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| NARUMI KUROSAKI PHOTO DE FAMILLE |
Procès Lyon : le Chilien Nicolas Zepeda, maintient qu’il n’a pas tué son ex-petite amie japonaise / «Je suis innocent, je n’ai pas tué Narumi Kurosaki», l’accusé continue de nier le meurtre, malgré des preuves de préméditation. La famille de la victime, sans espoir de retrouver le corps, réclame justice.
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Le Figaro
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Le troisième procès de Nicolas Zepeda, accusé d’avoir tué et fait disparaître
le corps de son ancienne petite amie Narumi Kurosaki, s’est ouvert ce mardi à Lyon.
Par Le Figaro avec l'AFP
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| NICOLAS ZEPEDA, À BESANÇON, LE 29 MARS 2022. PHOTO PATRICK HERTZOG / AFP |
le Chilien Nicolas Zepeda a maintenu mardi, à l’ouverture de son troisième procès, ne pas avoir tué son ex-petite amie japonaise en 2016 à Besançon, campant sur une ligne de défense offensive en dépit d’indices confondants. «Je suis innocent, je n’ai pas tué Narumi» Kurosaki, «et je suis ici pour me battre», a déclaré l’accusé, 35 ans, à l’ouverture des débats devant la cour d’assises du Rhône.
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Malgré l’absence de cadavre, de preuve et d’aveu, il a déjà été condamné deux fois à 28 ans de prison, en 2022 puis en appel en 2023, un verdict annulé par la Cour de cassation en 2025 pour un vice de procédure. Blouson sombre et coupe de cheveux impeccable, Nicolas Zepeda, en détention provisoire depuis son extradition du Chili en 2020, a décliné à l’audience son identité dans un français parfait, teinté d’un léger accent espagnol. Cinq interprètes, en japonais et en espagnol, doivent traduire les débats en direct durant les deux semaines de procès.
Il a toujours nié farouchement, malgré les ingrédients «évidents» d’un «féminicide» prémédité suivi de la dissimulation du corps de l’étudiante de 21 ans, selon un scénario reconstitué par l’accusation. «Il ne semble pas que ce troisième procès ouvre la voie à des révélations quelconques ou à des aveux», a regretté l’avocate de la famille de la victime, Sylvie Galley, devant la presse. Au premier procès, sa mère et ses deux sœurs «étaient venues avec cet espoir démesuré», qui n’a pas été comblé, «cela a été un moment de décompensation psychologique épouvantable», a-t-elle poursuivi. Malgré tout, «leur but est d’aller au bout du processus judiciaire, quitte à y laisser leur santé et une partie d’elles-mêmes...»
«Terrifiants»
Nicolas et Narumi avaient noué une relation en 2014 au Japon. À la rentrée 2016, la jeune Japonaise arrive à Besançon pour des études de français et quitte un mois plus tard son copain rentré au Chili qu'elle trouve trop possessif et inquisiteur. Après des messages tantôt énamourés tantôt menaçants, Nicolas vient fin novembre en France. Pour ses études, dira-t-il d'abord aux enquêteurs. Mais les bornages du téléphone de son ex, et de sa voiture de location, ainsi que des témoignages d'étudiants qui l'ont vu se cacher dans la résidence, démontrent que le Chilien a épié Narumi et son nouveau petit ami étudiant français.
La jeune femme est vue vivante pour la dernière fois le 4 décembre, regagnant sa résidence universitaire. La nuit, des voisins entendent des hurlements terrifiants, «comme dans un film d'horreur». Lui assure aux enquêteurs qu'après une rencontre «fortuite», puis un dîner au restaurant, ils ont des relations sexuelles dans la chambre de l'étudiante ce qui, selon lui, explique les bruits émis par la jeune femme.
«Incohérents»
L'enquête a mis au jour nombre d'indices «concordants» démontrant qu'un Zepeda éconduit et enfermé dans son orgueil de «mâle blessé» avait prémédité et commis un crime de «possession», avait asséné l'avocat général aux premiers procès. Selon le magistrat, il a enterré ou immergé le corps dans un sous-bois bordé d'une rivière. Où son GPS et son téléphone ont prouvé qu'il avait passé du temps cinq jours plus tôt, puis à nouveau après avoir quitté la chambre de la Japonaise. Les enquêteurs ont exclu la fugue: le portefeuille de Narumi, 565 euros, ses deux cartes bancaires, son manteau d'hiver, ses chaussures, son portable et sa carte SNCF étaient dans sa chambre, qui portait les traces d'un nettoyage récent au détergent.
Quatre jours plus tôt, Zepeda avait acheté un bidon de cinq litres d'un produit combustible, des allumettes, un pulvérisateur de détergent à l'eau de javel. Autres indices: les jours suivants, des courriels et messages incohérents, prétendument écrits par Narumi pour rassurer son entourage, disant qu'elle est à Lyon pour renouveler son visa d'étudiant, formalité qui relève du consulat japonais de Strasbourg.
Et l'achat sur internet le 6 décembre, depuis un centre commercial où Zepeda se trouvait, d'un billet de TGV Besançon-Lyon au nom de Narumi. TGV qu'elle n'a jamais pris. Enfin, à Barcelone avant d'embarquer pour le Chili, Zepeda interrogeait son cousin sur «la mort par asphyxie» et comment savoir si une personne est «vivante ou morte» après une pendaison.
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PROCÈS ZEPEDA À LYON : L'ACCUSÉ CHILIEN, JUGÉ POUR L'ASSASSINAT DE NARUMI KUROSAKI, ÉBRANLÉ PAR UN INTERROGATOIRE SERRÉ |
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| NICOLAS ZEPEDA INTERROGÉ DEVANT LA COUR D'ASSISES À LYON. DESSIN- ZZIIGG |
Procès Zepeda à Lyon : l'accusé chilien, jugé pour l'assassinat de Narumi Kurosaki, ébranlé par un interrogatoire serré / Il nie toujours mais a été mis en difficulté. Au quatrième jour de son troisième procès, Nicolas Zepeda a bafouillé devant les assises du Rhône à Lyon. La cour n'a pas manqué de souligner les incohérences de son récit alors qu'il est jugé pour l'assassinat de son ex-petite amie à Besançon en 2016.
AFP Publié le vendredi 20 mars 2026 à 8:49
Hésitant et fébrile, le Chilien Nicolas Zepeda, rejugé à Lyon pour l'assassinat il y a dix ans de son ex-petite amie japonaise, s'est montré confus jeudi face à un feu nourri de questions soulignant les incohérences de son récit. Au troisième jour du procès, le président de la cour d'assises du Rhône, Éric Chalbos, a surpris tout le monde en lançant l'interrogatoire de l'accusé, prévu la semaine suivante.
Point par point, le magistrat est revenu sur les déclarations de Nicolas Zepeda depuis ses premières auditions au Chili fin 2016, les confrontant aux éléments matériels recueillis alors par les enquêteurs. Pour ces derniers, Narumi Kurosaki, 21 ans, venue étudier le français à Besançon, a été tuée dans sa chambre universitaire le 4 décembre 2016 par Nicolas Zepeda, qui a ensuite fait disparaître son corps dans un sous-bois.
Des explications et des bafouilles
Pourquoi le Chilien, qui se trouvait en France à ce moment-là, a-t-il d'abord "menti" aux enquêteurs en prétextant un voyage d'études, interroge Éric Chalbos. "J'étais venu pour essayer d'avoir des réponses de Narumi après sa rupture", bafouille l'accusé dans un français parfait teinté d'un accent espagnol.
Pourquoi est-il sorti de l'autoroute pour un arrêt de plusieurs heures dans un sous-bois bordé d'une rivière avant d'arriver à Besançon? Où il reviendra stationner deux heures durant après être sorti de la chambre de Narumi, selon le bornage de son téléphone. "J'étais fatigué, j'avais besoin de me reposer", souffle-t-il confusément, en se dandinant. "Et les aires d'autoroute?", suggère M. Chalbos. "C'est vrai, j'aurais pu"... Pourquoi avoir acheté un spray à la javel, un bidon de 5 litres de combustible et une boîte d'allumettes ?
Pour nettoyer une tâche dans la voiture, pour vider et remplir le bidon avec de l'essence "au cas où je tombe en panne", et "parce que la boîte d'allumettes était "jolie" et que "je voulais la rapporter" en souvenir au Chili, rétorque Zepeda. "Vous l'avez rapportée ?", s'enquiert l'avocate de la famille Kurosaki. "Oui". "À travers les contrôles de sécurité de l'aéroport et votre unique valise de cabine?", le piège Me Sylvie Galley. "Euh... oui. C'est possible", réplique l'accusé.
Des "hurlements de terreur"
Et qu'a-t-il à dire sur les trois jours, où il a été vu garé devant la résidence universitaire de la jeune fille, puis caché dans la cuisine ? Il était "allé frapper à sa porte, mais elle n'était pas là", dit-il d'une voix chevrotante, niant avoir espionné Narumi et son nouveau petit ami Arthur. Nicolas Zepeda assure être tombé fortuitement sur la jeune femme le 4 décembre, l'avoir emmenée dîner au restaurant et avoir été invité ensuite dans sa chambre, après leur réconciliation. Dans la nuit, plusieurs étudiants entendent dans le bâtiment des "hurlements de terreur" de femme conclus par un "long râle", comme en témoigne l'un d'eux à la barre. "Je dormais, je n'ai rien entendu", bredouille Zepeda, qui reconnaît avoir passé 30 heures sur place.
"À la police chilienne, vous aviez d'abord dit (...) que Narumi avait été très réceptive et excitée" et émis des "gémissements expressifs", rappelle M. Chalbos. Et pourquoi n'a-t-il pas ouvert la porte quand Arthur et cinq étudiants, inquiets de l'absence de la jeune femme, ont frappé à sa porte le soir suivant ? "Elle m'a fait signe de ne pas faire de bruit", assure Zepeda.
En détention provisoire depuis son extradition en France en 2020, Nicolas Zepeda a été condamné à 28 ans de prison en 2022, puis à la même peine en appel en 2023, malgré l'absence de corps et d'aveux. La cour de cassation ayant annulé le verdict pour un vice de procédure, il est rejugé pour la troisième fois à Lyon jusqu'à la fin de la semaine prochaine. "Vous disiez l'aimer passionnément, vous rêvez à Narumi", l'interroge Me Galley ? "Oui, cela m'arrive", répond-il en pleurs. "Vous rêvez d'elle morte ?" Non, je rêve que ça va bien"...


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