05 octobre, 2026

PRÉSIDENTIELLE AU BRÉSIL : FLAVIO BOLSONARO CRÉE LA SURPRISE EN DEVANÇANT LULA AU PREMIER TOUR

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« Le « bolsonarisme » affiche sa
force et Flávio devance Lula »
UNE D'«O ESTADO DE SÃO PAULO»
DU 05 10 2026

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Le Figaro
Le fils de l’ancien président d’extrême droite Jair Bolsonaro obtient plus de 47 % des suffrages, contre près de 45% pour le vétéran de gauche Luiz Inácio Lula da Silva, 80 ans. / 
Le sénateur conservateur Flavio Bolsonaro a créé la surprise dimanche au premier tour de la présidentielle au Brésil en devançant le président sortant de gauche Lula, qu’il affrontera au second tour le 25 octobre. Après dépouillement de près de 99 % des urnes, le fils de l’ex-chef de l’État d’extrême droite Jair Bolsonaro, âgé de 45 ans, obtient 47,06 % des suffrages, contre 45,12 % pour le vétéran de gauche Luiz Inácio Lula da Silva, 80 ans.

Par Le Figaro avec l'AFP Publié le 04/10/2026 à 23h55, mis à jour le 05/10/2026 à 06h23

 PHOTOMONTAGE « O ESTADAO »

Le président des États-Unis, Donald Trump, avait dit suivre «de très près» l’élection brésilienne, après avoir vu des alliés parvenir au pouvoir en Argentine, en Colombie ou au Pérou. Les sondages prévoyaient un léger avantage pour Lula jusqu’à la veille du vote. Comme en 2018, les enquêtes d’opinion ont sous-estimé la force de la droite. Le scrutin avait alors mis aux prises Lula et Jair Bolsonaro.

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Eleições no Brasil. 

► À penser en dessin : FENÊTRE SUR COUR 

À bientôt 81 ans, Lula, qui brigue un quatrième et dernier mandat non consécutif, a durant la campagne appelé son homologue américain à ne pas «se mêler» des élections brésiliennes. Pour un coup d’essai, cela a presque été un coup de maître pour Flavio Bolsonaro. Il avait été désigné candidat par son père quand ce dernier a été condamné à 27 ans de prison pour une tentative de coup d’État contre Lula en 2022.

« Notre-Dame d'Aparecida, priez
 pour notre souveraineté.»

DESSIN CARLOS LATTUF

Inquiétudes et déceptions

Les deux favoris avaient dit croire à une victoire dès dimanche, même si les sondages les montraient ces derniers jours encore assez loin des 50 %. Donald Trump n’a pas apporté son soutien à Flavio Bolsonaro, mais son influence a pesé sur la campagne. Il a dégainé droits de douane et sanctions contre le Brésil depuis le procès de 2025 contre son allié Jair Bolsonaro.

« En espagnol, lors d'un braquage : « ¡La bolsa o la vida! » /  (La bourse ou la vie !). / Choisir le Bolsonaro (El Bolso), c'est accepter de se faire dépouiller / Choisir La vie, c'est voter contre lui pour préserver l'avenir social et démocratique.»
UNE DE « PÁGINA|12» 
ÉDITION DU LUNDI  5 OCTOBRE 2026 

«Je suis très inquiète de la direction que prend le pays, parce que je veux être indépendante, je ne veux être la colonie de personne», explique Maria de Nazaré Azevedo, fonctionnaire de 57 ans vivant à Rio. Elle a voté à gauche. «Nous votons pour Flavio Bolsonaro pour ne pas voter pour le PT. Ce parti a déjà passé vingt ans au gouvernement et n’a rien fait, vraiment rien», dit à Brasilia Raphael Machado, avocat de 45 ans, en référence au Parti des travailleurs de Lula.

Revenu au pouvoir en 2023, le chef de l’État est reconnu pour ses programmes sociaux, qui ont sorti des millions de personnes de la pauvreté dans les années 2000. Mais les électeurs se plaignent du coût de la vie et de la criminalité galopante. Son adversaire a promis la manière forte contre le crime et l’austérité budgétaire.

Si le fils Bolsonaro l’emporte au second tour, le Brésil rejoindra la vague conservatrice qui, encouragée par le président américain Donald Trump, a engrangé les victoires dans la région, en Argentine, en Colombie ou au Pérou. Il s’est dit dimanche soir «très satisfait» du résultat et confiant dans une victoire. Il a remercié ses électeurs de lui avoir donné «un vote de confiance pour le changement», jugeant que «le Brésil n’en peut plus». Il se présente comme une version «plus modérée» de son père, qui l’avait désigné candidat après avoir été condamné à 27 ans de prison pour une tentative de coup d’État contre Lula en 2022.

Pour le second tour, le sénateur Bolsonaro part a priori avec un avantage: il pourrait bénéficier des voix de la poignée de petits candidats qui ont participé au premier tour, la plupart de droite.

«Le Brésil après Lula»
 DESSIN DE CHAPPATTE PARU DANS LE TEMPS, GENÈVE

Le Parlement à droite

Le Brésil a également assisté à un véritable raz-de-marée conservateur aux législatives, notamment au Sénat, où l’ex-première dame Michelle Bolsonaro a été élue haut la main, tout comme Carlos Bolsonaro, frère de Flavio. Quelque 160 millions d’électeurs étaient appelés aux urnes. L’abstention, dans un pays où le vote est obligatoire, s’est élevée à 21 %, soit pratiquement le même chiffre qu’en 2022.

La marque Bolsonaro a plus que jamais fait recette, malgré l’absence du chef de famille. Inéligible et assigné à résidence après sa condamnation pour tentative de coup d’État, l’ex-président Jair Bolsonaro (2019-2022) peut se frotter les mains. Il avait pourtant été critiqué dans son propre camp pour avoir adoubé depuis la prison son fils aîné Flavio pour la course présidentielle.

Ce sénateur de 45 ans peut désormais aborder en favori le second tour face au président sortant de gauche Luiz Inácio Lula da Silva. S’il est élu, il aura les coudées franches pour gouverner, avec un Parlement penchant fortement à droite.

Jair Bolsonaro pourrait en bénéficier directement : son camp bénéficie désormais d’une majorité plus robuste pour faire approuver une loi d’amnistie en sa faveur. Sa formation, le Parti libéral (PL), a remporté à elle seule 19 sièges au Sénat sur les 54 qui étaient à pourvoir, et en compte 28 sur 81 au total. Le PL est également le premier parti de la Chambre des députés, avec dans ses rangs le plus jeune des fils Bolsonaro, Jair Renan, 28 ans. La mère de Flavio Bolsonaro, Rogeria, a en revanche échoué de peu à se faire élire à la chambre basse.

Le camp Bolsonaro a également effectué une moisson impressionnante au niveau des gouverneurs. Dans l’État de São Paulo, Tarcisio de Freitas a ainsi été réélu au premier tour avec plus de 60% des voix. Il inflige une cuisante défaite à Fernando Haddad, ancien ministre des Finances de Lula et pressenti comme son successeur potentiel.

Autre victoire emblématique : Sergio Moro, le juge qui avait condamné Lula à une peine de prison pour corruption en première instance, a lui aussi été élu gouverneur du Parana (sud).

La condamnation du champion de la gauche avait finalement été annulée en 2021, le magistrat ayant été considéré comme partial.

À Rio de Janeiro, le bolsonariste Douglas Ruas a créé la surprise en devançant largement au premier tour Eduardo Paes, allié de Lula, qui caracolait pourtant en tête des sondages.

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DESSIN DE SELÇUK

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