25 septembre, 2007

MARCEL MARCEAU, LEÇON DE SILENCE



IL parle de lui à la troisième personne, il dit : "Le mime Marceau fait ceci, cela." C'est royal, dans un premier temps. On croyait le genre disparu, des grands mégalomanes affichés qui se vouvoient eux-mêmes, qui vous disent tranquillement à quel point ils sont extraordinaires, quel talent baigne leur vie, et comme ils ont bien mérité leurs médailles, et en l'occurrence leur fauteuil à l'Académie des beaux-arts. Et puis non, c'est autre chose. Dans un deuxième temps, on y regarde mieux, on entend un autre ton. Si peu dédaigneux que soit l'homme des vanités, cette troisième personne, intermittente au demeurant, traduit plutôt l'indépendance, l'autonomie de son personnage. Il y a Marcel, d'abord, qui incarne assez souvent le mime Marceau, et Marcel Marceau qui joue le rôle de Bip, un double de lui-même qu'il a créé en 1947. Et entre ces trois-là, même si c'est à la vie, à la mort, il y a parfois, comme chez tout le monde, des courants d'air qui passent.

C'est palpable, dès qu'il entre en scène, avec ses pantalons blancs à bord rond, son gilet à gros boutons, son maquillage blanc et son chapeau déglingué où pousse une rose de tissu un peu bébête, on dirait qu'il descend d'une toile de poulbot montmartrois. Il n'a pas l'air d'être d'ici. Il est d'ailleurs, d'un monde plus poétique. Du reste, il fait, dans le silence le plus mat, des tas de gestes qu'on ne comprend pas toujours. Il faut un peu d'attention pour le suivre, puisqu'il travaille dans l'invisible, sans quoi on est perdu. Ainsi, il pose quelque chose et l'ouvre. Puis tire sur un, deux, trois pieds télescopiques. C'est un chevalet avec sa toile. Il ne faut pas l'oublier quand, par la suite, il revient y poser des touches délicates, avec un pinceau invisible trempé dans des couleurs invisibles.

De même, quand il pose un verre sur une table, puis un autre, et les remplit, alors qu'il n'y a réellement ni verre, ni bouteille, ni table, ni vin, il faut bien mémoriser en quel endroit de l'espace il a posé ceci ou cela qui n'existe pas et qu'il reviendra chercher très exactement à sa place précise et absente. Donc rester vigilant. Et apprendre quelques points de syntaxe simples. Quand il fait un tour sur lui-même, cela signifie qu'il change de personnage, d'interlocuteur. Quand du plat des deux mains il fait un rond vertical, cela indique qu'il se regarde dans un miroir, etc. Une fois ces repères intégrés, on ne le lâche plus, et la puissance de son art est magistrale.

Cet homme plutôt mince et qui a tout de même soixante-quatorze ans se démène comme un gamin, danse, saute, fait des grimaces, s'agite, aligne des gestes impeccables comme des signatures dans l'espace et, en quelques instants, vous peuple toute une scène avec un tribunal au complet, avocats, juges, jurés, accusé, témoins, raconte les faits, accuse, défend, condamne, fait résonner les plaidoiries en jouant des claquettes, prend l'air implorant, furibard, consterné. Sans un mot. Marceau, c'est notre nô, notre kabuki bien de chez nous, avec l'accent de Prévert et le souvenir de Chaplin.

"Je suis né à Strasbourg en 1923, quand l'Alsace était redevenue française. Mes parents se sont fixés un temps à Lille, et c'est là que j'ai fait ma rencontre avec Chaplin au cinéma. Une révélation. Je n'ai pas ri, j'ai pleuré. Ce devait être La Ruée vers l'or. Puis on est revenus à Strasbourg. J'allais au lycée Fustel-de-Coulanges, près de la cathédrale. Mon père élevait des pigeons sur les vieux toits, et mes nuits étaient remplies de chants d'oiseau. Mon père était boucher, nous étions d'un milieu populaire et simple, mais il y avait une volonté d'éducation très forte. Mon père m'emmenait à la boxe et à l'Opéra. Il avait une belle voix, il y avait beaucoup de musiciens de son côté. Du côté de ma mère, on était plutôt philosophe."

En Alsace, une de ses tantes tenait une maison d'enfants et c'est avec eux qu'il fait ses premières armes théâtrales, montant des spectacles avec des enfants, en étant un enfant lui-même. "J'avais dix ans quand j'ai créé ma première troupe. A douze ans, je montais des Charlot, des contes taoïstes. Je le faisais avec un tel sérieux que le public des villageois était ébranlé. Je sentais le poids de l'âme." Il ne pensait pas être mime un jour, se voyait professeur d'anglais. Ou peintre, parce que, dès l'âge de cinq ans, ses dons de dessinateur frappaient ses professeurs. Il n'a jamais cessé de dessiner et de peindre, du reste, dans un style curieux qui, lorsqu'il est d'humeur noire, est à son meilleur et fait penser à James Ensor.

Au moment où la seconde guerre mondiale est déclarée, il a quinze ans. Strasbourg doit être évacuée en quarante-huit heures, les habitants doivent partir en laissant tout, les meubles et le reste. " Les Alsaciens ont été repliés sur la Dordogne, et c'est là que je me suis inscrit aux Arts déco de Limoges. Je faisais des dessins, des émaux. En 1942-1943, la guerre est devenue vraiment tragique. Je suis rentré très tôt dans la Résistance, vingt ans. Mon père a été déporté en février 1944. Un cousin m'a caché dans une maison d'enfants à Sèvres. Ça me fait penser au film de Louis Malle. On était quatre-vingt-dix enfants chrétiens et juifs, et sur la maison était écrit ``Service social du maréchal Pétain``. C'étaient des socialistes qui sauvaient des enfants et se cachaient sous cette identité pétainiste. "" J'ai donc été moniteur d'art dramatique dans cette maison et j'en ai profité pour aller chez Dullin, poursuit-il. C'est là que j'ai rencontré le mime Decroux. Il y avait des cours de voix, d'escrime, de chant, etc. Et de mime, avec Decroux qui était le maître de Jean-Louis Barrault et qui allait jouer le rôle du père de Baptiste dans Les Enfants du paradis. Il me demande mon nom. Je lui dis : ``Marceau.`` Il me dit : ``Quel beau nom de général.`` Je l'avais pris dans la Résistance à cause du vers de Hugo : ``Hoche sur l'Adige, Marceau sur le Rhin.`` J'étais né dans le Bas-Rhin et je voulais bouter les Allemands hors de France. Donc je lui ai joué la pantomime de l'assassin, que m'avait inspiré la lecture de Crime et Châtiment et il a déclaré que j'étais un mime-né. "

Le mime vient de la Grèce antique et de Rome, et plus près de nous, de la comédie italienne traditionnelle. Pierrot est le successeur de Pedrollino, qui bégayait. Le Pierrot silencieux a été créé par le grand Deburau, au XIXe siècle, au Théâtre du Temple, qui n'existe plus. La pantomime blanche était tout de même sur la voie du déclin en France au lendemain de la guerre quand Marceau devient, après Barrault, le deuxième disciple d'Etienne Decroux, inventeur de la marche sur place. Marceau travaille donc avec deux maîtres, Dullin et Decroux, et les quitte tous deux pour choisir le silence, sur scène. En 1946, Barrault ouvre sa compagnie au Théâtre Marigny et demande quelqu'un pour jouer Arlequin. "Je me présente en même temps que Béjart. Je l'emporte, j'avais plus le physique de l'emploi que lui. Barrault avait déjà monté plusieurs mimodrames à l'époque, La Faim, d'après Knut Hamsum, Numance, d'après Cervantès. En 1947, j'ai quitté Barrault pour créer Bip au Théâtre de Poche. Le nom de Bip, je l'ai trouvé en m'inspirant du Pip des Grandes Espérances de Dickens."

Contrairement à une idée reçue, Marceau n'a jamais été un pur soliste. Entre 1948 et 1959, il a monté vingt-six mimodrames avec sa troupe. Le programme commençait par des pantomimes de style et de Bip, un peu comme l'Opéra de Pékin qui donne des fables courtes, et les mimodrames suivaient. " On jouait au Théâtre des Champs-Elysées, à l'Ambigu. Grâce à Bip, j'ai pu faire manger ma troupe. On faisait des tournées dans le monde entier, l'Europe, les Etats-Unis. Je vais en Amérique en 1955 pour deux semaines. Le succès est tel que j'y reste six mois et que j'y retourne tous les ans pratiquement. A partir de là, je suis devenu le Français le plus connu dans le monde, avec le commandant Cousteau. Je suis devenu producteur de ma compagnie jusqu'en 1964, date à laquelle je me suis totalement ruiné en montant le Don Juan de Tirso de Molina."

Les politiques sont là et veillent sur le sort de celui que les Japonais ont déclaré " trésor national vivant ", ce qui est superbe, mais n'aide pas tous les jours à faire son marché. Jacques Chirac, alors maire de Paris, permet à Marceau de créer son école de mimodrame dans les sous-sols du Théâtre de la Porte-Saint-Martin, où il reçoit des élèves de tous les coins du monde. "Un jour, j'ai invité Mitterrand et Jack Lang. Je faisais une pantomime qui s'appelait Bip se souvient, et Mitterrand a été touché au coeur. Quand les théâtres privés, non subventionnés, ont été vidés par la guerre du Golfe, parce que les gens restaient devant leurs téléviseurs en pensant que la troisième guerre mondiale avait commencé, j'ai demandé une audience à Mitterrand et on a reçu une subvention qui continue encore, et j'ai pu remonter Le Manteau, d'après Gogol."
Si le mime offre l'immense avantage d'être libéré des contingences du langage (beaucoup de touristes ne parlant pas le français viennent aux spectacles de Marceau, parce qu'il n'y a pas besoin de traduire), il doit néanmoins s'adapter aux cultures, aux moments de l'histoire. On ne représente pas en Chine la justice par une balance, par exemple. " Quand, après le Printemps de Prague, je me suis rendu dans cette ville et j'ai joué La Cage, une idée d'Alexandre Jodorowski, l'histoire d'un homme prisonnier d'une cage et qui s'en échappe pour se retrouver dans une cage plus grande, le public était fou. En Argentine, quand je suis venu, après la dictature, j'ai donné Bip se souvient, et tous les soirs le public se levait et chantait. "

Marcel Marceau se souvient aussi de son unique rencontre avec Chaplin. A Orly, attendant l'avion qui devait l'emmener à Rome pour tourner avec Vadim dans Barbarella, il aperçoit Chaplin, cheveux gris, entouré d'une ribambelle de ses enfants. " Il me regarde. Je m'approche, on parle, je lui dis : ``Vous êtes un dieu pour moi.`` Je lui embrasse la main. Il en a les larmes aux yeux. Plus personne ne reconnaissait Chaplin en 1967. Vadim m'a dit que Michel-Ange avait eu la même réaction à soixante-dix-sept ans quand un jeune homme de dix-huit ans, du nom de Raphaël, avait embrassé son soulier. C'est un hommage, c'est aussi l'annonce de la mort. "

Dans le beau livre d'entretiens qu'il a réalisé avec Valérie Bochenek (Editions Somogy), on voit tous les visages du mime et de ses proches, ceux de l'enfance notamment quand il imitait Charlot et le Kid, ceux des parents, une grande photo de ce père tant aimé qui n'est pas revenu d'Auschwitz. Le silence de Bip est-il le silence que demande George Steiner sur le génocide des juifs ? " Les gens qui revenaient des camps ne pouvaient pas en parler, ne savaient pas comment raconter. Je m'appelle Mangel, j'ai des origines juives. Peut-être cela a-t-il compté dans le choix du silence, inconsciemment. Mais j'ai reçu une éducation religieuse très ouverte, très tolérante. Je déteste les fanatismes, les intégrismes. Mes grands enthousiasmes d'adolescence étaient patriotiques, c'était Bonaparte sur le pont d'Arcole, Rouget de l'Isle écrivant La Marseillaise, Jeanne d'arc au bûcher. Je n'ai jamais compris comment on pouvait être chrétien et antisémite... "

Notre trésor national vivant est dans une forme olympique. A un rythme d'au moins deux cents représentations par an, il est parfaitement entretenu, souple et vigoureux, plein de ferveur, de rigueur, au plus près de son personnage tendre et chaleureux, lâche et audacieux, colérique et doux, amoureux et suicidaire, humain, tellement humain. Qui parmi ses élèves pourra lui succéder, qui disposera d'une pareille aura, qui ne s'apprend pas dans les écoles ? C'est peu dire que le maître aura payé de sa personne pour maintenir la leçon du silence et transmettre ses secrets. Il y est allé de sa peine et de sa poche. Reste le caractère imprévisible des dons et des choix, de la chance aussi. Marceau, rêveur, laisse entendre sobrement : "On ne pourra plus faire ce que Marcel Marceau a accompli quand il est parti en solitaire introduire le mime dans toutes les nations."

LA FRANCE « PRÊTE À AIDER TOUT PAYS » À SE DOTER DU NUCLÉAIRE CIVIL

Photo José Manuel de la Maza

NEW YORK (Nations unies) - La France est "prête à aider tout pays" à se doter du nucléaire civil, a affirmé lundi à l'ONU son président Nicolas Sarkozy, en estimant que c'était "la meilleure réponse" à apporter à des pays comme l'Iran soupçonnés de chercher à acquérir l'arme nucléaire.
Le président français s'exprimait lors du sommet sur le climat organisé par le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon.

"La France est prête à aider tout pays qui veut se doter de l'énergie nucléaire civile. Il n'y a pas une énergie de l'avenir pour les pays occidentaux, et des pays d'Orient qui n'auraient pas le droit d'y avoir accès", a-t-il affirmé. "C'est d'ailleurs la meilleure réponse à ceux qui veulent, en violation des traités, se doter de l'arme nucléaire", a ajouté le président français, en allusion à l'Iran.

Arrivé dimanche à New York, M. Sarkozy a cette semaine deux rendez-vous importants à l'ONU: outre son intervention sur la lutte contre le réchauffement climatique, il doit présider mardi un Conseil de sécurité réuni au niveau des chefs d'Etat pour parler de l'Afrique. Le président américain George W. Bush assistera à cette réunion.

Il doit également avoir de nombreux entretiens bilatéraux, notamment avec le président palestinien Mahmoud Abbas et le Premier ministre turc Recip Tayyip Erdogan. Lundi matin, il a rencontré les présidents afghan Amid Karzaï, angolais Eduardo dos Santos, et la présidente chilienne Michelle Bachelet.
Lors d'une conférence de presse, il a annoncé qu'il se rendrait en Afghanistan au printemps 2008, et en Angola "début 2008, avec Bernard Kouchner", chef de la diplomatie française.

Il a également annoncé avoir invité le président du Venezuela Hugo Chavez à venir en France en novembre pour discuter des otages détenus en Colombie par les FARC, dont la Franco-colombienne Ingrid Betancourt.

Lundi, le président français s'exprimait sur le climat au nom de l'Union européenne, dont la France assurera la présidence au second semestre 2008, même si sa déclaration sur le nucléaire civil concernait la France seule.
Selon lui, les Européens doivent "donner une impulsion décisive" à la lutte contre le réchauffement climatique.
Dans la lignée de son prédécesseur à l'Elysée, Jacques Chirac, qui avait lancé un cri d'alarme à Johannesburg, en 2002, avec la citation "La maison brûle", il a affirmé sa "très grande détermination" face au "défi climatique qui est, et sera, une priorité" de son action, à la présidence de l'UE.

"Ne rien faire ne serait rien d'autre que criminel au regard de l'avenir de la planète, quel que soit le continent", a-t-il martelé, en proposant de réduire les émissions de gaz à effet de serre "de 50% d'ici 2050".

M. Sarkozy fait plusieurs autres propositions: lutter contre la déforestation (notamment au Gabon), utiliser des technologies adaptées à une croissance "propre" (capture et séquestration de carbone notamment), utiliser des énergies dites peu carbonnées, "y compris le nucléaire".

Enfin, le président français veut lier l'aide au développement aux efforts entrepris par les pays en développement à lutter contre le réchauffement. "On ne peut pas dire à la tribune de l'ONU: il faut un développement propre et continuer à financer un développement qui ne le serait pas", a-t-il dit.

Lors de sa conférence de presse, M. Sarkozy a précisé que des décisions devaient être prises "maintenant, immédiatement, parce que demain, il sera trop tard. Et ce trop tard, c'est 2 degrés de plus. Avec 2 degrés de plus, le point de non retour est atteint".

"Le défi climatique est universel" et ne peut se relever que "dans une enceinte efficace: celle de l'ONU", a-t-il conclu.
(©AFP / 24 septembre 2007 21h30)

21 septembre, 2007

LE CHILI AUTORISE L'EXTRADITION DE FUJIMORI

LE CHILI AUTORISE L'EXTRADITION DE FUJIMORI
La Cour suprême du Chili a donné son feu vert vendredi à l'extradition vers le Pérou de l'ancien président Alberto Fujimori, poursuivi pour détournement de fonds et atteintes aux droits de l'homme dans les années 1990.

L'arrêt de la Cour suprême, qui ne peut faire l'objet d'un appel, met un terme à deux années d'attente pour Fujimori, qui vit au Chili depuis novembre 2005, date de son arrestation alors qu'il tentait de regagner le Pérou après un exil au Japon.


Le parquet péruvien le soupçonne d'avoir détourné 15 millions de dollars et d'avoir agi en dehors du cadre légal dans la lutte contre les rebelles maoïstes du Sentier lumineux.

TE DEUM LAUDAMUS

TE DEUM LAUDAMUS 2021
 PHOTO ATON CHILE
Le Chili est un des rares pays au monde qui célèbre un Te Deum à l'occasion de sa Fête Nationale. En Amérique latine, on effectue des célébrations semblables en Argentine et au Pérou.
Le Te Deum est une hymne chrétienne, un Chant d'Action de Grâce. Te Deum est le titre abrégé de l'expression latine Te Deum laudamus, qui signifie «Dieu, nous te louons».

Le Te Deum a lieu traditionnellement au Chili depuis 1811, année où José Miguel Carrera a demandé à l'autorité ecclésiastique de l'époque de célèbrer une Action de grâce pour commémorer le premier anniversaire de l'Assemblée Nationale de Gouvernement (Junta Nacional de Gobierno).

Durant ses premières années, le Te Deum avait lieu à la fin de la Messe. C’est seulement à partir de 1870, à la demande du Ministre du Culte, Miguel Luis Amunátegui, que le Te Deum a eu lieu alors sans l'Eucharistie. Il faut rappeler qu’en ce temps, les fidèles qui communiaient devaient jeûner pendant plusieurs heures. C’est pour cette raison que la demande a été acceptée par l'Archevêque de Santiago, monseigneur Rafaël Valdivieso, et par le Conseil municipal Métropolitain.

Depuis l'année 1971, le Te Deum a un caractère oecuménique. Cette année là, l'Archevêque de Santiago, le Cardinal Raúl Silva Henríquez, accède à une demande du Président de la République, Salvador Allende, qui souhaitait donner un caractère œcuménique à cette cérémonie. Il a invité des évêques et pasteurs d'autres Églises chrétiennes à prendre part à ses discours.

Michelle Bachelet dans le Te Deum 2007

Michelle Bachelet a envoyé la traditionnelle salutation à l'occasion de la Fête Nationale du Chili et a souligné dans son allocution l’idée d'une plus grande égalité, qu'avait soulevée auparavant Monseigneur Francisco Javier Errázuriz, dans dans son homélie pour le Te Deum 2007. Les applaudissements les plus spontanés que la Présidente a reçus pendant son discours ont eu lieu lorsqu’elle a déclaré «Nous allons continuer à travailler pour que les Chiliens de l'extérieur aient tous les espaces et, évidemment, le droit de vote».

19 septembre, 2007

CHILI: UN INCENDIE DÉTRUIT UN HÔTEL-CASINO

Au Chili, un incendie a détruit un hôtel et un casino à Pucon, au sud de la capitale, Santiago. Les autorités annonce que personne n'a été blessée dans l'incendie qui s'est déclaré lundi à l'Hotel de del Lago Casino Resort. Le feu serait dû à un problème électrique. Au moment de l'accident, l'hôtel était bondé, alors qu'environ 160 clients y célébraient la fête nationale du Chili.
Rédacteur: Baiyun Origine:CCTV.com

14 septembre, 2007

Le retour des géants de la mine

LE MONDE ECONOMIE
Nickel, cuivre, zinc et même aluminium ont battu pendant l'été 2006 de nouveaux records : certains jours, une véritable frénésie a régné sur le "ring" du London Metal Exchange, la Bourse mondiale des métaux non ferreux. Mais c'est aussi de frénésie que l'on peut parler à propos des manoeuvres, fusions et offres publiques d'achat (OPA) en tout genre qui ont affecté le secteur minier, qui a connu en quelques semaines des bouleversements sans équivalent dans le passé. Une page en particulier s'est tournée avec l'entrée en jeu de nouveaux acteurs brésiliens, russes et demain chinois.


Au lendemain de la seconde guerre mondiale, le secteur minier avait connu une première mondialisation épousant plus ou moins la logique des empires coloniaux : les Européens dominaient l'Afrique - les Belges au Katanga, les Anglais en Rhodésie et en Zambie (l'Afrique du Sud étant un cas particulier). En Asie se côtoyaient Britanniques et Néerlandais, tandis que l'Amérique du Sud était la chasse gardée des entreprises américaines, en particulier au Chili. Sept entreprises pour le cuivre, cinq pour l'aluminium, trois pour le nickel, contrôlaient ainsi l'essentiel des ressources du monde occidental.


Ce premier âge d'or des oligopoles miniers s'est terminé avec la vague des indépendances des années 1960, puis des nationalisations des années 1970 : l'exploitation du cuivre fut confiée à des sociétés nationales de manière quasi simultanée au Chili, au Pérou, au Zaïre et en Zambie. De nouvelles entreprises ont fait leur apparition comme la Codelco au Chili ou la Gecamines au Zaïre. Les grands projets miniers lancés au lendemain de la flambée des années 1970 l'ont été dans le cadre public, comme le célèbre gisement de minerai de fer de Carajas au Brésil par la CVRD. Les groupes miniers ont même fait, à l'époque, l'objet de rachats massifs par les entreprises pétrolières comme BP, Shell ou Elf Aquitaine.


Mais cet intérêt n'a guère duré : la chute des prix de la fin du XXe siècle a provoqué un retrait massif des pétroliers. Par ailleurs, les privatisations minières réalisées sous la contrainte de l'endettement massif des pays producteurs n'ont pas non plus suscité beaucoup d'enthousiasme, en particulier en Afrique. La mine n'intéressait guère en ces temps de "nouvelle économie" triomphante. A cette époque, l'investissement minier, relativement limité, s'est donc concentré dans quelques pays sûrs, Canada et surtout Australie. Là se sont reconstitués, à partir notamment du charbon et du fer, quelques groupes - BHP-Billiton, Rio Tinto - qui dominent aujourd'hui la scène mondiale.


La flambée des prix des métaux, à partir de 2003, a changé la donne et a procuré un nouveau lustre à l'industrie minière. Les prix ont tiré les bénéfices et donné des moyens à des entreprises jusque-là dédaignées par les milieux boursiers. Après une phase de consolidation, les choses se sont accélérées à partir de 2005, avec l'arrivée de nouveaux acteurs : des filiales d'entreprises de négoce (le suisse Xstrata lié au premier négociant mondial en énergie et métaux, Glencore), des entreprises de pays émergents (le chilien Codelco, seule entreprise majeure qui soit restée publique, le brésilien CVRD, le mexicain Grupo Mexico), des russes (Norilsk, Rusal) et même des chinois (Min Metals). Résultat à l'été 2006, Xstrata a absorbé le numéro deux mondial du nickel, le canadien Falconbridge ; le numéro un, son compatriote Inco, a non seulement échoué dans sa fusion avec Falconbridge et avec l'américain Phelps Dodge, mais est en passe d'être racheté par CVRD. Le même CVRD, associé, dit-on, avec Xstrata et Rio Tinto, songerait à s'attaquer au sud-africain (basé maintenant à Londres) Anglo-American pour mieux le dépecer. Glencore est allé se rapprocher des deux russes Rusal et Sual pour former le numéro un mondial de l'aluminium. Et pour l'instant, les Chinois attendent...


Ainsi se sont reconstitués les grandes multinationales minières d'antan : Rio Tinto (dont le nom rappelle les eaux rouges des rivières cuprifères espagnoles) et BHP-Billiton, solidement ancrées en Australie, Alcoa et Alcan, les jumeaux de l'aluminium, Xstrata, l'énigmatique émanation d'un négociant chargé de mystère, les groupes Russes, contrôlés par des proches de Vladimir Poutine, qui a remis les ressources naturelles sous le contrôle du Kremlin, et enfin les Latino-Américains, les Chinois et les Indiens, seuls pour l'instant à prendre le risque d'opérer en Afrique.


Le moindre projet minier dépasse aujourd'hui le milliard de dollars. Il est souvent porteur de déséquilibres économiques et sociaux et donc de risques, tant pour les investisseurs que pour les pays concernés. L'historien de l'économie Paul Bairoch rappelait que la mine n'avait jamais été un facteur de développement. Le monde a certainement besoin de métaux mais pas à n'importe quel prix !
Philippe Chalmin est professeur d'histoire économique à l'université Paris-Dauphine.
CHRONIQUE PHILIPPE CHALMIN


12 septembre, 2007

L'autre 11 Septembre, au Chili, trente-quatre ans après


(De Santiago) Le 11 Septembre est un jour à part au Chili. Il y a 34 ans, en 1973, le coup d'Etat mené par l'armée, avec à sa tête le général Augusto Pinochet, aplatissait sous les bombes et les coups de canons le rêve d'un peuple d'une société plus juste et solidaire.

Salvador Allende, Président démocratiquement élu, luttait jusqu'aux derniers instants dans le palais présidentiel en flammes, avant de se donner la mort dans son bureau. Fidèle à sa promesse de ne sortir de la Moneda que "les pieds devants". Ce jour de deuil marque le début d'une dictature sanglante qui durera 17 ans, au cours de laquelle plus de 3 000 personnes mourront ou disparaîtront, et 30 000 autres seront violemment torturés. Leur crime? Etre de gauche.

Cette année pourtant, et pour la première fois depuis le retour de la démocratie en 1990, les commémorations sonnent creux. Car le gouvernement Bachelet a interdit les manifestations devant la Moneda, de peur de voir se répéter les débordements observés l'an passé, lorsque des jeunes cagoulés avaient jeté sur le palais présidentiel un cocktail Molotov. Selon le ministère de l'Intérieur, seuls des "dirigeants et des militants politiques identifiés" pouvaient se rendre devant la statue de Salvador Allende face au palais présidentiel, et pas le peuple chilien, donc. Le centre de la ville, en "état de siège", était "protégé" par un impressionnant dispositif policier, et interdit à la circulation.

"Une honte!" pour Paz Rojas, présidente de l'une des principales association des droits de l'Homme au Chili, qui "ne comprend pas. 34 ans après, nous sommes encore réprimés, et de façon très brutale. Les carabiniers agissent avec la même violence et la même arrogance que sous Pinochet". Pour elle, l'explication est toute trouvée: "L'impunité a permis que ne changent ni la conscience, ni les comportements policiers".

Marcia Tambutti, petite fille de Salvador Allende, estime pour sa part que le Chili est une "démocratie limitée, quadrillée", et regrette autant "l'interdiction de manifester librement que les violences des casseurs qui infiltrent les cortèges, et empêchent de fait les marches pacifiques". "Pour tout cela, le Chili est un pays absurde", ajoute un autre membre de la famille Allende.

Ceux qui ont pu passer les barrages de police et accéder jusqu'au lieu des célébrations chantent en coeur "Se siente, se siente, Allende esta presente!" (Ca se sent, Allende est présent!), et raillent la Présidente Michelle Bachelet: "Aprende, Michelle, la dignidad de Allende!" (Apprends, Michelle, la dignité de Allende). Après avoir déposé une gerbe de fleurs, chaque parti fait son discours. L'émotion est grande, les yeux pleins de larmes, les gorges serrées. "Jamais la brutalité et la force ne nous empêcheront de rendre hommage à Allende" déclare depuis la tribune improvisée Camilo Escalona, président du PS chilien.

Car c'est bien de cela qu'il s'agit. La plupart des "anciens", ceux qui ont connu les années noires du régime de Pinochet, ne comprennent pas qu'on les empêche de se recueillir devant le numéro 80 de la rue Morandé, porte par laquelle sont sortis les derniers résistants de la Moneda, ainsi que le corps sans vie du Président Allende. S'il faut reconnaître le travail important de Michelle Bachelet en matière de droits de l'Homme et de travail de mémoire, si sa volonté personnelle ne peut être remise en cause (elle-même a connu les geôles de Pinochet), l'incompréhension est grande de voir interdite une marche pacifique commémorant la mort de Salvador Allende, et par extension celle des victimes de la dictature.

A quelques kilomètres de là, dans le cimetière général, de nombreuses personnes viennent déposer une fleur et se recueillir devant l'impressionnant mausolée de Salvador Allende. Certains viennent tous les ans, en famille ou avec des amis. Tous le font avec la même volonté de ne pas laisser tomber dans l'oubli celui qui repésente aujourd'hui comme hier l'exemple d'un politique “digne, conséquent, moral”, qui “a réalisé notre idéal”, explique Marco, 20 ans.

Juan, de trois ans son aîné, militant de gauche mais affilié à aucun parti, rappelle "qu"il faut avoir de la mémoire, se souvenir de tous ceux qui sont tombés pendant la dictature: Allende et tous les autres". Il regrette que le gouvernement, en n'autorisant pas de marche globale, "cherche à diviser le peuple". "Ce pays est une merde, livré au libéralisme sauvage, qui va bien macro économiquement, mais qui micro économiquement va très mal" tance-t-il. Avant d'ajouter dans un français parfait: "Jusqu'ici tout va bien. Mais ce qui compte, ce n'est pas la chute, c'est l'atterrissage."

11 SEPTEMBRE 1973 : ALLENDE NE S'EST PAS SUICIDÉ AVEC LA MITRAILLETTE DE FIDEL

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rapport d'autopsie

SALVADOR Allende



















«Depuis trente-quatre ans, n'importe quel Chilien moyennement informé a vu et entendu des centaines de fois [ces images] où le général Javier Palacios Ruhmann, à l'époque chef des services secrets de l'armée, brandit la mitraillette AK-47 de métal noir, avec une courroie noire, ornée d'une plaque noire (qu'il ne montre pas), sur laquelle il affirme qu'est gravé : "A Salvador, de la part de son compagnon d'armes, Fidel Castro" rappelle La Nación
Courrier international
C'est, dans la version officielle, avec cette arme que le président Allende s'est donné la mort le 11 septembre 1973. Mais le quotidien chilien révèle que "le fusil offert par Fidel n'était pas entre les mains d'Allende ce jour-là, car il le gardait ailleurs. [...] Les assaillants ont fait fabriquer une plaque portant la signature de Fidel pour la fixer à la mitraillette avec laquelle le président socialiste a effectivement livré son dernier combat. »
  
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LE véritable fusil d'assaut offert par Fidel Castro à Allende, paru dans le livre de Pinochet.

L'enquête du journaliste de La Nación s'appuie entre autres sur une photo qui figure à la page 142 d'un livre intitulé « Le jour décisif : 11 septembre 1973 » et signé par ..."Augusto Pinochet, capitaine général, commandant en chef de l'armée, président de la République, édition de l'état-major de l'armée, département des relations internes, mémorial de l'armée du Chili, bibliothèque officielle, volume LXVII, 1982". Sur cette photo figure le véritable fusil d'assaut AK-47 offert par Fidel à Allende, « avec sa crosse en bois, sa courroie blanche sur laquelle est inscrite la véritable dédicace – manuscrite – de Fidel Castro ».

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Le croquis officiel qui inclut une mitraillette métallique très différente dU fusil d'assaut offert par Fidel Castro à Allende.

L'opinion publique a longtemps cru que Salvador Allende avait été assassiné le jour du coup d'Etat et ne s'était pas suicidé. A ce jour, de nombreuses zones d'ombre subsistent sur les circonstances de sa mort à l'intérieur du palais présidentiel de La Moneda, bombardé par les putschistes. « Déterminer jusqu'à quel point l'armée a réalisé un montage post mortem à propos de l'arme qui a mis un terme aux jours de Salvador Allende mérite une enquête », conclut La Nación.

10 septembre, 2007

Violences entre police et manifestants lors d'une marche en mémoire des victimes de la dictature de Pinochet


Des heurts entre manifestants et forces de police ont éclaté dimanche à Santiago lors de la marche annuelle en mémoire des victimes de la dictature du général Pinochet organisée à l'occasion de l'anniversaire du coup d'Etat militaire au Chili, le 11 septembre 1973.

Un policier a été blessé et 147 personnes ont été arrêtées, selon le gouvernement. La manifestation, la première depuis la mort d'Augusto Pinochet en décembre à l'âge de 91 ans, a été moins violente et moins suivie que les années précédentes.

Les forces de police ont empêché les 5.000 manifestants -selon la police et les média locaux- de défiler devant le palais présidentiel où le président Salvador Allende, démocratiquement élu, s'était suicidé plutôt que de se rendre aux militaires lors du coup d'Etat du 11 septembre 1973 grâce auquel Pinochet avait pris le pouvoir.

D'après un rapport officiel, 3.197 dissidents au moins ont disparu ou ont été tués pendant la dictature de Pinochet, entre 1973 et 1990. Plus de 1.000 d'entre eux sont toujours portés disparus.

Le général Pinochet est décédé en décembre dernier alors qu'il était inculpé pour atteinte aux droits de l'homme et menacé de plusieurs poursuites judiciaires, mais sans jamais être allé en prison.

La famille Pinochet compte organiser une cérémonie privée mardi dans la résidence secondaire de l'ancien dictateur afin d'inaugurer une crypte où ses cendres seront déposées. AP

CHILI : 1973, L’AUTRE 11 SEPTEMBRE !


 « PALAIS DE LA MONEDA » EN FLAMMES


11 septembre 1973 : jour du coup d’état militaire mené par le général Augusto Pinochet qui renversa le gouvernement socialiste de Salvador Allende. Une féroce dictature s'installa au Chili pendant dix-sept ans, elle imposa une "migration d'exil" à environ 200.000 personnes.


Le Chili poignardé par le faucon USA

Comme pour bien d’autres pays du globe, le Chili se situe dans la zone d’influence nord-américaine. Pour ses intérêts économiques, à l’instar d’autres exemples, ladite plus grande démocratie du monde à initié, organisé et financé des opérations de déstabilisation du système démocratique chilien. Ainsi, elle a préparé le terrain à l’instauration d’un régime fascisant à Santiago du Chili le 11 septembre 1973.

Le coup d’état chilien du 11 septembre 1973, n’a pu voir le jour que grâce au concours des Etats-Unis. Déjà en 1963, pressentant une possible victoire de Salvador Allende, le président John Fitzgerald Kennedy (du parti démocrate !) encouragea des multinationales implantées dans le pays à soutenir son favoris chilien, le chrétien-démocrate Edouardo Frei. Les modalités furent placées entre les mains de Robert Kennedy (le frère du président), alors ministre de la justice. Il n’hésita pas à hypothéquer l’avenir de milliers de simples citoyens chiliens.

À coup de millions de dollars.

Frei, par le biais de ces multinationales nord-américaines, reçut plusieurs millions de dollars, qui équivaudra à environ la moitié des frais de sa campagne électorale, campagne qu’il remporta sans mal. En échange, les Etats-Unis allait contrôler plus de quatre-vingt pour cents des grosses industries chiliennes. Parce que les intérêts américains demeurant toujours au premier plan ; l’histoire se répète. En 1970, à nouveau effrayé par une possible victoire aux élections présidentielles de Salvador Allende, le général manager de Pepsi, Donald Kendall, fomente une rencontre entre le responsable de l’embouteillage de la boisson au Chili avec un des conseillers en matière de sécurité du président Nixon (du parti républicain). Cette fois-ci, au cours de ce nouveau rendez-vous électoral, Allende remporte les élections. Nixon convoque le chef de la CIA dans son bureau et ordonne que l’inauguration du président Allende soit empêchée.

Edward Korry, l’ambassadeur des USA au Chili sous les administrations Kennedy, Johnson et Nixon, fait savoir à Washington qu’il est en faveur d’un « coup de pouce » appuyé à Edouardo Frei, mais qu’il s’oppose fermement à une intervention militaire dans la veine du fiasco cubain de la Baie des cochons. Mais la machine de guerre est déjà en marche. Nixon est en effet soumit à des pressions de plus en plus intenses de la part de ses mécènes politiques qui paniquent au vu du projet de nationalisation de leur acquis au Chili. Une des plus puissantes d’entre elles, l’ITT Corporation (International Telephone and Telegraph) possède en 1970, 70% de la Chitelco, la compagnie de téléphone chilienne, qui se traduit par la récolte de 153 millions de dollars à l’époque. L’ITT déverse des fonds dans les caisses noires du parti républicain ; impossible pour Nixon de les ignorer. Un membre du conseil d’administration de l’ITT et ex-directeur de la CIA, promet un million de dollars supplémentaire à Nixon en échange d’une « mise hors d’état de nuire » du nouveau président socialiste. D’autres multinationales, tel que Anaconda Copper (cuivre) en firent de même. Le pouvoir politique (et économique) des Etats-Unis a grandement participé à la préparation du terrain pour la venue du dictateur Pinochet et l’instauration de son régime militaire sanguinaire.

En ce matin du 11 septembre 1973, Salvador Allende, 65 ans, porté au pouvoir trois ans plus tôt, n’est plus entouré que d’une poignée de fidèles. Le palais présidentiel de la Moneda, à Santiago, bombardé par l’aviation et cerné par l’armée, est en flammes. Le chef d’Etat chilien demande à ses proches de se rendre. Le coup d’Etat, déclenché quatre heures plus tôt, est terminé. En pleine attaque de la Moneda, le président avait lancé un dernier message radiodiffusé à ses concitoyens : "Je ne vais pas démissionner (...). Je ne renoncerai pas, je paierai de ma vie la loyauté du peuple. J’ai la certitude que mon sacrifice ne sera pas vain. Je suis sûr qu’il sera, au moins, une leçon morale qui punira la félonie, la lâcheté et la trahison. D’autres hommes surmonteront cette période sombre et amère". Auparavant, les putschistes lui avaient proposé de quitter le pays en avion après une "reddition inconditionnelle". Mais c’est un piège, comme le montrent des enregistrements de communication entre Pinochet et un autre officier : "On le fait prisonnier sans conditions en ne lui offrant que la vie sauve ?", demande le second. "Nous maintenons l’offre de lui faire quitter le pays... mais l’avion tombera en vol", répond le premier avec un grand éclat de rire.

Dans le même temps, l’armée pourchasse les militants politiques de gauche, enlevés à leur domicile ou sur leur lieu de travail, sans que leurs familles soient informées de leur sort. Dans le stade national de Santiago, près de 12.000 personnes sont ainsi incarcérées, torturées, exécutées. Dans les années qui suivent, la répression est menée par la DINA, la Direction du renseignement national, dénoncée comme ayant été une véritable Gestapo chilienne. Elle est commandée par Manuel Contreras, qui prend "presque tous les jours son petit déjeuner avec Pinochet", rapportent des spécialistes. Selon les archives du parti socialiste chilien, la DINA ira jusqu’à exécuter des femmes avec leurs enfants. Une autre de ses "spécialités" : jeter ses victimes dans le Pacifique, dans des fleuves ou des lacs pour ne laisser aucune trace...

« Je me souviens de ce matin de poudre et de sang, ce maudit mardi 11 septembre 1973 où commence pour nous la mort, l’exil, la solitude... »

Yazmin Fernández - Acuña veuve d’Humberto Menanteau [1]

(1) Humberto Menanteau : Jeune chilien d'origine française, torturé à mort par les tortionnaires de la DINA, à la Villa Grimaldi, Santiago du Chili, le 20 novembre 1975. Humberto Menanteau avait 24 ans...

05 septembre, 2007

Osvaldo ALCAINO, est Mort


Inhumation du camarade Osvaldo ALCAINO



Nous avons le regret de vous annoncer le décès de notre camarade et ami Osvaldo ALCAINO survenu le samedi 1er septembre 2007 à l’hôpital de Troyes, où il était hospitalisé depuis quelques jours.

Ancien militant communiste chilien, réfugié politique en France, el compañero Osvaldo vient de mourir. Arrivé en France après le coup d’État de 1973, il travailla pendant trente ans comme ouvrier à la ville de Troyes, que l'avait accueilli ainsi que sa famille.
Les obsèques de notre camarade ont eu lieu le mercredi 5 septembre 2007 à 16H30 au cimetière de Troyes.

Nous assurons à sa famille de toute notre sympathie en ces tristes circonstances.

Adieu cher camarade Osvaldo,

REPOSE-TOI et QUE LA TERRE TE SOIT DOUCE.

Juan Fransisco Chacon
Représentant du Parti communiste chilien en France

02 septembre, 2007

JOURNÉE MONDIALE DES PERSONNES DISPARUES


Place de la Constitución, à Santiago du Chili. Les imágenes des disparus ont rempli hier l'entrée du Palais de La Moneda.


Mme Evelyn Silva marche entre les imágenes de son père Fernando et son frère Claudio, disparus pendant le régimen militaire du général Augusto Pinochet

Jeudi (30 septembre), c'était la journée internationale des personnes disparues. Le Comité international de la Croix Rouge estime à des centaines de milliers les disparus dans le monde : militaires et civils, femmes, hommes ou enfants ; détenus ou victimes d’exécutions massives.

Selon les règles du droit international, les familles doivent être informées sans délai lorsqu’un de leurs membres est capturé, blessé ou décédé. Un droit qui est inscrit dans la convention de Genève, ainsi que dans la nouvelle convention internationale pour la protection des personnes contre les disparitions forcées. Mais tous les Etats ne respectent pas ces accords.

01 septembre, 2007

Arrestations et affrontements au Chili


Au moins 750 personnes ont été interpellées mercredi au Chili, au cours d'une vaste journée de manifestations contre la politique économique et sociale de la présidente socialiste Michelle Bachelet.

A Santiago, où les manifestations s'étendaient du centre-ville à plusieurs quartiers populaires, la situation a dégénéré. Des magasins ont été pillés et les manifestants ont élevé des barricades de pneus qui ont été enflammées.

Au moins 50 manifestants et 48 policiers ont été blessés. La police a usé de canons à eau et de bâtons pour repousser les manifestants.

Le principal syndicat du pays avait appelé à manifester contre la politique libérale du gouvernement Bachelet et sa politique sociale, avec le soutien d'une grande partie des socialistes, parti d'origine de la présidente. Les manifestants réclament une augmentation des retraites, et plus de fonds pour l'éducation, la santé et le logement.

"Nous n'accepterons pas la violence", a déclaré Mme Bachelet, "quelle que soit la justesse des demandes". Son ministre de l'Intérieur Belisario a précisé que "pas plus de 5.000 personnes" avaient participé à la manifestation à Santiago.

La présidente s'était montrée particulièrement mécontente que certains membres de sa propre coalition soutiennent les manifestants. "Je n'accepterai pas que mon engagement en faveur de la justice sociale ne soit pas reconnue", a-t-elle déclaré lundi. AP

29 août, 2007

La croisade de l'Eglise chilienne pour un salaire éthique

Par Thomas Huchon (Journaliste)


"Le retour de l'Eglise sociale." Ou encore: "Il ne suffit plus de prier." La presse chilienne s'est fait ces dernières semaines largement l'écho de l'appel "aux entrepreneurs pour augmenter les salaires, et payer un salaire éthique", lancé par Mgr Alejandro Goic.


Le président de la Conférence épiscopale du Chili va même plus loin, prévenant "que si on ne règle pas ce problème, les conflits sociaux vont s'accentuer dans le pays". La proposition de l'Eglise a fait grand bruit dans un Chili où les inégalités sociales sont énormes. Le pays est l'un des 10 plus inégaux au monde, et le modèle néolibéral, mis en place par Pinochet et maintenu depuis le retour de la démocratie, n'a fait qu'accentuer les écarts depuis trente ans.


L'intervention remarquée de l'Eglise dans l'agenda social de la présidente Michelle Bachelet marque ainsi le retour d'une Eglise militante, d'une Eglise sociale qui avait disparue ces dernières années au Chili. Depuis que Mgr Goic a pris la parole, de nombreux prêtres sont sortis de leur réserve pour critiquer la répartition des richesses et la situation sociale du pays.


Le jésuite Fernando Montes en appelle, lui, "à la responsabilité de ceux qui gagnent des salaires de millionnaires", et propose, sur le ton de la provocation, "de payer les économistes au salaire minimum", "sûr", dit il, "que ces derniers chercheront alors à l'augmenter !".


Le salaire mensuel minimum, qui concerne près de la moitié de la population, est de 145 000 pesos (205€ environ) au Chili. Un montant qui ne permet pas dans bien des cas de vivre dignement. Si aucun chiffre officiel n'a filtré, la somme de 250 000 pesos (350€) a été suggérée par Mgr. Goic.


Cette intrusion de l'Eglise dans le débat très partisan de la réduction des inégalités sociales du pays pose un gros problème à la droite chilienne ainsi qu'aux milieux patronaux. La majorité des élus de l'opposition sont en effet chrétiens, idem pour les patrons, et s'ils avaient auparavant balayé d'un revers de manche les revendications salariales des syndicats, ils ne peuvent avoir le même comportement vis-à-vis de l'Eglise.


Pour preuve, la sénatrice Evelyne Matthei (UDI, extrême droite), qui fut la première à faire feu sur Goic, expliquant "qu'il n'avait pas de compétences en économie", a été très critiquée dans son propre camp.


Michelle Bachelet n'en attendait sûrement pas tant. Dans son combat pour réduire les inégalités et la pauvreté dans son pays, la présidente sait qu'elle a reçu un soutien de poids. Elle a créé récemment une commission sur la réduction des inégalités à laquelle participe un très large éventail de personnalités, toutes tendances politiques confondues.


Les grands absents de cette commission sont les syndicats. Mais la Centrale unitaire des travailleurs, principal syndicat chilien, entend bien se faire entendre: elle a lancé pour ce lundi un mouvement de grève nationale, qui devrait selon les observateurs être le plus grand depuis des années.

28 août, 2007

CHILI: PREMIÈRE CONDAMNATION À PERPÉTUITÉ CONTRE UN EX-AGENT DE PINOCHET


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HUGO SALAS WENZEL
La Cour suprême du Chili a ordonné mardi, pour la première fois, une condamnation à la prison à perpétuité à l'encontre d'un ex-agent de la dictature du général Augusto Pinochet (1973-1990).La plus haute autorité judiciaire du pays a confirmé la peine infligée à Hugo Salas, ancien chef des services secrets sous la dictature, poursuivi pour le meurtre de douze militants communistes à Santiago en 1987.
HUGO SALAS WENZEL
PHOTO JUAN HERRERA

L'enquête judiciaire avait démontré que les opposants avaient été abattus de sang-froid, tandis que le régime militaire avait invoqué des «affrontements » avec les forces de l'ordre pour justifier ces exécutions.

À cette époque, Hugo Salas dirigeait la police secrète au sein de la Centrale nationale des informations (CNI) qui avait succédé en 1978 à la redoutable Direction nationale de l'intelligence (DINA).

Ce général à la retraite, qui était en liberté conditionnelle en attendant la décision de la Cour suprême, devra purger sa peine à la prison spéciale pour militaires de Punta Peuco.

L'ancien patron de la Dina, Manuel Contreras, détenu depuis janvier 2005, cumule 144 années de prison qui résultent de plusieurs condamnations pour violations des droits de l'Homme.

De son côté, le général Pinochet, dont le régime est tenu pour responsable de plus de 3.000 cas d'assassinats et de disparitions, est décédé en décembre dernier, à l'âge de 91 ans, sans avoir jamais été condamné.

26 août, 2007

BUENOS AIRES LIBÈRE L'EX-PATRON DE LA POLICE DE PINOCHET

Enrique Arancibia Clavel

La justice argentine a libéré l'ancien chef de la police secrète chilienne (DINA) à Buenos Aires. Cette libération est survenue il y a un mois, souligne Clarín, mais la nouvelle n'a été rendue publique que récemment. 

Enrique Arancibia Clavel avait été condamné à la réclusion à perpétuité pour le meurtre du général Carlos Prats (ancien ministre de Salvador Allende) et de son épouse dans un attentat ayant eu lieu à Buenos Aires en 1974 dans le cadre du plan Condor, un programme de collaboration de toutes les polices secrètes des dictatures de la région visant à éliminer les opposants, généralement de gauche. Incarcéré en 1996, l'ancien agent secret chilien avait été à nouveau jugé et condamné en 2004 – cette fois à douze ans de réclusion – pour l'enlèvement et la torture de deux Chiliennes âgées de 18 et 21 ans. 

Sa libération a lieu dans le cadre de la loi argentine dite "deux pour un", qui veut que, lorsqu'on effectue plus de deux ans de détention préventive, chaque jour passé en prison compte double. "Arancibia démontre une nouvelle fois qu'il a du pouvoir en Argentine", souligne le quotidien argentin. Interrogée par Clarín, la journaliste chilienne Laura Elgueta – chef du bureau de presse du ministère de la Défense chilienne – raconte que son sang n'a fait qu'un tour lorsqu'elle a entendu à la radio qu'Arancibia Clavel retrouvait la liberté : "J'ai revécu le même cauchemar, j'ai entendu sa voix menaçante et senti le poids de ses mains qui torturaient mon corps." Elle avait été enlevée par des agents chiliens à Buenos Aires en 1977 avec son frère, toujours disparu.

05 août, 2007

LA POLICE CHILIENNE ARRÊTE L'UN DES GÉNÉRAUX DE PINOCHET


SANTIAGO (Reuters) - La police chilienne a arrêté un général de l'ère Pinochet, qui s'était enfui en juin alors qu'il était sur le point d'être emprisonné pour cinq ans, apprend-on de source officielle.

Le général en retraite Raul Iturriaga a été arrêté dans la ville de Viña del Mar, au bord du Pacifique, à 120 km à l'ouest de Santiago, a déclaré Felipe Harboe, vice-ministre chilien de l'Intérieur.

L'arrestation a eu lieu jeudi matin dans un appartement de cette station balnéaire de luxe, a-t-il précisé, sans donner plus de détails.

Iturriaga devait se présenter début juin dans une prison pour y purger une peine de cinq ans, à laquelle il avait été condamné pour l'enlèvement d'un opposant au régime de Pinochet, Luis San Martin.

Il avait choisi de prendre la fuite, laissant un enregistrement vidéo dans lequel il clamait son innocence et estimait être la victime d'un "verdict arbitraire, partial, anticonstitutionnel et injuste".

Les anciens membres de l'armée sous Pinochet se plaignent fréquemment d'être persécutés depuis le retour de la démocratie, en 1990, pour des violations des droits de l'homme du temps du régime militaire.

Le dissident San Martin avait été arrêté en 1974 et emprisonné dans un centre géré par la Dina, la police secrète du régime, responsable de milliers d'enlèvements, de tortures et d'assassinats d'opposants durant la dictature.

Iturriaga dirigeait à l'époque un département de la Dina, mais a affirmé n'avoir rien à voir avec cette affaire.

Près de 3.200 personnes ont été tuées durant l'ère Pinochet, la grande majorité d'entre eux par l'armée ou la Dina.