21 octobre, 2026

ÉTATS-UNIS : UN MANDAT D’ARRÊT ÉMIS CONTRE L’ANCIEN PRÉSIDENT CUBAIN RAÚL CASTRO, 95 ANS

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 L’ANCIEN PRÉSIDENT CUBAIN RAÚL CASTRO.
[PHOTO D’ARCHIVES TASS

RT France
L’ancien président cubain Raúl Castro, âgé de 95 ans, est visé par un nouveau mandat d’arrêt délivré par un tribunal de l’État de Floride, après son inculpation fédérale en mai. La décision survient alors que Washington accentue sa pression sur La Havane, qui avait dénoncé les accusations américaines comme une «méprisable provocation politique».

RT en français Publié le 19 oct. 2026, 20:16

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Une juge de Floride a délivré un mandat d’arrêt contre l’ancien président cubain Raúl Castro dans une affaire remontant à 1996. La décision, prise au niveau de l’État, a été signée par Ariana Fajardo Orshan, du 11ème circuit judiciaire de Floride, à Miami, le 19 octobre.

► À penser en dessin : FENÊTRE SUR COUR

Les faits datent du 24 février 1996, lorsque l’aviation cubaine avait abattu deux avions Cessna 337 appartenant à l’organisation d’exilés cubains Brothers to the Rescue, basée à Miami. Quatre personnes avaient été tuées, dont trois ressortissants américains.

 LA HABANA, EL 17 DE MAYO
FOTO YAMIL LAGE

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L’organisation repérait des migrants cubains tentant de rejoindre les États-Unis par la mer. Elle menait aussi des actions contre le gouvernement cubain, notamment en larguant des tracts au-dessus de l’île.

Les circonstances de l’incident restent contestées. Washington affirme que les appareils ont été abattus au-dessus des eaux internationales. Cuba soutient, de son côté, qu’ils avaient violé son espace aérien et que les activités de l’organisation représentaient une menace pour sa sécurité nationale.

Des accusations rejetées par La Havane

À l’époque des faits, Raúl Castro était ministre cubain de la Défense. Frère cadet de Fidel Castro, il a ensuite dirigé le pays de 2008 à 2018, avant de céder la place à l’actuel président Miguel Díaz-Canel.

Le mandat survient près de cinq mois après les accusations portées le 20 mai 2026 contre l’ancien dirigeant et cinq autres personnes. Les poursuites fédérales comprennent quatre chefs de meurtre, deux de destruction d’aéronefs et un de complot visant à tuer des ressortissants américains. Les cinq autres accusés sont d’anciens membres de l’appareil militaire cubain, dont trois pilotes.

Le nouveau mandat délivré en Floride porte, quant à lui, sur une accusation de complot en vue de commettre un meurtre au premier degré.

Les autorités cubaines avaient rejeté les accusations américaines de mai, dénonçant une «méprisable provocation politique».

Une décision sur fond de pressions américaines contre Cuba

Ce nouvel épisode judiciaire survient dans un contexte de fortes tensions entre Washington et La Havane. Un haut responsable de l’administration Trump avait déclaré que les poursuites engagées en mai s’inscrivaient dans une campagne de pression contre l’île.

Les relations se sont notamment dégradées après l’intervention américaine au Venezuela en janvier 2026, qui a conduit à la capture de l’ancien président vénézuélien Nicolás Maduro, l’un des principaux alliés du gouvernement cubain. Washington a aussi annoncé des mesures visant les pays qui approvisionnent Cuba en pétrole.

Pour sa part, la Russie maintient son opposition aux sanctions américaines visant l’île. En février, le président russe Vladimir Poutine a jugé ces restrictions inacceptables, tout en soulignant les liens historiques particuliers unissant les deux pays.

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20 octobre, 2026

ACCULÉ APRÈS LE FIASCO DU 17 OCTOBRE, LE POUVOIR SE DÉFAUSSE SUR LFI

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SÉBASTIEN LECORNU ET LAURENT NUÑEZ, À L’ASSEMBLÉE NATIONALE
 LE LE PLUS GRAND PLAISIR DE L’EXTRÊME DROITE. / 6 OCTOBRE 2026. 
PHOTO ERIC TSCHAEN 

Mediapart
Depuis un mois le pouvoir tente d’étouffer la contestation sociale par le mépris, la répression et le discrédit. Au lendemain d’une mobilisation massive marquée par des scènes de chaos sans précédent, il essaie grossièrement de faire peser sur La France insoumise la responsabilité de l’embrasement. Pourle plus grand plaisir de l’extrême droite.

Mathieu Dejean, Pauline Graulle et Ellen Salvi 18 octobre 2026 à 12h33

À la une / Manifestations du 17 octobre 2026 
 
DESSIN AUREL

Incapable de répondre aux revendications lycéennes et à la convergence des colères qui s’est matérialisée samedi 17 octobre, voilà désormais le pouvoir au bord du précipice. Après avoir eu recours à un maintien de l’ordre à la brutalité inédite à l’encontre de la jeunesse, affiché sa morgue à l’égard des appels à se mobiliser samedi – « Les manifestations ne vont pas rouvrir le détroit d’Ormuz », avait dit Emmanuel Macron – et usé d’une gestion erratique des autorisations à manifester, le gouvernement s’est laissé dépasser par les événements.

RASSEMBLEMENT SUR LA PLACE DE LA RÉPUBLIQUE
À PARIS LE 17 OCTOBRE 2026
.

► À penser en dessin : FENÊTRE SUR COUR

« Il y a eu une sous-estimation totale du mouvement de la part du renseignement, reconnaît une source ministérielle auprès de Mediapart. Il y a eu beaucoup plus de monde que ce qui était anticipé, des poches de

bordel partout… Cela n’a rien à voir avec les Gilets jaunes. Il était impossible de gérer ça pour les forces de l’ordre. » La fébrilité du pouvoir est compréhensible. Le 6 octobre, après une journée massive de mobilisation lycéenne, le ministre de l’intérieur, Laurent Nuñez, se défendait sur France Inter d’avoir « perdu le contrôle » : « Perdre le contrôle, c’est si jamais vous aviez des hordes de personnes qui défilaient dans les centres-villes, qui pillent des magasins, qui commettent des exactions. » Moins de deux semaines plus tard, la phrase résonne comme un immense aveu d’échec.

Au point qu’à Marseille (Bouches-du-Rhône), où des dégradations massives ont eu lieu et où des manifestant·es ont fait intrusion dans le hall de l’hôtel de ville, le maire socialiste Benoît Payan a explicitement mis en cause la légèreté du gouvernement dans le désastre du jour. « Il a fallu que j’appelle le président de la République, le premier ministre et le ministre de l’intérieur [...] pour leur demander des renforts ! », s’est indigné l’édile, qui a demandé à être reçu par le premier ministre, avec le maire de Lyon, Grégory Doucet, et celui de Paris, Emmanuel Grégoire.

Le pouvoir acculé

Toute la journée du 17 octobre, le premier ministre, Sébastien Lecornu, a réuni une cellule de crise avant d’aller rencontrer des policiers dans les rues de Paris, aux côtés de Laurent Nuñez. L’accueil fut pour le moins glacial. Des appels à la démission de celui-ci commençaient déjà à être lancés en raison du fiasco de la journée. « Cela me paraît très compliqué pour Nuñez, mais on ne change pas de ministre de l’intérieur en pleine crise », commente la source ministérielle précédemment citée. Sébastien Lecornu réunira une autre cellule de crise dimanche à 19 heures et Emmanuel Macron s’exprimera une heure plus tard dans une allocution.

Comme un signe patent de la déconnexion du pouvoir, le chef de l’État et son épouse s’affichaient la veille de la manifestation dans une loge du concert de Céline Dion avec Hélène Arnault, l’épouse du milliardaire Bernard Arnault : « Ça c’est un truc qui rend hystéro les gens. C’est comme s’il ouvrait une bouteille de Ruinart face caméra, c’est le même niveau de provocation », ajoute ce même conseiller.

Outre le caractère massif des manifestations qui se sont déroulées partout en France (plus d’un demimillion de personnes ont défilé), c’est le niveau de violence qui a soufflé l’exécutif. En témoignent les vidéos de la mairie de Limoges (Haute-Vienne) incendiée, de même que l’office de tourisme de Lyon (Rhône) ; les pillages dans les magasins à Paris ou Bordeaux (Gironde), mais aussi les nombreuses images de violences policières qui circulent depuis samedi soir – et sur lesquelles nombre de responsables politiques n’ont rien à dire. 

« Je pense que la violence qui s’exerce va finir par tuer le mouvement. Un peu à la façon des Gilets jaunes et de l’Arc de Triomphe. »

Une source dans le camp présidentiel, il y a une dizaine de jours

À Saint-Étienne (Loire), un manifestant de 17 ans a eu la main arrachée par une grenade. À Paris, un homme frappé à terre a été laissé inconscient par des policiers, tandis que le journaliste de Blast Mathias Enthoven a fini à l’hôpital avec un éclat de grenade de désencerclement dans le ventre. Et ce ne sont que quelques cas parmi de nombreux autres.

Partout, les coups de matraques se sont abattus sans discernement et les charges sans sommation ont été monnaie courante. « Mais ce qui tourne en boucle dans les médias dominants, ce sont les bâtiments saccagés. Lu sur une pancarte aujourd’hui : “Sédatés par Bolloré, il serait temps de se révolter.” C’est en cours : le mouvement ne s’est pas laissé intimider », a réagi la députée Clémentine Autain sur X. 

Face aux dégâts, les représentant·es des forces de l’ordre et du Rassemblement national (RN) ont passé leur soirée à commenter les scènes de violence sur les chaînes d’information en continu, éclipsant les images des cortèges qui se sont déroulés pour l’essentiel dans une ambiance joyeuse et festive. Une focalisation médiatico-politique qui n’est pas pour déplaire à l’exécutif, empêtré dans un mouvement social qui rappelle à certains celui des Gilets jaunes, mais « en pire », et qui a donc intérêt à mettre un coup d’arrêt à la massification de la contestation. 

LFI, bouc-émissaire tout trouvé

Il y a une dizaine de jours déjà, une source dans le camp présidentiel confiait ainsi à Mediapart espérer un pourrissement dû aux violences : « Je pense que la violence qui s’exerce va finir par tuer le mouvement. Un peu à la façon des Gilets jaunes et de l’Arc de Triomphe [celui-ci avait été pillé à la suite d’une manifestation des Gilets jaunes, le 1er décembre 2018 à Paris – ndlr], c’est le moment où l’opinion publique avait évolué sur le sujet. » 

« La présence de personnalités comme Raphaël Arnault au sein du groupe LFI pose de graves questions sur la proximité avec la violence politique. »

Éléments de langage de Matignon

En première ligne des responsabilités, Sébastien Lecornu a rapidement trouvé une parade : imputer la responsabilité de la situation à La France insoumise (LFI) et son leader, Jean-Luc Mélenchon. Rapidement, les éléments de langage ont été diffusés en interne pour cibler LFI, un parti sommé de « choisir son camp » : « Soit on est du côté de la République et des forces de l’ordre, soit on est du côté des casseurs », estimait Matignon samedi soir, allant jusqu’à citer la présence du député Raphaël Arnault, ancien porte-parole de la Jeune Garde, dans le groupe insoumis – « [Celle-ci] pose de graves questions sur la proximité avec la violence politique. »  

Vers 19 h 30, le premier ministre a répondu directement au chef de file des insoumis sur X. Le message initial de Jean-Luc Mélenchon se voulait pourtant un appel au calme : « Dans Paris, le commandement aberrant a ouvert la porte au chaos. Les chefs ne savent plus que faire, la troupe a peur et se déchaîne. Je ne sais pas qui entendra ma voix dans de telles circonstances, mais mon message est clair : ceux qui partagent notre combat n’ont rien à faire dans le pillage, le saccage. » 

Mais Sébastien Lecornu y a vu une opportunité de faire diversion. « On ne peut pas appeler à cesser les violences tout en fournissant des excuses à ceux qui les commettent. C’est VOTRE responsabilité politique », a-t-il écrit. Une « polémique politicienne » fustigée par JeanLuc Mélenchon en réponse, rappelant les « consignes de répression sauvages » du Normand. 

ÉRIC COQUEREL, JEAN-LUC MÉLENCHON, BALLY BAGAYOKO,
FARIDA AMRANI, MANON AUBRY ET CLAIRE LEJEUNE, DANS
LE CORTÈGE DE LA FRANCE INSOUMISE LORS DE LA
MANIFESTATION CONTRE LA « VIE CHÈRE » 
 À PARIS, LE 17 OCTOBRE 2026.
PHOTO MATTHIEU RONDEL

Le premier ministre savait qu’en agissant de la sorte, il pourrait compter sur de nombreux soutiens dans un espace politique qui a pris pour habitude de sortir LFI de la légitimité républicaine. Au début du mois d’octobre, Matignon avait ainsi affirmé que les mobilisations lycéennes étaient manipulées par « La France insoumise et ses proxys de l’ultragauche ». 

« La journée d’aujourd’hui ne ressemble pas à ce que nous avons connu dans le passé. Il faut le dire. C’était un appel à manifester qui était essentiellement porté par l’extrême gauche, l’ultragauche », a déclaré sur BFMTV le ministre de l’intérieur, Laurent Nuñez, alors que les appels à manifester le 17 octobre, partis des réseaux sociaux, ne provenaient d’aucune organisation sociale ou politique constituée. 

Alors que depuis des semaines LFI s’est engagée, avec le reste de la gauche, dans le mouvement lycéen, dénonçant à maintes reprises les violences policières inédites à son encontre, Jean-Luc Mélenchon se retrouve donc de nouveau la cible de la droite et de l’extrême droite, qui voient là l’occasion de se présenter en garantes de l’ordre face à un candidat qui multiplie les démonstrations de force à l’approche de la présidentielle. 

« Les élus de La France insoumise portent ce soir une immense responsabilité », a écrit sur X le député Les Républicains (LR) Laurent Wauquiez, quand son collègue eurodéputé François-Xavier Bellamy a carrément appelé à « dissoudre » LFI – comme l’avait déjà fait le patron du parti de droite, Bruno Retailleau, il y a quelques jours. Éric Ciotti, président de l’Union des droites pour la République (UDR), allié au RN, a quant à lui demandé la révocation du maire LFI de Saint-Denis (Seine-Saint-Denis), Bally Bagayoko. 

Relayant un tweet de Rima Hassan datant de juillet 2025, représentant le tableau La Liberté guidant le peuple avec le drapeau palestinien, le député Horizons Jérémie Patrier-Leitus y est aussi allé de sa saillie antiLFI : « Que personne n’ose dire que LFI n’a pas une part de responsabilité dans ces violences qui ont terrorisé le pays hier. Honte à ces ingénieurs du chaos. Ils devront rendre des comptes devant la justice et devant l’Histoire. »

Le débat public a atteint un tel niveau sur les réseaux sociaux que l’ancien député divers gauche Paul Giacobbi est allé jusqu’à évoquer « des sections d’assaut jeanlukiennes [sic] » dans la rue. Quant au député RN Sébastien Chenu, vice-président de l’Assemblée nationale, il a jugé de bon ton d’insulter ses adversaires politiques. « Ferme la stp », a-t-il par exemple demandé à la secrétaire nationale des Écologistes, Marine Tondelier. Celle-ci avait exprimé son « ras-le-bol de la doctrine de maintien de l’ordre dans ce pays », qui met en danger « manifestants et policiers », après avoir assisté à la manifestation à République.

Le RN en embuscade

Le RN, qui diffusait samedi soir un visuel du visage de Marine Le Pen sous le slogan « La France apaisée », a repris son antienne de la « gauche coupable, les macronistes complices ». La candidate à la présidentielle s’est fendue d’un seul tweet sur X : « Les revendications sociales légitimes ont une nouvelle fois été prises en otage par l’extrême gauche et les discours des députés de JeanLuc Mélenchon qui, en légitimant la violence, en considérant l’ordre comme une oppression et le désordre comme un droit, cherchent à précipiter le pays dans le chaos. » 

« Ces scènes de dévastation illustrent la “nouvelle France” que des irresponsables veulent fédérer. »

Jordan Bardella, président du RN, sur X

Quant à son lieutenant Jordan Bardella, toujours empêtré dans l’affaire de ses écrits antisémites de jeunesse, il a vu dans les « scènes de dévastation » ni plus ni moins que l’illustration de la « nouvelle France » prônée par le candidat insoumis. Autrement dit, la « convergence d’un terrorisme d’ultragauche et de populations délinquantes de banlieue », a-t-il commenté, omettant bien évidemment de rappeler les liens de son propre parti avec des groupuscules d’extrême droite violents. 

Dans le reste de la gauche, on se gardait d’accabler aussi directement LFI. Raphaël Glucksmann s’est contenté de déplorer que « les centaines de milliers de manifestants pacifiques venus protester contre la vie chère et l’injustice, pour l’éducation et pour défendre leur dignité voient ce soir leurs revendications et leurs demandes légitimes assourdies par le fracas des casseurs ». Marine Tondelier a quant à elle fait part de ses « grosses pensées pour les centaines de milliers de personnes qui ont manifesté dans le calme et la joie avec l’espoir que ça change ». 

Seul le député socialiste Jérôme Guedj a semblé faire un pas dans le sens du gouvernement, attaquant « les mouvements politiques organisés qui à bas bruit ou ouvertement légitiment ou encouragent la violence ». Beaucoup à gauche s’inquiètent pourtant surtout du profit que le RN pourrait tirer de cette crise. Sans voix sur le sujet de l’éducation et encalminée dans l’affaire Bardella, Marine Le Pen a bien saisi l’opportunité de faire oublier ses propres turpitudes dans la séquence, et de se présenter comme la seule capable de répondre à la demande d’autorité.  

Au milieu de la nuit de samedi à dimanche, l’ancien insoumis Alexis Corbière, cofondateur de L’Après, postait un message dépité, voyant poindre la tenaille dans laquelle la gauche se retrouve enserrée : « Depuis neuf ans, inlassablement nous ne cessons de répéter que la politique injuste et arrogante de Macron fait monter la colère populaire, que cela va mal finir… Ils nous rient au nez. Puis, la colère éclate. Ils ne rient plus, et nous traitent de responsables du chaos. » 

Les appels à poursuivre la mobilisation le 5 novembre, jour de manifestation contre le projet de budget fixé par cinq syndicats, sont déjà lancés. 

Mathieu Dejean, Pauline Graulle et Ellen Salvi

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 PHOTO ALAIN APAYDIN


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19 octobre, 2026

BRÉSIL / META A VINGT-QUATRE HEURES POUR PROUVER QUE LA PLATEFORME RÉSERVE LE MÊME TRAITEMENT À LULA ET À FLAVIO BOLSONARO

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«  Attention ! Zuckerberg s'ingère dans les élections brésiliennes
 à la demande de Flávio Bolsonaro ! / L'ingérence de META (Zuckerberg)
dans l'élection présidentielle brésilienne ! »
DESSIN CARLOS LATUFF

INTERNATIONAL / BRÉSIL / 
Le Monde
Election présidentielle au Brésil : Meta a vingt-quatre heures pour prouver que la plateforme réserve le même traitement à Lula et à Flavio Bolsonaro / 
Le président de gauche a accusé la plateforme américaine de restreindre la circulation de ses contenus sur Instagram et WhatsApp.

Le Monde avec AFP Publié le 19 octobre 2026 à 15h59, modifié le 19 octobre 2026 à 16h22 / Temps de Lecture 1 min.

FLAVIO BOLSONARO ET LULA,
 À SAO PAULO (BRÉSIL),
 LE 18 OCTOBRE 2026 
 PHOTO ANDRE PENNER

La justice électorale a donné vingt-quatre heures à Meta pour prouver que la plateforme réserve un traitement égalitaire sur ses réseaux aux campagnes du président sortant, Luiz Inacio Lula da Silva, et de son adversaire d’extrême droite, Flavio Bolsonaro.

« Alors, Flávio ? Tu vas lever le secret ? /
 - Putain, voyons ! / Là, tu me compliques la vie »
DESSIN CARLOS LATUFF

► À penser en dessin : FENÊTRE SUR COUR

Dans le cas contraire, Meta, propriétaire de Facebook, Instagram et WhatsApp, devra payer une amende d’un million de reales (environ 176 000 euros) par jour, selon un document du tribunal consulté par l’Agence France-Presse (AFP).

Le président de gauche Lula, 81 ans, en quête d’un quatrième mandat, et Flavio Bolsonaro, 45 ans, sont à égalité dans les sondages à quelques jours du deuxième tour.

Lula a dénoncé « l’interférence » de Meta dans l’élection brésilienne après avoir été devancé de peu au premier tour par Flavio Bolsonaro, fils de l’ancien président Jair Bolsonaro. Le président de gauche a accusé la plateforme américaine de restreindre la circulation de ses contenus sur Instagram et WhatsApp.

Par ailleurs, Lula a mis en garde contre la « sélectivité » des algorithmes du modèle d’intelligence artificielle de WhatsApp. Ce modèle refuserait selon lui de générer du contenu électoral qui lui soit favorable, ce qui ne serait pas le cas pour Bolsonaro. Son parti a saisi la justice électorale ainsi que l’Organisation des Etats américains.

Des « incidents » techniques selon Meta

Meta a nié tout parti pris dans les élections. L’entreprise a reconnu la désactivation par erreur d’annonces de campagne de Lula, l’attribuant à des « incidents » techniques qui n’affectent pas seulement le Brésil.

Jeudi, un juge du tribunal supérieur électoral a ordonné à la plateforme américaine d’appliquer les mêmes règles aux deux candidats. Le tribunal a interdit à Meta de réduire de façon inégale la portée des contenus électoraux, les recommandations et les résultats des recherches. Il était également demandé à Meta de ne favoriser aucun candidat avec son outil d’intelligence artificielle, comme l’ont dénoncé des usagers. L’arrêt du tribunal prévoyait déjà une amende de 500 000 reales par jour (88 000 euros) en cas de non-respect.

Dans sa nouvelle décision, le tribunal électoral a conclu que Meta n’avait pas prouvé qu’il avait mis en œuvre la majorité des injonctions antérieures. « La persistance de l’absence de mise en œuvre [des décisions], à quelques jours du second tour, met en évidence l’insuffisance de l’amende », selon cette décision antérieure.

Pendant la campagne, Lula a affirmé que le gouvernement américain tentait d’interférer dans les élections en faveur de Flavio Bolsonaro, dont le père et ancien président, Jair Bolsonaro (2019-2023), est un allié de Donald Trump.

Le Monde avec AFP


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CHILI : DES MILLIERS DE MANIFESTANTS DANS LA RUE, SEPT ANS APRÈS LE SOULÈVEMENT DU 18-O

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PHOTOS PRENSA LATINA

Prensa Latina
Santiago du Chili, 18 octobre 2026. (Prensa Latina) — Malgré un important déploiement policier, des milliers de personnes ont participé aujourd’hui à Santiago du Chili à une manifestation pour réclamer la satisfaction de revendications restées sans réponse, sept ans après le soulèvement social du 18 octobre, connu sous le nom de 18-O.

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Par Carmen Esquivel 18 octobre 2026 | 16 h 09

CARMEN ESQUIVEL

Étudiants, travailleurs, femmes au foyer, retraités et familles entières ont pris part à la marche, partie de la Plaza Dignidad et qui a parcouru plusieurs pâtés de maisons le long de l’avenue Alameda, avant d’être bloquée par la police, qui a déployé des canons à eau et des véhicules lanceurs de gaz lacrymogènes à hauteur de la colline Santa Lucía.

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Le gouvernement a mobilisé plus de 3 000 policiers dans la capitale pour empêcher cette manifestation, qui n’avait pas été autorisée par l’exécutif.

La une du quotidien l’Humanité du lundi 19 octobre 2026
est consacrée  aux importantes mobilisations sociales et aux
heurts survenus en France le 17 octobre 2026.


► À lire aussi : JOURNÉE DU 17 OCTOBRE, À PARIS : «MACRON, LA VOILÀ TA RÉPUBLIQUE EN MARCHE ! »

« Le droit de manifester pacifiquement est garanti par la Constitution. Nous n’avons donc à demander la permission à personne dès lors que notre manifestation se déroule dans des conditions pacifiques. Et nous sommes ici pour exprimer notre mécontentement », a déclaré à Prensa Latina Cristian Weibel, conseiller municipal de la commune de Recoleta.

► À lire aussi :    LA TOTALE

Il a dénoncé plusieurs reculs intervenus depuis l’arrivée au pouvoir du gouvernement actuel de José Antonio Kast, à commencer par la fermeture de la Fondation de la famille, qui a affecté plus de 35 000 personnes.

Il a également alerté sur les coupes budgétaires drastiques dans l’éducation, la santé et d’autres secteurs, prévues dans le budget actuellement en discussion.

Le blocage de la marche sur la colline également connue sous le nom de Cerro Welén a contraint les manifestants à emprunter les rues adjacentes pour rejoindre le Paseo Ahumada, puis à regagner l’avenue Alameda afin de poursuivre leur progression vers le palais présidentiel de La Moneda. Les forces des Carabiniers les ont toutefois de nouveau dispersés, a constaté notre agence.

De nombreuses personnes, de tous âges, ont subi les effets des gaz lacrymogènes et ont dû consommer des citrons pour atténuer les irritations des yeux et de la gorge.

« J’ai manifesté contre la dictature et, aujourd’hui, nous revenons à un gouvernement qui a procédé à des coupes budgétaires touchant les catégories les plus vulnérables », a déclaré Verónica, une femme de 63 ans qui n’appartient à aucune organisation.

Pour Daniel Jadue, militant communiste également présent dans le cortège, il faut retourner dans la rue pour réclamer une réforme de la Constitution, héritée de l’époque de la dictature. « Dans ce pays, tant qu’il y aura du néolibéralisme, il n’y aura pas de démocratie », a-t-il affirmé.

« Je crois que le peuple a compris que ce gouvernement est au service du 1 % le plus riche du Chili et que nous avons tous été trompés pendant la campagne électorale », a-t-il ajouté.

Baptisée « Grande Marche du Chili », la mobilisation, organisée sur les réseaux sociaux, avait pour slogan : « Ils nous prennent tout. Il est temps de nous relever. »

otf/car

Mots-clés : #Chili #Marche #SoulèvementSocial #Anniversaire18O

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DESSIN ALEN LAUZÁN

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18 octobre, 2026

BOLIVIE : PREMIÈRE VISITE D'ÉTAT D'UN PRÉSIDENT CHILIEN EN 71 ANS

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LE PRÉSIDENT BOLIVIEN RODRIGO PAZ (DROITE) ACCUEILLE SON
HOMOLOGUE CHILIEN JOSÉ ANTONIO KAST, LE 16 OCTOBRE 2026
 AU PALAIS PRÉSIDENTIEL DE LA PAZ. 
PHOTO  AFP/VNA/CVN

Le Courrier
du VietNam
 
International / Politique / Le président chilien d'extrême droite José Antonio Kast a effectué vendredi 16 octobre en Bolivie une première visite d'État dans le pays andin depuis 71 ans, au cours de laquelle il a rencontré son homologue de centre droit Rodrigo Paz. / "Aujourd'hui, nous cessons de nous tourner le dos", a déclaré M. Kast dans un bref discours après la signature de plusieurs accords au Palais présidentiel. Les deux pays rechercheront "la normalisation complète" de leurs relations malgré des désaccords diplomatiques historiques, a-t-il ajouté. / Le dirigeant chilien a invité son homologue bolivien à visiter son pays au cours du premier trimestre de l’année prochaine.
Le Courrier du VietNam 17/10/2026 08:00

La Bolivie et le Chili n'entretiennent plus de relations diplomatiques depuis 1978, après que la Bolivie a échoué à négocier un accès à l'océan Pacifique. Le pays avait perdu son littoral au profit du Chili lors d'une guerre au XIXème siècle.

PHOTOGRAPHIE DU PRÉSIDENT CARLOS IBÁÑEZ DEL CAMPO (À DROITE)
 AUX CÔTÉS DU PRÉSIDENT BOLIVIEN VÍCTOR PAZ ESTENSSORO,
AU PALAIS QUEMADO. DATE 1955. COLORISÉE.

► À penser en dessin : FENÊTRE SUR COUR 

Rodrigo Paz, pour sa part, a affirmé que la Bolivie poursuivrait ses revendications pour obtenir une sortie souveraine sur l'océan Pacifique, qui "constitue un objectif permanent et inaliénable". Mais cette "histoire" ne doit pas freiner le développement, a-t-il ajouté.

► À lire aussi : JOURNÉE DU 17 OCTOBRE, À PARIS : «MACRON, LA VOILÀ TA RÉPUBLIQUE EN MARCHE ! »

"Pas d'excuse"

"Je ne vais pas prétendre qu'il n’existe pas de différends", a déclaré de son côté M. Kast, mais ceux-ci "ne peuvent pas servir d'excuse pour rester paralysés. Nos peuples nous demandent d'avancer", a-t-il ajouté.

LE PRÉSIDENT CHILIEN JOSÉ ANTONIO KAST REÇOIT LES HONNEURS
 MILITAIRES SUR LA PLACE MURILLO DE LA PAZ, LE 16 OCTOBRE. 
PHOTO  AFP/VNA/CVN

Le dernier président chilien à s'être rendu en Bolivie en visite officielle était Carlos Ibañez, en 1955. Il avait rencontré Victor Paz Estenssoro, grand-oncle de Rodrigo Paz.

D'autres présidents chiliens se sont rendus en Bolivie ensuite, mais uniquement à des fins protocolaires.

Les deux présidents ont signé vendredi 16 octobre quatre protocoles d'accord portant sur l'investissement et la recherche dans le domaine minier, la réduction des droits de douane, l'interconnexion énergétique et l'aménagement d'un corridor terrestre pour la fibre optique.

LE 8 FÉVRIER 1975, EL ABRAZO DE CHARAÑA, (« L’EMBRASSADE DE CHARAÑA ») ENTRE
 
LES DICTATEURS HUGO BANZER ET AUGUSTO PINOCHET.  LE COUP D’ÉTAT QUI A PORTÉ AU
POUVOIR LE GÉNÉRAL AUGUSTO PINOCHET EN 1973 A PLACÉ LE CHILI DA
NS  LA CATÉGORIE
  DES « NATIONS PARIAS » PAR LA COMMUNAUTÉ INTERNATIONALE. L’ISOLEMENT IMPOSÉ
DANS LEQUEL S’EST RETROUVÉ LE PAYS PENDANT LES ANNÉES DE DICTATURE CONDUISIT
 LE DICTATEUR CHILIEN À UN SEMBLANT DE RÉCONCILIATION ENTRE LA BOLIVIE ET LE CHILI.

► À lire aussi : LE PÉROU SOUPÇONNE UN PACTE CHILI-BOLIVIE POUR UN ACCÈS BOLIVIEN À LA MER

Fernando Aramayo, ministre bolivien de la Présidence, avait auparavant indiqué que son pays cherchait à aménager un oléoduc afin de permettre l'importation de grands volumes de carburant depuis le Chili, dans un contexte de pénurie et de hausse des prix dans le pays.

Il a déclaré à la presse qu'il était encore "très tôt" pour parler d'un rétablissement complet des relations et de la nomination d'ambassadeurs.

Depuis l'arrivée au pouvoir de MM. Paz et Kast, leurs pays ont rejoint le Bouclier des Amériques, une alliance de 15 gouvernements de droite dirigée par le président américain Donald Trump.

AFP/VNA/CVN

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JOURNÉE DU 17 OCTOBRE, À PARIS : «MACRON, LA VOILÀ TA RÉPUBLIQUE EN MARCHE ! »

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DANS LA CAPITALE BRETONNE COMME AILLEURS, LE MOUVEMENT
LYCÉEN A ÉTÉ DUREMENT RÉPRIMÉ CES DERNIÈRES SEMAINES.
PHOTO JULIEN MARSAULT 

L'Humanité
Ce samedi 17 octobre, des dizaines de milliers de personnes ont battu le pavé parisien. Dans la vapeur des lacrymos, les colères et les générations ont convergé autour de revendications communes (hausse des salaires, avenir de la jeunesse, svices publics…) et d’un même rejet de la politique menée depuis 2017. / L’histoire retiendra peut-être que l’ère macroniste s’achève comme elle a commencé : dans un nuage de gaz lacrymogène. En septembre 2017, les salariés battaient le pavé contre les ordonnances visant à détricoter le droit du travail. Et depuis septembre 2026, c’est une flambée de colères qui a éclaté lors de la bien nommée « rentrée sociale », pour trouver un point de convergence ce samedi 17 octobre, où des dizaines de milliers de personnes ont défilé dans les rues de Paris, face à un dispositif policier impressionnant. [ « Les consignes sont claires : tenir jusqu'à essoufflement du mouvement » ] *

Cyprien Boganda et Arthur Dumas Publié le 17 octobre 2026 7min

Un usage frénétique de gaz lacrymogènes tirés directement dans la foule

Aujourd’hui, c’est un peu comme si toutes les générations de citoyens excédés par 10 ans de macronisme s’étaient donné rendez-vous dans les rues de la capitale. Face à eux, les forces de l’ordre ont eu la main très lourde. Sur la place de la République, où devaient s’élancer les cortèges de manifestants (lycéens, syndicalistes, Gilets jaunes, étudiants…), c’est un dispositif hors norme qui a été mis en place dès midi. Tous les journalistes de l’Humanité présents ont constaté un usage frénétique de gaz lacrymogènes, le plus souvent tirés directement au beau milieu de la foule. Plusieurs grenades assourdissantes ont également été tirées lors d’affrontements avec les manifestants.

À la une / Manifestations du 17 octobre 2026 
 
DESSIN AUREL

► À penser en dessin : FENÊTRE SUR COUR

Pas de quoi entamer la bonne humeur d’Oriane et Eliot, 21 et 22 ans, keffieh autour du cou pour l’une, chapka noire pour l’autre, qui marchent côte à côte. Recalés de Parcoursup, ils expliquent avoir dû s’exiler à Bruxelles après le bac pour poursuivre leurs études de sciences politiques. « De plus en plus de jeunes Français se retrouvent en Belgique pour étudier, car la sélection est beaucoup moins impitoyable que chez nous », glissent-ils.

MANIFESTATION À PARIS, LE 17 OCTOBRE 2026.
PHOTO CYRIL ZANNETTACCI

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Les deux sont politisés, mais ils en sont arrivés au même point par des parcours radicalement différents. Née dans une famille aisée (ses deux parents sont chercheurs universitaires) mais penchant clairement à gauche (sa grand-mère est militante communiste), Oriane enchaîne les manifs depuis sa tendre enfance. Eliot, lui, a milité un temps chez les Jeunes avec Macron (JAM) : enivré par les promesses de renouvellement de 2017, il s’est réveillé un matin avec la gueule de bois des grandes désillusions. « J’ai été enfumé par la rhétorique macroniste, analyse-t-il à froid aujourd’hui. Je pense que c’est sa politique fiscale qui m’a dégoûté. Tout ce pognon déversé dans les poches des plus riches… » « Tu es devenu de gauche en me rencontrant, c’est tout », se marre sa pote.

À PARIS, LE 17 OCTOBRE 2026.
PHOTO MARION VACCA

« On se mobilise pour nos enfants »

S’ils manifestent aujourd’hui, c’est parce qu’ils partagent les revendications de la jeunesse révoltée (plus de moyens pour les lycées, abolition de Parcoursup, recrutement d’enseignants dans les lycées…), mais aussi parce qu’ils se disent écœurés par le système économique dominant. « Le néolibéralisme a asphyxié ma mère, assène Eliot. Elle bossait chez un opticien et voyait son patron rouler dans une voiture de luxe. Quant à moi, j’ai fait une partie de ma scolarité dans un lycée délabré, à Coulommiers (Seine-et-Marne) et aujourd’hui je galère. Je ne m’en sors que parce que je vis chez mon copain à Bruxelles… »

À PARIS, LE 17 OCTOBRE 2026.
PHOTO MARION VACCA

Tout autour d’eux, une foule grossit, composée de jeunes rigolards dont les slogans crépitent comme un feu d’artifice (Parcoursup, la Palestine, les violences policières…), de salariés brandissant des banderoles syndicales (CGT, Solidaires…) et de quelques groupes de Gilets jaunes. Éric et Magalie ont à peu près le triple de l’âge de certains manifestants (62 et 51 ans exactement), mais ont tenu à faire le déplacement. Jeune retraité, le premier continue à bosser dans l’audiovisuel pour arrondir ses fins de mois. Psychologue, la seconde se dit « extrêmement bien payée mais solidaire de ceux qui ont peu ». « On se mobilise pour nos enfants, lancent-ils en chœur. Ils en ont marre et on les comprend aisément : entre le manque d’avenir, l’écroulement de la biodiversité et la montée du fascisme, il y a de quoi devenir dingues. »

Il ne faut pas les prier trop longtemps pour qu’ils se lâchent contre le pouvoir macroniste et la stratégie actuelle de l’exécutif. « Ah, parce qu’il y a une stratégie ?, fait mine d’interroger Éric. En dehors d’enfumer tout le monde et de mettre des flics partout, je ne vois pas… » « Ce que vous avez devant vous aujourd’hui, c’est le bilan de 10 ans de macronisme, souffle Magalie. C’est une vraie catastrophe – l’extrême droite aux portes du pouvoir, tout le monde en colère, les policiers partout… »

MANIFESTATION À PARIS, LE 17 OCTOBRE 2026, DANS 
LE CADRE D’UN APPEL À LA MOBILISATION NATIONALE. 
PHOTO GUILLAUME SALIGOT

« Tu comprends les jeunes qui veulent tout casser »

Une armée de CRS harnachés comme pour aller au front surgissent d’on ne sait où, sous les regards accablés du duo. « On vient de la place de la République, où on est tombés sur des Robocops et une espèce de tank que je n’ai jamais vu, grimace Magalie. Quand tu vois le déploiement policier aujourd’hui, tu comprends que les jeunes aient envie de tout casser.»

MANIFESTATION DU 17 OCTOBRE  2026 À MONTPELLIER / SANS SURPRISE,
LES SCÈNES DE PILLAGE QUI ONT ESSAIMÉ DANS  UNE PARTIE DU PAYS
À LA TOMBÉE DE LA NUIT ONT TOURNÉ EN  BOUCLE DANS TOUS LES MÉDIAS,
AU RISQUE D’ÉCLIPSER LE PRINCIPAL ENSEIGNEMENT DE LA JOURNÉE DU 17 OCTOBRE.
PHOTO PATRICK FRILET

Dans le cortège nourri qui s’avance vers la place de Clichy, on chante à tue-tête et on rivalise d’imagination en matière de slogans : « Beethoven est devenu sourd mais pas à cause d’une grenade », brandit quelqu’un, tandis qu’un autre s’adresse directement au chef de l’État – « Macron, fais comme moi, taxe tes potes ! » – et qu’une bande de jeunes se disent « fâchés, fauchés mais pas fachos ».

Plus discret, Jules, syndicaliste CGT bossant chez Météo France, marche sans faire de vagues. « Si le monde du travail ne rejoint pas le mouvement en faisant grève, les lycéens ne gagneront pas, croit savoir le trentenaire. Mon syndicat s’est beaucoup mobilisé aux côtés des jeunes depuis le début du mouvement, notamment pour former un rempart entre eux et la police. Contre le budget d’austérité, il ne faut surtout pas se battre chacun dans son coin. »

AUJOURD’HUI, C’EST UN PEU COMME SI TOUTES LES GÉNÉRATIONS
DE CITOYENS ÉPUISÉS PAR 10 ANS DE MACRONISME S’ÉTAIENT
DONNÉ RENDEZ-VOUS DANS LES RUES DE LA CAPITALE.
PHOTO GUILLAUME SALIGOT 

« Utilisation du 49-3, culte du chef et absence totale d’écoute »

Une entêtante odeur de poudre flotte dans l’air, issue des vapeurs mélangées des feux d’artifice et de la lacrymo, tandis que les manifestants marchent vers le nord-ouest. Deux copines souriantes, la vingtaine, assurent que les vacances qui commencent n’auront pas raison de l’ardeur des manifestants. L’une d’entre elles brandit une photo d’Emmanuel Macron les bras levés à angle droit, barrée de la mention « Absolute dictature ».

AUJOURD’HUI, C’EST UN PEU COMME SI TOUTES LES GÉNÉRATIONS DE
CITOYENS EXCÉDÉS PAR 10 ANS DE MACRONISME S’ÉTAIENT DONNÉ
 RENDEZ-VOUS DANS LES RUES DE LA CAPITALE.
PHOTO GEOFFROY VAN DER HASSELT 

Pour elle, le terme n’est pas usurpé, quand elle additionne « utilisation du 49-3, culte du chef, absence totale d’écoute de la colère populaire. » Sa copine, qui doit lâcher 850 euros par mois pour son 19m2 en plein Paris, ne digère toujours pas le gel des APL (aides au logement) prévu dans le Budget 2027 : « C’est honteux que ce soit les plus modestes qui se fassent tabasser ». Une manifestante déboule soudain, regard déterminé, slogan imparable : « Macron, la voilà ta République en marche ! »

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La une du quotidien l’Humanité du lundi 19 octobre 2026
est consacrée  aux importantes mobilisations sociales et aux
heurts survenus en France le 17 octobre 2026.


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