![]() |
| LES PALESTINENS DU CHILI |
«Le déclenchement de la Seconde Intifada en septembre
![]() |
| LES PALESTINENS DU CHILI |
![]() |
| GUILLERMO TEILLIER |
LE PRESIDENT DU PARTI COMMUNISTE CHILIEN PARLE DE LA CONVOCATION AU 23ème CONGRES ET DE LA SITUATION POLITIQUE
ELISABETH ROUDINESCO
On se souvient qu'en 1987 Victor Farias, universitaire chilien, professeur à l'Université libre de Berlin, et ancien élève de Martin Heidegger avait semé le trouble dans la communauté intellectuelle française en publiant un livre dans lequel il prétendait interpréter l'ensemble de l'oeuvre du philosophe allemand à la lumière du soutien que celui-ci avait apporté au régime nazi entre 1933 à 1945. L'ouvrage relevait d'une méthodologie pour le moins discutable puisqu'elle consistait à valider des convictions intimes sans jamais les soumettre à l'épreuve du doute et tout en ayant l'air de les déduire d'un savant travail archivistique. Comme Heidegger avait bel et bien été nazi, et que, depuis 1945, de multiples travaux n'avaient pas cessé d'en apporter de nouvelles preuves, Farias bénéficia en France d'une forte sympathie.
![]() |
| PAMPHLET DIFFAMATOIRE DE VÍCTOR FARÍAS |
![]() |
| LE SCRIBOUILLARD VICTOR FARIAS |
(1) L'ouvrage est paru simultanément, en mai 2005, au Chili et en Espagne sous deux titres différents : 1 Salvador Allende. Antisemitismo y eutanasie. 2 Salvador Allende: contro los judios, los homosexuales y otros "degenerados". Cf. également: Heidegger et le nazisme, Verdier, 1987.
(2) Higiene mental et delincuencia. Cette thèse est accessible sur le site de la Fondation Allende.
(3) Cette correspondance est accessible sur le site de la Fondation Allende.
[ Cliquez sur l'image pour l'agrandir ]
L'Argentine a expulsé vers Santiago le fondateur de la Colonia Dignidad, accusé notamment de pédophilie et de soutien à la dictature d'Augusto Pinochet.
Temps de Lecture 3 min.
![]() |
L'ex-caporal nazi Paul Schaefer, condamné par contumace pour pédophilie au Chili et accusé de tortures pendant la dictature d'Augusto Pinochet (1973-1990), fondateur de la mystérieuse Colonia Dignidad, est arrivé, dimanche 13 mars, à Santiago, après avoir été expulsé d'Argentine.
En fuite depuis 1996, l'ancien sous-officier du IIIème Reich, âgé de 83 ans, faisait l'objet d'un mandat d'arrêt international. Il avait été arrêté le 10 mars dans une maison de Tortuguitas, à une quarantaine de kilomètres au nord de Buenos Aires.
M. Schaefer, qui était accompagné d'une fille adoptive et de deux gardes du corps d'origine allemande, n'a opposé aucune résistance. Dans une chaise roulante, menottes aux poignets et élégamment vêtu, il est apparu à la télévision argentine avec sur les lèvres un sourire énigmatique.
Après avoir fui l'Allemagne, où il était recherché pour pédophilie, Paul Schaefer s'était réfugié au Chili où il avait fondé, en 1961, en compagnie de quelques adeptes, la mystérieuse Colonia Dignidad, à 350 km au sud de Santiago.
SÉVICES SEXUELS
Les activités suspectes de cette "colonie" - mi-secte, mi-camp de travail - ont défrayé la chronique à plusieurs reprises depuis quarante ans. Son fondateur est accusé de sévices sexuels sur des mineurs et soupçonné de fraude fiscale, trafic d'armes, manipulations génétiques et esclavage.
Selon la justice chilienne, Paul Schaefer, qui avait été pasteur luthérien en Allemagne, utilisait "la religion comme moyen de soumission". "Le viol était un instrument pour garantir la loyauté entre dominants et dominés au sein de la colonie." L'ex-nazi est également soupçonné d'être impliqué dans la disparition, en 1985, du professeur de mathématiques américain Boris Weisfeiler, juif d'origine russe.
Des organisations de défense des droits de l'homme et des députés socialistes avaient affirmé, en 1997, que les cadavres de 112 opposants à la dictature militaire, enlevés par la DINA, la redoutable police secrète d'Augusto Pinochet, auraient été enterrés à l'intérieur de la vaste enclave néonazie, qui s'étend sur quelque 15 000 hectares. Paul Schaefer avait appuyé le coup d'Etat militaire de 1973. Et le général Pinochet aimait passer des week-ends dans la Colonia Dignidad. L'épouse du dictateur, Lucia Pinochet, la décrivait comme "un paradis d'ordre et de propreté".
En 1991, après la fin du régime Pinochet, la colonie avait perdu son statut de société de bienfaisance. Rebaptisée Villa Bavaria, elle a continué à fonctionner en autarcie avec quelque 300 habitants cultivant leurs terres et ayant leur propre hôpital, leur école et leur barrage pour produire l'électricité. "C'est un immense empire économique, présent dans plus d'une centaine d'entreprises actives dans la construction, les supermarchés, des mines d'uranium et de titane, des flottes de transport et des biens immobiliers", pointe le sénateur socialiste chilien Jaime Naranjo, qui travaille sur le dossier depuis les années 1960. Baptisé par ses adeptes "l'oncle permanent" et bénéficiant de contacts, Paul Schaefer paraissait invulnérable.
NOUVELLE LOI
La justice chilienne avait procédé à plusieurs reprises à des perquisitions infructueuses dans la colonie. Puis la police y avait découvert un arsenal digne d'un roman d'espionnage, avec des bunkers, des détecteurs de mouvement et des caméras cachés dans les arbres.
Une équipe de télévision allemande, qui avait réussi à franchir les barbelés électrifiés et les miradors, avait été rouée de coups.
En 1999, le juge Juan Guzman, chargé du dossier Pinochet, avait inspecté la propriété. Des anciennes victimes de la DINA avaient reconnu les lieux de leur détention : de lugubres souterrains. Les corps d'éventuelles victimes de la dictature n'avaient pas été retrouvés, mais le juge Guzman n'avait pu examiner qu'une zone réduite du domaine.
Après qu'Interpol eut lancé un mandat d'arrêt international à son encontre, Paul Schaefer avait disparu de la Colonia Dignidad en faisant courir le bruit qu'il était mort. En novembre 2004, 22 responsables de la colonie avaient été condamnés pour 27 cas d'abus sexuels sur des enfants de paysans pauvres des environs.
L'expulsion rapide de Paul Schaefer a été rendue possible par la nouvelle loi argentine sur l'immigration, adoptée en janvier, qui prescrit que tout étranger peut être transféré s'il est accusé par un autre pays de "crimes contre l'humanité".
Et elle intervient à la veille d'une visite officielle du président argentin, Nestor Kirchner, au Chili, destinée à normaliser les relations entre les deux pays.
Christine Legrand
Le Monde
Le 28 décembre 2004 [1], en exactement cinq minutes, la Cour Suprême du Chili a ratifié la demande d’extradition du citoyen Galvarino Sergio Apablaza, connu comme « Salvador », détenu en Argentine depuis le 29 novembre dernier.
![]() |
| L'AVOCAT RIPOUX LUIS HERMOSILLA |
![]() |
| LA TRADITIONNELLE SOUPE AU CONGRE |
Le Chili n’est guère connu dans le reste du monde pour sa cuisine. Des mets comme le charquicán [ragoût de viande séchée aux pommes de terre et aux légumes], la cazuela de vacuno [sorte de pot-au-feu] ou les typiques porotos con riendas [haricots secs aux vermicelles] sont loin de compter parmi les plats plébiscités à l’étranger. Du reste, ils ne sont même pas considérés comme représentatifs de la cuisine chilienne, en raison de leur similitude avec des spécialités d’autres pays.
![]() |
LUIS CORVALAN |
![]() |
| HENRY KISSINGER EN 1980. PHOTO ULLSTEIN BILD VIA GETTY IMAGES |
Du Vietnam au Chili / Les crimes de guerre de M. Henry Kissinger / Dans son dernier ouvrage, destiné à servir de bréviaire aux diplomates du XXIème siècle, M. Henry Kissinger se départit de son ton docte et froid aussitôt qu’il évoque l’intrusion récente du principe de la « juridiction universelle » dans les relations internationales (1). L’ancien secrétaire d’État américain ne décolère pas lorsqu’il parle de l’arrestation à Londres, en 1998, de son protégé, le général chilien Augusto Pinochet, sur ordre d’un juge d’Espagne. Il affirme que le discours sur les droits de la personne (dont il revendique par ailleurs la paternité) devait « servir avant tout d’arme diplomatique fournie aux citoyens des pays communistes pour leur permettre de combattre le régime soviétique, et non d’arme légale pouvant être utilisée contre des dirigeants politiques devant des tribunaux de pays tiers ». Un paragraphe plus loin, il affirme cependant qu’il est aujourd’hui impératif d’interdire que « les principes du droit soient utilisés à des fins politiques ».
![]() |
| COUVERTURE DU LIVRE «Does America Need a Foreign Policy ? Toward a Diplomacy for the 21st Century» |
Ibrahim Warde Professeur associé à la Fletcher School of Law and Diplomacy (Medford, Massachusetts). Auteur de Propagande impériale & guerre financière contre le terrorisme, Agone - Le Monde diplomatique, Marseille-Paris, 2007.
![]() |
| LES CRIMES DE GUERRE DE M. HENRY KISSINGER FLYER INFO LIBERTAIRE |
Notes :
(1) Henry Kissinger, Does America Need a Foreign Policy ? Toward a Diplomacy for the 21st Century, Simon & Schuster, New York, 2001, 352 pages, 30 dollars US.(2) Christopher Hitchens, Les Crimes de monsieur Kissinger, Editions Saint-Simon, Paris, 2001, 206 pages, 99 F.
![]() |
| CAPTURE D'ÉCRAN |
Les États-Unis admettent avoir soutenu «activement» la junte de Pinochet.
par Pascal RICHE Washington de notre correspondant
Sobrement titré: «Les activités de la CIA au Chili», le rapport n'est pas très épais: 22 pages très denses. C'est à reculons que la CIA l'a remis cette semaine au Congrès américain, à la demande que ce dernier lui avait faite en 1999 (1). Pour la première fois depuis le coup d'État d'Augusto Pinochet, en septembre 1973, l'agence de contre-espionnage a accepté de revenir, en détail, sur le soutien qu'elle a apporté à la dictature chilienne.
Rémunérer un tueur. Le rapport déclare tout de go que «la CIA a activement soutenu la junte militaire après le renversement d'Allende», mais il va plus loin, puisqu'il reconnaît que l'agence américaine avait pour contacts, même pour agents, certains des «nombreux officiers de Pinochet impliqués dans des violations des droits de l'homme systématiques». Parmi ces officiers, la CIA explique qu'elle a eu pour contact Manuel Contreras, le chef de la Dina (Dirección nacional de inteligencia), police politique de sinistre mémoire. Elle l'a même rémunéré par «erreur» en 1975. Or c'est Manuel Contreras qui a fomenté l'assassinat, à Washington en 1976, de l'ex-ambassadeur d'Allende, Orlando Letelier, et de sa secrétaire américaine, Ronni Moffitt. La CIA savait-elle que Contreras avait des activités terroristes aux États-Unis? «Elle savait en tout cas qu'elle avait pour agent quelqu'un qui menait des activités terroristes dans d'autres pays, qui faisait froidement tuer des gens», constate Peter Kornbluh, un chercheur qui dirige à Washington le National Security Archives, institut indépendant qui diffuse les documents déclassifiés (1): «Quelques mois avant de l'embaucher, la CIA disait elle-même qu'à l'intérieur de la junte Contreras était, je cite, "le principal obstacle à une politique des droits de l'homme raisonnable"!» Les contacts entre la CIA et Contreras se sont poursuivis après l'explosion de la voiture de Letelier. Et ce bien que «son éventuel rôle dans l'assassinat de Letelier soit devenu un problème», souligne le rapport. Contreras, qui purge une peine de sept ans au Chili, a démenti ses déclarations. La CIA reconnaît aussi qu'elle a suivi de près les préparatifs de l'«opération Condor», organisée par plusieurs dictatures latino-américaines, et qui consistait à traquer les opposants aux dictatures pour les tuer.
L'agence nie avoir participé directement au coup d'État de Pinochet: «Nous n'avons trouvé aucune information» sur une telle participation, dit le rapport, qui défend au passage la thèse selon laquelle Salvador Allende se serait suicidé, alors qu'il s'était vu offrir la possibilité de fuir. Evoquant les «scrupules internes» à l'agence, les auteurs anonymes du rapport écrivent qu'avant septembre 1973 «les officiers de la CIA étaient préoccupés par le flou de la frontière entre la surveillance des complots (collecter des informations sur ces activités, tout en se gardant de les diriger ou de les influencer) et le soutien, fût-il implicite, à un coup d'État». La CIA a en tout cas tout fait pour que Pinochet sache que son coup d'État serait «toléré».
L'agence, en revanche, ne nie pas avoir financé et armé trois différents groupes, trois ans plus tôt, pour empêcher Salvador Allende de prendre le pouvoir. C'était l'opération «Track II», demandée par Nixon, qui jugeait l'arrivée de la gauche «inacceptable pour les États-Unis». Quatre agents américains devaient aider les putschistes. L'idée était de kidnapper le chef des armées, Rene Schneider. De le supprimer peut-être, même si l'agence jure qu'elle n'a «aucune information» permettant de le penser.
«Humanitaire». L'un des groupes, conduits par un général à la retraite, Roberto Viaux, entouré de jeunes officiers, a fini par tuer Schneider en octobre 1970, mais le putsch a échoué. La CIA lui avait déconseillé d'agir, jugeant prématurée la date choisie. Elle n'en a pas moins continué à financer ce groupe. Le rapport explique que l'argent versé avait pour but de «maintenir secret le premier contact», de «s'assurer de la bonne volonté du groupe» et, ajoutent bizarrement les auteurs, qu'il répondait «à des considérations humanitaires»... .
Notes :
(1) L'«amendement Hinchey», voté à l'initiative de Maurice Hinchey, exigeait la publication d'un rapport sur les relations de la CIA avec le régime de Pinochet.
(2) La National Security Archives a mis mardi soir le rapport en ligne:
https://nsarchive.gwu.edu/project/chile-documentation-project