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| UNE MANIFESTANTE DÉGUISÉE EN MARIE-ANTOINETTE BRANDIT UNE PANCARTE « DONNEZ-LEUR DE LA BRIOCHE », LORS D’UNE MANIFESTATION À LYON, LE 31 OCTOBRE 2026. PHOTO JEFF PACHOUD |
Vu de l’étranger. / Quelque 320 000 personnes ont défilé samedi à travers la France pour une troisième journée de mobilisation sociale, qui s’est achevée comme les précédentes par des affrontements entre la police et des émeutiers. La participation est en baisse par rapport aux précédentes manifestations mais “la colère continue de bouillir” dans la rue, observe la presse internationale.
Courrier international Lecture 3 min. Publié le 1 novembre 2026 à 05h58, mis à jour le 1 novembre 2026 à 07h41
“La France a vécu samedi l’Acte III des manifestations pour dénoncer la dégradation des services publics et le coût élevé de la vie”, observe El País. “Quelque 320 000 manifestants, selon le ministère de l’Intérieur, et un demi-million selon les estimations syndicales, ont défilé dans tout le pays pour le troisième week-end consécutif”.
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Cet Acte III coïncidait avec Halloween, et dans la capitale française, “des clowns, des sorcières et des pirates ont défilé aux côtés d’un Spider-Man, d’un monstre de Frankenstein et d’un Michael Jackson zombie, tandis que plusieurs milliers de manifestants traversaient l’est de Paris sous le regard d’un hélicoptère de la police”, raconte The Daily Telegraph.
Comme lors des précédentes mobilisations, les manifestants ont défilé dans le calme et la bonne humeur pendant la majeure partie de la journée, avant que des violences n’éclatent dans la soirée entre la police et des émeutiers “dans plusieurs villes françaises, dont Paris, Lyon, Marseille, Toulouse et Bordeaux”, note La Vanguardia.
“La police a dû faire usage de gaz lacrymogène et, parfois, de canons à eau”, précise le quotidien catalan. “La préfecture de police de Paris a indiqué que les troubles étaient imputables à un noyau dur de plusieurs centaines de personnes enclines à la violence”.
Cocktail Molotov
À Paris, une unité antiémeute “tentait de contenir les manifestants lorsqu’un individu a lancé un cocktail Molotov dans ses rangs, blessant plusieurs policiers et les forçant à battre en retraite”, relate le Daily Telegraph. Non loin de là, “des dizaines de personnes masquées et vêtues de noir” ont arraché des pavés pour “les jeter sur les forces de l’ordre”.
Les violences, pour importantes qu’elles soient, “ont été bien moindres que les incendies criminels et les pillages qui ont embrasé Paris et d’autres villes le 17 octobre” lors de la première journée de mobilisation, qui avait “dégénéré en émeutes généralisées”, constate The New York Times. Et la foule “était également moins nombreuse que lors des deux samedis précédents de protestation nationale”.
“Néanmoins, la mobilisation – et le chaos – ont été suffisamment importants pour laisser penser que la France reste en proie à un climat de vives tensions, près de deux mois après le début du mouvement de contestation initié par des lycéens rebelles”, analyse le quotidien.
“Les manifestants français maintiennent la pression”, confirme Le Temps. “Si la participation est légèrement moindre par rapport à la semaine dernière, la mobilisation contre la vie chère et les violences policières, qui aura été émaillée de quelques heurts, demeure très forte”.
“Cocotte-minute”
À six mois de l’élection présidentielle, “le gouvernement tente de résoudre la crise et a présenté lundi un ensemble de mesures pour apaiser les manifestations étudiantes”, rappelle El País. Mais “les syndicats étudiants estiment ces mesures insuffisantes et appellent à bloquer les lycées et les universités mardi prochain, jour de la rentrée après deux semaines de vacances”, tandis qu’une “grève nationale est prévue jeudi prochain”.
En résumé, “la colère continue de bouillir dans la cocotte-minute nommée France”, écrit Blick, alors que “le ministre de l’Éducation nationale s’est fendu d’une lettre” aux lycéens “pour expliquer que les concessions annoncées lundi 26 octobre” étaient “les seules possibles à ce stade”.
“Difficile toutefois de croire que l’argument du niveau record d’endettement de la France et de l’impasse dans laquelle se trouve la discussion budgétaire pour 2027 suffise à calmer le jeu social”, relève le titre suisse. “Les syndicats se savent en position de force face à un président en fin de mandat, qui ne peut pas se représenter. Leur appel à la grève générale, s’il est suivi, sera le prélude à d’autres mobilisations”.
Dans ce contexte, “quelle tournure va prendre la prochaine contestation ?”, s’interroge Le Temps. “Les règles du théâtre classique exposent que l’acte 4 est celui où l’action atteint son sommet avant le dénouement. Reste à savoir s’il sera tragique et à qui il profitera”.
Romain Raynaldy

