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| CAPTURE D'ÉCRAN |
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Le président français Emmanuel Macron rencontre le président chilien Gabriel Boric en marge de la 77ème Assemblée générale de l'ONU à New York. IMAGES![]() |
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| FLYER PCCH |
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| CAPTURE D'ÉCRAN |
Le 4 septembre dernier, le Chili a voté contre la proposition d’une nouvelle Constitution qui devait remplacer celle actuelle, écrite sous la dictature d’Augusto Pinochet. Proposée par le gouvernement de droite en 2019 après des mouvements sociaux très violents, elle était destinée à apaiser les tensions du pays.
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| FRANCK GAUDICHAUD PHOTO L'HUMANITÉ |
C’est la douche froide, pour la gauche chilienne. Dimanche 4 septembre dernier, la proposition de nouvelle constitution, qui devait mettre fin à celle héritée du régime d’Augusto Pinochet, a été massivement rejetée par les électeurs chiliens. 61 % de ceux qui se sont déplacés aux urnes ont dit « non ». Si l’on pouvait présumer que cette nouvelle constitution, qui prévoyait entre autre de garantir des droits pour les populations indigènes, allait mobiliser la frange la plus conservatrice de la population chilienne, personne n’avait imaginé un rejet si large. Ce, d’autant que la conjoncture politique semblait au vert depuis l’élection de Gabriel Boric à la présidentielle de décembre dernier.
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| DESSIN PATO PALOMO |
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PHOTO MARTIN BERNETTI / AFP
L’arrivée de grandes figures issues des gouvernements de l’ex-présidente socialiste Michelle Bachelet (2006-2010 et 2014-2018) marque la réorientation vers le centre gauche traditionnel
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| R3CHAZO |
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| AFFICHE DU FILM DU MÊME NOM |
Adieu tristesse, / Bonjour tristesse.
Le titre de l'article aurait pu ressembler au vers Bonjour tristesse, du poème « À Peine Défigurée » de Paul Éluard, tant le rejet de la constitution qui promettait de clore définitivement les années sombres de la dictature d’Augusto Pinochet fut massif et brutal. Le processus avait pourtant été soutenu massivement par le peuple chilien et loué initialement pour son exemplarité.
« Ne serait-il pas
Plus simple alors pour le gouvernement
De dissoudre le peuple
Et d'en élire un autre ? » Bertolt Brecht.
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| FLYER AMARILLOS POR CHILE |
Après avoir perdu les deux dernières élections, la droite chilienne a préféré «changer son fusil d'épaule » en délégant la campagne aux Amarillos por Chile (les jaunes pour le Chili), un groupe de citoyens de centre et de centre gauche. Tel un joueur d'échecs, la droite a placé ses pions au centre de l'échiquier pour mieux contrôler les ailes. Dans ce but, elle s'est appuyée sur la «droite médiatique», sachant qu'au Chili comme ailleurs, l'oligarchie économique possède la plupart des médias.
La propagande du pire, la désinformation, les fausses nouvelles et les demi-vérités qui pendant un an ont été activement relayées par cette «droite médiatique» ont eu raison du processus constituant.
À présent, c'est à nous de tirer les conséquences de l'échec et d’analyser les causes du rejet dans le référendum, afin d'essayer de comprendre de quoi le « rechazo» est-il le nom.
Le sentiment d’occasion perdue serait sans doute moins fort, si les électeurs avaient voté uniquement contre la constitution, et pas, comme ce fut le cas, pour faire entendre leur mécontentement face à la gestion de la crise du coronavirus, aux arrivées massives de migrants, à l'inflation mondiale ou encore au sentiment d’insécurité grandissant.
Mais l'accélération de la vie politique chilienne en a décidé autrement. Pour reprendre l'initiative politique, le président Gabriel Boric s'est engagé dimanche à faire pression pour un nouveau processus constituant et a entamé immédiatement des pourparlers avec les présidents des Chambres des députés et du Sénat. Pour mieux affronter cette nouvelle étape politique, Boric a procédé mardi à un profond remaniement ministériel.
« Tu es inscrite dans les lignes du plafond. / Tu es inscrite dans les yeux que j'aime »
Même si elle reste présente, la tristesse est tout aussi volatile :
« Tu n'es pas tout à fait la misère
Car les lèvres les plus pauvres te dénoncent
Par un sourire. » Paul Éluard.
M.C.
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PHOTO ЕВГЕНИЙ БОРДОВСКИЙ La Banque centrale du Chili a annoncé mardi une hausse d'un point de son taux directeur, à 10,75% contre 9,75% auparavant, pour tenter de contenir la plus forte inflation qu'ait connue le pays en trois décennies.
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LE FIGARO
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| CAPTURE D'ÉCRAN |
Lire aussi : LE CHILI REVOIT FORTEMENT À LA HAUSSE SES ESTIMATIONS DE L'INFLATIO²N EN 2022 ; LE PIB DEVRAIT AUGMENTER DE 1,6 %.
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PHOTO XIMENA NAVARRO
RÉCIT : Après que le Chili ait voté massivement contre une proposition de nouvelle constitution, qui aurait été l'une des chartes les plus progressistes du monde, le président Gabriel Boric s'est engagé dimanche à faire pression pour un nouveau processus constituant.
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| DESSIN LAUZAN |
près de 62 % des électeurs ont rejeté le nouveau texte lors du référendum de dimanche, avec plus de 99% des urnes dépouillées.
En comparaison, près de 80 % des Chiliens avaient voté en faveur de la rédaction d'une nouvelle constitution il y a deux ans.
M. Boric, dont le gouvernement de gauche est largement lié au nouveau texte, a déclaré que des changements de cabinet allaient intervenir et que son administration travaillerait à la rédaction d'une autre constitution.
Les partis de centre-gauche et de droite qui ont promu la campagne de rejet ont également accepté de négocier sur le nouveau texte.
"Je m'engage à faire tout mon possible pour construire, avec le Congrès et la société civile, un nouvel itinéraire constitutif qui nous fournira un texte qui, en tenant compte des leçons tirées du processus, parvient à interpréter les opinions d'une large majorité de citoyens."
La proposition rejetée a été rédigée en réponse aux protestations violentes généralisées qui ont saisi la nation à la fin de 2019.
Elle était axée sur les droits sociaux, l'environnement, la parité hommes-femmes et les droits des indigènes, un changement radical par rapport à sa constitution favorable au marché datant de la dictature d'Augusto Pinochet.
Mais les sondages ont montré que le soutien de l'opinion publique avait diminué au milieu des controverses entourant les personnes élues pour rédiger le document.
Près de 13 des 15 millions de Chiliens et de résidents qui avaient le droit de voter, ont voté dans plus de 3 000 centres de vote.
Le vote au référendum de dimanche était obligatoire.
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| R3CHAZO |
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| ALEN LAUZAN |
L’engagement pris par le président, Gabriel Boric, et la droite de poursuivre le processus après le rejet massif par référendum du projet de Constitution devra être l’occasion de lever les inquiétudes suscitées par un texte très ambitieux.