25 mai, 2007

MICHELLE BACHELET ANNONCE UN AMBITIEUX PROGRAMME SOCIAL

Face à un malaise social croissant, la présidente socialiste chilienne, Michelle Bachelet, a annoncé, lundi 21 mai, des investissements de plusieurs millions de dollars en matière d'éducation, de santé, de logement et de retraite, qui seront financés par les gains spectaculaires obtenus grâce aux exportations de cuivre. C'est le programme social le plus ambitieux depuis le retour de la démocratie, en 1990, dans un pays où 3 des 16 millions d'habitants vivent dans la pauvreté.

Dans un discours de deux heures destiné à présenter le bilan annuel de son gouvernement devant le Parlement, qui siège à Valparaiso (à 110 km à l'ouest de Santiago), Mme Bachelet a proposé de réduire l'excédent fiscal de 1 % à 0,50 % du PIB. L'Etat disposera ainsi de 800 millions de dollars (594 millions d'euros) pour réaliser ce nouveau plan social.
Cette mesure avait été réclamée par plusieurs secteurs en raison de la bonne santé de l'économie chilienne, avec des prévisions de croissance de 6 % pour 2007. La présidente socialiste a promis à partir de 2008 une retraite de 145 dollars à toutes les personnes âgées vivant dans la pauvreté et une augmentation de l'assurance-chômage qui touche 7,8 % de la population.


Elle a annoncé des investissements supplémentaires de 650 millions de dollars pour l'éducation (qui disposera ainsi d'un budget annuel de 5 milliards de dollars), la construction de 2 700 garderies d'enfants, 12 nouveaux hôpitaux et l'annulation de la dette des foyers pauvres pour l'acquisition de logements. "Consolider les bases d'un système de protection sociale sera la marque historique de mon gouvernement", a affirmé Mme Bachelet.


L'arrivée au pouvoir le 11 mars 2006 de la première femme élue présidente du Chili avait suscité un grand espoir en vue de réduire les inégalités sociales. Aujourd'hui, sa cote de popularité est tombée de 60 % à 40 %. En revanche, l'approbation de l'opposition de droite est en hausse dans les sondages pour les élections municipales de 2008, prélude à l'élection présidentielle de 2009.


MEA CULPA


Mme Bachelet a fait son mea culpa, reconnaissant des erreurs dans sa gestion, notamment dans celle du nouveau système de transports de Santiago, le Transantiago, qui a réduit de 8 000 à 5 600 le nombre de véhicules en circulation, entraînant la colère des usagers. "Cette réforme a été une expérience mauvaise et frustrante pour une grande majorité des habitants de Santiago, spécialement pour les plus pauvres", a reconnu le chef de l'Etat. Elle a annoncé des investissements de 290 millions de dollars pour subventionner le Transantiago.


Mme Bachelet avait affronté, en juillet 2006, une révolte sans précédent des élèves du secondaire, qui exigeaient une réforme du système éducatif, privatisé par la dictature militaire. Début mai, elle a été durement critiquée par une vingtaine de parlementaires appartenant à la coalition de centre-gauche au pouvoir, la Concertation démocratique, qui lui ont reproché de mener une politique "néolibérale" et ont revendiqué un virage à gauche.



Christine Legrand

CRISE DANS LE PARADIS NÉOLIBÉRAL

Cletiu Radu Calin/Romania

Un nouveau et profond malaise est perceptible à Santiago. Aux arrêts des autobus et du métro, dans des quartiers populaires comme La Victoria - haut-lieu de la résistance contre la dictature -, dans les couloirs des hôpitaux publics et aux portes des collèges, s’exprime à vive voix une nouvelle conscience sur les problèmes du Chili et sur les responsables du fait que le « modèle » - dont se vantent encore les politiciens de droite et de gauche - est en train de donner d’évidents signes de fatigue.

par Raúl Zibechi


En quinze mois, le gouvernement de Michelle Bachelet a accumulé des problèmes et plusieurs fronts ont été ouverts. Il y eut d’abord les massives et puissantes protestations des étudiants du secondaire contre la loi de l’éducation héritée du dictateur. La mobilisation est parvenue à mettre sur la table le problème du profit dans l’enseignement qu’une bonne partie de la majorité présidentielle refuse de mettre en question. Alors que n’avaient pas encore été étouffés les échos des assemblées étudiantes, appelées à se transformer en schisme dans la culture politique qui tourne autour de la représentation, la mise en marche du Transantiago (système de transport collectif privé) a provoqué une crise politique qui peut ruiner la Concertation démocratique, l’alliance démocrate chrétienne et socialiste qui administre le système électoral chilien depuis le départ de Pinochet de la présidence en 1990. Le malaise s’est accru de plusieurs degrés au début du mois de mai avec l’assassinat d’un ouvrier forestier par le corps des carabiniers, dans le sud mapuche où la colère ancestrale est perceptible.


Pour la première fois depuis des années, les politiciens se montrent préoccupés par le cours que prennent les événements. Le «modèle» économique prend l’eau. Une étude récente de deux économistes de l’Université du Chili, Orlando Caputo et Graciela Galarce, indique qu’il y a eu une sortie record de capitaux en 2006 : 25 milliards de dollars, soit 17% du Produit Intérieur Brut (PIB). Ils affirment que l’économie chilienne «s’épuise» et que « seul l’apport de l’entreprise minière publique Codelco permet d’éviter une crise ». Dans le pays qui a glorifié comme aucun autre le secteur privé, le secteur public est celui qui sauve la situation.


La plus grande partie des capitaux qui ont fui, ou qui sont repartis selon le jargon technocratique, appartiennent au secteur minier qui a profité de la dénationalisation du cuivre. Le syndicaliste Pedro Marín a déclaré au quotidien Clarín : «Codelco possède 30% du secteur, et les entreprises étrangères 70%. Mais c’est le contraire en ce qui concerne les apports aux fisc : Codelco apporte 70% contre 30% pour les entreprises étrangères, malgrés leurs profits.» L’impression est que la situation économique du «modèle» tient à un fil, ... de cuivre : en 2003, la livre était côtée à 80 centimes de dollars, cette année, elle a atteint les trois dollars. La situation est très grave car la fuite de capitaux en 2006 équivaut à 84% du budget de l’Etat et si rien n’est fait, elle menace de stopper net la croissance.


La question du Transantiago est plus grave encore, car il dévoile à la population la perversion du «modèle». Le gouvernement a confié à des privés la remodelation du système chaotique de transport collectif de la capitale. Le Transantiago s’inspire du Transmilenio de Bogotá (Colombie) : de grands bus circulent sur des voies séparées, avec des lignes principales et des lignes secondaires. Inauguré en février, cela fut le chaos. Il manque des bus car les privés ne veulent pas prendre de risques. Dans les quartiers les plus pauvres, où c’est moins rentable, les autobus n’arrivent pas ou le font avec d’énormes lacunes. La population doit marcher des kilomètres pour arriver à un arrêt où elle peut attendre jusqu’à une heure l’arrivée de l’autobus. Des milliers de personnes ont perdu leur emploi pour être arrivées en retard. Et le métro est si congestionné qu’il ne suffit pas.


Au chaos initial qui a provoqué quelques manifestations spontanées, a suivi une indignation à mesure qu’étaient révélés les niveaux d’improvisation et de spéculation des entrepreneurs. Comme le service fait des pertes (30 millions de dollars rien qu’en avril), le gouvernement a décidé d’assister les privés. L’efficace métro public a été forcé de prêter de l’argent au Transantiago et le gouvernement de Bachelet propose maintenant au Parlement un prêt de 290 millions à une entreprise privée connue pour ne pas respecter ses contrats. Même des députés de la démocratie chrétienne critiquent le fait que l’Etat appuie l’inefficacité des entreprises (privées). L’ex-président Eduardo ruiz, un démocrate chrétien néolibéral, a demandé que soit établi «un système de transport public comme dans toutes les grandes villes du monde». Quelque chose d’impensable il y a quelques années.


Un secteur de la Concertación, au pouvoir, a diffusé il y a deux semaines un document intitulé «Les alternatives», dans lequel il demande d’ «introduire des rectifications au modèle de développement actuel, d’affronter les inégalités et d’avancer dans la construction d’un système intégral de protection sociale». Les partisans du gouvernement sentent le sol se dérober sous leurs pieds. Le document va plus loin. Il critique un modèle où « le niveau de réserves fiscales a plus d’importance que la cohésion sociale » ; il dénonce de «graves problèmes de qualité en matière d’éducation, de santé, de logement, de protection de l’environnement» et un long etcetera ; Il alerte « sur la qualité précaire de notre démocratie» et critique «les énormes injustices et inégalités». Presque un manifeste de l’opposition de gauche.


En réalité, le problème est ailleurs. La protestation tend maintenant à dépasser les secteurs qui se sont toujours opposés au modèle néolibéral chilien comme le peuple mapuche et la jeunesse contestataire. La longue grève dans le sud, où sept mille ouvriers forestiers ont gagné le bras de fer contre les puissants et prétentieux chefs d’entreprise du Groupe Angelini, un des plus forts du Chili, est tout un symptôme des nouveaux temps [
1]. Les ouvriers ont utilisé la machinerie lourde de l’entreprise pour résister aux carabiniers au prix de plusieurs blessés et d‘un mort. Les protestions des ouvriers, des habitants, des mapuches et des étudiants pourraient à tout moment converger. Nous savons que quand la répression ne freine pas ceux d’en bas, ceux d’en haut commence à penser à introduire des changements pour faire une retouche au maquillage.



NOTES:


[1] [NDLR] Lire Marisol Facuse, Rodrigo Sáez, Répression du mouvement social au Chili : « Arauco tiene una pena », RISAL, 25 mai 2007.

22 mai, 2007

21 MAI 2007


Cérémonie commémorative de la bataille navale d'Iquique (21 mai, une des fêtes nationales,qui célèbre la victoire du Chili contre le Pérou et la Bolivie pendant la guerre du Pacifique, en 1881) en grande pompe, avec son cortège de défilés militaires, fanfare, danses folkloriques, ...







21 mai – Jour de la marine : anniversaire de la bataille navale d’Iquique, un épisode de la guerre du Pacifique en 1879. Deux vieux navires en bois, l’Esmeralda et le Covadonga, affrontent deux cuirassés péruviens.

LIRE LE CLIMAT SUR LE SAN VALENTIN, GLACIER PATAGONIEN




Pour la première fois, plusieurs carottes de glace ont été extraites d'un glacier patagonien, le San Valentin (Chili, 47 degrés sud) culminant à 3900 m, dans le cadre du projet Sanvallor soutenu par l'ANR où sont impliqués l'unité de recherche Great Ice de l'IRD, le LSCE, le LGGE, le LMTG et notre partenaire chilien, le CECS.La mission de forage s'est déroulée du 22 avril au 3 mai 2007 et a permis d'extraire plusieurs carottes dont une couvrant la totalité de l'épaisseur du glacier (122 m). L'équipe de foreurs franco-chilienne composée de 6 personnes a du lutter pendant plus de 10 jours contre des conditions météorologiques difficiles. Mais grâce à leur dextérité et à celle du pilote d'hélicoptère, la mission s'est déroulée au mieux et toute la glace ainsi que le matériel ont pu être redescendus du sommet. Place maintenant à l'analyse de la richesse climatique contenue dans ces précieuses archives...Depuis plusieurs décennies, l'étude de la variabilité climatique passée s'est largement développée grâce à l'exploitation de l'archive "carotte de glace". De nombreux résultats ont été tirés de l'analyse des carottespolaires et, plus récemment, l'étude des carottes de glace tropicales s'est développée dans les Andes centrales. Ainsi, ces archives glaciaires prélevées en Antarctique ou bien sur les glaciers andins se sont révélées être de formidables archives de l'évolution de notre climat sur un transect Equateur-Pôle de plus de 7000 km. Cependant, aucun forage n'avait jamais été mené dans la calotte patagonienne, troisième calotte d'eau douce mondiale, laissant une importante lacune géographique dans les données glaciaires. Ce nouveau forage est donc "le maillon manquant" entre les régions tropicales de l'Amérique du Sud et l'Antarctique et devrait ainsi permettre d'étudier finement les mécanismes climatiques de téléconnexions entre ces différentes régions, toutes deux fortement vulnérables au changement climatique actuel. Les résultats attendus du présent projet sont des enregistrements sur les 1000 dernières années avec unerésolution saisonnière sur les derniers siècles ainsi que l'enregistrement de la dernière transition glaciaire-interglaciaire voire le Dernier Maximum Glaciaire (DMG) par analogie avec les résultats obtenus sur les forages andins. Les analyses classiques seront effectuées sur ces carottes (isotopes stables de l'eau, composition chimique, radionucléides, particules insolubles) par différents laboratoires français et étrangers. Des analyses spécifiques et/ou exploratoires seront aussi effectuées sur des échantillons ciblés (pollens, algues, gaz à effet de serre, HAP et sucres, isotopes du soufre et du nitrate).

savoir plus :- Des informations plus détaillées et des photos seront prochainement mises sur le site de l'unité Great Ice: http://www.ird.fr/ur032/- Ushuaïa Magazine, A l'assaut des glaciers de Patagonie, Mars 2007.- F. Vimeux and P. Ginot, South American Andes: a unique area for ice core-based tropical paleoclimate reconstruction, PAGES/IPICS Newsletter, Mars 2006.- P.Ginot, F. Vimeux, M. de Angelis, O. Magand, San Valentin glacier ice core (Chiliean Patagonia) filling the gap between Central Andes and Antarctica, PAGES Newsletter highlights, Août 2006.
© News Press 2007

Des députés RN et UDI reconnaissent qu'ils ont invité des endettés au Congrès



31 manifestants détenus lors du discours de la présidente




BERNE - Trente et une personnes qui manifestaient lundi devant le parlement de Valparaiso ont été interpellées par la police, a indiqué le ministère de l'Interieur. La présidente Michelle Bachelet y tenait son bilan annuel.
Des affrontements se sont déroulés avec les force de l'ordre qui ont décidé d'interpeller les manifestants au moment où ceux-ci construisaient des barricades. Les personnes interpellées sont détenues près du parlement de Valparaiso, le grand port chilien situé à 11O kms à l'ouest de Santiago.
Des membres du Parti communiste et d'organisations étudiantes protestaient contre la politique de la présidente socialiste Michelle Bachelet au pouvoir depuis le 11 mars 2006. Dans la matinée de lundi, deux engins artisanaux ont explosé à Santiago sans faire de victime.

21 mai, 2007

Visite d'Etat de Mme Michelle Bachelet, les 1er et 2 juin 2007

Visite d'Etat de la Présidente chilienne Mme Michelle Bachelet, les 1er et 2 juin 2007
Berne, 21.05.2007 - La Présidente de la République du Chili, Mme Michelle Bachelet, effectuera une visite d'Etat en Suisse les 1er et 2 juin 2007. Cette visite sera l'occasion de souligner les relations amicales qu'entretiennent la Suisse et le Chili. Après la première journée qui se déroulera à Berne, la Présidente de la Confédération Mme Micheline Calmy-Rey se rendra avec son hôte dans la région du lac Léman.
invitation du Conseil fédéral, Mme Michelle Bachelet, Présidente de la République du Chili, sera en visite d'Etat en Suisse les 1er et 2 juin 2007. La Présidente chilienne arrivera le 1er juin à l'aéroport de Zurich, où elle sera accueillie par la Présidente de la Confédération Mme Micheline Calmy-Rey, par la Conseillère fédérale Mme Doris Leuthard, par la Chancelière de la Confédération Mme Annemarie Huber-Hotz et par la Présidente du Conseil d'Etat du Canton de Zurich Mme Rita Fuhrer. Elle prendra ensuite le train pour se rendre à Berne.
Après la cérémonie des honneurs militaires sur la place de la cathédrale de Berne, la Présidente chilienne y sera reçue par le Conseil fédéral in corpore. Les entretiens officiels porteront sur les relations bilatérales ainsi que sur des sujets de l'actualité internationale.
Au programme de la seconde journée figurent entre autres la visite de l'Ecole polytechnique fédérale de Lausanne (EPFL), un déjeuner sur le lac Léman et une visite au CICR. Mme Bachelet sera en outre l'hôte d'une réception organisée par les autorités genevoises.
Malgré la distance géographique qui les sépare, la Suisse et le Chili entretiennent depuis plus de 100 ans des relations intenses, qui ont été encore renforcées dernièrement par la conclusion de divers accords. La visite d'Etat de la Présidente chilienne sera l'occasion de donner un nouvel élan à la coopération bilatérale et d'entretenir des contacts personnels au plus haut niveau.
La dernière visite officielle d'un chef d'Etat chilien en Suisse remonte au 16 mars 1995. Le Président de la Confédération Kaspar Villiger avait alors reçu le Président Eduardo Frei.
Voir pour des informations médias supplémentaires sur la visite.

15 mai, 2007

L'EX-BRAS DROIT DE PINOCHET CONDAMNÉ À 15 ANS DE PRISON



SANTIAGO - L'ancien chef de la police secrète sous la dictature du général Augusto Pinochet au Chili (1973-1990), Manuel Contreras, a été condamné lundi à 15 ans de prison. Il cumule ainsi une peine de 144 années pour violations des droits de l'Homme.


Patron à cette époque de la redoutable DINA (Direction de l'intelligence nationale), l'ex-bras droit du dictateur a été condamné lundi pour la disparition d'une militante du Mouvement de la gauche révolutionnaire (MIR), enlevée par ses agents le 27 août 1974.


Manuel Contreras est détenu depuis janvier 2005 après avoir été condamné à 12 ans de prison pour l'enlèvement d'un autre membre du MIR. Cette première condamnation a été suivie de plusieurs autres pour des faits similaires, portant sa peine totale, à ce jour, à 144 années de détention.


La DINA, en service jusqu'en 1978, est tenue pour responsable de la plupart des plus de 3.000 cas d'assassinats et disparitions survenus durant le régime militaire chilien.


Poursuivi pour violations des droits de l'Homme ainsi que fraude fiscale après la découverte de comptes bancaires secrets à l'étranger, le général Pinochet est décédé le 10 décembre dernier à l'âge de 91 ans sans avoir jamais été condamné.(ats / 15 mai 2007 04:04)

Au Chili, rêver contre la dictature

Deux mois en enfer, de septembre à novembre 1973, à s’entendre crier : «Mains sur la nuque, communistes de merde !» Deux univers s’opposent : d’un côté, le stade national de Santiago du Chili, où des centaines de «prisonniers de guerre», comme osent le dire les militaires, sont accusés d’avoir organisé d’affreux projets d’extermination, dont le plan Z visant à décapiter les forces armées ; de l’autre, le monde fabuleux qu’invente, jour après jour, l’un de ces prisonniers pour que lui et ses compagnons de misère s’arrachent à la souffrance causée par la torture et l’écrasement de l’Unité populaire. «Ce sont les plus vieux qui ont le regard le plus triste. Tant d’années de luttes, de syndicalisme, de pas de fourmi pour en arriver là. Chaque jour apporte son lot de violence et de mauvaises nouvelles. J’ai beau lutter contre la déprime, elle me gagne quelquefois. Ma seule façon d’en sortir, c’est d’inventer ces histoires énormes, farfelues, que je raconte à mes camarades. Ça les aide eux aussi, j’en suis sûr.»

Aussi l’auteur, qui a lui-même traversé cet enfer, propose-t-il aux lecteurs, en une alternance que rythme une notation répétée – «Retour au vestiaire n° 5» –, un roman bâti sur le contraste entre ce qui ressort de faits historiques ainsi que d’expériences vécues et, par ailleurs, l’envolée dans un conte où ces mêmes faits prennent une dimension fantastique.
Les faits sont vus à travers les yeux de Rafael, un jeune homme pacifiste, naïf et doté d’humour, à qui son amie Tina, mère d’un petit Camilo, reproche de ne pas être un «vrai révolutionnaire». Sympathisant du gouvernement de l’Unité populaire, il aide les petites vieilles de son quartier au sein d’une association chargée de surveiller le ravitaillement et les prix. Délit suffisant pour qu’il soit catalogué comme subversif par des voisins hostiles et arrêté aux premières heures du coup d’Etat. «Coup de bol, j’étais avec le dessus du panier», s’étonne-t-il : journalistes de renom, dirigeants politiques, artistes. Ensemble, soucieux de défendre le seul bien qui leur reste, la dignité, résistant grâce à l’organisation et à une solidarité à toute épreuve, ils réagissent aux événements.


Témoignage rédigé à la première personne dans une langue crue : des phrases sèches et courtes où se reflète la cruauté des bourreaux. C’est pour leur échapper que « Rafa », puisant dans une imagination fertile, usant d’un style tout nouveau, fleuri et débridé, se lance dans l’improvisation d’une histoire et d’un personnage portant le nom de l’enfant qu’il aimait, Camilo. «J’ai reçu à ma naissance différents pouvoirs. Je suis un peu voyant, un peu devin, entre chaman et charlatan», dit cet espiègle génie, né dans le Chili des vignobles et des traditions, qui connaîtra moult aventures placées sous le signe du vin, de l’amour et de la révolution en faveur des pauvres.
Françoise Barthélemy.

FUJIMORI, S'EST ENGAGÉ À RESPECTER LA DÉCISION DE LA JUSTICE

Lima -- L'ex-président du Pérou, Alberto Fujimori, s'est engagé à respecter la décision de la justice chilienne qui doit se prononcer dans les semaines à venir sur la demande d'extradition déposée par Lima, dans un entretien diffusé hier par la télévision péruvienne.

Réfugié cinq ans durant au Japon, son pays d'origine, pour échapper à des poursuites au Pérou dans des affaires de corruption, M. Fujimori, réclamé par la justice péruvienne, était arrivé en novembre 2005 à Santiago du Chili, où il a été détenu pendant six mois, avant d'être remis en liberté provisoire avec l'interdiction de quitter le territoire chilien. Âgé de 68 ans, l'ancien président poursuivi au Pérou pour corruption et violations des droits de l'homme parmi une vingtaine d'affaires, a affirmé qu'il allait «accepter» la décision du Chili concernant son extradition. «Je ne pense pas à fuir ou à demander l'asile, ce sont des spéculations.» 

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14 mai, 2007

LA DC ET DE LA DROITE CHILIENNE EN AMERIQUE LATINE

LE ROLE DES PARLEMENTAIRES DE LA DEMOCRATIE CHRETIENNE ET DE LA DROITE CHILIENNE EN AMERIQUE LATINE
Le principal responsable chilien du coup d’État de 1973 contre le Président Allende est mort le 10 décembre 2006 sans avoir rendu de comptes à la justice. Tous les commanditaires, aussi bien chiliens qu’étrangers (nord-américains), continuent leurs forfaits, sans qu’aucune procédure judiciaire n’ait réussi à les inquiéter. Au Chili, seuls quelques criminels se sont vus contraints à s’expliquer sur leurs actes. Et encore, leur nombre dépasse à peine les deux cents inculpés. Cette situation met en évidence la politique d’impunité appliquée par les gouvernements successifs depuis la fin de la dictature de Pinochet.


Les conséquences de cette politique sont extrêmement nocives pour le développement d’une société basée sur des principes républicains et dans laquelle tous les citoyens sont égaux devant la loi. En effet, non seulement les victimes développent une méfiance totale vis-à-vis des institutions de l’État qui ne reconnaissent pas à certains citoyens les mêmes droits qu’aux autres, mais encore les «bénéficiaires» d’une telle politique sont persuadés qu’ils se situent au-dessus des lois, et de ce fait n’auront aucune crainte à recommencer les mêmes crimes.

Les preuves de l’implication du gouvernement américain dans l’organisation du coup d’État de 1973 contre Allende sont de notoriété publique. Des millions de dollars ont été alloués par la CIA pour financer des journaux, syndicats, partis politiques, etc. (1). Cependant, aucun instigateur du coup d’État n’a jamais avoué avoir reçu le moindre dollar de la part des services américains pour sa participation dans la création des conditions nécessaires à la prise du pouvoir par les militaires. Et pourtant, beaucoup de responsables politiques d’alors, de droite et démocrates chrétiens, sont actuellement encore dirigeants de partis politiques chiliens (Union Démocrate Indépendante –UDI-, Rénovation Nationale –RN-, Parti Démocrate Chrétien –PDC-). Ces derniers n’ont pas jugé sain, ni convenable, pour le salut moral de la vie politique chilienne, de faire le plus petit geste d’autocritique ou de repentance quant à leur rôle dans la tragédie de 1973.

Le système d’impunité en vigueur ne peut que les conforter dans leur conviction. Non seulement, ils continuent de croire à la possibilité d’outrepasser les lois pour des raisons politiques au Chili même, mais encore ils estiment avoir le droit de faire fi de la souveraineté d’autres pays.


Beaucoup de responsables politiques chiliens se sentent outragés si un étranger émet le moindre avis sur la conduite des affaires chiliennes dans le domaine des relations politiques internationales. Ceci a été particulièrement évident lorsque Pinochet a été attrapé et quasi jugé en Espagne pour crimes contre l’Humanité et la disparition de nombreux ressortissants étrangers au Chili (2). En revanche, les plus hautes institutions de l’État chilien ne se privent pas de s’immiscer ouvertement dans les affaires internes d’autres États.


C’est ainsi qu’en avril 2002 la Chambre des Députés a adopté grâce aux voix du PDC, de la UDI et de RN un texte condamnant Cuba pour sa «persistante violation des droits de l’homme» et reconnaissant aussi l’existence du blocus américain. Cette déclaration a été rendue publique la veille du vote contre Cuba organisé par la Commission des Droits de l’Homme (DD.HH) de l’ONU (3).


En avril 2003, le Sénat chilien a condamné à l’unanimité la «violente répression» de l’opposition à Cuba. Cette condamnation a encore une fois coïncidé avec la réunion de la Commission des DD.HH de l’ONU (4).


En juillet 2006, le Sénat chilien «condamne et demande au gouvernement de Cuba de mettre fin aux détentions pour des motifs idéologiques» (5), sans faire la moindre allusion aux détenus de la base de Guantanamo. Le hasard a voulu que cette résolution soit connue le jour suivant celui où Bush a adopté «des mesures supplémentaires» à l’encontre de Cuba, mesures contenues dans un rapport de 93 pages préparé par la Commission d'Assistance à une Cuba Libre, présidée par la Secrétaire d'Etat Condoleezza Rice et le Secrétaire du Commerce Carlos Gutiérrez.

A l’image de Pinochet, les promoteurs du coup d’Etat contre Allende pensent toujours que leur impunité est universelle et cherchent aujourd’hui à impliquer dans leurs intrigues d’autres formations politiques.


Dernièrement, en avril 2007, à quelques jours de la visite officielle de Mme Bachelet au Venezuela, les sénateurs chiliens ont condamné l’intention du gouvernement vénézuélien de ne pas reconduire la concession de Radio Caracas Televisión (RCTV), en exigeant de la Présidente chilienne qu’elle proteste auprès des autorités vénézuéliennes et qu’elle porte l’affaire devant l’Organisation des Etats Américains (OEA) (6).

Les intrusions des sénateurs et des députés de la droite chilienne dans les affaires internes de pays de la région révèlent qu’ils n’ont que faire du respect de la souveraineté d’autres pays, à condition, toutefois, que ceux-ci aient été désignés comme des ennemis par l’empire.


Washington semble d’ailleurs leur avoir réservé le rôle de pilier et de relais contre-révolutionnaire sous-régional de ses politiques impérialistes qui pourront ainsi, à partir de là, être reprises, voire amplifiées.


Si l’immoralité est la pierre de touche de l’impunité, l’intervention externe est la base de la contre-révolution. Les exemples dans l’histoire sont légion : les monarchies européennes contre la révolution française, les Prussiens contre la Commune de Paris, quatorze puissances étrangères contre la naissante révolution russe, Hitler et Mussolini contre la République espagnole, l’impérialisme américain contre toute velléité d’indépendance d’un pays d’Amérique latine (Nicaragua 1912, Guatemala 1954, Cuba 1959, République Dominicaine 1965, les Contras au Nicaragua dans les années 80, etc.).


Les attaques et déclarations de certains membres des institutions chiliennes paraissent bien utiles à l’administration américaine pour justifier sa politique d’agression de tout gouvernement rebelle à ses politiques interventionnistes, notamment en Amérique latine (7).


Les effets de l’impunité sont non seulement corrosifs pour la vie interne et le futur d’un pays, mais aussi dissolvants des bonnes relations internationales. Les sénateurs chiliens impliqués dans ces résolutions manifestent ainsi leur hostilité envers le processus d’intégration qui se développe actuellement en Amérique latine. 


J.C. Cartagena et N. Briatte.

(1) Uribe, Hernán La Democracia Cristiana Digitada por Washington, Punto Final, marzo 1996

10 mai, 2007

PINOCHET RESSUSCITÉ À TRAVERS UN SPAM NIGÉRIAN

Un e-mail censé provenir du petit-fils de l'ex-dictateur chilien met à l'épreuve la crédulité des internautes. Une variation sur un même thème, estime Sophos
Robert Jaques


Des experts en sécurité ont lancé un avertissement concernant l'apparition d'une nouvelle fraude 419 (plus connu sous le nom de spam Nigérian) qui apparaît sous forme d'un message soi-disant émis par le petit-fils de feu le Général Pinochet, l'ancien dictateur du Chili.
Le message indique en objet la mention "President of Chile who died" et son expéditeur apparaît comme étant le capitaine Augusto Pinochet Molina.
Molina a été renvoyé de l'armée chilienne après avoir prononcé un discours non autorisé lors des funérailles de son grand-père en décembre 2006.
A en croire cet e-mail, le capitaine Pinochet chercherait un moyen de dissimuler aux autorités la fortune familiale. Dans l'espoir d'ajouter un peu de crédibilité à l'histoire, le message comporte un lien vers un article de BBC News relatif aux funérailles du Général Pinochet.
"Des millions d'e-mails frauduleux de ce type sont envoyés chaque jour aux internautes et il est difficile de s'imaginer que quelqu'un puisse encore tomber dans ces pièges", a déclaré Graham Cluley, consultant en technologie chez
Sophos. "Pour autant, le fait d'inclure un lien vers des sites aussi réputés que la BBC suffit malheureusement souvent à tromper les internautes et à les mettre financièrement en danger lorsqu'ils entament une correspondance avec des cybercriminels".
Le représentant de Sophos explique : "Il est temps que chacun apprenne à ne pas accorder de crédit à tout ce qui transite par e-mail et à prendre les messages de ce type avec un maximum de réserve."
Cette arnaque par e-mail est la dernière des innombrables fraudes 419, qui doivent leur nom au numéro de l'article applicable du code pénal nigérien, berceau de la plupart de ce type de fraude.
Ces fraudes prennent généralement la forme d'un message indésirable offrant une importante quantité d'argent en échange d'un simple service. Une fois la victime attirée dans les filets du fraudeur, il suffit à ce dernier de lui demander des informations personnelles qui peuvent ensuite conduire à des demandes d'argent, des vols d'identité ou des vols financiers.

07 mai, 2007

UN PINGOUIN PERDU AU PÉROU


Spheniscus magellanicus ( Forster )

Un pingouin a stupéfié le monde scientifique en faisant une apparition très inattendue au Pérou, à environ 5 mille kilomètres de son habitat naturel, dans le sud du Chili. L'animal se serait perdu.

L'endroit est magnifique ... mais ne correspond pas du tout au cadre de vie traditionnel des pingouins. Originaire du Détroit de Magellan dans le sud du Chili, ce pingouin a été trouvé au Pérou -- à 5 mille kilomètres de son habitat naturel. Les biologistes pensent que ce volatile incapable de voler a dû nager jusque dans les eaux tempérées du Pérou.


C'est un pêcheur qui a retrouvé l'animal blessé, dans la Réserve nationale de Paracas.


Ramses Palacios
"Nous l'avons trouvé dans la Réserve de Paracas, près des roches. Il était blessé à une aile."


Situé juste au sud de l'équateur, la Réserve nationale de Paracas est une réserve marine cotière du Pacifique bordée d'un désert de sable.


Des pingouins sont présents dans cette réserve mais il s'agit de pingouins de Humboldt et non magellaniques comme l'égaré. Le personnel de la réserve s'emploie actuellement à raccompagner le pingouin vers son pays natal.
Xue Jingmeng, CCTV Rédacteur: Baiyun Origine:
CCTV.com

02 mai, 2007

LE CHARMEUR DE SERPENTS ET L'ORATRICE RIGIDE

Les deux candidats vus par le romancier chilien Jorge Edwards

Le grand écrivain chilien Jorge Edwards suit de près la campagne présidentielle française, comme en témoigne sa tribune parue aujourd'hui dans le quotidien espagnol El País et intitulée "Nouvelle droite et socialisme de toujours". L'auteur de L'Origine du monde, qui était en poste à l'ambassade du Chili à Paris en mai 1968, a l'impression que les candidats de 2007 "utilisent un langage beaucoup moins provocateur et agressif" qu'à l'époque et que, malgré leurs estocades, "ils cultivent des apparences de courtoisie, de bonnes manières".

Toujours à propos de langage, le romancier chilien a l'impression que "Ségolène Royal est une oratrice plutôt rigide, peu douée pour l'improvisation, qui sait ce qu'elle dit, mais ne domine pas entièrement la manière de le dire". Sarkozy lui fait l'effet inverse. "Il n'en dit pas trop, il évite d'aborder les problèmes de fond, mais il parle avec une grande aisance, sur le ton de la conversation amicale, de la confession, voire du prêche, parfois, et parvient à galvaniser son public." Aux yeux d'Edwards, Sarkozy est "un charmeur de serpents" : en bougeant les mains comme un chef d'orchestre, "Sarkozy trouve les mots justes et semble les modeler, les caresser et les faire briller grâce à ses yeux".

L’EMBARRASSANTE PRÉSENCE DE FUJIMORI


Bonjour, je veux faire un peu de tourisme ici au Chili.Je n'ai pas besoin de visa, car je suis péruvien.Désole mais vous êtes arrêté. Comme dit-vous? Je pas comprendre, je me sent Japonais.





Le séjour d’Alberto Fujimori au Chili depuis cinq cent trente jours s’apparente davantage à une villégiature qu’à un exil forcé. L’ancien président est en réalité parfaitement libre de ses allées et venues. Alors que le processus d’extradition s’accélère, on craint qu’il ne cherche à se réfugier à l’ambassade du Japon.
L’équipe chargée de le surveiller a d’ailleurs récemment été renforcée. Omar Chehade, chef de l’unité d’extradition du ministère de la Justice, a même déclaré que “la prochaine prison de Fujimori risquait d’être l’ambassade du Japon au Chili”. Il a aussi révélé qu’une équipe des services secrets chiliens ne “le lâchait pas d’une semelle”. Mais ce qui inquiète vraiment Santiago et Lima, c’est que Fujimori jouit encore d’un certain pouvoir au Pérou. Avec une assise politique forte de 15 parlementaires (dont sa fille Keiko Sofía) et un soutien solide dans les régions rurales qui ont obtenu l’eau et l’électricité sous son mandat, l’ancien président, s’il rentre dans son pays, pourrait mettre fin à la lune de miel entre l’APRA d’Alan García et le Sí Cumple, parti fujimoriste. Ces deux mouvements, opposés idéologiquement, ont fait alliance contre l’Unión por el Perú d’Ollanta Humala. Voilà pourquoi, au ministère des Affaires étrangères chilien, personne n’ignore que la meilleure solution pour le gouvernement péruvien serait le départ de Fujimori pour le Japon. “L’APRA a examiné plusieurs solutions pour qu’il n’arrive jamais à Lima – convaincre la justice ou encore lui donner cinq minutes d’avance [le temps qu’il faut pour aller de son domicile à l’ambassade du Japon]”, révèle une source proche des Affaires étrangères. Selon José Rodríguez Elizondo, un ancien diplomate qui a vécu plusieurs années au Pérou, “la détention de Fujimori au Chili est comme une grenade dégoupillée dont tout le monde s’écarte. L’ancien président jouit encore d’un certain soutien politique. A l’instar de Pinochet, sa condamnation ne fait pas l’unanimité au Pérou.” Alberto Fujimori est accusé du massacre de civils à l’université de La Cantuta [un professeur et neuf étudiants tués par les services secrets en 1992] et dans le quartier de Barrios Altos [15 personnes assassinées par un commando policier en 1991]. Felipe Saleh, Luis Narváez et Andrés López La Nación

21 avril, 2007

Un séisme fait au moins trois morts au Chili

Trois personnes sont mortes et sept autres sont portées disparues, après un séisme qui a secoué le sud du Chili, samedi 21 avril. Les secousses ont atteint une magnitude de 6,2 sur l'échelle de Richter. La présidente Michelle Bachelet a annoncé la mise en place d'un dispositif d'urgence pour secourir les personnes dans le besoin.

16 avril, 2007

INTERVIEW DE SEBASTIAN PARIS HORVITZ

SEBASTIAN PARIS HORVITZ
Sebastian Paris Horvitz
directeur de la Stratégie d'Investissement pour AXA IM


Nous pouvons nous attendre à un affaiblissement de la croissance américaine en dessous de 2,5%»

Quelle est votre perception de l’évolution des marchés financiers à l’heure actuelle?

Alors que le marché avait subi une très forte correction il y a environ un mois, nous pouvons à présent observer une reprise qui s'explique notamment par le fait que l’activité dans beaucoup de régions du monde reste soutenue et que les valorisations dans ce contexte semblent toujours très attrayantes.Une des manifestations caractéristiques de ce rebond réside dans l’évolution qu’a connu le marché chinois de Shanghai : alors que ce dernier avait baissé de 9 % le 27 février, au moment où avait commencé la correction, il est aujourd'hui en hausse de près de 30 % depuis le début d’année.

Quelles sont les perspectives?

Notre regard se concentre sur ce qui se passe actuellement aux Etats-Unis. En ce moment, ce pays connaît une croissance plutôt ralentie, en dessous de son potentiel. De ceci résulte une prévision de croissance des profits de 5 % au lieu de 20 % auxquels on s’était habitué ces dernières années. Ce ralentissement est accentué par l'évolution rapide des salaires qui grignotent les marges des entreprises. Sans oublier les difficultés du secteur immobilier qui pourraient peser sur les résultats du secteur financier, notamment par des provisions plus importantes que prévu par les banques.L’ensemble de ces éléments de risque conduit le marché à s’interroger sur l’ampleur du ralentissement. Celui-ci sera-t-il fort ? Sera-t-on confronté à une véritable récession ? L’ensemble des acteurs de la place attend une réaction de la FED pour permettre à l'économie de repartir.

Toutefois, cette anticipation de baisse de taux trouve encore devant elle un obstacle : l’inflation. En effet, celle-ci reste relativement élevée. Ceci est un sujet qui inquiète d’ailleurs l’ensemble des banques centrales. Les craintes à ce sujet ont sûrement pesé sur les marchés ces derniers mois. Nous pensons que l'inflation ne devrait pas poser de problème, mais elle demeure néanmoins un risque. La progression rapide des salaires aux Etats-Unis et le maintien d’un rythme d’activité économique soutenu dans de nombreux pays pourraient effectivement entraîner des tensions, repousser une baisse des taux dans le pays, voire se traduire par plus de rigueur monétaire. Cette possibilité explique en partie le fait que les taux longs commencent à monter. Notre pronostic reste néanmoins que la décélération de l’activité va gagner l’ensemble de l’activité et que dans ces circonstances les banques centrales vont assouplir leurs politiques, apportant in fine un soutien au marché.


Quel est votre avis au sujet des pays émergents?

Je pense qu'il faut surveiller de près ce qui se passe dans ces pays. La croissance de l'avenir se situe certainement là-bas. Nous pouvons le constater avec la Chine, l’Inde, certains pays d'Amérique latine qui ont des situations financières plutôt assainies, avec notamment une forte accumulation de réserves de change. Il n'empêche que les États-Unis et surtout les consommateurs américains restent un soutien important à la croissance de ces pays. Or, si nous avons une véritable récession aux Etats-Unis, l'hypothèse que le reste du monde continuera à croître sans ressentir aucun effet de la dynamique américaine est fausse. La belle histoire des pays émergeant tient encore à la croissance américaine. Aujourd’hui, nous somme plutôt sélectifs car même si ces marchés gardent en général des valorisations attrayantes, il nous semble que la prudence s’impose pour ceux qui sont trop dépendants des matières premières. En effet, le ralentissement de l’activité mondiale devrait calmer fortement les prix des matières premières. Une Chine plus robuste qu’attendu, peut néanmoins clairement altérer ce diagnostic.


Comment voyez-vous évoluer la bulle immobilière aux Etats-Unis ?

Nous sommes inquiets mais pas au point d’opter pour un scénario trop noir. La situation des crédits immobiliers de mauvaise qualité, les , révèle une crise assez profonde même s'ils ne représentent que 10 % de l'ensemble du marché immobilier hypothécaire américain. Les excès prendront du temps à être nettoyés. C'est certainement un frein à la croissance de l'économie américaine, d’autant plus si le phénomène du «subprime» répand ses effets sur l'ensemble du secteur immobilier et donc sur l'ensemble de l'économie. Pour l’instant nous ne le constatons pas mais c'est un risque qu'il faudra surveiller.Le problème est que le contexte a profondément changé : les sources de financement ne viennent plus de la hausse des prix des maisons et les gens ne peuvent plus s'endetter aussi facilement, les banques ayant resserré les conditions d’octroi des crédits immobiliers.
Dans ces conditions, nous pouvons nous attendre à ce que la croissance américaine s'affaiblisse davantage même si le consensus table déjà sur une croissance autour de seulement 2,5 % pour cette année.


Quels sont les zones géographiques et les secteurs que vous privilégiez ?

D'un point de vue régional, nous continuons à être exposés essentiellement en Europe, particulièrement en zone euro. Cela tient tout d'abord à un argument de valorisation. Par ailleurs, dans ce contexte de grande liquidité, les fusions acquisitions jouent un rôle très important comme stimulant des prix des actifs. Au premier trimestre, nous avons eu près de 1000 milliards d'opérations au niveau mondial. Plus de la moitié a été concentrée en Europe.
Pour ce qui concerne les zones émergentes, notre préférence va plutôt vers l'Asie et une partie de l'Amérique latine, avec cette réserve que nous restons prudents concernant les matières premières. S’agissant de ce dernier secteur, notre scénario est celui d'un ralentissement graduel. Nous pensons que le prix des matières premières devrait souffrir cette année, même si un consensus veut que l'intégration de la Chine et des grands pays émergents dans la scène mondiale crée sur le moyen terme une pression à la hausse sur les prix des matières premières.
Parmi les secteurs que nous aimons bien, il y a tout d'abord les financières. Les valorisations en Europe continentale sont attrayantes et sa faible concentration nous pousse à croire que ce secteur devrait bénéficier des opérations de fusion et acquisition. Et puis il y a aussi la santé : ce secteur n'est pas cher, c'est un secteur qui subit assez souvent des critiques pour des motifs structurels. À court terme, il y a de vraies difficultés lorsque nous appréhendons ce marché en raison de la grande concurrence dans les médicaments avec l'arrivée des génériques. Nous pensons pour autant que le marché maltraite ce secteur, particulièrement parce que les prix de marché sont attrayants.


Compte tenu de la consolidation du secteur aérien, investir dans ce secteur vous semble-t-il pourtant opportun ?

Je pense que la consolidation pourrait se poursuivre en Europe bien que sans doute, les bonnes nouvelles soient peut-être déjà derrière nous. Une autre bonne nouvelle résiderait dans la baisse des coûts énergétiques. Lorsque nous parions sur les fusions-acquisitions, nous ne nous concentrons pas trop sur les compagnies aériennes. Les pressions sur les marges restent aussi très fortes car c’est un secteur qui devient très concurrentiel.Les entreprises absorbées aujourd’hui sont des entreprises en général qui ne sont pas forcément dans la meilleure posture.
Propos recueillis par I.H.

10 avril, 2007


L’application des politiques libérales ne fait qu’augmenter la détresse et la précarité de larges couches de la population française. La droite veut faire croire que la seule politique possible pour sortir de cette situation est l’approfondissement des politiques favorisant le grand patronat et les multinationales.

Cependant, le rejet de la Constitution européenne prouve que lorsqu’on se mobilise, des victoires sont envisageables. Lorsque les gens prennent conscience de l’importance de leur implication dans les luttes, tout devient possible. Les changements opérés en Amérique Latine ces dernières années en sont un exemple.

Le programme de la candidate de la gauche populaire et anti-libérale montre qu’elle est la seule alternative efficace pour aboutir à un changement radical d’orientation politique.

Les propositions annoncées par Marie-George Buffet pour lutter contre la précarité répondent à des urgences sociales. La défense du service public, l’augmentation des salaires, des retraites et des minima sociaux, les mesures pour l’emploi et la jeunesse, etc. constituent des engagements responsables sur lesquels les citoyens et les salariés peuvent se rassembler avec l’objectif de battre la droite.

C’est pourquoi le Parti communiste Chilien (Coordination France) appuie résolument Marie-George Buffet, candidate du rassemblement populaire et anti-libéral.


Coordination en France Parti communiste Chilien


Paris, le 7 avril 2007.

02 avril, 2007

Un débris spatial retombe près d'un avion de Lan Chile

Wellington (Nouvelle-Zélande) - Un avion de la compagnie aérienne chilienne Lan Chile a été 'frôlé' (en termes aéronautiques) en vol au-dessus du Pacifique, par un débris spatial issu d'un satellite russe lors de la rentrée dans l'atmosphère de celui-ci.

L'avion, un Airbus A340-300, vol LA801, qui effectuait la liaison entre l'aéroport international Arturo Merino Benitez de Santiago (Chili) et l'aéroport international d'Auckland (Nouvelle-Zélande) était à 10 minutes de l'entrée dans l'espace aérien de la Nouvelle-Zélande lorsque les pilotes ont annoncé qu'une sorte de météore enflammé était passé devant l'appareil à une distance de moins de 8 kilomètres। Le débris spatial est tombé verticalement et les pilotes n'ont pas eu à faire de manoeuvre d'évitement et n'aurait pu en faire de toutes façons.

L'avion s'est évidemment posé sans incident et les pilotes ont pu apprendre ensuite que les autorités russes avaient prévenu les pays de la zone du Pacifique depuis deux semaines de la possible rentrée en atmosphère d'un de leurs vieux satellites et que des débris pourraient être observés।