01 juin, 2026

PRÉSIDENTIELLE EN COLOMBIE : L’EXTRÊME DROITE ET LA GAUCHE QUALIFIÉES POUR LE SECOND TOUR

[ Cliquez sur l'image pour l'agrandir ] 

DES PARTISANS DU CANDIDAT D’ULTRADROITE ABELARDO DE LA ESPRIELLA,
CÉLÈBRENT SA QUALIFICATION AU SECOND TOUR AU SOIR DU 1er TOUR
DE LA PRÉSIDENTIELLE, À BARRANQUILLA, EN COLOMBIE, LE 31 MAI 2026.
PHOTO RODRIGO BUENDIA 

INTERNATIONAL / COLOMBIE / Présidentielle en Colombie : le second tour opposera Ivan Cepeda, candidat de la gauche, à Abelardo de la Espriella, un avocat d’extrême droite / Le candidat d’ultradroite devance, avec 43,74 % des suffrages, le sénateur et philosophe (40,91 %), qui s’inscrit dans les pas du président de gauche sortant, Gustavo Petro. Le second tour aura lieu le 21 juin. [Vent mauvais de Colombie...]

Le Monde avec l'AFP Publié aujourd’hui à 01h53, modifié à 08h40 Temps de Lecture 2 min.

Tensions géopolitiques autour de nous
DESSIN RAMIRO ALONSO

Un admirateur de Donald Trump et un défenseur des droits de l’homme, tel est le duo que les Colombiens auront à départager au second tour de l’élection présidentielle. À l’issue du premier tour, dimanche 31 mai, le candidat de droite radicale, l’avocat millionnaire Abelardo de la Espriella, est arrivé en tête avec 43,74 % des suffrages, devant le sénateur et philosophe Ivan Cepeda (40,91 %), héritier politique du président sortant Gustavo Petro, après le dépouillement de la quasi-totalité des bureaux de vote.

ABELARDO DE LA ESPRIELLA, CANDIDATO DE EXTREMA DERECHA A LA
 PRESIDENCIA DE COLOMBIA, CERRÓ SU CAMPAÑA EN LA CIUDAD DE MEDELLÍN.
PHOTO FEDERICO RIOS

► À penser en dessin : FENÊTRE SUR COUR

Les sondages avaient donné la semaine dernière M. Cepeda favori du premier tour. Le second tour est prévu le 21 juin. La candidate de droite Paloma Valencia, sénatrice adoubée par l’ex-président conservateur Alvaro Uribe (2002-2010), arrive loin derrière avec moins de 7 %. Elle a annoncé son soutien à Abelardo de la Espriella pour le second tour.

LE CADRE SYSTÉMATIQUE DU FRAMING MÉDIATIQUE, CONCEPT QUI
DÉSIGNE UNE PRATIQUE JOURNALISTIQUE CONSISTANT À CONSTRUIRE
 UN CADRE NARRATIF AFIN DE FAVORISER UNE POSITION CORPORATIVE.
IMAGE : V3RTICE.COM

► Para leer también:      MERCENARIOS DE LA COMUNICACIÓN (II): EL BESTIARIO MEDIÁTICO COLOMBIANO

« Nous allons changer l’histoire de la Colombie pour toujours », a promis le candidat de droite radicale après la publication des résultats, dans une vidéo tournée depuis la ville caribéenne de Barranquilla (Nord) où ses partisans ont laissé éclater leur joie en parcourant la ville.

À Bogota, Ivan Cepeda a, lui, réagi en jurant de vaincre « l’extrême droite fasciste » le 21 juin. Il a refusé pour l’instant de reconnaître le résultat de ce premier tour, sans toutefois aller jusqu’à affirmer que l’élection avait été truquée. « Nous ne commenterons les résultats que lorsque les commissions de dépouillement auront pleinement fait la lumière sur ce qui s’est passé », a déclaré le candidat de gauche. Le président Petro a également refusé de reconnaître les résultats du premier décompte des voix, qui doit ensuite être vérifié et validé lors d’un dépouillement officiel pouvant prendre plusieurs jours.

IVÁN CEPEDA, DE IZQUIERDA Y FAVORITO SEGÚN LAS ENCUESTAS,
PROTEGIDO POR UN ESCUDO ANTIBALAS EN UN MITIN EN BOGOTÁ.
PHOTO NATHALIA ANGARITA

La question des groupes armés

Les deux candidats arrivés en tête s’affrontent notamment sur la direction à prendre pour venir à bout d’un conflit armé interne vieux de six décennies mais en pleine résurgence. La Colombie connaît sa pire flambée de violence depuis la signature de l’accord de paix avec la guérilla des FARC en 2016. De nombreux dirigeants communautaires ont été assassinés, des civils ont péri dans des attentats et un prétendant à la présidence a été tué.

Dans ce contexte, MM. Cepeda et de la Espriella proposent des solutions radicalement opposées pour venir à bout de ce conflit armé en pleine résurgence : continuer à négocier la paix avec les groupes armés, stratégie du président sortant Gustavo Petro, ou bien utiliser la force pour venir à bout des guérillas, ex-paramilitaires et cartels.

Les experts estiment que les groupes armés impliqués dans le trafic de drogue, l’exploitation minière illégale et l’extorsion ont profité des négociations de paix menées sous le gouvernement Petro pour renforcer leurs positions.

La Constitution interdit à Gustavo Petro, premier dirigeant de gauche de l’histoire du pays, de briguer un second mandat. Ce président clivant jouit d’une forte popularité parmi les classes populaires après avoir augmenté le salaire minimum et élargi les programmes sociaux dans l’un des pays les plus inégalitaires au monde.

Son dauphin, Ivan Cepeda, un défenseur des droits de l’homme de 63 ans, homme politique expérimenté, mise sur la poursuite des réformes sociales et des négociations de paix avec les groupes armés.

Abelardo de la Espriella, 47 ans, se fait appeler « le Tigre » et promet pour sa part la mort ou la prison pour les membres des organisations criminelles. Il se présente en « outsider » et reprend à l’envi une rhétorique de « main de fer » qui a récemment valu plusieurs victoires à la droite radicale en Amérique latine.

Admirateur des présidents américain, Donald Trump, salvadorien, Nayib Bukele et argentin, Javier Milei, il propose de construire dix mégaprisons, de réduire de 40 % la taille de l’État et de bombarder les campements des trafiquants de drogue en Colombie, premier producteur mondial de cocaïne. Dimanche, il a qualifié cette élection de « bataille la plus importante de l’histoire de la République ».

La journée électorale s’est déroulée dans le calme dimanche. Le gouvernement a déployé plus de 400 000 membres des forces de l’ordre.

[ Cliquez sur l'image pour l'agrandir ] 

« Les yeux rivés sur la Colombie /
La droite ne passera pas ! »
FLYER PCCH


Le Monde avec l'AFP

SUR LE MÊME SUJET :