05 janvier, 2026

« LES OMISSIONS D’EMMANUEL MACRON SUR LE VENEZUELA RISQUENT DE SONNER COMME UN AVEU D’IMPUISSANCE »

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 LE CHEF DE L'ÉTAT FRANÇAIS, EMMANUEL MACRON,
 À MARSEILLE LE 16 DÉCEMBRE 2025.
PHOTO MIGUEL MEDINA

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Le Monde

« Les omissions d’Emmanuel Macron sur le Venezuela risquent de sonner comme un aveu d’impuissance » / CHRONIQUE / La première réaction du chef de l’État, samedi soir, à propos de l’enlèvement de Nicolas Maduro, qui ne dit pas un mot des modalités de l’intervention américaine, a semblé acter une rupture avec la tradition diplomatique française, observe, dans sa chronique, Solenn de Royer, journaliste au service politique du « Monde ».

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Solenn de Royer Publié aujourd’hui à 10h05, modifié à 12h15   Temps de Lecture 3 min. 

D’abord un long silence. Et puis un post sur le réseau social X, samedi en fin de journée, près de neuf heures après les frappes américaines sur le Venezuela et l’annonce de l’enlèvement du président Nicolas Maduro, pour se féliciter de la chute de cette « dictature », en souhaitant que la « transition à venir » soit « démocratique ». Mais pas un mot sur les modalités de l’intervention américaine, qui piétine toutes les règles du droit international, et sans doute aussi celles du droit fédéral américain, illustration saisissante de l’impérialisme prédateur de Donald Trump, qui passe de la menace aux actes. Le président français n’a pas été le seul, sur la scène européenne, à se montrer peu disert, loin de la réaction du président du gouvernement espagnol, Pedro Sanchez, qui a « fermement condamné » l’opération américaine : son gouvernement « ne reconnaîtra pas (…) une intervention qui viole le droit international », comme il n’avait pas reconnu le régime de Nicolas Maduro, a-t-il déclaré sur X. Clarté.

UNE MANIFESTATION CONTRE L'OPÉRATION MILITAIRE AMÉRICAINEAU VENEZUELA
A RASSEMBLÉ PLUS DE 2 000 PERSONNES À PARIS, LE 3 JANVIER 2026.
PHOTO 
YOAN VALAT

► À penser en dessin : FENÊTRE SUR COUR  

La réaction d’Emmanuel Macron, en rupture avec la tradition diplomatique française, a suscité de vives critiques des responsables politiques, notamment à gauche. Mais c’est l’ancien premier ministre Dominique de Villepin qui, dimanche sur BFM-TV, a eu les mots les plus durs, dénonçant une réaction « aveugle, inconsciente des réalités et irresponsable », doublée d’une « logique de soumission et de vassalisation » : « Nous sommes en train de nier notre propre identité historique. » Celui qui avait représenté Jacques Chirac devant le Conseil de sécurité des Nations unies en 2003, pour dire non à l’intervention américaine en Irak, estime que M. Macron a ménagé M. Trump pour ne pas s’aliéner ce dernier dans le dossier ukrainien, à la veille d’une réunion décisive. Mais il a jugé que « ne pas réagir à ce qu’il se passe au Venezuela, c’est s’affaiblir dans la négociation sur l’Ukraine ». C’est aussi ce que pense François Hollande, selon lequel son successeur « ne veut pas se fâcher avec Trump » dans l’espoir d’infléchir ses choix. Mais, regrette l’ancien président auprès du Monde, « c’est ne rien comprendre à Trump », qui « ne respecte que les forts ». Or, tranche-t-il, « Macron ne l’est pas à ses yeux ».

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Avant le post du président, le ministre des affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, avait fait entendre une musique différente, affirmant que l’opération américaine « contrev[enai]t » au « principe de non-recours à la force, qui fonde le droit international ». « La France rappelle qu’aucune solution politique durable ne saurait être imposée de l’extérieur et que les peuples souverains décident seuls de leur avenir », a-t-il écrit sur X. Une position calée avec l’Elysée, s’est empressée de faire valoir la présidence, dimanche, laissant entendre que les deux déclarations étaient complémentaires : le rappel des principes d’abord, la préparation de l’après-Maduro ensuite.

M. Macron, qui s’est entretenu avec ses homologues en Europe et dans la région, ayant plaidé pour que l’opposant Edmundo Gonzalez Urrutia assure la transition, convaincu de pouvoir peser, alors que le président américain n’a pas fait mystère de son but de guerre : le pétrole. « C’est faire les choses en ordre », défend un conseiller, selon lequel le président « a toujours défendu le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes ».

"EXFILTRATION" DE NICOLAS MADURO
DESSIN ALLAN MCDONALD
Un blanc-seing à Donald Trump

Lors de sa déclaration devant l’Assemblée générale des Nations unies en septembre 2025, celui qui avait à cœur d’afficher une prétendue ligne gaullo-mitterrandienne en arrivant à l’Élysée, avait mis en garde contre « l’égoïsme de quelques-uns » et défendu un « multilatéralisme efficace ». Il avait également vanté « l’autorité du droit » comme « notre meilleure chance face à la loi du plus fort » et « l’application des principes » comme « seul remède aux deux poids, deux mesures ». Devant le fait accompli, ces mots se sont évanouis. M. Macron a opté pour une autre stratégie, renonçant à défendre les principes qui fondent l’identité de la France et de l’Europe.

Mais face à Donald Trump, qui instaure un nouvel ordre mondial régi par la brutalité et la loi du plus fort, théorisant au passage l’effacement de l’Europe, les omissions du président français, outre le fait qu’ils semblent acter une rupture avec la tradition diplomatique du pays, risquent de sonner comme un aveu d’impuissance. Et d’offrir un blanc-seing au président américain, qui s’est d’ailleurs empressé de reposter la déclaration de Paris sur son réseau social. Ce risque est pointé par la tête de liste macroniste aux européennes de 2019, Nathalie Loiseau : « Que dirons-nous lorsque Donald Trump décidera de s’emparer réellement du Groenland ? Pékin de Taïwan ? »

Déplorer ou s’indigner n’est pas une stratégie, encore moins quand on n’a pas les moyens de ses ambitions. Mais si la France n’a pas les capacités de rivaliser militairement avec les grandes puissances, elle dispose avec son siège au conseil de sécurité de l’Organisation des Nations unies d’une voix parmi elles. Si elle se tait, que reste-t-il ?

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Premières images de Nicolas Maduro à New York
escorté par des agents de la DEA

KIDNAPPING DE NICOLÁS MADURO : TERRORISME D’ÉTAT ET OBJECTIFS DE PRÉDATION REVENDIQUÉS PAR TRUMP

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 « IL N’Y A PAS DE BONNE INVASION. MACRON NOUS FAIT HONTE, IL N’EST PAS LA VOIX DE LA FRANCE », ASSURE QUANT À LUI LE LEADER DES INSOUMIS, JEAN-LUC MÉLENCHON, QUI EXIGE, COMME LES COMMUNISTES, LA LIBÉRATION DE MADURO.
PHOTO ADNAN FARZAT / NURPHOTO VIA AFP 

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L'Humanité
Kidnapping de Nicolás Maduro : terrorisme d’État et objectifs de prédation revendiqués par Trump / C’est un séisme dont les répliques peuvent refaçonner le monde pour le pire. Avec l’assaut de ses commandos Delta qui ont kidnappé le président vénézuélien, Nicolás Maduro, à Caracas, Donald Trump achève de démolir le fragile édifice de légalité internationale bâti après 1945.

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L'éditorial de Rosa Moussaoui 3 min Publié le 4 janvier 2026

Ses prédécesseurs s’étaient employés avant lui à le démanteler – coup d’États militaires orchestrés par la CIA, invasion de l’Irak, soutien actif à la guerre génocidaire d’Israël à Gaza. Mais un cap est franchi avec l’opération « Absolute Resolve », un raid militaire mal déguisé en opération de police, préparé par le déploiement de l’armada états-unienne dans la Caraïbe et lancé sans même un mandat du Congrès : le terrorisme d’État est assumé, les objectifs de prédation revendiqués.

UNE MANIFESTATION CONTRE L'OPÉRATION MILITAIRE AMÉRICAINE
AU VENEZUELA A RASSEMBLÉ PLUS DE 2 000 PERSONNES
À PARIS, LE 3 JANVIER 2026.

UNE MANIFESTATION CONTRE L'OPÉRATION MILITAIRE AMÉRICAINE
AU VENEZUELA A RASSEMBLÉ PLUS DE 2 000 PERSONNES
À PARIS, LE 3 JANVIER 2026.

UNE MANIFESTATION CONTRE L'OPÉRATION MILITAIRE AMÉRICAINE
AU VENEZUELA A RASSEMBLÉ PLUS DE 2 000 PERSONNES
À PARIS, LE 3 JANVIER 2026.

► À penser en dessin : FENÊTRE SUR COUR  

Depuis Mar-a-Lago, le président des États-Unis a annoncé sans détour la curée pétrolière, en s’adjugeant la propriété des réserves d’hydrocarbures du Venezuela. Il n’est même plus question d’exporter la « démocratie » : si la Maison-Blanche viole ainsi les droits d’un État souverain, ce n’est pas pour faire valoir une quelconque volonté populaire, mais pour administrer directement le pays. Jusqu’à la « transition appropriée » voulue par Trump, le temps de mettre en piste un gouvernement fantoche.

UNE MANIFESTATION CONTRE L'OPÉRATION MILITAIRE AMÉRICAINEAU VENEZUELA
A RASSEMBLÉ PLUS DE 2 000 PERSONNES À PARIS, LE 3 JANVIER 2026.
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YOAN VALAT

L’argument de la lutte contre le « narcoterrorisme » ne mérite pas même que l’on s’y arrête – il est grotesque, employé par celui qui vient de gracier l’ex-président hondurien Juan Orlando Hernandez, baron de la drogue et fidèle allié de Washington.

Cette opération criminelle, illégale, arbitraire, ravive la doctrine Monroe qui prêche une tutelle stricte sur tout le continent, de l’Alaska à la Terre de Feu. Dans sa version « America first », il s’agit de barrer la route à la Chine – déjà visée avec les promesses d’annexion de Panama pour y prendre le contrôle du canal.

EXFILTRATION DE NICOLAS MADURO
DESSIN ALLAN MCDONALD

La menace est explicite, proférée sur un ton ordurier : d’autres suivront s’ils ne se plient pas aux intérêts états-uniens : Cuba, la Colombie, le Mexique, le Brésil. Et demain, d’autres encore, car le monde de Trump, celui de l’internationale néofasciste qu’il parraine, est un monde sans règles, où règnent seules la loi du plus fort et celle des pétrodollars. Macron approuve. C’est irresponsable, insensé. Le coup d’État de Caracas est un avertissement lancé à tous : l’impérialisme du XXIème siècle, c’est l’enterrement pur et simple du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes.

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Premières images de Nicolas Maduro à New York
escorté par des agents de la DEA

LA PRÉSIDENTE PAR INTÉRIM DU VENEZUELA TIENT SON PREMIER CONSEIL DES MINISTRES DEPUIS LA CAPTURE DE MADURO

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PHOTO PROFIL DE DELCYRODRIGUEZV

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Xinhua
La présidente par intérim du Venezuela tient son premier conseil des ministres depuis la capture de Maduro / CARACAS, 4 janvier 2023. -- La présidente par intérim du Venezuela, Delcy Rodriguez, a tenu dimanche son premier conseil des ministres après la capture du président Nicolas Maduro par les Etats-Unis, a rapporté la télévision publique.

(Xinhua)

PHOTO DE PROFIL DE DELCYRODRIGUEZV

la veille, la cour suprême du Venezuela a chargé Mme Rodriguez, qui était jusque-là la vice-présidente de M. Maduro, d'assumer la charge de présidente par intérim.

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► À penser en dessin : FENÊTRE SUR COUR  

Le préambule de la réunion, diffusé par la chaîne publique Venezolana de Television, indique qu'elle a eu pour objectif "d'aborder les lignes stratégiques définies dans le cadre de l'état d'urgence décrété par le gouvernement vénézuélien".

Mme Rodriguez a formé le même jour un comité chargé d'œuvrer à la libération de M. Maduro. Fin

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Premières images de Nicolas Maduro à New York
escorté par des agents de la DEA

«IMAGINEZ QUE LA RUSSIE CAPTURE ZELENSKY» : CORREA DÉNONCE L’HYPOCRISIE APRÈS L’ENLÈVEMENT DE MADURO PAR LES ÉTATS-UNIS

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LA PHOTO DE L'ARRESTATION DU PRÉSIDENT MADURO.

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RT France
«Imaginez que la Russie capture Zelensky» : Correa dénonce l’hypocrisie après l’enlèvement de Maduro par les États-Unis / La réaction «tiède» de la communauté internationale face à l'action de Washington est un signe de «régression civilisationnelle», a déclaré l'ancien président équatorien à RT.

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WebGuerrilleroDarioG

RT en français  5 janv. 2026, 14:15

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RAFAEL CORREA, ANCIEN
PRÉSIDENT DE L'ÉQUATEUR

L’enlèvement du président vénézuélien Nicolás Maduro par Washington crée un « précédent désastreux » qui risque de replonger le monde dans la « barbarie », a déclaré l’ancien président équatorien Rafael Correa à RT. Cette réaction internationale hypocrite a permis aux États-Unis de s’en tirer avec des actions « inacceptables au XXIᵉ siècle », estime l’homme politique.

TRUMP ATTAQUE LE VENEZUELA ET KIDNAPPE MADURO ! / @MINTPRESS
DESSIN CARLOS LATUFF 


► À penser en dessin : FENÊTRE SUR COUR  

Les forces spéciales américaines ont mené des frappes aériennes sur ce pays d’Amérique du Sud riche en pétrole et ont capturé Maduro et son épouse lors d’un raid mené tôt le matin du 3 janvier. Ils ont ensuite été transférés aux États-Unis et inculpés de trafic de drogue — des accusations que Maduro a toujours niées. Le président vénézuélien avait averti précédemment que Washington tentait de provoquer un changement de régime pour mettre la main sur les ressources naturelles de son pays.

VOLODYMYR ZELENSKY 
PHOTO UKRAINIAN PRESIDENTIAL PRESS SERVICE

« Hypocrisie mondiale »

« Imaginez un instant que … [le président russe Vladimir] Poutine capture Zelensky », a déclaré Rafael Correa. « Pouvez-vous imaginer la réaction du monde ? Rien de comparable à la réaction que suscitent les États-Unis », a-t-il martelé.

Selon l’ancien président, la réaction internationale à l’enlèvement n’a jusqu’à présent démontré qu’une « hypocrisie mondiale » et un deux-poids-deux-mesures.

« Cet événement sans précédent et extraordinaire mérite une réponse beaucoup plus ferme de la communauté internationale », a déclaré Correa, ajoutant que Washington a bafoué le droit international et rétabli l’époque où la force primait sur le droit.

« Ce qu’ils disent, c’est : soit vous faites ce que je dis, soit je vous bombarde à nouveau », a affirmé Rafael Correa. « C’est extrêmement dangereux pour la planète entière, pas seulement pour le Venezuela, pas seulement pour l’Amérique latine ».

Les BRICS condamnent fermement, l’UE se tait

L’opération américaine a été fermement condamnée par les membres des BRICS, notamment la Russie, la Chine, le Brésil et l’Iran. Moscou a appelé à garantir au Venezuela le droit de déterminer son propre destin. Le président brésilien Luiz Inácio Lula da Silva a déclaré que les actions de Washington « franchissent une ligne inacceptable », alors que Pékin les a qualifiées d’« acte hégémonique »

Les réactions occidentales ont été beaucoup plus modérées. La cheffe de la diplomatie européenne, Kaja Kallas, a appelé à la « retenue » et au respect de la Charte des Nations unies. Une déclaration commune ultérieure, signée par tous les membres de l’UE à l’exception de la Hongrie, n’a ni condamné ni soutenu cette mesure.

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Premières images de Nicolas Maduro à New York
escorté par des agents de la DEA

L'ESPAGNE ET CINQ PAYS D'AMÉRIQUE LATINE CONDAMNENT LA CAPTURE DE MADURO

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LE PRÉSIDENT URUGUAYEN YAMANDU ORSI ; LE PRÉSIDENT BRÉSILIEN LUIZ INÁCIO LULA DA SILVA ;
 LE PRÉSIDENT CHILIEN GABRIEL BORIC ; LE PREMIER MINISTRE ESPAGNOL PEDRO SÁNCHEZ ;
ET LE PRÉSIDENT COLOMBIEN GUSTAVO PETRO POSENT
AU PALAIS DE LA MONEDA, À SANTIAGO, LE 21 JUILLET 2025.
PHOTO RODRIGO ARANGUA

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Euronews
Infos / Monde / L'Espagne et cinq pays d'Amérique latine condamnent la capture de Maduro / L'Espagne, le Brésil, le Chili, la Colombie, le Mexique et l'Uruguay ont publié une déclaration commune rejetant les opérations militaires unilatérales. Les gouvernements décrivent ces actions comme des violations du droit international et mettent en garde contre les risques pour la paix régionale.

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 Par Jesús Maturana avec The Associated Press Publié le 05/01/2026 - 7:30 UTC+1 •Mis à jour 7:53

Le président de l'Espagne, Pedro Sánchez, a confirmé dans un message sur son profil du réseau social X que l'Espagne, le Brésil, le Chili, la Colombie, le Mexique et l'Uruguay ont signé une déclaration rejetant les opérations militaires américaines menées à Caracas le 3 janvier.

EXFILTRATION DE NICOLAS MADURO
DESSIN ALLAN MCDONALD

► À penser en dessin : FENÊTRE SUR COUR  

L'opération comprenait des bombardements ainsi que la capture et l'extraction du président vénézuélien Nicolás Maduro et de son épouse. Les gouvernements signataires ont exprimé leur rejet total des actions militaires menées unilatéralement sur le territoire vénézuélien. Selon le texte commun, ces opérations violent les principes fondamentaux du droit international, en particulier l'interdiction du recours à la force et le respect de la souveraineté territoriale établis dans la Charte des Nations Unies.

À lire aussi :  « LES OMISSIONS D’EMMANUEL MACRON SUR LE VENEZUELA RISQUENT DE SONNER COMME UN AVEU D’IMPUISSANCE »    

Le communiqué souligne que ces actions constituent un précédent dangereux pour la paix et la sécurité dans la région, en plus de mettre directement en danger la population civile vénézuélienne. Les six pays conviennent que toute intervention de cette nature est en contradiction avec les cadres juridiques internationaux existants.

Hier, Pedro Sánchez a confirmé que, bien qu'ils n'aient pas officiellement reconnu le régime de Maduro, ils ne pourront pas reconnaître une intervention qui viole le droit international.

Appel au dialogue et souci des ressources stratégiques

Les signataires insistent sur le fait que la crise vénézuélienne ne peut être résolue que de manière pacifique, par le dialogue et la négociation, sans ingérence extérieure. Ils affirment que seul un processus politique inclusif, mené par les Vénézuéliens eux-mêmes, peut conduire à une solution démocratique et durable.

La déclaration aborde également un autre point sensible : l'éventuelle appropriation extérieure des ressources naturelles ou stratégiques vénézuéliennes. Les gouvernements ont exprimé leur inquiétude face à toute tentative de contrôle gouvernemental ou administratif de ces ressources, qu'ils considèrent comme incompatible avec le droit international et qui menace la stabilité économique, politique et sociale de toute la région.

Les pays ont appuyé sur le rôle de zone de paix de l'Amérique latine et des Caraïbes, appelant à l'unité régionale au-delà des différences idéologiques. Le texte appelle le secrétaire général des Nations Unies et les mécanismes multilatéraux à contribuer à la désescalade des tensions et à préserver la paix dans la région.

TRUMP ATTAQUE LE VENEZUELA ET
 KIDNAPPE MADURO ! / @MINTPRESS
DESSIN CARLOS LATUFF 


SUR LE MÊME SUJET :

04 janvier, 2026

LES MILITAIRES AMÉRICAINS ONT TUÉ «DE SANG-FROID» LA MAJEURE PARTIE DE L’ÉQUIPE DE SÉCURITÉ DURANT L’ENLÈVEMENT DU COUPLE MADURO

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DÉCLARATIONS DU MINISTRE VÉNÉZUÉLIEN DE LA DÉFENSE
 SUR L'ENLÈVEMENT DU COUPLE PRÉSIDENTIEL.

RT en français: 4 janv. 2026, 19:46

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RT France

Le ministère vénézuélien de la Défense a déploré dans un communiqué publié ce 4 janvier ce qu’il a qualifié d’«assassinat de sang-froid» d’une grande partie de l’équipe de sécurité, de soldats et de citoyens innocents lors de l’attaque américaine, reconnaissant dans la foulée la présidence intérimaire de la vice-présidente Delcy Eloína Rodríguez.

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Premières images de Nicolas Maduro à New York
escorté par des agents de la DEA


VENEZUELA : CARTOGRAPHIER LES RÉACTIONS INTERNATIONALES À L’OPÉRATION MILITAIRE ORDONNÉE PAR DONALD TRUMP


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VENEZUELA : CARTOGRAPHIER LES RÉACTIONS INTERNATIONALES
À L’OPÉRATION MILITAIRE ORDONNÉE PAR DONALD TRUMP

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Le Grand Continent
Études Géopolitique de Donald Trump / Quelques heures après les frappes américaines au Venezuela, la plupart des pays ont appelé à la retenue. / Neuf pays ont condamné l’attaque américaine au Venezuela et la capture de Maduro. / Une carte exclusive régulièrement mise à jour. / Date 3 janvier 2026 / Venezuela : cartographier les réactions internationales à l’opération militaire ordonnée par Donald Trump

Le Grand Continent

Neuf pays ont jusqu’ici condamné l’attaque américaine au Venezuela et la capture de Maduro : la Chine, le Bélarus, le Brésil, le Mexique, le Chili, Cuba, la Colombie, qui a annoncé le déploiement de troupes à la frontière avec le Venezuela ; l’Iran, qui fait face à des contestations massives et que Donald Trump a mis en garde hier, le 2 janvier, parlant d’une intervention américaine si le régime réprime les manifestations ; et la Russie.

TRUMP ATTAQUE LE VENEZUELA ET KIDNAPPE MADURO ! / @MINTPRESS
DESSIN CARLOS LATUFF 


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La Chine, premier importateur mondial de pétrole vénézuélien, s’est dite « profondément choquée » et « condamne fermement le recours flagrant à la force par les États-Unis contre un État souverain et les mesures prises à l’encontre de son président. Ces actes hégémoniques des États-Unis constituent une grave violation du droit international et de la souveraineté du Venezuela, et menacent la paix et la sécurité en Amérique latine et dans les Caraïbes. La Chine s’y oppose fermement. Nous appelons les États-Unis à respecter le droit international et les buts et principes de la Charte des Nations unies, et à cesser de violer la souveraineté et la sécurité d’autres pays ».

  • Pékin avait condamné la saisie des pétroliers après l’instauration du blocus américain, le 17 décembre.

De la Russie au Brésil, qui condamne l’attaque ?

Le président colombien Gustavo Petro a été parmi les premiers à réagir en publiant dans la matinée un message sur X : « En ce moment même, ils bombardent Caracas. Alerte au monde entier, ils ont attaqué le Venezuela. Ils bombardent avec des missiles. »

  • Il  a annoncé plus tard dans la matinée que les forces armées colombiennes étaient déployées à la frontière avec le Venezuela et qu’un soutien supplémentaire serait apporté « en cas d’afflux massif de réfugiés ».
  • Cuba a également publié un communiqué : « Cuba condamne et exige de toute urgence une réaction de la communauté internationale contre l’attaque criminelle des États-Unis contre le Venezuela. Notre zone de paix est brutalement agressée. »
  • Allié traditionnel de Caracas, La Havane est fortement tributaire des livraisons de pétrole vénézuélien à bas prix pour son approvisionnement domestique, le pétrole brut vénézuélien couvrant environ 40 % des besoins d’importation de pétrole du pays.

Miguel Díaz-Canel Bermúdez @DiazCanelB

#Cuba denuncia y demanda URGENTE reacción de la comunidad internacional contra criminal ataque de E.U a #Venezuela. Nuestra #ZonaDePaz está siendo brutalmente asaltada. Terrorismo de Estado contra el bravo pueblo venezolano y contra Nuestra América.

Patria o Muerte ¡Venceremos!

8:52 AM · 3 janv. 2026

  • Le ministère iranien des Affaires étrangères a également fermement condamné l’attaque « militaire américaine contre le Venezuela et la violation flagrante de la souveraineté nationale et de l’intégrité territoriale du pays » et réaffirmé « le droit inhérent du Venezuela à défendre sa souveraineté nationale et son intégrité territoriale».
  • L’Iran se retrouve dans une position particulièrement délicate, alors qu’un important mouvement de protestation a débuté lundi 29 décembre contre l’inflation et la perte de pouvoir d’achat. Hier, le 2 janvier, Donald Trump a mis en garde Téhéran : « Nous sommes prêts, armés et parés à intervenir ». 

La Chine, principal importateur de pétrole vénézuélien a fermement condamné l’opération. Pékin avait aussi condamné le blocus naval, le ministère chinois des Affaires étrangères dénonçant la saisie de navires comme une « violation grave du droit international » et affirmé que le Venezuela avait le droit de développer de manière indépendante une coopération mutuellement bénéfique avec d’autres pays, et que Pékin soutenait Caracas dans la « défense de ses droits et intérêts légitimes ».

CAPTURE D’ÉCRAN

  • Des responsables chinois ont été reçus hier, 2 janvier à Caracas. 
  • Selon l’agence de presse nationale Xinhua, la Chine a déconseillé à ses citoyens de se rendre au Venezuela dans un avenir proche.

Ailleurs en Amérique latine, le président sortant du Chili Gabriel Boric a condamné l’opération.

CAPTURE D’ÉCRAN

  • Son successeur élu à la présidence, l’allié de Milei et de Bukele José Antonio Kast s’est félicité de la capture de Maduro.

CAPTURE D’ÉCRAN

  • Claudia Sheinbaum, la présidente du Mexique a également condamné l’intervention : « L’article 2, paragraphe 4, de la Charte des Nations unies prévoit textuellement : ‘Les Membres de l’Organisation s’abstiennent, dans leurs relations internationales, de recourir à la menace ou d’employer la force contre l’intégrité territoriale ou l’indépendance politique de tout État, ou de toute autre manière incompatible avec les buts des Nations unies.’ »

  • Le président brésilien Lula a également condamné fermement l’opération américaine : « Cette action rappelle les pires moments d’ingérence dans la politique latino-américaine et caribéenne et menace la préservation de la région en tant que zone de paix. »
  • Le Brésil se dit « disposé à promouvoir le dialogue et la coopération ».

CAPTURE D’ÉCRAN

Par un communiqué du ministère des Affaires étrangères, la Russie de Poutine a également condamné « l’agression » américaine et réaffirmé : « sa solidarité avec le peuple vénézuélien et [son] soutien pour sa politique de défense des intérêts et de la souveraineté du pays ».

  • Moscou a également demandé des éclaircissements quant au sort de Maduro : « Nous sommes extrêmement alarmés par les informations selon lesquelles le président vénézuélien, Nicolas Maduro, et son épouse auraient été emmenés de force hors du pays à la suite de l’agression aujourd’hui par les États-Unis. »
  • Le Bélarus a également condamné l’attaque. Le ministère des Affaires étrangères bélarusse a déclaré que « l’agression armée » des États-Unis constituait une « menace directe » pour la paix et la sécurité internationales et réaffirmé son « soutien sans faille au gouvernement du Venezuela».

CAPTURE D’ÉCRAN

Les soutiens à l’opération militaire de Trump

L’Argentine est le principal pays de la région qui a apporté un soutien explicite à l’opération. 

  • Le président argentin Javier Milei a célébré la capture de Nicolás Maduro déclarant sur X : « La liberté progresse. »
  • Le président de l’Équateur a aussi exprimé son soutien déclarant que la structure des « narco-criminels chavistes » s’effondrerait à travers le continent et exprimant son soutien aux leaders de l’opposition vénézuélienne Edmundo Gonzalez et Maria Corina Machado. 
  • Israël a « salué » l’opération, ajoutant que le président Trump « a agi en tant que leader du monde libre ».

CAPTURE D’ÉCRAN

  • En Europe, la République de Kosovo a également exprimé son soutien à l’opération militaire américaine tout comme l’Italie : « Conformément à la position historique de l’Italie, le gouvernement estime que l’action militaire extérieure n’est pas la voie à suivre pour mettre fin aux régimes totalitaires, mais considère en même temps comme légitime une intervention de nature défensive contre les attaques hybrides contre sa propre sécurité, comme dans le cas d’entités étatiques qui alimentent et favorisent le trafic de drogue ».

CAPTURE D’ÉCRAN

Les appels à la désescalade et à « surveiller » la situation

En Europe, l’Union, par la voix de la Haute représentante Kaja Kallas, a déclaré « surveiller de près » la situation et a appelé à la retenue. 

CAPTURE D’ÉCRAN

  • Le président du Conseil européen, Antonio Costa a également déclaré : « Je suis la situation au Venezuela avec une grande inquiétude. L’Union européenne appelle à la désescalade et à une résolution dans le plein respect du droit international et des principes consacrés par la Charte des Nations unies. L’Union européenne continuera de soutenir une solution pacifique, démocratique et inclusive au Venezuela. Nous soutenons les efforts de la haute représentante et vice-présidente Kaja Kallas, en coordination avec les États membres, afin d’assurer la sécurité des citoyens européens dans le pays. »
  • Ursula von der Leyen a aussi publié une réaction : « Nous suivons de très près la situation au Venezuela. Nous sommes solidaires du peuple vénézuélien et soutenons une transition pacifique et démocratique. » « Toute solution doit respecter le droit international et la Charte des Nations unies. »

Cette expression (closely monitoring) est celle qui revient le plus dans les déclarations des Européens. 

  • La Belgique affirme ainsi : « La situation est suivie de près, en coordination avec nos partenaires européens. »
  • Les Pays-Bas déclarent surveiller la situation et être en contact avec leur ambassade au Venezuela. 
  • Ces déclarations prudentes contrastent avec la présence néerlandaise dans la région, plusieurs îles au large des côtes vénézuéliennes constituant des municipalités spéciales au sein de l’État des Pays-Bas.
  • Les îles d’Aruba et de Curaçao accueillent notamment des Cooperative Security Location (CSL) américaines qui, si elles ne sont pas à proprement parler des bases militaires, pourraient être utilisées pour du soutien logistique ou opérationnel dans la région — à moins de 100 kilomètres du territoire vénézuélien.
  • En tant qu’alliés des États-Unis au sein de l’OTAN, la présence de ces « relais » des Pays-Bas dans la région est suivie avec une attention particulière.

CAPTURE D’ÉCRAN

  • La Pologne déclare être en train de vérifier le nombre de ses ressortissants se trouvant au Venezuela. 
  • Le ministère italien des Affaires étrangères a quant à lui mis en place une cellule de crise. 

La France, par la voix de son Ministre des affaires étrangères a indiqué que « L’opération militaire ayant conduit à la capture de Nicolás Maduro contrevient au principe de non-recours à la force qui fonde le droit international. La France rappelle qu’aucune solution politique durable ne saurait être imposée de l’extérieur et que les peuples souverains décident seuls de leur avenir ».

CAPTURE D’ÉCRAN

  • Par la voix de Pedro Sanchez, l’Espagne a appelé à la désescalade : « Le droit international et les principes de la Charte des Nations unies doivent être respectés. » Madrid a également proposé de jouer le rôle de médiateur entre Caracas et Washington. 
  • Le Premier ministre britannique Keir Starmer a affirmé que le Royaume-Uni n’était « en aucune façon impliqué » dans l’opération. À la question de savoir s’il allait condamner l’attaque, il a répondu : « Je veux d’abord établir les faits. Je veux parler au président Trump. Je veux parler à nos alliés. » Il a poursuivi : « Comme vous le savez, je dis et je crois toujours que nous devons respecter le droit international. »
  • Trinité-et-Tobago a clarifié ne pas avoir participé à l’opération — alors que l’île avait apporté son soutien à l’armée américaine dans le cadre de sa campagne contre le trafic de drogue dans les Caraïbes.
m. trump, pirate des caraïbes 
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