce qu’il puisse bénéficier en lieu et place de sa détention de l’assignation à résidence dans son espace spirituel et sa communauté, de même que les autres prisonniers politiques mapuche.

        Il est établi dans le droit international des droits humains que la Convention 169 de l'OIT concernant les peuples indigènes et tribaux dans les pays indépendants doit être prise en compte lors de l'imposition de sanctions pénales prévues par la législation nationale, en tenant compte des caractéristiques économiques, sociales et culturelles des personnes accusées de crimes, ainsi qu'en donnant la préférence à des types de sanctions autres que l'emprisonnement. Cette convention a été ratifiée par l'État du Chili le 15 septembre 2008. La Déclaration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones, approuvée le 13 septembre 2007 par l'Assemblée générale des Nations unies, doit également être prise en compte. Ceci, en vertu du principe des normes minimales pour l'exercice des droits humains de ces peuples et conformément à la Convention n° 107 de 1957 sur la protection et l'intégration des peuples autochtones en vue de leur assimilation dans les sociétés occidentales.

        En outre, le Pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels (PIDESC) de 1966 stipule dans son 1° article que "Tous les peuples ont le droit de disposer d'eux-mêmes. En vertu de ce droit, ils déterminent librement leur statut politique et poursuivent librement leur développement économique, social et culturel".

        Nous demandons instamment et en urgence aux autorités de l’État chilien :

        Que les huit prisonniers politiques mapuches en grève de la faim à Angol et le Machi Celestino Cordova, à Temuco, puissent bénéficier de l'exécution de leur peine dans leur territoire, conformément à la Convention 169 de l'OIT et aux autres traités de droit international.

        Enfin, nous rappelons qu’environ 2 500 militants de l'explosion sociale qui a commencé le 18 octobre 2020 se trouvent détenus dans plusieurs prisons du Chili. La majorité d'entre eux sont des jeunes, parfois mineurs, qui ont manifesté pour la première fois pour un Chili plus juste, plus égalitaire et plus démocratique. Tous ces jeunes sont en détention préventive depuis 8 mois pour certains, dans des espaces surpeuplés et insalubres, sans aucune protection sanitaire ou infirmerie contre la pandémie qui s’étend à tout le pays. Un seul centre pénitentiaire dispose actuellement d'un hôpital.

        Nous demandons instamment et en urgence aux autorités de l’État chilien :

        Que tous les prisonniers du soulèvement social bénéficient de l’assignation à résidence en lieu et place de leur détention préventive jusqu'à la fin de leur procès, afin de garantir leur protection sanitaire contre la pandémie qui se propage dans les prisons du Chili.

        NOUS APPELONS À LA PROTECTION INTERNATIONALE DE LA VIE DES NEUF PRISONNIERS POLITIQUES MAPUCHE EN GRÈVE DE LA FAIM DEPUIS LE 4 MAI.

        NOUS APPELONS À LA PROTECTION INTERNATIONALE DE LA VIE DES MILLIERS DE PRISONNIERS DE LA RÉVOLTE SOCIALE AU CHILI .

        RASSEMBLEMENT MERCREDI 1er JUILLET FACE À L’AMBASSADE DU CHILI, À PARTIR DE 17h30.

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        MANIFESTATION DE SOUTIEN AUX
        «PRISONNIERS POLITIQUES AU CHILI»
        DESSIN FEDERICA MATTA
        Premiers Signataires   : 
        Asociación de Ex Prisionieros Políticos chilenos – Francia, Asociación Nuevo Concepto Latino, Asociación Relmu-Paris, Colectivo Derechos Humanos en Chile (Francia), Colectivo internacional apadrinamiento de prisionieros políticos de la revuelta social en Chile, CSIA Nitassinan (Comité de Solidaridad con los Indígenas de las Americas), Historias Desobedientes-Chile, Hijas, Hijos y familiares de genocidas por la Memoria, la Verdad y la Justicia, Red sindical internacional de solidaridad y de luchas, Secretariat internacional de la CNT - GT America, Tierra y Libertad para Arauco, Unión sindical Solidaires…

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        VÉNÉZUÉLA - RÉCIPROCITÉ : LE PRÉSIDENT NICOLAS MADURO DEMANDE À L’AMBASSADRICE DE L’UE DE QUITTER LE PAYS

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        DESSIN RAMSES
        Le président a donné soixante-douze heures à Isabel Brilhante Pedrosa pour faire ses valises, une réponse aux sanctions européennes qui visent des fonctionnaires vénézuéliens.
        PHOTO LA PRENSA
        le président Nicolas Maduro a donné lundi 29 juin trois jours à la chef de la délégation de l’Union européenne (UE) à Caracas pour quitter le Vénézuéla, en réaction aux sanctions adoptées le même jour par l’UE contre onze fonctionnaires vénézuéliens. Le président socialiste a annoncé l’expulsion de la représentante de l’UE, Isabel Brilhante Pedrosa, lors d’un discours au palais présidentiel de Miraflores.

        « Qui sont-ils pour tenter de s’imposer par la menace? Qui sont-ils ? Ça suffit ! C’est pourquoi j’ai décidé de donner soixante-douze heures à l’ambassadrice de l’Union européenne pour quitter notre pays », a déclaré Nicolas Maduro. « Nous réglerons cela en soixante-douze heures (…) On lui fournira un avion pour qu’elle s’en aille, mais nous allons mettre nos affaires en ordre avec l’Union européenne », a-t-il poursuivi. Le Vénézuéla a en effet suspendu les vols commerciaux en raison de la pandémie due au nouveau coronavirus.


        Bras de fer diplomatique



        Le bras de fer entre l’Europe et le Vénézuéla s’est donc durci lundi, avec des sanctions adoptées contre 11 représentants vénézuéliens, parmi lesquels figurent Luis Parra, allié de Maduro désigné par la Cour suprême comme président de l’Assemblée nationale, Juan José Mendoza, président de la chambre constitutionnelle de la Cour suprême, et le général José Ornelas, qui dirige le conseil national de défense.

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        L’UE leur reproche d’être « particulièrement responsables d’actions contre le fonctionnement démocratique de l’Assemblée nationale, notamment en privant d’immunité parlementaire plusieurs de ses membres ». Luis Parra a ainsi tenté de se substituer en mai à Juan Guaido à la présidence du Parlement. Celui-ci est reconnu comme président par intérim du Venezuela par une cinquantaine de pays. « La prétendue élection de Luis Parra n’était pas légitime car elle ne respectait pas les procédures juridiques, ni les principes constitutionnels démocratiques », a déclaré l’Union européenne.

        Le Vénézuéla a été en 2017 le premier pays d’Amérique latine à faire l’objet de sanctions de la part de l’UE. Aucun commentaire n’a été obtenu dans l’immédiat auprès de la représentation diplomatique de l’UE à Caracas.
        Le Monde avec l'AFP


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        LES PÉRILS DE NICOLÁS MADURO
        DESSIN LO COLE