13 mars, 2026

UNE DU JOUR. JOSÉ ANTONIO KAST PREND LES RÊNES DU CHILI : L’AVÈNEMENT D’UNE “NOUVELLE DROITE”


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COUVERTURE DE L’ÉDITION DU 12 MARS 2026
DU QUOTIDIEN CHILIEN DE DROITE “LA TERCERA”.

Politique Chili / Extrême droite / Une du jour. José Antonio Kast prend les rênes du Chili : l’avènement d’une “nouvelle droite” / Depuis le départ d’Augusto Pinochet, en 1990, jamais le Chili n’avait élu un président aussi à droite. Après sa prise de fonction mercredi 11 mars, le journal de centre droit “La Tercera” met en avant ses premières mesures contre l’immigration.[Comment les médias ont placé l'extrême-droite au pouvoir]

Courrier international.  Lecture 2 min. Publié le 12 mars 2026 à 15h53

Le nouveau président du Chili, José Antonio Kast, “commence son mandat sur la promesse de restaurer l’ordre et les institutions”, titre le quotidien conservateur chilien La Tercera, à la une de son édition du 12 mars. Trois mois après les élections de 14 décembre, le dirigeant d’extrême droite a pris officiellement ses fonctions mercredi 11 mars. Ce changement à la tête du pays est historique à bien des égards.

LE PRÉSIDENT CHILIEN JOSÉ ANTONIO KAST ET SON
ÉPOUSE  MARIA PIA ADRIASOLA  S'EMBRASENT
SUR UN BALCON DU PALAIS DE LA MONEDA
À SANTIAGO, MERCREDI 11 MARS 2026.
PHOTO RODRIGO ARANGUA

► À penser en dessin : FENÊTRE SUR COUR

“Pour la première fois depuis 1938, la droite contrôle à la fois la Moneda [le palais présidentiel], le Congrès et le Sénat”, souligne le journal en manchette de une. José Antonio Kast est un “président pour l’urgence”, souligne le quotidien de centre droit, en référence à sa promesse de concentrer tous ses efforts sur la sécurité, l’éducation et l’économie durant les premiers mois de son mandat. Et il marque l’arrivée au pouvoir d’une “nouvelle droite”, ajoute La Tercera, qui évite d’utiliser l’expression “extrême droite” pour le qualifier.

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Ancien membre du parti de la droite traditionnelle Rénovation nationale, cet ultracatholique a fondé son propre parti en 2019, le Parti républicain. Une autonomie qui lui a permis d’exprimer sa nostalgie pour la dictature de Pinochet, de combattre le droit à l’avortement ou de promettre d’expulser plus de 330 000 immigrés en situation irrégulière (et de leur faire payer leur billet d’avion). Il a quitté son parti mercredi, promettant de gouverner pour tous les Chiliens.

MILEI ET SON PASSAGE ÉCLAIR LORS DE L'INVESTITURE DU CHILIEN
 KAST / LE PRÉSIDENT EST ARRIVÉ DE SON SÉJOUR AUX ÉTATS-UNIS,
 A EMBRASSÉ SON HOMOLOGUE TRANSANDIN
ET EST REPARTI POUR L'ESPAGNE.
PHOTO 
PÁGINA|12
Accolade avec Javier Milei

“Ce soir, nous avons l’occasion, si nous agissons correctement et ensemble, d’entamer une nouvelle ère pour le Chili. Une ère d’ordre, de liberté et de justice”, a déclaré le nouveau président lors de son discours d’investiture. Les principaux dirigeants de la droite dure d’Amérique latine, à commencer par l’Argentin Javier Milei, avec lequel il a échangé une chaleureuse “accolade”, étaient présents, souligne le journal de centre droit.

Auparavant, José Antonio Kast avait signé les premiers décrets de son “gouvernement d’urgence”, en commençant par ceux visant à limiter l’immigration illégale, grand leitmotiv de sa campagne. Il a nommé un militaire en charge de la “macrozone nord”, qui correspond aux 1 300 kilomètres de frontière avec le Pérou et la Bolivie, et autorisé la création de “barrières physiques pour arrêter les migrants” avec une augmentation des “moyens militaires” et de la surveillance par drones. Issu d’une famille allemande et fils d’un ancien soldat de la Wehrmacht, José Antonio Kast a aussi annoncé un audit des dépenses du précédent gouvernement de gauche, qui était dirigé par Gabriel Boric.

“Ce gouvernement n’est pas venu pour gérer ce qui existe, mais pour corriger ce qui ne va pas, récupérer ce qui a été perdu et construire ce qui n’a jamais été fait”, a ajouté José Antonio Kast, avant de reprocher au gouvernement sortant l’état des finances publiques (avec un déficit fiscal structurel de 3,6 % du PIB, selon le Conseil fiscal autonome) ou l’avancée du crime organisé dans le pays.  

L'étrange « non-baiser » entre Kast et sa femme (vidéo)

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C'était vraiment un baiser ce qui s'est passé entre José Antonio Kast et sa femme María Pía Adriasola


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12 mars, 2026

JOSÉ ANTONIO KAST, INVESTI À LA PRÉSIDENCE DU CHILI , PRÉSENTE SON GOUVERNEMENT MARQUÉ À L’EXTRÊME DROITE

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LE NOUVEAU PRÉSIDENT DU CHILI, JOSÉ ANTONIO KAST, PORTANT
L’ÉCHARPE  PRÉSIDENTIELLE, AVEC SON ÉPOUSE MARÍA PÍA ADRIASOLA
AU CONGRÈS NATIONAL À VALPARAÍSO, AU CHILI, LE 11 MARS 2026.
© PHOTO LUCAS AGUAYO ARAOS / ANADOLU VIA AFP

Amériques / 

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Mediapart
José Antonio Kast, investi à la présidence du Chili, présente son gouvernement marqué à l’extrême droite / Le vainqueur de l’élection présidentielle de décembre a officiellement succédé à Gabriel Boric mercredi 11 mars. Après une passation de pouvoirs tempétueuse, le gouvernement le plus pinochétiste depuis le retour à la démocratie en 1990 prend ses fonctions pour quatre ans. [ Chili / Un pays géré par ses propriétaires ]

Marion Esnault 12 mars 2026 à 08h13

Valparaíso (Chili).– Dans l’imposant salon d’honneur du Congrès national chilien à Valparaíso, le 11 mars, le président progressiste sortant Gabriel Boric remet solennellement les symboles républicains – écharpe présidentielle et pioche du libérateur O’Higgins – à son successeur d’extrême droite, José Antonio Kast. 

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Désormais ex-président, le plus jeune chef d’État du Chili s’est retiré après avoir offert une poignée de main ferme, esquissant un sourire à l’adresse de son opposant. Il laisse les clés de la République chilienne à un homme qui assume ouvertement l’héritage d’Augusto Pinochet, à la tête de la dictature civilo-militaire ayant sévi de 1973 à 1990.

Cette passation de pouvoirs s’est déroulée dans une ambiance apaisée, malgré les tensions qui ont marqué les derniers jours de la transition entre les présidents entrant et sortant. Le 3 mars, José Antonio Kast a ainsi mis abruptement fin à une réunion bilatérale avec son prédécesseur. L’objet de la discorde : un câble sous-marin qui connecterait le Chili avec son premier partenaire commercial, la Chine.

Ce projet de télécommunication a attiré les sanctions de Washington, qui l’a considéré comme « un danger pour la sécurité de la région ». Fin février, trois fonctionnaires de l’administration Boric – dont le ministre des transports – ont vu leurs visas révoqués. Face à cette situation, le nouveau président d’extrême droite, allié de Donald Trump, a reproché à Gabriel Boric de ne l’avoir pas informé des menaces états-uniennes. Puis il a interrompu les réunions dans le cadre de la transition.

Après cinq jours de suspension, et sur invitation de Gabriel Boric, le président du Parti républicain, élu le 14 décembre, a rétropédalé et promis « une passation de pouvoirs irréprochable ». 

Inexpérience politique, ultraconservatisme idéologique

Finalement pacifiée, l’investiture de José Antonio Kast s’est conclue par la présentation du nouveau gouvernement. Arborant l’écharpe présidentielle, le nouveau chef d’État a fait prêter serment à ses vingt-quatre ministres sur la Constitution politique du Chili, celle-là même adoptée en 1980 sous la dictature.

Claudio Alvarado, ministre de l’intérieur, a été le premier à être appelé à la tribune. Cet ancien député de 65 ans est membre de l’Union démocrate indépendante (UDI, droite), parti fondé en 1983 par le bras droit de Pinochet, Jaime Guzmán. Sous-secrétaire d’État pendant les deux mandats présidentiels de Sebastian Piñera (2010-2014 et 2018-2022), il fait partie des rares membres du gouvernement rattachés à un parti politique.

En effet, la majorité des ministres sont des indépendant·es au profil technique et entrepreneurial qui ont peu d’expérience de l’administration d’un État. Ce choix audacieux du nouvel occupant du palais présidentiel de la Moneda inquiète jusque dans son propre camp. « Le pari du président comporte des risques », affirme le député de Renovación Nacional (RN, droite ultralibérale) Luis Pardo, qui ajoute que « les partis alliés vont devoir collaborer pour pallier ce manque d’expérience politique ».

La nouvelle équipe ministérielle est axée sur la lutte contre la criminalité, l’immigration clandestine et la relance économique.

Les critiques envers ce nouveau gouvernement fusent aussi du côté des progressistes, qui craignent des conflits d’intérêts.

Une des nominations qui a fait le plus grincer des dents dans l’opposition est celle de Trinidad Steinert au ministère de la sécurité. Connue pour son travail, en tant que procureure, dans la poursuite des crimes commis par le cartel de drogues vénézuélien Tren de Aragua, elle a été pointée du doigt par la députée Maite Orsini (Frente Amplio, gauche). Cette dernière juge que la nomination d’une magistrate à une haute fonction politique pourrait nuire à l’impartialité du ministère public et affecter l’État de droit. 

Deux autres ministres, Fernando Barros, nommé au ministère de la défense, et Fernando Rabat, qui prend le portefeuille de la justice et des droits humains, ont suscité l’inquiétude des associations de détenu·es-disparu·es de la dictature. Dans un communiqué, une centaine d’organisations de défense des droits humains ont manifesté leur « total rejet de la nomination » de ces deux avocats « qui ont non seulement défendu juridiquement Augusto Pinochet », mais ont également « relativisé publiquement les violations des droits humains commises sous la dictature ».

DES PERSONNES DÉPOSENT DES FLEURS AU PARC DE LA PAIX VILLA GRIMALDI,
 LORS D'UNE CÉRÉMONIE D’HOMMAGE AUX PERSONNES ARRÊTÉES, DISPARUES,
ASSASSINÉES OU MORTES DES SUITES DE TORTURES ENTRE 1973 ET 1978,
À SANTIAGO (CHILI), LE 10 SEPTEMBRE 2016.
PHOTO ELVIS GONZALEZ

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Les mouvements féministes sont eux aussi inquiets de l’arrivée de Judith Marín au ministère de la femme et de l’équité de genre. Secrétaire générale de l’ultraconservateur Parti social chrétien, connue pour ses positions anti-avortement, elle est aussi, à 30 ans, la plus jeune ministre.

Au total, onze femmes et treize hommes composent cette nouvelle équipe ministérielle. Ils et elles arrivent avec la promesse d’un gouvernement « d’urgence », axé sur la lutte contre la criminalité, l’immigration clandestine et la relance économique. Symboliquement, José Antonio Kast a d’ailleurs signé, quelques heures après son investiture, une batterie de décrets emblématiques sur l’augmentation des effectifs de police ou le renforcement du contrôle aux frontières.

Absence des progressistes du continent

Vers 12 h 30, au Congrès national, la présidente du Sénat, Paulina Nuñez, a sonné la fin de la cérémonie de passation de pouvoirs. Le nouveau président de la République s’est alors mêlé à la foule et a salué les différents chefs d’État présents pour cette investiture.

Parmi eux, beaucoup sont des alliés du camp conservateur et ultralibéral : Javier Milei (Argentine), qui a échangé une longue accolade avec le président fraîchement investi, mais aussi Santiago Peña (Paraguay), Daniel Noboa (Équateur) ou Tamás Sulyok (Hongrie). En revanche, les représentant·es des grandes puissances progressistes d’Amérique latine ont brillé par leur absence. 

La présidente mexicaine et le président colombien n’ont pas fait le déplacement, et Lula da Silva a annulé sa venue à la dernière minute en prétextant « des raisons d’agenda ». Mais, selon plusieurs médias brésiliens, la présence du fils de Bolsonaro, opposant probable à Lula lors des prochaines élections, aurait influencé cette décision.

« Il y a un alignement des ultraconservateurs sur Donald Trump, qui ne cache pas son désir d’hégémonie sur tout le continent. » Claudia Heiss, politiste

Selon Claudia Heiss, politiste de l’université du Chili, José Antonio Kast « a fait une erreur en se donnant le plaisir d’inviter un allié politique », Flávio Bolsonaro, alors qu’« il est bien plus important d’avoir le président du Brésil », partenaire diplomatique historique et premier allié commercial du Chili en Amérique latine.  

« On assiste à un renforcement des forces ultralibérales », ajoute Claudia Heiss, qui évoque le sommet Shield of Americas (« bouclier des Amériques ») de Miami, durant lequel le président états-unien et douze chefs d’État proches de la Maison-Blanche se sont réunis le 7 mars. Dont Kast. « Il y a un alignement des ultraconservateurs sur Donald Trump, qui ne cache pas son désir d’hégémonie sur tout le continent », estime la politiste chilienne.

À la nuit tombée, José Antonio Kast s’est présenté au balcon du palais de la Moneda, à Santiago, et s’est adressé aux centaines de sympathisant·es rassemblé·es sur la place de la Constitution.

Il a insisté sur les politiques sécuritaires qui doivent être mises en place pour « poursuivre, juger et condamner » ceux « qui ont pris le contrôle de [leurs] quartiers ou ont semé la terreur dans la population ». Il a aussi promis aux forces armées et à la police « un soutien législatif et de meilleures ressources » pour combattre le crime organisé et limiter les migrations aux frontières.

Le républicain a indirectement attaqué le gouvernement sortant à plusieurs reprises. Il a ainsi jugé que le pays lui « est transmis dans les pires conditions » sur le plan économique. Pourtant, Gabriel Boric termine son mandat avec une inflation stabilisée à 3,5 % et une croissance du PIB autour de 2,4 %, après avoir accédé au pouvoir en 2022 après une révolte sociale et une pandémie mondiale qui avaient généré de grandes difficultés économiques.

José Antonio Kast a achevé son discours en saluant ses frères, dont un fut ministre pendant la dictature de Pinochet, et ses parents, dont le père est un ancien soldat de l’Allemagne nazie ayant immigré après la Seconde Guerre mondiale. Le fervent catholique, membre du mouvement conservateur de Schönstatt, a conclu cette première prise de parole en tant que chef d’État sur une invocation religieuse : « Que Dieu bénisse le Chili et nous donne la sagesse pour gouverner ! »

Marion Esnault

L'étrange « non-baiser » entre Kast et sa femme (vidéo)

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06 mars, 2026

L'INTERVENTION À CUBA N'EST «QU’UNE QUESTION DE TEMPS» POUR TRUMP


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DES ORGANISATIONS INTERNATIONALISTES SE RASSEMBLENT
À MADRID,  EN ESPAGNE, POUR EXIGER LA FIN DU BLOCUS
AMÉRICAIN CONTRE CUBA, LE 1er MARS 2026.
PHOTO GETTYIMAGES.RU
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RT France
International / L'intervention à Cuba n'est «qu’une question de temps» pour Trump  / Donald Trump a affirmé que les États-Unis pourraient se tourner vers Cuba après la guerre contre l’Iran. Washington a déjà renforcé les sanctions et coupé une partie des approvisionnements énergétiques de l’île. Ces pressions économiques et politiques s’inscrivent dans une stratégie assumée visant à provoquer un changement de régime à La Havane.

RT en français 6 mars 2026, 11:19

Pour contourner la censure utiliser un réseau privé virtuel (VPN) / Comment utiliser le VPN gratuit et illimité du navigateur Opera ?   

PHOTO NORLYS PEREZ

le président américain Donald Trump a ravivé les tensions avec La Havane en laissant entendre qu’une action contre le gouvernement cubain pourrait intervenir une fois la guerre contre l’Iran terminée. S’exprimant à la Maison Blanche lors d’une réception en l’honneur de l’équipe de football Inter Miami, le président américain a déclaré vouloir « finir ce dossier [l’Iran] d’abord », avant d’ajouter que la question cubaine ne serait « qu’une question de temps ».

AFFICHE MONO GONZALEZ

► À penser en dessin : FENÊTRE SUR COUR  

Depuis plusieurs mois, l’administration Trump a renforcé la pression économique sur l’île. Washington a durci les sanctions déjà imposées depuis des décennies et a instauré un véritable blocus énergétique.

Trump de plus en plus néoconservateur

La situation s’est aggravée après la capture du président vénézuélien Nicolás Maduro par les forces américaines en janvier, Caracas étant l’un des principaux fournisseurs de pétrole de Cuba. La suspension de ces livraisons a provoqué une grave pénurie de carburant et accentué la crise économique sur l’île.

Trump a également salué l’action de son secrétaire d’État Marco Rubio, figure influente de la politique américaine à l’égard de Cuba, en affirmant qu’il faisait « un travail fantastique » pour accroître la pression sur le gouvernement cubain. Depuis plusieurs années, Washington cherche à provoquer un changement de régime à La Havane en combinant sanctions économiques, isolement diplomatique et menaces d’intervention.

Le président américain assume par ailleurs un recours accru à la puissance militaire pour défendre ses objectifs internationaux. Il a évoqué les opérations menées au Venezuela et les frappes contre l’Iran comme des exemples de la capacité des États-Unis à imposer leurs priorités stratégiques. Dans ce contexte, Cuba apparaît désormais pour certains observateurs comme la prochaine cible potentielle de la politique interventionniste de Washington.

 

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« AURA-IL ENFIN SON
PRIX NOBEL DE LA PAIX ? »

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ANNIVERSAIRE DU DÉCÈS DE GLADYS MARÍN


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SALVADOR ALLENDE ET LUIS CORVALÁN LORS D’UNE
 MANIFESTATION DANS LE STADE NATIONAL DU CHILI,
GLADYS MARÍN S'ADRESSE À LA FOULE. 
1972 

21ème ANNIVERSAIRE DU
DÉCÈS DE GLADYS MARÍN
2005 - 6 DE MARS - 2026

  «ELEGIA PARA UNA MUCHACHA ROJA»
CHANSON ÉCRITE PAR PATRICIO MANNS
 

INTERPRÉTÉ PAR PATRICIO MANNS ET INTI-ILLIMANI
PARU DANS L'ALBUM 
« LA MUERTE NO VA CONMIGO»
ENREGISTRÉ 
EN 1986
, DANS LES ÉTUDES FORUM MUSIC VILLAGE
À  ROME 
  ‎– SOUS LE LABEL ACONCAGUA ‎– ALBUM VINYL (LP), AC 151

C'est l'émotion provoquée par le décès de Gladys Marín qui motive ces lignes, écrites dans l´urgence. Et c'est avec celles-ci que commence le travail de deuil nécessaire ainsi que la période d'affliction que son départ entraîne.
Article paru dans L'édition spéciale d'«El Siglo» 
Fête de l'Humanité Septembre 2005

 GLADYS MARÍN
Gladys était le leader de notre mouvement de 
jeunesse ; elle avait été élue secrétaire général des Jeunesses communistes (Jota) du Chili en 1963, prenant la succession de Mario Zamorano.

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 GLADYS MARÍN
Comme plusieurs autres dirigeants du PC chilien, Gladys est institutrice. À cette époque, être à la fois leader politique et femme était bien sûr beaucoup plus difficile qu'aujourd'hui; d'ailleurs, nos alliés et nos adversaires politiques ne lésinaient pas sur les plaisanteries faciles, parfois à la limite de la misogynie. 


► À penser en dessin :  FENÊTRE SUR COUR

À l´époque au Gladys dirige la Jota, un très important mouvement d'étudiants se développe sous la consigne de la réforme universitaire, et les Jeunesses communistes sont à la tête de ces luttes. C´est à ce moment-là que l´on adopte la chemise rouge amarante en guise d´uniforme. 

POIGNÉE DE MAIN DE SALVADOR
ALLENDE À GLADYS MARÍN
C'est aussi le temps de la solidarité avec le Vietnam. La mobilisation atteint des proportions considérables; de nombreux jeunes acquièrent alors une conscience anti-impérialiste. Dons de sang, récoltes d'argent pour un hôpital au Vietnam ; deux grandes marches pour le Vietnam sont organisées de Valparaíso à Santiago, la première en 1967 et la deuxième en 1969. Lors de la deuxième marche naît la Brigade de propagande Ramona Parra (BRP). 

Gladys est de tous les combats et tous les jeunes militants peuvent la croiser lors de réunions partisanes, de travaux volontaires, de concerts ou de peñas de la nouvelle chanson chilienne, qui vient juste d'éclore. Lorsque la fin de nos réunions -à la rue Marcoleta, siège du comité central de la Jota- coïncidait avec la sortie des BRP pour peindre les slogans et fresques murales qui ont accompagné la campagne de Salvador Allende, elle venait nous saluer et nous donner des conseils de prudence. En 1965 Gladys est élue député du 2ème district de Santiago, qui compte des communes très populaires. Elle est ensuite réélue avec un score considérable ; son mandat est interrompu par le coup d´état militaire de 1973. 

POIGNÉE DE MAIN DE SALVADOR
 ALLENDE À GLADYS MARÍN
Plus d'une fois la députée Gladys est venue nous sortir de quelque commissariat de police de Santiago, à la suite d´une grève de lycées s´étant terminée en affrontement avec le «grupo móvil» (les CRS locaux) et leur «guanaco» (camion lanceur d´eau). 

LE POÈTE PABLO NERUDA
AVEC GLADYS MARÍN, 1969
.
Nous partagions de longues réunions politiques pour affiner les arguments de notre discours, en vue d'une large alliance avec tous les partis favorables aux changements. À ce moment-là, la grande difficulté était de convaincre nos alliés de l'utilité d'une alliance plus étendue, indispensable dans les comités de jeunesse de l´Unité Populaire (UP). Le discours de nos alliés prônait une grande radicalisation et certains étaient davantage tentés par les thèses jusqu'au-boutistes du MIR que par les appels à l'unité des «rabanitos*». 

Pendant ces jours d'allégresse tout se déroule de façon accélérée. Avant le triomphe de l'unité populaire une grande énergie collective était en marche. Une ambiance festive régnait dans les rues, les lycées et les bidonvilles, les universités et les lieux de travail. 

C'était un fort élan collectif, porté par le peuple et surtout par la jeunesse, qu´animée d´un enthousiasme incroyable voyait à sa portée la possibilité de grands changements pour le pays et pour le continent. Il est aujourd'hui très difficile d'imaginer et de décrire ces instants de générosité et d'effort partagé. 

Les 1000 jours de l'UP passèrent à une vitesse considérable et il nous a été impossible de consolider sa base politique. La solitude d'Allende, le triomphe de la félonie, la trahison et le coup d'état de l'ignominie se sont ensuivis, avec la terreur qui s'est imposée depuis, pour longtemps. 

Nous nous retrouvâmes orphelins. Croyant leurs thèses confirmées par le putsch, quelques camarades ont tenté quelques vaines formes de résistance armée. La plupart des dirigeants passa à la clandestinité et dut trouver asile dans les ambassades, pour goûter plus tard à l'amer exil. Gladys Marín est-elle aussi contrainte à la clandestinité. 

Après décision de la direction du parti, elle trouve refuge à l'ambassade des Pays-Bas à Santiago en décembre 1973. La Junte militaire lui ayant refusé un sauf-conduit, elle y resta 8 mois. 

Elle retrouve plus tard en exil les dirigeants qui ont survécu. Une coordination extérieure du PC chilien est créée. Gladys se rend à Moscou et dans les anciens pays de l'Est, où elle tente de déployer la dénonciation de la dictature et la solidarité vers les camarades restés au Chili. 

La direction de la Jota s'établit à Budapest, ainsi que la délégation chilienne à la Fédération Internationale d'Étudiants. À son siège de Colombes, le coordinateur de la jeunesse chilienne en France reçoit la visite de Gladys Marín en 1977. Un hommage est alors organisé à l'occasion de la journée de la femme et pour les victimes disparues. 

  «  OÙ SONT-ILS ?  »
AVEC LE PORTRAIT DE
SON MARI PORTÉ DISPARU
Gladys est elle-même conjointe d'un prisonnier disparu. En effet, son mari et père de ses deux enfants Jorge Muñoz, fait partie des prisonniers disparus de la rue Conférence, en 1976. Un très émouvant hommage leur a été rendu ce soir-là à Colombes. Quelques larmes ont roulé sur les joues de la camarade Gladys et on a vécu des instants de très vive émotion.

Gladys Marín rentre clandestinement au Chili au début de l'année 1978 pour s´occuper de la direction du parti à l'intérieur. Elle devient en 1984 sa secrétaire adjointe et lors du XXème congrès du PC, en 1994, Gladys Marín est élue Secrétaire Général. Elle est la seule femme dirigeante d'un parti politique au Chili. 

En 1997 elle est candidate au siège de sénateur et obtient la 8ème place au niveau national. Mais elle n'accède pas au sénat en raison du système binominal en vigueur, qui vise à empêcher les forces de gauche d'acquérir une représentation parlementaire. En juin 1998, elle est proclamée candidate à la présidence de la République. 

 PHOTO PATRICIO FUENTES
Atteinte d'un cancer, Gladys Marín est décédée début mars 2005 à Santiago, entourée de sa famille, ses amis et les dirigeants du PC chilien. Lors de ses funérailles, près d´un million de personnes s'est pressé autour de sa chapelle ardente, érigée à l´ancien Congrès national du Chili. 
* Les radis, surnom moqueur donné aux communistes, faisant allusion à la couleur rouge à l´extérieur et blanc à l´intérieur 
MC
«ISABEL PARRA Y 
PATRICIO CASTILLO: 
VIENTOS DEL PUEBLO»
ISABEL PARRA «VERSOS PARA GLADYS», CHANSON ÉCRITE ET COMPOSÉE PAR ISABEL PARRA; INTERPRÉTÉ PAR ISABEL PARRA ET PATRICIO CASTILLO, PARU DANS LE DISQUE VINYLE LONG PLAY, FACE A , «ISABEL PARRA Y PATRICIO CASTILLO: VIENTOS DEL PUEBLO (1974)», LA PREMIÈRE ÉDITION PUBLIÉE EN 1974 EN ITALIE PAR  MAISON DE DISQUES «I DISCHI DELLO ZODIACO»‎(VPA 8216) LICENCE YOUTUBE STANDARD  DURÉE : 00:03:22  

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GLADYS MARIN
FLYER CAMILANTONIAMARANTA 

LE « BOUCLIER DES AMÉRIQUES », CONFRÉRIE CONSERVATRICE VOULUE PAR TRUMP EN AMÉRIQUE LATINE POUR CONTRER LA CHINE

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LE PRÉSIDENT ARGENTIN, JAVIER MILEI, ET SON HOMOLOGUE
 AMÉRICAIN, DONALD TRUMP, À NEW YORK, LE 23 FÉVRIER 2025.
PHOTO ALEXANDER DRAGO/REUTERS
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Le Monde

Le « Bouclier des Amériques », confrérie conservatrice voulue par Trump en Amérique latine pour contrer la Chine /  Le président américain réunit, samedi, des dirigeants conservateurs du continent à Miami. Son administration veut dissuader les pays de la région de coopérer avec Pékin dans les secteurs stratégiques des infrastructures, des télécommunications, de l’énergie et du spatial.

Par Angeline Montoya, Flora Genoux (Buenos Aires, correspondante) et Amanda Chaparro (Cuzco [Pérou], correspondance) Publié aujourd’hui à 16h30  Temps deLecture 5 min.

les États-Unis avaient averti, dans leur stratégie de sécurité nationale publiée en décembre 2025, qu’ils rendraient « plus difficile » l’influence de « concurrents non hémisphériques » dans la région. Autrement dit : qu’ils freineraient l’engagement de la Chine en Amérique latine et dans les Caraïbes. Dans cette logique, le président Donald Trump a convié, samedi 7 mars à Miami, les dirigeants conservateurs du continent à un sommet appelé « Bouclier des Amériques ».

ILUSTRACIÓN IINTERFERENCIA

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Outre les présidents argentin, Javier Milei, et salvadorien, Nayib Bukele, ceux de la Bolivie, du Honduras, du Costa Rica, du Paraguay, de l’Equateur, du Guyana et de Trinité-et-Tobago, ainsi que le président élu du Chili, José Antonio Kast, qui entrera en fonctions quatre jours plus tard, ont été convoqués en Floride pour discuter de l’« interférence étrangère dans l’hémisphère », de lutte contre le crime organisé et d’immigration, dans l’objectif manifeste de construire un bloc de droite, puisque aucun chef d’Etat de gauche n’a été convié. Le président Trump a repris une initiative lancée en décembre 2025 par M. Bukele et son homologue du Costa Rica, Rodrigo Chaves, pour combattre conjointement le crime organisé. Ils avaient alors convié les autres pays d’Amérique centrale à s’unir à cette stratégie commune.

MILEI ET TRUMP.  SOMMET SES ALLIÉS
 RÉGIONAUX « BOUCLIER DES AMÉRIQUES »
PHOTO AFP
Depuis le début de son second mandat, en janvier 2025, M. Trump multiplie pressions, menaces et sanctions pour dissuader les projets avec des entreprises chinoises dans des secteurs stratégiques. Dernier épisode : le 20 février, Washington a révoqué les visas de trois responsables chiliens pour avoir soutenu un projet de câble sous-marin de fibre optique entre le Chili et la Chine.

INFOGRAPHIE FRED DUFOUR

► À lire aussi :  BATAILLE GÉOPOLITIQUE AUTOUR DE LA 5G

Fin janvier, quelques heures avant une visite du secrétaire à la défense des États-Unis, Pete Hegseth, la Cour suprême panaméenne a invalidé les contrats d’exploitation des deux ports du canal interocéanique par un groupe de Hongkong. Premier de 21 pays latino-américains à avoir rejoint l’initiative des « nouvelles routes de la soie », en 2017, le Panama est aussi devenu le premier à se retirer, huit ans plus tard, de ce programme chinois d’infrastructures, juste après une visite du secrétaire d’Etat américain, Marco Rubio. Un an plus tôt, en février 2025, une quinzaine de responsables costaricains avaient vu leur visa révoqué pour leur soutien à l’entreprise chinoise Huawei dans les appels d’offres pour la 5G.

DESSIN DE PETAR PISMESTROVIC PARU DANS KLEINE ZEITUNG, VIENN

« Menaces pour la sécurité »

« C’est surtout à propos des secteurs stratégiques que les États-Unis exercent une pression ouverte, souligne Ana Soliz de Stange, experte des relations entre la Chine, les Etats-Unis et l’Amérique latine à l’université Helmut-Schmidt de Hambourg (Allemagne). Ports, énergie nucléaire, télécommunications… ces investissements chinois, à double usage potentiel civil et militaire, sont perçus comme des menaces pour la sécurité nationale américaine. »

Le 26 février, une commission spéciale de la Chambre des représentants sur la Chine a publié un rapport accusant le géant asiatique d’utiliser « les infrastructures spatiales en Amérique latine pour collecter des renseignements sur ses adversaires et renforcer les capacités de combat futures de l’Armée populaire de libération ». Le texte, intitulé « Attirer l’Amérique latine dans l’orbite chinoise », assure qu’« au moins 11 installations spatiales à double usage liées à la République populaire de Chine comprenant des stations terrestres, des radiotélescopes et des sites de télémétrie laser par satellite sont situées en Argentine, au Venezuela, en Bolivie, au Chili et au Brésil ».

Le rapport cite notamment le projet d’observation laser par satellite de l’observatoire Felix-Aguilar de San Juan, dans le nord-ouest de l’Argentine, susceptible, selon le texte, d’applications militaires, ainsi qu’un nouveau projet de radiotélescope Chine-Argentine (CART), lancé en 2015, qui pourrait être utilisé par la Chine pour développer ses capacités en matière de renseignement. « En raison de ces inquiétudes, le projet CART a été arrêté en 2025, après que l’administration Trump a fait pression sur l’Argentine pour affaiblir ses liens avec la Chine », dit sans détour le rapport de la commission spéciale. L’université de San Juan défend un projet « strictement scientifique » et regrette sa suspension. Sans citer les Etats-Unis, elle déplore « l’évidente ingérence d’intérêts étrangers (…) qui affectent la coopération internationale avec la Chine ».

Washington sait toutefois qu’exiger des pays latino-américains une rupture totale avec Pékin et ses entreprises est impossible : en 2025, le commerce bilatéral entre l’Amérique latine et le pays asiatique a atteint 565 milliards de dollars (487 milliards d’euros), contre 346 milliards de dollars avec les États-Unis. Le 14 octobre 2025, à Washington, Donald Trump avertissait Javier Milei, au sujet des relations avec l’empire du Milieu : « Vous pouvez faire du commerce, mais vous ne devriez pas aller au-delà de ça. Et vous ne devriez clairement rien faire de militaire avec la Chine. »

« Non-alignement actif »

« Le message de Washington est : vendez à la Chine votre soja, vos matières premières. Mais pas d’investissements chinois en infrastructures, en connectivité numérique, en énergie, en installations spatiales, résume Jorge Heine, politiste et diplomate chilien, ancien ambassadeur à Pékin (2014-2017). Or, la région souffre d’un fort déficit en infrastructures, ports, routes, lignes de chemin de fer, tunnels, ponts. Exclure les entreprises chinoises, plus compétitives à bien des égards, risque d’aggraver ce retard et de nous condamner au sous-développement. »

Au Pérou, le mégaport de Chancay, exploité par l’entreprise publique chinoise Cosco Shipping, près de Lima, cristallise les tensions. Inauguré par le président chinois, Xi Jinping, en novembre 2024, il est devenu le principal hub commercial entre l’Asie et l’Amérique du Sud. Le 11 février, une décision judiciaire a fortement limité le contrôle des autorités péruviennes sur les activités portuaires, laissant le champ libre à Cosco Shipping pour leur supervision. Cette décision a déclenché la fureur du département d’Etat américain. Sur X, celui-ci mettait en garde « la région et le monde. L’argent facile de la Chine a un prix : la souveraineté ».

L’ambassadeur américain fraîchement nommé à Lima, Bernie Navarro, multiplie les déclarations hostiles à l’égard de la Chine, critiquant notamment le « pillage des eaux péruviennes par les Chinois » à l’occasion de tensions entre pêcheurs péruviens et flottes industrielles chinoises dans le Pacifique.

Mais, au-delà des menaces – l’attaque contre le Venezuela, le 3 janvier, en étant l’expression ultime –, qu’est-ce que les Etats-Unis ont à offrir ? « Pas grand-chose, estime Jorge Heine. Ils ne proposent plus de traités de libre-échange, peu de coopération internationale depuis le démantèlement de l’agence américaine d’aide au développement, l’Usaid. En définitive, les États-Unis ont une politique qui repose beaucoup sur le bâton et peu sur la carotte. » Le diplomate chilien plaide pour un « non-alignement actif », concept qu’il a élaboré avec ses collègues chiliens Carlos Fortin et Carlos Ominami : « Ni Washington ni Pékin, mais une position indépendante, guidée par les intérêts nationaux, au cas par cas. »

Les dirigeants des trois pays qui possèdent les principales économies latino-américaines (Mexique, Brésil et Colombie, gouvernés à gauche) n’ont pas été conviés à Miam. « Cette réunion est une initiative positive de dialogue, mais c’est une première étape, considère Ana Soliz de Stange. Si le gouvernement américain veut vraiment limiter la présence chinoise dans les secteurs stratégiques, il devra élargir la liste de ses interlocuteurs et proposer, au-delà de la coercition, de véritables alternatives de coopération technologique et d’infrastructures. »

Au Chili, l’ancien ministre des affaires étrangères Ignacio Walker a résumé la position que José Antonio Kast allait devoir choisir à Miami : « Soit défendre la souveraineté du Chili, soit faire de la rencontre une cérémonie de baisemain avec Trump. »

Par Angeline Montoya, Flora Genoux (Buenos Aires, correspondante) et Amanda Chaparro (Cuzco [Pérou], correspondance)



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