11 juillet, 2022

LA CHINE APPELLE LES ÉTATS-UNIS À RÉVOQUER LES SANCTIONS CONTRE LES FONCTIONNAIRES CUBAINS

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LE PORTE-PAROLE DU MINISTÈRE DES AFFAIRES
ÉTRANGÈRES CHINOIS, WANG WENBIN

Beijing, 11 juillet 2022. La Chine a appelé aujourd'hui les États-Unis à révoquer les sanctions unilatérales imposées contre 28 fonctionnaires cubains et a qualifié cette action d’un exemple typique de diplomatie coercitive.

Prensa Latina

PHOTO  GREG BAKER / AFP 

Wang Wenbin, porte-parole du ministère des Affaires étrangères, a déclaré lors d'une conférence de presse que ces mesures étaient infondées, tout en ratifiant le soutien de Beijing aux efforts du gouvernement et du peuple de l'île pour maintenir la stabilité sociale.

RÉFÉRENDUM SUR LA NOUVELLE CONSTITUTION 
CHILI 4S 2022 
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Il a également rappelé le soutien majoritaire à l'Assemblée générale de l'Organisation des Nations Unies pendant 29 années consécutives aux résolutions présentées par La Havane pour mettre fin au blocus économique, commercial et financier que Washington maintient depuis plus de six décennies.

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« Nous appelons les États-Unis à écouter l'appel à la justice de la communauté internationale et à se tenir aux buts et principes de la charte de l'ONU pour lever de manière intégrale les sanctions unilatérales contre Cuba », a ajouté le porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères.

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Wang s'est exprimé ainsi après que le secrétaire d'État nord-américain, Antony Blinken, a annoncé des restrictions de visa pour 28 employés du gouvernement cubain et membres du Parti communiste de Cuba dans le cadre de sa politique de sanctions sur l'île, en plus du renforcement du blocus.

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Le chef diplomatique a annoncé que conformément à la Proclamation présidentielle 5377, ces fonctionnaires sont interdits d'entrer au territoire étasunien parce qu'ils ont permis ou facilité des arrestations violentes et injustes, de faux procès et des peines de prison pour les personnes impliquées dans les émeutes du 11 juillet 2021.

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Avec de telles pénalités et mesures financières coercitives, le gouvernement nord-américain prétend « soutenir une plus grande liberté et des opportunités économiques pour le peuple cubain », a signalé Blinken, qui n'a pas mentionné le blocus comme l'une des causes de la situation économique dans le pays des Caraïbes.

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En janvier et juin de cette année, ainsi qu'en novembre 2021, le Département d'État a adopté des mesures similaires contre des fonctionnaires du ministère de l'Intérieur et des Forces armées révolutionnaires, auxquels il a également appliqué des restrictions de visa à la suite de ce qui s'est passé le 11 juillet 2021.

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Ce jour-là, il y a eu des émeutes partout à Cuba, qui portaient attente contre l'ordre constitutionnel et la stabilité de l'État ; il y a eu des crimes d'ordre public, des incitations à commettre un crime et aussi des actes d'extrême violence contre les biens, les personnes et les autorités.

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Selon La Havane, ces actions ont été encouragées de l'étranger sur la base de l'application de stratégies de la guerre dite non conventionnelle et résultat du renforcement des mesures coercitives des États-Unis contre l'île au milieu de la pandémie de Covid-19.

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Par rapport aux sanctions contre les fonctionnaires, Cuba considère qu'elles faisaient partie de l'escalade agressive impulsée dès la Maison Blanche. jcc/livp/mgt/ymr

05 juillet, 2022

DÉCRYPTAGE / AU CHILI, UNE NOUVELLE CONSTITUTION POUR TOURNER DÉFINITIVEMENT LA PAGE PINOCHET

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PHOTO JAVIER TORRES / AFP

Après un an de travaux, l’Assemblée constituante née du mouvement social de 2019 a remis au président Gabriel Boric un projet ambitieux, qui tranche avec la Constitution néolibérale héritée du dictateur Augusto Pinochet.

par Samuel Ravier-Regnat

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Un nouveau visage pour le Chili. C’est ce que proposent les 154 membres de l’Assemblée constituante qui a remis ses travaux ce lundi au président Gabriel Boric, un an jour pour jour après la naissance de cet organe dont la création avait été massivement approuvée par référendum, fin 2020, dans la foulée du puissant mouvement social de 2019. Leur projet dessine un système politique plus démocratique, plus écologiste, et plus soucieux des droits des femmes et des populations autochtones. Il devra être validé par le peuple chilien, appelé à retourner aux urnes, le 4 septembre prochain, pour un nouveau référendum.

Lire aussi : LE CHILI, PREMIER PAYS AU MONDE À INSCRIRE L'AVORTEMENT DANS SON PROJET DE NOUVELLE CONSTITUTION

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Une victoire du «oui», dans deux mois, représenterait un tournant majeur dans l’histoire de ce pays de la côte ouest de l’Amérique latine, longtemps considéré comme un laboratoire des politiques néolibérales dans le sous-continent, avec ses systèmes de retraites et d’éducation privatisés. Et pour cause : la Constitution actuellement en vigueur, qui date de 1980, est héritée du dictateur Augusto Pinochet, chantre de la dérégulation de l’économie et accessoirement accusé avant sa mort de multiples violations des droits humains, parmi lesquels des actes de torture. Elu en fin d’année dernière dans une nouvelle répercussion de «l’estallido», la vague de manifestations qui a ébranlé le Chili en 2019, le nouveau chef d’Etat de gauche Gabriel Boric ne s’y est pas trompé. «Nous devons être fiers qu’au moment de la crise la plus profonde […] que notre pays ait connue depuis des décennies, les Chiliens et les Chiliennes aient opté pour plus de démocratie et non pour moins», a salué l’ancien leader étudiant lors d’une cérémonie officielle organisée à Santiago.

Lire aussi : CHILI : UNE NOUVELLE CONSTITUTION

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«État social et démocratique»

Contrairement à la loi fondamentale qui régit présentement le pays, le projet de nouvelle Constitution garantit le droit à la santé physique et mentale, à l’éducation et à la sécurité sociale. Dès son premier article, le texte définit le Chili comme «un Etat social et démocratique», mais aussi «plurinational, interculturel, régional et écologique». Les conventionnels réclament la reconnaissance d’au moins onze peuples autochtones, dotés de droits spécifiques. Une véritable ligne rouge pour les groupes les plus conservateurs, qui sont vent debout contre ces dispositions.

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«Le Chili est une économie minière, centrée sur l’exportation de matières premières. Une bonne partie de la droite redoute que les propositions de l’Assemblée constituante remettent en cause certains grands projets d’extraction. Mais cela relève surtout du fantasme», juge Antoine Maillet, politologue à l’université du Chili, basée à Santiago. Bien qu’ils l’aient un temps envisagée, les conventionnels n’ont par exemple pas retenu l’idée d’interdire l’extraction minière, bannie depuis quelques mois du Salvador et du Honduras. En revanche, ils accordent des «droits à la nature» et définissent l’eau comme un «bien commun inappropriable».

Garantir et sanctuariser le droit à l’avortement

En matière d’égalité de genre, l’Assemblée constituante se veut également pionnière, et prolonger «l’estallido», au cours duquel les mouvements féministes ont joué un rôle moteur. L’institution propose que «tous les organes collégiaux de l’Etat», ainsi que les organes de gestion de l’administration ou les conseils d’administration des services publics soient paritaires. Avec 77 hommes et 77 femmes dans ses rangs, elle respecte elle-même parfaitement ce principe. Les conventionnels veulent aussi constitutionnaliser le droit à l’avortement, ce qui serait une première mondiale. Et un symbole fort, à l’heure où la Cour suprême des Etats-Unis réduit en miettes toutes les garanties fédérales concernant l’IVG.

Sa mission désormais achevée, l’Assemblée constituante a été dissoute. La conclusion de douze mois de débats âpres et intenses, au sein d’un organe composé en majorité d’indépendants et où dix-sept sièges avaient été réservés à des représentants des peuples autochtones, comme la Mapuche Elisa Loncon, première présidente de l’Assemblée. Si la droite ne disposait pas de la minorité de blocage, fixée à un tiers, qu’elle avait espérée, les discussions ont parfois été ternies par la circulation massive de fausses nouvelles.

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«Une véritable campagne de dénigrement»

«Dans les médias détenus par la droite et sur les réseaux sociaux, il y a eu une véritable campagne de dénigrement, déplore Antoine Maillet. Par exemple, un sénateur de droite, membre de la famille de l’ancien candidat d’extrême droite à l’élection présidentielle José Antonio Kast, répète que l’Assemblée constituante veut autoriser l’avortement jusqu’à neuf mois. C’est absolument faux». Pour autant, les travaux des 155 conventionnels sont allés au bout, et Pierre Lebret, ancien conseiller de l’ex-présidente socialiste du Chili Michelle Bachelet, y voit «un processus hyper démocratique et très innovant». «C’est un exemple pour le monde entier», salue le chercheur franco chilien.

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S’ouvre désormais une nouvelle bataille, qui se jouera sur le terrain électoral. La droite est farouchement opposée au projet de la nouvelle Constitution, que le gouvernement soutient discrètement, par peur d’associer son destin à celui du texte. Car les sondages sont mauvais, qui donnent pour l’heure une victoire - certes serrée - du «rechazo», le non au référendum. Mais nombre de Chiliens se déclarent encore indécis. «Je vous invite à débattre intensément de la portée du texte, mais pas des mensonges, déformations ou interprétations catastrophistes qui sont déconnectées de la réalité», a averti le président Gabriel Boric. Et d’ajouter : «Une nouvelle fois le peuple aura le dernier mot sur son destin».

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04 juillet, 2022

CHILI : LE PROJET DE NOUVELLE CONSTITUTION, UN ÉCHEC ?

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CHILI « CAMPAGNE DE DÉNIGREMENT» FAÇON ALT-RIGHT
CONTRE LE PROJET DE NOUVELLE CONSTITUTION

Grosminet lit le projet
de nouvelle Constitution
Depuis un an, au Chili, une Assemblée constituante élabore une nouvelle Constitution pour le pays, pour remplacer le texte actuel hérité de l’ère Pinochet. Le nouveau texte a officiellement été remis ce lundi au président chilien dans les locaux de l’ancien Congrès, avant un référendum pour l’approuver ou le rejeter, le 4 septembre, explique El Mostrador. Pour l’heure, «55% des Chiliens n’ont pas lu le projet de Constitution proposé», souligne La Tercera, qui revient longuement sur les résultats d’une enquête d’opinion de Plaza Publica Cadem. 51% des personnes interrogées envisagent de rejeter le texte lors du référendum et ce chiffre grimpe à 58% pour ceux qui l’ont lu. La Tercera ajoute que même la méfiance à l’égard de l’Assemblée constituante est montée à 59%, « soit une augmentation de 9 points au cours du mois dernier ».

RFI

PHOTO FERNANDO RAMIREZ

c’est dans ce contexte que commencera, mercredi, la campagne pour ce référendum. La position tenue par le président lui-même est incertaine. Jusqu’ici, il avait choisi de lier le sort de son gouvernement à l’approbation du nouveau texte. Mais « revirement » cette semaine, écrit La Tercera : il a choisi de «dissocier le salut de son gouvernement des résultats du référendum ». Le journal consacre son édito à «l’opportunité perdue » de cette Assemblée constituante qui « termine ses travaux de manière impensable », critiquée par une grande partie du pays et avec un non au référendum susceptible de l’emporter.

Lire aussi : DÉCRYPTAGE / AU CHILI, UNE NOUVELLE CONSTITUTION POUR TOURNER DÉFINITIVEMENT LA PAGE PINOCHET

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«Une véritable campagne de dénigrement»

Le Neveu de K4st créateur
attitré de « fake news »
CAPTURE D'ÉCRAN

«Dans les médias détenus par la droite et sur les réseaux sociaux, il y a eu une véritable campagne de dénigrement, déplore Antoine Maillet. Par exemple, un sénateur de droite, membre de la famille de l’ancien candidat d’extrême droite à l’élection présidentielle José Antonio Kast, répète que l’Assemblée constituante veut autoriser l’avortement jusqu’à neuf mois. C’est absolument faux». Pour autant, les travaux des 155 conventionnels sont allés au bout, et Pierre Lebret, ancien conseiller de l’ex-présidente socialiste du Chili Michelle Bachelet, y voit «un processus hyper démocratique et très innovant». «C’est un exemple pour le monde entier», salue le chercheur franco chilien. (*)

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Même des membres de cette Assemblée évoquent un processus « loin d’être adéquat ». « Le texte reprend des préoccupations importantes de la société chilienne, comme la protection de l’environnement, la reconnaissance des peuples autochtones et la mise en évidence du rôle des femmes dans la société », reconnaît l’éditorialiste, « mais il ne conçoit pas d’institutions adéquates pour traiter ces questions ». «Convention n’avait qu’une seule tâche : produire un texte solide et moderne, mais ce qu’elle livrera ce lundi est loin d’être le cas », conclut le journal.

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03 juillet, 2022

MORT D’UN ANCIEN TORTIONNAIRE DE LA DICTATURE ARGENTINE

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PHOTO ENRIQUE MARCARIAN / REUTERS

Condamné neuf fois à la prison à vie, Miguel Etchecolatz est mort des suites d’une insuffisance cardiaque à l’âge de 93 ans. 
MIGUEL ETCHECOLATZ 
L’un des tortionnaires les plus emblématiques de la dictature argentine (1976-1983), Miguel Etchecolatz, qui avait été condamné neuf fois à la prison à vie, est mort, samedi 2 juillet, à l’âge de 93 ans, ont annoncé des organisations des droits humains. Il est mort des suites d’une insuffisance cardiaque dans une clinique où il avait été admis il y a quelques jours, selon les médias.

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Ancien chef adjoint de la police de la province de Buenos Aires, Miguel Etchecolatz avait commandé une vingtaine de camps de torture où des milliers de personnes ont été tuées après avoir été enlevées.

« Il n’aura jamais eu un mot pour les disparus », a déploré la députée et activiste de gauche argentine Myriam Bregman. « En raison du poste que j’occupais, j’ai dû tuer, et si c’était à refaire, je le referais », avait-il dit au cours de l’un de ses nombreux procès.

Miguel Etchecolatz avait été condamné en mai par un tribunal de La Plata, à 56 kilomètres au sud-est de Buenos Aires, pour séquestration, torture de sept personnes et assassinats de quatre d’entre elles, survenus en 1976 au centre de détention clandestin de La Plata.
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Neuf peines de prison à vie

Il s’agissait de la neuvième peine de prison à vie prononcée contre M. Etchecolatz, qui était détenu à Ezeiza, au sud de Buenos Aires, et qui avait suivi le verdict à distance, hospitalisé pour accès de fièvre. L’ancien tortionnaire avait auparavant été condamné à la prison à vie, aux côtés de dix coaccusés, à la fin de 2020, au terme d’un procès de deux ans qui avait porté sur 84 cas d’enlèvements, tortures et meurtres.

L’un des témoins-clés de ses nombreux procès, Julio Lopez, ancien détenu torturé sous la dictature, avait « disparu » alors qu’il se rendait à une audience au tribunal en 2006. La disparition du maçon de 77 ans, qui avait causé une profonde indignation, n’a jamais été élucidée.

Selon les organismes de défense des droits humains, quelque trente mille personnes ont disparu sous la dictature. Depuis la reprise des procès de la dictature au milieu des années 2000, après plus d’une décennie de mesures et lois d’amnistie hautement controversées, quelque 1 060 personnes ont été condamnées pour crimes contre l’humanité.


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02 juillet, 2022

LE GÉNÉRAL DE DIVISION LUIS ALBERTO LOPEZ-CALLEJA MEURT À CUBA

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LUIS ALBERTO RODRIGUEZ LOPEZ-CALLEJA

La Havane, 1 juillet 2022. Le général de division Luis Alberto Rodríguez López-Calleja est décédé vendredi à Cuba, selon un communiqué officiel. 
LUIS ALBERTO RODRIGUEZ 
Le décès du président exécutif du groupe d'administration des affaires des forces armées révolutionnaires est survenu aux premières heures de ce vendredi matin, à la suite d'un arrêt cardio-respiratoire. 


Le général Luis Alberto, membre du Bureau politique du Comité central du Parti et député à l'Assemblée nationale du pouvoir populaire, avait de brillants états de service envers la patrie et la Révolution cubaine, indique le communiqué. jcc/mv/evm

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01 juillet, 2022

MAROC. À NADOR, LES MORTS SONT AFRICAINS, L’ARGENT EUROPÉEN

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Le 24 juin 2022, au moins 23 migrants sont morts à la frontière entre le Maroc et l’Espagne, et il y a eu plus d’une centaine de blessés des deux côtés. L’ONU et l’Union africaine exigent une enquête indépendante. La coopération migratoire entre le Maroc et l’Espagne est de nouveau pointée du doigt. Reportage à Nador. / Melilla Coopération bilatérale Espagne Frontières Maroc Migrants Politique migratoire Union européenne (UE)

PAR SALAHEDDINE LEMAIZI

PHOTO  FADEL SENNA / AFP

Il est 14 h à Nador, nous sommes le samedi 25 juin 2022, le lendemain des tragiques incidents sur la frontière entre le Maroc et Melilla, enclave sous occupation espagnole. Un silence de mort règne dans cette ville rifaine. Chez les officiels locaux, l’omerta règne. Les portes sont closes. « Revenez lundi », nous dit-on sur place. Aucune information ne filtre sur le nombre exact des morts, des blessés et des personnes refoulées vers d’autres villes marocaines. Un homme s’active pour informer le monde sur ce qui se passe ; il s’appelle Omar Naji.

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Lire aussi : SAHARA OCCIDENTAL. L’ESPAGNE S’ALIGNE SUR LE MAROC ET SE FÂCHE AVEC L’ALGÉRIE

L’ODEUR DE LA MORT

Ce militant de l’Association marocaine des droits de l’homme (AMDH) à Nador alerte l’opinion publique et les autorités sur ce drame écrit d’avance depuis une décennie. « Les acteurs de ce drame sont les politiques européennes d’externalisation des frontières, le Maroc qui agit en tant qu’exécutant et des organisations internationales faiblement impliquées pour protéger les migrants et les réfugiés », accuse-t-il, sans détour. Faute d’une enquête judiciaire, Omar Naji tente dès les premières heures de la tragédie de récolter quelques pièces à conviction.


Nous rencontrons Omar à la sortie de la morgue de Nador où se trouvent les corps des migrants morts sur la frontière. Ce militant sent l’odeur de la mort. « Les scènes que je viens de voir sont insoutenables. Des corps jonchent le sol depuis 24 heures. Les dépouilles baignent dans leur sang. Les installations de la morgue sont débordées », lâche-t-il, encore sous le coup de l’émotion.

Deuxième étape dans cette quête d’indices pour reconstituer le puzzle de drame du 24 juin. À la permanence, les policiers ont passé une nuit blanche à réaliser les procès-verbaux des 68 migrants qui allaient être présentés le lundi 27 juin au parquet. La police a rassemblé les bâtons et les quelques objets tranchants utilisés par les migrants lors de la tentative de franchissement de la barrière. Pour la police judiciaire, ce sont les « pièces à conviction » qui ont permis au procureur de demander des poursuites judiciaires contre les migrants aujourd’hui en détention provisoire.

Troisième étape dans cette contre-enquête de Omar Naji, la récolte de témoignages de personnes en migration. Nous nous rendons sur le mont Gourougou, où les migrants sont dans des campements de fortune. La voiture du militant démarre, nous sommes pris en filature par des membres de services de sécurité. Sur la route de la rocade méditerranéenne, nous passons devant les murs de Nador-Melilla. Ce dispositif est composé de 3 clôtures de 6 mètres de haut et 12 kilomètres de long. Les lames tranchantes, responsables de graves blessures parmi les migrants durant des années, ont été remplacées par des obstacles anti-grimpe et une haute technologie de surveillance, le tout financé par l’Union européenne (UE). « Le Maroc creuse une deuxième tranchée pour compliquer le passage des migrants. Le pays joue son rôle de gendarme, surtout depuis la reprise de la coopération sécuritaire et migratoire avec l’Espagne en mars 2022 », estime Naji. Une semaine avant les incidents, les ministères de l’intérieur des deux pays se sont engagés à « poursuivre leur coopération sécuritaire ». Le 6 mai dernier, le groupe migratoire mixte permanent maroco-espagnol avait fixé l’agenda sécuritaire de coopération entre les deux pays.

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CHASSE AUX MIGRANTS OU LUTTE CONTRE «LES RÉSEAUX » ?

À Barrio Chino, point frontalier où s’est déroulée une partie des événements, des vêtements de migrants sont encore accrochés aux grillages. Canon à eau et forces d’intervention sont stationnés sur place pour faire face à de nouveaux assauts. Nous continuons notre chemin à la recherche de campements de migrants. Tout au long de l’année, les forces de l’ordre marocaines mènent des opérations pour chasser les migrants sous l’argument du « démantèlement de réseaux de trafic des êtres humains ». Pour Ali Zoubeidi, chercheur spécialiste en migrations, « il y a des réseaux de trafic présents dans d’autres endroits du Maroc, mais pas vers Melilla », observe-t-il, dans une déclaration à Infomigrants. La Boza par Melilla est gratuite, c’est la route empruntée par les migrants sans moyens. Dans les faits, les ratissages visent à disperser les migrants le plus loin possible de la frontière avec Melilla.

Dans un communiqué, 102 organisations africaines et européennes dénoncent les violations systématiques des droits humains à Nador : « Depuis plus d’un an et demi, les personnes en migration sont privées d’accès aux médicaments, aux soins, voient leurs campements brûlés et leurs biens spoliés ».

En 2021, l’AMDH Nador avait recensé 37 opérations de ratissage. Un chiffre en nette baisse en raison du Covid-19 et du confinement. En 2019, les opérations avaient atteint le chiffre record de 134 interventions. « Cette route a été réalisée spécialement pour permettre aux engins des forces de l’ordre d’accéder à la forêt », rappelle Naji, dont le téléphone ne cesse de recevoir des appels de journalistes d’un peu partout dans le monde. En pleine forêt, nous passons devant un campement des Forces auxiliaires, corps de sécurité géré directement par le ministère de l’intérieur. Ce camp, avec ses bâtisses en dur et plusieurs tentes, a été construit spécialement pour permettre des interventions rapides dans les campements.

Après une heure de route, Naji arrive à la conclusion suivante : « Les opérations menées par les forces de l’ordre ont poussé les migrants à fuir la forêt et toute la ville de Nador ». Nous quittons la forêt et nous croisons sur notre chemin les hauts responsables sécuritaires de la région, venus à bord de deux véhicules militaires, des Humvee, pour inspecter les lieux. Les seuls migrants présents dans cette ville sont soit morts, soit à l’hôpital, soit emprisonnés. Les migrants ont été dispersés vers plusieurs villes du centre du Maroc (Béni Mellal et Kelaat Sraghna). Cette situation dramatique, au retentissement international, est la conséquence d’une coopération sécuritaire entre le Maroc et l’Espagne, avec un financement européen.

L’UE, CYNIQUE BAILLEUR DE FONDS

Depuis 2007, l’UE a versé au Maroc 270 millions d’euros pour financer les différents volets sécuritaires de la politique migratoire marocaine. Ce financement se fait directement ou via des instances européennes et espagnoles (Fondation internationale et ibéro-américaine pour l’administration et les politiques publiques, International, Center for Migration Policy Development, etc.). Des montants que le Maroc considère « insuffisants au regard des efforts déployés par le pays pour la gestion des frontières ».

Depuis 2013, cette coopération s’inscrit dans le cadre du Partenariat pour la mobilité. Le financement européen en matière d’immigration aussi passe par le Fonds fiduciaire d’urgence de l’Union européenne pour l’Afrique ou des agences souvent espagnoles chargées d’acquérir des équipements sécuritaires pour le royaume chérifien (drones, radars, quads, bus, véhicules tout-terrain…). La Commission européenne (CE) présente ce financement avec des éléments de langage connus : « développer le système marocain de gestion des frontières, et de lutter de manière plus efficace contre le trafic d’êtres humains ». L’UE soutient aussi la Stratégie nationale pour l’immigration et l’asile adoptée par le Maroc en 2014. Cette politique est désormais en stand-by, avec un retour en force d’une vision sécuritaire.

Dans ses négociations avec la CE, le Maroc compte un allié de taille, l’Espagne. Le royaume fait valoir de son côté « une reprise de la pression migratoire sur le Maroc », comme aime le rappeler Khalid Zerouali, directeur de l’immigration et de la surveillance des frontières au ministère de l’intérieur marocain, dans ses sorties médiatiques adressées à ses partenaires européens. Le Maroc se positionne comme partenaire fiable de l’UE et invite son partenaire européen à « la responsabilité partagée ». Les routes migratoires marocaines sont les premières portes d’entrée vers l’Europe depuis 2019. L’Intérieur brandit ses chiffres de 2021 : 63 121 migrants arrêtés, 256 réseaux criminels démantelés et 14 000 migrants secourus en mer, en majorité des Marocains.

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CHANTAGES ET PRESSIONS

Dans ce contexte, un chantage est exercé de part et d’autre. L’UE veut amener le Maroc à héberger des centres de débarquement de migrants (hotspots) et signer avec le royaume un accord de réadmission globale Maroc-UE. Sur ces deux sujets, Rabat continue d’afficher une fin de non-recevoir à ces demandes. Sur le plan bilatéral, la France fait un chantage aux visas pour pousser le Maroc à rapatrier ses immigrants irréguliers. De son côté, le Maroc a fait de la gestion de l’immigration irrégulière une carte diplomatique, comme l’ont montré les évènements de Ceuta en mai 2021.

La migration devient ainsi un moyen de pression pour obtenir des gains sur le dossier du Sahara. Un sujet sensible qui a été le cœur d’un gel diplomatique entre le Maroc et l’Espagne durant plus d’un an. La reprise des relations entre les deux pays en mars 2022 a réactivé la coopération sécuritaire entre les deux pays voisins. Pour les 102 organisations des deux continents, ce retour de la coopération est à la source du drame de Nador. « La mort de ces jeunes Africains sur les frontières alerte sur la nature mortifère de la coopération sécuritaire en matière d’immigration entre le Maroc et l’Espagne », peut-on lire dans ce document.

Mehdi Alioua, sociologue et professeur à l’Université internationale de Rabat, accuse en premier l’UE et sa politique migratoire : « Ces frontières sont celles de la honte parce qu’elles sont totalement absurdes et hypocrites. Ces frontières sont incohérentes, elles sont là pour mettre en scène la “frontiérisation”. […] La responsabilité des Européens est directe. La responsabilité du Maroc de ce point de vue est indirecte », déclare-t-il dans une interview pour Medias24 [1].

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DES MIGRANTS CRIMINALISÉS ET DES CORPS À LA MORGUE

Nador, avec ses deux frontières maritime et terrestre avec l’Europe, est pris au piège de ces frontières. Les migrants payent le prix fort. L’an dernier 81 personnes sont mortes à Nador, noyées ou sur les grillages. Face au tollé mondial suscité par ces événements, le gouvernement marocain est sur la défensive. L’exécutif tente de présenter sa version des faits. Signe des temps, cette stratégie de damage control a été sous-traitée par des universitaires, des ONG ou des médias proches de l’État. Ils accusent tous… l’Algérie. Le chef du gouvernement espagnol accuse les “mafias” qui seraient responsables de ce drame tout en “saluant le Maroc pour son professionnalisme”.

Loin de cette bataille des récits, les militants sur le terrain continuent à panser les blessures des migrants, rechercher les noms des disparus et leurs nationalités, tenter de mobiliser les avocats pour la défense des migrants poursuivis à Nador. Ce procès, qui a démarré le 27 juin, s’annonce comme le plus grand procès des personnes en migration au Maroc. Vingt-huit migrants sont poursuivis avec de lourdes charges pénales. Un deuxième groupe de 37 migrants, dont un mineur, est poursuivi pour des délits. Pendant ce temps, les corps des migrants morts sont toujours à la morgue, sans autopsie ni enquête judiciaire pour établir les circonstances de leurs décès.