16 novembre, 2006

LA CRISE AVEC TÉHÉRAN REJAILLIT SUR LE GOUVERNEMENT ARGENTIN

Bâtiment d'AMIA - Buenos Aires 1994


La tension monte entre Buenos Aires et Téhéran après que la justice argentine a lancé un mandat d'arrêt international contre des dirigeants iraniens, accusés d'être impliqués dans l'attentat contre l'Association mutuelle israélite argentine (AMIA), qui avait fait 85 morts et 200 blessés, en plein centre de Buenos Aires, en juillet 1994.


Mardi 14 novembre, le président Nestor Kirchner (péroniste) a limogé son collaborateur Luis D'Elia, qui s'était rendu à l'ambassade iranienne à Buenos Aires pour dénoncer la pression des Etats-Unis et d'Israël dans cette affaire. Ancien dirigeant des piqueteros, ces pauvres qui coupaient les routes pour demander du pain et du travail, M. D'Elia était un fidèle allié du président. "Si cela est nécessaire, nous défendrons Kirchner les armes à la main", avait-il lancé en 2003.

La nomination de M. D'Elia à la tête du sous-secrétariat chargé des terres et de l'habitat social, en février 2006, avait entraîné plusieurs controverses. Après avoir occupé un commissariat en 2004 et la propriété d'un millionnaire américain, il avait présenté au Congrès un projet pour exproprier les étrangers possédant des terres.

L'AMIA a été reconstruit en 1999 au même emplacement de l’ancien bâtiment

Le juge Rodolfo Canicoba Corral a délivré, le 9 novembre, un mandat d'arrêt international pour "crimes contre l'humanité" à l'encontre de huit dirigeants iraniens, dont l'ex-président Akbar Rafsandjani. Téhéran a qualifié les poursuites argentines de "complot américano-sioniste". A son tour, la justice iranienne a lancé un mandat d'arrêt international contre les magistrats argentins chargés de l'affaire, les accusant d'être corrompus. Le juge Juan José Galeano, qui mena pendant neuf ans l'enquête, s'était vu retirer le dossier en raison d'irrégularités de procédure.

ACCUSATIONS REJETÉES

La chancellerie argentine a convoqué, lundi, le chargé d'affaires iranien pour prostester. Il n'y a plus d'ambassadeur d'Iran à Buenos Aires, depuis dix ans, à cause des accusations argentines contre Téhéran. Washington a promis de soutenir la justice argentine.
L'AMIA accuse l'Iran d'avoir organisé l'attentat et d'en avoir confié la réalisation au parti chiite libanais Hezbollah. Ces accusations, fondées sur des renseignements des services secrets argentins, américains et israéliens, ont toujours été rejetées par Téhéran et par le Hezbollah.

La communauté juive d'Argentine, forte de 300 000 membres, est la plus importante d'Amérique latine. Le président Kirchner avait reconnu, en 2005, la responsabilité de l'Etat dans les graves défaillances d'une enquête qui n'a jamais permis de retrouver les auteurs de l'attentat, le plus meurtrier de l'histoire argentine.

Christine Legrand Article paru dans l'édition du 16.11.06.

LA RETRAITE ENFIN POUR TOUS

« MISÉRABLES PENSIONS » 
Le système local de retraite par capitalisation a fait figure d’exemple dans le monde entier. Il va être réformé pour bénéficier à l’ensemble de la population.
Vingt-cinq ans après une réforme radicale et sans précédent dans le monde, qui a entraîné la privatisation de presque l’ensemble du système de protection sociale chilien pour toutes les tranches de revenus, le gouvernement de Michelle Bachelet prépare une nouvelle réforme, ayant cette fois pour objectif d’étendre le droit à la retraite à tous les Chiliens, grâce à une partie complémentaire financée par l’État.

“Il ne s’agit pas d’un recul par rapport au système privé, qui sera maintenu et même renforcé”, affirme l’économiste chilien Mario Marcel, président de la commission chargée de la préparation du nouveau projet. La révision de la réforme de 1981 repose sur le simple constat que l’accès à la retraite n’a touché, ces vingt-cinq dernières années, que 60 % de la population adulte, une bonne partie des citoyens n’ayant pas pu en profiter. Selon lui, la révision du système de protection sociale chilien “est une priorité absolue pour la présidente Bachelet”, et sera présentée au Congrès d’ici à la fin 2006.


Le financement du nouveau système de protection sociale s’appuiera sur trois éléments.


1) La solidarité : les ressources publiques compléteront les retraites de ceux qui contribuent déjà au système privé et financeront entièrement celles des travailleurs en situation d’extrême pauvreté. 2) La contribution, qui existe depuis 1981 comme système privé de capitalisation. 3) La contribution volontaire, lorsqu’un individu souhaite augmenter le montant de sa contribution et par conséquent ses revenus futurs.


La solidarité est la grande nouveauté de cette nouvelle réforme. Cet aspect sera mis en place immédiatement. Il sera financé par les ressources publiques et administré par le nouvel Institut de sécurité sociale. Il permettra aussi d’instituer une pension de retraite pour ceux qui n’ont jamais cotisé au système privé, les femmes au foyer et les travailleurs les plus démunis (soit près de 400 000 personnes). Son montant reste encore à définir, mais il devrait atteindre 70 % du salaire minimum.


Les Chiliens ont constaté que le système privé par capitalisation a si bien fonctionné qu’ils adopteront le même pour la gestion du volet solidarité. Chaque travailleur aura ainsi un compte personnel alimenté par la contribution du gouvernement. Mais les deux systèmes – public et privé – inciteront le travailleur à augmenter progressivement son apport de façon à pouvoir se passer du financement de solidarité. L’économiste Mario Marcel cite l’exemple d’un travailleur qui reçoit un salaire minimum [156 euros] et cotise sur la base de ce montant pendant vingt ans. Il percevra une retraite de 94 euros, complétée par les 78 euros du volet solidarité.


Suely Caldas O Estado de São Paulo

13 novembre, 2006

DIX-NEUF SOLDATS TUÉS DANS UN ACCIDENT D'AUTOCAR


Dix-neuf soldats ont été tués et neuf autres blessés dimanche dans le sud du Chili après la chute d'un autocar dans un ravin, ont annoncé les autorités.

Le gouverneur de la province d'Arauco, Alvaro Ribas, a indiqué que 19 corps avaient été récupérés. Dans un premier temps, les autorités avaient fait état de 17 morts.

Le véhicule a quitté la route et dévalé la pente sur une quinzaine de mètres avant d'être submergé par les eaux tumultueuses de la rivière Tucapel, dans la localité de Cañete, située à 640 km au sud de Santiago.
Cet accident semble être la pire tragédie vécue par l'armée chilienne en temps de paix après la tempête de neige qui avait coûté la vie à 45 soldats en mai 2005, près du volcan Antuco dans la cordillère des Andes.

Les opérations de sauvetage ont permis de secourir neuf passagers blessés. Entre quatre et six autres passagers, qui ont été portés disparus, sont considérés comme étant très probablement noyés.

Le bilan du drame ne peut être calculé de manière précise car on ignore le nombre de passagers exacts dans l'autocar, a indiqué le ministre chilien de l'Intérieur Belisario Velasco.

«On sait qu'il transportait entre 26 et 28 passagers», selon M. Velasco, qui devait se déplacer sur les lieux de l'accident avec la ministre de la Défense Viviane Blanlot. Le commandant en chef de l'armée chilienne, le général Oscar Izurieta, a également annoncé qu'il se rendait immédiatement sur place.

«Les opérations de secours sont très difficiles car c'est une zone où le courant est très fort, difficile d'accès. Le car a été complètement submergé», a indiqué le gouverneur local, M. Rivas.

Les passagers du car étaient pour la plupart des soldats de la fanfare du régiment Chacabuco de Concepcion, qui se rendaient à une cérémonie.

Selon des témoignages, la chaussée avait été rendue glissante par la pluie au moment de l'accident.
L'Armée de Terre chilienne a livré l’après-midi du dimanche 12 novembre 2006 la liste de victimes de l'accident qui a affecté personnel du Régiment Renforcé Nº7 "Chacabuco", appartenant à la III Division de l'Armée.

Selon un communiqué, dans le bus voyageaient 28 personnes, dont 26 étaient membres le Régiment Renforcé Nº7 "Chacabuco" et deux civils, le conducteur et un apprenti de Bande.

Suite de l'accident, ont perdu la vie 19 occupants du véhicule, en restant 9 blessés, lesquels reçoivent une attention médicale dans différents centres hospitaliers.

Il ajoute que l'Armée regrette profondément ce fait, que endeuille et plongé dans l'angoisse à tous ses membres. l'Armée transmet ses plus sincères condoleances aux familles et aux amis du personnel décédé.

La liste de morts est la suivante :

1. Lieutenant Mauricio Rocha Valverde.
2. Sous-officier Víctor Alerci Mora Jara.
3. Sergent 1º Carlos Eduardo Aguilera Ceballos.
4. Sergent 2º Miguel Ángel Bustamante Cordero.
5. Sergent 2º Waldo John Coliñir Alvial.
6. Sergent 2º Rigoberto Antonio Vega Urra.
7. Sergent 2º Wilfredo Wladimir Rocha Narvaez.
8. Caporal 1º Alex Fabián Cárdenas Garnica.
9. Caporal 2º Jonathan Hernán Reyes Aguayo.
10. Caporal 2º Roberto Correa Cáceres.
11. Caporal 2º Patricio Toloza Gatica.
12. Caporal 2º Cristián Conejeros Millán.
13. Caporal 2º Cristián Guzmán Sepúlveda.
14. Caporal 2º Cristián Alberto Aravena Vásquez.
15. Caporal 2º Alejandro Gonzalo Conejero Ibarra.
16. Soldat Roy Reyez Chavez.
17. Soldat Cristián Sanhueza Opazo.
18. Civil Milton Valenzuela Fica.
19.
Juan Macaya (chauffeur).

Les blessés sont les suivants:
1. Sergent 2º Jorge Sebastián Miranda Pedreros.
2. Sergent 2º Jaime Alberto Aranguz Rojas.
3. Sergent 2º Marco Arturo Rosel Castro.
4. Caporal 2º Rodrigo Rolando Aguilar Vargas.
5. Caporal 2º José Alejandro Escobar Roblero.
6. Caporal 2º Bridoir Joel Vivanco Paz.
7. Caporal 2º Rubén Samuel Rodríguez Muñoz.
8. Soldat Felipe Pradena Sanzana.
9. Soldat Johan Parra Altamirano.
Agence France-Presse - Santiago du Chili



12 novembre, 2006

LE CHILI AU SECOND RANG DE L'AMÉRIQUE LATINE

Le programme des Nations-Unis pour le développement (PNUD) vient de rendre son rapport au Cap, en Afrique du Sud. Pour l'Amérique Latine, le Chili se situe au deuxième rang derrière l'Argentine Le niveau de développement de cent soixante dix-sept pays ont été étudiés à la loupe par les Nations Unies. En haut du classement se situe la Norvège, tandis que le Níger ferme la marche. La France, occupe le 16ème rang et le Chili lui, le 38ème, juste avant la Pologne . 
À sa suite l'on trouve l'Uruguay (43), le Costa Rica (48), Cuba (50) et le Mexique (53). Revue de quelques secteurs clefs au Chili. Education.- 95,7% des adultes savent lire et écrire . L'Etat dépense 3,7 % de son PIB pour l'éducation (5,8 au Mexique).Economie.- Le produit intérieur brut (PIB) est (avec des données de 2004), de10.874 dollars contre 13.298 pour l'Argentine, au dessus des 9.803 du Mexique. Les chiffres affirment que 2% des Chiliens vivent avec moins d'un dollar par jour et près de 10% avec moins de deux. Côté répartition des richesses, la situation varie peu. Elle est toujours aussi inégalitaire, rivalisant en cela avec seulement la Bolivie, légèrement pire: 20% de la population accapare 62,2 % des richesses, et les 10% les plus riches possèdent à eux seuls 47 % des ressources. Santé.- Le Chili dépense 3% de son PIB en santé (4,3 pour l'Argentine). 

Les médecins sont au nombre de 109 pour 100.000 habitants (en Uruguay 365). Le virus du sida atteind 0,3% de la population (le double en Argentine). Le taux de mortalité infantile est de 0,8% (0,6% à Cuba). L'espérance de vie des Chiliens à la naissance est de 78,1 ans: c'est mieux que l'Argentine (74,6) mais moins que le Costa Rica (78,3).Communication.- Avec 206 lignes téléphoniques pour 1.000 habitants, le pays se situe en très bonne place dans la région. Encore mieux pour les téléphones portables, (593 pour 1.000 habitants), presque au niveau des Etats-Unis (617 pour 1.000). Pionnier en ce qui concerne Internet, le Chili caracole en tête de l'Amérique Latine.

10 novembre, 2006

LE CHILI AU SECOND RANG DE L'AMÉRIQUE LATINE

Le programme des Nations-Unis pour le développement (PNUD) vient de rendre son rapport au Cap, en Afrique du Sud. Pour l'Amérique Latine, le Chili se situe au deuxième rang derrière l'Argentine Le niveau de développement de cent soixante dix-sept pays ont été étudiés à la loupe par les Nations Unies. 

En haut du classement se situe la Norvège, tandis que le Níger ferme la marche. La France, occupe le 16ème rang et le Chili lui, le 38ème, juste avant la Pologne . A sa suite l'on trouve l'Uruguay (43), le Costa Rica (48), Cuba (50) et le Mexique (53). Revue de quelques secteurs clefs au Chili. Education.- 95,7% des adultes savent lire et écrire . L'Etat dépense 3,7 % de son PIB pour l'éducation (5,8 au Mexique).

Economie.- 

Le produit intérieur brut (PIB) est (avec des données de 2004), de10.874 dollars contre 13.298 pour l'Argentine, au dessus des 9.803 du Mexique. Les chiffres affirment que 2% des Chiliens vivent avec moins d'un dollar par jour et près de 10% avec moins de deux. Côté répartition des richesses, la situation varie peu. Elle est toujours aussi inégalitaire, rivalisant en cela avec seulement la Bolivie, légèrement pire: 20% de la population accapare 62,2 % des richesses, et les 10% les plus riches possèdent à eux seuls 47 % des ressources. Santé.- Le Chili dépense 3% de son PIB en santé (4,3 pour l'Argentine). 

Les médecins sont au nombre de 109 pour 100.000 habitants (en Uruguay 365). Le virus du sida atteind 0,3% de la population (le double en Argentine). Le taux de mortalité infantile est de 0,8% (0,6% à Cuba). L'espérance de vie des Chiliens à la naissance est de 78,1 ans: c'est mieux que l'Argentine (74,6) mais moins que le Costa Rica (78,3).

Communication.- 

Avec 206 lignes téléphoniques pour 1.000 habitants, le pays se situe en très bonne place dans la région. Encore mieux pour les téléphones portables, (593 pour 1.000 habitants), presque au niveau des Etats-Unis (617 pour 1.000). Pionnier en ce qui concerne Internet, le Chili caracole en tête de l'Amérique Latine.


08 novembre, 2006

L'AUTRICHE ABANDONNE SA MARINE...

L’Autriche renonce à sa marine militaire. Ce pays sans accès à la mer possédait deux petits bateaux sur le Danube, que le ministère de la Défense va céder au Musée d’histoire militaire de Vienne, a-t-on appris lundi. Ces bâtiments, acquis durant la guerre froide, assuraient des patrouilles fluviales pour contrôler les navires marchands en provenance d’Europe de l’Est. Le principal bateau autrichien était le patrouilleur Niederösterreich, pesant 70 tonnes et armé d’une mitrailleuse et d’un mortier. Au total, la marine autrichienne ne comprenait qu’une cinquantaine de personnes.Elle était la très modeste héritière de ce que fut avant 1918, la marine austro-hongroise, avec son grand port dans l’actuelle Croatie (Pola) ou dans la ville aujourd’hui italienne de Trieste. Après la Première Guerre mondiale, l’un des amiraux de cette marine, Miklos Horthy, devint même Régent de Hongrie.
L’Autriche n’est pas le seul pays enclavé à posséder une marine. La Suisse possède une flotte de 11 vedettes (de 5 tonnes chacune) sur les lacs Leman, de Constance et Majeur. La Bolivie, qui n’a jamais accepté d’avoir perdu son accès à la mer lors de sa guerre contre le Chili (1879-1884), continue d’entretenir une petite flotte sur le lac Titicaca. La marine bolivienne comprend pas moins de 6.400 hommes.

UN AN S’EST ÉCOULÉ DEPUIS L’ARRESTATION D’ALBERTO FUJIMORI



Un an s’est écoulé depuis l’arrestation d’Alberto Fujimori

Déclaration publique
AMR 46/026/2006
Le 7 novembre 2006, cela fera un an qu’Alberto Fujimori a été arrêté au Chili. Amnesty International réaffirme que leur caractère généralisé et systématique font des violations des droits humains commises sous le gouvernement d’Alberto Fujimori entre 1990 et 2000 des crimes contre l’humanité, c’est-à-dire des crimes qui nous affectent tous.

Amnesty International tient à rappeler aux autorités chiliennes qu’elles sont tenues aux termes du droit international d’extrader Alberto Fujimori au Pérou ou d’enquêter à son sujet et de le juger au Chili ; l’organisation rappelle également aux autorités péruviennes qu’elles doivent faire tout ce qui est en leur pouvoir pour rendre ceci possible.

L’organisation rappelle que pendant le mandat d’Alberto Fujimori, elle a rassemblé des informations sur des centaines de cas de « disparitions » et d’exécutions extrajudiciaires. Actes de torture et mauvais traitements imputables aux forces de sécurité furent également très répandus durant les dix années de pouvoir de l’ancien président.

Amnesty International considère qu’il est essentiel pour l’avenir du Pérou qu’Alberto Fujimori soit jugé pour les crimes qui lui sont imputés ; il est essentiel que le droit des victimes à la justice, à la vérité et à des réparations soit respecté.

Daniel Ortega retrouve le fauteuil de président

AP/CRISTOBAL HERRERA Des sympathisants de Daniel Ortega fêtent sa victoire dans les rues de Managua, le 7 novembre


Daniel Ortega, candidat du Front sandiniste de libération nationale, a remporté l'élection présidentielle au Nicaragua, dès le premier tour, avec 38,07 % des voix. Eduardo Montealegre, candidat de l'Alliance Libérale nicaraguayenne, n'a recueilli que 29 % des suffrages, d'après les résultats communiqués, mardi 7 novembre, par le Conseil suprême électoral après le dépouillement des bulletins dans 91,48 % des bureaux de vote.

Pour être élu au premier tour, M. Ortega devait recueillir plus de 40 % des suffrages, ou dépasser la barre des 35 % avec une avance de plus de cinq points sur son adversaire le plus proche. La victoire au premier tour était nécessaire pour le candidat sandiniste, car il bénéficiait de la division de la droite. Au second tour, la droite l'aurait certainement emporté grâce au report des voix.

Lors d'une intervention publique, le président élu a promis de "sortir le Nicaragua de la pauvreté". "Nous sentons que les conditions sont réunies pour une nouvelle culture politique, plus forte que l'adversité et les différences, dans un esprit constructif pour le bénéfice du Nicaragua et des pauvres", a-t-il déclaré.

"LES PEUPLES SE LÈVENT À NOUVEAU"

Daniel Ortega, qui avait pris la tête de la révolution sandiniste de 1979 contre la dictature d'Anastasio Somoza et avait été défait lors de la présidentielle de 1990, retrouvera le fauteuil présidentiel le 10 janvier. Son retour a été salué par Hugo Chavez et Fidel Castro, qui voient dans son élection un renforcement du front latino-américain de résistance aux Etats-Unis. Le président vénézuélien s'est réjoui que "les peuples se lèvent à nouveau". "L'Amérique latine cesse à tout jamais d'être l'arrière-cour de l'empire nord-américain. Yankee Go Home ! Cette terre est la nôtre. C'est notre Amérique", a-t-il lancé.

Le Cubain Fidel Castro, malade depuis juillet, a adressé de vives félicitations à son vieux camarade. "Cher Daniel, cette grande victoire sandiniste remplit notre peuple de joie et discrédite en même temps le gouvernement américain terroriste et génocidaire", a dit le leader cubain dans un message lu à la télévision.

La Maison Blanche s'est dite disposée à travailler avec Daniel Ortega selon son engagement en faveur d'un "futur démocratique", après avoir menacé durant la campagne que la relation bilatérale se trouve affectée s'il était élu.

THALES ASSURERA LA MAINTENANCE DES ÉQUIPEMENTS DES ANCIENNES FRÉGATES NÉERLANDAISES


Le Capitán Prat (ex-Witte de With)
crédits : Dominique Verhasselt

Astilleros y Maestranzas de la Armada, chargé du support des navires de la marine chilienne, a signé avec Thales Nederland un contrat portant sur la maintenance des équipements produits par l'électronicien et embarqués sur les quatre frégates des types Van Heemskerck et Karel Doorman, achetées d'occasion aux Pays-Bas. Ces bâtiments sont, notamment, équipés des systèmes de combat SEWACO VI et SEWACO VII B, de radars de surveillance SMART-S et LW 08, de conduites de tir STIR, de systèmes d'artillerie multitubes Goalkeeper et de sonars PHS 36. D'une longueur de 130 mètres pour un déplacement de 3750 tonnes en charge, les Almirante Latorre et Capitán Prat (ex-Jacob van Heemskerck et Witte de With) ont été achetée en 2004. La seconde frégate est arrivée la semaine dernière à Valparaiso (voir illustration). Version antiaérienne des frégates du type Kortenaer, ces bâtiments disposent d'un système SM1-MR (40 missiles), d'un Sea Sparrow (24 missiles), 8 missiles antinavires Harpoon, 4 tubes lance-torpilles et un système Goalkeeper. Ils ont été livrés à la flotte néerlandaise en 1986. Plus récentes, les frégates polyvalentes Almirante Riveros et Alm. Blanco Encalda (ex-Tjerk Hiddes et Van der Hulst) sont les quatrième et sixième unités du type Karel Doorman. Entrées en service en 1992 et 1993 aux Pays-Bas, elles ont été achetées en même temps que les deux Van Heemskerck. La dernière sera opérationnelle sous ses nouvelles couleurs en en avril prochain. Longues de 122 mètres pour 3300 tonnes, ces frégates disposent de 8 missiles Harpoon, un système Sea Sparrow à lancement vertical (16 cellules), un canon de 76 mm, 4 tubes lance-torpilles, un système Goalkeeper et un hélicoptère Cougar.


Karel Doorman F 831 crédits : Koninklijke Marine


La politique d'acquisition d'occasion de Santiago a permis de rajeunir considérablement la flotte chilienne. Le pays va aligner quatre frégates ex-néerlandaises et une ancienne frégate britannique du type 22 (ex-Sheffield). La marine attend, de plus, le transfert de trois autres bâtiments de la Royal Navy. Les Norfolk, Marlborough et Grafton (type 23)remplaceront les trois Leander actuellement en service. Enfin, dans le domaine des sous-marins, les deux Scorpène réalisés par DCN et Navantia ont été livrés. Dans le même temps, les deux submersibles du type 209/1400 allemand sont en cours de modernisation avec un système de combat français SUBTICS.

VAN AMSTEL crédits : Koninklijke Marine





07 novembre, 2006

PIRATES INFORMATIQUES ARRÊTÉS AU CHILI



PIRATES INFORMATIQUES ARRÊTÉS AU CHILI

PIRATES INFORMATIQUES
Les policiers ont interpellé les suspects à Santiago et dans les localités voisines de Rancagua et Buin au cours d'une opération éclair, organisée avec l'aide d'Interpol et des services secrets des États-Unis, d'Israël et de plusieurs pays latino-américains, a indiqué Gerardo Raventos, membre de la brigade chilienne chargée de la lutte contre la cyber-criminalité.
Le réseau auquel appartenaient les pirates avait réussi à déjouer en un an, outre le site de l'Agence spatiale américaine, ceux de la prestigieuse université californienne de Berkeley et du ministère chilien des Finances.
PIRATES INFORMATIQUES 
Parmi les pirates présumés figurent Leonardo Hernandez Salas, 23 ans, agissant sous le pseudonyme "NeTToxic", ainsi que deux personnes mineures dont l'identité n'a pas été révélée.
Le quatrième "hacker" de la bande, Carlos Patricio Amigo, avait donné en août dernier une interview anonyme au quotidien chilien El Mercurio dans laquelle il confiait son objectif de déposer des messages à caractère pacifiste sur des sites américains.

06 novembre, 2006

LES PREMIERS RÉSULTATS DE LA PRÉSIDENTIELLE AU NICARAGUA SONT FAVORABLES À ORTEGA

Partisans sandinistes dans les rues de Managua Photo : AFP - EFE





L'ancien président sandiniste Daniel Ortega était donné largement en tête de l'élection présidentielle au Nicaragua à l'issue du premier tour, après le dépouillement des suffrages dans 14,65 % des bureaux, selon les résultats préliminaires et partiels annoncés par le Conseil suprême électoral, lundi 6 novembre. L'ex-guérillero obtenait 40,04 % des voix devant Eduardo Montealegre de l'Alliance nationale nicaraguayenne (ALN, droite, 33,29 %), José Rizo du Parti libéral constitutionnaliste (PLC, droite, 19,51 %), Edmundo Jarquin du Mouvement de rénovation sandiniste (MRS, 6,89 %) et Eden Pastora de l'Alliance pour le changement (AC, 0,27 %).Ces résultats ont été confirmés, lundi, par un groupe d'observateurs indépedants Ethique et transparence qui a déployé environ 11 000 observateurs pour les élections de dimanche au Nicaragua. Selon le décompte de ce groupe indépendant, M. Ortega remporte l'élection présidentielle avec 38,4 % des votes. Eduardo Montealegre recueille 29,52 % des voix. Ethique et transprence estime que ces résultats comportent une marge d'erreur de 1,7 %.



Près du quartier géneral sandiniste, dans la colonie Maximo Jerez, des partisans ont commencé à fêter la victoire dans la nuit : leur candidat pourrait être élu président dès au premier tour, puisqu'il faut pour cela obtenir au moins 35 % des voix avec 5 % d'avance sur le candidat arrivé second. Un second tour lui serait fatal, selon tous les sondages, car les voix de deux candidats de droite – Eduardo Montealegre, soutenu par Washington et le patronat, et José Rizo – s'uniraient. Quant à la présence du candidat dissident sandiniste Edmundo Jarquin, du Mouvement de rénovation sandiniste, elle affaiblit la position du leader du Front sandiniste de libération nationale (FSLN).

VOTE MASSIF, DANS LE CALME


Les Nicaraguayens ont voté massivement et dans le calme dimanche. A 18 heures (1 heure du matin, heure de Paris), heure officielle de la clôture du scrutin, des électeurs attendaient encore de pouvoir voter dans une partie des 11 274 bureaux de vote. Selon le code électoral, les électeurs qui se trouvaient dans ces files d'attente étaient autorisés à voter. Des observateurs ont estimé que la participation pourrait être de 70 %.


Daniel Ortega a été parmi les premiers des 3,6 millions de Nicaraguayens inscrits sur les listes électorales à voter dans la capitale, Managua. "Nous faisons pleinement confiance à Dieu, le peuple nicaraguayen va gagner au premier tour", a-t-il déclaré. Il a ajouté qu'il enyoyait "un message de tendresse et d'amour au peuple frère du Venezuela et à tous les peuples latino-américains et caribéens". Les quatre autres candidats à la présidence ont également voté dans la matinée, qui a vu de longues files d'électeurs se former avant même l'ouverture du scrutin, à 7 heures (14 heures, heure de Paris). Les Nicaraguayens devaient aussi renouveler leur Parlement et élire 20 députés au Parlement centraméricain.


NOMBREUX POLICIERS ET OBSERVATEURS


En prévision d'un résultat serré et de possibles contestations, 9 000 policiers, 3 200 volontaires et 12 500 policiers électoraux appuyés de 8 300 soldats ont été déployés dans le pays. Des milliers d'observateurs nationaux et internationaux, dont ceux de l'Organisation des Etats américains, de l'Union européenne, du Centre Carter, étaient également présents. Peu avant la fermeture du scrutin, l'Institut pour le développement et la démocratie (Ipade), qui a déployé 2 100 observateurs, avait enregistré des irrégularités dans 3 % des bureaux.

Comme dans la plupart des élections récentes en Amérique latine (Bolivie, Equateur, Pérou, Mexique), la lutte d'influence entre les Etats-Unis et les régimes vénézuélien et cubain s'inscrit en toile de fond de cette élection. Le vice-président vénézuélien, José Vicente Rangel, a accusé dimanche Washington d'avoir exercé "pression et chantage". "Moi, a-t-il ajouté, j'ai mon favori de cœur, et le cœur est à gauche."

03 novembre, 2006

DANIEL ORTEGA

Daniel Ortega et Hugo Chávez.

Président de Nicaragua

Daniel Ortega prenant la communion de Cardenal Miguel Obando, 18 juillet 2005, à Managua.



1985 : Vice-président Sergio Ramírez, Fidel Castro, Daniel Ortega (de gauche à droite). En arrière-plan. Egon Krenz



Abolition de l'avortement au Nicaragua

Abolition de l'avortement au Nicaragua : Daniel Ortega du côté de la vie
28 octobre 2006

Dans une Amérique latine qui est aujourd'hui la cible principale des menées pro-avortement, l'abolition totale de l'avortement adoptée cette semaine (évoquée ici et ici) est ce qu'on appelle un "geste fort", voire paradoxal.

Mais il y a dans cette victoire pro-vie un autre paradoxe : le soutien qu'y a apporté un certain Daniel Ortega.

DanielortegaLe leader sandiniste Daniel Ortega, qui était un partisan du droit à l'avortement quand il était un jeune révolutionnaire, a dit être devenu un catholique fervent et s'oppose maintenant à l'avortement.

Le gouvernement socialiste d'Ortega dans les années 1980 entretenait une relation houleuse avec l'Eglise catholique, mais Ortega a récemment établi des relations chaleureuses avec des figures dirigeantes de l'Eglise au Nicaragua.

Le nom d'Ortega ne dira sans doute rien aux lecteurs les plus jeunes : son gouvernement, combattu par les courageux contras, était soutenu par les soviétiques et les médias français de l'ère Mitterrand.

Sans porter de jugement sur la sincérité d'Ortega, ou sur le reste de son programme politique actuel, la leçon de l'histoire est la même que pour Jane Roe et Mary Doe : les plus fervents partisans de la culture de mort aujourd'hui seront peut-être demain à nos côtés pour mener le bon combat.

Henri Védas (Via WSJ)

© Le Salon Beige,partenaire de CHRETIENTE.INFO

ORTEGA, RETOUR EN GRÂCE

Favori de l'élection de dimanche, l'ancien président sandiniste, «candidat des pauvres», a troqué ses préceptes marxistes pour des références catholiques avec lesquelles il espère séduire un électorat plongé dans la misère.

Par Jean-Hébert ARMENGAUD

Le cortège de voitures s'engouffre dans les rues étroites du quartier de Batahola, à Managua. En tête, le camion de la sono diffuse en boucle l'air de Give Peace a Chance de Lennon. Paroles librement adaptées en espagnol : «Ce que nous voulons, c'est du travail et la paix. Ensemble, disons : réconciliation.» Juste derrière la sono, suit le 4 x 4 de luxe du candidat. Des grappes de supporters marchent ou trottinent autour du véhicule, agitent leurs drapeaux rouge et noir, et parfois lancent un «Daniel !» sonore. Assis sur le toit du 4 x 4, Daniel Ortega leur fait le V de la victoire. Il a pris du poids, perdu des cheveux, et la chemise blanche a depuis longtemps remplacé le treillis militaire.


Il y a bientôt trente ans, le 19 juillet 1979, c'était une première victoire, un autre cortège : celui des guérilleros castristes du Front sandiniste de libération nationale (FSLN) de Daniel Ortega qui entraient dans Managua après avoir poussé vers l'exil, deux jours plus tôt, le dictateur Anastasio Somoza. Onze ans plus tard, en 1990, le FSLN rendait le pouvoir après une élection présidentielle perdue par Daniel Ortega. Onze longues années d'étatisation et de planification avaient ruiné l'économie, mais aussi permis d'immenses avancées sociales, dans la santé ou l'éducation notamment. Onze années marquées en partie par la guerre civile qui opposait alors Managua à la guérilla «contra», financée par Ronald Reagan. Aujourd'hui, l'ex- comandante, toujours secrétaire général du FSLN, est de retour, persuadé de l'emporter à l'élection présidentielle dès le premier tour de ce dimanche.

Ortega a perdu toutes les élections précédentes

Batahola est un quartier populaire de Managua comme tant d'autres. Des rues au bitume défoncé, quand elles ne sont pas de terre boueuse. Des petites maisons basses bricolées, cubiques, laides de trop de briques grises pas mêmes peintes, de parois de planches de bois ou de tôle. La caravane sandiniste met presque deux heures à ratisser Batahola et les quartiers adjacents, son candidat toujours juché sur le 4 x 4. Depuis les perrons, les sympathisants viennent gonfler le cortège. «Daniel est un homme bon, Daniel a du coeur, dit Bertha, une militante sandiniste de la première heure, aujourd'hui fonctionnaire dans la municipalité d'arrondissement (sandiniste) pour 3 000 cordobas par mois (140 euros). Daniel a toujours été avec nous, les pauvres. Daniel est un grand homme et un grand catholique.» Le candidat de l'ancienne révolution sandiniste se présente comme « le candidat des pauvres» et se compare parfois au «Sauveur» Jésus-Christ, qu'il cite à longueur de discours.


Daniel Ortega n'a pas laissé que des bons souvenirs. La droite rappelle le côté sombre de ces années-là, les 33 000 % d'inflation annuelle, la pénurie qui frôle la disette, la censure et l'état d'urgence, les petits paysans qui ne comprennent pas la collectivisation des terres et le contrôle des prix, la dette de l'Etat qui atteindra cinq fois le PIB, l'enrôlement forcé dans l'Armée populaire sandiniste... C'est pour ces raisons qu'Ortega a perdu toutes les élections précédentes, celles de 1990, puis celles de 1996 et 2001. S'il l'emporte dimanche, ce ne sera que grâce à une réforme électorale ­ négociée avec la droite, en 1999-2000, en échange d'une répartition des postes à la Cour suprême, au Conseil électoral, à la Cour des comptes... ­ qui permet au vainqueur du premier tour de rafler la mise avec seulement 35 % des voix et cinq points d'avance sur le candidat arrivé deuxième. Les sondages le donnent autour de ces 35 %, devant une droite pour la première fois divisée entre l'Alliance libérale nicaraguayenne (ALN) et le Parti libéral constitutionnaliste (PLC). «Du coup, paradoxalement, grâce à cette réforme, Daniel Ortega pourrait être élu président alors que les sondages lui donnent son plus mauvais score depuis qu'il a quitté le pouvoir. Il sera alors président, mais président d'une minorité», estime Carlos Fernandez Chamorro, qui dirige le Centre d'information de la communication (Cinco), laboratoire d'analyse politique et sociale.

Carlos Fernandez Chamorro est surtout un ancien du FSLN. Ex-guérillero, il a dirigé, jusqu'en 1994, le journal du parti, Barricada . «Nous voulions à l'époque plus d'autonomie, ne pas être béatement l'organe et le porte-parole du front. Résultat : j'ai été viré avec beaucoup d'autres du jour au lendemain. Le FSLN d'Ortega est toujours aussi vertical que dans les années de guerre. Daniel Ortega ne tolère aucune concurrence à son leadership. Ce n'est plus un révolutionnaire depuis longtemps, c'est un pragmatique : la machine du front doit lui servir à atteindre la présidence, point final.»

Sa femme dirige la campagne électorale, ses fils dirigent les médias

Victor Hugo Tinoco, autre rénovateur, autre ex-guérillero, ancien vice-ministre des Affaires étrangères sandiniste, a lui aussi été «viré» . C'était début 2005. Herty Lewites, ancien maire sandiniste charismatique de Managua ­ décédé en juillet dernier ­, venait d'annoncer sa candidature contre Ortega, aux «primaires» du front pour la présidentielle de ce dimanche. Le 26 février 2005, lors d'un congrès extraordinaire convoqué à la hâte, «Ortega a réussi, en un seul jour, un triple exercice de démonstration d'autoritarisme , raconte Victor Hugo Tinoco. Il a fait annuler le processus des primaires, il a expulsé Herty Lewites et moi-même de la direction nationale du front, et il s'est fait proclamer seul candidat». Les dissidents rénovateurs sont accusés par le congrès «d'abandon des principes anti-impérialistes» . Ils vont aller grossir les rangs du Mouvement de rénovation sandiniste (MRS), crédité aujourd'hui dans les sondages de quelque 10 % des voix. «Daniel Ortega a abandonné tout principe, a éliminé toute possibilité de débat théorique. Il est dans une logique de caudillo familial. Sa femme dirige la campagne électorale, ses fils dirigent les médias proches du front...»


À Batahola, sur le 4 x 4 de campagne, Rosario Murillo, l'épouse de Daniel Ortega, est juste un étage au-dessous du candidat : sur le capot. Sourire lifté, oeillet dans les cheveux, longue tunique colorée. C'est elle qui a choisi Give Peace a Chance comme hymne de campagne et écrit les paroles en espagnol. Quand la caravane se pose enfin, sur une petite place du quartier, et que le meeting commence devant quelques centaines de convaincus, c'est elle qui prend la parole en premier : «Nous changerons le Nicaragua avec le pouvoir de l'amour, parce que l'amour est invincible. [...] Il nous faut remplir ce pays d'amour, de vérité et de lumière.» Elle cède enfin la parole à l'ex- comandante. Il citera une seule fois le mot de révolution : «Le 5 novembre sera une date historique, celle d'une révolution spirituelle...»

47 % des Nicaraguayens survivent avec moins d'un dollar par jour

«Une révolution spirituelle, une révolution de l'amour qui sortira le peuple de la misère, de la faim et du chômage»,
précise le candidat du front. Il ne dit pas comment, mais, sur ce terrain, il a l'avantage. Juste après Haïti, le Nicaragua reste le pays le plus pauvre des Amériques. Pire : la pauvreté augmente à nouveau, après avoir légèrement baissé dans la période «postrévolutionnaire». Au moins 47 % des Nicaraguayens survivent aujourd'hui avec moins d'un dollar par jour, contre 45 % en 2001 et 50 % en 1990 quand le FSLN a transmis le pouvoir à la droite. «Seize ans ont passé, lance Daniel Ortega sur l'estrade de Batahola, ce que les économistes appellent le néolibéralisme avait promis des emplois, de l'éducation, de la santé... Résultat : aujourd'hui, des gamins dans la rue demandent l'aumône pour pouvoir s'acheter des médicaments, tandis que les riches sont toujours un peu plus riches. C'est ce qu'ils appellent le progrès.»


La révolution sandiniste avait presque réussi à vaincre l'analphabétisme mais celui-ci est de nouveau en augmentation (35 % de la population). Les privatisations n'ont pas seulement concerné les entreprises publiques ­ engraissant, via la corruption, les partis politiques ­, mais aussi la santé et l'éducation. «Mon fils s'est fait récemment exploser la jambe au revolver lors d'une bagarre, raconte Sergio, un syndicaliste sandiniste. L'hôpital public ne pouvait pas l'opérer avant six jours, j'ai dû me rabattre en urgence sur une clinique privée. L'opération a coûté 1 600 dollars et je me suis endetté pour cinq ans.» L'Etat central consacre un quart de son budget au paiement de la dette ­ la dette extérieure, mais aussi celle contractée auprès des banques nicaraguayennes. «Autant d'argent qui n'entre pas dans les priorités du pays, la santé et l'éducation, explique l'économiste Nestor Avendaño, pourtant éloigné des thèses sandinistes. Quel que soit le nouveau président, la seule révolution possible doit être celle du budget de l'Etat. La dette sociale envers les millions de pauvres doit primer sur la dette financière, qu'il faut renégocier.» Sur ce terrain de la dette sociale, la droite, après seize ans de pouvoir, est battue d'avance.

«Prions le Créateur, qu'il nous donne la force d'être prêts le 5 novembre»

Il se fait tard à Batahola. Sur la place, les familles papotent, et seuls les premiers rangs agitent toujours les drapeaux sandinistes. Le «candidat des pauvres» s'apprête à conclure : «Que veulent-ils de plus, alors qu'ils n'ont rien fait depuis seize ans ? Continuer à exterminer le peuple ? Comme disait Sa Sainteté le pape [Jean Paul II, ndlr], les pauvres ne peuvent plus attendre.»


En vingt minutes de discours à Batahola, Daniel Ortega va évoquer quatre fois Jean Paul II, trois fois Jésus, six fois «Dieu». La «révolution spirituelle» qu'il invoque passe par la foi. Il en appelle à «un nouveau royaume de la foi, un royaume de justice et de solidarité», lui qui s'était si fortement opposé à l'Eglise conservatrice dans les années 80. Pour Victor Hugo Tinoco, ce revirement «n'est qu'une manoeuvre politique, parce que Daniel Ortega n'a plus, depuis longtemps, de valeurs ni de principes, sauf celui de gagner des voix».

Il y a une semaine, une proposition de loi du groupe FSLN a été adoptée, avec les voix de la droite, à la Chambre des députés, qui interdit radicalement l'avortement, même en cas de «danger physique grave» pour la mère, la seule brèche du code pénal, jusque-là, qui permettait l'IVG. Tout avortement sera désormais passible d'un à dix ans de prison. La loi répond à une manifestation antiavortement de quelques milliers de personnes, le 6 octobre, convoquée par l'Eglise catholique et les évangélistes. Un retour en arrière d'une centaine d'années, selon les ONG nicaraguayennes de défense des droits de la femme.

Pour les sandinistes d'aujourd'hui, la libération de la femme attendra. «Dans cette affaire, le FSLN n'a écouté que l'Eglise, sans discuter avec la société civile, ni avec les médecins ou les gynécologues», s'énerve Ana Pizarro, du Réseau des femmes contre la violence. Seul le Mouvement de rénovation sandiniste s'est opposé au durcissement du code pénal : «Je suis contre l'avortement mais cette réforme mettra en danger de mort des milliers de femmes pauvres», a protesté Edmundo Jarquín, le candidat à la présidence du MRS.


A Batahola, le meeting se termine par ces mots de Daniel Ortega : «Prions le Créateur pour qu'il nous donne la force d'être prêts le 5 novembre.»

Ortega, cauchemar de Washington

Daniel Ortega, le leader de la révolution sandiniste des années 1980, pourrait s'emparer dimanche de la présidence

S'il est élu chef de l'Etat du Nicaragua, le 5 novembre, Daniel Ortega pourra se targuer d'avoir signé l'un des plus extraordinaires come-back de l'histoire latino-américaine.

En 1979, alors que l'Amérique centrale était l'un des théâtres de la guerre froide, le chef du Front sandiniste de libération nationale (FSLN) avait renversé la dictature d'Anastasio Somoza et engagé une révolution « à la cubaine », qui avait ensuite dégénéré en guerre civile. C'était l'époque où Washington appuyait les contre-révolutionnaires de la « contra » et où Ortega surnommait « John Wayne » l'hôte de la Maison-Blanche, Ronald Reagan... En 1990, à la tête d'un pays exsangue, «El Commandante Daniel» consentit à organiser des élections libres, grâce à la médiation du président du Costa Rica, Oscar Arias.

Indéboulonnable leader du FSLN depuis lors, Ortega, désormais âgé de 60 ans, s'est rapproché du président vénézuélien, Hugo Chavez. Stratégie payante. Caracas fournit du pétrole à prix réduit aux municipalités sandinistes, dans l'espoir à peine dissimulé d'influencer le scrutin. « Daniel, je ne vais pas dire que je souhaite que tu l'emportes, car ils vont encore me dire que je mets mon nez dans les affaires intérieures du Nicaragua, a déclaré Chavez, le mois dernier, lors de son programme télévisé dominical, en présence de l'intéressé. Mais, en fait, je veux que tu gagnes! »

La quatrième tentative électorale de Daniel Ortega depuis 1990 pourrait donc être la bonne. Grâce à un accord bricolé avec l'ancien président Arnoldo Aleman - aujourd'hui en prison pour détournement de fonds - il suffit de recueillir 35% des suffrages, avec 5 points d'avance sur le candidat arrivé en deuxième position, pour être élu dès le premier tour. En tête des sondages, Ortega mise tout sur cette échéance. Au second tour, en effet, il ne peut espérer dépasser son «plafond électoral» de 40%. Abus de biens immobiliers, accusation de viol émanant de sa belle-fille dans les années 1990, accord électoral contre nature - son candidat à la vice-présidence est un ancien contra!... Aux yeux d'une majorité d'électeurs, les raisons de douter de la crédibilité de «Daniel» ne manquent pas.

Un ambassadeur très peu diplomate


La perspective d'une victoire de l'ex-rebelle dès le 5 novembre provoque des sueurs froides du côté de Washington, où l'on ne goûte guère le style Ortega et ses déclarations tonitruantes sur la «légitimité de la lutte armée de la guérilla colombienne», pour citer un exemple parmi tant d'autres. Surtout, les Etats-Unis s'inquiètent du renforcement de l'axe Caracas-La Havane-La Paz, qui pourrait passer, s'il l'emportait, par Managua (capitale du Nicaragua) mais également par Quito, si le candidat pro-Chavez était élu en Equateur, le 26 novembre. En outre, le retour d'Ortega présenterait l'inconvénient de réveiller les ardeurs de la gauche dans les pays voisins - Costa Rica, Salvador, Guatemela - gouvernés actuellement par des libéraux.

Manifestement inquiet, l'ambassadeur des Etats-Unis à Managua, Paul Trivelli, a conseillé aux électeurs de ne pas mettre en péril les « excellentes » relations américano-nicaraguayennes en votant pour un candidat «non démocratique». Mais son insistance peu diplomatique pourrait se révéler contre-productive. Les Etats-Unis, mieux que quiconque, devraient pourtant le savoir: en Amérique latine, chatouiller la fibre nationale est toujours un pari risqu

Daniel Ortega de retour au pouvoir




Dossier : Daniel Ortega de retour au pouvoir au Nicaragua ?

(RV-Vendredi 03 novmebre 2006) Le sandiniste Daniel Ortega, qui a dirigé le Nicaragua dans les années 80 pourrait revenir au pouvoir. Les sondages le donnent vainqueur des élections qui se tiennent dimanche dans ce petit pays, le plus pauvre du continent américain après Haiti. Pour reprendre le pouvoir, Daniel Ortega a changé d’image, il a renoncé à son treillis, il parle de Dieu et du Christ et il a même proposé comme vice-président un ancien dirigeant de la contra, la guérilla financée par les américains. Dans un contexte social désastreux, sa victoire est quasiment assurée. Ecoutez l’analyse de Bernard Duterme, directeur du centre tricontinental de Louvain-la Neuve en Belgique

PINOCHET, LE SILENCE N’EST PLUS D’OR

Chili . Au coeur d’un nouveau scandale financier, l’ancien dictateur a été également inculpé pour les crimes commis à la Villa Grimaldi entre 1974 et 1977.

De l’avis de la grande majorité des Chiliens, et même de leur présidente, Michelle Bachelet, Augusto Pinochet « appartient au passé ». Pourtant, la révélation, mercredi dernier par le journal gouvernemental la Nacion, de l’existence depuis 1980 de 9,6 tonnes d’or bloquées sur un compte personnel de l’ancien dictateur à la banque HSBC à Hong kong, n’a cessé d’alimenter la chronique depuis plusieurs jours. Selon la HSBC, « les documents sont faux et (Pinochet) n’a pas de compte » au sein de l’établissement bancaire. Cette affirmation a été confirmée par le Conseil de défense de l’État (CDE), l’équivalent chilien du parquet général français. « Si les documents sont faux, il pourrait s’agir d’une conspiration internationale », a même avancé le président du CDE, Carlos Mackenney.

Alors que tout le Chili s’interroge pour savoir qui aurait pu monter un tel coup contre l’ancien caudillo, l’opposition tient ses coupables : la coalition de centre gauche actuellement au pouvoir. Selon elle, le gouvernement tenterait de taire un autre scandale politico-financier, Chiledeportes, impliquant de nombreux dirigeants du Parti pour la démocratie (PPD), membre de cette même coalition, et suspectés d’avoir détourné un million de dollars.

Depuis jeudi, la justice chilienne enquête pour s’assurer de la véracité des documents bancaires livrés aux autorités chiliennes le 13 octobre, par le négociant en or américain, Al Landry, qui soutient toujours que Pinochet possède bien cet amas d’or en Chine. Dans un communiqué, Al Landry dit comprendre « la position défensive » de la banque qui pourrait « avoir des problèmes, si les documents sont vrais ».

Pourtant les certificats de la banque ne présentent ni la signature de Pinochet ni son numéro d’identité. Autre élément étrange, les documents remis à la justice chilienne assurent que 9 600 et non pas 9,6 tonnes du métal jaune seraient placées sur le compte, soit le double de l’offre d’or mondiale existant actuellement ! L’apparence grossière de ces documents conforte la défense dans sa position que tout est « absolument faux ».

Cette nouvelle affaire rythme un mois d’octobre particulièrement chargé pour le général nonagénaire qui a dirigé le Chili d’une main de fer pendant dix-sept années (1973-1990), au cours desquelles officiellement 3 197 personnes ont disparu. Déjà inculpé pour fraude fiscale dans l’affaire de ses comptes bancaires et pour sa responsabilité dans le massacre de 119 membres du Mouvement de la gauche révolutionnaire (MIR) en juillet 1975, Pinochet l’a été à nouveau lundi par le juge Alejandro Solis pour les 36 disparitions, le meurtre d’un militant communiste et 23 cas de torture dans la sinistre Villa Grimaldi entre 1974 et 1977. C’est dans cette prison secrète que Michelle Bachelet et sa mère avaient été torturées.

Assigné à résidence, lâché par le carré de ses derniers supporters à l’été 2004, après qu’une commission antiblanchiment du Sénat américain a révélé l’existence d’une centaine de comptes lui appartenant et sur lesquels dormaient 27 millions de dollars, il est aujourd’hui totalement isolé. Les décisions récentes de la Cour suprême du Chili de lever son immunité dans plusieurs affaires, dont la dernière fois, le 3 octobre, dans le cadre de la préparation du procès sur la Villa Grimaldi, pourraient anéantir ses derniers espoirs d’échapper aux mains de la justice. D’autant plus que ses avocats ne pourront pas jouer la carte de la vieillesse. « Je ne crois pas qu’il ait été prouvé qu’il est mentalement malade », a récemment déclaré Alejandro Solis.

02 novembre, 2006

SANTIAGO EN BREF

Chiledeportes : Nouveau rebondissement Eco : Le Medef international en visite à Santiago Tennis : Clément plus fort que Massu

Chiledeportes : Nouveau rebondissement L’actualité chilienne est marquée depuis plusieurs semaines par le scandale politico-financier de l’organisme d’Etat Chilideportes. Le sénateur Guido Girardi, membre du Parti pour la démocratie (PPD) qui compose la coalition de centre-gauche actuellement au pouvoir au Chili, a révélé hier matin que certains de ses collègues ont utilisé des factures de l’entreprise fantôme Publicam, pour recevoir de l’argent de la part de Chilideportes. Entre autres, la justice chilienne cherche au travers de cette affaire à tirer au clair le mode de financement de certaines campagnes électorales, dont celle du PPD.


Eco : Le Medef international en visite à Santiago
Une délégation du Mouvement international des entreprises de France (Medef international) menée par son président Jean Burelle et composée d’une quinzaine de chefs et de représentants d’entreprises tricolore est en visite à Santiago depuis lundi et jusqu’à aujourd’hui. Si aucun grand contrat ou décision n’est à attendre, cette visite s’inscrit dans la durée pour renforcer les liens économiques qui unissent la France et le Chili. La France est le neuvième partenaire commercial du Chili au niveau des investissements directs avec 1,3 milliards d’euros investis entre 1974 et 2003. (www.lepetitjournal.com – 1er novembre 2006)




Tennis : Clément plus fort que Massu
L’une des vedettes du tennis chilien, Nicolas Massu, classé 43e au classement ATP, est tombé au premier tour du Masters Series de Paris-Bercy, devant le Français Arnaud Clément (1-6/4-6). Le joueur originaire de Viña del Mar comptait beaucoup sur ce tournoi pour finir l’année sur une bonne note, alors que la deuxième partie de sa saison a été catastrophique. Après le match contre Clément, il a expliqué avoir souffert de violents maux de tête pendant la rencontre. “Je ne me souviens même plus comment s’est achevé la partie”, a-t-il déclaré. (www.lepetitjournal.com – 1er novembre 2006)

Semaine Française

Ce soir, pour l'inauguration de la Semaine Française organisée par la Chambre de Commerce Franco-Chilienne, Air France fêtera les 70 ans de son premier vol passager à destination de Santiago. Retour sur l'histoire de la liaison aérienne entre la France et le Chili...

Ce soir, sera inaugurée la "Semaine française au Chili" : un événement exceptionnel pour la communauté d'affaires franco-chilienne, qui saisit là l'occasion de montrer son savoir-faire et de mettre en avant ses spécificités. Parmi les membres éminents de la Chambre de Commerce, la compagnie Air France-KLM qui, depuis fin octobre, propose, de manière désormais permanente, pas moins de cinq vols directs hebdomadaires Santiago-Paris, d'ailleurs son plus long courrier.
L'histoire d'Air France avec le Chili est déjà ancienne. La soirée inaugurale de la "Semaine française" en témoignera : on y fêtera les 70 ans du premier vol de passagers vers Santiago. En effet, en novembre 1936, le premier avion d' Air France, un bimoteur Potez 62, d'une capacité de 15 personnes, atterrissait à Santiago, en provenance de Buenos Aires, avec escale à Mendoza. L'évènement fut salué par les autorités locales, dont le président de la République de l'époque, don Arturo Alessandri Palma. Mais la compagnie traversait en réalité les Andes, depuis déjà huit ans.
Le spectacle des Andes
La route avait été inaugurée par Jean Mermoz, le 19 novembre 1928. Le pilote de la Compagnie Générale Aéropostale - l'une des compagnies à l'origine d'Air France - réalisait là son grand rêve. Ainsi, avant 1936, seul le courrier était acheminé à Santiago par la compagnie.
Que de changements depuis ! Aujourd'hui, c'est un Boeing 777-200 qui offre son profil impérial sur le tarmac de l'aéroport Arturo Merino. Il propose 12 places de luxe (“L’espace Première”), 54 sièges en Business (“L’espace Affaires”) et 202 places en Economique (“Tempo”).
De plus, Santiago est devenue, en quelques années, une plate-forme stratégique pour Air France qui y emploie 110 personnes, sous la houlette de son directeur général, Jean Christophe Durrieux. La compagnie - qui a fusionné avec KLM en 2004 - a même choisi Santiago pour y installer son "Call center" régional, en septembre 2002. Ce service enregistre les appels des passagers et des agences de voyages de six pays latino-américains du cône sud.
La "barrière" des Andes n'est plus infranchissable. Et quel superbe spectacle pour les passagers qui atterrissent à Santiago !
Sophie ROUCHON. (www.lepetitjournal.com Santiago) 2 novembre 2006

Semaine française au Chili, du 2 au 12 novembre
Tout le programme : www.semanafrancesa.cl
www.airfrance.cl

L’or de Pinochet refait surface à Hong Kong

La justice chilienne a ouvert une enquête sur les lingots d’or que le dictateur avait mis de côté dans l’ancienne colonie britannique. La Nación revient sur les dessous de l’affaire.

Il y a quelques semaines, Alan Landry était chez lui, à Santa Monica, en Californie, lorsqu’un courriel est arrivé dans sa messagerie. En l’ouvrant, il constata que parmi les pièces jointes figuraient divers documents et une proposition de vente de plus de 9 tonnes d’or pur à 99,9 %, actuellement en dépôt à la Hong Kong and Shanghai Bank Corporation (HSBC).
En tant que consultant pour CCI-Group, une entreprise de courtiers en or, son travail consiste à vérifier l’authenticité des documents et des certificats produits en vue d’une transaction. Il examina donc attentivement la proposition et s’arrêta, surpris, sur le nom du propriétaire des documents : Augusto Pinochet Ugarte.
Alan Landry s’empressa alors d’en informer son commissaire aux comptes, Gerald Drown, pour avoir son opinion. Celui-ci observa à son tour minutieusement les documents et dit à Landry de transmettre l’information au consulat du Chili à Los Angeles. Il remit à la représentation diplomatique les documents reçus ainsi qu’une copie des certificats envoyés par un certain Kevin Shani, qui assurait être habilité à vendre cet or. “Je peux garantir, grâce à l’expérience qui est la mienne sur le marché, que ces documents sont authentiques, affirme Alan Landry. La justice et l’Etat chiliens doivent récupérer cet or, qui appartient au peuple chilien.”
Les documents ont été remis, le 13 octobre 2006, au ministère chilien des Affaires étrangères, qui l’a ensuite transmise au juge Juan González, chargé du dossier Riggs [en 2004, suite à un rapport du Sénat américain, une instruction a été ouverte sur plusieurs comptes en banque ouverts sous de faux noms par Pinochet à la Riggs Bank], ainsi qu’au Conseil de défense de l’Etat (CDE), l’organisme chargé de défendre les intérêts de l’Etat. Le CDE a demandé à la justice qu’une requête officielle soit envoyée à la HSBC et que des mesures préventives soient prises puisqu’il y aurait au nom du dictateur un millier de lingots, évalués à plus de 170 millions de dollars [133,5 millions d’euros].
Selon nos informations, la justice chilienne aurait en sa possession un dossier de 26 pages sur cette affaire. Ces documents préciseraient que l’or en question est pur à 99,9 % et indiqueraient les numéros de série et le lieu de fabrication des lingots, la Belgique. Les premiers dépôts auraient été effectués en juillet et en novembre 1980 auprès de la HSBC. Parmi les documents figure également un certificat de l’entreprise allemande de placements Schell Security GmbH, authentifié devant notaire le 16 décembre 2004. Pour Landry, il ne fait aucun doute que les lingots sont en dépôt dans un coffre de la HSBC.`

Jorge Molina Sanhueza La Nación