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| LE PRÉSIDENT ÉLU DU CHILI, JOSÉ KAST, S’ADRESSE À LA PRESSE APRÈS AVOIR PRÉSENTÉ LES MEMBRES DE SON CABINET, À SANTIAGO, LE 20 JANVIER 2026. PHOTO DIEGO ANDRES REYES VIELMA |
Actu /Chili : le président d’extrême droite José Antonio Kast confie la Défense et les Droits humains à d’ex-avocats du dictateur Pinochet / Le président élu d’extrême droite du Chili, José Antonio Kast, a annoncé mardi la nomination de deux anciens avocats du défunt dictateur Augusto Pinochet à des postes clés de son futur gouvernement : l’un à la Défense, l’autre à la Justice et aux Droits humains.
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L'Humanité
La rédaction Monde 3min Publié le 21 janvier 2026
Alors que l’ancien dictateur d’Augusto Pinochet est mort en 2006 à l’âge de 91 ans sans avoir été condamné pour aucune des accusations portées contre lui, José Antonio Kast, qui prendra ses fonctions à la tête de l’État le 11 mars, a annoncé nommer deux hommes qui ont fait partie de l’équipe d’avocats du dictateur. Le président d’extrême droite avait été élu en novembre à une large majorité (58 %) face à la candidate de gauche Jeannette Jara.
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Fernando Barros, 68 ans, a dirigé la défense de l’ancien général lorsqu’il avait été arrêté à Londres en 1998, à la demande de la justice espagnole, qui cherchait à l’extrader pour le juger pour des crimes contre l’humanité. Il occupera le ministère de la Défense. En outre, Fernando Rabat, 53 ans, nommé ministre de la Justice et des Droits humains, avait représenté Pinochet dans une affaire de détournement de fonds publics.
« Un véritable manque de respect »
« Il s’agit d’un véritable manque de respect que quelqu’un ayant fait partie de l’équipe de défense du dictateur le plus sanguinaire d’Amérique latine puisse occuper ce poste », a déclaré Alicia Lira, présidente de l’Association des familles de personnes exécutées pour des raisons politiques. Le régime de Pinochet est tenu pour responsable de plus de 3 000 morts ou disparus.
« À travers ces nominations, Kast confirme sa fidélité avec la dictature, ce qui ne nous surprend pas », exprime Hector Vasquez au nom de l’Association d’ex-prisonniers politiques chiliens en France. « Il reste cohérent avec sa filiation politique, et cela confirme que toutes les menaces au droit et à la démocratie prononcées pendant la campagne électorale risquent de devenir une bien malheureuse réalité ».
« Mais, au-delà du triste symbole que représentent ces nominations, cela nous montre les difficultés de la gauche pour dénoncer et faire comprendre le niveau de violence que la dictature a imposé à la société chilienne », ajoute-t-il. « Celle-ci a plus retenu l’idée « d’un certain ordre » sous la dictature plutôt que les assassinats et les violations aux droits humains commis à cette époque, ce qui est extrêmement préoccupant ».
Des profils en ligne avec son ambition ultra-réactionnaire
En dévoilant son futur gouvernement lors d’une cérémonie publique à Santiago, le président élu qui dit admirer le dictateur qui a tenu d’une main de fer le Chili de 1973 à 1990 a dévoilé : « Je vous présente aujourd’hui un cabinet pour un gouvernement d’urgence (…) c’est une grande équipe pour des temps difficiles ». « Ce cabinet ne naît ni de quotas, ni de calculs, ni de pressions. Il naît d’une conviction profonde et d’une vocation commune : toujours placer le Chili au premier plan », a-t-il affirmé.
Bien qu’il ait promis « un gouvernement d’unité », il a choisi les 24 ministres de son futur cabinet en consultant peu, voire pas du tout, les huit partis qui l’ont soutenu lors de l’élection. L’ultraconservateur a privilégié des profils pour la plupart sans expérience majeure en politique, institutionnellement parlant, mais bien en ligne avec son ambition ultra-réactionnaire.
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