22 septembre, 2022

MACRON RENCONTRE LE PRÉSIDENT CHILIEN GABRIEL BORIC À NEW YORK

CAPTURE D'ÉCRAN

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Le président français Emmanuel Macron rencontre le président chilien Gabriel Boric en marge de la 77ème Assemblée générale de l'ONU à New York. IMAGES


18 septembre, 2022

49ÈME ANNIVERSAIRE DE LA DISPARITION DE CRISTIAN CARTAGENA PÉREZ

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FLYER PCCH

Paulina Viviana Cartagena Vidal
Aujourd'hui nous commémorons le 49ème anniversaire de l'enlèvement, de la torture et de la disparition forcée de mon père Cristian Cartagena Pérez. Aujourd'hui tu vis entre nous et nous, plus ferme que jamais dans la mémoire et les convictions d'un pays plus juste.

14 septembre, 2022

POURQUOI LE CHILI A REJETÉ SA NOUVELLE CONSTITUTION

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CAPTURE D'ÉCRAN

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Le 4 septembre dernier, le Chili a voté contre la proposition d’une nouvelle Constitution qui devait remplacer celle actuelle, écrite sous la dictature d’Augusto Pinochet. Proposée par le gouvernement de droite en 2019 après des mouvements sociaux très violents, elle était destinée à apaiser les tensions du pays. 

Droit à l’avortement, reconnaissance de la population autochtone, interventions de l’État, l’Assemblée constituante était parvenue à un texte très progressiste et prévoyait l’entrée en vigueur de nouveaux droits. Pourtant, les Chiliens ont été 62 % à la rejeter au début du mois.

Le texte était-il trop ambitieux ? Le conservatisme est-il encore trop présent au Chili ? Quelles leçons le gouvernement de Gabriel Boric, président issu de la gauche élu en 2021, doit-il tirer ? Pour répondre à toutes ces questions, le spécialiste de l’Amérique latine Christophe Ventura nous livre son analyse.

Journaliste : Emma Barrier
Montage : Julien Bouillet
Images : Arthur Frainet 
Son : Baptiste Veilhan 
Graphisme : Adrien Colrat 
Diffusion : Maxime Hector 
Production : Thomas Bornot 
Directeur du développement : Mathias Enthoven 
Rédaction en chef : Soumaya Benaissa

Le site : https://www.blast-info.fr/
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#Chili 
#Référendum 
#Constitution

09 septembre, 2022

RÉFÉRENDUM AU CHILI : L'HÉRITAGE DE PINOCHET PLANE TOUJOURS

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FRANCK GAUDICHAUD
PHOTO  L'HUMANITÉ 

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C’est la douche froide, pour la gauche chilienne. Dimanche 4 septembre dernier, la proposition de nouvelle constitution, qui devait mettre fin à celle héritée du régime d’Augusto Pinochet, a été massivement rejetée par les électeurs chiliens. 61 % de ceux qui se sont déplacés aux urnes ont dit « non ». Si l’on pouvait présumer que cette nouvelle constitution, qui prévoyait entre autre de garantir des droits pour les populations indigènes, allait mobiliser la frange la plus conservatrice de la population chilienne, personne n’avait imaginé un rejet si large. Ce, d’autant que la conjoncture politique semblait au vert depuis l’élection de Gabriel Boric à la présidentielle de décembre dernier. 
DESSIN PATO PALOMO


À peine 6 mois après une élection à la présidence du Chili qui donnait plein d’espoir, la gauche soupire déjà. Pendant ce temps, l’extrême-droite jubile et les conservateurs du pays se disent « soulagés » que « trop » de droits aux minorités ne soient finalement pas gravés dans la nouvelle constitution. Gabriel Boric doit maintenant appréhender un nouveau processus constitutionnel, qu’il devra rendre sans doute plus consensuel. 

Pour analyser et comprendre une telle déconvenue et les perspectives pour la future constitution chilienne, nous nous sommes entretenus avec le chercheur et spécialiste du Chili Franck Gaudichaud, présent sur place.

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08 septembre, 2022

CHILI : APRÈS LA VICTOIRE DU « NON » AU RÉFÉRENDUM SUR LA NOUVELLE CONSTITUTION, LE GOUVERNEMENT EST REMANIÉ

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PHOTO MARTIN BERNETTI / AFP

L’arrivée de grandes figures issues des gouvernements de l’ex-présidente socialiste Michelle Bachelet (2006-2010 et 2014-2018) marque la réorientation vers le centre gauche traditionnel 
Quarante-huit heures après la victoire massive du « non » au référendum sur la nouvelle Constitution, rejetée dimanche 4 septembre par 62 % des votants, le président Gabriel Boric (gauche) a procédé, mardi, à un remaniement – le premier depuis son arrivée au pouvoir au mois de mars. Ces nouvelles arrivées attestent une réorientation de l’exécutif vers le centre gauche traditionnel, avec l’intégration de personnalités ayant une longue carrière politique, issues des gouvernements de l’ex-présidente socialiste Michelle Bachelet (2006-2010 et 2014-2018), toujours aussi populaire dans le pays.

« Politiquement, c’est peut-être, et je n’ai aucune raison de le cacher, l’un des moments les plus difficiles que j’aie à affronter », a déclaré Gabriel Boric dans la foulée de l’annonce du remaniement, appelant au « dépass[ement] des différences », à une « plus grande cohésion » et à « retrouver la confiance » des Chiliens.

Préoccupations sécuritaires

Changement notable : l’arrivée au ministère de l’intérieur de Carolina Toha, 57 ans, ex-maire de Santiago et ancienne porte-parole du gouvernement Bachelet, dont les compétences politiques font l’unanimité. À ce poste-clé, elle aura notamment à gérer le conflit autour de la restitution des terres de la population indigène mapuche, dans le sud du pays. Faux pas, recrudescence des violences, c’est avant tout ce dossier qui a eu raison de sa prédécesseure, Izkia Siches, pourtant auréolée d’une grande popularité à son arrivée au gouvernement il y a six mois. Son défi consistera également à apporter des réponses en matière d’insécurité, une des grandes préoccupations des Chiliens.


Lire aussi : Au Chili, la nouvelle Constitution massivement rejetée par référendum
Ana Lya Uriarte, 60 ans, une autre figure des années Bachelet – elle fut ministre puis cheffe de cabinet sous ses mandats –, est nommée au poste stratégique de secrétaire générale du gouvernement, à qui incombent les relations entre l’exécutif et le Congrès. Sa principale tâche consistera à mettre de l’huile dans les négociations avec les formations centristes, en vue d’alliances au Congrès, où le gouvernement ne dispose pas de majorité. Mme Uriarte succède à Giorgio Jackson, ami historique du président, qui rejoint un ministère moins proche du cœur du pouvoir, le développement social. Son changement de poste, ainsi que le départ d’Izkia Siches, marque donc l’éloignement des amis intimes trentenaires du chef de l’Etat, issus, comme lui, de la révolte étudiante de 2011.

Une page est ainsi tournée pour le gouvernement Boric, dont le programme idéologique était intimement lié au projet de Constitution rejeté dimanche. « Le programme du gouvernement, sa profondeur, dépend aussi en grande partie de ce qui se passera le 4 septembre », indiquait la porte-parole du gouvernement, Camila Vallejo, au mois de juin, présageant des difficultés à appliquer les réformes en cas de rejet. Après avoir été suspendu au résultat du référendum pendant six mois, « le gouvernement sait enfin quel est son cadre. On peut dire que le gouvernement de Boric commence maintenant », estime Jaime Baeza, politiste à la Faculté du gouvernement de l’université du Chili.

Tempo plus progressif

Par ailleurs, « avec ce remaniement qui va dans le sens d’un gouvernement modéré, gradualiste, Gabriel Boric montre qu’il a entendu le message des urnes de dimanche », poursuit le politiste. Le gouvernement va devoir faire montre de ce tempo plus progressif sur ses prochains dossiers : la réforme des impôts et des retraites.

Le recentrage de l’exécutif, estime Jaime Baeza, « va générer une tension avec le Parti communiste, également membre de la coalition, même si, historiquement, il s’agit d’un parti discipliné » lorsqu’il rejoint une alliance. Une membre du PC, la ministre du travail, Jeannette Jara, intègre d’ailleurs le « comité politique », noyau dur du gouvernement. Bénéficiant d’une image positive, elle a orchestré le dialogue avec les partenaires sociaux sur la réduction du temps de travail hebdomadaire, de 45 heures à 40 heures, projet désormais au Congrès.

Mardi, le président a également promis de « ne pas laisser de côté les réformes structurelles sur lesquelles [il s’est engagé] auprès des Chiliens » pour plus de justice sociale. « Les processus de changement social sont toujours de longue haleine », a-t-il tenu à avertir, s’adressant davantage à sa base électorale, un quart des votants au premier tour de l’élection présidentielle en novembre 2021, plus impatiente de voir se concrétiser les réformes promises.

Lire aussi l’archive (avril) : Article réservé à nos abonnés Au Chili, le nouveau président de gauche annonce un plan de relance pour soutenir l’économie et un nouveau projet de retrait des fonds de pension
Pendant l’annonce du remaniement – qui concerne également les ministères de la santé, des sciences et de l’énergie –, des heurts ont éclaté non loin du palais présidentiel, entre la police et des étudiants qui réclamaient une nouvelle assemblée constituante. La poursuite du processus de réécriture de la Constitution et la définition de ses modalités sont actuellement au centre des discussions entre le gouvernement et l’opposition.



07 septembre, 2022

BONJOUR TRISTESSE

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AFFICHE DU FILM DU MÊME NOM

Adieu tristesse, / Bonjour tristesse.

Le titre de l'article aurait pu ressembler au vers Bonjour tristesse, du poème « À Peine Défigurée » de Paul Éluard, tant le rejet de la constitution qui promettait de clore définitivement les années sombres de la dictature d’Augusto Pinochet fut massif et brutal. Le processus avait pourtant été soutenu massivement par le peuple chilien et loué initialement pour son exemplarité.

«  Ne serait-il pas

Plus simple alors pour le gouvernement

De dissoudre le peuple

Et d'en élire un autre ? »  Bertolt Brecht.

 FLYER AMARILLOS POR CHILE

Après avoir perdu les deux dernières élections, la droite chilienne a préféré «changer son fusil d'épaule » en délégant la campagne aux Amarillos por Chile (les jaunes pour le Chili), un groupe de citoyens de centre et de centre gauche. Tel un joueur d'échecs, la droite a placé ses pions au centre de l'échiquier pour mieux contrôler les ailes. Dans ce but, elle s'est appuyée sur la «droite médiatique», sachant qu'au Chili comme ailleurs, l'oligarchie économique possède la plupart des médias. 

La propagande du pire, la désinformation, les fausses nouvelles et les demi-vérités qui pendant un an ont été activement relayées par cette «droite médiatique» ont eu raison du processus constituant.

À présent, c'est à nous de tirer les conséquences de l'échec et d’analyser les causes du rejet dans le référendum, afin d'essayer de comprendre de quoi le « rechazo» est-il le nom.

Le sentiment d’occasion perdue serait sans doute moins fort, si les électeurs avaient voté uniquement contre la constitution, et pas, comme ce fut le cas, pour faire entendre leur mécontentement face à la gestion de la crise du coronavirus, aux arrivées massives de migrants, à l'inflation mondiale ou encore au sentiment d’insécurité grandissant. 

Mais l'accélération de la vie politique chilienne en a décidé autrement. Pour reprendre l'initiative politique, le président Gabriel Boric s'est engagé dimanche à faire pression pour un nouveau processus constituant et a entamé immédiatement des pourparlers avec les présidents des Chambres des députés et du Sénat. Pour mieux affronter cette nouvelle étape politique, Boric a procédé mardi à un profond remaniement ministériel. 

« Tu es inscrite dans les lignes du plafond. / Tu es inscrite dans les yeux que j'aime »

Même si elle reste présente, la tristesse est tout aussi volatile :

« Tu n'es pas tout à fait la misère

Car les lèvres les plus pauvres te dénoncent

Par un sourire. »  Paul Éluard.

M.C.

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DESSIN LO COLE

CHILI : LA BANQUE CENTRALE AUGMENTE SON TAUX DIRECTEUR D'UN POINT

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PHOTO ЕВГЕНИЙ БОРДОВСКИЙ 

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LE FIGARO
La Banque centrale du Chili a annoncé mardi une hausse d'un point de son taux directeur, à 10,75% contre 9,75% auparavant, pour tenter de contenir la plus forte inflation qu'ait connue le pays en trois décennies.

Par Le Figaro avec l'AFP

CAPTURE D'ÉCRAN
Le conseil de la Banque centrale a expliqué sa décision par «l'inflation totale (qui) a continué à augmenter et s'est établie à 13,1% annuels en juillet, tandis que l'inflation sous-jacente s'est élevée à 10% annuels», selon un communiqué. La Banque centrale «restera spécialement attentive aux risques de hausse de l'inflation», a-t-elle averti.

Lire aussi : LE CHILI REVOIT FORTEMENT À LA HAUSSE SES ESTIMATIONS DE L'INFLATIO²N EN 2022 ; LE PIB DEVRAIT AUGMENTER DE 1,6 %.

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DESSIN LO COLE

05 septembre, 2022

LE PRÉSIDENT CHILIEN BORIC S'ENGAGE À POURSUIVRE LA RÉFORME DE LA CONSTITUTION

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PHOTO XIMENA NAVARRO

RÉCIT : Après que le Chili ait voté massivement contre une proposition de nouvelle constitution, qui aurait été l'une des chartes les plus progressistes du monde, le président Gabriel Boric s'est engagé dimanche à faire pression pour un nouveau processus constituant.

Zonebourse avec Reuters

DESSIN LAUZAN

près de 62 % des électeurs ont rejeté le nouveau texte lors du référendum de dimanche, avec plus de 99% des urnes dépouillées.

En comparaison, près de 80 % des Chiliens avaient voté en faveur de la rédaction d'une nouvelle constitution il y a deux ans.

M. Boric, dont le gouvernement de gauche est largement lié au nouveau texte, a déclaré que des changements de cabinet allaient intervenir et que son administration travaillerait à la rédaction d'une autre constitution.

Les partis de centre-gauche et de droite qui ont promu la campagne de rejet ont également accepté de négocier sur le nouveau texte.

"Je m'engage à faire tout mon possible pour construire, avec le Congrès et la société civile, un nouvel itinéraire constitutif qui nous fournira un texte qui, en tenant compte des leçons tirées du processus, parvient à interpréter les opinions d'une large majorité de citoyens."

La proposition rejetée a été rédigée en réponse aux protestations violentes généralisées qui ont saisi la nation à la fin de 2019.

Elle était axée sur les droits sociaux, l'environnement, la parité hommes-femmes et les droits des indigènes, un changement radical par rapport à sa constitution favorable au marché datant de la dictature d'Augusto Pinochet.

Mais les sondages ont montré que le soutien de l'opinion publique avait diminué au milieu des controverses entourant les personnes élues pour rédiger le document.

Près de 13 des 15 millions de Chiliens et de résidents qui avaient le droit de voter, ont voté dans plus de 3 000 centres de vote.

Le vote au référendum de dimanche était obligatoire.

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 R3CHAZO
SUR LE MÊME SUJET :

CHILI : SURMONTER L’ÉCHEC DE LA RÉFORME CONSTITUTIONNELLE

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ALEN LAUZAN
 

L’engagement pris par le président, Gabriel Boric, et la droite de poursuivre le processus après le rejet massif par référendum du projet de Constitution devra être l’occasion de lever les inquiétudes suscitées par un texte très ambitieux. 
Temps de Lecture 2 min.
    R3CHAZO

 
Le reflux est brutal. À une très forte majorité (près de 62 %), les Chiliens ont repoussé, le 4 septembre, un projet très ambitieux de réforme de la Constitution qui promettait de clore définitivement les années sombres de la dictature d’Augusto Pinochet. Enclenché en 2019 par un mouvement massif de protestation contre un « modèle chilien » néolibéral décomplexé à l’origine d’une fracture sociale devenue insupportable, le processus de réforme constitutionnelle avait pourtant été loué initialement pour son exemplarité.




Il avait été soutenu massivement par le peuple chilien, qui avait approuvé à près de 80 % son principe par référendum, en octobre 2020, avant de désigner une assemblée constituante élargie à bien d’autres forces sociales que celles représentées par les partis politiques traditionnels. Deux ans plus tard, la défaite du camp Apruebo, incarné par le jeune président, Gabriel Boric, élu triomphalement en décembre 2021 mais qui n’a pris ses fonctions qu’au mois de mars, est d’autant plus cinglante.

Sentiment d’occasion perdue

Il appartiendra aux défenseurs de ce projet de transformation profonde du Chili d’analyser les causes de leur échec dans un référendum sujet, hélas, comme pour celui qui a entraîné le départ du Royaume-Uni de l’Union européenne, à la propagande du pire et à la désinformation. Le sentiment d’occasion perdue serait sans doute moins grand si les électeurs avaient voté moins pour donner leur sentiment sur le projet de réforme que pour exprimer un mécontentement conjoncturel lié à la crise migratoire alimentée par l’arrivée de Vénézuéliens quittant un pays à la dérive, à une inflation mondiale ou encore au sentiment d’insécurité.


Mais la victoire du camp rechazo traduit plus certainement le rejet de progrès qui s’inscrivent pourtant dans le sens de l’histoire. Il s’agit de plus grands droits sociaux, de la parité, du droit des femmes à disposer de leur corps, d’une véritable reconnaissance des peuples autochtones et de droits qui alimentent les résistances, ou encore de celle de l’eau comme « bien commun » et non plus comme produit soumis à l’arbitraire d’un marché complètement dérégulé.

Parce que ces thèmes parcourent une bonne partie de l’Amérique du Sud, comme on l’a encore vu en Colombie, en juin, avec la défaite historique de la droite, l’échec du référendum du 4 septembre dépasse d’ailleurs les frontières du Chili. A la veille d’une élection présidentielle encore incertaine au Brésil, ce rejet constitue le premier revers majeur d’une gauche qui n’avait cessé jusqu’alors d’accumuler les succès à l’échelle du sous-continent.

Heureusement pour les Chiliens, leur vote sans appel ne marque pas pour autant la fin définitive du processus constitutionnel. La droite chilienne, qui a fait campagne contre le projet, avec le soutien d’une partie du centre gauche, s’est en effet engagée, comme Gabriel Boric, à remettre l’ouvrage sur le métier.

Cette nouvelle tentative devra être l’occasion de corriger les erreurs commises pendant la rédaction du projet de réforme, en partie liées à l’entrée en scène de novices de la politique, si souhaitable soit-elle. Elle pourra être également propice à lever les inquiétudes suscitées par un texte très ambitieux à l’aune d’un pays encore pétri de conservatisme, et à trouver les compromis capables de nourrir le consensus qui a fait défaut. Les Chiliens auraient beaucoup à perdre si l’espoir suscité par le premier référendum de 2020, puis par l’élection de Gabriel Boric, retombait aussi brusquement.