04 septembre, 2026

CHILI : JOSÉ ANTONIO KAST TENTÉ PAR LA « DICTATURE CONSTITUTIONNELLE » ?

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LE PLAN DE KAST, INSTALLÉ À LA MONEDA DEPUIS MARS
DERNIER, PRÉVOIT HUIT MODIFICATIONS DE LA
CONSTITUTION POUR FAIRE FACE AU CRIME ORGANISÉ.
PHOTO  SEBASTIAN SILVA 

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L'Humanité
Le président d’extrême droite promeut une réforme sécuritaire liberticide alors même qu’il participe à un sommet de l’extrême droite internationale qui prétend promouvoir la démocratie, la liberté et l’état de droit.

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Contre le "wokisme, le progressisme et le néomarxisme", l’internationale brune se réunit au Chili 

Luis Reygada Publié le 4 septembre 2026 4min

« Une relation toxique » entre
José Antonio Kast et Javier Milei
MÁGEN CHATGPT 

C’est toute l’hypocrisie qui caractérise les promesses des droites les plus réactionnaires que semble vouloir démontrer Antonio Kast, le président du Chili. Ce jeudi, alors qu’il clôturait le sommet de l’extrême droite internationale « Forum Madrid » – organisé à Santiago – en se félicitant que l’Amérique latine « soit en train de retrouver la liberté », la police réprimait les étudiants mobilisés dans la capitale pour dénoncer les réformes sécuritaires liberticides promues par son gouvernement.

"Trump, Milei, Noboa, Bukele, Kast en el infierno de Dante Gustave Dore"
IMÁGEN CHATGPT

► À penser en dessin : FENÊTRE SUR COUR 

Le plan de Kast, installé à La Moneda depuis mars dernier, prévoit huit modifications de la Constitution pour faire face au crime organisé. L’insécurité est l’un des thèmes qui a favorisé son accession au pouvoir, après s’être imposé dans les urnes en décembre 2025 face à la communiste Jeannette Jara, bien que le pays sud-américain soit l’un des pays les plus sûrs de la région.

PINOCHET KAST SEGUIDORES DE KAST CELEBRARON
EL TRIUNFO CON IMÁGENES DEL DICTADOR PINOCHET.
PHOTO EITAN ABRAMOVICH

► À lire aussi :    CHILI : « L’ORDRE » DE KAST, OU COMMENT LA DÉMOCRATIE DEVIENT ENCOMBRANTE

Nostalgique du sanguinaire régime pinochetiste, le gouvernement de Kast souhaiterait créer un nouveau régime d’exception que le président pourrait décréter, sans approbation du Parlement et pour une durée allant jusqu’à huit mois « en cas de grave menace pour la sécurité publique ».

PINOCHET KAST SEGUIDORES DE KAST CELEBRARON
EL TRIUNFO CON IMÁGENES DEL DICTADOR PINOCHET.
PHOTO EITAN ABRAMOVICH

En route vers une « dictature constitutionnelle » ?

« Comme Pinochet ! », criaient certains des manifestants, ce jeudi, à son encontre en le comparant à l’ancien dictateur (1973-1990), a constaté l’AFP.

De nombreux experts constitutionnalistes critiquent le projet, qui affaiblirait les contrôles démocratiques et restreindrait les libertés civiles, telles que celles de circulation et de réunion. Alors que la Constitution actuelle, héritage de l’ère Pinochet, n’empêche pas d’atteindre les objectifs du gouvernement en matière de sécurité, la réforme de Kast serait « illibérale — et non libérale — en raison de la concentration du pouvoir entre les mains de l’Exécutif », soulignent ses détracteurs cités par divers médias régionaux. Elle ouvrirait ainsi la voie à un « autoritarisme légal » ou à une « dictature constitutionnelle ».

Ce que reconnaissent même des alliés du camp présidentiel. La réforme « accorde des pouvoirs excessifs au président que je ne souhaiterais jamais voir entre les mains de l’opposition », a exprimé sur X Luciano Cruz-Coke, sénateur du parti Evopoli (droite), membre de la coalition au pouvoir. « Cela ne se justifie pas en démocratie », a-t-il ajouté.

LE NOUVEAU PRÉSIDENT ARGENTIN, JAVIER MILEI,
CROQUÉ PAR LE CARICATURISTE ÉQUATORIEN BONIL.
DESSIN BONIL

Le prétexte du « terrorisme »

Les réformes constitutionnelles, qui doivent encore être débattues au Parlement, « menacent les droits des Chiliens et mettent en péril leurs institutions », a aussi déclaré Juanita Goebertus, directrice pour les Amériques de Human Rights Watch, dans un communiqué diffusé mardi. L’ONG a également critiqué le fait que la réforme constitutionnelle permette au président de déclarer certains groupes « organisations terroristes ou criminelles », sans préciser les effets juridiques de cette qualification.

Un alignement sur les recettes promues par Washington ? Depuis son retour à la Maison Blanche, Donald Trump intensifie son offensive contre la gauche sous prétexte de lutte antiterroriste, et souhaite, depuis juillet dernier, exporter le « combat contre le communisme et le terrorisme d’extrême gauche » au niveau mondial.

Lors du Forum de Madrid organisé ce jeudi à Santiago, quarante intervenants issus de 25 pays ont échangé autour de thèmes comme la démocratie, la liberté, la sécurité et l’état de droit, face à la « menace » que représenteraient diverses organisations de gauche latino-américaines soi-disant « soutenues par le crime organisé ».

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KK KASST
DESSIN BECS

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