05 septembre, 2026

SUR LA VIOLENCE SPÉCULATIVE DE L’IA


[ Cliquez sur l'image pour l'agrandir ] 

IMAGE REFIK ANADOL

Le Grand
Continent
L’extrême droite a trouvé dans l’intelligence artificielle générative une nouvelle arme. / Notes sur la politique réactionnaire du déjà-vu. / Pièces de doctrines Puissances de l'IA / Au cours de l’été 2025, mon fil d’actualité sur les réseaux sociaux a été inondé d’images de foules désordonnées se dirigeant vers les ports et les places européennes pour les saccager 1.

 [ Cliquez sur la flèche pour visionner la vidéo ] 

Point de vue : Vous êtes à Barcelone en 2050
 #barcelone #espagne #2050 #pride #veo3
La propagande d'extrême droite de la fachosphère

Auteur Donatella Della Ratta  Date 4 septembre 2026

Ce sont de véritables vagues barbares qui s’abattent sur les charmants Navigli de Milan, capitale de la mode, en les réduisant à des tas d’ordures. Elles prennent d’assaut les célèbres Ramblas de Barcelone et répandent des déchets dans toute l’Europe, de Liverpool à Berlin en passant par Copenhague.

► À penser en dessin : FENÊTRE SUR COUR 

Rien de tout cela n’est bien sûr « vrai » : il s’agit de vidéos générées par l’intelligence artificielle qui prétendent donner un aperçu de la vie dans les villes européennes en 2050. Ces clips, réalisés selon les règles des formats courts très populaires sur les réseaux sociaux, s’inspirent du genre du voyage dans le temps filmé en POV (point de vue à la première personne). [POV signifie « Point of View » en anglais, ce qui correspond à « point de vue » en français.

► À lire aussi :    CHILI : « L’ORDRE » DE KAST, OU COMMENT LA DÉMOCRATIE DEVIENT ENCOMBRANTE

Ces contenus reproduisent une grammaire visuelle reconnaissable et facilement reproductible : que l’on se réveille dans la Rome antique dans la peau d’un gladiateur, au sein du Vatican dans les habits du pape ou dans le Paris du futur, ces images invitent à « vivre » l’histoire à la première personne, en tant que participant plutôt qu’en tant que spectateur.

Peu importe que cette histoire soit totalement fictive, tant dans sa version passée que dans celle du futur : il s’agit d’une sorte de fast history produite pour attirer l’attention et récolter des likes plutôt que pour documenter ou informer. 

Les producteurs de ces contenus se défendent en affirmant que leur objectif est de stimuler la curiosité du public et de l’inciter à aller plus loin. Or, c’est précisément dans leur nature spéculative assumée que réside le danger.

Ces vidéos peuvent difficilement être confondues avec des images « réelles ». Sur les plans esthétique et narratif, elles sont ouvertement présentées comme des fictions qui réinventent le passé ou imaginent des scénarios alternatifs, présents ou futurs. Elles ne cherchent donc pas à tromper, à la différence des deep fakes. Elles donnent plutôt une forme visible à des fantasmes et à des possibilités, les rapprochant ainsi de notre horizon perceptif, les rendant familières et, progressivement, concevables.

L’esthétique POV renforce encore davantage le sentiment d’« y être », de vivre un témoignage expérientiel. Qu’il s’agisse de l’Italie de 1922, imaginée avec tous les stéréotypes de la dolce vita : l’épouse attentionnée qui sert le petit-déjeuner au lit, le match de foot entre amis sur une belle place monumentale où l’on sert du café et des glaces, ou de celle de 2050, prise d’assaut par des hordes de migrants qui transforment la beauté italienne en un triomphe de chaos, de détritus, de femmes voilées de noir jusqu’aux yeux et d’hommes barbus en prière de soumission à l’islam, le mécanisme est le même. 

La complexité d’une période historique est réduite à une tonalité émotionnelle, « à l’image de » (in the style of), selon la formule désormais habituelle avec laquelle on prompt l’IA pour générer des images : la nostalgie traduite en esthétique, l’idéalisation visuelle d’une année, 1922, qui coïncide avec la montée du fascisme en Italie et le début de ses conséquences désastreuses que nous connaissons tous grâce à l’histoire factuelle. Mais si le passé historique est reconstruit comme une ambiance esthétique, l’avenir est encore plus inquiétant. Des théories du complot telles que celle du grand remplacement ou des fantasmes sur la future soumission de l’Europe à une domination islamique non mieux précisée — la « dhimmitude » théorisée par Bat Ye’or, pseudonyme de Gisèle Littman, dans des ouvrages comme Eurabia — acquièrent, grâce à l’IA, une forme visuelle immédiate et virale, encore renforcée par des formats immersifs.

« C’EST LÀ QUE SE JOUE LA VÉRITABLE PARTIE : IL NE S’AGIT PAS
DE MONTRER  LE MONDE TEL QU’IL EST, MAIS D’EN RENDRE VISIBLES
CERTAINES  CONFIGURATIONS POSSIBLES, EN FAMILIARISANT LE REGARD
POUR RENDRE LEUR RÉALISATION, D’UNE CERTAINE MANIÈRE, INÉVITABLE. ».
 
ILLUSTRATION REFIK ANADOL

Comment l’IA fabrique les souvenirs du futur

Lorsque j’ai vu pour la première fois les vidéos documentant les événements survenus à Ceuta les 30 et 31 juillet, avec l’arrivée tragique de plus de 70 000 migrants sur les côtes de l’exclave espagnole, ces images m’ont semblé étrangement familières. J’ai éprouvé une sensation de déjà-vu, comme si j’avais déjà assisté à ces événements, comme si ces scènes avaient déjà défilé sous mes yeux. Puis, je me suis souvenue des vidéos POV de 2025. 

► À lire aussi :    CEUTA : LE CHAOS ET LA TRAGÉDIE SONT INSTRUMENTALISÉS PAR L’EXTRÊME DROITE.

Des hordes de personnes prenant littéralement d’assaut la côte, des déchets éparpillés sur la plage et sur les places de la petite ville : la construction visuelle d’un véritable assaut, d’une prise, accompagnée, dans de nombreux cas, de bandes sonores et d’un langage évoquant explicitement le siège. En regardant et en revoyant ces vidéos factuelles de l’été 2026, j’ai compris ce qui était arrivé à mon regard l’été précédent. Les vidéos subjectives avaient fonctionné comme une sorte d’entraînement visuel. Elles ne m’avaient pas convaincue de leur réalité, mais elles avaient silencieusement refaçonné mon regard, en conditionnant ma compréhension des événements, les rendant familiers et donc reconnaissables lorsqu’ils se sont présentés sous forme d’images factuelles. Comme une prophétie visuelle qui n’attendait que d’être validée par les bribes d’une réalité empirique. C’est « normal », c’est « naturel » que cela finisse ainsi : tôt ou tard, les migrants prendront d’assaut l’Europe.

C’est ce qu’on pourrait appeler la violence spéculative : une forme insidieuse qui se niche dans les replis des images générées par l’IA, précisément celles qui ne prétendent pas être vraies et qui, pour cette raison, peuvent circuler sans entrave sur Internet et les réseaux sociaux. Ce sont des images qui donnent une forme visuelle à des mondes et des concepts problématiques, comme le grand remplacement, la remigration et d’autres imaginaires suprémacistes et xénophobes. Mais une fois traduites dans l’esthétique presque naïve du style de l’IA, elles se propagent sous forme de parodies, de blagues, de railleries et de contenus apparemment inoffensifs. Jusqu’à ce qu’elles deviennent « réelles », c’est-à-dire jusqu’à ce que quelque chose de ce qu’elles ont sans cesse préfiguré fasse irruption dans le réel, validant ainsi l’image et la rendant iconique et prophétique. 

La nouvelle politique du regard, que les droites extrêmes du monde entier semblent avoir appris à maîtriser avec une efficacité particulière, ne s’intéresse pas à la représentation du réel, mais plutôt à la fabrication de son anticipation stratégique. 

C’est là que se joue la véritable partie : il ne s’agit pas de montrer le monde tel qu’il est, mais d’en rendre visibles certaines configurations possibles en les confiant aux formes esthétiques les plus contemporaines et les plus omniprésentes, du photoréalisme synthétique à la slop de l’IA, et en familiarisant le regard pour rendre leur réalisation, d’une certaine manière, inévitable.

La violence spéculative agit précisément dans cet intervalle : elle ne fausse pas nécessairement le présent, mais prépare le regard collectif à reconnaître et accepter un futur possible parmi d’autres. Elle émerge là où l’imagination est mise au service de la préparation d’un projet violent impliquant l’expropriation, la déportation ou l’effacement de populations ou de territoires, et devient ainsi une véritable arme de gouvernement.

« LA VIOLENCE SPÉCULATIVE AGIT DANS CET INTERVALLE : ELLE NE
FAUSSE PAS NÉCESSAIREMENT LE PRÉSENT, MAIS PRÉPARE LE REGARD
COLLECTIF À RECONNAÎTRE ET ACCEPTER UN FUTUR POSSIBLE PARMI D’AUTRES.
 ELLE ÉMERGE LÀ OÙ L’IMAGINATION EST MISE AU SERVICE DE LA
 PRÉPARATION D’UN PROJET VIOLENT IMPLIQUANT L’EXPROPRIATION,
LA DÉPORTATION OU L’EFFACEMENT DE POPULATIONS OU DE
TERRITOIRES, ET DEVIENT AINSI UNE VÉRITABLE ARME DE GOUVERNEMENT. ».
ILLUSTRATION REFIK ANADOL

Le style prophétique

La vidéo générée par l’IA et partagée par Donald Trump en février 2025, qui montrait la bande de Gaza dévastée par la guerre se transformant en une luxueuse station balnéaire, en est un exemple paradigmatique. Dans ces images, on ne voit ni sang, ni décombres, ni destruction explicite. Au contraire, le cadre visuel mobilise le langage séduisant de la prospérité et de la régénération urbaine, présentant un fantasme de paix qui se concrétise à travers des investissements immobiliers. La violence n’apparaît nulle part, et pourtant elle sous-tend silencieusement l’ensemble du scénario. Sous la surface lisse de ces images se cache en effet un fondement tacite de génocide, de nettoyage ethnique et de déportation forcée : cet avenir radieux présuppose l’élimination physique ou géographique de la majeure partie de la population de Gaza, une idée d’ailleurs évoquée à plusieurs reprises par Trump lui-même, et de manière encore plus explicite par Benjamin Netanyahu.

Lorsque la vidéo du projet « Gaza Riviera » a commencé à circuler, suscitant une vague d’indignation généralisée, elle a été qualifiée de satire grotesque, de fantasme orientaliste et d’énième provocation dans le style désormais bien connu de Trump. Pourtant, lorsque le « Plan de paix pour Gaza en 20 points » a été officiellement présenté et approuvé en octobre 2025 par une coalition internationale, rares ont été ceux qui ont relevé les similitudes.

Reformulé dans un langage apparemment plus sobre et bureaucratique, son contenu ne s’écartait pas beaucoup de la vision générée par l’IA : la paix y était présentée comme une opportunité d’investissement immobilier et de profit, privant les Palestiniens de tout droit de regard sur l’avenir de leur terre et de leur propre vie.

Ce qui, peu de temps auparavant, semblait scandaleux avait franchi silencieusement — par la répétition et la normalisation — le seuil qui sépare l’imaginaire spéculatif de la réalité politique. Cela ne signifie toutefois pas que l’IA générative soit la cause du Plan de paix pour Gaza en 20 points, ni que les images se traduisent automatiquement en politiques sur le terrain.

Il en va de même pour Ceuta. Les vidéos POV ne remplissent pas la fonction ouvertement propagandiste des deep fakes, qui falsifient la réalité ou tentent de s’y substituer. Elles l’anticipent plutôt : elles en construisent silencieusement certaines configurations possibles en les présentant comme des visions spéculatives, et donc comme des fictions apparemment inoffensives, qui sont difficiles à classer comme de la propagande. On ne sait pas encore à quels preuves le Premier ministre espagnol Sánchez fait référence lorsqu’il accuse Israël ou la Russie d’avoir contribué à amplifier la crise de Ceuta par le biais de la désinformation. Ce qu’on sait, c’est qu’avec ces images de violence spéculative, nous sommes confrontés à quelque chose de plus subtil et sophistiqué que les fake news, précisément parce que ces images ne s’inscrivent pas immédiatement dans le registre du factuel. Elles n’informent pas que quelque chose s’est produit alors que ce n’est pas le cas ; elles nous montrent ce qui pourrait se produire, en nous habituant à reconnaître cette vision bien avant que cela n’arrive.

S’il est difficile de remonter à l’identité réelle et aux affiliations politiques de leurs auteurs, leur orientation idéologique apparaît claire.

De cet univers d’histoire synthétique émerge la construction d’un ennemi composite, capable de condenser en une seule figure des éléments souvent incompatibles entre eux, comme la défense des droits LGBTQ+ et l’islam ultraconservateur, agrémentés de l’activisme pro-palestinien et de la dictature absolue du véganisme. Dans l’une de ces vidéos consacrées à l’Europe de demain, on peut voir, par exemple, un Moscou privé de Poutine qui se serait tragiquement islamisé, tandis qu’une Ukraine sans Zelensky est imaginée comme un lieu prospère, pacifié et démocratique.

Face à cette menace, les partis censés sauver la « civilisation européenne » semble prendre les traits d’un bloc nationaliste, pro-Poutine et pro-Netanyahou, proche de l’univers MAGA. Ce n’est pas un hasard si les protagonistes de ces vidéos portent souvent des t-shirts arborant le slogan « Make America Great Again », comme pour évoquer, par analogie, une prétendue grandeur européenne perdue : un continent idéalisé, antérieur aux migrations de masse et au multiculturalisme, dont l’intégrité serait aujourd’hui constamment menacée. C’est cette même Europe mythifiée qui refait surface dans l’imaginaire trumpien, d’Elon Musk à Marco Rubio : non pas un lieu historique ayant réellement existé, mais un passé imaginaire de civilisation grandiose en proie à l’islam et aux migrations.

Pour endiguer la barbarisation imminente du continent, il est donc proposé de restaurer de prétendues valeurs européennes, suggérées visuellement à travers l’imaginaire synthétique de l’IA. L’une de ces vidéos, intitulée Tu te réveilles à Belgrade en 2050, résume avec une efficacité particulière la recette pour survivre à la redoutée conquête musulmane, constituant ainsi une sorte de manuel visuel de résistance à l’altérité. On y voit un centre de détention destiné aux migrants et aux demandeurs d’asile, une église, emblème de la persistance de l’identité chrétienne, un homme mangeant un sandwich au porc, et enfin, une place publique impeccablement ordonnée et propre. Dans cette succession apparemment banale d’images, le contrôle des frontières, le christianisme, la consommation de viande de porc et la propreté urbaine sont élevés au rang de piliers d’une civilisation assiégée dont la survie dépendrait de la capacité à défendre ses frontières — territoriales, religieuses, culturelles et même alimentaires — contre une altérité perçue comme une menace constante.

Ce « conservatisme visuel », qui se manifeste dans le POV de Belgrade à travers des symboles explicites, peut prendre des formes bien plus discrètes et apparemment apolitiques. L’année dernière, le quotidien Haaretz a relevé des similitudes esthétiques significatives, et donc sur le plan des valeurs véhiculées, entre certains contenus utilisés pour influencer les élections roumaines de 2024 et ceux destinés aux élections israéliennes d’octobre prochain. Dans les deux cas, le photoréalisme de l’intelligence artificielle est utilisé pour construire des scènes de vie quotidienne idéalisée – anniversaires, nouveau-nés, aliments fraîchement récoltés dans des champs luxuriants – qui semblent n’avoir aucun rapport avec la politique.

Et pourtant, c’est précisément cette innocence apparente qui en constitue la force. Agissant comme de véritables appâts visuels, ces contenus attireraient des utilisateurs peu méfiants dans le dédale des groupes Facebook ou WhatsApp, pour les orienter progressivement vers des réseaux et des récits de nature explicitement politique, rattachables aux agendas de ce que l’article qualifie d’« acteurs étrangers », parmi lesquels figure la Russie. 

Si des opérations de ce type sont encore, au moins en partie, démasquables — comme le montre le cas roumain, où le premier tour des élections présidentielles de 2024 a été annulé, notamment sur la base de preuves d’ingérence étrangère par le biais d’outils numériques —, qu’en sera-t-il, en revanche, des images de violence spéculative ? Dans ces cas-là, il est encore possible d’identifier de faux profils, de reconstituer des réseaux d’influence et, peut-être, d’attribuer des responsabilités.

« DANS UNE CULTURE CONTEMPORAINE HYPERVISUELLE ET ACCÉLÉRÉE,
 OÙ LA VIRALITÉ ET LA CIRCULATION PRODUISENT DE LA VISIBILITÉ
SANS NÉCESSAIREMENT PRODUIRE DE VÉRITÉ, CES IMAGES
 FONCTIONNENT COMME DES PROJETS PERFORMATIFS, DES
HORIZONS OPÉRATIONNELS, DES ARMES D’UNE GUERRE MENÉE
 À TRAVERS LA SPÉCULATION VISUELLE SUR L’AVENIR, TANT SUR
 LES PLANS ESTHÉTIQUE ET SÉMANTIQUE QUE POLITIQUE ET
 FINANCIER. ELLES N’ONT PAS BESOIN D’ÊTRE VRAIES
 POUR PRODUIRE DES EFFETS DANS LE RÉEL. ».
 ILLUSTRATION REFIK ANADOL

Les images n’ont pas besoin d’être vraies 

Mais de quoi pourrions-nous accuser les POV sur les invasions barbares de l’Europe ? Ces vidéos sont toujours là, sur les chaînes YouTube, dans les Reels d’Instagram, disséminées sur le Web. Elles ne falsifient pas un événement qui s’est réellement produit, elles n’usurpent pas l’identité de quelqu’un, elles ne prétendent même pas documenter la réalité. Comment alors formuler une accusation précise contre le déjà-vu que ces images peuvent instiller chez celui qui les observe, lorsqu’il se retrouve, des mois ou des années plus tard, face à des images factuelles qui semblent soudainement les confirmer ?

C’est précisément dans cette ambiguïté, dans cet espace liminal où les images se préparent à anticiper l’avenir – et, à travers des formes visuelles contemporaines, captivantes et immédiatement partageables, à le suggérer comme plausible, voire inévitable – que prospère la violence spéculative. C’est précisément parce qu’elles sont difficilement détectables par les dispositifs traditionnels de vérification, de censure ou de modération que ces images peuvent acquérir visibilité et pérennité, s’ancrant dans le paysage numérique et contribuant à remodeler la manière dont la connaissance visuelle et, par extension, la mémoire, sont produites et conservées.

Le régime visuel synthétique inauguré par l’IA générative est un régime dans lequel la plausibilité, la répétition et la viralité peuvent devenir des critères de légitimation plus puissants que la véracité. Mais le point essentiel est précisément celui-ci : les images de violence spéculative n’ont pas besoin de se faire passer pour réelles, car elles ne fonctionnent pas selon la logique binaire qui oppose le vrai et le faux. Elles ne demandent pas à être crues. Elles demandent seulement à être vues, répétées et mémorisées.

Comment oublier des images synthétiques comme celles du Colisée, où les dirigeants de la gauche italienne sont mis à mort par le député européen Vannacci se faisant passer pour un empereur romain ? Nous les avons toutes vues et avons tous contribué à les faire circuler : par dégoût et indignation pour certains, par approbation et applaudissements pour d’autres, et pour montrer l’absurdité à laquelle notre civilisation semble être parvenue pour d’autres encore – en oubliant souvent que ces mêmes images, qui nous arrachent un rire, consomment également de l’eau, de l’énergie et d’autres ressources matérielles nécessaires à leur production. « C’est de la satire irréelle et créée par l’IA », a rétorqué Vannacci avec dédain lorsqu’on lui a demandé de prendre ses distances par rapport à la vidéo, en l’opposant à la « vraie violence » qui, selon lui, serait au contraire le fait de la gauche, en référence aux images des affrontements survenus à Bologne après la manifestation organisée à la suite du décès d’Abderrahim Fakir.

En reléguant les images du Colisée au domaine de l’irréel, Vannacci peut échapper à toute accusation : ce n’est que de la fiction, de la satire, de l’IA. Mais dans l’écosystème visuel et synthétique qui se développe à travers la diffusion massive de l’IA générative, pouvons-nous encore nous fier aux catégories factuel/fictionnel, vrai/faux ? Dans une culture contemporaine hypervisuelle et accélérée, où la viralité et la circulation produisent de la visibilité sans nécessairement produire de vérité, ces images fonctionnent comme des projets performatifs, des horizons opérationnels, des armes d’une guerre menée à travers la spéculation visuelle sur l’avenir, tant sur les plans esthétique et sémantique que politique et financier. Elles n’ont pas besoin d’être vraies pour produire des effets dans le réel.

Sources

Donatella Della Ratta vient de publier Violenza speculativa Come l’IA ci sta abituando all’orrore chez Einaudi.

 

SUR LE MÊME SUJET :

04 septembre, 2026

AU FORUM DE MADRID, LE PRÉSIDENT ARGENTIN APPELLE LES DROITES SUD-AMÉRICAINES À «S’ORGANISER»

 [ Cliquez sur l'image pour l'agrandir ]

LES PRÉSIDENTS CHILIEN JOSÉ ANTONIO KAST (À GAUCHE) ET
ARGENTIN JAVIER MILEI MARCHENT DEVANT LE PALAIS DE LA 
MONEDA À SANTIAGO, AU CHILI, LE 3 SEPTEMBRE 2026.
PHOTO ESTEBAN FELIX

RFI
Le Chili a accueilli, jeudi 3 septembre, le Forum de Madrid, un événement qui réunit chaque année des partis et organisations d’extrême droite d’Europe et d’Amérique. Pour cette 5ème édition, la rencontre a eu lieu à Santiago, avec comme hôte le président chilien José Antonio Kast, membre fondateur. Les participants ont célébré « une nouvelle ère » pour le continent, après les victoires électorales ces derniers mois de dirigeants de droite et d’extrême droite en Colombie, au Pérou, en Bolivie ou encore au Honduras. [La « fachosphère » d'Atapuerca à Santiago du Chili]

RFI Avec notre correspondante à Santiago, Naïla Derroisné Publié le : 04/09/2026 - 06:55 Modifié le : 04/09/2026 - 07:09  Temps de lecture 2 min 

 [ Cliquez sur la flèche pour Écouter le podcast ]

Écouter - 01:25 
Au Forum de Madrid, le président argentin appelle les droites sud-américaines à «s’organiser»

DESSIN SERGIO LANGER


C’est le président argentin, Javier Milei, invité d’honneur du Forum de Madrid, qui a entamé la journée avec un discours où il a appelé à s’unir face à la gauche qu’il considère comme le « mal » et accuse d'avoir « colonisé » les institutions, les universités et les médias, d'où elle promeut, selon lui, ses idées et cherche à reconquérir le pouvoir. 

► À penser en dessin : FENÊTRE SUR COUR 

DESSIN BECS

« La droite doit s’organiser. Car si eux ont eu leur internationale socialiste, nous nous devons d'approfondir nos liens d’amitié, notre propre réseau international dans la région et dans le monde », a-t-il plaidé. « La gauche est organisée à l'échelle régionale depuis des décennies [...] Une mauvaise organisation se combat par une bonne organisation, il n'y a pas d'autre manière », a-t-il ajouté.

► À lire aussi :    CHILI : « L’ORDRE » DE KAST, OU COMMENT LA DÉMOCRATIE DEVIENT ENCOMBRANTE

Javier Milei a également salué « son ami » José Antonio Kast. Le président chilien qui, lui, a adopté un ton moins véhément que son homologue argentin, précise tout de même : « L’Amérique latine vit un profond changement, avec de nouveaux leaders. Et si on continue à faire les choses correctement, on arrivera à Managua et à La Havane. »

► À lire aussi :    AFFAIRE FACEBOOK-CAMBRIDGE ANALYTICA: LE LANCEUR D’ALERTE S’EXPLIQUE 

Parmi le public, beaucoup de jeunes, comme Rocío, étudiante. Pour elle, « la liberté, c’est le plus important ». Son ami Vicente défend « la famille, c’est le cœur de nos sociétés ».

Quant à Claudio, professeur à l’université, il se réjouit de cette nouvelle scène politique sur le continent : « Selon moi, les tendances de gauche et socialistes ne résolvent pas les problèmes des gens. En revanche la liberté économique, si. Elle permet le développement des peuples. »

Au même moment, plusieurs dizaines d’étudiants protestaient dans le centre de la capitale contre la tenue de ce forum d’extrême droite.

 [ -Ñ- Cliquez sur la flèche pour visionner la vidéo ] 

Sous titrage fr video clideo

SUR LE MÊME SUJET :

03 septembre, 2026

CHILI : « DEMOCRACIA SIEMPRE » FACE AU « FORUM DE MADRID » DE L’EXTRÊME DROITE

  [ Cliquez sur l'image pour l'agrandir ]

PHOTOMONTAGE PRENSA LATINA

Logo
Prensa Latina
SANTIAGO DU CHILI, 3 septembre 2026. — Les partis progressistes chiliens se réunissent ce jeudi à Santiago pour le forum « Democracia Siempre », organisé en parallèle du Forum de Madrid, qui rassemble dans la capitale chilienne plusieurs représentants de la droite radicale internationale. 
[La « fachosphère » versus Democracia Siempre]

Prensa Latina 3 septembre 2026.

FLYER PSCH

La rencontre progressiste se tient à l’Hôtel Fundador, au cœur du centre historique de Santiago. Le Parti socialiste, le Parti communiste, le Frente Amplio, le Parti pour la démocratie (PPD), la Démocratie chrétienne ainsi que plusieurs organisations de la société civile y sont représentés.

FLYER PSCH

► À penser en dessin : FENÊTRE SUR COUR 

Parmi les personnalités susceptibles d’y participer figurent les anciens présidents Michelle Bachelet, qui a dirigé le Chili de 2006 à 2010 puis de 2014 à 2018, et Gabriel Boric, président de 2022 à 2026.

► À lire aussi :    CHILI : « L’ORDRE » DE KAST, OU COMMENT LA DÉMOCRATIE DEVIENT ENCOMBRANTE

À quelques kilomètres de là, dans le quartier huppé de Las Condes, le Forum de Madrid tient sa propre rencontre au Centre d’événements San Carlos de Apoquindo. Cette alliance de partis ultraconservateurs européens et latino-américains a été créée en 2020 à l’initiative de Santiago Abascal, dirigeant du parti espagnol Vox.

FLYER PSCH

Le président chilien José Antonio Kast et son homologue argentin Javier Milei ont confirmé leur participation, de même qu’Ignacio Garriga, secrétaire général de Vox.

► Para leer también:     « ORBÁN FILES » DEJAN MUDA A LA MONEDA

La rencontre doit également réunir la sous-secrétaire d’État américaine chargée de la diplomatie publique, Sarah Rogers, ainsi que l’eurodéputée hongroise Kinga Gál, proche alliée du Premier ministre hongrois Viktor Orbán, entre autres personnalités.

La participation du président Kast au Forum de Madrid, dont il est lui-même l’un des fondateurs, suscite de vives critiques de la part de l’opposition et de certaines voix proches du pouvoir.

FLYER PSCH

Le député du Frente Amplio Gonzalo Winter a ainsi dénoncé un « sommet de dirigeants qui méprisent la démocratie ».

Le président du Parti communiste, Lautaro Carmona, a pour sa part estimé que José Antonio Kast, en tant que chef de l’État, devait se comporter comme « le président de tout le pays » et non comme un militant parmi les fondateurs du mouvement.

L’ancienne candidate à la présidentielle Jeannette Jara a également appelé le chef de l’État à se concentrer sur les enjeux nationaux. « Participer aujourd’hui à un forum fanatique et dogmatique, comme celui de l’ultradroite, donnerait en réalité un très mauvais signal au pays », a-t-elle déclaré.

FLYER PSCH

Face au Forum de Madrid, les formations du centre et de la gauche entendent, avec « Democracia Siempre», réaffirmer leur attachement à la démocratie construite au Chili au cours des dernières décennies et dénoncer les programmes libéraux ainsi que les tendances qu’elles jugent autoritaires de la droite ultraconservatrice.

FLYER PSCH
Le député et président du Parti pour la démocratie, Raúl Soto, a notamment insisté sur cet objectif.

La réunion de ce jeudi marque par ailleurs le début d’une série de commémorations historiques de la gauche chilienne. Celles-ci se poursuivront vendredi avec les cérémonies en hommage au président Salvador Allende, puis avec la traditionnelle marche du 11 septembre en mémoire des victimes du coup d’État militaire de 1973. arc/car

 [ Pinchar la imagen para ampliar ] 

KK KASST
DESSIN BECS

SUR LE MÊME SUJET :

À SANTIAGO, UNE RÉUNION DE L’INTERNATIONALE BRUNE POUR MENER « LA BATAILLE CULTURELLE FACE AU WOKISME, AU PROGRESSISME ET AU NÉO-MARXISME »

[ Cliquez sur l'image pour l'agrandir ]

LE PRÉSIDENT CHILIEN JOSÉ ANTONIO KAST (À DROITE)
SALUE LE PRÉSIDENT ARGENTIN  JAVIER MILEI (À GAUCHE)
 LORS DE  SA CÉRÉMONIE D’INVESTITURE  À VALPARAISO,
AU CHILI, LE 11 MARS 2026.
PHOTO ADRIANA THOMASA 

Logo
L'Humanité
Décryptage / La capitale du Chili accueille, ce jeudi 3 septembre, la nouvelle édition du Forum de Madrid. Impulsé par l’extrême droite espagnole, cet espace vise à combattre les gauches latino-américaines, et au-delà. [La « fachosphère » d'Atapuerca se déploie]

Luis Reygada Publié le 2 septembre 2026 7min

DESSIN BECS

Après Bogota (Colombie), Lima (Pérou), Buenos Aires (Argentine), puis Asuncion (Paraguay), c’est Santiago, au Chili, qui accueille cette année la cinquième édition des Rencontres régionales du forum de Madrid. Au menu de ce nouveau sommet de l’extrême droite internationale, ce jeudi, une quarantaine d’orateurs provenant de plus de 25 pays.

«¿A QUIÉN LE TOCA?»
DIBUJO DE NÉSTOR SALAS

► À penser en dessin : FENÊTRE SUR COUR 

Figures de proue des droites radicales d’Amérique latine et espagnole, néolibéraux, ultra-conservateurs, responsables de think tanks, représentants de la société civile régionale, venus Europe et des États-Unis : tous prendront la parole avec l’objectif de renforcer la coordination internationale « des acteurs engagés pour la défense de la liberté, la démocratie, la souveraineté des nations ».

TOUT COMME MILEI EN SON TEMPS, JOSÉ ANTONIO KAST (DE DOS)
ET RODRIGO PAZ TENTENT DE PRENDRE LEURS DISTANCES AVEC
FERNANDO CERIMEDO POUR ÉVITER QUE LEUR CAMP
 POLITIQUE NE SOIT ENCORE PLUS MIS À MAL.
PHOTO  CAPTURE D'ÉCRAN

► À lire aussi :    CHILI : « L’ORDRE » DE KAST, OU COMMENT LA DÉMOCRATIE DEVIENT ENCOMBRANTE

Derrière ces promesses, c’est surtout celle de freiner « la montée de l’extrême gauche des deux côtés de l’Atlantique » qui sera au cœur des débats, encadrés par un fond idéologique aux relents cryptofascistes. Avec un niveau de violence préoccupant, la déclaration finale du sommet d’Asunción (Paraguay), en 2025, affichait noir sur blanc la volonté d’avancer vers la « défaite du socialisme ».

DESSIN SERGIO AQUINDO

► À lire aussi :    « LA POSTURE DES NÉOFASCISTES C’EST DE PRÉTENDRE QUE LE MONDE POLITIQUE ET MÉDIATIQUE EST PARTOUT DOMINÉ PAR LA GAUCHE »

Et cela grâce à l’union des forces conservatrices et réactionnaires face aux « multinationales du crime » que représenteraient les formations de gauche de la région, notamment les organismes comme le Forum de São Paulo, le Groupe de Puebla et l’Internationale progressiste. « Défense de la civilisation occidentale », renforcement de « la bataille culturelle face au wokisme, au progressisme et au néo-marxisme » : le même langage sera encore à l’honneur cette année au pays de Salvador Allende, dirigé depuis six mois par un nostalgique de pinochet, José Antonio Kast.

MANIFESTATION CONTRE L'EXTRÉMISME DE
DROITE DEVANT LE PARLEMENT DE VIENNE.
PHOTO  TOBIAS STEINMAURER

► À lire aussi :    « J’ENTENDS RESPIRER UN MONSTRE »

Des réseaux transnationaux coordonnés

C’est d’ailleurs le président chilien qui doit prononcer le discours d’ouverture du Forum, juste avant l’intervention de son homologue argentin, le libertarien Javier Milei. Suivront les prises de parole de Sarah Rogers, sous-secrétaire d’État responsable de la diplomatie publique des États-Unis, et de Maria Antonieta Mejia, numéro deux du gouvernement du Honduras.

Avec le récent retour de la droite au pouvoir dans ce pays, le pays centre-américain fait partie des récentes prises (Chili, Pérou, Colombie) de la vague conservatrice qui submerge l’Amérique latine. La grande époque de la gauche portée par les Chavez, Morales, Correa, Kirchner, Castro, Mujica semble bien lointaine, à l’exception du Brésilien Lula, qui affrontera dans les urnes le mois prochain… l’extrême droite

Les victoires conservatrices se sont enchaînées en Argentine, au Pérou, en Bolivie, au Costa Rica, en Équateur, au Panama, en République dominicaine, au Salvador. Si chaque pays possède ses propres spécificités à même d’expliquer pourquoi les gauches n’ont pu se maintenir ou conquérir le pouvoir, nul ne peut nier le rôle joué par des réseaux transnationaux, coordonnés pour lutter contre les idées progressistes.

On y retrouve aux côtés des extrêmes droites latino-américaines celles d’Europe, d’Israël et des États-Unis, réunies autour de thématiques communes et de convergences stratégiques, en prenant soin de gommer les divergences idéologiques.

Sous la bannière « Une nouvelle ère pour l’Ibéro-Amérique », le Forum de Madrid à Santiago trahit à peine le rôle de l’extrême droite espagnole dans cette expansion réactionnaire. Disenso, le groupe de réflexion vertement anticommuniste du parti néofranquiste Vox, est en effet à la manœuvre.

Cultivant la nostalgie colonialiste de la « grande Espagne » chère à Franco, voilà plusieurs années que le parti dirigé par Santiago Abascal, proche du clan Le Pen, tisse sa toile de l’autre côté de l’Atlantique, en prêchant l’émergence d’une « ibérosphère » en croisade contre les « narco-socialistes ».

« Cette capacité à organiser des réseaux transcontinentaux d’extrême droite en dépit des différences programmatiques est un phénomène nouveau », analyse Jean-Jacques Kourliandsky. Dans un dossier portant sur l’essor de l’extrême droite en Amérique latine (mai 2026), le directeur de l’observatoire de l’Amérique latine et des Caraïbes de la Fondation Jean-Jaurès souligne « l’impulsion décisive » donnée par Vox, qui offre une légitimation internationale à des personnalités politiques de deuxième rang afin d’imposer leurs idées dans les urnes.

Fort d’un budget annuel de plusieurs millions d’euros, le think tank Disenso, qui propose « une articulation optimale entre idéologie et conquête du pouvoir », n’est pas étranger aux victoires de Kast ou de Milei.

Une identité politique autour d’idées fascisantes

L’impact de la nouvelle politique étrangère des États-Unis dans la région depuis le retour de Donald Trump à la Maison-Blanche en janvier 2025 n’est pas en reste. Une table ronde est d’ailleurs organisée ce jeudi autour de ce sujet avec la participation de l’ambassadeur états-unien au Chili, Brandon Judd, et du président du puissant think tank Heritage Foundation, Kevin Roberts.

« Trump a rendu bien plus explicite l’interventionnisme yankee. Celui-ci est flagrant dans les derniers processus électoraux au cours desquels il a ouvertement soutenu – et manœuvré – pour favoriser ”ses” candidats », explique Danna Vargas, avocate et membre du Sommet social des peuples d’Amérique latine et des Caraïbes.

« Mais, au-delà de cette ingérence ”classique”, Trump contribue à construire une identité politique continentale autour de certaines idées fascisantes : main ferme, militarisation de la sécurité, rejet du progressisme, criminalisation du migrant, réduction de l’État, régression des droits conquis par les femmes, négation du changement climatique, diplomatie pro-israélienne… Le tout s’appuyant sur un récit très fort contre l’ennemi intérieur supposé, ”la gauche”, poursuit-elle. Cela a profondément changé les règles du jeu et renforce la dynamique de l’extrême droite latina. »

Du Mexique à la Patagonie, les ennemis de la gauche n’ont évidemment pas attendu les opérateurs de Vox pour passer à l’action. Depuis plus de quinze ans, l’Amérique latine est le théâtre de scandales impliquant des experts en communication, capables de louer leurs sulfureux services pour freiner les idées progressistes.

► À lire aussi :     LE SCANDALE CERIMEDO, OÙ L'HOMME QUI MURMURAIT À L’OREILLE DES DIRIGEANTS D'EXTRÊME DROITE D'AMÉRIQUE LATINE

Dernière en date, l’affaire Fernando Cerimedo, consultant argentin. Son arrestation en août dernier en Bolivie pour tentative de féminicide a de nouveau mis en lumière les réseaux occultes de l’extrême droite sud-américaine et leur tendance à piétiner la ligne de la légalité et les règles du jeu démocratique à coups de fake news et de campagne sale sur les réseaux sociaux.

« Coups d’État, guerre psychologique, campagnes de désinformation, persécutions politiques… De nombreux moyens ont toujours été déployés par les droites pour empêcher les peuples d’avancer vers des projets de transformation sociale, explique la communiste colombienne Carolina Tejada. Ce qui est nouveau aujourd’hui, ce sont les outils technologiques utilisés. »

Rejoindre la lutte contre « le terrorisme politique d’extrême gauche »

Enfin, les récentes prises de position de Washington – qui a fait du communisme « la plus grande menace qui pèse sur les États-Unis » – sont un carburant précieux pour les droites au sud du rio Grande. En juillet, le secrétaire d’État Marco Rubio a annoncé un tournant stratégique majeur dans la politique étrangère états-unienne et invité les représentants de plus de 60 gouvernements à rejoindre la lutte globale contre le « terrorisme politique d’extrême gauche ».

 [ Pinchar la imagen para ampliar ]

BANNER DE LA  « LA FACHOSFERA » 


SOBRE EL MISMO TEMA: