14 février, 2020

AU CHILI, LA RUE MOBILISÉE CONTRE LA RÉPRESSION POLICIÈRE

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PHOTO CLAUDIO REYES
Selon le rapport d’un institut public publié le 12 février, près de 10 000 personnes ont été détenues au Chili depuis le début du mouvement social, en octobre. 
PHOTO CLAUDIO REYES
Ce sont des chiffres d’autant plus inquiétants qu’ils émanent directement d’une agence autonome de l’État. Selon un rapport rendu public par l’Institut national des droits humains (INDH), 9 787 personnes, dont plus de 1 000 enfants et adolescents, ont été détenues au Chili depuis le début du mouvement de contestation sociale, né en octobre d’une hausse du coût des transports en commun. L’INDH a aussi révélé avoir enregistré des plaintes portant sur des cas de torture de personnes incarcérées. Des accusations qui corroborent celles d’organisations de défense des droits humains, comme Amnesty International ou Human Rights Watch.

Le recours massif à l’internement illustre la stratégie répressive adoptée par le président de droite Sebastian Piñera pour mater la mobilisation. «  Le gouvernement Piñera a joué la carte de la répression, dans la rue, dans les camions des carabiniers, dans les commissariats, voire pendant un temps dans les sous-sols des métros », dénonce Franck Gaudichaud, professeur des universités en histoire de l’Amérique latine à Toulouse. Qui insiste sur la situation spécifique des femmes, nombreuses à témoigner de viols ou d’agressions sexuelles de la part des forces de l’ordre. «  La violence sexuelle est au cœur de la répression, d’autant que le mouvement féministe est l’acteur central du mouvement populaire », indique-t-il.

En l’espace de quelques mois, au moins 30 personnes ont péri et plusieurs milliers ont été blessées, dont au moins 400 aux yeux. La répression policière s’est donc rapidement imposée comme un élément central des revendications des manifestants, avec la question sociale et la révision de la Constitution héritée du dictateur Augusto Pinochet (qui fera l’objet d’un référendum le 26 avril). La rue réclame désormais la mise en place d’une commission indépendante sur les violations des droits humains capable de faire la lumière sur les crimes commis et de poursuivre en justice les auteurs de violences.

Ces derniers jours, plusieurs événements ont alimenté la critique à l’égard des forces de répression. Le 29 janvier, la mort d’un supporter de football heurté par un véhicule de police à la sortie d’un stade a déclenché la colère populaire et des manifestations dans plusieurs villes du pays. Le 8 février, plusieurs milliers de protestataires se sont réunis sur la célèbre Plaza Italia pour dire leur opposition à la réintégration de Felipe Guevara, l’intendant métropolitain de Santiago, critiqué pour ses mesures de sécurité.

Pour l’heure, l’exécutif chilien ne semble pas avoir pris la mesure de la gravité de la situation. Il a annoncé un programme de formation en «  gestion de l’ordre public et dialogue avec les protestataires » destiné à 2 600 carabiniers. Qui pourront se réjouir, samedi 15 février, du passage d’une manifestation de soutien à la police dans les rues de Santiago du Chili.

06 février, 2020

LES VIOLATIONS DES DROITS HUMAINS DANS LE CADRE DES MOBILISATIONS AU CHILI SONT GÉNÉRALISÉES ET L’ÉTAT EST RESPONSABLE

  
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DES POLICIERS ATTAQUENT UN HOMME LORS D’UNE MANIFESTATION
CONTRE LE GOUVERNEMENT CHILIEN À SANTIAGO DU CHILI.
PHOTO GORAN TOMASEVIC / REUTERS/ 
Après sa visite au Chili du 6 au 11 novembre 2019 pour corroborer les allégations de graves violations des droits humains qui ont eu lieu dans le cadre des protestations et de la mobilisation sociale, la Mission Internationale d’Observation de la société civile [1] a publié son rapport final (disponible en espagnol). Ce rapport met en avant le caractère généralisé des violences et le fait qu’elles sont le produit d’une politique répressive de l’État chilien qui a découlé sur de graves violations du droit international des droits humains. Une enquête indépendante et exhaustive doit être conduite pour déterminer la commission éventuelle de crimes internationaux.
Le rapport signale que « les graves violations des droits humains qui ont eu lieu au Chili depuis octobre 2019, dans le contexte des protestations sociales, n’étaient pas des faits isolés, mais l’expression d’une violence d’État, enracinée dans les pratiques des forces de l’ordre et de sécurité. Ces pratiques ont pu être identifiées depuis de nombreuses années et à grande échelle sur l’ensemble du territoire dans le contexte des dernières mobilisations ». La répression de la protestation du peuple Mapuche en est l’un des exemples.

VÉNÉZUÉLA: L'OPPOSANT GUAIDO RENCONTRE TRUMP, UNE VISITE SURTOUT SYMBOLIQUE


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DESSIN ENEKO LAS HERAS
L’opposant vénézuélien Juan Guaido a été reçu ce mercredi à la Maison Blanche par Donald Trump. Il était l’un des invités spéciaux du président américain pour le discours sur l’état de l’Union, ce mardi. Pour celui qui se revendique président par intérim du Venezuela, cet accueil témoigne du succès de sa tournée internationale entamée il y a trois semaines. Mais pour Juan Guaido, le plus dur reste à faire.
DESSIN ENEKO LAS HERAS
Symobliquement, cette tournée internationale est un grand succès. Juan Guaido a montré qu’il avait toujours le soutien indéfectible de la cinquantaine de pays qui l’a reconnu comme président par intérim en 2019. Il a rencontré plusieurs chefs d’États, Emmanuel Macron, Boris Johnson, Justin Trudeau. Il s’est exprimé au forum économique mondial de Davos le mois dernier, et partout il a été accueilli en véritable président du Vénézuéla.
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05 février, 2020

CHILI. LA VISITE DE LA CIDH EST UNE OCCASION HISTORIQUE POUR LA DÉFENSE DES DROITS HUMAINS

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DES MANIFESTANTS AFFRONTENT LA POLICE ANTIÉMEUTE LORS
D’UNE MANIFESTATION CONTRE LE GOUVERNEMENT DU
PRÉSIDENT SEBASTIÁN PIÑERA, VENDREDI À SANTIAGO DU CHILI.
PHOTO 
MARTÍN BERNETTI, AFP
La visite in loco de la Commission interaméricaine des droits de l’homme (CIDH) est essentielle pour la protection et la garantie des droits humains au Chili, a déclaré Amnesty International le 30 janvier, en réaction aux récentes déclarations des autorités de l’État appelant la CIDH à ne pas s’impliquer dans les affaires intérieures du pays.
LOGO AMNESTY INTERNATIONAL
« Plus de 40 ans après la dernière visite in loco au Chili de la Commission interaméricaine des droits de l’homme, les autorités doivent non seulement coopérer pleinement en vue de lui permettre de mener à bien son travail sans ingérence injustifiée, mais elles doivent également veiller à ce que ses recommandations soient prises en considération sérieusement pour remédier à la situation dans le pays. Le gouvernement du président Sebastián Piñera doit respecter ses engagements internationaux en matière de droits humains », a déclaré Erika Guevara Rosas, directrice du programme Amériques à Amnesty International.

« La crise des droits humains au Chili met en lumière l’importance d’autoriser une surveillance internationale. La visite de la CIDH est une occasion historique pour la protection des droits humains dans le pays et est essentielle pour garantir le droit des victimes d’atteintes aux droits humains à la vérité, à la justice, aux réparations et aux garanties de non-répétition. »

Une visite in loco est la visite officielle la plus importante que la CIDH (représentée par ses sept commissaires, des rapporteurs/rapporteuses spéciaux/spéciales et son secrétariat international) peut organiser dans un État membre de l’Organisation des États américains en vue d’analyser en détail la situation des droits humains sur le territoire. Cette visite est organisée sur invitation de l’État. La dernière visite de ce type au Chili remonte à 1974. La grave crise des droits humains qui secoue le pays et l’absence de réponse aux demandes de la société chilienne en matière de droits humains ont rendu cette nouvelle mission urgente.

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04 février, 2020

BOLIVIE : LES PETITS TÉLÉGRAPHISTES DU COUP D’ÉTAT QUI N’EXISTE PAS

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PHOTO DANIEL JAYO / KEYSTONE / AP
BOLIVIE : LES PETITS TÉLÉGRAPHISTES DU COUP D’ÉTAT QUI N’EXISTE PAS 
Dans leur malheur, il y a quelques décennies, les Chiliens ont eu la chance (même si on peut la considérer très relative) de ne pas voir leur tragédie défigurée. Au lendemain du 11 septembre 1973 et du renversement du socialiste Salvador Allende par le général Augusto Pinochet, aucun média digne de ce nom n’aurait osé nier qu’il y ait eu un « Coup d’État à Santiago ». Autres temps, autre type de « golpe » (dans la mesure du possible moins sanglant), autres « professionnels » de l’information. Le 15 novembre 2019, après que le chef de l’État en exercice, arrivé en tête du premier tour de l’élection présidentielle, ait été contraint à abandonner le pouvoir sous la pression de la police et de l’armée, le quotidien Le Monde transformait la victime en responsable et se fendait d’un éditorial singulier : « Bolivie : les erreurs d’Evo Morales ». Et il ne fut pas le seul. En syntonie parfaite avec ceux de ses confrères qui, sur place – Pagina Siete, El Deber, La Razón, Unitel, Red Uno, Bolivisión, etc. –, ont accompagné et soutenu la défenestration du candidat du Mouvement vers le socialisme (MAS) en l’accusant de « fraudes » lors des élections du 20 octobre, la « commentocrature » hexagonale a elle aussi exécuté l’ex-chef de l’État.
Par Maurice Lemoine
6Temps de Lecture 74 min.
 ANTHONY BELLANGER
PHOTO CHRISTOPHE ABRAMOWITZ
Infaillible, s’exprimant ex catedra du haut de son nombril, l’inévitable « public-privé » Anthony Bellanger (selon les jours sur France Info, France Inter, France Culture ou BFM TV), se gausse, dès le 23 octobre (sur France Inter) du décompte électoral qui, « miraculeusement », a permis au chef de l’État en exercice d’être réélu. Deux jours plus tard, relayant Washington, Bruxelles et les capitales latino-américaines les plus inféodées à Donald Trump, France Info titre : « Evo Morales réélu dès le premier tour, la communauté internationale hausse le ton ». Dans sa revue de presse, Camille Magnard, ce même 25, sur France Culture, s’intéresse comme nous au traitement médiatique de la crise et, après avoir cité sans aucune réserve le Washington Post (États-Unis), Los Tiempos et El Deber (Bolivie), La Jornada (Mexique), Deutsche Welle (Allemagne), neutres par définition, s’inquiète de « la couverture très abondante mais pas forcément très impartiale, que fait la chaîne d’État vénézuélienne TeleSur de cette présidentielle en Bolivie... Après tout, débusquer des complots impérialistes dirigés depuis Washington, à Caracas, ça fait longtemps que c’est devenu une spécialité. »
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02 février, 2020

POURQUOI LE CHILI CONNAÎT-IL UNE NOUVELLE FLAMBÉE DE VIOLENCE?

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PHOTO REUTERS
Quatre morts en trois jours, des magasins pillés, des commissariats attaqués… Cette semaine, le Chili, secoué par une crise sociale historique depuis octobre, a renoué avec la violence. 
Le début de l'année avait pourtant été synonyme d'accalmie après des semaines d'insurrection qui avaient fait plus de 25 morts. Si elles ne sont pas directement liées au mouvement de l'automne, les émeutes des derniers jours sont la manifestation des fortes tensions qui traversent une société très fragilisée. Cette fois, ce n'est pas l'augmentation du ticket de métro qui a enflammé Santiago et les autres grandes villes du pays, mais la mort mardi d'un fan de football, heurté par un camion de la police à l'extérieur d'un stade.

01 février, 2020

CHILI: UN JEUNE ABATTU, QUATRIÈME MORT EN TROIS JOURS DE VIOLENCES

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PHOTO MARTIN BERNETTI / AFP
Un jeune homme est mort vendredi après avoir été touché d'une balle dans la tête, portant à quatre le bilan des décès au Chili en trois jours de troubles violents, conséquences de la grave crise sociale que traverse le pays.
PHOTO MARTIN BERNETTI / AFP
L'étudiant âgé de 24 ans est décédé des suites de ses blessures, deux jours après avoir été hospitalisé dans un état grave, a-t-on indiqué de source hospitalière.

31 janvier, 2020

ALLÉGATIONS DE VIOLATIONS GRAVES ET RÉPÉTÉES DES DROITS DE L’HOMME AU CHILI

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 « UN CAS EXCEPTIONNEL, INACCEPTABLE ET INTOLÉRABLE»
DESSIN ALEN LAUZAN 
Santiago du Chili, 31 janvier (Prensa Latina) De graves et répétées violations des droits de l’Homme ont été dénoncées par le Service de défense juridique de l’Université du Chili dans un rapport sur l’assistance, le suivi et l’observation de la question au cours des derniers mois.
Le texte de 218 pages présenté la veille dans cette capitale aborde le problème sous ses aspects qualitatif et quantitatif en dénonçant la gravité des violations et en rendant compte de leur ampleur au niveau de la société.
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30 janvier, 2020

CHILI: NOUVELLE FLAMBÉE DE VIOLENCES MEURTRIÈRES

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 PHOTO REUTERS / RODRIGO GARRIDO
« La journée la plus violente depuis le début de l'année 2020 », d'après la police. Près de trois mois et demi après le début d'un mouvement social historique au Chili en octobre, Santiago a connu mercredi soir une nuit de violences. Un manifestant est décédé au cours de ces débordements, et plusieurs policiers ont été blessés. Un regain de colère dû à la mort d'un supporter de foot mardi soir, écrasé par un camion de police à sa sortie du stade.
Par Justine Fontaine
« SPORT NATIONAL »
DESSIN ALEN LAUZAN 
Jorge Mora venait de sortir du match entre Colo Colo, son club favori, et une autre équipe de la capitale, mardi soir, quand il a été violemment percuté par un camion de police, qui ne s'est pas arrêté ensuite. Des supporters et des manifestants ont tenté de lui porter secours, malgré les canons à eau et les gaz lacrymogènes tirés par la police. Mais l'homme de 37 ans est mort avant d'arriver à l'hôpital.
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« VIOLENCE EST QUE L’ÉTAT T’ENLÈVE LES YEUX »
GRAFFITI À SANTIAGO DU CHILI
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PROCHE-ORIENT. LE LÂCHE ABANDON DU PEUPLE PALESTINIEN

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 «DEAL DU SIÈCLE»
Le plan présenté par Donald Trump donne le feu vert à Israël pour l’annexion d’une grande partie de la Cisjordanie et de la vallée du Jourdain. Le monde entier se tait.
[ Israël-Palestine Censé résoudre l’éternel conflit israélo-palestinien, ce plan fait l’objet de scepticisme de la part de nombreux observateurs. Mais surtout, pour ces mêmes observateurs, le timing de ce dévoilement s’imbrique stratégiquement dans l’agenda politique et judiciaire de Benjamin Netanyahou et de Donald Trump.  En effet, quoi de mieux que la présentation d’un plan de paix qui se veut capable de résoudre un des plus vieux conflits toujours en cours pour faire oublier ses déboires politiques et judiciaires à l’échelle nationale?   
​C’est d’ailleurs l’analyse que fait l’ancien ambassadeur des États-Unis en Israël: «Le fait que le dévoilement de ce plan ait lieu au moment des discussions sur l’immunité de Netanyahou au Knesset et du procès pour destituer Donald Trump n’est pas une coïncidence», explique Dan Shapiro au micro d’Army Radio. Sputnik ]
PHOTO AMMAR AWAD / REUTERS
C’est ce qui est appelé une répartition des rôles. Main dans la main, tels des marionnettistes, Donald Trump et Benyamin Netanyahou se sont partagé les effets d’annonce pour un « deal » qui se veut historique. De quoi contenter d’abord l’actuel locataire de la Maison-Blanche, marchand de biens de son état, pour qui le troc est une façon de faire de la politique. Devant un parterre choisi d’aficionados – des élus républicains, des représentants de l’aile droite de la communauté juive mais également des ambassadeurs de certains pays arabes –, Trump a dressé le cadre de ce qu’il a appelé son « plan de paix ». Il a pris bien soin de ne pas entrer dans les détails, mais les références bibliques à la Terre sainte laissaient peu de place à d’improbables interprétations.
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DESSIN LANGER

28 janvier, 2020

PUISSANT SÉISME DE 7,7 ENTRE CUBA ET LA JAMAÏQUE


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M 7.7 - 125 KM NORD-NORD-OUEST
  DE LUCEA, JAMAICA
Le tremblement de terre a été ressenti à La Havane, où des bâtiments ont dû être évacués. L'alerte au tsunami a été levée.
LE TREMBLEMENT DE TERRE A ÉTÉ RESSENTI DANS LA MAJEURE
PARTIE DE LA JAMAÏQUE, ONT RAPPORTÉ DES MÉDIAS LOCAUX.
IL A AUSSI ÉTÉ RESSENTI À LA HAVANE (EN PHOTO) ET DANS
PLUSIEURS PROVINCES DE L’ÎLE DE CUBA.
PHOTO ADALBERTO ROQUE / AFP) - AFP
Un séisme de magnitude 7,7 a ébranlé ce mardi 
les Caraïbes entre Cuba et la Jamaïque, déclenchant une alerte au tsunami dans la région et faisant évacuer des bâtiments jusqu'à Miami. L'alerte a toutefois été levée dans le soirée par le Centre d'alerte des tsunamis.

CAPTURE D"ÉCRAN CENAIS CUBA
L'épicentre du tremblement de terre a été localisé en mer, au sud de Cuba et au nord-ouest de la Jamaïque, à une profondeur estimée à 10 kilomètres, selon l'Institut américain de géophysique (USGS), qui a révisé à la hausse une première estimation de magnitude 7,3.

Le tremblement de terre a été ressenti dans la majeure partie de la Jamaïque. «J'étais au deuxième étage d'un immeuble, il a tremblé pendant un moment», a dit par SMS le docteur Machel Emanuel, depuis Kingston. «J'ai eu le vertige. La porte n'arrêtait pas de claquer». Selon Jawara Rawjers, un autre habitant de Kingston, la terre a tremblé une vingtaine de secondes. «Je n'ai pas eu peur car c'était un petit séisme, j'ai été surpris par la magnitude», a-t-il dit.

À La Havane, à Cuba, des milliers de gens se sont retrouvés dans la rue après des évacuations d'immeubles. «Le séisme a été perceptible dans de nombreuses provinces, comme Guantanamo, Santiago de Cuba, Holguin, Las Tunas, Cienfuegos, La Havane, Pinar del Rio et la municipalité Isla de la Juventud, selon de nombreux témoins via les réseaux sociaux», a indiqué le portail officiel d'informations Cubadebate, sans faire état de dégâts dans l'immédiat.

Risque atténué


Le Centre d'alerte des tsunamis dans le Pacifique, qui surveille également d'autres mers, a émis dans la foulée une alerte au tsunami, avec des vagues pouvant atteindre 30 cm à 1 mètre, sur les côtes du Belize, de Cuba, du Honduras, du Mexique, des Îles Caïmans et de Jamaïque. «Des vagues de tsunami dangereuses sont possibles sur les côtes situées dans un rayon de 300 kilomètres de l'épicentre du tremblement de terre», a-t-il indiqué dans un bulletin.

La secousse tellurique a produit un mouvement oblique sur la faille, ce qui atténue le risque de tsunami, a toutefois estimé l'experte Lucy Jones sur son compte Twitter. L'épicentre du séisme est à 140 km au sud-ouest de la ville cubaine de Niquero.

À Miami, dans le sud-est des États-Unis, la police a évacué plusieurs bâtiments par précaution, mais aucun dégât n'était rapporté dans l'immédiat. «Aucun blessé rapporté», a tweeté la police de la métropole de Floride.

27 janvier, 2020

L´ACCUSATION CONTRE LE PRÉSIDENT DU CHILI PROGRESSE

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DESSIN VINCENT RIF
Santiago du Chili, 27 janvier (Prensa Latina) Une vingtaine d’autorités sont appelées à témoigner, et les enquêtes relatives à une nouvelle accusation contre le président Sebastián Piñera pour crimes contre l’humanité progressent.
« FAIBLE AUDIENCE »
DESSIN ALEN LAUZAN
PIÑERAGATE
Prensa Latina
La plainte a été déposée le 16 décembre dernier devant le septième tribunal de garantie de Santiago par le sénateur Alejandro Navarro, du Parti progressiste (PRO), et concerne également l’ancien ministre de l’Intérieur Andrés Chadwick, le titulaire actuel de ce portefeuille, Gonzalo Blumel et le chef des carabiniers, le général Mario Rozas.
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26 janvier, 2020

AU CHILI, EN 1973, L’AMBASSADE DE FRANCE EN PREMIÈRE LIGNE FACE AU COUP D’ÉTAT

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PHOTO HO/ PRENSA LATINA /AFP
Avec son documentaire diffusé sur France 5, la cinéaste franco-chilienne Carmen Castillo fait revivre le coup d’Etat du général Pinochet à travers les yeux du personnel diplomatique français en poste à l’époque à Santiago.
Les dramatiques événements survenus en septembre 1973 dans les rues de Santiago du Chili lors de la prise du pouvoir par l’armée ont donné lieu à de nombreux reportages, fictions et documentaires. Le palais de la Moneda bombardé, le président Allende casqué, prêt à mourir, les derniers appels à l’aide grésillant à la radio pendant que les coups de feu retentissent et que les avions de chasse survolent la capitale chilienne, tous ces éléments forment une dramaturgie propice à la mise en images.

Invitée d’honneur du Festival international de documentaires (Fipadoc), qui s’est tenu à Biarritz du 21 au 26 janvier, la cinéaste Carmen Castillo, qui a fui son Chili natal lorsque Augusto Pinochet a pris le pouvoir, ne cesse de livrer des œuvres remarquées sur cette période. Avec ce documentaire centré sur l’action des diplomates français en poste à Santiago à l’époque des faits, Carmen Castillo choisit un angle passionnant. Car, à travers les faits et gestes des personnels diplomatiques français, menés par l’ambassadeur Pierre de Menthon et son épouse Françoise, se pose une question fondamentale : un diplomate peut-il sortir de sa réserve et désobéir à sa hiérarchie lorsqu’il s’agit de sauver des êtres humains ? La réponse apportée, entre septembre 1973 et avril 1974, par le couple de Menthon et leurs collaborateurs montre que oui.

Atmosphère angoissante


En accueillant dans l’enceinte de l’ambassade et celle de sa propre résidence des centaines de militants fuyant la torture et la mort, en transformant ces espaces officiels en dortoirs et cantines de fortune, Pierre et Françoise de Menthon ont pris de vrais risques : par rapport à la junte chilienne, mais aussi par rapport au pouvoir politique français. Car à l’époque, en France, alors que l’Union de la gauche entre PS, PC et Radicaux prend forme, ni le président Pompidou ni Pierre Messmer, son premier ministre, ne tiennent en haute estime – c’est une litote – Salvador Allende. En résumé, la France n’est pas pour le coup d’Etat militaire mais s’il a eu lieu, c’est la faute de ce dangereux gauchiste d’Allende…

Entre souvenirs de réfugiés, archives d’époque, témoignages d’anciens diplomates et extraits des Mémoires du couple De Menthon, le documentaire parvient à capter l’atmosphère angoissante régnant à Santiago. Sitôt sorti des enceintes diplomatiques protégées, on peut, au petit matin, voir des cadavres flotter dans les eaux troubles du Mapocho. La nuit, des coups de feu sont tirés près de l’ambassade et les militants réfugiés sont terrorisés. Consignant tous les éléments d’une vie quotidienne sortant tout à coup de l’ordinaire, Françoise de Menthon raconte avec talent et émotion les relations qui se nouent, les peurs, l’espoir d’obtenir enfin le sauf-conduit qui permettra de sortir de ce refuge de fortune pour s’envoler vers Paris.

Lire aussi la critique du documentaire « Santiago, Italia » : L’exaltation d’une tradition d’accueil et de solidarité
Environ 600 militants opposés au pouvoir militaire seront sauvés par les diplomates français. Obligés eux aussi de vivre entre deux espaces-temps, les personnels jonglent entre aide humanitaire dans leurs locaux et démarches diplomatiques ordinaires à l’extérieur. Il faut maintenir de bonnes relations avec la junte afin d’obtenir les précieux sauf-conduits, dont les premiers ne seront délivrés qu’en décembre 1973. Dans les réceptions, les diplomates français côtoient des citoyens chiliens ravis de s’être débarrassés du péril communiste. « Je ne peux plus supporter ces réceptions ! », écrit Françoise de Menthon. Jusqu’en avril 1974, date de leur départ du Chili, le couple prendra soin des derniers militants réfugiés à l’ambassade.

Chili 1973 : une ambassade face au coup d’Etat, de Carmen Castillo (Fr., 2019, 60 min). www.lesfilmsdici.fr/fr/en-production/5192-chili-1973-une-ambassade-face-au-coup-detat.html

Alain Constant