16 octobre, 2006

FUJIMORI PROFITE DES JOIES DE LA PÊCHE




"Au Chili, Alberto Fujimori semble être plus en congé sabbatique qu'en liberté conditionnelle", juge l'hebdomadaire péruvien Caretas, qui publie plusieurs photos de l'ancien président du Pérou en pleine partie de pêche sur les côtes chiliennes. Contraint de fuir son pays à la fin de l'année 2000, Alberto Fujimori s'est réfugié pendant cinq années au Japon, où il était né, avant de décider soudainement de rallier le Chili au début du mois de novembre 2005, en théorie pour participer aux élections présidentielles péruviennes de 2006 et tenter ainsi de retrouver le siège qu'il avait été contraint d'abandonner en toute hâte sous la pression de la rue, lasse de la dictature informelle qu'il avait instituée. Mais Fujimori a rapidement dû y renoncer en raison de mandats d'arrêt lancés par la justice péruvienne, qui enquête notamment sur son implication dans plusieurs assassinats politiques. Détenu pendant plusieurs mois à Santiago, Fujimori a retrouvé sa liberté de mouvement sur le territoire chilien en mai dernier et attend désormais de connaître la décision des autorités, qui examinent sa demande d'extradition vers la capitale péruvienne. "Il semble que le fuyard vive comme un dieu au chili", raconte l'hebdomadaire, qui dresse une liste détaillée de ses activités sportives et culturelles. "Il a retrouvé une bonne partie de la vie agréable qu'il menait au Japon. […] Pendant qu'il jouit d'une vie de plaisir et de repos, 'Chinochet' [un néologisme créé à partir de 'Chino', le surnom de Fujimori au Pérou, et de Pinochet], qui possède dans ses veines la patience orientale, attend tranquillement que les fils qu'il a soigneusement tissés pendant la campagne présidentielle péruvienne permettent de réduire à néant le travail effectué depuis près d'un an en vue de son extradition." De fait, la procédure en cours semble s'enliser inoxérablement, la démission du magistrat péruvien chargé de ce dossier d'extradition, Iván Montoya, constituant le dernier contretemps en date. Fujimori devrait donc avoir encore largement le temps d'arpenter le littoral du Chili, un pays qui s'étend sur plus de 4 200 kilomètres.

VISITE MERCREDI EN ALLEMAGNE DE LA PRÉSIDENTE DU CHILI, AXÉE SUR L'ÉCONOMIE

La présidente chilienne, Michelle Bachelet, est attendue mercredi en Allemagne pour une visite de quatre jours, aux accents principalement économiques, qui sera aussi un retour dans un pays, l'ex-RDA, où fuyant la dictature d'Augusto Pinochet, elle avait séjourné comme étudiante. 

Après des entretiens mercredi avec le maire social-démocrate (SPD) de Berlin, Klaus Wowereit, la présidente socialiste sera reçue jeudi par le président, Horst Köhler, et la chancelière, Angela Merkel, tous deux membres du parti conservateur CDU. Mme Bachelet devrait notamment évoquer avec Angela Merkel l'élection d'un membre latino-américain non permanent du Conseil de sécurité de l'Onu, poste auquel aspirent le Guatemala et le Venezuela, indique-t-on de sources diplomatiques chiliennes. 

Elle discutera également jeudi avec un groupe d'investisseurs allemands présents au Chili en vue de l'établissement d'un dialogue permanent qui favorise les relations économiques bilatérales. Vendredi, elle inaugurera à Bitterfeld, centre industriel de Saxe-Anhalt (est), une usine de transformation de l'oligo-élément mobyldène, créée avec des capitaux chiliens. Cet investissement pourrait se monter à quelque 50 millions d'euros, selon des sources diplomatiques chiliennes. 

Mme Bachelet participera ensuite à Leipzig (est) à un séminaire sur l'énergie et l'environnement, puis se rendra à Stuttgart (sud-ouest) pour l'assemblée annuelle de la société ibéro-américaine, à laquelle prennent part des entreprises et banques allemandes intéressées par le développement des relations avec le continent latino-américain. Samedi, avant de regagner Santiago, elle rencontrera des autorités et entreprises du riche Etat régional du Bade-Wurtemberg. Mme Bachelet avait fui la dictature du général Pinochet pour rejoindre la République démocratique allemande (RDA) en 1975. Elle y était restée jusqu'en 1979.

BACHELET DE RETOUR SUR SON LIEU DE TORTURE





Dans les années 70, sous le régime Pinochet, la présidente chilienne fut torturée à la Villa Grimaldi, parmi des milliers d'autres opposants de gauche.
Tout au long de la dictature de Pinochet, plus de 3000 personnes ont été tuées et l'on dénombre environ 30 000 personnes torturées.
Il y a trente ans, sous la dictature militaire d'Augusto Pinochet, Michèle Bachelet était une prisonnière parmi tant d'autres. Son lieu de détention, la Villa Grimaldi, qui cache bien son nom, fut le théâtre de tortures quotidiennes infligées par la police secrète aux opposants de gauche sous le régime Pinochet, de 1973 à 1990. Le site internet de la Villa, transformé depuis en mémorial, évoque avec retenue des "chocs électriques", des "asphyxies" et autres "passages à tabac".
La présidente chilienne est revenue samedi pour la première fois depuis les années 70 en ces lieux marqués d'histoires, marqués de souffrance et a tenu à rendre hommage à ceux qui n'ont pas survécu. La villa, détruite il y a quelques années, a été partiellement reconstituée, pour que le souvenir de ces atrocités ne s'efface pas de la mémoire collective. Devant un mur portant les noms des prisonniers enlevés et tués, la présidente s'est recueillie quelques minutes, en silence.
"Nous sommes des privilégiés"
"C'est un moment douloureux, qui me rappelle des souvenirs tristes d'une époque où la terreur régnait, mais c'est surtout le moment de réaffirmer la vie, la liberté et la paix", a ensuite déclaré la présidente chilienne, en inaugurant un nouveau théâtre au coeur du parc.
Cette médecin de formation fut détenue et torturée avec sa mère avant de quitter le Chili en 1975. Elle s'exila en Australie, puis en Allemagne de l'Est. "Nous sommes des privilégiés parce que nous avons eu la chance de survivre. Des milliers de Chiliens, dont mon père et tant d'autres êtres aimés, n'ont pas survécu à la prison et à la torture", a-t-elle rappelé. Son père, un général de l'armée de l'air, succomba en effet aux tortures pratiquées dans un camp de prisonnier. Tout au long de la dictature de Pinochet, plus de 3000 personnes ont été tuées et l'on dénombre environ 30 000 personnes torturées.
Au point mort
Ces exactions seront peut être un jour punies, puisqu'en septembre dernier, la Cour suprême du Chili a levé l'immunité d'Augusto Pinochet. A 90 ans, l'ancien dictateur pourrait être inculpé de meurtre, torture et autres violations des droits de l'homme pratiqués à la Villa Grimaldi.
Ses avocats tentent pas tous les moyens de lui éviter une telle condamnation, arguant le que général n'était pas au courant des actions menées par ses agents. Augusto Pinochet avait déjà perdu son immunité pour d'autres poursuites, pour violations des droits de l'homme. A ce jour, ces dossiers sont toujours au point mort...

Michelle Bachelet annonce des mesures prochaines pour révoquer l'amnistie des responsables de la dictature


La présidente chilienne Michelle Bachelet a déclaré samedi 14, lors d'une visite émouvante dans un centre de torture où elle fut détenue en compagnie de sa mère sous le régime militaire, que son gouvernement prendrait des initiatives pour révoquer la loi d'amnistie qui empêche l'inculpation de responsables ayant commis des violations des droits de l'Homme pendant cette période.
La Villa Grimaldi, où les forces de sécurité du général Augusto Pinochet détenaient, torturaient et tuaient les dissidents du régime, a depuis été transformée en un site à la mémoire des victimes de la dictature dans les années 1973-1990.


Dans un discours prononcé sur place, Mme Bachelet a déclaré que ce qui était jadis "un endroit de terreur, de souffrance et de tristesse" était devenu "un espace d'espoir, de liberté et de paix".
Mme Bachelet, alors étudiante en médecine, âgée de 22 ans, avait été détenue plusieurs semaines dans ce centre en 1975, en compagnie de sa mère. Elle n'a jamais décrit cet épisode de sa vie dans le détail, mais il semblerait que les deux femmes, qui avaient presque toujours les yeux bandés, aient été victimes d'abus.

La loi d'amnistie qu'Augusto Pinochet a fait voter en 1978 a empêché jusqu'ici la poursuite des coupables de sévices sous la dictature. Mais la présidente chilienne a indiqué samedi que son gouvernement allait prendre sous peu des mesures pour la révoquer, suite à l'arrêt récent de la Cour interaméricaine des droits de l'Homme qui juge cette amnistie contraire au droit international.
"Le gouvernement annoncera bientôt des mesures qui assureront que l'Etat chilien agira en accord avec le droit international", a-t-elle déclaré sans donner plus de détails.

Quelque 4.500 personnes ont été détenus à la Villa Grimaldi entre 1973 et 1978. La plupart ont été torturées, nombre d'entre elles ont été tuées, et 200 sont encore portées disparues.
Selon un rapport officiel, 3.197 personnes ont été tuées pour des motifs politiques sous la dictature. On ignore encore aujourd'hui ce que sont devenues plus d'un millier d'entre elles.

Un tribunal chilien a récemment levé l'immunité qui protégeait le général Pinochet, ouvrant ainsi la voie à son inculpation pour enlèvements et actes de tortures perpétrés à la Villa Grimaldi.

SANTIAGO (AP) par eduardo Gallardo

06 octobre, 2006

Le centre du Chili secoué par un puissant séisme


SANTIAGO (AP) -- Le centre du Chili a été ébranlé jeudi par un puissant séisme, mais on ne faisait pas état de dégâts ni de victimes dans l'immédiat, ont annoncé les autorités.

Le tremblement de terre, d'une magnitude de 6,1, s'est produit à 14h05 (18h05 GMT) et était centré dans la région de Coquimbo, à 252 kilomètres au nord/nord-est de la capitale, Santiago, selon le service géologique américain.


Carmen Fernandez, chef des Services d'urgence du gouvernement chilien, a affirmé que la secousse avait été ressentie sur une zone de 1.000 kilomètres, notamment à Santiago et dans la ville portuaire de Valparaiso, où habitent près de la moitié des 15,5 millions de Chiliens. AP


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05 octobre, 2006

LEVÉE D'IMMUNITÉ DE PINOCHET POUR TORTURE


La Cour suprême officialise la levée d'immunité de Pinochet pour torture

La Cour suprême du Chili a annoncé officiellement mercredi la levée de l'immunité de l'ancien dictateur Augusto Pinochet pour la torture de prisonniers dans le centre clandestin de Villa Grimaldi durant le régime militaire (1973-1990).

La décision judiciaire avait été approuvée à l'unaminité par la Cour le 4 septembre dernier mais n'avait pas encore fait l'objet d'une communication officielle.

Cette levée d'immunité qui ouvre la voie au jugement de Pinochet dans cette affaire avait été prononcée en janvier dernier par la Cour d'appel de Santiago mais devait encore être validée par la Cour suprême afin d'être valable.

Augusto Pinochet, âgé de 90 ans, a déjà perdu son immunité d'ex-président à plusieurs reprises, dans le cadre d'enquêtes sur des disparitions d'opposants au milieu des années 70 mais aussi pour évasion fiscale, après la découverte de comptes bancaires secrets à l'étranger d'un montant supérieur à 27 millions de dollars.

Villa Grimaldi, du nom d'une ancienne maison de repos pour gens aisés située à Santiago, servit de 1973 à 1978 de centre de détention clandestin aux terribles services secrets chiliens (DINA).

Avec la levée d'immunité de Pinochet, la Cour suprême autorise le juge chilien Alejandro Solis à interroger et inculper l'ancien dictateur. Jusqu'à présent, le magistrat a inculpé dans cette affaire les principaux chefs de la Dina, la police secrète de la dictature, dont le général Manuel Contreras, qui purge actuellement une peine de 12 ans de prison pour des délits similaires.

L'enquête porte sur la détention illégale et la torture de 59 personnes emprisonnées secrètement dans ce camp.
La nouvelle présidente chilienne Michelle Bachelet et sa mère Angela Jeria, y furent emprisonnées et torturées pendant un mois en 1975, après le coup d'Etat de Pinochet (11 septembre 1973) et l'arrestation du père de Mme Bachelet, le général d'aviation Alberto Bachelet.

Selon des informations officielles, 226 personnes sont mortes sous la torture et 4.500 ont été soumises à toutes sortes de mauvais traitements physiques et psychologiques (décharges électriques, viols, utilisation de chiens, etc..) à Villa Grimaldi.

La villa, construite dans les années 30, a été démolie peu avant la fin de la dictature, en 1988, mais un petit musée témoigne des horreurs subies par les prisonniers au milieu d'un très beau parc.
AFP 04.10.06 | 18h18

03 octobre, 2006

LES FARC DEMANDENT UN ÉCHANGE DES OTAGES


AP/ Henry Romero
En Colombie, les FARC demandent "au plus tôt" un échange des otages
La guerilla des Forces armées révolutionnaires de Colombie, les FARC, a déclaré, dimanche 1er octobre, souhaiter "au plus tôt" un échange humanitaire entre les rebelles détenus et les otages, demandant au gouvernement colombien d'officialiser le retrait de ses troupes de deux municipalités du sud-ouest du pays pour entamer les négociations.

Il s'agit de la première déclaration officielle de la guérilla marxiste après le geste du président colombien Alvaro Uribe qui a accepté jeudi de démilitariser deux municipalités, conformément aux exigences des rebelles. Vendredi, M. Uribe avait réaffirmé être prêt à négocier sur les conditions de la "zone de rencontre", tout en précisant qu'il ne s'agira pas d'un "refuge pour le délit", ni un "camp de récupération militaire pour le terrorisme".

Dans un entretien à l'agence de presse Colprensa, le numero 2 des FARC, Raul Reyes, a demandé que l'échange humanitaire entre les guérilleros et les otages, dont la Franco-Colombienne Ingrid Betancourt, ait lieu "au plus tôt car beaucoup de temps a été perdu". Il a également demandé, dans cet entretien, au président colombien de décréter le retrait effectif des troupes dans les municipalités de Florida et Pradera (sud-ouest), soulignant que la guérilla effectuera une "vérification" de la zone avant d'entamer les négociations.

"NOUS SOMMES PRÊTS"

"On aurait pu éviter tant de morts, tant de souffrance pour les familles et pour eux mêmes, si on avait pris, au cours des quatre dernières années, la décision qui est maintenant annoncée, mais qui n'a pas de décret pour être vérifiée. Pour cela, nous disons : nous sommes prêts", affirme M. Reyes.

La France, la Suisse et l'Espagne avaient déjà proposé, le 13 décembre, la création d'une zone démilitarisée sous contrôle international pour négocier l'échange humanitaire. Les FARC avaient repoussé cette proposition, estimant que la zone démilitarisée de 180 kilomètres carrés accordée par le gouvernement était trop petite.

Les FARC, la plus importante guérilla du pays, réclament la libération de 500 guérilleros emprisonnés contre celle de 58 otages, des personnalités politiques et militaires dont trois Américains et Ingrid Betancourt, 44 ans, ex-candidate à l'élection présidentielle enlevée le 23 février 2002. La guérilla, qui compte environ 17 000 combattants, mène depuis quatre ans des négociations via les médias et l'opinion publique avec le président Uribe, réélu le 28 mai.

30 septembre, 2006

NATURE

Pascua-Lama est le nom d'une mine dont la construction devrait débuter en 2006. Elle est situé à environ 150 kilomètres au sud-ouest de Vallenar, Chili et à environ 300 kilomètres au nord-ouest de San Juan, Argentine. Il s'agit d'une mine à ciel ouvert située à 4600 mètres d'altitude. Dès 2009, elle devrait produire en moyenne 750 000 onces d'or et 30 million d'onces d'argent par année. La mine devrait avoir une durée de vie de 20 ans. Plusieurs compagnies participent à ce projet dont Barrick Gold du Canada.

Pour pouvoir extraire ces métaux, il est nécessaire de casser, de détruire les glaciers (du jamais vu auparavant dans le monde !) et, d’y faire deux énormes trous aussi grands que Chuquicamata (note du traducteur: soit aussi grand chacun qu’une montagne entiére): l’un sera pour extraire les minéraux, l’autre pour y jeter les déchets (les industries minières ne practiquent pas de recyclage). A découvrir (en Ñ) sur : www.olca.cl www.noapascualama.org et en français sur : www.developpement-durable-lavenir.com ou sur le site de mountain Wilderness : mountainwilderness.org

29 septembre, 2006

Colombie: un premier pas pour la libération des otages

Colombie: le président Uribe fait un premier pas pour la libération des otages

Le président colombien Alvaro Uribe a fait jeudi un premier pas en vue d'un accord humanitaire pour la libération des otages dont la Franco-Colombienne Ingrid Betancourt, en acceptant l'exigence des guérilleros des FARC de démilitariser deux municipalités.

"Il existe une volonté politique pour effectuer un retrait des troupes (gouvernementales) et s'asseoir pour négocier", a annoncé l'ancien ministre Alvaro Leyva, désigné par le président pour établir un contact avec les Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC, marxistes), la principale guérilla colombienne.

M. Leyva a ajouté qu'Alvaro Uribe retirerait les troupes des municipalités de Florida et de Pradera (sud-ouest-département du Valle del Cauca) qui seront déclarées "zone de rencontre" pendant 45 jours.

La décision présidentielle a été confirmée par le ministre de la Défense Juan Manuel Santos, affirmant qu'il s'agit d'une nouvelle "démonstration pour le pays et la guérilla de la volonté de parvenir à un accord humanitaire".

Depuis des semaines, le chef de l'Etat se heurtait à une très forte résistance de l'armée à cette démilitarisation. "La décision a été prise il y a longtemps, mais l'armée a tout fait pour convaincre le président de renoncer à cette initiative", a révélé à l'AFP Carlos Lozano, le directeur d'un journal communiste impliqué dans les négociations.

"Les militaires activent le conflit dans cette région pour empêcher le gouvernement de retirer ses troupes", affirme l'ancien président Ernesto Samper (1994-98), qui a condamné les bombardements aériens des derniers jours.

"Si personne ne s'oppose à la démilitarisation, je ne vois pas pourquoi cette fois nous ne pourrions pas avancer", a déclaré à l'AFP M. Leyva. "Une fois que le gouvernement a pris la décision politique, l'étape suivante est d'adopter des mesures militaires", a-t-il ajouté.

La guérilla exige, comme préalable à toute négociation pour un échange humanitaire, la démilitarisation des deux municipalités, enclavées dans la cordillère centrale et constituant un couloir d'approvisionnement stratégique.

Les FARC réclament la libération de 500 guérilleros emprisonnés contre celle de 58 otages, des personnalités politiques et militaires dont trois Américains et la Franco-Colombienne Ingrid Betancourt, 44 ans, enlevée le 23 février 2002 alors qu'elle était candidate à l'élection présidentielle.

En mai 2003, M. Uribe, après l'exécution par les FARC de dix de leurs otages, a proposé à la France d'accueillir les rebelles détenus, mais les FARC ont exigé leur libération en Colombie.

Mme Yolanda Pulecio, la mère d'Ingrid Betancourt, a salué la décision de M. Uribe de démilitariser les deux municipalités, qui ravive l'espoir des familles d'otages de la guérilla. "Pour la première fois depuis longtemps, cette nouvelle nous remplit d'espoir", a-t-elle déclaré à l'AFP. "J'espère bientôt pouvoir retrouver ma fille", a-t-elle ajouté.

Depuis plus de quatre ans, le gouvernement et les FARC affirment vouloir négocier, s'efforçant de faire porter au camp adverse la responsabilité de l'échec d'un échange humanitaire en exigeant de nouvelles conditions.

Et certains diplomates européens redoutent qu'en dépit des effets d'annonce du président sur cette démilitarisation, des obstacles soient dressés sur la route d'un accord humanitaire.

Mercredi soir, le président a déjà lancé une mise en garde. "Il ne pourra s'agir d'une zone de refuge pour le crime, ni d'une récupération militaire d'un territoire pour le terrorisme. Ce doit être une zone de rencontre qui prouve aux Colombiens et à la communauté internationale qu'il existe une volonté de parvenir à la paix", a-t-il dit.

La France, la Suisse et l'Espagne avaient proposé le 13 décembre la création d'une zone démilitarisée sous contrôle international pour négocier l'échange, mais les FARC avaient repoussé la proposition, estimant pour des raisons de sécurité qu'une zone démilitarisée de 180 kilomètres carrés serait trop petite.

La démilitarisation totale des communes de Florida et de Pradera concerne 850 kilomètres carrés de territoire.
28/09/2006 - 18:43 Par Jean-Luc PORTE

27 septembre, 2006

Grève de l'éducation

Grève de l'éducation, manifestation et razzia
La présidente chilienne Michelle Bachelet a fait face hier à une importante grève avec de fortes mesures de sécurité. La mobilisation a réuni professeurs, lycéens et étudiants, employés de la santé et des impôts. La journée a été plus tranquille que ce à quoi on s'attendait, mais il y a eu des chocs isolés entre la police et les manifestants et les professeurs ont accusé le gouvernement de vouloir saboter la mobilisation.

Les différents syndicats chiliens ont porté des demandes motivées par les plus de 10.000 millions de dollars d'excédents avec lesquels espère conclure cette année le fisc chilien, appuyés principalement sur la haute valeur atteinte par le cuivre, le principal produit d'exportation du pays. De plus, les professeurs et les étudiants demandent des améliorations structurales dans l'éducation. Malgré les demandes, le gouvernement de Bachelet a remarqué qu'il maintiendra une politique d'austérité fiscale et destinera à l'épargne la majorité des excédents.

L'acte central a été une marche de plus de 4000 manifestants par les rues du centre de Santiago, qui a culminé au Ministère d'Education, à proximité du palais présidentiel de la Moneda. "Cela fut une mobilisation historique, puisqu'ont marché ensemble une grande quantité d'étudiants avec les professeurs", a indiqué Jenny Assael, conseillère du Collège de Professeurs. "Madame la ministre, je voudrais que pour un mois vous viviez avec mon salaire et moi avec le votre", chantaient un groupe de professeurs. "Bachelet, Bachelet, où êtes-vous, on ne vous voit pas !", était un autre des hits.

"Nous sommes le monde social qui est fatigué des luttes partielles et aujourd'hui dit au gouvernement : nous voulons un changement général dans l'éducation", a prévenu Nicolas Grau, le président de la Fédération des Etudiants du Chili (FECH). "L'idée de nous regrouper est de montrer que les secteurs sociaux de l'éducation continuent unis et peuvent influer sur la politique depuis la rue", a-t-il ajouté.

Le gouvernement a fait face à la grève avec un nouveau plan de sécurité, adopté après les troubles de la commémoration du coup d'État du 11 septembre 1973. Aux heures préalables à la grève, a été ordonné le déploiement d'un millier de Carabiniers, pour maintenir l'ordre et éviter que la colonne de la manifestation arrive à La Moneda, dont les alentours ont été fermés par des barrières de sécurité. De plus, la police avait des instructions d'arrêter les personnes masquées et de dissoudre toute tentative d'excès.

Une autre des mesures prises par le gouvernement a été les perquisitions. Le climat qui a précédé la mobilisation s'est tendu le matin, quand des agents des services de renseignement et de la police ont détecté des bombes "molotov" dans quelques demeures. Les agents ont arrêté six personne, y compris un citoyen espagnol, dont l'expulsion du pays a été immédiatement ordonnée par le Ministère de l'Intérieur. A ces découvertes se sont ajoutés un autre "molotov" que la police a trouvé en face du siège du Parti Socialiste (PS) de la présidente Bachelet et l'éclatement d'une bombe de bruit durant la marche. Pour beaucoup, ces supposées découvertes ont été une tentative du gouvernement de saboter la mobilisation. "Ce fut un montage", a affirmé l'analyste Assael dans en dialogue téléphonique avec Página/12. Un autre des éléments qui a apporté une tension a été le changement de parcours de la marche que le gouvernement a imposé au dernier moment et qui a gêné les professeurs.

Cependant la journée a été tranquille. "Nous avons été capables de marcher dignamente et de réclamer au pays et au gouvernement qu'on nous écoute", a indiqué Jorge Pavez, le président du Collège de Professeurs, à la fin de la manifestation. Pavez a ainsi souligné le caractère pacifique de la grève et a demandé aux manifestants de se retirer sans causer de troubles. Bien que durant la marche des incidents n'ont pas été enregistrés, une opération policière a effectué l'arrestation de six étudiants, accusés de porter des armes coupantes, à Santiago, et six autres à Valparaiso.

Comme cela avait eu lieu lors de la grève enseignante du 12 septembre dernier, les chiffres de suivi qu'a publié chaque groupe ont été très différents. La sous-secrétaire d'Education, Pilar Romaguera, a affirmé que les établissements d'enseignement dans le pays ont fonctionné avec normalité et que la grève a eu une adhésion de seulement 24 pour cent. Le Collège des Professeurs a donné un nombre opposé, en affirmant que 80 pour cent des professeurs ont paralisé leurs activités. Pour eux, les attentes se sont vues largement accomplies. Mais l'histoire ne s'arrête pas là. Le gouvernement et le syndicat iront à un nouveau round demain, quand ils reprendront les négociations.

Virginia Scardamaglia, Pagina/12 (Argentine), 27 septembre 2006. Traduction : Fab, santelmo@no-log.org

Marche convoquée par les enseignants

PHOTO ÁLEX VALDÉS

La marche convoquée par les enseignants s'est déroulée sans incident. Environ trois mille personnes ont pris part à la mobilisation, à laquelle ont adhéré également des étudiants et des travailleurs de la santé.

La manifestation a suivi le parcours tracé par l'Intendance Métropolitaine et a terminé en face du Ministère de l'Éducation, où le président des enseignants, Jorge Pavez, a demandé la dérogation de la Loi Organique Constitutionnelle d'Enseignement (LOCE).

La Loi Organique Constitutionnelle d'Enseignement (LOCE) : est une loi d'éducation promulguée par le dictateur Augusto Pinochet un jour avant de laisser le pouvoir, qui a fait entrer le marché dans l'éducation. La loi a généré des collèges pour pauvres et pour riches, avec des différences importantes dans la qualité de l'éducation et un système de propriétaires privés d'établissements éducatifs qui reçoivent des subventions de l'État mais manquent de contrôles.

Mme Bachelet a annoncé qu'en juillet 2006 elle enverra au Congrès un projet de réforme constitutionnelle pour la dite loi, «qui propose quelque chose d'essentiel, le droit de tout citoyen à une éducation de qualité (...) l'État sera un vrai garant de la qualité de l'éducation publique et privée»

CE QUI EST MIS EN CAUSE DANS LE SYSTEME EDUCATIF CHILIEN

Les lycéens chiliens ont obtenu ce que quatre décennies de gouvernements démocratiques n'ont pas pu : installer la déficience du système éducatif dans l'agenda politique et des médias. La dernière loi du régime de Pinochet a modifié le système en vigueur, en transférant les lycées du Ministère de l'Education Nationale à plus de 200 municipalités de tout le pays, qui de plus ont commencé à implanter un nouveau système de financement via subventions. Le président du Collège de Professeurs, Jorge Pavez, a expliqué qu'avec la Loi Organique Constitutionnelle d'Education (LOCE) s'est imposé un «regard de marché» qui est celui qui est aujourd'hui en échec. Carolina Toha, présidente de la Commission d'Education de la Chambre Basse, a coincidé avec ce questionnement : «Autant cette loi que la Constitution de 1980 protège plus la liberté d'enseignement que le droit de tous les citoyens à l'accès à l'éducation».Pagina/12, 02 juin 2006

PHOTO JUAN EDUARDO LÓPEZ

26 septembre, 2006

BIENTÔT UN PACS AU CHILI?

Un Pacs à la chilienne. Un rêve dans un pays parmi les plus conservateurs et les plus catholiques d'Amérique latine qui pourrait bien devenir réalité. Le Mouvement d'intégration et de libération homosexuelle (Móvilh) a envoyé au gouvernement un projet de «Pacte d'union civile». 

Cette loi, à laquelle le gouvernement s'est dit favorable la semaine dernière, réglerait entre autres les problèmes d'héritage et de retraite des homosexuels et des hétérosexuels en concubinage. 

Soutenue par la gauche, y compris le parti démocrate-chrétien, et le premier parti de droite, Rénovation nationale, cette mesure fait partie des promesses de campagne de la présidente Michelle Bachelet. Si le Pacte d'union civile semble donc en bonne voie, l'Église, très influente au Chili, s'y oppose. Reste donc à voir si les bonnes intentions se concrétiseront.

Copyright tetu.com par Claire Martin

Un squat perquisitionné

Le 26 septembre 2006, la police spéciale chilienne a fait une descente dans un squat chilien d'activité où vivaient 6 personnes. Cette descente intervient juste avant une grande manifestation contre le chômage le même jour. Et peu après les grandes manifestations du 10 et 11 septembre en souvenir de la chute du gouvernement d'Allende en 1973. Or ces manifestations se sont montrées particulierement agitées cette année avec un total de 500 détenus sur tout le pays et de nombreuses confrontations avec la police. Parmi les détenuEs se trouve un barcelonais de la Radio libre Linea 4.

Lors de la perquisition, la police a trouvé quatre cocktails Molotov préparés, des bouteilles vides et de l'essence, de quoi accuser les détenus de possession illicte d'armes. Les chefs d'accusation sont : association illicite, possesion d'armes, vol.

25 septembre, 2006

LES ETATS-UNIS AURAIENT PU ÉVITER LE MEURTRE D'ORLANDO LETELIER

[ Cliquez sur l'image pour l'agrandir ]
ORLANDO LETELIER À WASHINGRON DC, 1976. 
PHOTO MARCELO MONTECINO

Nouveaux documents déclassifies.
Archives de Sécurité Nationale de l'Université George Washinton.
The National Security Archive.
Washington, le 20 septembre 2006.

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Pour le 30ème anniversaire du meurtre de l'ex-ambassadeur chilien aux Etats-Unis Orlando Letelier et sa collègue étasunienne Ronni Karpen Moffitt, les Archives de Sécurité Nationale de l'Université George Washington a demandé ce mercredi au gouvernement des Etats-Unis de déclassifier tous les documents sur la participation du général Auguste Pinochet dans l'explosion de la voiture de Letelier le 21 septembre 1976, un des plus retentissants actes de terrorisme qui a eu lieu dans la capitale étasunienne.

Selon Peter Kornbluh, directeur du Projet de Documentation sur le Chili des Archives, "dans l'actuel contexte de la guerre de l'administration américaine contre le terrorisme international, il est important de savoir l'histoire complète des faibles efforts des Etats-Unis pour détecter et dissuader un plan terroriste qui a eu lieu au cœur de Washington, D.C., en 1976".

Des centaines de documents qui impliquent Pinochet pour autoriser et couvrir des crimes pendant l'Opération Condor, ont été déclassifiés pendant l'administration Clinton, mais ont été gelé dans les années 2000 parce qu'elles pourraient servir hypothétiquement de preuves pour une enquête ouverte par le Département de la Justice sur le dictateur Chilien.

Les Archives, une institution académique indépendante, ont dévoilé ce mercredi une note envoyée le 8 octobre 1976 [1] au Secrétaire de État Henry Kissinger, qui fait le compte rendu du rapprochement de la CIA au chef de la police secrète chilien (DINA), Manuel Contreras, pour faire des recherches sur la participation à l'Opération Condor dans l'attentat terroriste du 21 septembre 1976 contre l'ex- ambassadeur chilien, dont les auteurs physiques ont été des anticommunistes cubains sous les ordres de la DINA.

La note secrète a été écrite par le représentant de Kissinger pour l'Amérique latine, Harry Schlaudeman, et on y affirme que Contreras avait nié que "l'Opération Condor ait tout autre but que l'échange d'Intelligence."

Bien que l'attentat ait eu lieu quelques jours avant au centre de Washington DC, la note ne fait aucune référence sur les liens de Contreras avec les meurtriers Letelier et de Moffit, "même si l'administration des Etats-Unis disposait des preuves suffisantes que la DINA chilienne était l'auteur la plus probable du crime", affirme Kornbluh. En 1978, Contreras a été jugé par un tribunal des Etats-Unis pour avoir dirigé l'attaque terroriste.

Parmi les mémorandums dirigés à Kissinger, publiés par les Archives, on trouve une série de documents [2] qui font la lumière sur ce que savait le gouvernement des Etats-Unis sur l'Opération Condor - la collaboration des services secrets de la police du Cône Sud pour enlever, torturer, et assassiner des adversaires durant les années 70, avec l'approbation de Washington - et quelles actions il a mené ou il n'a pas pu mené avant le meurtre Letelier - Moffitt.

Selon Kornbluh, le 23 août 1976 le bureau de Kissinger a envoyé une plainte diplomatique (demarche) [3], soigneusement rédigée, aux ambassadeurs des Etats-Unis au Chili, Argentine, Bolivie, Uruguay et Paraguay, pour la livrer aux gouvernements respectifs, dans laquelle on parle de la connotation publique des meurtres qui se produisaient dans ces pays. Mais le jour suivant, l'ambassadeur des Etats-Unis au Chili, David Popper [4] a répondu qu'il n'allait pas donner la note à Pinochet parce qu' "il peut prendre comme une insulte toute référence qui le lie avec de telles stratégies pour ce type de meurtre". À sa place, Popper a sollicité une autorisation pour l'envoyer au chef du bureau de la CIA au Chili pour converser de cela avec Contreras. Pour des raisons encore ignorées à cause de documents toujours classés, Schlaudeman n'a pas autorisé ce rapprochement jusqu'au 4 octobre, deux semaines après l'attentat contre la voiture de Letelier à Washington.

Pour des raisons aussi "inconnues", le 20 septembre 1976, un jour avant le meurtre de Letelier et Moffitt, Schlaudeman [5]a ordonné à son propre représentant de dire aux ambassadeurs du Cône Sud "de ne pas organiser aucune autre action" - c'est-à-dire, de les critiquer pour les meurtres -, parce que "il n'y a pas eu de rapports dans les dernières semaines qui indiquent l'intention d'activer l'Opération Condor." Dans sa note du 8 octobre à Kissinger [6], relative au mémorandum de la CIA sur la conversation avec Contreras, Schlaudeman il assurait que "le rapprochement avec Contreras me paraît suffisant pour le moment, "parce que "les Chiliens sont le moteur de Condor."

Les archives ont aussi déclassifié une seconde note de Schlaudeman à Kissinger [7] qui rend compte d'un câble de l'ambassadeur des Etats-Unis en Uruguay Ernest Siracusa, où il exprime ses préoccupations sur la tournure terroriste qu'a prise l'Opération Condor. Dans sa note à Kissinger en date du 30 août 1976 [8], Schlaudeman donne à comprendre qu'il connaît parfaitement les plans de l'Opération et assure que : "Nous essayons d'éviter une série de meurtres internationaux qui pourraient faire des dommages sérieux à la réputation des pays impliqués."

Kornbluh juge qu'il est évident que les Etats-Unis en effet avaient des signaux sur les plans de meurtres de l'Opération Condor, où le Chili "était le moteur impulsif", et que ceux-ci apparaissent dans le mémorandum de la CIA qui renvoie la conversation avec Contreras et le câble de Siracusa, documents qui restent censurés par l'actuelle administration des Etats-Unis.

Documents (en Anglais)

Action Mémorandum, Ambassador Harry Schlaudeman to Secretary Kissinger, "Operation Condor," August 30,1976 [9]

Source : Freedom of Information Act request.
[Briefing Mémorandum, Ambassador Harry Schlaudeman to Secretary Kissinger, "Operation Condor," October 8,.1976 [10]

Source : Freedom of Information Act request.
Traduction pour El Correo : Estelle et Carlos Debiasi.


24 septembre, 2006

Ñ - ORLANDO LETELIER

WASHINGTON DC STÈLE POUR HONORER 
LA MÉMOIRE D'ORLANDO LETELIER 
ET DE RONNI KARPEN MOFFITT 
LE 28 OCTOBRE 1998
ORLANDO LETELIER  DANSANT 
« LA CUECA », LE JOUR DE 
L'INDEPENDANCE CHILIENNE, 
WASHINGTON DC, 
18 SEPTEMBRE 1976
À 30 ans d’un crime d’état
Le Rapport Rettig établit catégoriquement qu'Orlando Letelier a été assassiné le 21 septembre 1976 par des agents de la DINA, (Direction du renseignement national. Police politique chargée de la répression durant le régime de Pinochet et dénoncée comme ayant été une véritable Gestapo chilienne...) Source : Rapport de la Commission Nationale Vérité et Réconciliation, Volume I, Volume 2, pág. 863.


[ Cliquez sur l'image pour l'agrandir ]

LE 21 SEPTEMBRE 1976, PHOTO DU DOSSIER DES POMPIERS  
LORS QU'ILS ENLÈVENT LES VICTIMES  -ORLANDO LETELIER, 
ANCIEN AMBASSADEUR CHILIEN AU ÉTATS-UNIS ET RONNE 
KARPEN MOFFITT, SA  SECRÉTAIRE- DE LA VOITURE BRISÉE 
PAR L'EXPLOSION D'UNE BOMBE SUR L’« EMBASSY ROW » 
QUARTIER DES AMBASSADES DE WASHINGTON. 
Cérémonie d'hommage à New York pour commémorer les 30 ans du décès de l'ex chancelier Orlando Letelier. Assassiné à Washington en 1976 par des agents de la dictature chilienne.

KISSINGER AURAIT PU ÉVITER L’ASSASSINAT DE LETELIER

Voiture d'Orlando Letelier après l'explosion


NOUVEAUX DOCUMENTS DECLASSIFIES 30 ANS APRES
Des fonctionnaires du gouvernement des Etats-Unis ont eu entre leurs mains la possibilité d’éviter l’assassinat d’Orlando Letelier, mais inexplicablement ils ne l’ont pas fait, selon des documents déclassifiés le mercredi 20 septembre par les Archives nationales de sécurité.

À la veille du 30ème anniversaire de l’attentat terroriste à Washington, où ont perdu la vie l’ex-ministre des Affaires étrangères chilien et sa secrétaire nord-américaine, on a appris que Henry Kissinger, secrétaire d’Etat du gouvernement (secrétaire d'Etat de Richard Nixon de 1973 à 1977) , avait chargé les ambassadeurs dans les pays participant au Plan Condor de demander aux dirigeants l’arrêt des assassinats politiques organisés avec l’aide du général Augusto Pinochet dans le Cône Sud.

Mais l’ordre est resté sans effet le 20 septembre, juste un jour avant que des gangsters cubains et nord-américains comme Michael Townley, Orlando Bosch, Guillermo Novo Sampol et d’autres fassent exploser la bombe de la voiture dans laquelle circulaient Letelier et Ronni Moffitt dans Sheridan Circle, en plein centre de la capitale fédérale du puissant pays.

ORLANDO LETELIER AVEC HENRY KISSINGER
Les archives ont déclassifié un mémorandum à Kissinger qui indique un rapprochement de la CIA, durant les premiers jours d’octobre 76, avec le chef de la police secrète chilienne, le général Manuel Contreras, concernant les complots criminels de l’Opération Condor.

Le mémorandum secret, écrit par Harry Schlaudeman, second de Kissinger, fait apparaître que Contreras avait nié tout autre objectif à l’Opération Condor que celui d’échanger des informations de renseignements. Mais malgré l’énorme répercussion suscitée par l’attentat dans le monde entier, vu qu’ils n’avaient même pas respecté ce sanctuaire sacré, le nom de Contreras n’avait même pas été évoqué, lui qui était considéré comme l’auteur intellectuel le plus probable, à tel point qu’un jury des Etats-Unis l’a accusé en 1978 d’avoir organisé le lâche attentat.

Cependant, quelques jours avant l’attentat, le 23 août de cette année-là, le Bureau de Kissinger avait envoyé un message très prudent aux ambassadeurs des Etats-Unis au Chili, en Argentine, en Bolivie, en Uruguay et au Paraguay, pour qu’ils s’adressent à ces gouvernements afin qu’ils cessent les missions criminelles de l’Opération Condor.Mais le jour suivant l’ambassadeur au Chili, David Popper, a évité de faire les démarches auprès de Pinochet, car celui-ci «pourrait prendre comme une insulte toute allusion à ses liens avec ces complots d’assassinat». A sa place, Popper demandait la permission d’envoyer le chef de la station de la CIA pour parler à Contreras.

L’ambassadeur d’Uruguay, Ernest Siracusa, craignait aussi pour sa sécurité personnelle en «devenant la cible de l’Opération Condor s’il accomplissait la mission diplomatique».Personne apparemment n’a tenté de le rassurer. Au contraire, pour des raisons encore classifiées, ces démarches n’ont pas été autorisées jusqu’au 4 octobre, deux jours après l’explosion de la voiture à Washington, dont Orlando Bosch allait vanter le « succès » pour faire preuve d’optimisme concernant l’opération de l’explosion quelques jours plus tard de l’avion de Cubana.

Au contraire, la veille de l’attentat terroriste, le 20 
À WASHINGTON DC, 21 SEPTEMBRE 1976
septembre 76, Schlademan lui-même a ordonné aux ambassadeurs du Cône Sud de n’entreprendre aucune action pour faire pression afin d’arrêter les assassinats. Il n’est pas besoin d’être très perspicace pour suspecter qu’il s’est passé quelque chose de louche, à tel point que certains documents déclassifiés à l’époque de Clinton, ont été écartés au printemps 2000 par Bush II comme preuve dans une enquête du Département de Justice sur la responsabilité du tyran en retraite.

Peter Komblush, qui dirige les Archives de documentation sur le Projet Chili, en rendant public les documents secrets, a déclaré que beaucoup d’autres n’avaient pas été encore déclassifiés, comme le mémorandum de la CIA sur la conversation avec Contreras.

Le réputé fonctionnaire des Archives nationales de sécurité a exhorté le gouvernement de Bush à déclassifier tous les documents, car «après six ans il est temps d’arrêter cette dissimulation, car bien qu’ils soient maintenant inutilisables pour une accusation légale, les documents peuvent servir comme accusation de l’histoire».

Par GABRIEL MOLINA Granma

22 septembre, 2006

ASSISTANTS CHILIENS AUX COLLÈGES ET LYCÉES FRANÇ

EDUCATION - 100 collèges et lycée français accueillent leurs assistants chiliens Version imprimable

Près de 100 étudiants chiliens viennent de partir en France pour y passer une année scolaire comme assistants d'espagnol. L'excitation rivalisait avec l'angoisse, jeudi dernier, pour leur "despedida" !

Certains auront même manqué les "Fiestas Patrias", déjà partis à Grasse, Lorient ou Versailles. Jusqu'à la fin du mois, les 98 assistants chiliens d'espagnols, cuvée 2006-2007, sont en partance pour des collèges, lycées, voire IUFM (centre de formation des maîtres) de France. Là-bas, pendant six ou neuf mois selon leur contrat, ils auront la mission d'intéresser les élèves à l'espagnol (deuxième langue étudiée en France) et d'en faire une langue "vivante", à raison de 12 heures par semaine. Pour leur "despedida", qui a eu lieu jeudi 14 septembre au lycée St Exupéry de Santiago, mesdames les ministres de l'Education et de la Culture et madame l'Ambassadeur de France avaient fait le déplacement.


Tous contents de leur affectation


Auparavant, dans l'après-midi, ces étudiants - moyenne d'âge 25 ans - regroupés par régions d'accueil, avaient glané des tuyaux auprès des anciens déjà rentrés : "alors là, tu vois, tu prends le RER B jusqu'à Antony et tu changes…" Carte de l'Ile de France en main, le groupe "Paris St-Denis" essayait de trouver ses repères, tandis que chez les "Aix-Marseille Nice" on était plutôt relax sur la géographie : "Digne-les-bains, c'est tout à côté de Marseille, non ?


Les postulants ont dû franchir de nombreuses étapes pendant un an : présentation d'un projet personnel à réaliser en France, recommandation de leurs professeurs à la fac, examen médical, évaluation du niveau d'espagnol écrit et de français oral… Aucun des heureux sélectionnés ne s'est plaint de son affectation. Chacun a émis des vœux lors de sa candidature. Nicole a ainsi obtenu Paris, Ingrid ira à Toulouse, comme elle le souhaitait. Paulina part, elle, au lycée de jeunes filles de "la Légion d'Honneur", à St Denis ; à la porte de Paris, dans un établissement sans problème de discipline et où elle sera logée. Elle s'estime très chanceuse.


Se débrouiller avec 780 euros par mois 


Car avec les 780 euros mensuels alloués par l'Education nationale française (le voyage est payé par le gouvernement chilien), chacun devra se débrouiller. Ceux qui doivent se loger s'attendent à des fins de mois difficiles. Si chacun évoque son projet personnel (développer un atelier de danse, étudier l'accueil des enfants "différents" dans les écoles françaises…) avec l'aisance, leurs attentes sont avant tout d'apprendre le français et de découvrir une autre culture.


Avant leur départ, les préoccupations étaient très concrètes. "Il faut que je demande comment faire pour tous les papiers, le visa, la santé", soupire Maria qui partage une certaine anxiété avec ses compagnons. Selon ce que racontent les "anciens", l'accueil des professeurs sur place est bon, variable, voir maussade. Ils ont le trac, comme avant d'entrer en scène, mais ils ne donneraient leur place pour rien au monde. Et puis, difficile aujourd'hui d'être vraiment isolé : un "blog" sur Internet va même leur permettre de rester en contact entre eux.


Sophie ROUCHON. - Santiago du chili 22 septembre 2006


FÊTE NATIONALE CHILIENNE

Que célèbre-t-on le 18 septembre ?

Depuis quelques jours déjà, les drapeaux chiliens sur les voitures et les maisons nous l'annonçaient, autant que l'effervescence sur les places et les jardins publics : les Fiestas patrias sont revenues !

Le pays entier s'immobilise, façon de parler si l'on pense au déchaînement - courtois - qu'engendre la cueca un peu partout. Donc, lundi 18 et mardi 19 septembre sont fériés. Mais au fait, que célèbre t-on aujourd'hui, en ce jour de fête nationale qui suit d'une semaine un 11 septembre de sinistre mémoire, et nous ne pensons pas précisément à la tragédie new-yorkaise ?

Ce n'est pas vraiment l'indépendance du Chili qui est célébrée le 18 septembre. Ce jour marque plutôt le premier pas décisif du Chili pour se libérer de la couronne d'Espagne. Un processus entamé en 1810 et qui durera huit ans : jusqu'au 12 février 1818, quand Bernardo O'Higgins rencontrera, à Talca, José de San Martín pour signer L'Acta de Juramento de la Independencia, rédigé par Manuel de Salas, Juan Egaña et Miguel Zañartu.

Mais alors le 18 septembre ? Ce jour symbolise l'aboutissement d'une lutte des colonies d'Amérique pour se démarquer de la couronne d'Espagne, notamment en raison de la hausse des impôts qu'elle leur impose, hausse destinée à redorer le blason de la maison Bourbon en déconfiture. Par ailleurs, les colonies américaines profiteront de la pagaille engendrée par l'invasion des troupes de Napoléon dans la péninsule ibérique pour prendre leur indépendance. 

Au Chili, après la mort du gouverneur Luiz Muñoz de Guzmán, c'est Francisco Antonio Garcia Carrasco qui gouverne. Il sera contraint de démissionner en juillet 1810, quand on lui reproche son attitude d'opresseur envers les créoles (criollos = natifs du Chili). 

Le 19 septembre à la gloire de l'armée Mateo de Toro y Zambrano devient chef de la Capitanía General de Chile, le gouvernement colonial. Les criollos le pressent d'organiser un Cabildo (conseil de notables). Il sera composé d'une majorité de criollos et de quelques Espagnols. Réunis précisément le 18 septembre 1810, ils se mettent d'accord très vite pour créer la première junte nationale de gouvernement. 

En 1915, le président Ramón Barros Luco instaure el Día de las Glorias del Ejército (le jour de gloire de l'armée). La date du 19 septembre a été choisie puisque c'est en ce jour que le Chili s'était pour la première fois considéré comme un pays libre, 95 ans plus tôt.

Sophie ROUCHON. Santiago 18 septembre 2006

20 septembre, 2006

56 morts lors des fêtes de l'Indépendance au Chili

Les fêtes de commémoration de l'Indépendance ont fait 56 morts en cinq jours au Chili, pour la plupart victimes d'accidents de la circulation et de bagarres sous l'emprise de l'alcool, a indiqué aujourd'hui la police.

A l'occasion de la journée de l'Indépendance, le 18 septembre, les Chiliens se divertissent plusieurs jours en dansant et en buvant à l'intérieur de "gargottes" improvisées avec des branchages.

La majorité des décès survenus durant les festivités, entre vendredi et mardi, est due à des accidents de la circulation, 14 personnes ayant été tuées au cours de rixes. En 2005, les fêtes avaient occasionné 21 décès, mais l'édition de cette année avait été rallongée en raison de jours fériés.

14 septembre, 2006

Le gaz divise toujours l'Argentine et le Chili

Après l'organisation à Mendoza d'un sommet destiné à resserrer les liens entre l'Argentine et le Chili, le quotidien constate que le problème de l'approvisionnement en gaz continue d'alimenter un différend entre les deux pays. Le gouvernement argentin a annoncé en juillet une forte augmentation (entre 20 et 45 %) du prix du gaz livré au Chili. Selon le journal, l'Argentine a pris cette décision "après que la Bolivie a procédé elle-même à une hausse du prix du combustible qu'elle vend à l'Argentine".
Clarín