20 mars, 2021

UNE PROPOSITION ÉNERGIQUE POUR GUÉRIR «L'ÂME DU CHILI»

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  PHOTO AFP

Au terme d'un dialogue qui a duré trois mois, plus de 60 experts catholiques de diverses disciplines ont présenté une liste de défis nationaux pour faire face à la profonde crise sociale qui secoue ce pays d'Amérique du Sud depuis un an et demi.

par Felipe Herrera-Espaliat – Vatican News

Mme MARÍA SOLEDAD HERRERA

Les images des mobilisations ont fait le tour du monde depuis l'explosion sociale du 18 octobre 2019. Il y a eu des manifestations pacifiques, mais aussi d'innombrables autres qui ont suscité des niveaux élevés de violence et de criminalité, entraîné la destruction de bâtiments publics, d'églises, de locaux commerciaux, mais surtout de la coexistence entre les Chiliens. Ainsi, la nation sud-américaine qui se présentait comme un exemple de développement dans le monde a montré ses lacunes, ses injustices et les failles qui blessent «l'âme du Chili», une expression chère au cardinal Raúl Silva Henríquez, qui fut pendant plus de 20 ans archevêque de Santiago.

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« N'AYEZ PAS PEUR » 

Il s'agit de la crise la plus profonde qu'ait connue le pays au cours des quarante dernières années, et elle a révélé la lassitude d'une société qui, parallèlement à une croissance économique soutenue et à une réduction considérable de la pauvreté, a connu un processus de ségrégation qui a fait que les plus grands bénéfices n'ont atteint qu'une élite. La décomposition croissante du tissu social a conduit à une crise politique qui a trouvé sa première issue dans la rédaction d'une nouvelle Constitution, dont l'assemblée de rédaction sera élue le week-end des 10 et 11 avril prochains.

Une approche pluridisciplinaire pour réparer le tissu social

Mais au milieu de ce climat marqué par la polarisation idéologique et la violence verbale qui se reflète dans les réseaux numériques et dans les médias, en juillet 2020 a émergé l'instance "Notre table: Dialogues pour le Chili", promue par la Fondation "Voces Católicas" et la pastorale de l'Université Catholique Pontificale du Chili. L'idée était de réunir des experts de différentes disciplines qui, à partir de leurs domaines de compétence et de leur foi catholique, feraient une lecture sereine de cette situation agitée, et, sur cette base, proposeraient des lignes d'action pour surmonter la crise et promouvoir la construction d'une société plus humaine et plus fraternelle. Ainsi, neuf groupes de travail ont été créés, qui pendant trois mois ont traité, entre autres, du rôle de l'État, de la vie économique et sociale, des droits de l'homme, de la famille, de la santé et de l'environnement.

«La dignité humaine, l'égalité, la pauvreté, l'inclusion, l'éducation, les femmes, sont des questions urgentes qui faisaient partie de l'enseignement du Christ il y a deux mille ans et qui continuent à nous interpeller aujourd'hui», a expliqué María Soledad Herrera, présidente de Catholic Voices, lors du récent lancement du livre qui rassemble les fruits de cette initiative. Il s'agit d'un volume en format numérique intitulé Dialogues pour le Chili : 60 défis pour une coexistence nationale renouvelée.

Sur les traces de Fratelli tutti

Illuminé par des passages de la Doctrine Sociale de l'Église, le document offre des réflexions et des propositions concrètes pour le processus d'élaboration de la nouvelle Constitution, mais il invite également l'engagement de tous les citoyens et avec des défis il les stimule à rêver d'un nouveau Chili. «Au cours de cette année, nous avons constaté une grande capacité de dialogue. Beaucoup de gens veulent parler, ils ont aussi toutes les préoccupations, toutes les douleurs, mais nous nous sommes rendu compte que le Chili a un grand désir que cela fonctionne. C'est une occasion unique, c'est une invitation», a déclaré Alfredo Zamudio, directeur du Centre Nansen pour la paix et le dialogue, lors de la présentation du livre.

Tout au long de ses 150 pages, le texte cite de manière récurrente les encycliques Fratelli tutti et Laudato si' du Pape François, faisant écho à son appel permanent à promouvoir une culture de la rencontre fondée sur la fraternité, avec une attention particulière pour ceux qui ont été marginalisés du développement humain intégral et qui vivent dans les périphéries. Il rappelle également plusieurs des discours que le Saint-Père a adressés à la société chilienne lors de sa visite historique dans le pays, entre le 15 et le 18 janvier 2018.

19 mars, 2021

CHILI: LA STATUE DU GÉNÉRAL BAQUEDANO, SYMBOLE DES DIVISIONS POLITIQUES

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PHOTO JAVIER TORRES
Une statue est devenue le symbole des divisions politiques qui traversent la société, celle du général Manuel Baquedano. Ce chef militaire s'est illustré au XIXème siècle lors de la conquête du nord du pays, mais aussi de la répression des indigènes mapuche dans le sud.

par Justine Fontaine  

« SI SEULEMENT NOS YEUX
 AVAIENT ÉTÉ AINSI PROTÉGÉS  »

DESSIN NATI.PAJARITO

La statue du général Manuel Baquedano, en plein centre de la capitale chilienne, a été vandalisée à de nombreuses reprises depuis le début du grand mouvement contre les inégalités sociales, fin 2019. La semaine dernière, elle a fini par être retirée de l'espace public par les autorités. En plein couvre-feu et au son des trompettes jouées par une rangée de militaires en uniforme, le monument peint en noir a été soulevé par une grue et envoyé dans un convoi spécial pour être bientôt restauré.

Le général et son cheval en ont vu de toutes les couleurs depuis un an et demi. Ils se trouvaient en plein milieu de la place où se réunissent le plus souvent les manifestants à Santiago. Ils étaient jusqu'à 1,5 million autour de cette statue au plus fort du mouvement social contre les inégalités, et pour demander une nouvelle Constitution.

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« N'AYEZ PAS PEUR » 

La statue a été peinte entièrement en rouge pour symboliser la répression des manifestants par les forces de l'ordre. À chaque manifestation, elle est couverte de graffitis politiques et contre le gouvernement de droite au pouvoir. Certains ont même tenté de la faire tomber et d'y mettre le feu. En réaction, les autorités ont fait repeindre mille et une fois le général et son cheval, et le monument est surveillé jour et nuit par plusieurs patrouilles de police.

Nouvelle Constitution, nouveau Chili 

Certains se réjouissent du retrait de la statue, d'autres y voient une grave défaite symbolique. La droite au pouvoir et les conservateurs considèrent qu'il s'agit de la preuve que la police n'a pas su maintenir l'ordre public et protéger la statue, qu'ils voient comme un symbole national important. Avant qu'elle soit déplacée, des militaires nostalgiques de la dictature de Pinochet se sont même réunis devant la statue pour rendre hommage au général Baquedano. Un peu plus tôt, le ministre de la Défense y avait déposé une gerbe de fleurs.

Mais pour les partisans du mouvement social, ce général est un symbole des violences contre les peuples indigènes. Depuis plusieurs mois, ils veulent réfléchir ensemble à ce qui pourrait remplacer cette statue, au milieu de cette place qu'ils ont rebaptisée « Place de la Dignité ». Ces manifestants veulent un symbole qui représente le Chili d'aujourd'hui, car cette année, le pays va commencer à rédiger une nouvelle Constitution.

Dans la droite ligne du mouvement social, un référendum a été organisé en octobre dernier. Près de 80 % des électeurs ont voté pour rédiger une nouvelle Constitution afin de remplacer le texte actuel, hérité de la dictature du général Augusto Pinochet. L'élection de l'Assemblée constituante est prévue les 10 et 11 avril.

Pour certains, le socle vide de la statue au milieu de cette place est devenu un symbole du processus constituant qui commence, et qui va définir les contours de la société dans laquelle les Chiliens souhaitent vivre. Le pays pourrait passer du modèle économique néolibéral imposé sous la dictature à un modèle toujours capitaliste, mais plus proche de la social-démocratie.

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PHOTO AGENCIA UNO


CHILI : LE PIB EN 2020 EN BAISSE DE 5,8% SELON LA BANQUE CENTRALE

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PHOTO  MARCELO SEGURA / AFP
Le Produit intérieur brut (PIB) du Chili s'est contracté de 5,8% en 2020 par rapport à l'année précédente, en raison des conséquences de la pandémie de coronavirus, a annoncé jeudi la Banque centrale.

Par Le Figaro avec l'AFP

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CAPTURE D'ÉCRAN

«Au cours de l'année 2020 l'activité économique s'est réduite de 5,8%, un résultat qui s'explique par l'urgence sanitaire associée au Covid-19 qui a touché la mobilité des personnes et le fonctionnement normal des établissements productifs», a indiqué la Banque centrale. Les marchés avaient anticipé une baisse de 6%.

La pandémie de Covid-19 au Chili a principalement frappé l'économie aux deuxième et troisième trimestres, avec des baisses respectives de 14,2% et 9% du PIB par rapport aux mêmes périodes en 2019.

«En 2020, les seules activités qui ont été en croissance ont été l'administration publique, les mines, les services financiers, de communication et d'information. Le reste des activités a connu un recul, en grande partie en raison de l'impact de la crise sanitaire», a souligné la Banque centrale.

Les activités les plus touchées ont été les services, le transport, l'hôtellerie et la restauration, ainsi que le bâtiment. Le recul de 2020 est le plus important depuis 1982, en pleine dictature d'Augusto Pinochet (1973-1990), lorsque le PIB avait plongé de 14,3%.

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PHOTO MARIO TÉLLEZ 
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17 mars, 2021

PODEMOS. PASSAGE DE TÉMOIN DANS LA GAUCHE ESPAGNOLE

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PABLO IGLESIAS, LEADER DE PODEMOS
PHOTO LE NOUVEL ÉCONOMISTE 
Pablo Iglesias, leader de Podemos, quitte le gouvernement pour briguer la présidence de la région de Madrid. Yolanda Diaz, ministre communiste du Travail, pourrait conduire la gauche de transformation aux élections générales de 2023.

par Gaël De Santis

Le fondateur de Podemos fait un pas de côté pour sauver sa formation. Pablo Iglesias a annoncé, lundi, qu’il quitterait le mois prochain le gouvernement du socialiste Pedro Sanchez, dont il est le vice-président, pour se présenter aux élections anticipées de la communauté de Madrid, présidée jusqu’alors par Isabel Diaz Ayuso (Parti populaire, PP), tenante d’une droite dure. Pour Iglesias, il s’agit de remettre à flot Podemos dans la région capitale, là où ce parti a été créé, et qui connaît aujourd’hui de grandes difficultés.

Lors du scrutin régional de 2019, son partenaire, cofondateur et idéologue de l’organisation, Iñigo Errejon, ainsi que l’ex-maire de Madrid Manuela Carmena avaient fait dissidence en fondant Mas Madrid. Ils avaient obtenu 14,65 % des suffrages sur une stratégie purement populiste « ni droite ni gauche », qui contestait l’alliance consolidée trois ans plus tôt entre Podemos et les écolo-communistes d’Izquierda Unida. Lors de ce même scrutin régional, cette alliance n’avait totalisé que 5,56 % des suffrages. Elle risquait de passer sous la barre fatidique des 5 %, le 4 mai prochain. Membre de l’exécutif de Pedro Sanchez depuis janvier 2020, Unidas Podemos (UP) a enregistré, malgré de réelles avancées sociales, des déconvenues au niveau local. En juillet 2020, la coalition est sortie de l’Assemblée de Galice, UP n’ayant pas franchi le seuil des 5 % ; au Pays basque, elle n’a obtenu 8,05 % des suffrages, enregistrant une baisse de 6,82 points de moins que quatre ans plus tôt.

La campagne s’annonce très tendue

La bataille de Madrid sera dure pour Pablo Iglesias. Dans un contexte de gauche divisée, il a proposé des primaires à son ancien ami Errejon, qui a refusé malgré le danger de voir s’installer dans la région capitale une droite alliée à l’extrême droite. La campagne s’annonce très tendue. La présidente sortante, Isabel Diaz Ayuso, qui a convoqué des élections anticipées à la suite de dissensions dans sa majorité, a présenté la démission d’Iglesias comme « sa » victoire et donné le ton de sa campagne en dévoilant son slogan, « Le communisme ou la liberté » ! Quelques heures plus tôt, avant que la candidature d’Iglesias ne soit connue, elle fanfaronnait : « Quand on t’appelle fasciste, tu sais que tu fais les choses bien. » En cas de victoire, ce membre du Parti populaire, qui dirige déjà avec l’appui extérieur de Vox, pourrait inviter cette formation d’extrême droite, nostalgique du franquisme, à participer à l’exécutif régio­nal. Ce serait un coup de tonerre politique.

La démission d’Iglesias a, certes, valeur d’opération de sauvetage, mais elle s’inscrit dans une démarche de réorganisation de la gauche. Toujours à la tête de Podemos, le professeur de sciences politiques devrait retrouver une totale liberté de parole qui a pu lui manquer ces derniers mois. En janvier, il avait qualifié d’« exilés politiques » les dirigeants catalans qui ont quitté l’Espagne après avoir organisé un référendum illégal d’indépendance ; en août 2020, il avait critiqué le départ aux Émirats arabes unis de l’ancien roi, poursuivi pour corruption. Ses déclarations avaient alors jeté un froid au sein de la principale formation de la majorité, le Parti socialiste ouvrier espagnol.

Coalition pour les législatives

PHOTO SUSANA VERA
Le pas de côté d’Iglesias est également un passage de témoin. Il a proposé que Yolanda Diaz lui succède au poste de vice-président. Ministre du Travail et fille du syndicaliste galicien Suso Diaz, elle n’est pas membre de Podemos, mais du Parti communiste d’Espagne. Elle est l’une des plus grandes figures du gouvernement, en première ligne ces derniers mois face aux conséquences économiques de la crise sanitaire. Ainsi, la semaine dernière, elle a été l’artisane d’un accord pour modifier le Code du travail afin d’intégrer les travailleurs des plateformes Internet (livreurs à vélo, autoentrepreneurs…) au statut de salarié. « Cette dernière année, j’ai mis tous mes efforts dans la protection de l’emploi et des travailleurs. À ce travail, toujours de pair avec le dialogue social, s’unit maintenant le défi de la vice-présidence. Ce sera un honneur de continuer de travailler dans ce gouvernement et avec (le premier ministre socialiste) Pedro Sanchez », a-t-elle réagi. C’est elle qui pourrait également conduire la coalition de transformation sociale Unidas Podemos aux prochaines législatives, programmées en 2023, et ouvrir ainsi une nouvelle page de l’histoire de la gauche espagnole. 

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16 mars, 2021

LE MINISTÈRE PUBLIC BOLIVIEN GARANTIT LES DROITS DES PUTSCHISTES FAISANT L’OBJET D’UNE ENQUÊTE

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PHOTO LUIS GANDARILLAS / AFP
La Paz, 16 mars 2021. Le ministère public bolivien garantit le respect de la procédure et des droits des personnes faisant l’objet d’une enquête dans l’affaire dite du coup d’État, a assuré hier le procureur Pablo Gutiérrez.

Prensa Latina 

PHOTO JUAN KARITA / AP 

Dans le cadre de ses attributions et compétences, l’organisme a émis des citations à comparaître et des mandats d’arrêt contre [la putschiste] ex-mandataire Jeanine Áñez et des membres de son cabinet supposément impliqués dans la rupture constitutionnelle de fin 2019, explique l’autorité.

Le Bureau du Procureur de La Paz a instruit l’affaire en se fondant sur les dispositions de l’article 115 de la Constitution politique de la Bolivie et a toujours respecté les droits consacrés par le Code de procédure pénale et les normes internationales, précise Gutiérrez dans un communiqué.

PHOTO EPA

Il ajoute qu’après avoir émis les citations à comparaître, certains des sujets mentionnés se sont enfuis du pays, et que les mandats d’arrêt ont donc été délivrés afin d’éviter l’abandon du territoire par d’autres, d’assurer leur présence pendant l’enquête et empêcher qu’ils fassent obstacle au processus.

Cette procédure ne répond pas et n’est pas conforme à une persécution politique mais aux actes propres à une enquête menée suite à une plainte, précise à l’opinion publique le parquet.

Le ministère public est une institution qui travaille sur la base des principes d’objectivité, de légalité, de transparence et d’impartialité, conclut le communiqué.

Entre vendredi et l’aube de samedi dernier, Áñez et les anciens ministres Álvaro Coímbra (Justice) et Rodrigo Guzmán (Énergie) ont été arrêtés pour leur participation présumée aux actions contre l’exécutif d’Evo Morales.

La veille, une juge avait dicté à leur encontre une détention provisoire pendant quatre mois pour les délits présumés de terrorisme, de sédition et de conspiration.

Malgré l’enquête actuellement en cours et concernant également les 36 morts, plus de 800 blessés, persécutés et torturés en octobre et novembre 2019, des forces opposées à l’administration actuelle dirigée par Luis Arce adressent des plaintes ou des dénonciations de persécution aux institutions internationales et annoncent des mobilisations dans les rues.   

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DESSIN ELKOKO

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UNE VICTOIRE DE MARINE LE PEN EN 2022 INQUIÈTE LE PAPE FRANÇOIS

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PHOTO TIZIANA FABI / AFP

L’évêque de Rome a déclaré lors d’une rencontre avec des Français qu’un « bon gouvernement doit faire confiance aux citoyens », rapporte « L’Obs ».

Par LePoint.fr  

PHOTO PHILIPPE HUGUEN

La situation politique de la France inquiète le souverain pontife. Lundi 15 mars, alors qu'il recevait au Vatican Cyril Dion, de la Convention citoyenne pour le climat, l'entrepreneuse Eva Sadoun et le fondateur du mouvement Coexister Samuel Grzybowski, le pape François s'est prononcé sur la popularité du Rassemblement national et de sa possible victoire à l'élection présidentielle de 2022, rapporte L'Obs.

« Un ami m'a dit : “En France, si on continue comme ça, on aura Marine Le Pen présidente”. Je ne veux pas être désagréable ou dire à votre pays ce qu'il doit faire. Mais c'est inquiétant. […] Je suis inquiet de la montée des populismes. Mais l'antidote, c'est un mouvement populaire. Et écouter ce mouvement. Il faut opposer au populisme le “popularisme”. Un bon gouvernement doit faire confiance aux citoyens, il doit les écouter », a déclaré le chef des chrétiens. Il a aussi dénoncé les idéologies qui « enferment les peuples et limitent leur créativité spontanée ».

CAPTURE D'ÉCRAN

Une prise de position qui n'est pas passée inaperçue, et qui a provoqué une réaction de la part de la présidente du Rassemblement national. « Rendez à César ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu », a écrit Marine Le Pen, dans un message publié sur Twitter. « Je suis convaincue que de nombreux croyants seraient ravis que le pape s'occupe de ce qui se passe dans les églises plutôt que dans les urnes. Que chacun fasse ce pour quoi il est destiné », a-t-elle ajouté, renvoyant le pape à ses affaires spirituelles.

DESSIN PLANTU

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15 mars, 2021

EMMANUEL MACRON ET L’AMÉRIQUE LATINE : LA GRANDE RÉGRESSION

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Paris, 15 mars 2021. La Covid-19 ne pourra pas toujours être le prétexte du gouvernement français pour se défendre de multiples échecs et de certaines décisions prises, et cela vaut également pour le domaine diplomatique, à seulement 14 mois de l’élection présidentielle.
    PHOTO SLATE
Nous savons que le pays compte des diplomates mondialement reconnus pour leurs capacités d’analyse, d’anticipation et de résolution de crise, mais aussi pour leur humanisme.

Cependant, par ignorance ou désintéressement de l'Élysée, la voix de la France en Amérique Latine et dans les Caraïbes n’est pas à la hauteur des défis et des dangers, et n’est pas non plus une source d’espoir pour des milliers de femmes et d’hommes qui ont souffert pendant plusieurs années du poids des politiques néolibérales et de la violence exercée par des gouvernements néoconservateurs.

Il y a 40 ans, lorsque les dictateurs avaient les mains ensanglantées, les peuples d’Amérique Latine pouvaient compter sur une France solidaire, humaniste et consciente. C’était la France de Mitterrand.

Aujourd’hui, la stratégie d’Emmanuel Macron avec la région est inexistante, ce qui représente un réel recul quant à l’action diplomatique de son prédécesseur. De fait, avec près de 10 voyages présidentiels en Amérique Latine, François Hollande a placé cette région au centre de sa politique étrangère.

L’un des principaux points de son mandat a été la visite officielle à La Havane en tant que premier chef d’État européen à visiter l’île depuis des décennies. La France a été audible, proactive, présente.

Pendant plusieurs années, la situation en Amérique Latine s’est profondément détériorée. L’arrivée au pouvoir de gouvernements néoconservateurs a signifié, et dans certains cas signifie encore, un retour au point de départ après plusieurs années de progrès social.

Des Gouvernements comme ceux de Jair Bolsonaro (Brésil), Iván Duque (Colombie), Sebastián Piñera (Chili) ou Lenín Moreno (Équateur) imposent un libéralisme économique du XIXème siècle et prônent l’atomisation de l’État au détriment des plus vulnérables dans une région qui reste l’une des plus inégalitaires du monde.

ÉVOLUTION DE LA SITUATION POLITIQUE EN AMÉRIQUE LATINE

Heureusement, la situation politique change dans certains pays, notamment en Argentine et récemment en Bolivie avec les victoires d’Alberto Fernández et Luis Arce, respectivement.

Mais où était la France quand la crise sociale a éclaté au Chili, en octobre 2019, laissant une trentaine de morts et plus de trois mille cinq cents blessés, sans parler de la descente de chars militaires dans les rues de Santiago qui rappellent les heures sombres de 1973 ? Le pays compte encore plusieurs dizaines de prisonniers politiques.

Où était la France lors du coup d’État contre Evo Morales en Bolivie, qui a fait de nombreuses victimes mortelles et des dizaines de blessés ? Où est la France pour condamner les massacres répétés contre des leaders paysans et/ou écologistes en Colombie, au Brésil et en Amérique centrale ?

Où est la France pour exiger le respect de l’Accord de Paix de La Havane entre l’État colombien et l’ex-guérilla des FARC-EP?

Il y en a assez des politiciens qui préfèrent fermer les yeux au nom d’intérêts économiques et financiers qui profitent aux élites. La politique étrangère de la France mérite mieux qu’une simple balance commerciale.

En Amérique Latine, il y a un refrain populaire : 'el que calla, otorga' (« qui ne dit mot consent »t). Le silence est égal au consentement! Il est vrai que condamner le gouvernement chilien de Sebastián Piñera pour violations des droits de l’Homme, alors que la France a été condamnée pour violences policières par le Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’Homme, n’aurait eu aucun sens.

INCAPABLE D’EXERCER UNE DIPLOMATIE HUMANISTE

C’est dans cette position que se trouve aujourd’hui le gouvernement de Macron, incapable d’exercer une diplomatie humaniste et cohérente avec les droits de l’Homme.

Il y a également la question vénézuélienne. Une solution diplomatique est la seule voie possible, et celle-ci ne passe pas par la reconnaissance d’un 'président intérimaire' pour forcer Nicolas Maduro vers la sortie.

Lorsque la France a choisi de s’aligner sur les États-Unis de Trump sur un sujet aussi délicat, elle a ignoré l’histoire du pays de Bolivar, n’a pas mesuré les risques et ne veut pas voir les conséquences d’une telle aventure.

Cette arrogance occidentale envers le Sud de notre monde, au mépris des principes directeurs de la communauté internationale, est une perte de temps impardonnable pour la crise que vit le Venezuela.

À un moment comme celui que vivent de nombreux peuples latino-américains, ce qu’il faut espérer c’est un soutien aux populations concernées, de fortes condamnations diplomatiques, la mise en place de mécanismes et d’alliances pour trouver des solutions crédibles aux crises. Nombreux sont ceux en Amérique Latine qui n’oublieront pas les silences à convenance. peo/arb/pl
*Expert français en coopération internationale et spécialiste de l´Amérique Latine.

14 mars, 2021

AU CHILI, CES MÈRES À LA RECHERCHE DE LEUR BÉBÉ VOLÉ SOUS LA DICTATURE DE PINOCHET

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PHOTO  RAUL ARBOLEDA / STAFF / AFP
Au Chili, sous la dictature de Pinochet, quelque 25.000 enfants ont été arrachés à leurs parents et adoptés de manière irrégulière, avec l'aval de l'administration. Désormais, les tests ADN permettent de réunir certaines familles, parfois après un demi-siècle de séparation. 

Par Naïla Derroisné

dans un quartier modeste de la commune de Pudahuel, à l’ouest de Santiago, la capitale chilienne, Sonia Molina habite seule dans sa petite maison. Assise sur son canapé dans le salon, cette femme de 63 ans a beaucoup de mal à retenir ses larmes en pensant à l’enfant qu’on lui a volé alors qu’elle était toute jeune. "Chaque jour, j’ai pleuré pour ma fille, je la voyais dans mes rêves, elle venait vers moi. Toute ma vie, j’ai pleuré pour elle", témoigne-t-elle Europe 1. Sonia avait 14 ans seulement quand elle a eu sa première fille, en 1971. Un jour, celle-ci a définitivement disparu, adoptée par un couple de Suédois sans son accord.

25.000 enfants "volés"

Elle fait partie des quelque 25.000 enfants qui ont été mis en adoption de manière totalement illégale au Chili sous la dictature de Pinochet, entre 1973 et 1990. Les parents adoptifs venaient des États-Unis ou d’Europe, étaient prêts à débourser des sommes très importantes pour trouver un enfant. Au total, 18 pays sont concernés. C’est un média d’investigation chilien qui a dévoilé l’ampleur du phénomène en 2014. Des assistantes sociales, des médecins, des juges ou encore des prêtres ont participé à ce vaste système. 

Environ 600 dénonciations ont d’ores et déjà été faites auprès de la justice. Mais le recours aux tests ADN est en passe de réécrire l'Histoire, permettant à certaines familles de se réunir.

Sonia, elle, avait accouché à Santiago avant de s'installer dans le sud du pays. "J’ai dû mettre ma fille en pension pour pouvoir travailler. Ensuite, mon grand-père m’a mariée de force avec un homme que je ne connaissais pas", raconte Sonia. "Un jour, mon mari est allé dire au pensionnat que je n’étais pas la mère de ma fille. C’était un homme méchant ! L’assistante sociale m’a alors demandé le certificat de naissance de mon enfant. Mais ce document était à Santiago, dans l’hôpital où j’avais accouché. Je n’avais pas d’argent pour aller le récupérer. Et puis je ne savais pas lire, je n’ai pas fait d’études, je ne savais pas quoi faire..."

Sonia a continué de voir sa fille en cachette, jusqu’au jour où la petite a été adoptée.

Des enfants arrachés à des familles pauvres

PHOTO NAÏLA DERROISNÉ

Ce scénario faisait partie des nombreuses techniques mises en place pour soustraire les enfants à leurs mères. "L'hôpital faisait croire aux mamans que le bébé était mort-né. Ils ne leur montraient pas le corps, ni leur délivraient de certificat attestant de la naissance du bébé", explique Marisol Rodriguez, fondatrice de l’association Enfants et Mères du Silence, qui se bat pour reconstituer les familles. "À certaines, on leur disait que leur enfant avait des problèmes de santé, qu’au Chili il ne pourrait pas survivre et que leur seule option, c’était l’adoption." 

Cette entreprise rapportait gros : un enfant valait 30 millions de pesos, soit 34.000 euros aujourd’hui. Une somme colossale comparée au prix des adoptions légales qui se faisaient à l’époque. "Les responsables de ces vols disaient que c’était pour aider les enfants à avoir une meilleure vie, pour qu’ils puissent étudier. Mais leur principale motivation, c’était l’argent", pointe Marisol Rodriguez.

Le régime dictatorial d’Augusto Pinochet voulait aussi éliminer la pauvreté. Il fallait donc disloquer les familles les plus démunies, quitte à briser des vies, comme celle de Sonia. "Je veux que justice soit faite pour toutes les mères à qui on a volé les enfants, car personne ne nous a écoutées, on ne nous a jamais prises au sérieux."  

Un banque de données pour recenser l'ADN des mères concernées

Depuis 2014, quand les premières histoires sont sorties dans les médias, les choses ont bougé. Grâce au travail de l'association Enfants et Mères du Silence, plus de 200 familles ont été réunies. Sonia, elle, a retrouvé sa fille en 2019, grâce à des tests ADN que les deux femmes avaient fait chacune de leur côté.

Ema a aujourd’hui 49 ans et vit en Suède, d’où elle a envoyé une petite vidéo à sa mère, dans laquelle elle promet de venir lui rendre visite au Chili. "Je suis heureuse, même si elle est loin de moi. Au moins, je sais qu’elle est là-bas. La seule chose que je veux maintenant, c’est prendre ma fille dans mes bras", confie Sonia.  

Le gouvernement chilien a récemment ouvert une banque de données pour recenser et croiser les empreintes génétiques des personnes concernées par ces vols d’enfants. Actuellement, le projet est en suspens à cause de la pandémie. Mais il représente un immense espoir pour des milliers de familles qui cherchent encore leur enfant disparu. Europe 1, Par Naïla Derroisné, édité par Romain David

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