28 janvier, 2026

CHILI : «MASSACRE DE LA PLACE BULNES »


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 Aujourd'hui, 28 janvier, 80 ans après son assassinat,
 nous rendons hommage à Ramona Parra,  jeune militante
communiste de 19 ans, abattue par les Carabineros en 1946
 lors d'une manifestation ouvrière sur la Plaza Bulnes, à Santiago.
Son nom a donné vie à la principale brigade de muralistes du Chili :
la Brigade Ramona Parra (BRP).
FLYER PCCH


80ème ANNIVERSAIRE DU 
MASSACRE DE LA PLACE BULNES 
 1946 - 28 JANVIER - 2026
Le « massacre de la Place Bulnes » fut une tuerie survenue sur la place du même nom à Santiago du Chili, dans le centre civique de la capitale, le 28 janvier 1946, lors de l’administration du président radical Juan Antonio Ríos du Front populaire, qui, atteint d'un cancer, avait délégué ses fonctions au vice-président Alfred Duhalde Vásquez. 
LA DÉPOUILLE DE RAMONA PARRA
ET D'UNE AUTRE VICTIME À LA
MORGUE DE L'HÔPITAL DES
URGENCES DE SANTIAGO DU CHILI
PHOTO MEMORIA CHILENA
Duhalde Vásquez assume l’intérim le 17 janvier de cette année. Le même jour, au nord du pays commençait un conflit du travail, qui aurait des conséquences inopinées dans tout le Chili. Ce 17 janvier les travailleurs des usines de salpêtre Mapocho et Humberstone ont répondu à la hausse unilatérale des prix dans les épiceries des mines, en se déclarant en grève.
ELÍAS LAFERTTE DÉPOSE UNE OFFRANDE FLORALE À LA MÉMOIRE 
DES VICTIMES DU  «MASSACRE DE LA PLACE BULNES » AU CHILI

PHOTO  BIBLIOTHÈQUE DU CONGRÈS DU CHILI 


► À penser en dessin : FENÊTRE SUR COUR

L'événement tragique s’est produit lors d'un meeting organisé par la Confédération de Travailleurs du Chili, en soutien aux travailleurs du salpêtre en grève.  Les carabiniers -police militarisée- a fait feu sur les manifestants en déclenchant une débandade et a fait six morts —Filomeno Chávez Villalobos, Alejandro Gutiérrez Álvarez, Roberto Adolfo Lisboa Caldera, Manuel López López,  Ramona Parra Alarcón et César René Tapia— et autour d’une centaine de blessés. Parmi les victimes se trouvait la jeune militante communiste Ramona Parra, devenue depuis l’icône de ces événements tragiques. 


Après cela, le Parti communiste du Chili s'est éloigné du gouvernement (ils avaient soutenu la candidature de Juan Antonio Ríos) : le ministre Eduardo Frei Montalva, qui avait le portefeuille des Travaux publics, a démissionné de son poste en signe de protestation.


CHILI : «MASSACRE DE LA PLACE BULNES, 1946 » 
 

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DES FUNÉRAILLES MASSIVES À SANTIAGO DU CHILI,
APRÈS LE MASSACRE DE LA PLAZA BULNES 1946
PHOTO ARCHIVES PHOTOGRAPHIE PATRIMONIALE
 



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22 janvier, 2026

CHILI / LE PRÉSIDENT D’EXTRÊME DROITE JOSÉ ANTONIO KAST CONFIE LA DÉFENSE ET LES DROITS HUMAINS À D’EX-AVOCATS DU DICTATEUR PINOCHET

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LE PRÉSIDENT ÉLU DU CHILI, JOSÉ KAST, S’ADRESSE  À LA PRESSE
 APRÈS AVOIR PRÉSENTÉ  LES MEMBRES DE SON CABINET,  
À SANTIAGO, LE 20 JANVIER 2026.
PHOTO DIEGO ANDRES REYES VIELMA

Actu / 
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L'Humanité
Chili : le président d’extrême droite José Antonio Kast confie la Défense et les Droits humains à d’ex-avocats du dictateur Pinochet / 
Le président élu d’extrême droite du Chili, José Antonio Kast, a annoncé mardi la nomination de deux anciens avocats du défunt dictateur Augusto Pinochet à des postes clés de son futur gouvernement : l’un à la Défense, l’autre à la Justice et aux Droits humains.

La rédaction Monde 3min Publié le 21 janvier 2026

Alors que l’ancien dictateur d’Augusto Pinochet est mort en 2006 à l’âge de 91 ans sans avoir été condamné pour aucune des accusations portées contre lui, José Antonio Kast, qui prendra ses fonctions à la tête de l’État le 11 mars, a annoncé nommer deux hommes qui ont fait partie de l’équipe d’avocats du dictateur. Le président d’extrême droite avait été élu en novembre à une large majorité (58 %) face à la candidate de gauche Jeannette Jara.

► À penser en dessin : FENÊTRE SUR COUR 

Fernando Barros, 68 ans, a dirigé la défense de l’ancien général lorsqu’il avait été arrêté à Londres en 1998, à la demande de la justice espagnole, qui cherchait à l’extrader pour le juger pour des crimes contre l’humanité. Il occupera le ministère de la Défense. En outre, Fernando Rabat, 53 ans, nommé ministre de la Justice et des Droits humains, avait représenté Pinochet dans une affaire de détournement de fonds publics.

« Un véritable manque de respect »

« Il s’agit d’un véritable manque de respect que quelqu’un ayant fait partie de l’équipe de défense du dictateur le plus sanguinaire d’Amérique latine puisse occuper ce poste », a déclaré Alicia Lira, présidente de l’Association des familles de personnes exécutées pour des raisons politiques. Le régime de Pinochet est tenu pour responsable de plus de 3 000 morts ou disparus.

« À travers ces nominations, Kast confirme sa fidélité avec la dictature, ce qui ne nous surprend pas », exprime Hector Vasquez au nom de l’Association d’ex-prisonniers politiques chiliens en France. « Il reste cohérent avec sa filiation politique, et cela confirme que toutes les menaces au droit et à la démocratie prononcées pendant la campagne électorale risquent de devenir une bien malheureuse réalité ».

« Mais, au-delà du triste symbole que représentent ces nominations, cela nous montre les difficultés de la gauche pour dénoncer et faire comprendre le niveau de violence que la dictature a imposé à la société chilienne », ajoute-t-il. « Celle-ci a plus retenu l’idée « d’un certain ordre » sous la dictature plutôt que les assassinats et les violations aux droits humains commis à cette époque, ce qui est extrêmement préoccupant ».

Des profils en ligne avec son ambition ultra-réactionnaire

En dévoilant son futur gouvernement lors d’une cérémonie publique à Santiago, le président élu qui dit admirer le dictateur qui a tenu d’une main de fer le Chili de 1973 à 1990 a dévoilé : « Je vous présente aujourd’hui un cabinet pour un gouvernement d’urgence (…) c’est une grande équipe pour des temps difficiles ». « Ce cabinet ne naît ni de quotas, ni de calculs, ni de pressions. Il naît d’une conviction profonde et d’une vocation commune : toujours placer le Chili au premier plan », a-t-il affirmé.

Bien qu’il ait promis « un gouvernement d’unité », il a choisi les 24 ministres de son futur cabinet en consultant peu, voire pas du tout, les huit partis qui l’ont soutenu lors de l’élection. L’ultraconservateur a privilégié des profils pour la plupart sans expérience majeure en politique, institutionnellement parlant, mais bien en ligne avec son ambition ultra-réactionnaire.

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21 janvier, 2026

FENÊTRE SUR COUR

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«RENCONTRE TRUMP POUTINE»


CAMPAGNE D'AFFICHAGE EN SOUTIEN À NICOLAS MADURO À NEW YORK

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CAMPAGNE D'AFFICHAGE EN SOUTIEN À
NICOLAS MADURO À NEW YORK

Après que l'administration Trump ait bombardé Caracas et illégalement kidnappé le président Nicolas Maduro, les gens sont descendus dans la rue pour s'opposer à cette agression américaine contre le Venezuela.

The People's Forum 

AFFICHAGE EN SOUTIEN
À NICOLAS MADURO
À NEW YORK


Aujourd'hui, d'énormes affiches sont visibles à New York, rendant publiques les revendications du peuple : RENVOYEZ MADURO AU VENEZUELA!


19 janvier, 2026

NÉGOCIATIONS SECRÈTES DES AMÉRICAINS AVEC LE MINISTRE VÉNÉZUÉLIEN DE L’INTÉRIEUR AVANT L’ENLÈVEMENT DE MADURO


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LA PRÉSIDENTE PAR INTÉRIM DU VENEZUELA, DELCY RODRIGUEZ, MARCHE AVEC
LE PRÉSIDENT DE L'ASSEMBLÉE NATIONALE VÉNÉZUÉLIENNE, JORGE RODRIGUEZ,
ET LE MINISTRE DE L'INTÉRIEUR VÉNÉZUÉLIEN, DIOSDADO CABELLO, AVANT D'ASSISTER
 À UNE CONFÉRENCE DE PRESSE, PLUS D'UNE SEMAINE APRÈS QUE LES ÉTATS-UNIS
 ONT LANCÉ UNE FRAPPE SUR LE PAYS ET CAPTURÉ LE PRÉSIDENT
NICOLAS MADURO ET SON ÉPOUSE CILIA FLORES,
AU PALAIS DE MIRAFLORES À CARACAS, AU VENEZUELA, LE 14 JANVIER 2026.

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RT France
Négociations secrètes des Américains avec le ministre vénézuélien de l’Intérieur avant l’enlèvement de Maduro / Alors que les États-Unis préparaient l’enlèvement de Nicolás Maduro, des responsables américains ont discrètement entamé des discussions avec le ministre de l’Intérieur du Venezuela. Ces négociations visaient à éviter qu’il n’engage les forces de sécurité contre l’opposition ou les plans de transition soutenus par Washington. 

RT en français 18 janv. 2026, 18:29

Pour contourner la censure utiliser un réseau privé virtuel (VPN) / Comment utiliser le VPN gratuit et illimité du navigateur Opera ?   

L’agence Reuters a révélé, le 17 janvier, que l’administration Trump avait engagé des échanges confidentiels avec Diosdado Cabello, ministre de l’Intérieur du Venezuela, plusieurs mois avant l’opération militaire du 3 janvier ayant conduit à l’enlèvement illégal du président Nicolás Maduro et de son épouse par des forces américaines.

LE MINISTRE DE L'INTÉRIEUR DIOSDADO CABELLO, ASSISTE À UNE
 CONFÉRENCE DE PRESSE AU PALAIS DE MIRAFLORES
À CARACAS, AU VENEZUELA, LE 14 JANVIER 2026. 
PHOTO LEONARDO FERNANDEZ VILORIA

► À penser en dessin : FENÊTRE SUR COUR  

Cette opération militaire, qualifiée d’acte d’agression par les autorités vénézuéliennes, a été dénoncée par plusieurs pays comme une violation flagrante du droit international.

Ces discussions auraient duré jusqu’aux semaines précédant l’intervention militaire et se poursuivent encore aujourd’hui. D’après plusieurs sources anonymes citées par Reuters, les échanges portaient sur les sanctions imposées par Washington contre Diosdado Cabello, ainsi que sur l’acte d’accusation pour narcotrafic qui le vise. Bien que figurant dans le même dossier judiciaire que Nicolás Maduro, il n’a pas été inquiété lors de l’opération.

Les responsables américains auraient averti le ministre vénézuélien de l’Intérieur de ne pas mobiliser les forces de sécurité ou les groupes pro-gouvernementaux qu’il contrôle contre l’opposition. L’objectif affiché : éviter une flambée de violence après l’enlèvement du président Maduro. Le dispositif sécuritaire placé sous l’autorité du ministre — services de renseignement, police et armée — est resté intact après l’opération.

NICOLÁS MADURO ET SA FEMME, CILIA FLORES, À LEUR ARRIVÉE
À L’HÉLIPORT DE NEW YORK CITY, À MANHATTAN, LE 5 JANVIER 2026. 
PHOTO XNY. STAR MAX/GC IMAGES 

Un rôle clé dans les plans américains durant la transition

Reuters précise que les échanges se sont déroulés à la fois directement et par l’intermédiaire de tiers. Ces contacts, restés jusqu’ici secrets, s’inscrivent dans la stratégie américaine visant à contenir la situation au Venezuela tout en préservant ses intérêts, notamment dans le secteur pétrolier.

Dans ce contexte, la figure de Delcy Rodríguez, désignée présidente par intérim après le coup de force du 3 janvier, bénéficie d’un soutien affirmé de Donald Trump. Pour plusieurs observateurs cités par Reuters, Diosdado Cabello détient cependant le pouvoir de faciliter ou de compromettre les plans américains. Son positionnement reste flou, bien qu’il ait publiquement affirmé sa loyauté envers la nouvelle présidente.

Les plans américains de « transition » politique, présentés par Washington comme une stabilisation, sont perçus par Caracas comme une tentative de mise sous tutelle du pays.

Personnalité incontournable du pouvoir à Caracas et allié historique du président Maduro, Diosdado Cabello dirige les services de sécurité intérieure et joue un rôle central dans l’organisation de l’ordre public au Venezuela. Bien que certaines sources américaines et opposantes aient utilisé des termes critiques à propos de ses responsabilités, le gouvernement vénézuélien met en avant sa solidarité et sa fidélité à la souveraineté nationale dans un contexte de pression extérieure accrue.

UNE FOULE BRANDIT DES DRAPEAUX ROUGES, JAUNES ET ORANGES,
CERTAINS PORTANT L'INSCRIPTION « MPA ». / MANIFESTANTS
RÉCLAMANT LA LIBÉRATION DU PRÉSIDENT NICOLÁS MADURO
À CARACAS, AU VENEZUELA, VENDREDI.
CRÉDIT PHOTO THE NEW YORK TIMES

Un homme sous pression mais toujours en poste

Recherché par les États-Unis, qui offrent jusqu’à 25 millions de dollars pour toute information menant à son arrestation, Diosdado Cabello continue pourtant d’exercer ses fonctions à Caracas. Lors d’un récent discours, il a dénoncé « l’ingérence impérialiste » de Washington, assurant que « le Venezuela ne se rendra pas ».

La poursuite de ces contacts entre les États-Unis et le ministre vénézuélien soulève des questions sur les véritables intentions de l’administration Trump. Si certains analystes américains évoquent une stratégie de neutralisation progressive des figures du pouvoir, les autorités vénézuéliennes, elles, dénoncent une tentative de déstabilisation orchestrée depuis l’extérieur. Le ministère de l’Intérieur a fait état de 83 morts lors de l’intervention américaine.

Malgré ce climat de tension, les liens entre Delcy Rodríguez et les États-Unis semblent se renforcer. Elle aurait rencontré à Caracas le directeur de la CIA, John Ratcliffe, pour discuter de coopération en matière de sécurité et de stabilité économique.

Dans ce nouvel échiquier, le rôle de Diosdado Cabello demeure incertain. Homme fort encore en place ou futur obstacle à éliminer pour Washington ? Les révélations de Reuters lèvent le voile sur les négociations souterraines qui façonnent aujourd’hui l’avenir politique du Venezuela.

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DESSIN RICK MCKEE



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17 janvier, 2026

ANNIVERSAIRE DE LA MORT DE PATRICE LUMUMBA


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PATRICE ÉMERY LUMUMBA
PHOTO COLORISÉ
1961 -17 JANVIER-  2026
65ème ANNIVERSAIRE DE LA MORT DE PATRICE ÉMERY LUMUMBA, NÉ LE 2 JUILLET 1925 À ONALUA, CONGO BELGE ET MORT ASSASSINÉ LE 17 JANVIER 1961 PRÈS DU VILLAGE MWADINGUSHA AU KATANGA), IL FUT LE PREMIER PREMIER MINISTRE DE LA RÉPUBLIQUE DÉMOCRATIQUE DU CONGO DE JUIN À SEPTEMBRE 1960.  

[ Pour écouter, cliquez ici !
« UN RÍO DE SANGRE », CHANSON DE VIOLETA PARRA, ENREGISTRÉ À PARIS;  
DANS LE DISQUE DES CHANSONS RETROUVÉES À PARIS (1971) : 
C'EST UN HOMMAGE À PLUSIEURS PERSONNALITÉS TELS MANUEL RODRÍGUEZ, 
LUIS EMILIO RECABARREN, ÁNGEL VICENTE PEÑALOZA, 
FEDERICO GARCÍA LORCA, EMILIANO ZAPATA ET PATRICE LUMUMBA 
#PATRICE-ÉMERY LUMUMBA
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16 janvier, 2026

EFFORT EN VAIN VENEZUELA : MARIA CORINA MACHADO REMET SA MÉDAILLE DU PRIX NOBEL À TRUMP MAIS N’OBTIENT TOUJOURS PAS SON SOUTIEN

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DONALD TRUMP RENCONTRE LA LEADER D'EXTRÊME
DROITE  VÉNÉZUÉLIENNE MARIA CORINA MACHADO
DANS LE BUREAU OVALE, LE 15 JANVIER 2026.
PHOTO DANIEL TOROK

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Libération

Effort en vain Venezuela : Maria Corina Machado remet sa médaille du prix Nobel à Trump mais n’obtient toujours pas son soutien / L’opposante vénézuélienne s’est rendue à Washington jeudi pour un déjeuner avec le président américain, dont elle est ressortie avec des déclarations de gratitude et un sac de cadeaux portant la griffe du milliardaire. Mais pas d’appui du milliardaire.

Par Antoine Rondel• AFP Publié aujourd'hui à 8h32

DESSIN CARLOS LATUFF

donald Trump aime les trophées. On avait pu s’en apercevoir lorsque Gianni Infantino, patron «autocrate» de la Fifa, lui avait remis, dans une façon de conforter la connivence entre l’instance mondiale du foot et Washington, un «prix de la paix» avant le tirage au sort de la gargantuesque coupe du monde 2026 aux Etats-Unis. L’opposante vénézuélienne Maria Corina Machado, désignée vainqueure du prix Nobel de la paix en novembre face à Donald Trump, s’en est souvenue en remettant jeudi à la Maison Blanche sa médaille au président autoritaire américain, lors d’un déjeuner en tête à tête, fermé à la presse.

MARIA CORINA MACHADO  LA « FEMME DE WASHINGTON »

► À penser en dessin : FENÊTRE SUR COUR  

«Il le mérite. C’était un moment très émouvant», a déclaré cette figure d’extrême droite (elle est proche du libertarien argentin Milei, du pinochétiste chilien Juan Antonio Kast) de l’opposition au pouvoir autoritaire chaviste lors d’un entretien à la chaîne américaine Fox News. Le geste a contenté Trump, qui convoitait la distinction après avoir obtenu un fragile cessez-le-feu à Gaza : «Maria m’a remis son prix Nobel de la paix pour le travail que j’ai accompli. Quel magnifique geste de respect mutuel. Merci Maria !»

 IMAGE GÉNÉRÉE PAR CHATGPT

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«Une médaille peut changer de mains, mais pas le titre d’un lauréat»

Le geste n’a pas été sans se faire remarquer par le Centre Nobel de la Paix, musée situé à Oslo. Dans un message sur X, il a opportunément souligné sur X jeudi que les lauréats pouvaient disposer comme ils ou elles l’entendaient de la médaille dorée associée à la distinction. Rappelant les précédents en la matière, il a ajouté : «Une médaille peut changer de mains, mais pas le titre d’un lauréat.»

«Et après, quel est le prochain projet de Trump ? Le lithium et le cuivre chiliens ?»
Papelógrafo Brigade Chacon


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Le cadeau ne parait pas remplir l’objectif prêté à Machado : obtenir un soutien de la Maison Blanche pour accéder au pouvoir. Au contraire. Jeudi, Donald Trump a dit tout le bien qu’il pensait de Delcy Rodriguez, la présidente intérimaire du Venezuela, dont il préfère «dicter» les décisions, estimant depuis la capture de Maduro que Machado n’avait pas le soutien du peuple vénézuélien pour gouverner le pays. La successeure de Nicolas Maduro a, elle, été jugée «formidable», alors que les Etats-Unis ont finalisé une vente de pétrole vénézuélien, réputé pour sa lourdeur, la première depuis leur reprise en main du secteur, pour un montant de 500 millions de dollars.

MARÍA CORINA MACHADO SALUE UNE POIGNÉE DE PARTISANS
VENUS L'ACCUEILLIR SUR PENNSYLVANIA AVENUE
À SA SORTIE DE LA MAISON BLANCHE, LE 14 JANVIER 2026.
PHOTO PABLO MARTINEZ MONSIVAIS 

De son voyage à Washington, Machado a préféré retirer le positif : «Je lui ai assuré que les Vénézuéliens voulaient vivre libres, dignement, dans la justice», a raconté l’opposante aux journalistes, tandis que la porte-parole de la Maison Blanche Karoline Leavitt voyait en elle «une voix remarquable et courageuse pour beaucoup de Vénézuéliens». Mais pas de quoi faire évoluer Trump : «Pour le moment, son opinion sur le sujet n’a pas changé.» Machado devra se contenter d’un sac de goodies portant la griffe du président américain, avec lequel elle a été vue sortant de la Maison Blanche.

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DESSIN RICK MCKEE


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15 janvier, 2026

L'ASSASSINAT DE ROSA LUXEMBURG


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 1919 -15 JANVIER - 2026
107ème ANNIVERSAIRE DE L'EXÉCUTION
DE ROSA LUXEMBURG ET KARL LIEBKNECHT
Théoricienne marxiste, fondatrice de la Ligue spartakiste puis du Parti communiste d'Allemagne, Rosa Luxemburg fut tuée le 15 janvier 1919, pendant la révolution allemande, par des officiers nationalistes.
Retronews
 KARL LIEBKNECHT ET ROSA LUXEMBURG
Le 17 janvier 1919, en pleine révolution allemande, les journaux annoncent la mort, dans des circonstances troubles, de la célèbre militante et théoricienne marxiste Rosa Luxemburg, fondatrice avec Karl Liebknecht du tout jeune Parti communiste d'Allemagne.

Qui était Rosa Luxemburg, âgée de 47 ans au moment de sa mort ? Un mois auparavant, le journal socialiste Le Populaire publiait sa photo et faisait d'elle ce portrait:
LE POPULAIRE 8 DÉCEMBRE 1918, p3
ARCHIVE GALLICA BNF
« D'origine polonaise, Rosa Luxembourg a donné toutes ses forces à la Social-démocratie, où elle tient une des premières places. Agitatrice intrépide, théoricienne, journaliste, organisatrice remarquable, elle a toujours été à l’extrême gauche du Parti, préconisant “la grève en masse” et l'action révolutionnaire.
LE POPULAIRE 8 DÉCEMBRE 1918, p4
ARCHIVE GALLICA BNF
Pendant la guerre, elle n'a cessé de combattre son gouvernement et la politique du 4 août. Plusieurs fois condamnée et emprisonnée, elle fut libérée à la veille de la Révolution. Elle est de nouveau sur la brèche, dans les rangs du groupe Spartacus, et combat comme elle l'a fait toute sa vie les opportunistes et les briseurs de révolution. »
L'une des principales figures de l'Internationale ouvrière révolutionnaire, Rosa Luxemburg (née en 1871 en Pologne, plus tard naturalisée allemande) a mis sa vie au service de ses convictions, les promouvant avec une force qui impressionnait les auditeurs. En 1916, La France raconte son intervention quelques années auparavant lors d'un Congrès de l'Internationale socialiste, face à un Jaurès médusé :
« Je revois Rosa Luxemburg au Congrès d’Amsterdam, qui marque une des dates les plus fameuses de l’histoire de l’Internationale. Elle était positivement enragée [...]. Rosa Luxemburg cependant restait insensible à tout le talent passionné que faisait paraître Jaurès. Il n’avait pas fini de parler, qu’à son tour elle fit entendre sa voix coupante.
Elle rappela l’orateur au respect des textes marxistes. Et le bon Jaurès n’en revenait pas que cette petite femme, redressant sur son petit corps difforme sa grande tête chevaline, pût lui donner sur les doigts.
Elle alla très loin dans sa polémique : emportée par son élan – prophétesse stigmatisant les gentils – elle en vint à reprocher à Jaurès qu'il osât, malgré sa violation constante de la loi socialiste, conserver sa florissante santé. »

ROSA LUXEMBURG À ZURICH

Favorable à la grève de masse comme principal moyen d'action, elle se situe à la gauche du mouvement. À l'origine, parmi d'autres, de la création de la Ligue spartakiste, mouvement révolutionnaire et antimilitariste, elle est emprisonnée en 1915 alors qu'elle mène une campagne pacifiste en Allemagne. Les Annales politiques et littéraires le racontent : 
« On se rappelle l'origine de l'affaire et du procès qui s'ensuivit. Mme Rosa Luxemburg, parlant à Fribourg-en-Brisgau, mentionna le récent suicide d'un soldat et dit : “Une chose est claire. Il s'agit certainement ici d'un de ces innombrables drames qui se passent chaque jour dans les casernes allemandes et dont l'écho douloureux ne parvient que rarement jusqu'à nos oreilles.” 
Ces propos parurent inadmissibles au ministre de la guerre. Il déclara qu'elles constituaient une injure à l'adresse de toute l'armée allemande et requit du procureur général des poursuites contre Mme Rosa Luxemburg. »

En 1917, enthousiasmée par la Révolution russe, Rosa Luxemburg est toutefois lucide sur ses dérives autoritaires. En 1918, Le Matin publie une interview d'elle copiée dans Le Drapeau rouge, l'organe des spartakistes, dans laquelle elle fait part des objectifs révolutionnaires de la Ligue, bientôt appelée à devenir le Parti communiste d'Allemagne :

 LE MATIN, 16 DÉCEMBRE 1918, p1
ARCHIVE GALLICA BNF
« Il nous faut une véritable armée, car nous devons aider par la force au triomphe de la cause non seulement chez nous, mais aussi dans les pays étrangers. Mais notre armée, destinée à une lutte toute spéciale, ne doit ressembler en rien à ces immenses troupeaux formés par les gouvernements capitalistes. Il nous faut une armée d'individus qui ne se signaleront à l'attention publique par aucun signe apparent [...].
Les gouvernements capitalistes, dit-elle, fonderont probablement après la guerre une association qu'ils décoreront du nom de Ligue des nations. Il nous faudra opposer a cet instrument d'oppression économique une alliance également puissante. »

Lorsque la révolution allemande éclate à Berlin le 5 janvier 1919, elle s'y oppose, jugeant le rapport de forces peu favorable aux ouvriers. Elle suivra toutefois le mouvement. Mais le 6 janvier, le gouvernement socialiste d'Ebert conclut un accord avec l'armée pour réprimer la révolte. Une milice para-militaire, les Freikorps (Corps francs), est chargée de l'écraser dans le sang.

Le 15 janvier, des militaires arrêtent Rosa Luxemburg à son domicile clandestin et l'interrogent à l'hôtel Eden. Elle refuse de répondre à la question. Elle trouvera la mort juste après, lors de son transfert en prison. La version officielle, reprise par les journaux du 17, veut qu'elle ait été lynchée par la foule :
«Liebknecht et Rosa Luxembourg arrêtés et
tués. 
LE XIXÈME SIÈCLE, p1
 20 JANVIER 1919

ARCHIVE GALLICA BNF
C'est au cours de leur transfert en prison qu'ils auraient trouvé la mort. Liebknecht a été arrêté, dans la soirée du 15 janvier, dans l'appartement de l'un de ses amis […] Peu après, Rosa Luxembourg fut arrêtée et conduite à l'hôtel Eden […].
Rosa Luxembourg, déjà fort maltraitée par la foule, ayant perdu connaissance, aurait été achevée par un coup de revolver que lui tira dans la tête un homme grimpé sur l'automobile. »
Mais dans les jours suivants, des rumeurs circulent : elle aurait été en fait tuée par les militaires qui l'avaient arrêtée.

« Dans une réunion du C.O.S. de Berlin, un matelot a donné lecture d'un procès-verbal rédigé par un soldat qui aurait été témoin de la mort de Liebknecht et de Rosa Luxembourg. Ce témoin affirme que les récits officiels de la mort de Liebknecht et de Rosa Luxembourg sont mensongers !

Il ne serait pas exact qu’une foule énorme aurait assiégé l'hôtel où on avait amené les prisonniers et les aurait lynchés. En réalité, Liebknecht et Rosa Luxembourg auraient été assommés à coups de crosse par les soldats. Liebknecht évanoui aurait été transporté en automobile et Rosa Luxembourg aurait été achevée d'un coup de revolver par un des soldats de son escorte. »

C'est cette dernière version qui est la bonne. Son corps fut ensuite jeté dans un canal. Karl Liebknecht fut tué de la même façon. Deux cercueils vides sont enterrés le 25 mai, en même temps que ceux de 31 autres victimes de la répression.

Après des années de lutte de leurs amis pour prouver qu'il s'agissait d'assassinats planifiés, le gouvernement ouest-allemand a reconnu en 1962 que les meurtres de Luxemburg et Liebknecht avaient été des « exécutions en accord avec la loi martiale ».


 
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ROSA LUXEMBURG ET KARL LIEBKNECHT