06 mars, 2026

L'INTERVENTION À CUBA N'EST «QU’UNE QUESTION DE TEMPS» POUR TRUMP


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DES ORGANISATIONS INTERNATIONALISTES SE RASSEMBLENT
À MADRID,  EN ESPAGNE, POUR EXIGER LA FIN DU BLOCUS
AMÉRICAIN CONTRE CUBA, LE 1er MARS 2026.
PHOTO GETTYIMAGES.RU
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RT France
International / L'intervention à Cuba n'est «qu’une question de temps» pour Trump  / Donald Trump a affirmé que les États-Unis pourraient se tourner vers Cuba après la guerre contre l’Iran. Washington a déjà renforcé les sanctions et coupé une partie des approvisionnements énergétiques de l’île. Ces pressions économiques et politiques s’inscrivent dans une stratégie assumée visant à provoquer un changement de régime à La Havane.

RT en français 6 mars 2026, 11:19

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PHOTO NORLYS PEREZ

le président américain Donald Trump a ravivé les tensions avec La Havane en laissant entendre qu’une action contre le gouvernement cubain pourrait intervenir une fois la guerre contre l’Iran terminée. S’exprimant à la Maison Blanche lors d’une réception en l’honneur de l’équipe de football Inter Miami, le président américain a déclaré vouloir « finir ce dossier [l’Iran] d’abord », avant d’ajouter que la question cubaine ne serait « qu’une question de temps ».

AFFICHE MONO GONZALEZ

► À penser en dessin : FENÊTRE SUR COUR  

Depuis plusieurs mois, l’administration Trump a renforcé la pression économique sur l’île. Washington a durci les sanctions déjà imposées depuis des décennies et a instauré un véritable blocus énergétique.

Trump de plus en plus néoconservateur

La situation s’est aggravée après la capture du président vénézuélien Nicolás Maduro par les forces américaines en janvier, Caracas étant l’un des principaux fournisseurs de pétrole de Cuba. La suspension de ces livraisons a provoqué une grave pénurie de carburant et accentué la crise économique sur l’île.

Trump a également salué l’action de son secrétaire d’État Marco Rubio, figure influente de la politique américaine à l’égard de Cuba, en affirmant qu’il faisait « un travail fantastique » pour accroître la pression sur le gouvernement cubain. Depuis plusieurs années, Washington cherche à provoquer un changement de régime à La Havane en combinant sanctions économiques, isolement diplomatique et menaces d’intervention.

Le président américain assume par ailleurs un recours accru à la puissance militaire pour défendre ses objectifs internationaux. Il a évoqué les opérations menées au Venezuela et les frappes contre l’Iran comme des exemples de la capacité des États-Unis à imposer leurs priorités stratégiques. Dans ce contexte, Cuba apparaît désormais pour certains observateurs comme la prochaine cible potentielle de la politique interventionniste de Washington.

 

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« AURA-IL ENFIN SON
PRIX NOBEL DE LA PAIX ? »

SUR LE MÊME SUJET :

ANNIVERSAIRE DU DÉCÈS DE GLADYS MARÍN


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SALVADOR ALLENDE ET LUIS CORVALÁN LORS D’UNE
 MANIFESTATION DANS LE STADE NATIONAL DU CHILI,
GLADYS MARÍN S'ADRESSE À LA FOULE. 
1972 

21ème ANNIVERSAIRE DU
DÉCÈS DE GLADYS MARÍN
2005 - 6 DE MARS - 2026

  «ELEGIA PARA UNA MUCHACHA ROJA»
CHANSON ÉCRITE PAR PATRICIO MANNS
 

INTERPRÉTÉ PAR PATRICIO MANNS ET INTI-ILLIMANI
PARU DANS L'ALBUM 
« LA MUERTE NO VA CONMIGO»
ENREGISTRÉ 
EN 1986
, DANS LES ÉTUDES FORUM MUSIC VILLAGE
À  ROME 
  ‎– SOUS LE LABEL ACONCAGUA ‎– ALBUM VINYL (LP), AC 151

C'est l'émotion provoquée par le décès de Gladys Marín qui motive ces lignes, écrites dans l´urgence. Et c'est avec celles-ci que commence le travail de deuil nécessaire ainsi que la période d'affliction que son départ entraîne.
Article paru dans L'édition spéciale d'«El Siglo» 
Fête de l'Humanité Septembre 2005

 GLADYS MARÍN
Gladys était le leader de notre mouvement de 
jeunesse ; elle avait été élue secrétaire général des Jeunesses communistes (Jota) du Chili en 1963, prenant la succession de Mario Zamorano.

► À lire aussi :       ​LA BATAILLE POUR SANTIAGO

 GLADYS MARÍN
Comme plusieurs autres dirigeants du PC chilien, Gladys est institutrice. À cette époque, être à la fois leader politique et femme était bien sûr beaucoup plus difficile qu'aujourd'hui; d'ailleurs, nos alliés et nos adversaires politiques ne lésinaient pas sur les plaisanteries faciles, parfois à la limite de la misogynie. 


► À penser en dessin :  FENÊTRE SUR COUR

À l´époque au Gladys dirige la Jota, un très important mouvement d'étudiants se développe sous la consigne de la réforme universitaire, et les Jeunesses communistes sont à la tête de ces luttes. C´est à ce moment-là que l´on adopte la chemise rouge amarante en guise d´uniforme. 

POIGNÉE DE MAIN DE SALVADOR
ALLENDE À GLADYS MARÍN
C'est aussi le temps de la solidarité avec le Vietnam. La mobilisation atteint des proportions considérables; de nombreux jeunes acquièrent alors une conscience anti-impérialiste. Dons de sang, récoltes d'argent pour un hôpital au Vietnam ; deux grandes marches pour le Vietnam sont organisées de Valparaíso à Santiago, la première en 1967 et la deuxième en 1969. Lors de la deuxième marche naît la Brigade de propagande Ramona Parra (BRP). 

Gladys est de tous les combats et tous les jeunes militants peuvent la croiser lors de réunions partisanes, de travaux volontaires, de concerts ou de peñas de la nouvelle chanson chilienne, qui vient juste d'éclore. Lorsque la fin de nos réunions -à la rue Marcoleta, siège du comité central de la Jota- coïncidait avec la sortie des BRP pour peindre les slogans et fresques murales qui ont accompagné la campagne de Salvador Allende, elle venait nous saluer et nous donner des conseils de prudence. En 1965 Gladys est élue député du 2ème district de Santiago, qui compte des communes très populaires. Elle est ensuite réélue avec un score considérable ; son mandat est interrompu par le coup d´état militaire de 1973. 

POIGNÉE DE MAIN DE SALVADOR
 ALLENDE À GLADYS MARÍN
Plus d'une fois la députée Gladys est venue nous sortir de quelque commissariat de police de Santiago, à la suite d´une grève de lycées s´étant terminée en affrontement avec le «grupo móvil» (les CRS locaux) et leur «guanaco» (camion lanceur d´eau). 

LE POÈTE PABLO NERUDA
AVEC GLADYS MARÍN, 1969
.
Nous partagions de longues réunions politiques pour affiner les arguments de notre discours, en vue d'une large alliance avec tous les partis favorables aux changements. À ce moment-là, la grande difficulté était de convaincre nos alliés de l'utilité d'une alliance plus étendue, indispensable dans les comités de jeunesse de l´Unité Populaire (UP). Le discours de nos alliés prônait une grande radicalisation et certains étaient davantage tentés par les thèses jusqu'au-boutistes du MIR que par les appels à l'unité des «rabanitos*». 

Pendant ces jours d'allégresse tout se déroule de façon accélérée. Avant le triomphe de l'unité populaire une grande énergie collective était en marche. Une ambiance festive régnait dans les rues, les lycées et les bidonvilles, les universités et les lieux de travail. 

C'était un fort élan collectif, porté par le peuple et surtout par la jeunesse, qu´animée d´un enthousiasme incroyable voyait à sa portée la possibilité de grands changements pour le pays et pour le continent. Il est aujourd'hui très difficile d'imaginer et de décrire ces instants de générosité et d'effort partagé. 

Les 1000 jours de l'UP passèrent à une vitesse considérable et il nous a été impossible de consolider sa base politique. La solitude d'Allende, le triomphe de la félonie, la trahison et le coup d'état de l'ignominie se sont ensuivis, avec la terreur qui s'est imposée depuis, pour longtemps. 

Nous nous retrouvâmes orphelins. Croyant leurs thèses confirmées par le putsch, quelques camarades ont tenté quelques vaines formes de résistance armée. La plupart des dirigeants passa à la clandestinité et dut trouver asile dans les ambassades, pour goûter plus tard à l'amer exil. Gladys Marín est-elle aussi contrainte à la clandestinité. 

Après décision de la direction du parti, elle trouve refuge à l'ambassade des Pays-Bas à Santiago en décembre 1973. La Junte militaire lui ayant refusé un sauf-conduit, elle y resta 8 mois. 

Elle retrouve plus tard en exil les dirigeants qui ont survécu. Une coordination extérieure du PC chilien est créée. Gladys se rend à Moscou et dans les anciens pays de l'Est, où elle tente de déployer la dénonciation de la dictature et la solidarité vers les camarades restés au Chili. 

La direction de la Jota s'établit à Budapest, ainsi que la délégation chilienne à la Fédération Internationale d'Étudiants. À son siège de Colombes, le coordinateur de la jeunesse chilienne en France reçoit la visite de Gladys Marín en 1977. Un hommage est alors organisé à l'occasion de la journée de la femme et pour les victimes disparues. 

  «  OÙ SONT-ILS ?  »
AVEC LE PORTRAIT DE
SON MARI PORTÉ DISPARU
Gladys est elle-même conjointe d'un prisonnier disparu. En effet, son mari et père de ses deux enfants Jorge Muñoz, fait partie des prisonniers disparus de la rue Conférence, en 1976. Un très émouvant hommage leur a été rendu ce soir-là à Colombes. Quelques larmes ont roulé sur les joues de la camarade Gladys et on a vécu des instants de très vive émotion.

Gladys Marín rentre clandestinement au Chili au début de l'année 1978 pour s´occuper de la direction du parti à l'intérieur. Elle devient en 1984 sa secrétaire adjointe et lors du XXème congrès du PC, en 1994, Gladys Marín est élue Secrétaire Général. Elle est la seule femme dirigeante d'un parti politique au Chili. 

En 1997 elle est candidate au siège de sénateur et obtient la 8ème place au niveau national. Mais elle n'accède pas au sénat en raison du système binominal en vigueur, qui vise à empêcher les forces de gauche d'acquérir une représentation parlementaire. En juin 1998, elle est proclamée candidate à la présidence de la République. 

 PHOTO PATRICIO FUENTES
Atteinte d'un cancer, Gladys Marín est décédée début mars 2005 à Santiago, entourée de sa famille, ses amis et les dirigeants du PC chilien. Lors de ses funérailles, près d´un million de personnes s'est pressé autour de sa chapelle ardente, érigée à l´ancien Congrès national du Chili. 
* Les radis, surnom moqueur donné aux communistes, faisant allusion à la couleur rouge à l´extérieur et blanc à l´intérieur 
MC
«ISABEL PARRA Y 
PATRICIO CASTILLO: 
VIENTOS DEL PUEBLO»
ISABEL PARRA «VERSOS PARA GLADYS», CHANSON ÉCRITE ET COMPOSÉE PAR ISABEL PARRA; INTERPRÉTÉ PAR ISABEL PARRA ET PATRICIO CASTILLO, PARU DANS LE DISQUE VINYLE LONG PLAY, FACE A , «ISABEL PARRA Y PATRICIO CASTILLO: VIENTOS DEL PUEBLO (1974)», LA PREMIÈRE ÉDITION PUBLIÉE EN 1974 EN ITALIE PAR  MAISON DE DISQUES «I DISCHI DELLO ZODIACO»‎(VPA 8216) LICENCE YOUTUBE STANDARD  DURÉE : 00:03:22  

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GLADYS MARIN
FLYER CAMILANTONIAMARANTA 

LE « BOUCLIER DES AMÉRIQUES », CONFRÉRIE CONSERVATRICE VOULUE PAR TRUMP EN AMÉRIQUE LATINE POUR CONTRER LA CHINE

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LE PRÉSIDENT ARGENTIN, JAVIER MILEI, ET SON HOMOLOGUE
 AMÉRICAIN, DONALD TRUMP, À NEW YORK, LE 23 FÉVRIER 2025.
PHOTO ALEXANDER DRAGO/REUTERS
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Le Monde

Le « Bouclier des Amériques », confrérie conservatrice voulue par Trump en Amérique latine pour contrer la Chine /  Le président américain réunit, samedi, des dirigeants conservateurs du continent à Miami. Son administration veut dissuader les pays de la région de coopérer avec Pékin dans les secteurs stratégiques des infrastructures, des télécommunications, de l’énergie et du spatial.

Par Angeline Montoya, Flora Genoux (Buenos Aires, correspondante) et Amanda Chaparro (Cuzco [Pérou], correspondance) Publié aujourd’hui à 16h30  Temps deLecture 5 min.

les États-Unis avaient averti, dans leur stratégie de sécurité nationale publiée en décembre 2025, qu’ils rendraient « plus difficile » l’influence de « concurrents non hémisphériques » dans la région. Autrement dit : qu’ils freineraient l’engagement de la Chine en Amérique latine et dans les Caraïbes. Dans cette logique, le président Donald Trump a convié, samedi 7 mars à Miami, les dirigeants conservateurs du continent à un sommet appelé « Bouclier des Amériques ».

ILUSTRACIÓN IINTERFERENCIA

► À penser en dessin : FENÊTRE SUR COUR

Outre les présidents argentin, Javier Milei, et salvadorien, Nayib Bukele, ceux de la Bolivie, du Honduras, du Costa Rica, du Paraguay, de l’Equateur, du Guyana et de Trinité-et-Tobago, ainsi que le président élu du Chili, José Antonio Kast, qui entrera en fonctions quatre jours plus tard, ont été convoqués en Floride pour discuter de l’« interférence étrangère dans l’hémisphère », de lutte contre le crime organisé et d’immigration, dans l’objectif manifeste de construire un bloc de droite, puisque aucun chef d’Etat de gauche n’a été convié. Le président Trump a repris une initiative lancée en décembre 2025 par M. Bukele et son homologue du Costa Rica, Rodrigo Chaves, pour combattre conjointement le crime organisé. Ils avaient alors convié les autres pays d’Amérique centrale à s’unir à cette stratégie commune.

Depuis le début de son second mandat, en janvier 2025, M. Trump multiplie pressions, menaces et sanctions pour dissuader les projets avec des entreprises chinoises dans des secteurs stratégiques. Dernier épisode : le 20 février, Washington a révoqué les visas de trois responsables chiliens pour avoir soutenu un projet de câble sous-marin de fibre optique entre le Chili et la Chine.

INFOGRAPHIE FRED DUFOUR

► À lire aussi :  BATAILLE GÉOPOLITIQUE AUTOUR DE LA 5G

Fin janvier, quelques heures avant une visite du secrétaire à la défense des États-Unis, Pete Hegseth, la Cour suprême panaméenne a invalidé les contrats d’exploitation des deux ports du canal interocéanique par un groupe de Hongkong. Premier de 21 pays latino-américains à avoir rejoint l’initiative des « nouvelles routes de la soie », en 2017, le Panama est aussi devenu le premier à se retirer, huit ans plus tard, de ce programme chinois d’infrastructures, juste après une visite du secrétaire d’Etat américain, Marco Rubio. Un an plus tôt, en février 2025, une quinzaine de responsables costaricains avaient vu leur visa révoqué pour leur soutien à l’entreprise chinoise Huawei dans les appels d’offres pour la 5G.

DESSIN DE PETAR PISMESTROVIC PARU DANS KLEINE ZEITUNG, VIENN

« Menaces pour la sécurité »

« C’est surtout à propos des secteurs stratégiques que les États-Unis exercent une pression ouverte, souligne Ana Soliz de Stange, experte des relations entre la Chine, les Etats-Unis et l’Amérique latine à l’université Helmut-Schmidt de Hambourg (Allemagne). Ports, énergie nucléaire, télécommunications… ces investissements chinois, à double usage potentiel civil et militaire, sont perçus comme des menaces pour la sécurité nationale américaine. »

Le 26 février, une commission spéciale de la Chambre des représentants sur la Chine a publié un rapport accusant le géant asiatique d’utiliser « les infrastructures spatiales en Amérique latine pour collecter des renseignements sur ses adversaires et renforcer les capacités de combat futures de l’Armée populaire de libération ». Le texte, intitulé « Attirer l’Amérique latine dans l’orbite chinoise », assure qu’« au moins 11 installations spatiales à double usage liées à la République populaire de Chine comprenant des stations terrestres, des radiotélescopes et des sites de télémétrie laser par satellite sont situées en Argentine, au Venezuela, en Bolivie, au Chili et au Brésil ».

Le rapport cite notamment le projet d’observation laser par satellite de l’observatoire Felix-Aguilar de San Juan, dans le nord-ouest de l’Argentine, susceptible, selon le texte, d’applications militaires, ainsi qu’un nouveau projet de radiotélescope Chine-Argentine (CART), lancé en 2015, qui pourrait être utilisé par la Chine pour développer ses capacités en matière de renseignement. « En raison de ces inquiétudes, le projet CART a été arrêté en 2025, après que l’administration Trump a fait pression sur l’Argentine pour affaiblir ses liens avec la Chine », dit sans détour le rapport de la commission spéciale. L’université de San Juan défend un projet « strictement scientifique » et regrette sa suspension. Sans citer les Etats-Unis, elle déplore « l’évidente ingérence d’intérêts étrangers (…) qui affectent la coopération internationale avec la Chine ».

Washington sait toutefois qu’exiger des pays latino-américains une rupture totale avec Pékin et ses entreprises est impossible : en 2025, le commerce bilatéral entre l’Amérique latine et le pays asiatique a atteint 565 milliards de dollars (487 milliards d’euros), contre 346 milliards de dollars avec les États-Unis. Le 14 octobre 2025, à Washington, Donald Trump avertissait Javier Milei, au sujet des relations avec l’empire du Milieu : « Vous pouvez faire du commerce, mais vous ne devriez pas aller au-delà de ça. Et vous ne devriez clairement rien faire de militaire avec la Chine. »

« Non-alignement actif »

« Le message de Washington est : vendez à la Chine votre soja, vos matières premières. Mais pas d’investissements chinois en infrastructures, en connectivité numérique, en énergie, en installations spatiales, résume Jorge Heine, politiste et diplomate chilien, ancien ambassadeur à Pékin (2014-2017). Or, la région souffre d’un fort déficit en infrastructures, ports, routes, lignes de chemin de fer, tunnels, ponts. Exclure les entreprises chinoises, plus compétitives à bien des égards, risque d’aggraver ce retard et de nous condamner au sous-développement. »

Au Pérou, le mégaport de Chancay, exploité par l’entreprise publique chinoise Cosco Shipping, près de Lima, cristallise les tensions. Inauguré par le président chinois, Xi Jinping, en novembre 2024, il est devenu le principal hub commercial entre l’Asie et l’Amérique du Sud. Le 11 février, une décision judiciaire a fortement limité le contrôle des autorités péruviennes sur les activités portuaires, laissant le champ libre à Cosco Shipping pour leur supervision. Cette décision a déclenché la fureur du département d’Etat américain. Sur X, celui-ci mettait en garde « la région et le monde. L’argent facile de la Chine a un prix : la souveraineté ».

L’ambassadeur américain fraîchement nommé à Lima, Bernie Navarro, multiplie les déclarations hostiles à l’égard de la Chine, critiquant notamment le « pillage des eaux péruviennes par les Chinois » à l’occasion de tensions entre pêcheurs péruviens et flottes industrielles chinoises dans le Pacifique.

Mais, au-delà des menaces – l’attaque contre le Venezuela, le 3 janvier, en étant l’expression ultime –, qu’est-ce que les Etats-Unis ont à offrir ? « Pas grand-chose, estime Jorge Heine. Ils ne proposent plus de traités de libre-échange, peu de coopération internationale depuis le démantèlement de l’agence américaine d’aide au développement, l’Usaid. En définitive, les États-Unis ont une politique qui repose beaucoup sur le bâton et peu sur la carotte. » Le diplomate chilien plaide pour un « non-alignement actif », concept qu’il a élaboré avec ses collègues chiliens Carlos Fortin et Carlos Ominami : « Ni Washington ni Pékin, mais une position indépendante, guidée par les intérêts nationaux, au cas par cas. »

Les dirigeants des trois pays qui possèdent les principales économies latino-américaines (Mexique, Brésil et Colombie, gouvernés à gauche) n’ont pas été conviés à Miam. « Cette réunion est une initiative positive de dialogue, mais c’est une première étape, considère Ana Soliz de Stange. Si le gouvernement américain veut vraiment limiter la présence chinoise dans les secteurs stratégiques, il devra élargir la liste de ses interlocuteurs et proposer, au-delà de la coercition, de véritables alternatives de coopération technologique et d’infrastructures. »

Au Chili, l’ancien ministre des affaires étrangères Ignacio Walker a résumé la position que José Antonio Kast allait devoir choisir à Miami : « Soit défendre la souveraineté du Chili, soit faire de la rencontre une cérémonie de baisemain avec Trump. »

Par Angeline Montoya, Flora Genoux (Buenos Aires, correspondante) et Amanda Chaparro (Cuzco [Pérou], correspondance)



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02 mars, 2026

APRÈS LE VENEZUELA ET L’IRAN, LES ÉTATS-UNIS MENACENT CUBA

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LA HAVANE.
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Après le Venezuela et l’Iran, les États-Unis menacent Cuba / 
Dans un contexte de blocus énergétique imposé par Washington, Donald Trump a évoqué une possible «prise de contrôle» de Cuba, sans détails précis. Cette déclaration, sur fond de crise économique cubaine et de négociations secrètes, ravive les craintes d’une ingérence américaine accrue dans les affaires de l’île. / Les propos tenus par le président américain le 27 février avant un départ pour le Texas, soulignent une pression croissante sur La Havane, alors que les États-Unis invoquent une « menace exceptionnelle » pour justifier leur embargo. Donald Trump a affirmé que le gouvernement cubain « parle avec nous » et traverse « de très gros problèmes », laissant planer l’idée d’une transition sous influence américaine.

RT en français 2 mars 2026, 15:0

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Risques d’une nouvelle intervention

PHOTO NORLYS PEREZ

Selon des sources citées par le journal The Atlantic, Trump, dans l'élan de ses opérations militaires au Venezuela et en Iran, envisage un « un rachat amical » de Cuba, avec des discussions menées par le secrétaire d’État Marco Rubio, dans un contexte de chantage étasunien vis-à-vis de l’île, notamment en matière pétrolière.

AFFICHE MONO GONZALEZ

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Ce dernier, d’origine cubaine, aurait contacté Raul Rodriguez Castro, petit-fils de l’ancien leader Raul Castro, via des canaux non officiels, court-circuitant le gouvernement politique officiel.

Pourtant, cette approche soulève de sérieuses interrogations. Comme le note le journal, une instabilité accrue pourrait déclencher un afflux de réfugiés vers les États-Unis, contredisant les politiques anti-immigration de l’administration. De plus, l’absence d’opposition existante pourrait potentiellement mener à un chaos régional.

De nombreux observateurs s’inquiètent des conséquences d’une telle volonté de la Maison Blanche qui risquerait de provoquer des répercussions inattendues et compliquerait les relations entre les États-Unis et l’Amérique latine.

Le 25 février, lors d’un sommet de la Caricom à Saint-Kitts-et-Nevis, Rubio avait insisté pour que Cuba « change radicalement », tout en assouplissant temporairement les restrictions pétrolières pour des raisons qualifiées d'« humanitaires ». Mais ces gestes masquent une stratégie de pression maximale, alors que Cuba dénonce des infiltrations « terroristes » et a abattu une vedette en provenance de Floride.

Donald Trump affirme, de son côté, que l’île « n’a pas d’argent, pas de pétrole, rien », mais cette rhétorique cacherait, selon les observateurs, une ambition hégémonique, au risque d’aggraver les tensions dans les Caraïbes et de miner la souveraineté cubaine.

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01 mars, 2026

IRAN : QUI EST L’AYATOLLAH ALIREZA ARAFI, NOMMÉ POUR ASSURER L’INTÉRIM DES FONCTIONS DE GUIDE SUPRÊME ?

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ALIREZA ARAFI, MEMBRE JURISTE DU CONSEIL DE DIRECTION,
 ASSUMERA TEMPORAIREMENT LES FONCTIONS DU GUIDE SUPRÊME EN IRAN.
PHOTO JOÃO HENRIQUE

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Iran : qui est l’ayatollah Alireza Arafi, nommé pour assurer l’intérim des fonctions de Guide suprême ? /  Alireza Arafi, membre juriste du conseil de direction, assumera temporairement les fonctions du Guide suprême en Iran. / Nommé conformément à la Constitution de l'Iran, l’ayatollah Alireza Arafi est désormais membre juriste du conseil de direction qui devra assumer temporairement les fonctions du Guide suprême iranien. Retour sur le parcours de ce membre du triumvirat qui dirige la République islamique. Lire aussi Iran : création d'un conseil de gouvernance pour assumer les fonctions de Guide suprême de l'Iran 

RT en français 1 mars 2026, 15:43 

L’agence de presse officielle iranienne ISNA a rapporté ce 1ᵉʳ mars que l’ayatollah Alireza Arafi avait été nommé membre juriste du conseil de direction qui devra assumer temporairement les fonctions du Guide suprême iranien, après l’assassinat de l’ayatollah Ali Khamenei par une attaque israélo-américaine contre son bureau à Téhéran. 

UNE EXPLOSION EN MER AU LARGE D’HAÏFA, AU NORD D’ISRAËL,
LE 28 FÉVIER 2026. EN RIPOSTE AUX FRAPPES AMÉRICAINES ET
ISRAÉLIENNES, L’IRAN A TIRÉ DES MISSILES EN DIRECTION DE
L’ÉTAT  HÉBREU ET DES PÉTROMOOARCHIES DU GOLFE.
PHOTO RAMI SHLUSH

► À penser en dessin : FENÊTRE SUR COUR  

La nomination a été faite conformément à la Constitution iranienne qui stipule la création d'un conseil intérimaire composé du président de la République, Massoud Pezechkian, du chef du pouvoir judiciaire, Gholamhossein Mohseni Ejei, et d’un juriste issu du Conseil des gardiens de la révolution. Ce triumvirat devra assurer la continuité des fonctions du Guide suprême jusqu’à l'élection d'un successeur définitif par l'Assemblée des experts. 

Le parcours de l’ayatollah Alireza Arafi 

Né en 1959, l’ayatollah Alireza Arafi est issu d'une famille de religieux de la ville de Meybod, dans la province de Yazd, au centre de l'Iran. Son père, l'ayatollah Mohammed Ibrahim Arafi, était proche du fondateur de la République islamique iranienne, l'ayatollah Rouhollah Khomeiny. Alireza Arafi avait été nommé en 2009 par le défunt ayatollah Ali Khamenei à la tête de l'université internationale Al-Mustafa de Qom, une fonction qu'il assumera jusqu'en 2018. 

En 2019, il est nommé par le guide suprême en tant que membre du Conseil des gardiens de la Constitution, composé de 12 membres, qui a le pouvoir de mettre son veto à toute politique gouvernementale ou à tout candidat politique. Il a d'ailleurs cumulé ce poste avec sa fonction de membre de l'assemblée des experts dès 2022. Prédicateur et écrivain, l’ayatollah Alireza Arafi a publié 24 livres et articles et parle couramment arabe et anglais. Il est une figure très respectée dans les milieux religieux iraniens. 

Le Conseil de transition prend les rênes de l'Iran sur fond d'attaques militaires menées par les États-Unis et Israël. Sa mission consistera essentiellement dans le maintien de la cohésion des appareils sécuritaire et religieux, tout en préparant la mise en place du processus de succession du guide suprême.

 FRISE DES ARCHERS

Assassinat de Khamenei : comment la CIA aurait guidé la main d’Israël  

L'AYATOLLAH ALI KHAMENEI, GUIDE SUPRÊME DE LA RÉVOLUTION ISLAMIQUE
 ET ANCIEN PRÉSIDENT DE LA RÉPUBLIQUE ISLAMIQUE D'IRAN, LE 17 JANVIER 2026
 [PHOTO D'ILLUSTRATION].

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RT France
Selon le New York Times, l’agence de renseignement américaine aurait partagé avec les Israéliens des données cruciales afin de leur permettre de «frapper» le successeur de Khomeini, ainsi que plusieurs hauts responsables iraniens, à l'occasion d’une réunion dans un complexe gouvernemental le matin du 28 février.

RT en français 1 mars 2026, 15:43  

« Les personnes informées de l'opération l'ont décrite comme le fruit d'un travail de renseignement de qualité et de mois de préparatifs ». Dans un article paru ce 1er mars, au lendemain de la mort de l’ayatollah Ali Khamenei, qui assurait la fonction de guide suprême de la République islamique depuis trente-six ans, le New York Times (NYT) est revenu sur l’« étroite collaboration » des services américains et israéliens ayant permis « l’élimination remarquablement rapide du guide suprême iranien ».

UNE IMAGE SATELLITE MONTRE DE LA FUMÉE NOIRE S'ÉLEVANT ET D'IMPORTANTS DÉGÂTS DANS LE COMPLEXE DU GUIDE SUPRÊME IRANIEN, L'AYATOLLAH ALI KHAMENEI, À LA SUITE DES FRAPPES MENÉES SAMEDI PAR LES ÉTATS-UNIS ET ISRAËL CONTRE L'IRAN.
CRÉDIT... AIRBUS, VIA REUTERS
Citant des sources « proches de l’opération », le quotidien américain est revenu sur la filature effectuée par la CIA du guide suprême et ex-président (1981 – 1989) de la République islamique d’Iran. Selon les sources du NYT, les Américains auraient mis à profit l’expérience acquise lors de la guerre des douze jours, afin de déterminer comment « le guide suprême et le Corps des gardiens de la révolution islamique communiquaient et se déplaçaient sous la pression ». Au cours de cette filature, l’agence américaine aurait appris la présence de l’ayatollah lors d’une réunion le matin du 28 février dans un complexe gouvernemental.

Des renseignements qui auraient poussé, toujours selon les sources du NYT, Israël et Washington a « modifier le calendrier de leur attaque ». Fort de ces informations, des avions de Tsahal ont tiré des missiles sur ce complexe gouvernemental, tuant Khamenei et « décimant » les hauts gradés du renseignement iranien. « La CIA a transmis à Israël des renseignements qui offraient une "grande fidélité" quant à la position de l'ayatollah Khamenei, selon des personnes informées de ces renseignements », peut-on notamment lire.

Quand Washington et Tel-Aviv s'exemptent du droit international

« Il n'a pu échapper à nos services de renseignement et à nos systèmes de surveillance extrêmement sophistiqués », avait fanfaronné Donald Trump sur son réseau social, au soir de cette frappe israélienne. « En étroite collaboration avec Israël, ni lui ni les autres dirigeants tués avec lui n'ont rien pu faire », avait poursuivi le président américain, estimant qu’il s’agirait là de « l'occasion la plus précieuse pour le peuple iranien de reprendre le contrôle de son pays ».

Ce n’est pas la première fois, lors d’une offensive unilatérale contre un pays souverain, que les États-Unis et leurs alliés se permettent de purement et simplement tuer des dirigeants. Dans un message adressé à son homologue iranien Massoud Pezeshkian, le président russe Vladimir Poutine a dénoncé un « assassinat cynique, contraire à toutes les normes de la morale humaine et du droit international ». Ce même « droit international », qu’invoquent habituellement et de manière immodérée les chancelleries occidentales dans le cadre d’autres conflits à travers le monde. 

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«  AL TRUMPONE »

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