31 juillet, 2020

3 MILLIONS DE CHILIENS RETIRENT DES FONDS DE LEURS RETRAITES

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PHOTO AFP
Les Chiliens étaient autorisés à puiser jusqu’à 10% de leur épargne-retraite pour la première fois, ce qui a provoqué de longues files d’attente.
« POPULISTE !!! »
JÉSUS CHASSE LES MARCHANDS DU TEMPLE 
DESSIN LAUZAN
Tribune de Genève
Plus de trois millions de personnes ont sollicité
 jeudi le retrait partiel de fonds de leur épargne-retraite au Chili à l’issue de la première journée où c’était possible, selon l’organisme gestionnaire.

De longues files d’attente devant les succursales des Administrateurs des caisses de retraite (AFP) et un trafic très dense sur les sites internet dédiés, au point de les saturer, ont marqué cette première journée où il a été rendu possible de demander de puiser jusqu’à 10% dans les fonds de retraites, une semaine après l’adoption par le Congrès d’une loi.

Jusqu’à 17h00 locales (23h00, heure suisse), 3’024’000 demandes ont été enregistrées, soit 27% des 11 millions d’affiliés aux AFP qui peuvent retirer des fonds. «Nous pensons que la plupart des personnes qui vont retirer leurs 10% le font parce qu’elles ont effectivement besoin de ces ressources étant donné le contexte actuel», a dit à la presse Fernando Larrain, un responsable des AFP.
91% des épargnants vont retirer

Une enquête d’opinion de Data Influye estime que 91% des épargnants auprès des AFP allaient retirer des fonds. Quelque 32% d’entre eux les utiliseront pour payer leurs dettes, 21% pour acheter des aliments ou des produits de première nécessité, et 18% pour les épargner ou les investir.

Chaque affilié peut retirer un maximum de 4,3 millions de pesos (5120 francs) et un minimum d’un million de pesos (1190 francs) de leurs fonds de pension. Ceux qui auront épargné moins que ce minimum pourront retirer tous leurs fonds. Une fois la demande effectuée, les AFP ont jusqu’à dix jours pour verser les fonds requis. La réforme du régime des pensions, qui oblige les travailleurs à verser 10% de leurs salaires sur un compte d’épargne retraite individuel, était au cœur des revendications du mouvement de contestation sociale qui a débuté en octobre 2019.

Ce système a en effet plongé de nombreux Chiliens dans la pauvreté, les condamnant à des retraites inférieures au salaire minimum (301’000 pesos, soit 359 euros). De précédentes tentatives de réforme s’étaient heurtées à l’opposition de la droite et du patronat. La loi a été votée par l’opposition, ralliée par des parlementaires soutenant le gouvernement de droite du président Sebastian Piñera, qui y était défavorable, mais qui l’a tout de même promulguée vendredi dernier.
AFP/NXP



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