05 septembre, 2022

AU CHILI, LA NOUVELLE CONSTITUTION MASSIVEMENT REJETÉE PAR RÉFÉRENDUM

PHOTO CLAUDIO REYES / AFP

Près de 62 % des Chiliens n’ont pas soutenu, dimanche, le texte qui devait remplacer celui hérité de la dictature de Pinochet. Le président, Gabriel Boric, a aussitôt annoncé sa volonté de relancer « un nouveau processus constitutionnel ».

Le Monde avec l'AFP

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Des opposants au projet de nouvelle Constitution chilienne réagissent après avoir pris connaissance des résultats du référendum rejetant le texte, à Santiago, le 4 septembre 2022.

Le projet de changement social au Chili a subi un coup d’arrêt. Les Chiliens ont massivement rejeté, dimanche 4 septembre, la proposition de nouvelle Constitution, qui visait à remplacer celle héritée de la dictature d’Augusto Pinochet (1973-1990).

Le verdict de ce référendum à vote obligatoire est sans ambiguïté et dépasse toutes les prédictions des instituts de sondage. Quelque 61,9 % des électeurs, soit plus de 7,8 millions de personnes, ont glissé le bulletin « je rejette », contre 4,8 millions (38,1 %) favorables à la mention « j’approuve », selon les résultats définitifs.

Ce choix ne fait cependant que suspendre le processus de nouvelle Constitution entamé après le violent soulèvement populaire de 2019 rejetant celle rédigée sous le régime militaire et réclamant plus de justice sociale.

« Appel à toutes les forces politiques »

« Je m’engage à faire tout ce qui est en mon pouvoir pour construire un nouveau processus constitutionnel», a solennellement déclaré, après les résultats, Gabriel Boric, le président de gauche de 36 ans élu en décembre 2021.

Depuis le palais présidentiel de la Moneda, il a lancé « un appel à toutes les forces politiques pour qu’elles fassent passer le Chili avant toute divergence légitime, et qu’elles se mettent d’accord le plus rapidement possible sur les délais et les contours » de ce nouveau processus « dans lequel, bien sûr, le Parlement devra être le principal protagoniste ».

Célébrant la « défaite pour les refondateurs du Chili », Javier Macaya, président de l’Union démocrate indépendante (UDI, parti ultraconservateur), a dit lors d’une conférence de presse vouloir également « poursuivre le processus constitutionnel », comme s’y était engagée l’opposition durant la campagne pour faire barrage au texte proposé.

Un premier référendum en octobre 2020 avait clairement appelé à la rédaction d’un nouveau texte fondamental (79 %), et voir effacée l’ombre de Pinochet et d’un Chili laboratoire de l’ultralibéralisme. Mais le fruit d’un an de travail des 154 membres d’une Assemblée constituante, élus en mai 2021 pour rédiger la proposition, a semble-t-il, beaucoup bousculé le conservatisme d’une majeure partie de la société chilienne.

De nouveaux droits sociaux avaient pourtant été pensés pour équilibrer une société aux fortes inégalités sociales, en proposant de garantir un droit à l’éducation, à la santé publique, à une retraite, ainsi qu’à un logement décent, pour ne plus les laisser aux seules mains du marché.

L’inscription dans le marbre du droit à l’avortement, un sujet qui fait débat dans le pays où l’interruption volontaire de grossesse n’est autorisée que depuis 2017 en cas de viol ou de danger pour la mère ou l’enfant, ou encore la reconnaissance de nouveaux droits aux peuples autochtones ont crispé les débats souvent houleux dans une campagne baignée dans un climat de désinformation.

Cette volonté de changement perçue à l’étranger et dans la capitale, Santiago, surtout par la jeunesse qui a envahi les rues, a été balayée par l’immense rejet qu’inspirait le texte « dans le sud et le nord du pays », selon Marta Lagos, sociologue et fondatrice de l’institut de sondage Mori.

Ces deux régions connaissent de graves problèmes de violence et d’insécurité. Dans le Sud, en raison de conflits autour de terres revendiquées par des groupes radicaux indigènes mapuche et, dans le Nord, de fait de l’afflux migratoire, des problèmes de pauvreté et de trafic d’êtres humains.

L’ancienne présidente Michelle Bachelet, qui vient de quitter son poste de haut-commissaire des nations unies aux droits de l’homme et demeure très populaire dans le pays, a estimé que si la nouvelle Constitution était rejetée « les demandes de Chiliens resteront insatisfaites ».

« Président Boric : cette défaite est aussi la vôtre », a déclaré le leader d’extrême droite Antonio Kast, ouvertement admirateur d’Augusto Pinochet, qui s’était incliné lors du second tour de la présidentielle.

Le Monde avec l'AFP




02 septembre, 2022

CHILI, L’AVANT ET L’APRÈS

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RÉFÉRENDUM CONSTITUTIONNEL 4S CHILI :
MEETING DE CLÔTURE DE LA CAMPAGNE
CAPTURE D'ÉCRAN
La date du 4 septembre a une résonance particulière au Chili. Ce jour-là, en 1970, le socialiste Salvador Allende remportait la présidentielle grâce à l’Unité populaire et son audacieux programme de transformations sociales. Un espoir assassiné en 1973 par le coup d’État. Cinquante-deux ans plus tard, le pays est de nouveau à la croisée des chemins. Les Chiliens peuvent défaire ce dimanche l’héritage politique du dictateur Augusto Pinochet, en se prononçant en faveur d’une nouvelle Constitution débarrassée du corset néolibéral imposé dans le sang par le tortionnaire de Santiago. Du cours d’eau aux cimes des glaciers, en passant par la santé et l’éducation, tout a été jusqu’à présent ravalé au rang de marchandises.

par Cathy Dos Santos

CHILI 4S 2022 « J'APPROUVE »


Moment crucial, rendu possible par l’extra - ordinaire rébellion d’octobre 2019 qui a ébranlé les fondements du legs pinochétiste. Elle est parvenue à imposer un processus constituant – en dépit d’une campagne ahurissante – et, dans la foulée, a participé de l’élection du jeune président de gauche, Gabriel Boric. Cet élan populaire est de nouveau convoqué aux urnes et il ne doit pas faire faux bond. La nouvelle loi fondamentale consacre des droits sociaux, sociétaux, environnementaux et économiques inédits. Un avant et après peut se dessiner au Chili, à la seule condition que le oui l’emporte.

MEETING DE CLÔTURE DE LA CAMPAGNE
FLYER APRUEBO

Le caractère profondément novateur du texte a galvanisé l’opposition, malgré les échecs essuyés depuis 2019. Les partisans du R3chazo (rejet), qu’ils soient d’extrême droite ou du centre gauche, se sont lâchés. Mensonges éhontés, insultes, menaces, actes de violence, délires anticommunistes : tout aura été bon – surtout le pire – pour matraquer l’opinion publique. Le résultat se jouerait dans un mouchoir de poche. Cette polarisation n’est pas de bon augure pour la suite. « La victoire n’était pas facile, plus difficile sera de consolider notre triomphe et construire la nouvelle société, la nouvelle coexistence sociale, la nouvelle morale et la nouvelle patrie », avait déjà mis en garde Salvador Allende, le soir du fameux 4 septembre 1970.

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 RÉFÉRENDUM SUR LA NOUVELLE CONSTITUTION
CHILI 4S 2022 « J'APPROUVE »

29 août, 2022

LA PRÉSENCE DES CITOYENS SE POURSUIT AU DOMICILE DE LA VICE-PRÉSIDENTE DE L'ARGENTINE

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PHOTO PÁGINA12

Buenos Aires, 29 août Pour la septième journée consécutive, des citoyens continuent d'arriver aujourd'hui près du domicile de la vice-présidente argentine Cristina Fernandez dans le quartier de Recoleta de la capitale pour l'accompagner et lui offrir leur soutien.

Prensa Latina

PHOTO PÁGINA12


À la suite de la demande du procureur Diego Luciani de condamner l'ancienne présidente à 12 ans de prison et de la déchoir à vie de toute fonction publique, des personnes de certaines régions du pays participent à des manifestations et s'approchent de son appartement en solidarité.

Lire aussi : DES PRÉSIDENTS DE GAUCHE LATINO-AMÉRICAINS SOUTIENNENT CRISTINA KIRCHNER

De nombreuses organisations sociales et politiques, des fonctionnaires, des législateurs et le gouvernement national ont condamné la violence exercée samedi par la police municipale contre ceux qui se sont mobilisés dans la capitale.


De même, des groupes comme La Cámpora ont dénoncé le fait que la nuit dernière, des dizaines de camions de cette force et de l'infanterie ont tenté d'intimider un groupe de citoyens qui restaient devant le domicile de Fernandez.


En outre, un membre de la police enregistrait en permanence les personnes qui s'approchaient du lieu.


Ce jour, le bloc de députés du Frente de Todos examine les actions législatives, politiques et juridiques face à la violence contre les manifestants.


Par le biais d'un communiqué, les membres de la Chambre des députés ont dénoncé la répression à l'encontre de citoyens et de dirigeants comme le fils de l'ancien président, Máximo Kirchner, membre de cette instance.  jcc/mgt/gaz

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 RÉFÉRENDUM SUR LA NOUVELLE CONSTITUTION
CHILI 4S 2022 « J'APPROUVE »


CHILI : L'AMBASSADEUR DU BRÉSIL CONVOQUÉ APRÈS LES «FAKE NEWS» DE BOLSONARO CONTRE BORIC

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LES «FAKE NEWS» DE BOLSONARO
STATUE DE BOLSONARO EN EMPEREUR ROMAIN
POUR DÉNONCER LES INCENDIES AU BRÉSIL
PHOTO AFP / GREENPEACE

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LE FIGARO
Le Chili a convoqué lundi 29 août l'ambassadeur du Brésil à Santiago après les «fake news» de Jair Bolsonaro contre son homologue Gabriel Boric, insinuant qu'il avait «mis le feu au métro», a annoncé lundi le ministère des Affaires étrangères.

Par Le Figaro avec l'AFP

PHOTO LE MONDE

Gabriel Boric, ancien leader étudiant élu en novembre président du Chili à 35 ans, a participé aux manifestations antigouvernementales qui ont secoué Chili en 2019 pour réclamer plus de justice sociale. La révolte, partie de la jeunesse contre l'augmentation du prix du ticket de métro, avait rapidement pris une tournure violente et plusieurs stations de métro de Santiago avaient été incendiées.

CONVOQUÉ APRÈS LES «FAKE NEWS» DE BOLSONARO 

Dimanche soir lors du premier débat de la présidentielle du 2 octobre, le président brésilien d'extrême droite a insinué que Gabriel Boric était mêlé à ces incendies. Jair Bolsonaro entendait ainsi s'attaquer à son principal rival, Luis Inacio Lula da Silva, favori des sondages : il «a soutenu le président du Chili, celui qui a mis le feu au métro, et regardez où va le Chili», a-t-il dit après avoir énuméré le soutien apporté par Lula à plusieurs gouvernements de gauche récemment élus en Amérique latine, comme Gustavo Petro en août en Colombie.


«Nous considérons ces déclarations comme très sérieuses. Il est évident que c'est totalement faux et nous regrettons que les relations bilatérales soient exploitées et polarisées dans un contexte électoral par la désinformation et les fake news», a déclaré le ministre chilien des Affaires étrangères, Antonio Urrejola. Le ministre a précisé qu'une lettre de protestation officielle serait présentée à l'ambassadeur brésilien convoqué.

 

APRUEBO

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28 août, 2022

CHILI : AFFRONTEMENTS ENTRE PARTISANS ET OPPOSANTS À LA NOUVELLE CONSTITUTION

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DESSIN LAUZAN


Les partisans et les opposants à la nouvelle Constitution proposée au Chili se sont affrontés dimanche dans le centre de Santiago après que deux manifestations opposées ont convergé au même endroit, a constaté un photographe de l'AFP.

Publié le 28-08-2022 à 22h15 - Mis à jour le 28-08-2022 à 22h18

PHOTO AFP

un défilé de cyclistes en faveur de l'approbation de la Constitution, qui fera l'objet d'un vote le 4 septembre, est arrivé à la Plaza Italia, épicentre des protestations depuis octobre 2019, et s'est heurté à une autre manifestation, organisée par des personnes venues des campagnes, qui à cheval et en calèche ont exprimé leur rejet du texte.

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FAKE NEW DÉMENTIEI PAR LA CHAÎNE TV13

Au rond-point central de la capitale, les deux groupes ont échangé des invectives, se sont jeté des pierres et certains cyclistes ont reçu des coups de bâton.

L'UNE DES CALÈCHES A BOUSCULÉ PLUSIEURS
 CYCLISTES EN PÉNÉTRANT AU GALOP
DANS LA MARCHE PRO-CONSTITUTION.

Selon une vidéo diffusée par les chaînes de télévision locales, l'une des calèches a bousculé plusieurs cyclistes en pénétrant au galop dans la marche pro-Constitution.

L'UNE DES CALÈCHES A BOUSCULÉ
PLUSIEURS CYCLISTES
Ces événements se sont produits lors du dernier week-end de campagne avant le référendum du 4 septembre, au cours duquel quinze des près de vingt millions d'habitants du Chili sont appelés aux urnes avec un vote obligatoire pour valider ou rejeter la nouvelle Constitution.

R3CHAZO VS APRUEBO

PHOTO AFP
Si le texte est rejeté, la Constitution actuelle, rédigée pendant la dictature de Pinochet (1973-1990) puis réformée des dizaines de fois après le retour à la démocratie, restera en vigueur.

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 RÉFÉRENDUM SUR LA NOUVELLE CONSTITUTION
CHILI 4S 2022 « J'APPROUVE »


27 août, 2022

DEUX MAUVAIS COUPS CONTRE APRUEBO.

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APRUEBO

À
 7 jours du référendum, le camp de l’Apruebo, les partisans de la nouvelle constitution, viennent de subir deux sales coups.
PIERRE CAPPANERA
PHOTO FACEBOOK

par Pierre Cappanera

Dans la foulée, de la PDI, a fuité vers un journal de droite une conversation téléphonique entre Héctor Llaitúl et un membre de l’équipe de la ministre du Développement social. Dans cette conversation, il était demandé à Hector Llaitul d’organiser des discussions. Ce à quoi Llaitul a répondu « pour discuter de quoi ?».  Sous-entendu, il n’y a rien à discuter. Et les échanges téléphoniques se sont arrêtés là. La ministre du développement social a dû démissionner pour le coup de fil de sa collaboratrice. Le Président Boric lui a joué au président ferme qui a de l’autorité. 

Lire aussi : SI APRUEBO GAGNE, LA DROITE ANNONCE NE PAS RECONNAITRE LE RÉSULTAT

Même si Llaitul n’est pas le représentant de la communauté Mapuche et qu’il n’est qu’un dirigeant ayant des positions ultra-minoritaires, le jour où il y aura de véritables négociations entre les Mapuches et l’État chilien, il faudra bien discuter avec tout le monde, y compris ceux qui aujourd’hui prônent la lutte armée pour défendre leurs revendications. Il en a été ainsi en Irlande du Nord et au Pays basque. Sans discussions avec tous, il n’y aura pas la paix. En ce qui concerne la faible représentativité d’Héctor Llaitúl, il faut se souvenir que les régions mapuches votent traditionnellement à droite, au point qu’au second tour de la présidentielle, en décembre dernier, on s’était félicité que, pour la première fois, trois communes mapuches accordent majoritairement leurs suffrages à un candidat de gauche. 

Le deuxième mauvais coup est venu lors d’un meeting hier des partisans de l’Apruebo à Valparaiso. Un groupe y a réalisé une performance « artistique » : un des acteurs a montré ses fesses au public en faisant comme s’il sortait un drapeau chilien de son anus. C’était retransmis en direct par le maire de gauche de Valparaiso. Depuis il a effacé la vidéo.  Tous les partisans de l’Apruebo ont dénoncé immédiatement cette provocation. Mais trop tard. Personne n’avait vérifié ni validé le contenu de la performance.

La droite, à une semaine du référendum, tire à boulets rouges sur l’Apruebo et fait des gorges chaudes de ces deux évènements.

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 RÉFÉRENDUM SUR LA NOUVELLE CONSTITUTION
CHILI 4S 2022 « J'APPROUVE »