22 avril, 2021

DEUXIÈME NUIT DE PROTESTATION CONTRE LE GOUVERNEMENT AU CHILI

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PHOTO  RAMON MONROY AFP 

Santiago du Chili, 22 avril 2021. Plusieurs détenus, des concerts de casseroles, des barricades incendiées et plusieurs barrages routiers sont aujourd’hui le bilan des protestations contre le gouvernement de Sebastián Piñera dans cette capitale et d’autres villes du Chili.

Prensa Latina   

Bien que sans l’intensité du mardi, les concerts de casseroles ont de nouveau été entendus dans les quartiers de Santiago, en rejet de la décision de l’exécutif de contester devant la Cour constitutionnelle un projet de loi pour autoriser un troisième retrait de 10 pour cent des fonds de pension.

Cette initiative est largement soutenue par la population car elle est l’option la plus viable pour faire face aux difficultés causées par la crise sanitaire et à l’insuffisance des aides gouvernementales.

Malgré le couvre-feu national en vigueur à partir de 21 heures en raison de la pandémie, dans des communes (municipalités) comme Ñuñoa, San Bernardo et Peñalolén, des dizaines de personnes sont descendues dans les rues, ont incendié des barricades et se sont affrontées aux troupes des carabiniers.

Les émeutes ont également interrompu la circulation de véhicules sur plusieurs artères de la capitale.

Des scènes similaires se sont produites dans les villes de Punta Arenas, Arica, San Antonio, Coronel, entre autres.

Dans un rapport préliminaire sur les manifestations, le général Jean Camus, chef de la zone métropolitaine de l’Est, a informé la presse qu’au moins 10 personnes avaient été arrêtées. peo/mem/rc


«NOUS ALLONS POUR LE TROISIÈME RETRAIT»
 PHOTO CAMILA VALLEJO

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LE PRÉSIDENT DU CHILI SOUS FEUX CROISÉS

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« ACCUSATION CONSTITUTIONNELLE
CONTRE PIÑERA MAINTENANT »
 FLYER DU PCCH
Santiago du Chili, 21 avril 2021. De plus en plus isolé, le président Sebastián Piñera et son gouvernement ont été aujourd'hui l'objet d'un assaut de critiques de l´opposition et de propres forces de la coalition au pouvoir d'un côté et d'un mécontentement explicite dans les rues de l'autre.

Prensa Latina  

FLYER DU PCCH

La présentation, par l'exécutif, d'une requête devant le Tribunal constitutionnel (TC) pour stopper un projet législatif visant à permettre un troisième retrait de 10 % des fonds de pension a été le déclencheur du malaise général.

Ainsi, dans la nuit de mardi à mercredi et tôt ce matin, des manifestations massives et concerts de casseroles ont eu lieu partout à travers le pays, certains ayant monté des barricades et des attaques contre deux postes de police ayant y compris été rapportées dans la capitale.

L'Union portuaire du Chili a communiqué l'arrêt progressif des activités à partir de mercredi en réponse "au gouvernement criminel de Piñera".

Le texte de l'intersyndicale souligne que "le recours au TC est un acte d'arrogance qui s'ajoute à l'abandon par le gouvernement de millions de Chiliens qui ont dû puiser dans leurs propres économies pour faire face à la pandémie".

Tout l´échiquier politique a immédiatement réagi, et la présidente de la Démocratie Chrétienne du Sénat, Yasna Provoste, a assuré qu´avec cette décision de l'exécutif « se ferment les espaces de délibération politique ».

Provoste a estiimé que Piñera avait le pouvoir de recourir au TC, mais que le Congrès avait également le droit de présenter des initiatives sur les "réformes constitutionnelles" en assurant que le projet de loi continuera à être abordé dans cette instance comme prévu.

Dans le même temps, l'idée de déposer une accusation constitutionnelle contre le président fait son chemin, et des parlementaires de plusieurs bancs se sont montrés toute de suite disposés à aller en ce sens, bien qu'il soit difficile qu´elle aboutissent en raison du refus de la droite d'appliquer cette mesure draconienne, comme cela c'est du déjà-vu. 

La direction du Parti socialiste a appelé dans un communiqué ses députés à étudier l'accusation constitutionnelle contre Piñera, car " la situation est insoutenable en matière de santé, de société et dans le domaine économique”.

Mais les critiques à l'encontre de saper le projet de loi se sont également multipliées au sein de la coalition au pouvoir, et Mario Desbordes, candidat à la présidence du Renouveau national (RN), le plus important parti de droite, a appelé le gouvernement à corriger la situation.

Il lui a ainsi demandé de changer d'attitude et y compris de « parrainer le projet, de le réparer, (...) mais pas de le bloquer, car celui qui va en sortir blessé, affecté, ce n'est pas un politicien ou un parti, ce sont les gens qui n'ont pas d'autre alternative ».

Un autre député du RN, Eduardo Durán, a quant à lui estimé qu'avoir recours au TC " c'est jouer avec le feu " et avec le drame de la classe moyenne, qui a besoin d'aide pour survivre. Il a demandé à Piñera de revenir sur « une décision qui met en danger la paix sociale. Je ne veux pas qu'on dise à nouveau que nous ne l'avons pas vu venir », a-t-il manifesté en allusion à l'explosion sociale d´octobre 2019 dans le pays.  peo/jcc/mgt/rc

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FLYER DU PCCH
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21 avril, 2021

CHILI : LE PEUPLE ARRACHE SA CONSTITUANTE

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Christophe Ventura, chercheur et spécialiste de l’Amérique Latine est le premier invité d’une série d’entretiens que Blast lance avec l’Iris sur les questions de Politique internationale.

Interrogé par Soumaya Benaissa sur la situation chilienne, il décrypte les bouleversements politiques et sociaux à l’œuvre depuis la révolte d’une puissance inédite qui a embrasé le pays andin le 18 octobre 2019 après l’annonce de la hausse du ticket de métro dans la métropole de Santiago  jusqu’à l’obtention – à l’arrachée- par voie référendaire de l’élection de la future Convention constitutionnelle les 15 et 16 mai prochains.

L’occasion de revenir aussi sur les conséquences ravageuses des politiques neolibérales inscrites dans la constitution en vigueur héritée de la dictature Pinochet.

Du "miracle chilien" à "l’oasis asséchée", Blast vous propose avec cet entretien de saisir la portée historique de ces évènements majeurs. 

CHILI : UN PROJET DE LOI AUTORISANT L'EUTHANASIE APPROUVÉ PAR LES DÉPUTÉS

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« DERNIÈRES PAROLES DE L’EMPEREUR MARC AURÈLE»
TABLEAU D’EUGÈNE DELACROIX

La chambre basse du Parlement chilien a approuvé mardi 20 avril un projet de loi autorisant l'euthanasie, qui doit être renvoyé devant le Sénat, un sujet sensible en Amérique latine très majoritairement catholique.

Par Le Figaro avec l'AFP

Présenté au Parlement il y a sept ans par des législateurs de l'opposition de centre-gauche, le projet de loi donnerait aux patients en phase terminale le droit de décider de la manière dont ils souhaitent mettre fin à leur vie, que ce soit par des soins palliatifs ou par euthanasie. Ce droit ne pourrait être invoqué que par les personnes âgées de 18 ans ou plus atteintes «d'une maladie incurable, irréversible et évolutive, sans possibilité de réponse aux traitements curatifs et avec une durée de vie limitée», précise le projet de loi adopté à l'unanimité mardi. Le patient doit être conscient et sain d'esprit pour demander l'euthanasie, ou avoir laissé un testament indiquant explicitement son désir au préalable.

Parmi les pays d'Amérique latine, la Colombie est le seul pays à autoriser l'euthanasie depuis 1997. Au Mexique, un patient ou un membre de sa famille peut demander que la vie ne soit pas prolongée par des moyens artificiels, tandis que le Congrès uruguayen examine un projet de loi sur l'euthanasie. En février, un tribunal péruvien, dans une décision unique, a ordonné au gouvernement de respecter le souhait d'une femme atteinte de polio d'être autorisée à mourir.

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PHOTO VCG WILSON

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20 avril, 2021

AU CHILI, LES POLITIQUES FONT CAMPAGNE EN LIGNE ET TENTENT À TOUT PRIX DE SE FAIRE REMARQUER

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PHOTO AGENCIA UNO
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 «AU CHILI, LES POLITIQUES FONT CAMPAGNE EN LIGNE ET 
TENTENT À TOUT PRIX DE SE FAIRE REMARQUER » 
  EDITÉ PAR PAULINE PENNANEC'H AVEC JUSTINE FONTAINE
 DIFFUSION ÉMISSION DU MARDI 20 AVRIL 2021
En plein confinement, les candidats aux élections municipales, régionales mais aussi à l'Assemblée constituante chilienne, font campagne sur les réseaux sociaux.

 

CAPTURE D'ÉCRAN

Les Chiliens sont appelés aux urnes les 15 et 16 mai prochains pour des élections municipales, régionales mais aussi pour élire une Assemblée constituante. Une nouvelle Constitution, c'était l'une des demandes du mouvement contre les inégalités sociales qui a éclaté fin 2019 au Chili. Le scrutin a déjà été décalé une fois à cause de la pandémie de Covid-19, et en plein confinement, les candidats font donc surtout campagne en ligne en ce moment.

De faux abonnés sur Instagram

Dans ces conditions, tout est bon pour se faire remarquer des électeurs, en particulier sur les réseaux sociaux. C'est le cas de l'ancienne ministre de droite conservatrice Marcela Cubillos. Ancienne partisane du dictateur Augusto Pinochet, c'est l'une des candidates à l'Assemblée constituante qui a pour l'instant reçu le plus de dons d'entreprises et de particuliers pour sa campagne électorale.

Marcela Cubillos était contre l'idée de rédiger une nouvelle Constitution, pour remplacer le texte actuel, hérité de la dictature. Elle a récemment été épinglée par ses détracteurs, pour avoir semble-t-il gonflé artificiellement son nombre d'abonnés sur Instagram. En effet, la candidate est suivie par un certain nombre de comptes visiblement faux. Par exemple, des personnes dont les noms n'existent pas dans les registres d'état-civil, et dont les photos ont été piochées sur internet et retouchées avec l'application Face App, pour vieillir leurs visages par exemple. Autant de profils créés quelques jours à peine après le début de la campagne.

Toucher des électeurs sur... Tinder

Une candidate aux élections municipales a, elle, décidé de faire campagne sur l'application de rencontres Tinder. C'est une candidate de centre gauche, plutôt jeune, qui est en lice dans l'agglomération de Concepcion, dans le sud du Chili. Elle s'est créé un profil pour toucher des électeurs qui ne la suivraient pas forcément sur les autres réseaux sociaux. Avec l'application, elle peut choisir d'être vue par des hommes ou des femmes près d'elle, choisir aussi les tranches d'âges avec lesquelles elle peut interagir.

Sauf que cela n'a pas vraiment marché : elle a récemment expliqué à la presse locale que l'application a restreint son compte et même effacé son texte de présentation. Tinder n'est pas destiné aux campagnes politiques, et les modérateurs ont jugé qu'elle avait donc enfreint les règles de la plateforme.

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 IRACÍ HASSLER CANDIDATE À
LA MAIRIE DE SANTIAGO DU CHILI

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17 avril, 2021

CHILI: PRÈS DE 5 800 TONNES DE SAUMONS MORTS ASPHYXIÉS À CAUSE D'ALGUES TOXIQUES

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PHOTO FELIX MARQUEZ

Le Chili est le second producteur mondial de saumon, derrière la Norvège, et ce n'est pas la première fois que des algues nocives prolifèrent dans des zones d'aquaculture et tuent de grandes quantités de poissons élevés en captivité. Les ONG et scientifiques s'inquiètent des conséquences de ces épisodes sur la biodiversité locale. 
De grandes étendues brunes sur l'eau de plusieurs fjords. Voici à quoi ressemblent les épisodes de prolifération d'algues nocives observés dans le nord de la Patagonie chilienne depuis fin mars.

« On observe plus fréquemment qu'avant des épisodes de floraison d'algues nocives, à cause du changement climatique, nous explique Liesbeth van der Meer, directrice de l'ONG Oceana, qui milite pour la protection des milieux marins. Parmi les raisons, se trouvent des périodes de températures élevées, combinées à de faibles pluies, et des apports importants en nutriments, comme ceux de la salmoniculture, parmi d'autres activités. »

Oxygène réduite

Parmi les lieux concernés cette fois-ci, le fjord de Comau, qui abrite un rare récif corallien d'eau froide, proche de la surface.

Vreni Haussermann, biologiste à l'université San Sebastian, connait bien ce fjord et craint que ces algues toxiques affectent la biodiversité locale : « Les algues en question, après avoir proliféré, meurent et se décomposent dans l'eau, ce qui réduit fortement la quantité d'oxygène disponible. Cela peut avoir des conséquences néfastes pour la faune marine, et ils peuvent même en mourir. »

Pour elle, le seul facteur sur lequel le Chili peut agir aujourd'hui pour tenter d'éviter la prolifération d'algues nocives serait de mettre un terme aux élevages de saumons industriels dans ce fjord.

14 avril, 2021

IRACÍ HASSLER, CANDIDATE À LA MAIRIE DE SANTIAGO DU CHILI

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IRACÍ HASSLER JACOB, CANDIDATE À
 LA MAIRIE DE SANTIAGO DU CHILI

« Irací Hassler, candidate à la Mairie de Santiago du Chili » Irací Hassler Jacob est née le 6 Novembre 1990 dans la commune de Providencia. Après une Maîtrise en économie à l'Université du Chili, elle prépare actuellement un Mémoire de Master en Etudes de genre et culture dans la même université.

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IRACÍ HASSLER JACOB, CANDIDATE À
 LA MAIRIE DE SANTIAGO DU CHILI

Fille d'une mère brésilienne et d'un père chilien, Irací habite le quartier Parque Forestal à Santiago. Elle est membre du Parti communiste et membre du Centre social et culturel « La Théière ». Elle a commencé son activité publique lors du mouvement étudiant en 2011, où elle a représenté ses camarades comme Sénatrice universitaire et Secrétaire générale de la Fédération des étudiants de l'Université du Chili (Fech) dans la lutte pour une éducation publique, gratuite et de qualité, qui depuis fait peu à peu son chemin au Chili. Elle est parallèlement devenue économiste. Aujourd'hui, elle travaille, avec beaucoup de joie et de conviction, en tant que Conseillère municipale de la commune de Santiago dans le but d'approfondir la démocratie et la prise de décision, en garantissant les droits des citoyens, par l’expression de la culture et de la diversité. Elle déclare dans un tweet : « Nous recherchons des alternatives innovantes pour résoudre les problèmes de nos quartiers et de ceux qui souffrent le plus des abus de ce système. Cela nous motive par-dessus tout à nous battre pour "Bien vivre à Santiago!"».

BANNIÈRE TWITTER

Contexte historique

Une fois de plus, la lutte du peuple chilien pour sa démocratisation attire l'attention du monde. En effet, l'élection du président socialiste Salvador Allende, à la tête d'une coalition d'organisations de centre-gauche autour des partis socialiste et communiste, a soulevé une vague d'espoir et de sympathie des peuples, des partis et des mouvements, qui a traversé les frontières continentales. Le peuple français et ses partis d'avant-garde ont été présents dès le premier jour avec S. Allende et l'Unité Populaire. Après le coup d'État de Pinochet en 1973, une longue nuit de 17 ans a balayé le territoire national. Tout au long de cette période, le peuple français et ses organisations sociales et politiques se sont solidarisés avec la lutte du peuple chilien pour le rétablissement de la démocratie. 

Depuis la fin officielle de la dictature en 1990, le pays a subi un long et lent processus de rétablissement de la démocratie. Beaucoup d’avancées ont été accomplies. Cependant, ce qui a été baptisé comme «l’explosion sociale » du 18 octobre 2019 a révélé que les efforts ont été insuffisants et le mouvement social chilien a mis l'accent sur la nécessité et l'urgence de la modification de la Constitution politique de l'État, héritée de la dictature militaire.

Le programme du deuxième gouvernement de la présidente Michelle Bachelet (2014-2018), avec la coalition qui a réuni un groupe de partis de centre-gauche, avait déjà prévu la rédaction d'une nouvelle Constitution avec la participation populaire. Malheureusement, le gouvernement de droite de Sebastián Piñera a abandonné ce projet.

À chaque étape d'avancement du processus de démocratisation de la société chilienne, les partis progressistes français ont été présents. C'est ainsi que François Mitterrand a rendu visite, en novembre 1971, à S. Allende au Palacio de la Moneda et Ségolène Royale a été reçue par Michelle Bachelet avant le second tour des présidentielles en 2006.

Aujourd'hui, grâce au processus actuel de mobilisation sociale, la réalisation d'un processus de rédaction d'une nouvelle Constitution a été validée par plébiscite en octobre 2020. Ce processus s'ajoute aux nombreuses élections prévues en 2021. Parmi elles, les élections des maires de toutes les communes du pays, dont celle de sa capitale, Santiago du Chili.

Comme c'est déjà une tradition de la gauche chilienne, elle fait face à l’élection en composant une coalition de partis et de mouvements. À cette occasion, une élection primaire citoyenne a été organisée pour désigner le candidat à la mairie. Le processus démocratique, inclusif et sans précédent, a eu la participation de 4 candidats. Le résultat de cette primaire a donné la victoire à la candidate Iraci Hassler en tête de la liste dénommée « Bureau du maire constituant de Santiago » qui regroupe 52 organisations sociales, ce qui, probablement, constituera un jalon dans l'histoire de la constitution des majorités sociales face à la gestion communale.

Cet éventail de diversités se traduit par l'élaboration d'un programme commun qui propose, comme dans le gouvernement de S.Allende, la réalisation de 40 premières mesures.

Cette liste d'unité de la gauche devra affronter l'élection à la mairie des 15 et 16 mai 2021, contre les candidatures de la droite, du Parti humaniste et du Parti pour la démocratie (PPD). JCC

AU CHILI, LES ÉVÊQUES APPORTENT LEUR CONTRIBUTION À LA RÉFORME CONSTITUTIONNELLE

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Avant l’élection au Chili d’une Assemblée constituante le mois prochain, les évêques du pays ont tenu à apporter une contribution, afin de rappeler des « principes essentiels » au bon fonctionnement de la société. 
PHOTO ALEX IBAÑEZ
Les évêques chiliens ne veulent pas rester à l’écart du processus de refondation politique de leur pays. Alors que les électeurs seront convoqués les 15 et 16 mai prochains pour élire une Assemblée constituante, l’épiscopat a publié mi-avril une longue contribution dans le processus de « participation citoyenne » lancé par le gouvernement.

Selon la Conférence épiscopale chilienne, son apport est un « document qui rassemble les principaux enseignements du magistère de l’Église catholique en matière sociale ». L’objectif est ainsi d’offrir en vue des élections des « éléments de discernement », tant à destination des électeurs que de ceux qui ressortiront vainqueurs de l’élection.

Encycliques sociales

« L’Église offre dans son enseignement social le trésor de sagesse et d’humanité qu’elle a reçu de Jésus-Christ, et l’offre aux croyants et aux non-croyants avec la conviction que ces enseignements éclairent de la lumière de Dieu les problèmes sociaux », justifient les évêques.

Pour élaborer son texte, l’épiscopat chilien s’est principalement basé sur les encycliques sociales, de Rerum novarum (1891) de Léon XIII à Fratelli Tutti (2020) du pape François, ainsi que sur le Compendium de la doctrine sociale de l’Église, publié en 2004. «D’autres interventions du magistère au niveau local » ont également été mises à contribution dans la rédaction du document.

Sortie du silence des évêques

Celui-ci est articulé autour de « principes et valeurs », à commencer par la « dignité de la personne humaine». « Ce n’est qu’en respectant cette dignité humaine qu’une société juste peut être réalisée », affirment ainsi les évêques, ce qui implique que « personne ne doit manquer des conditions minimales pour développer une vie vraiment humaine ».

Suivent ensuite d’autres valeurs comme le « bien commun » - défini comme la « dimension communautaire du bien moral, [qui] implique des exigences et des responsabilités pour tous les membres de la société » - ou encore la « solidarité », la « destination universelle des biens » ainsi que le «travail ».

UNE DU QUOTIDIEN
« EL MERCURIO » DU
 
DIMANCHE 4 AVRIL 2021
Outre son apport en vue des élections pour l’Assemblée constituante, ce document s’inscrit dans une logique de prises de position publiques, après une certaine période de silence relatif de l’épiscopat chilien depuis la fracassante démission simultanée de tous les évêques du pays il y a trois ans, sur fond d’affaires d’abus sexuels. Dimanche 4 avril, jour de Pâques, le quotidien national El Mercurio a ainsi publié des entretiens réalisés avec pas moins de cinq évêques.

8 Chiliens sur 10 veulent changer de Constitution

À cette occasion, Mgr Juan Ignacio González, pasteur du diocèse de San Bernardo, annonçait la publication prochaine de la « participation citoyenne » des évêques, expliquant qu’il s’agirait d’un rappel de « principes essentiels ». « J’espère que l’Assemblée constitutionnelle sera un véritable espace de débat et de dialogue, et ne reproduit pas les styles de confrontation et de menace qui ont marqué la dernière fois », a de son côté espéré Mgr Héctor Vargas, évêque de Temuco.
ILLUSTRATIONS DU QUOTIDIEN « EL MERCURIO »
DU  DIMANCHE 4 AVRIL 2021

Le processus de révision constitutionnelle du Chili a été lancé par le président du pays à la suite du large mouvement social de la fin 2019-début 2020. Visant à remplacer la Constitution en vigueur depuis 1980 - et donc adoptée sous le régime d’Augusto Pinochet - ce projet a été approuvé en octobre dernier par un référendum, marquant le souhait de près de huit Chiliens sur dix de changer de loi fondamentale.

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LE MILLIARDAIRE CONSERVATEUR
SEBASTIAN PIÑERA S'AUTOCONGRATULE
PHOTO ALEX IBAÑEZ 



13 avril, 2021

PRÉSIDENTIELLE AU PÉROU : PEDRO CASTILLO, UN INSTITUTEUR POUR SORTIR DE L’ÈRE FUJIMORI

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PHOTO FRANCISCO VIGO / EPA

Selon les derniers résultats du premier tour, l’enseignant et syndicaliste recueillerait 16 % des suffrages, devant Hernando de Soto et Keiko Fujimori. Il portera les espoirs de changement lors du second tour, le 6 juin.

par Christophe Deroubaix 

INFOGRAPHIE AFP

Dans un paysage politique éclaté comme jamais, il émerge en tête du premier tour de l’élection présidentielle au Pérou. Instituteur de 51 ans, syndicaliste, Pedro Castillo portera donc les espoirs de changement lors du second tour, le 6 juin. « Aujourd’hui, le peuple péruvien vient d’ouvrir les yeux », s’est-il félicité depuis sa ville natale de Cajamarca.

Catastrophe sanitaire et sociale

Selon les derniers résultats disponibles, il recueillerait 16 % des suffrages, devançant Hernando de Soto (15 %) et Keiko Fujimori (12 %), la fille de l’ancien président. « Il est clair que la marge est étroite », a reconnu le premier, économiste libéral de formation.

Le scrutin s’est déroulé dans le contexte d’une catastrophe sanitaire et sociale provoquée par la pandémie. Le pays a enregistré, la semaine dernière, un record de contaminations et de morts. Depuis le début de la crise, 4 millions de Péruviens ont perdu leur emploi et 5 millions ont chuté dans la pauvreté, qui frappe désormais un tiers des habitants. Ce sera le défi majeur à relever pour le prochain président.

En finir avec la corruption

Il devra aussi s’attaquer à l’héritage « fujimoriste ». Depuis trente ans, et l’imposition d’une nouvelle Constitution après le coup d’État du 5 avril 1992, le pays vit une ère de corruption, de bradage des riches et de « réformes » néolibérales.

La dictature a pris fin avec la chute de Fujimori en 2000, pas la corruption. Les destitutions et mises en examen des présidents se sont succédé ces dernières années. La tâche de Pedro Castillo, s’il est élu président, sera de clore ce chapitre.

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