04 mai, 2026

FRANCE / PRÉSIDENTIELLE 2027 : L’INSOUMIS JEAN-LUC MÉLENCHON OFFICIELLEMENT CANDIDAT

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JEAN-LUC MÉLENCHON, CHEF DE FILE DE LA FRANCE INSOUMISE (LFI),
 POSE AVANT UNE INTERVIEW DANS LE JOURNAL TÉLÉVISÉ DU SOIR DE
 LA CHAÎNE TF1, AU COURS DE LAQUELLE IL A ANNONCÉ SA CANDIDATURE
À L'ÉLECTION PRÉSIDENTIELLE FRANÇAISE DE 2027,
 À BOULOGNE-BILLANCOURT, PRÈS DE PARIS, LE 3 MAI 2026
(PHOTO DE JULIE SEBADELHA 


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La Croix
Présidentielle 2027 : l’Insoumis Jean-Luc Mélenchon officiellement candidat / LFI fera cavalier seul. Jean-Luc Mélenchon a officialisé dimanche 3 mai sur TF1 sa quatrième candidature à la présidentielle 2027, à 74 ans. Le leader de La France insoumise, arrivé troisième en 2022, mise sur l’urgence climatique et géopolitique pour mobiliser.

La Croix (avec l'AFP) Modifié le 4 mai 2026 à 7h31 Lecture : 3 min

jean-Luc Mélenchon n’aura donc trouvé personne pour « faire mieux » : à 74 ans, il a officialisé dimanche 3 mai, sans grande surprise et à un peu moins d’un an de l’échéance, sa quatrième candidature à l’élection présidentielle. « Nous, c’est carré. Il y a une équipe, un programme, un seul candidat », a-t-il estimé sur TF1, indiquant être « le mieux préparé » à La France insoumise « pour faire face à la situation qui arrive ».

► À penser en dessin : FENÊTRE SUR COUR

Jean-Luc Mélenchon se lance car, a-t-il expliqué, il y a « urgence ». « Nous entrons dans une saison très agitée de l’histoire du monde. Nous sommes menacés d’une guerre généralisée, nous sommes menacés par un changement spectaculaire du climat, et puis nous avons une crise économique et sociale qui s’avance », a-t-il déclaré.

À la dernière élection présidentielle, Jean-Luc Mélenchon avait échoué à 420 000 voix du second tour, en réunissant 22 % des suffrages et en arrivant à la troisième place du premier tour, très largement en tête à gauche. La question est de savoir s’il pourra bénéficier du même vote utile des électeurs de gauche qui souhaitent que leur famille politique soit représentée au second tour.

Cette fois-ci, en l’absence de président sortant, le Rassemblement national sera « l’adversaire principal » du leader insoumis, a-t-il prévenu sur TF1, même s’il a dit « ne pas croire » à ce que prédisent les sondages : une présence de l’extrême droite au second tour. « Je pense que nous allons les battre à plate couture », a-t-il insisté.

« Aucune opposition » en interne

Les élus insoumis étaient réunis dimanche à Paris pour désigner le candidat du mouvement de gauche radicale pour 2027. Le nom du fondateur de LFI a été proposé par la direction insoumise à son intergroupe parlementaire (les députés, les eurodéputés et les maires, soit une petite centaine d’élus). Et ces derniers ont approuvé la candidature du patriarche insoumis.

« J’ai demandé au nom de la direction du mouvement s’il y avait une autre candidature, il n’y en avait pas. Aucune opposition ne s’est exprimée à la candidature de Jean-Luc Mélenchon », a indiqué le coordinateur du mouvement Manuel Bompard. Comme en 2022, cette candidature devra récolter 150 000 parrainages citoyens, ce qui devrait être une simple formalité.

Sa première prise de parole, après l’annonce de sa candidature dimanche sera réservée aux « nouveaux médias numériques » lors d’une conférence de presse mercredi, à laquelle ne sont pas conviés les médias traditionnels. Il prévoit un premier grand meeting de campagne le 7 juin à Saint-Denis, ville conquise par LFI aux dernières municipales, avec Bally Bagayoko, symbole de la « nouvelle France » qu’il promeut.

« Militant total »

Depuis la présidentielle de 2022, lorsqu’il avait déclaré « faites mieux » à ses troupes le soir de son élimination au premier tour, Jean-Luc Mélenchon n’avait cessé de répéter qu’il souhaitait être remplacé. Si une génération de cadres a bien émergé aux côtés du tribun de 74 ans, aucun d’entre eux n’est parvenu à un statut de présidentiable. D’autant plus que certains ont dû quitter le mouvement lors des législatives de 2024, comme François Ruffin et Clémentine Autain.

L’ancien sénateur, ministre, député et député européen, l’une des personnalités politiques les plus clivantes en France mais qui se dit « heureux » de cliver, avait déclaré se mettre « en retrait mais pas en retraite » après la dernière échéance présidentielle.

Mais il n’a cessé d’intervenir dans le débat public, via ses réseaux sociaux, ses prises de parole, ou son implication dans les campagnes des européennes et législatives de 2024 ou des municipales de 2026. « Il vit politique, il dort politique. C’est un militant total. Quand il y a une baston politique, il y va », décrit un de ses proches.

Les Insoumis comptent profiter du désordre dans le reste de la gauche, qui bute en grande partie sur la question de la participation, ou non, à une primaire unitaire dont LFI ne souhaite pas entendre parler. « Vous n’êtes pas sérieux. On a moins d’un an et vous ne savez même pas quel est votre programme, ni quel est votre candidat », a tancé leur leader sur Brut dans la soirée.

François Ruffin et Marine Tondelier sont candidats dans le cadre de cette primaire, mais pourraient porter leurs propres couleurs, en solitaire, si ce processus n’aboutissait pas. Le Parti socialiste est divisé sur la question de la participation à cette primaire. Dans l’espace social-démocrate, résolument opposé à La France insoumise, les noms de l’ancien président socialiste François Hollande et de l’eurodéputé Raphaël Glucksmann (Place publique) reviennent régulièrement.


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02 mai, 2026

LES ÉTATS-UNIS DURCISSENT LES SANCTIONS CONTRE CUBA

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LA BAIE DE LA HAVANE, CAPITALE DE CUBA.
PHOTO LIU BIN

Courrier
international
Les États-Unis durcissent les sanctions contre Cuba. Le président américain Donald Trump a signé vendredi un décret durcissant “considérablement” les sanctions à l’encontre du gouvernement cubain, en autorisant notamment “l’imposition de mesures punitives aux entreprises et banques étrangères” qui font affaire avec le régime communiste, rapporte le Miami Herald. [Coup bas contre à Cuba]

Courrier international

TRUMP ET LE  MARCO RUBIO  ÉCOUTENT
PETE HEGSETH LORS DU 1er SOMMET DES
AMÉRIQUES, LE 7 MARS 2026, AU TRUMP
NATIONAL DORAL MIAMI.
PHOTO CLAIRE HEDDLES

Cuba fait déjà l’objet d’un embargo commercial et financier global de la part des États-Unis mais jusqu’à présent, il ciblait “principalement les entreprises et les ressortissants américains, ainsi que les entités relevant de la juridiction américaine”, précise le quotidien. Pour la première fois, “ce nouveau décret menace de sanctions les entreprises et banques étrangères d’autres pays qui seraient jugées complices du gouvernement cubain”, ajoute-t-il. Le ministre cubain des Affaires étrangères, Bruno Rodríguez, a qualifié ces nouvelles sanctions d’“illégales” et “abusives”.

28 avril, 2026

50ème ANNIVERSAIRE DE LA DISPARITION DE VICTOR DIAZ LOPEZ

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VICTOR MANUEL DIAZ LOPEZ
1976 - 12 MAI - 2026
50ème ANNIVERSAIRE DE LA DISPARITION 
DE VÍCTOR MANUEL DÍAZ LÓPEZ

« AU NOM DU PÈRE »
COUVERTURE BIOGRAPHIE
VÍCTOR DÍAZ LÓPEZ
[CATALONIA, 2013,
NON TRADUIT EN FRANÇAIS]
Víctor Manuel Díaz López, ouvrier graphique de 56 ans, originaire du nord du Chili, marié, 3 enfants. Il a assumé la direction du Parti communiste en septembre 1973 et a vécu caché plus de deux ans et demi. 

Intensément recherché par les sbires de Pinochet, arrêté le 12 mai 1976, il fut assassiné en janvier 1977 dans le quartier secret « Simon Bolivar ». 


« CHILI : DERNIER DISCOURS DE VÍCTOR MANUEL DÍAZ LÓPEZ 
À LA RADIO NATIONALE LE 11 SEPTEMBRE 1973»

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VÍCTOR DÍAZ LÓPEZ AVEC LE PRÉSIDENT SALVADOR ALLENDE
LE 4 SEPTEMBRE 1973. PROCHE DU PRÉSIDENT DÉCHU ET UN DE 
SES PLUS SOLIDES SOUTIENS POLITIQUES, LE DIRIGEANT CLANDESTIN
DES COMMUNISTES CHILIENS A ÉTÉ LONGUEMENT TRAQUÉ PAR 
LES SBIRES DE LA DICTATURE. ARRÊTÉ EN MAI 1976, IL A 
ÉTÉ FROIDEMENT ASSASSINÉ EN JANVIER 1977 DANS LA CASERNE 
SIMON BOLIVAR, SIÈGE ULTRA SECRET DE LA BRIGADE LAUTARO
LA PLUS NOMBREUSE UNITÉ D’EXTERMINATION DE LA DINA
PHOTO CHES GERRETSEN.



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27 avril, 2026

MANIFESTATION INTERSYNDICALE DU 1er MAI 2026 À PARIS : VOICI LE PARCOURS


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AFFICHE CGT X DUGUDUS

Manifestation intersyndicale du 1er mai 2026 à Paris : voici le parcours / Comme chaque 1er mai, l'intersyndicale organise une grande manifestation à Paris. Cette année, le cortège s'élancera de la place de la République le vendredi 1er mai 2026 à partir de 14h. Découvrez le parcours prévu de ce rassemblement annuel.
Par Caroline et Graziella de SortiraparisMis à jour le 27 avril 2026 à 7h44



JOURNÉE INTERNATIONALE
 DES TRAVAILLEURS
:

Chaque 1er mai donne lieu à de nombreuses manifestations partout en France à l'occasion de la fête du travail et de la journée internationale de lutte des travailleuses et des travailleurs.


« JOURNÉE INTERNATIONALE DES TRAVAILLEURS » 

Cette année, l'intersyndicale (la CGT, la FSU, Solidaires, l'Union étudiante et l'Unef) prévoit une manifestation unitaire placée sous le signe de "la paix" et de "la liberté". "Le premier mai c’est NOTRE journée, la journée internationale de lutte pour les droits des travailleurs et des travailleuses, la seule journée chômée et payée, fêtée dans 163 pays du monde. C’est la mobilisation qui nous a permis de l’arracher il y a plus de 100 ans et de la conserver il y a quelques jours, alors que les macronistes alliés à la droite et à l’extrême droite ont tenté de faire passer une loi pour contraindre 1,4 million de salarié·es à travailler ce jour-là. Nos manifestations cette année seront l’occasion de fêter cette victoire et d’alerter solennellement politiques et patronat : on ne TOUCHE pas au 1er mai", indiquent les syndicats dans un communiqué publié le 23 avril dernier.  

Par ailleurs, les syndicats entendent également profiter de ce 1er mai pour "manifester contre la vie chère, pour exiger que notre travail soit rémunéré comme il se doit", mais aussi "pour la paix, en solidarité avec les millions de travailleurs et de travailleuses qui se trouvent sous les bombes", et enfin pour "exiger des perspectives de progrès".

Souvenez-vous, l’an dernier les manifestations du 1er mai avaient rassemblé 157 000 participants dans toute la France, dont 32 000 à Paris, selon le ministère de l’Intérieur. La CGT avait pour sa part annoncé 300 000 manifestants, dont 100 000 dans la capitale.

Manifestation du 1er mai 2026 à Paris, voici le parcours

Le cortège s’élancera le vendredi 1er mai 2026 dès 14h depuis la place de la République, dans le 11e arrondissement de la capitale, avant d'emprunter le boulevard Voltaire, de traverser la place Léon Blum, de retourner sur le boulevard Voltaire, et de rejoindre place de la Nation, point d'arrivée de ce grand rassemblement. 


Pour permettre le bon déroulement de cette manifestation, la Préfecture de police de Paris a pris un arrêté modifiant provisoirement le stationnement dans certaines voies situées dans les 10e, 11e et 12e arrondissements de la capitale. 

La manifestation du 1er mai à Paris est non seulement une tradition annuelle, mais aussi un moyen d'expression des préoccupations sociales et politiques actuelles. Cette nouvelle manifestation unitaire promet un rassemblement de grande envergure, reflet des tensions et des aspirations de la société française.

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UNE DE L'« L'ASSIETTE AU BEURRE »
N° 265, 28 AVRIL 1906

 

EN AMÉRIQUE LATINE, L'EXTRÊME DROITE SURFE SUR UNE DYNAMIQUE FAVORABLE ET CE N'EST PEUT-ÊTRE QU'UN DÉBUT

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DE GAUCHE À DROITE: KAMLA PERSAD-BISSESSAR (PREMIÈRE MINISTRE DE TRINITÉ-ET-TOBAGO), SANTIAGO PEÑA (PRÉSIDENT DU PARAGUAY), LUIS ABINADER (PRÉSIDENT DE LA RÉPUBLIQUE DOMINICAINE), RODRIGO PAZ PEREIRA (PRÉSIDENT DE LA BOLIVIE), NAYIB BUKELE (PRÉSIDENT DU SALVADOR), JAVIER MILEI (PRÉSIDENT DE L'ARGENTINE), DONALD TRUMP (PÉRSIDENT DES ÉTATS-UNIS), JOSÉ RAÚL MULINO (PRÉSIDENT DU PANAMA), MOHAMED IRFAAN ALI (PRÉSIDENT DU GUYANA), NASRY «TITO» ASFURA (PRÉSIDENT DU HONDURAS), RODRIGO CHAVES ROBLES (PRÉSIDENT DU COSTA RICA), JOSÉ ANTONIO KAST (PRÉSIDENT DU CHILI) ET DANIEL ROY GILCHRIST NOBOA AZÍN (PRÉSIDENT DE L'ÉQUATEUR), AU DÉBUT DU SOMMET «BOUCLIER DES AMÉRIQUES», À MIAMI (FLORIDE), LE 7 MARS 2026.
PHOTO SAUL LOEB 

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En Amérique latine, l'extrême droite surfe sur une dynamique favorable et ce n'est peut-être qu'un début / 
Au pouvoir en Argentine, au Chili et au Salvador, les partis latino-américains d'extrême droite espèrent également y parvenir bientôt dans plusieurs autres pays du continent, tout en affichant un certain suivisme à l'égard des États-Unis de Donald Trump. / Les dictatures militaires des années 1960 ou 1970 étaient arrivées au pouvoir par la force. Aujourd'hui, c'est dans les urnes que, dans plusieurs pays d'Amérique latine, des formations qui en sont souvent ouvertement nostalgiques sont parvenues au sommet. Un phénomène en pleine expansion, alors que le continent avait connu une vague de gauche dans les années 2000 et 2010.

Thomas Posado – 25 avril 2026 à 17h00 Temps de lecture: 5 minutes

Depuis une décennie, les partis d'extrême droite connaissent une progression fulgurante en Amérique latine. Au pouvoir dans la principale puissance de la région, le Brésil, entre 2018 et 2022 avec Jair Bolsonaro, ces forces politiques gouvernent actuellement l'Argentine (Javier Milei), le Chili (José Antonio Kast) et le Salvador (Nayib Bukele). Elles pourraient également bientôt arriver aux affaires dans plusieurs autres pays de la région. État des lieux.

« Trump, Milei, Noboa, Bukele, Kast dans l'enfer de Dante par Gustave Doré »

IMÁGEN IA CHATGPT

► À penser en dessin : FENÊTRE SUR COUR

Trois pays déjà gouvernés par l'extrême droite

Définir l'extrême droite est toujours complexe. Il ne s'agit pas d'une catégorie scientifique, mais d'un terme d'usage courant, au contenu relatif dans le temps et dans l'espace, d'une société donnée, constituant souvent la fraction la plus déterminée à assurer le maintien de l'ordre social par la force, au besoin en écrasant les subalternes par les méthodes les plus répressives.

Ainsi, en Argentine, la thématique la plus mise en avant par Javier Milei est celle du libertarianisme économique et de sa volonté de «massacre à la tronçonneuse» des services publics.

Au Chili, selon un schéma qui est le plus semblable à ce qui se passe en Europe, c'est la xénophobie anti-Vénézuéliens, accusés d'être responsables de l'augmentation –pourtant modeste– de l'insécurité, qui est le moteur du vote pour José Antonio Kast.

Au Salvador, c'est une politique punitiviste aboutissant au plus haut taux d'incarcération du monde, quitte à porter atteinte aux droits humains, qui a fondé la popularité de Nayib Bukele.

► À lire aussi :        LE « BOUCLIER DES AMÉRIQUES », CONFRÉRIE CONSERVATRICE VOULUE PAR TRUMP EN AMÉRIQUE LATINE POUR CONTRER LA CHINE

Une dynamique continentale

Au-delà de ces cas, la dynamique des extrêmes droites latino-américaines se retrouve dans les autres pays de la région. En Uruguay, le parti Cabildo Abierto, aujourd'hui en déclin mais qui a obtenu 11% lors des élections générales de 2019, constitue une réaction face aux avancées progressistes du gouvernement de centre gauche du Frente Amplio en matière de genre et de sexualité. De 2020 à 2025, il s'est agi du premier cas en Amérique latine de participation gouvernementale de l'extrême droite à un gouvernement dirigé par la droite, avec les portefeuilles de la santé publique et du logement, tout en étant décisif pour atteindre une majorité parlementaire.

DESSIN ENEKO

Au Venezuela, la Prix Nobel de la paix María Corina Machado a toujours été le visage le plus radical de l'opposition au chavisme. Ce n'est pas sur des enjeux de genre et de sexualité qu'elle se distingue, mais par ses méthodes pour mettre fin au chavisme (l'appel à une intervention extérieure contre son propre pays), son anticommunisme viscéral (alimenté par son rejet du chavisme), son libéralisme économique intégral (rompant avec le traditionnel interventionnisme des politiques au Venezuela) et ses circulations internationales (affichant sa servilité à l'égard de Donald Trump et maintenant son adhésion à des dirigeants comme le président chilien José Antonio Kast –deux leaders qui criminalisent pourtant les migrants vénézuéliens sur leur sol).

Les échéances de l'année 2026 sont décisives pour la dynamique des extrêmes droites latino-américaines. En Colombie, les 31 mai et 21 juin, les électeurs auront la possibilité d'opter pour la continuité de la première présidence de gauche du pays, celle de Gustavo Petro (élu en 2022), en élisant celui qui est pour l'heure le favori, Iván Cepeda. Ses deux principaux rivaux sont Abelardo de la Espriella, avocat connu pour avoir défendu des paramilitaires d'extrême droite et des narcotrafiquants, aux déclarations polémiques sur la réduction des prérogatives de l'État et la lutte contre l'avortement; et Paloma Valencia, représentante du parti de l'ancien président Álvaro Uribe (2002-2010), le mal nommé Centre démocratique, parti de la droite dure colombienne.

Au Pérou, ce printemps également, l'élection présidentielle pourrait voir la victoire d'un candidat issu des forces les plus à droite du spectre politique. Keiko Fujimori, fille de l'ancien dirigeant autoritaire Alberto Fujimori (1990-2000) condamné pour ses multiples violations des droits humains, qui a déjà échoué au second tour des trois dernières élections présidentielles (2011, 2016, 2021), est arrivée en tête du premier tour, le 12 avril, avec 17,05% des suffrages exprimés. L'ancien maire de Lima Rafael López Aliaga, adepte d'un punitivisme observé ailleurs en Amérique latine, malgré un piteux bilan sécuritaire à l'échelle municipale, a récolté 11,91% des votes, échouant à se qualifier pour le second tour (7 juin), à quelques milliers de voix derrière le candidat de gauche, Roberto Sánchez (12,04%).

Enfin, l'enjeu le plus important au vu de la taille du pays aura lieu en octobre lors du scrutin présidentiel au Brésil, où Flávio Bolsonaro, fils aîné de l'ancien président condamné à vingt-sept ans de prison pour tentative de coup d'État, est au coude-à-coude avec Lula dans les intentions de vote.

Des partis alignés sur Washington

Cette montée en puissance est récente. L'extrême droite ne constituait pas jusqu'à il y a encore quelques années une force électorale influente en Amérique latine. Si l'on pouvait clairement relier les gouvernements autoritaires des années 1970 professant un terrorisme d'État –du Chilien Augusto Pinochet (1973-1990) à l'Argentin Jorge Rafael Videla (1976-1981), en passant par le Paraguayen Alfredo Stroessner (1954-1989), l'Uruguayen Juan María Bordaberry (1972-1976) et le Bolivien Hugo Banzer Suárez (1971-1978)– à ce courant par sa violence et son anticommunisme, leurs dirigeants n'étaient pas arrivés au pouvoir par la voie des urnes. Par ailleurs, comme nous l'avons vu, ces extrêmes droites sont hétérogènes, mobilisant leurs électorats sur des enjeux propres à leurs problématiques nationales.

Si nous tentons de les comparer avec leurs homologues européennes, il apparaît qu'elles sont à la fois semblables et différentes. D'une part, elles partagent les thématiques de la sécurité, de rejet des préoccupations écologiques, de maintien des dominations de genre et de mépris des diversités sexuelles. D'autre part, la place géopolitique «dominée» qu'occupe l'Amérique latine au sein du système-monde crée des différences fondamentales. Les extrêmes droites latino-américaines se sont souvent distinguées par leur suivisme à l'égard de la puissance états-unienne.

Pourtant, depuis le retour de Donald Trump à la Maison-Blanche, la politique des États-Unis en Amérique latine n'est pas favorable aux Latino-Américains.

Le sommet «Bouclier des Amériques», convoqué le 7 mars 2026 par Donald Trump en Floride, est l'illustration de cette tendance. Il est parvenu à rassembler les présidents déjà mentionnés de l'Argentine, du Chili et du Salvador, mais aussi leurs homologues d'une droite a priori plus modérée de Bolivie, du Costa Rica, de l'Équateur, du Honduras, du Panama, du Paraguay, de République dominicaine et de Trinité-et-Tobago.

Pourtant, depuis le retour de Donald Trump à la Maison-Blanche, la politique des États-Unis en Amérique latine n'est pas favorable aux Latino-Américains. La «doctrine Donroe», mot-valise entre le prénom du président états-unien et le nom de son lointain prédécesseur James Monroe (1817-1825), qui avait théorisé en 1823 l'objectif pour les États-Unis d'empêcher les influences extérieures sur le continent américain, promet de rétablir la tutelle d'Oncle Sam sur l'ensemble de la région.

Les présidents argentin et hondurien ont bénéficié de son ingérence pour emporter respectivement les élections législatives de mi-mandat et le scrutin présidentiel. Pour ne pas perdre le contrôle du Parlement, Javier Milei a accepté un prêt de 20 milliards de dollars (plus de 17 milliards d'euros) en échange d'un accord économique de subordination économique. Ces dirigeants semblent se mettre au service des États-Unis, en dépit des complémentarités économiques avec la Chine. À long terme, ces politiques défavorables à leur propre pays pourraient devenir impopulaires auprès des Latino-Américains.

Pour celles et ceux qui voudraient davantage de détails, un dossier de la revue Recherches internationales que j'ai coordonné vient de sortir sur ce thème. Vous pourrez y trouver des contributions sur les circulations intercontinentales et transatlantiques entre extrêmes droites, la configuration politique argentine, l'évangélisme au Brésil, les stratégies de diplomatie numérique de Nayib Bukele ou encore les recompositions de la droite colombienne.

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DESSIN SERGIO LANGER

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25 avril, 2026

LE VENEZUELA ET LA COLOMBIE ANNONCENT UNE COOPÉRATION MILITAIRE POUR LUTTER CONTRE « LES MAFIAS »

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LE PRÉSIDENT COLOMBIEN, GUSTAVO PETRO, ET LA PRÉSIDENTE PAR INTÉRIM DU VENEZUELA,
DELCY RODRIGUEZ, AU PALAIS DE MIRAFLORES, À CARACAS (VENEZUELA), LE 24 AVRIL 2026.
PHOTO ARIANA CUBILLOS 

Le Venezuela et la Colombie annoncent une coopération militaire pour lutter contre « les mafias » / Autre dossier abordé, vendredi, par la présidente vénézuélienne, Delcy Rodriguez, et son homologue Colombien, Gustavo Petro : la coopération énergétique et « l’interconnexion électrique pour l’ouest du Venezuela », où les coupures sont nombreuses.

Le Monde avec l'AFP Publié aujourd’hui à 01h54, modifié à 08h32 Temps de Lecture 1 min.

La présidente vénézuélienne, Delcy Rodriguez, et son homologue colombien, Gustavo Petro, ont annoncé, vendredi 24 avril, à Caracas, une coopération militaire entre les deux voisins qui partagent plus de 2 000 kilomètres de frontière – poreuse – pour lutter contre les « mafias » et les « bandes criminelles ».

PHOTO LULAOFICIAL

► À penser en dessin : FENÊTRE SUR COUR

Les deux pays vont « mettre en place un effort commun, profondément coordonné, pour libérer les peuples de la frontière des mafias se consacrant à diverses économies illégales, à commencer par la cocaïne, l’or illicite, la traite des êtres humains, et les minerais rares », a déclaré M. Petro, premier chef d’Etat à se rendre au Venezuela depuis la capture de Nicolas Maduro, le 3 janvier, par l’armée américaine.

« Nos deux pays se sont engagés à élaborer (…) des plans militaires, mais aussi à mettre en place immédiatement des mécanismes de partage d’informations et de développement du renseignement», a pour sa part annoncé Delcy Rodriguez, assurant que Caracas et Bogota partageaient une « approche très sérieuse, très complète de ce que doit être la lutte contre les bandes criminelles ».

Un rapprochement énergétique en cours

Premier président de gauche de la Colombie, Gustavo Petro a été un important allié de Nicolas Maduro et avait dans un premier temps condamné son « enlèvement » ainsi que l’attaque américaine. Il a ensuite modéré ses propos après une rencontre avec Donald Trump, qui a permis de faire baisser les tensions entre Bogota et Washington.

Vendredi, Delcy Rodriguez, qui gouverne sous pression américaine, a néanmoins remercié M. Petro, qui a « été l’une des premières personnes à nous appeler ce 3 janvier, dans des moments si difficiles pour le peuple vénézuélien, pour exprimer sa solidarité ».

Autre dossier abordé par les deux chefs d’Etat, la coopération énergétique et « l’interconnexion électrique pour l’ouest du Venezuela », où les coupures sont nombreuses. « [Cette] interconnexion est déjà sur le point d’aboutir, de même que l’interconnexion gazière, grâce à laquelle nous pourrons non seulement acheminer du gaz vers la Colombie, mais aussi en exporter conjointement vers d’autres pays », a insisté Mme Rodriguez.

Le Venezuela, qui dispose des plus grandes réserves de pétrole brut au monde, est en train de développer sa production de gaz. Le pays fait l’objet d’un embargo pétrolier et gazier des Etats-Unis depuis 2019, mais Donald Trump assouplit graduellement les sanctions depuis l’intervention américaine.

Parallèlement, les ministres américains de l’intérieur, Doug Burgum, et de l’énergie, Chris Wright, se sont rendus au Venezuela pour promouvoir la réouverture énergétique du pays. Sous pression américaine, Caracas a adopté des réformes de la loi sur les hydrocarbures et du code minier ouvrant le secteur au privé.

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EL 1er DEBATE DE LA GLOBAL PROGRESSIVE
MOBILISATION, 
SOBRE  LA DESINFORMACIÓN
DE LA ULTRADERECHA EN LAS REDES SOCIALES
FOTO LUIS B. GARCÍA

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20 avril, 2026

JULIAN GRIMAU, LA DIGNITÉ HUMAINE ASSASSINÉE


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JULIÁN GRIMAU GARCÍA
Le 20 avril 1963, le dirigeant communiste est exécuté par un peloton franquiste au terme d’une parodie de justice. Sa réhabilitation reste d’actualité dans une Espagne qui ne veut pas se prononcer sur les crimes de la dictature. Une Espagne qui se refuse à solder les comptes du passé.
1963 - 20 AVRIL - 2026
63ème ANNIVERSAIRE DE 
LA MORT DE JULIAN GRIMAU 
« QUE DIRA EL SANTO PADRE » VIOLETA PARRA
 Durée: 00:02:55

UNE DU QUOTIDIEN «L'HUMANITÉ»
DU 22 AVRIL 1963
CATHY CEÏBE [VENDREDI, 19 AVRIL, 2013 L'HUMANITÉ]
Il est des matins de printemps qui n’en sont pas. Comme ce samedi 20 avril 1963, lorsqu’un peloton d’exécution franquiste perfore de trente balles Julian Grimau. Cinquante ans ont passé depuis l’assassinat du dirigeant communiste dans la prison de Carabanchel à Madrid. De ce côté-ci des Pyrénées, des rues et des cités populaires portent ce nom qui résonne encore dans la mémoire des républicains espagnols.



« CANCION DE GRIMAU » AUTEUR CHICHO SÁNCHEZ FERLOSIO, 1963 
INTERPRÈTE ROLANDO ALARCON DANS
« A LA RESISTENCIA ESPAÑOLA » (1969)
 Durée: 00:02:53