114ème ANNIVERSAIRE DU PARTI COMMUNISTE DU CHILI
Chères et chers camarades,
Nous nous réunissons une fois de plus dans ce lieu proche de la vie populaire parisienne pour commémorer le 114ème anniversaire du Parti communiste du Chili (PCCh).
Depuis 1912, ce parti, né à Iquique de la classe ouvrière et de la créativité sociale et politique de Luis Emilio Recabarren et Elías Lafertte, a progressivement tracé la voie d'une alternative inédite pour son époque : celle d'un monde sans classes, fondé sur le bien-être, l'égalité et la justice.
Des étapes indélébiles de l'histoire du Chili portent l'empreinte du Parti communiste, de ses dirigeants politiques, de ses figures culturelles et artistiques, mais aussi de ses héros et de l'engagement de la classe ouvrière, qui a incarné une autre morale publique et rassemblé des masses populaires jusque-là privées de représentation dans des républiques profondément conservatrices et marquées par l'héritage colonial.
Les vastes alliances politiques et sociales entre les travailleurs et le mouvement populaire ont donné naissance à des périodes fondamentales du progrès national, comme celle du Front populaire de Pedro Aguirre Cerda (1936-1941). Le Parti communiste chilien a joué un rôle de premier plan dans cette dynamique essentielle de construction nationale.
Par la suite, la glorieuse et inoubliable épopée de l'Unité populaire, sous la conduite de l'illustre Salvador Allende, a illustré l'influence croissante des communistes dans la réalisation de ces avancées populaires. La fidélité constante du Parti à Allende et aux revendications authentiques du peuple chilien, ainsi que sa capacité tactique et stratégique à comprendre les différentes conjonctures politiques, ont permis de maintenir un combat devenu extrêmement difficile.
La répression sauvage du coup d'État fasciste de Pinochet s'est acharnée contre les rangs du Parti communiste. Des centaines de camarades furent assassinés, portés disparus, torturés, emprisonnés ou contraints à l'exil. Parmi eux figurent des héros inoubliables tels que Víctor Díaz López, Mario Zamorano Donoso, Jorge Muñoz Putays, Marta Ugarte Román, Carlos Contreras Maluje et Reinalda Pereira.
Aujourd'hui, un autre combat historique décisif est en train de prendre forme et de gagner progressivement en force : celui contre le gouvernement d'extrême droite de José Antonio Kast. Son arrivée au pouvoir a immédiatement déclenché une offensive brutale et sans détour contre les intérêts des travailleurs, du peuple et de larges secteurs populaires.
Sa volonté de défendre et de protéger les minorités les plus riches et les plus puissantes du pays s'est traduite, quelques jours seulement après son accession au pouvoir, par une réforme fiscale réduisant l'impôt sur les grandes entreprises de 27 % à 23 %, garantissant une stabilité fiscale pendant vingt-cinq ans et facilitant le rapatriement des capitaux transférés à l'étranger.
Des institutions qui ne peuvent être soupçonnées de sympathies de gauche, telles que le Conseil budgétaire autonome et le Fonds monétaire international (FMI), ont d'ailleurs mis en garde contre l'impact budgétaire négatif de cette mesure fiscale néolibérale d'extrême droite.
Par ailleurs, le principe de la crèche universelle est remis en cause. À travers les amendements proposés par le gouvernement, son financement devrait désormais être assuré par l'assurance-chômage... des travailleuses elles-mêmes.
Dans le même temps, Kast a décrété d'importantes réductions des dépenses publiques, privant de ressources des secteurs essentiels comme la santé, le logement, l'éducation et la culture.
Son gouvernement a également engagé des procédures particulièrement brutales de recouvrement et de saisie contre les débiteurs du CAE (Crédit avec garantie de l'État), qui avaient contracté des prêts pour financer leurs études supérieures. Leurs salaires ou leurs modestes économies ont été saisis au moyen de procédés juridiques souvent abusifs et, dans de nombreux cas, illégaux.
Nombre de citoyens issus des milieux populaires, qui avaient voté pour Kast sous l'effet de la propagande électorale de la droite, constatent aujourd'hui avec effroi que l'extrême droite ne fait preuve d'aucune compassion ni d'aucun scrupule lorsqu'il s'agit de s'en prendre aux intérêts populaires. Cette réalité apparaît également dans les tentatives visant à flexibiliser le droit du travail et à remettre en cause les acquis sociaux des travailleurs.
La grande majorité des forces d'opposition de gauche et progressistes se sont accordées sur une stratégie consistant à faire obstacle aux tentatives de l'extrême droite d'obtenir des majorités parlementaires. Toutefois, certaines personnalités ont conclu des accords discrets avec la droite afin de lui permettre d'obtenir l'inscription de ses projets de loi à l'ordre du jour du Parlement et ainsi de les faire débattre puis voter.
Cette lutte contre l'extrême droite nous impose un immense défi. À court terme, il s'agit d'empêcher que ses projets de loi antisociaux progressent au Parlement. Faute de quoi, des enclaves néolibérales risqueraient de s'enraciner pour des décennies dans les structures sociales et économiques du Chili.
Mais l'enjeu est aussi plus profond. Nous devons analyser les racines et les formes de l'hégémonie idéologique qui ont permis la victoire de l'extrême droite. Il nous appartient de situer théoriquement cette dimension de la lutte des classes au sein de la société capitaliste et de nous donner les moyens d'approfondir notre combat sur ce terrain idéologique, qu'il faut reconnaître, nous ne maîtrisons pas encore pleinement.
Enfin, camarades, n'oublions pas que Cuba traverse une période de très grand danger. Nous devons redoubler d'efforts pour développer les actions de solidarité. À la mi-octobre, nous prévoyons l'organisation d'un grand rassemblement politique et artistique de solidarité, destiné à apporter une aide économique et matérielle à Cuba. Les détails de cette initiative seront communiqués prochainement.
VIVE LE PARTI COMMUNISTE DU CHILI ! / MILLE FOIS, NOUS VAINCRONS !
Paris, le 30 juin 2026.